‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 52 sur 105 · SEPTIEME ORDRE DES MAMMIFERES · texte numérisé non relu

SEPTIEME ORDRE DES MAMMIFERES

Les édentés terminent la série des animaux onguiculés , et nous venons de voir qu'il en est quelques-uns dont les ongles sont si grands et enveloppent tellement l'extrémité des doigts , qu'ils se rapprochent jusqu'à un certain point des animaux à sabots. Cependant ils ont encore la faculté de ployer ces doigts autour des divers objets et de saisir avec plus ou moins de force. L'absence entière de cette faculté caractérise les animaux à sabots. Se servant de leurs pieds uniquement comme de soutiens, ils n'ont jamais de clavicule ; leurs avant-bras restent continuellement dans l'état de pronation , et ils sont réduits à paître les végétaux; leurs formes comme leur genre de vie offrent beaucoup moins de variétés que celle des onguiculés , et l'on ne peut guère y établir que deux ordres, ceux qui ruminent et ceux qui ne ruminent point ; mais ces derniers , que nous désignons en commun sous le nom de Pachydermes, admettent quelques subdivisions en familles.

La première sera celle des Pachydermes à trompe et à défenses, ou Proboscidiens (1) ,

(1) Les Proboscidiens ont di-veis rapports avec certains ronjjeurs : ]<• parleurs fjrandes incisives ; 2" par leurs mâchelières formées souvent de lames parallèles ; 3" par la forme de plusieurs de leurs os , etc.

Qui ont cinq doigts à tous les pieds, bien complets dans le squelette , mais tellement encroûtés dans la peau calleuse qui entoure le pied, qu'ils n'apparaissent au dehors que par les ongles attachés sur le bord de cette espèce de sabot. Les canines et les incisives proprement dites leur manquent, mais dans leurs os incisifs sont implantées deux défenses qui sortent de la bouche et prennent souvent un accroissement énorme. La grandeur nécessaire aux alvéoles de ces défenses rend la mâchoire supérieure si haute et raccourcit tellement les os du nez , que les narines se trouvent, dans le squelette, vers le haut de la face ; mais elles se prolongent dans l'animal vivant en une trompe cylindrique , composée de plusieurs milliers de petits muscles diversement entrelacés et mobiles en tout sens. Cette trompe , douée d'un sentiment exquis, et terminée par un appendice en forme de doigt, donne à l'Éléphant presque autant d'adresse que la perfection de la main peut en donner au Singe; il s'en sert pour saisir tout ce qu'il veut porter à sa bouche et pour pomper sa boisson, qu'il lance ensuite dans son gosier, en y recourbant cet admirable organe; il supplée ainsi à un long cou , qui n'aurait pu porter cette grosse tète et ses lourdes défenses. Au reste, les parois du crâne contiennent de grands vides qui rendent la tête plus légère ; la mâchoire inférieure n'a point d'incisives du tout; les intestins sont très volumineux, l'estomac est simple, le cœcum énorme, les mamelles, au nombre de deux seulement, placées sous la poitrine. Le petit tette avec la bouche et non avec la trompe. On ne connaît, dans la nature vivante , qu'un genre de proboscidiens . qui est celui des

Éléphaints (Elephas, L.),

Lequel comprend les plus grands des maitiinifères terrestres. Le service étonnant qu'ils tirent de leur trompe , à la fois instrument agile et vigoureux , organe du tact et de l'odorat , contraste avec leur aspect grossier et leurs lourdes proportions ; et comme il se joint à une physionomie assez imposante , il a contribué à faire exagérer l'intelligence de ces animaux. Après les avoir étudiés long-temps , nous n'avons pas trouvé qu'elle surpassât celle du chien ni de plusieurs autres carnassiers. D'un naturel d'ailleurs assez doux, les Eléphants vivent en troupes sous la conduite des vieux mâles. Ils ne se nourrissent que de végétaux.

Leur caractère distinctif consiste en des mâchelières dont le corps se compose d'un certain nombre de lames verticales , formées chacune de substance osseuse , enveloppées d'émail, et liées ensemble par une troisième substance appelée corticale ; semblables en un mot à celles que nous avons vues dans les Cabiais et dans plusieurs autres rongeurs. Ces mâchelières se succèdent , non pas verticalement , comme nos mâchelières de T. I. 19

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remplacement succèdent à nos màchelières de lait, mais d'arrière en avant, de façon qu'à mesure qu'une dent s'use , elle est en même temps poussée en avant par celle qui vient après ; en sorte que l'Eléphant a tantôt une , tantôt deux màchelières de chaque côté , quatre ou huit en tout, selon les époques. Les premières de ces dents ont peu de lames , et celles qui leur succèdent en ont toujours davantage. On dit que certains Eléphants changent ainsi jusqu'à huit fois de màchelières. Ils ne changent qu'une fois de défenses.

