‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 51 sur 105 · ÉDENTÉS · texte numérisé non relu

ÉDENTÉS

Le TatounoiriT Azz. (Dasfpus novemcinctus. Lin.) Cachicame. Biiff., Xxxxvii. Tatoua longue queue. Ici. Supp. III , lvhi. Tatuete. Sclireb. lxxiii. Tatupeha. Margr.

A neuf bandes intermédiaires, quelquefois huit ; il est généralement noirâtre et long de quinze pouces , la queue en a autant.

Le Tatou mulet d'Azz. ( Das. septemclnctus.) , Schreb. lxxu,

N'a que sept bandes et devient moins grand ; sa queue est plus courte à proportion.

Les Apars , Cuv., ont les doigts des Cachicames ; les dents, au nombre de neuf ou dix partout.

Le Tatou apar, Tatu apam, Marg. Jpar, 'RuiL Mataco d'Azz. {Dasypus tricinctus. L.), Schreb. lxxi, A.

A trois bandes intermédiaires; sa queue est très courte, ses compartiments

sont régulièrement tuberculeux.il jouit de la faculté de se rouler enrenfermant

sa tête et ses pieds entre ses boucliers , formant ainsi une boide complète ,

comme certains Cloportes ; il vit au Brésil, au Paraguai, C'est un de ceux

qu'on trouve le plus loin au sud. Il reste dans des dimensions médiocres.

D'autres Tatous (les Encouberts , Cuv. ) ont cinq doigts aux pieds de devant ,

dont les trois mitoyens sont les plus longs ; leur queue est en grande partie

couverte d'écaillés en quinconces ; leurs dents sont partout au nombre de neuf

ou dix.

Dans cette subdivision ,

Le Tatou encoubert, Encoubertet Cîrqumson, Buff. (1); Toutou poyou d'Azz. {Das.sexcinclus et octodecimcinctus,L.)- Buff. X, xlii, et Supp. III, xlii,

Se distingue de tout le reste du genre, parce qu'il a une dent de chaque côté, dans l'os intermaxillaire ; son test a six ou sept bandes, avec les compartiments lisses, grands et anguleux ; sa queue est médiocre, annelée seulement à sa base ; ses pieds ont tous cinq doigts. Le Pichy d'Azz. ressemble à l'Encoubert , si ce n'est que son intermaxillaire n'a point de dents , que son bouclier postérieur est dentelé en scie, et que les parties non écailleuses sont garnies de poils plus longs et plus fournis qu'aux autres. Une espèce voisine est le Tatou velu d'Azz.

Une troisième subdivision des Tatous a les doigts de devant au nombre de cinq , mais disposés obliquement , en sorte que le pouce et l'index sont grêles ; que celui-ci est le plus long des doigts ; que le médius a un ongle énorme , tranchant; que le suivant a encore un gros ongle , mais plus court , et que le dernier doigt est le plus moindre de tous. Cette forme de main leur donne les moyens de couper la terre , et de s'y enfoncer rapidement, ou au moins de s'y cramponner, au point que l'on a beaucoup de peine à les en arracher.

Dans cette subdivision , les Cabassous n'ont que huit ou neuf dents de chaque côté, à chaque mâchoire.

(1) Le Tatou à tètede Belette de Grew, Cirquinsonde Buff., Das. octodeciincincliis, L., est 1 encoubert ou sexcinctues; mais Grew a considéré comme mobiles les rangées du test de la croupe. Même en les comptant il n'y en aurait en tout que seize , et sa figure n'en montre pas davantage.

142 MAMJttIFÈRES.

Le Cabassou propre. Bviff. Tatouay d'Azz. ( Das, unîcïnclus. L. ) Buff. X xi,.

A douze bandes intermédiaires, la queue longue et tuberculeuse , les compartiments des bandes et des boucliers carrés , plus larges que longs ; cinq doigts partout, dont quatre de ceux de devant ont des ongles énormes.^ tranchants à leur bord externe. Il devient grand.

Les Pkiodontes, Fréd. Cuv., avec des doigts encore plus inégaux et des ongles plus énormes que ceux des Cabassous , ont partout jusqu'à vingt-deux ou vingt-quatre petites dents , quatre-vingt-douze ou quatre-vingt-seize en tout. Tel est :

Le Tatou géant. Geoff. Grand Tatou d'Azz. [Dasypus ghjas. Cuv. ) Deuxième Cabassou de Buff. X , xlv.

