LES INSECTIVORES
Qui en forment la deuxième famille ,
Ont , comme les chéiroptères , des mâclielières hérissées de pointes coniques, et une vie le plus souvent nocturne ou souterraine : ils se nourrissent principalement d'insectes, et, dans les pays froids, beaucoup d'entre eux passent l'hiver en léthargie. Ils n'ont pas, comme les chauve-souris , de membranes latérales , et ne manquent cependant jamais de clavicules; leurs pieds sont courts et leurs mouvements faibles; leurs mamelles sont placées sous le ventre; leur verge est dans un fourreau; aucun n'a de cœcum, et tous, dans la marche, appuient la plante entière du pied sur la terre.
Ils varient par la position et la proportion relatives de leurs incisives et de leurs canines.
Les uns ont de longues incisives en avant, suivies d'autres in-
staté les caractères par nos propres observations ou d'après des descriptions et des figures bien coraplètes , nous avons été obligé d'omettre plusieurs des genres de MM. Leach, Rafinesque , etc. ; et nous devons faire observer ici, en général, qu'il n'est point de famille qui ait besoin, plus que celle des cbauve-souris, d'une revue faite sur nature et non par voie de compilation.
(1) Fcsperlilio lasiurus, Schreb., LXII, B.— V. Noveboracctisisj Pen. Quadr., pi. xxxi,f. 2, — ycip. borhonicHS, Geoff., Ann. du Mus., VIII, pi. xr.vi.
7G MAMMIFÈPxES.
cisives el de canines toutes moins hautes même que les molaires, genre de dentition dont les tarsiers, parmi les quadrumanes, nous ont déjà donné un exemple, et qui rapproche un peu ces animaux des rongeurs. D'autres ont de grandes canines écartées , entre lesquelles sont de pelites incisives , ce qui est la disposition la plus ordinaire aux quadrumanes et aux carnassiers; et ces deux dispositions dentaires se trouvent dans des genres d'ailleurs très semblables pour les téguments, les formes des membres et le genre de vie.
Les Hérissons (Erinaceus. Lin.)
Ont le corps couvert de piquants au lieu de poils. La peau de leur dos est garnie de muscles tels que l'animal , en fléchissant la tête et les pattes vers le ventre , peut s'y renfermer comme dans une bourse , et présenter de toutes parts ses piquants à l'ennemi. Leur queue est très courte , et tous leurs pieds ont cinq doigts. Il y a à chacune de leurs mâchoires six incisives, dont les mitoyennes sont plus longues ; et de chaque côté trois fausses molaires , trois molaires hérissées , et une petite tuberculeuse.
Le Hérisson ordinaire. {Erinaceits europœus. Lin.) Buff. VIII, vi.
A oreilles courtes , assez commun dans les bois et dans les haies; passe riiiver dans son terrier , et en sort au pi'intemps avec des vésicules séminales d'une ampleur et d'mie complication incroyables. Aux insectes , qui font son régime ordinaire, il mêle les fruits, qui lui usent, à un certain âge, les pointes des dents. On se servait autrefois de sa peau pour serancer le chanvre.
Le Hérisson à longues oreilles. {Erinacciis aiiritus. Pall.) Schreb. CLXIII.
Plus petit que le vulgaire , à oreilles grandes comme les deux tiers de la tête; d'ailleurs semblable au nôtre par la forme et par les mœurs. Il habile depuis le nord de la mer Caspienne jusqu'en Egypte (1).
Les Tenrecs Cuv. (Centenes. Iliger.)
Ont le corps couvert d'épines comme les hérissons ; mais ils ne jouissent pas de la faculté de se rouler aussi complètement en boule : ils manquent de queue ; leur museau est très pointu , et leurs dents sont très différentes. Chacune de leurs mâchoires a quatre ou six incisives et deux grandes canines. Derrière leurs canines sont une ou deux petites dents et quatre molaires triangulaires et hérissées. On en trouve à Madagascar trois espèces , dont la première a été naturalisée à l'île de France. Ce sont des animaux nocturnes, qui passent trois mois de l'année en léthargie, quoique habitants de la zone torride ; Bruguière assure même que c'est pendant les plus grandes chaleurs qu'ils dorment.