A douze ou treize bandes intermédiaires , la queue longue et couverte d'écailles tuilées , les compartiments carrés, plus larges que longs. C'est le plus grand des Tatous; il a quelquefois plus de trois pieds sans la queue.

On doit placer à la suite des autres Tatous, comme sous-genre très distinct,

Les Chlamïphores (Chlamyphorus, Harlan),

Qui ont dix dents partout et cinq doigts à tous les pieds; les ongles de ceux de devant très grands , crochus , comprimés , fournissant , comme dans les Cabassous , un instrument tranchant fort puissant; le dos couvert d'une suite de rangées transversales de pièces écailleuses, sans aucun test solide ni devant ni derrière, et formant une sorte de cuirasse qui n'est attachée au corps que le long de l'épine ; leur arrière-corps est comme tronqué , et leur queue recourbée s'attache eu partie au dessous du corps (1).

On n'en connaît qu'un {Chlamrphorus trimcatus, Harl.) , long de cinq à six pouces , originaire de l'intérieur du Chili, où il passe la plupart du temps sous terre. Son ostéologie, donnée par M. Yarrel (Zool. journ., n° xii) , a de grands rapports avec celle des Cabassous. On voit au dessus de chaque sourcil une singulière tubérosité.

N. B. Il paraît que l'on a trouvé à l'état fossile, en Amérique , des ossements d'un Tatou d'une taille gigantesque, long peut-être de dix pieds sans la queue ( voyez Cuvier, Ossements fossiles, V, I'" part. , p. 191 , note).

Les Oryctéropes (Orycteropus, Geoff.)

Ont été long-temps confondus avec les fourmilliers , parce qu'ils usent de la même nourriture , ont la même forme de tête , et que leur langue est aussi un peu extensible ; mais ils s'en distinguent parce qu'ils ont des dents mâclielières et que leurs ongles sont plats , propres à fouir et non pas tranchants. La structure de leurs dents est différente de celle de tous les autres quadrupèdes ; ce sont des cylindres solides traversés comme des joncs à cannes, selon leur longueur, d'une infinité de petits canaux ; leur estomac est simple , musculeux vers le pylore ; leur cœcum petit et obtus.

On n'en connaît qu'une espèce.

i^^Oryctéropedu Cap { Myrmecophaga capensîs , Pall.), Buff. Supp. VI, xxxi ,

Que le» Hollandais de cette colonie nomment Cochon de terre. C'est un animal de la taille du Blaireau et au dessus , bas sur jambes , à poil ras , gris

(1) Nous ne connaissons cet animal que par la description de M, Harlan, Annales du Lycée de New-York, I, p. 235 et pi. xxi.

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brunâtre , à queue plus courte que le corps , également rase : il a quatre doigts devant , cinq derrière. 11 habile dans des trous qu'il creuse avec une extrême facilité. On mange sa chair.

Les auti^es édentés ordinaires n'ont point de mâehelières , et par conséquent aucune sorte de dents ; il y en a aussi de deux genres.

Les FouRMiLLiERs (Myrmecophaga, L.)

Sont des animaux velus , à long museau terminé par une petite bouche sans aucune dent, d'où sort une langue filiforme , qui peut s'a longer beaucoup, et qu'ils font pénétrer dans les fourmillières et les nids des Termites , où elle retient ces insectes par le moyen de la salive visqueuse dont elle est enduite. Leurs ongles de devant , forts et tranchants , qui varient en nombre selon les espèces , leur servent à déchirer les nids de Termites et leur fournissent une assez bonne défense. Dans l'état de repos, ces ongles restent toujours à demi ployés en dedans , répondant à une callosité du poignet; aussi l'animal ne pose-t-il le pied que sur le côté. L'estomac des îburmilliers est simple et musculeux vers le pylore , leur canal intestinal médiocre et sans cœcum (1).

Ils vivent tous dans les parties chaudes et tempérées du Nouveau-Monde , et ne font qu'un petit qu'ils ont l'habitude de porter sur le dos.

Le Tamanoir {Myrmecophaga jitbata.) Buff. X, xxxix, et Suppl. III, lv.

Long de plus de quatre pieds , à quatre ongles devant et cinq derrière, à queue garnie de longs poils dirigés verticalement dessus et dessous , à pelage gris-brun, avec une bande oblique, noire, bordée de blanc, sur chaque épaule ; c'est le plus grand des fourmilliers. On assure qu'il se défend même contre le Jaguar. Il habite les lieux bas , ne grimpe point aux arbres , marche lentement.