(1) Pallas a remarqué, comme un fait intéressant, que les hérissons mangent des centaines de cantharides sans en souffrir, tandis qu'une seule cause des tourments horribles aux chiens et aux chats.
Le Tenrec. {Erhiaceus ecaudatus. Lin.) Biitï. Xll, lvi.
Couvert de piquants raides , à incisives échancrées, au nombre de quatre seulement en bas. C'est le plus grand des trois : il surpasse notre hérisson.
Le Tendrac. {Erinaceus setosus. Lin.) Bufl'. XII, lvu.
A piquants plus ilexibles, plus semblables à des soies; à six incisives échancrées à chaque mâchoire.
Le Tenrec rayé (1). {Ertnaceus semi-sptnosus.)
Couvert de soies et de piquants mêlés , rayé de jaune et de noir ; ses incisives , au nombre de six , et ses canines , sont toutes grêles et crochues ; il est à peine de la taille de la taupe.
Les Cladobates , (Cladobates. Fr. Cuv.) Tupaia. Rafles ,
Porment un genre nouvellement caractérisé, de l'archipel des Indes, dont les dents ont assez de rapports avec celles des hérissons, si ce n'est que leurs incisives mitoyennes supérieures sont moins longues à proportion , qu'ils en ont quatre d'alongées à la mâchoire inférieure, et qu'ils manquent de tuberculeuse en arrière. Ce sont des animaux couverts de poils , à queue longue et velue ; à l'opposite des autres insectivores , ils montent sur les arbres avec agilité comme les écureils , mais leur museau pointu les en fait distinguer, même de loin (2).
Le genre Gymnura de MM. Vigors et Horsfîeld ( zool. journ. m pi. viii ,) paraît se rapprocher des cladobates , par ses dents , et des musaraignes par son museau pointu et sa queue écailleuse. Il a cinq doigts onguiculés à tous les pieds, et des soies assez rudes , sortant d'un poil laineux.
Les Musaraignes (Sorex. Lin.)
Sont des animaux généralement petits et couverts de poils. Sur chaque flanc on leur trouve , sous le poil ordinaire , une petite bande de soies raides et seiTées , entre lesquelles suinte , à l'époque du rut , une humeur odorante, produite par une glande particulière {%). Leurs deux incisives supérieures mitoyennes sont crochues et dentées à la base ; les inférieures , sont couchées et prolongées : cinq petites dents , de chaque côté , suivent les premières, et deux seulement les secondes. Il y a, de plus , à chaque mâchoire , trois molaires hérissées , et à celle d'en haut en arrière , une petite tuberculeuse. Ces animaux se tiennent dans des trous qu'ils creusent en terre, ne sortent guère que vers le soir , et vivent de vers et d'insectes. On n'en a long-teiups remarqué en France qu'une espèce.
La Musaraigne commune ou Musette. (Sor. araneus. Lin. ) Bulï. VIII, x, i.
Grise en dessus, cendrée en dessous; à queue carrée; d'un tiers moins longue «pie le corps ; les dents blanches ; l'oreille nue et découverte. Elle est assez
(I) Buff. (Siipp. III, pi. xxxvii) Tii piin, mal à |)iopos, pour uu jeune leiircc. Sonnerai, Voy. à la Chine, II, p. 146, en déciil mal les dénis.
(!2) Le ban.rriiig {cladobates javanica ^ Fr. Cuv.); 'l\qjaiajavunica, llorsf., Jav. — Le tana (cl. iana, Fr. Cuv. ; Tup ferrugitica. Rafles.)
(-î) Voyez Geoffr., Mém. du Mus., lora. I, p. W9.
répandue à la campagne dans les prés, etc. On Ta accusée de causer une maladie aux chevaux par sa morsure; mais cette imputation est fausse, et tient peut-être à ce que les chats tuent bien la musaraigne , mais refusent de la manger à cause de son odeur.