Le Tamandua {Myrmecophaga tamandua. Cuv. Myrm. tetradactyla et M. tridactyla, L.) Schreb. lxvi,

A la forme et les pieds du précédent, mais il est de plus de moitié moindre ; sa queue, à poil ras, prenante et nue au bout, lui sert à se suspendre aux branches des arbres. Il y en a de gris jaunâtre , avec une bande oblique sur l'épaule , sensible seulement parle reflet; de fauves à bande noire ; de fauves à bande, croupe et ventre noirs ; enfin d'entièrement noirâtres. On ne sait pas encore si ces différences tiennent aux espèces.

Le FourmilUer à deux doigts. [Myrm, didactyla. Lin. ) Buff. X , xxx.

Grand comme un Rat, à poil laineux, fauve; une ligne rousse le long du dos ; queue prenante et nue au bout ; deux ongles seulement devant , dont un très grand; quatre derrière (2).

(1) Daubenton a fait connaître, dans le F. didactyle^ deux très petits appendices qui peuvent, à la rigueur , être pris pour des cœcums. Je me suis assuré qu'ils n'existent point dans le Tamandua.

(2) Le Myrmecophaga fridactyla,!,.; Séba, pi. F., n'estqu'un Tamandua mal représente. Le M. striata, Sliaw.; Buff., Suppl. III, pi. lvi, est un Coati défiguré par l'empailleur.

Les Paivgolipîs (1) (Mapjis, Lin.) , vulgairement Fourmilliers écailleux,

Manquent de dents , ont la langue très extensible, et vivent de Fourmis et de Termites , comme les fourmilliers proprement dits ; mais leur corps , leurs membres et leur queue sont revêtus de grosses écailles tranchantes , disposées comme des tuiles, et qu'ils relèvent en se mettant en boule quand ils veulent se défendre de quelque ennemi. Tous leurs pieds ont cinq doigts. Leur estomac est légèrement divisé dans le milieu : ils manquent de cœcum. On n'en trouve que dans l'ancien continent.

Le Pangolin à queue courte. {M. pentadactyla. Lin. M. hrachyuva. Erxl.) Buff. X, XXXIV.

Long de trois à quatre pieds , à queue moindre que le corps. Des Indes orientales. C'est le Phattagen d'Elien , lib. XVI, cap. vi.

Le Pangolin à longue queue. Phatagin de Buff. [M. tetmclactyla. Lin. M. macroura. Erxl. ) Buff. X, xxxiv.

Long de deux à trois pieds , à queue du double plus longue que le corps , les écailles armées de pointes. Du Sénégal , de Guinée, etc. (2).

On a trouvé sous terre , dans le Palatinat , une phalange nnguéale qui annonce im Pangolin de vingt pieds et plus de longueur. (Ciiv., Oss. foss., V, l'^part., p. 193).

La troisième tribu des édentés comprend les animaux que M. Geoffroy désigne sous le nom de

MonotrImes ,

Parce qu'ils n'ont qu'une ouverture extérieure pour la semence , l'urine et les autres excréments. Leurs organes de la génération présentent des anomalies extraordinaires ; quoiqu'ils n'aient point de poche sous le ventre , ils portent sur leur pubis les mêmes os surnuméraires que les marsupiaux ; leurs canaux déférents se rendent dans Furèthre , qui s'ouvre dans le cloaque ; dans l'état de repos , la verge se retire dans un fourreau qui s'ouvre par un trou vers le fond du cloaque. Ils n'ont pour toute matrice que deux canaux ou trompes qui s'ouvrent séparément, et chacune par un double orifice dans l'urèthre, lequel est très large et donne dans le cloaque. Comme enfin on n'est pas encore unanime sur l'existence de leurs mamelles (3), on en est à savoir si ces animaux sont vivipares ou ovipares (4). lis ne pré-

(1) Pangoclitig, dans la langue de Java, signifie, selon Séba, un animal qui se roule en boule. Ou le nomme au Bengale Bacljarkita ou reptile de pierre; on Tappelle aussi Carpe de tene. Des matelots hollandais l'avaient nommé Diable de Formoso,eic.

(2) Nous avons constaté la patrie du Pangolin à longue queue, parle rapport de M. Adanson oL d'autres voyageurs.

(ô) M. Mcekel regarde comme telles deux amas glanduleux qu'il a trouvés fort développés dans un Ornilhorinque femelle. M. GcofFioy croit que ce sont plutôt des glandes analogues à celles que les Musaraignes ont sur les flancs.

(4) Des voyageurs disent depuis peu, que l'on s'est convaincu que ces animaux produisent

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sentent pas moins de singularités dans leur squelette , surlout à cause d'une sorte de clavicule commune aux deux épaules , placée en avant de la clavicule ordinaire , et analogue à la fourchette des oiseaux. Enfin, outre leurs cinq ongles à tous les pieds , les mâles portent à ceux de derrière un ergot particulier percé d'un canal qui transmet le liquide sécrété par une glande adhérente à la face interne de la cuisse. On assure que ses blessures sont envenimées. Ces animaux n'ont pas de conque externe à l'oreille, et leurs yeux sont fort petits.

Les Monotrèmes ne se trouvent qu'à la Nouvelle- Hollande où ils n'ont été découverts que depuis que les Anglais s'y sont établis. On en connaît deux genres.

Les EcHiDNÉs. (EcHiDNA. Cuv. Tachyglossus. Ilig.) Autrement FoiirmiUicrs épineux.

Leur museau alongé, grèle, terminé par une petite bouche, contient une langue extensible comme celle des fourmilliers et des pangolins. Aussi vivent-ils de Fourmis comme ces deux genres. Ils n'ont point de denfs; mais leur palais est garni de plusieurs rangées de petites épines dirigées en arrière. Leurspieds, courts, ont chacun cinq ongles très longs, très robustes et propres à creuser ; tout le dessus de leur corps est couvert d'épines comme celui du Hérisson. Il paraît qu'au moment du danger, ils jouissent également de la faculté de se rouler en boule. Leur queue est très courte leur estomac ample et presque globuleux , et leur cœcum médiocre ; leur verge se termine par quatre tubercules.

On en compte deux espèces.

l^Échïdné épineux. (Echidna hystrix.) Ornîthorhynchus hystrix. Home. Myrmecophaga aculeata. Sha^v.

Tout couvert de grosses épines.

'VEchidné soyeux. {Echidna setosa.) Ornithor. setosus. Home.

Couvert de poils , parmi lesquels les épines sont à demi cachées. Quelquesuns croient que ce n'est qu'une variété d'âge.

Les Ornithorinqtjes. (Ornithorhyivchcs. Blumenbach. PiATVPrs. Shaw.)

Leur museau alongé , et en même temps singulièrement élargi et aplati , offre la plus grande ressemblance extérieure avec le bec d'un Canard \ d'autant plus que ses bords sont garnis de même de petites lames transverses! Il n'y a de dents que dans le fond de la bouche , au nombre de deux parties œufs. Dans le cas où il en serait ainsi, les monotrèmes devraient en quelque sorte être considérés comme une classe particulière d'animaux ; mais il est à désirer qu'un anatomisto instruit décrive exactement ces œufs, leur origine à l'intérieur, et leur développement après la ponle. On doit l'attendre de tant de médecins qui fréquentent journellement la coloniedu port Jackson. Foyez au surplus , sur l'anatomie de l'Ornithorinque, la monographie détaillée qu'en a publiée M. Mcckel; consultez aussi, sur ses organes génitaux, les Mémoires de sir Everard Home, mes Leçons d'anatomie comparée, tome V. et les Mé»^ moires de 1^1. Geoffroy-Saint-ÏIilnirc, Mém. du Mus.. Inmn XV.

146 MAMMIFERES.

tout , sans racines , à couronnes plates , et composées , comme celles de rOryctérope, de petits tubes verticaux. Les pieds de devant ont une membrane qui non-seulement réunit les doigts, mais dépasse beaucoup les ongles ; dans ceux de derrière , la membrane se termine à la racine des ongles : deux caractères qui , avec la queue aplatie , font des Ornithorinques des animaux aquatiques. Leur langue est en quelque sorte double , une dans le bec, bérissée de villosités, et une autre sur la base de la première , plus épaisse , et portant en avant deux petites pointes charnues. L'estomac est petit, oblong; le pylore est près du cardia. Le cœcum est petit : on voit dans l'intestin beaucoup de lames saillantes et parallèles. La verge n'a que deux tubercules. Les Ornithorinques habitent les rivières et les marais de la Nouvelle-Hollande, près du port Jackson.

On'n'en connaît que deux espèces, l'une à poil roussâtre, menu et lisse

{Ornlthorhynclius pavadoxus, Blum. ) j

L'autre à poil brun noirâtre , aplati et crépu. Peut-être ne sont-ce que des

variété d'âge. Voy. de Pérou, I, pi. xxxiv.

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