Daubenton a fait connaître :
La Musaraigne d'eau. {Sorexfodiens. Gm. S. Daubentonii. Blumenb.) Buff. Vm, xu
Un peu plus grande que la commune. Noire dessus, blanche dessous ; à queue comprimée au bout, d'un quart moindre que le corps : ses incisives ,jont rousses au bout ; son oreille, entourée de blanc, en grande partie cachée dans le poil, peut se fermer presque hermétiquement quand elle plonge, et les cils raides qui bordent ses pieds lui donnent de la facilité pour nager ; aussi fréquente-t-elle de préférence les bords des ruisseaux.
On a encore observé en Europe, diverses musaraignes qui diffèrent à qyelques égards des précédentes; mais comme, dans ce genre, Tàge et la saison influent sur les couleurs du pelage , on n'est pas certain que ce soient toutes des espèces constantes (1).
Les pays étrangers on t aussi leurs musaraigues , dont la plus remarquable est ceWe à queue de rat {S. myosurus,Va\\.) ^Kct.^eX.TO^.,\l^\ ,'i'^ T^arl., ^A.A.Mus. musquée de l'Inde, Buff., Supp., VII, 71, qui a les formes et les couleurs de notre M. commune , ses grandes oreilles nues , mais dont la queue est ronde et garnie de poils clair semés, et qui égale presque en grandeur notre surmulot. Elle répand une forte odeur de musc , qui imprègne tout ce qu'elle touche. On la trouve dans toutes les Indes et une partie de l'Afrique. Elle est du nombre des animaux embaumés par les anciens Egyptiens (2).
Les Desmans (Mtgaie. Cuv.)
Dififèrent des musaraignes par deux très petites dents placées entre les deux grandes incisives d'en bas , et par leurs deux incisives supérieures , qui sont en triangle et aplaties. Derrière ces incisives sont six ou sept petites dents , et quatre molaires hérissées. Leur museau s'alonge en une
(1) Le S. ïeucodon., Schr. , 139, D , ne me paraît pas différer de la musaraigne commune. Je soupçonne beaucoup les «S", tetragonuriis et constriclus d'Herm. Schr., 159 B et C , ou Geoff., Ann. du 31us., XVII , pi. x , f. 3 , et pi. ui,f. 1 , et même le S. remifer, Geoff., Ann. du 3Ius., XVII , pi. ii, f. 1 , d'être des variétés d'âge delà musaraigne d'eau. Le Remifer j surtout, qui a tantôt le ventre blanchâtre, tantôt noir : le S. linvatus, Geoff., Ib., 181, me paraît une variété accidentelle d'âge du Stotragonurus. Le Sorex mitiutusj Laxmann, Schreb., IGl, B, n'est qu'un individu mutilé du S. Pygmœus, Pall.
Il n'en est pas de même du Sorex etruscus , Savi , moitié plus petit que notre espèce commune, noirâtre , à oreilles nues , à museau et pattes blanchâtres , à queue ronde , etc. C'est bien une espèce à part.
(2) Je regarde le S. myosurus de Pall. et de Geoff. , Ann. du Mus, XVII , pi, m , f . 2 ; le S. capensiSf id., ib. , pi. n , f. 2 ; le S. indiens, id., Mém. du Mus., I , pi. xv, f. 1 , comme des âges ou des variétés d'une même espèce, à laquelle je rapporte encore le S. gigaii" teus, Isid. Geoff., Mém. du Mus., XV, pi. iv, f. 5; peut-être même le Sorex flavescens , Isid. Geoff., ib. (Seba la représente, Mus., I , pi. xxxi, f. 7 et 11 , pi. lxui , f. 3) , et la variété blanche, I , pi. xlvu , f. 4. — Aj. le S. mûri nus , Lin. , de Java, de la taille de la souris, gris , à oreilles nues ,à queue ronde, presque aussi longue que le corps. — Le S. brevicaudus , Say, de l'Amer, sept. , noirâtre , à oreilles cachées , à queue du quart de la langueur du corps. — Le S. parvus, id. , à oreilles nues. — Le S. suaveolens, Pall., et les autres espèces qu'il indique dans sa Zoographie russe. Ce genre n'a guère moins besoin d'une revue que celui des chauve-souris.
CARNASSIERS. 'i»
petite trompe très flexible , qu'ils agitent sans cesse. Leur queue longue , ëcailleuse et aplatie sur les côtés , et leurs pieds à cinq doigts , tous réunis par des membranes , en font des animaux aquatiques. Ils ont l'œil très petit , et point d'oreilles extérieures.
Le Desman de Russie , vulg. Rat musqué de Russie. (Sorex moschatus , Lin.) BulT. X, 1. Pall. Act. petrop. 1781. part. U. pi. 5.
Presque aussi grand qu'un hérisson ; noirâtre en dessus , blanchâtre en dessous ; la queue d'un quart moins longue que le corps. Fort commun le long des rivières et des lacs de la Russie méridionale ; il s'y nourrit de vers, de larves d'insectes , et surtout de sangsues , qu'il retire aisément de la vase avec son museau mobile ; son terrier , creusé dans la berge , commence sous l'eau , et s'élève de manière que le fond reste au-dessus du niveau dans les plus grandes eaux. Cet animal ne vient point à sec volontairement 5 mais ou en prend beaucoup dans les filets des pêcheurs. Son odeur musquée vient d'une pommade sécrétée dans de petits follicules qu'il a sous la queue. Elle se communique même à la chair des brochets qui mangent des desmans.
On trouve dans les ruisseavix des Pyrénées une petite espèce de ce genre, à queue plus longue que le corps , que M. Geoffroy a fait connaître. Ann. du Mus., tom. XVII, pi. iv, f. 1 {Myg. pyrenaïca, II.)
Les Chrysochlores (Chrysochloris. Lacép.)
Ont, comme le genre précédent, deux incisives en haut et quatre en bas ; mais leurs mâchelières sont hautes , distinctes et presque toutes en forme de prismes triangulaires ; leur museau est court , large et relevé ; leurs pieds de devant ont seulement trois ongles : l'extérieur , très gros, extrêmement arqué, pointu, leur donne un moyen puissant de creuser et de fendre la terre ; les autres vont en diminuant ; ceux de derrière en ont cinq de grandeur ordinaire. Ce sont des animaux souterrains dont le genre de vie est semblable à celui des taupes. Leur avant-bras est soutenu , pour creuser, par un troisième os placé sous le cubitus.
La Chrysochlore du Cap, vulg. Taupe dorée. {Talpa asiatica. Linn.) Schreb. CL VII, et mieux Brown. ill. XLV.
Un peu moindre que nos taupes; sans queue apparente; le seul quadrupède, connu qui présente quelques nuances de ces beaux refïete métalliques, dont brillent tant d'oiseaux, de poissons et d'insectes. Son poil est d'un vert changeant en couleur de cuivre ou de bronze ; ses oreilles n'ont aucune conque , et l'on ne peut apercevoir ses yeux (1). Elle habite en Afrique , et non pas en Sibérie, comme on l'a dit faussement.
LcsTacpes. (Talpa. Lin.) Sont connues de tout le monde par leur vie souterraine , et par leur
(l)La taupe rouge d'Amérique de Séba., I, pi. xxxu, f. 1 {talpa riibra , L.), n'est très probablement qu'une cbrysocloie du Cap , représentée d'après un individu sec, car dans cet état le poil paraît pourpre; mais le tucaii de Fernandès, ap. XXIV, que l'on regarde comme un de ses synonymes, paraît plutôt, à cause de ses deux longues dents à chaque mâchoire, et de son régime végétal, un rat-taupe ou tel autre rongeur souterrain, tel que le lUplostoma.
-SO MA3I3IIFERES.
forme éminemment appropriée à ce genre de vie. Un bras très court, attaché par une longue omoplate, soutenu par une clavicule vigoureuse, muni de muscles énormes, porte une main extrêmement large, dont la paume est toujours tournée en dehors ou en arrière : cette main est tranchante à son bord inférieur; on y distingue à peine les doigts; mais les ongles, qui les terminent, sont longs, forts, plats et tranchants. Tel est l'instrument que la taupe emploie pour déchirer la terre et pour la pousser en arrière. Son sternum a , comme celui des oiseaux et des chauve-souris , une arête qui donne aux muscles pectoraux la grandeur nécessaire à leurs fonctions. Pour percer la terre et la soulever, la taupe se sert de sa tête alongée, pointue , dont le museau est armé au bout d'un osselet particulier, et dont les muscles cervicaux sont extrêmement vigoureux. Il se forme même un os particulier dans le ligament cervical. Le train de derrière est laible , et l'animal , sur la terre , se meut aussi péniblement qu'il le fait avec vitesse dessous. Il a l'ouïe très fine et le tympan très large , quoique l'oreille externe lui manque. Son œil est si ])etit, et tellement caché par le poil, qu'on en a nié long-temps l'existence. Ses organes génitaux ont cela de particulier, que ses pubis ne se joignent point, ce qui lui permet, malgré l'étroitesse de son bassin , de produire des petits assez gros. L'urèthre de la femelle passe au travers de son clitoris. Elle a six mamelles. Ses mâchoires sont faibles , et sa nourriture consiste en insectes , en vers et en quelques racines tendres. On lui compte six incisives en haut , huit en bas. Ses canines ont deux racines , ce qui les fait participer de la nature des fausses molaires ; derrières elles sont en haut quatre fausses molaire , en bas trois , et ensuite trois molaires hérissées.
La Taupe commune. {Talpaeuvopœa, Lin.) Buff. VIII, xu.
A museau pointu, à poil fin et noir : on en trouve quelques individus blancs, fauves et pies. C'est un animal très incommode par les dégâts qu'il fait dans les terrains cultivés.
Selon 31. Harlan , l'espèce existe aussi dans l'Amérique septentrionale.
M. Savi a trouvé dans les Apennins une taupe semblable à la commune , et que la croyant tout-à-fait aveugle , il a nommée talpa cœca. Elle ne l'est pas entièrement; ses paupières ont aussi une ouverture, mais encore plus petite que dans notre taupe.
' ' Les CoNDYLtIRES (CoNDYLURA. IllgCr.)
Semblent réunir les deux sortes de dentition des insectivores ; à leur mâchoire supérieure sont deux largesincisives triangulaires, deux autres extrêmement petites et grêles , et de chaque côté une forte canine; à l'inférieure, quatre incisives couchées en avant, et une canine pointue, mais petite. Leurs fausses molaires supérieures sont triangulaires , écartées; les inférieures tranchantes et dentelées.
Par leurs pieds et par tout leur extérieur , ils ressemblent à la taupe ; mais leur queue est plus longue, et ce qui surtout les en distingue beaucoup, c'est que leurs narines sont entourées de petites pointes cartilagineuses et mobiles , qui représentent une sorte d'étoile , (luand elles s'écartent en rayonnant.
On eu connaîl surtout une espèce de 1 Amérique sepleutrionalc ( Soicx
cristatus, L. (1), semblable à noire taupe, au nez près, mais à queue plus «fue double en longueur.
Les ScALOPEs (Sgalops. Cuv.)
Ont des dents assez semblables à celles des desmans , si ce n'est que leurs petites ou fausses molaires sont moins nombreuses ; leur museau est simplement pointu comme celui des musaraignes; et leurs mains sont élargies, armées d'ongles forts , en un mot propres à creuser la terre , et entièrement semblables à celles des taupes ; aussi ont-ils le même genre de vie. Leurs yeux sont aussi petits , leurs oreilles aussi cachées que dans les taupes.
La seule espèce connue ,
Le Scalope du Canada {Sorex arjuaticvs, Lin.), Schreb. CLVIII,
Paraît habiter une très grande partie de l'Amérique septentrionale, le long des rivières. A rextérieur il ressemble , à s'y méprendre, à notre taupe commune.