Les Eléphants d'aujonrtrhiii. revêtus d'une peau rude, et presque sans poils , nliabitent que la zone lorride de l'ancien continent, et l'on n'y en a encore reconnu que deux espèces.

V Éléphant des Indes. ( Elephas indiens. Cuv. ) Buff. XI, i ; et Sup. III , nx,

A tète oblongue, à front concave, à couronne des màchelières présentant des rubans transverses , ondoyants , qui sont les coupes des lames qui les composent, usées parla trituration. Cette espèce a les oreilles plus petites, et porte quatre ongles aux pieds de derrière. Elle habite depuis Tlndus jus- (Mi'à la mer Orientale et dans les grandes îles , an midi de l'Inde. On en prend , de temps immémorial , des individus pour les dresser et les faire servir de bêtes de trait et de somme ; mais on n'a pu encore les propager en domesticité, quoique ce qu'on a dit de leur prétendue pudeur et de leur répugnance à s'accoupler devant témoins , soit dénué de fondement. Les femelles n'ont que de très courtes défenses , et beaucoup de mâles leur ressemblent à cet égard.

VÉIéphant d' Afrique. {Elephas africanus. Cuv.) Perrault. Mém. pour l'Hist. des An., et Fréd. Cuv. Mammif.

A tête ronde, à front convexe, à grandes oreilles, à màchelières présentant des losanges sur leur couronne. Il paraît souvent n'avoir que trois ongles aux pieds de derrière. C'est l'espèce qui habite depuis le Sénégal jusqu'au Cap. On ne sait si elle remonte aussi sur toute la côte orientale d'Afrique, ou si elle y est remplacée par la précédente. Les femelles ont des défenses aussi grandes que les mâles , et cette arme est en général plus volumineuse que dans l'espèce des Indes. On ne dompte pas aujourd'hui l'Eléphant d'Afrique; mais il paraît <jue les Carthaginois en tiraient les mêmes usages que les Indiens tirent du leur.

On trouve sous terre , dans presque toutes les parties des deux continents, les os d'une espèce d'Eléphant , voisine de celle des Indes , mais dont les màchelières avaient des rubans plus étroits et plus droits , où les alvéoles des défenses étaient beaucoup plus longues à proportion, et la mâchoire inférieure plus obtuse. Un individu, récemment tiré des glaces, sur les côtes de Sibérie, par M. Adan.« '? paraît avoir été couvert d'un poil épais et de deux natures ; en sorte qu'il serait possible que celte espèce eût vécu dans des climats froids. Elle a depuis long-temps disparu du globe. {Fof- Cuv., Recherches sur les Oss. foss., tom. I.)

Le deuxième genre des proboscidiens ou

Les Mastodontes (Mastodon , Cnv.),

A été détruit tout entier, et n'a laissé aucune espèce vivante. Il avait les pieds , les défenses, la trompe et beaucoup d'autres détails de conformation communs avec les Éléphants 5 mais il en différait par les màchelières,

(lout Ja couronne hérissée, au sortir de la gencive , de grosses pointes coniques, offrait à mesure de sa détritiori des disques plus ou moins larges, qui représentaient les coupes de ces pointes fl). Ces dents, qui se succédaient d'arrière en avant, comme celles de l'Eléphant, présentaient aussi d'autant plus de paires de pointes qu'elles étaient d'un animal plus âgé.

Le grand Mastodonte {jMastodon g'iyanleutn , Cuv. loc. cit.)

Où les coupes des pointes étaient en losange, est l'espèce la plus célèbre. Il égalait l'Eléphant, mais avec des proportions encore plus lourdes. On eu trouve des restes , merveilleusement bien conservés et en grande abondance , dans prescpie toutes les parties de l'Amérique septentrionale. Ils sont inQniment plus rares dans l'ancien continent.

Le 3Iastodonte à dents étroites {Mastodon angustidens , Cuv., loc. cit.) ,

Dont les màchelières , plus étroites que celles du précédent, offrent, par la détrition , des disques en forme de Irèdes, qui les ont fait confondre par quelques auteurs avec des nicàchelières d'hippopotames , était d'un tiers moindre que le grand Mastodonte , et bien plus bas sur jamhes. On en trouve les dépouilles dans presque toute l'Europe , et dans la plus grande partie de l'Amérique méridionale. Dans quelques endroits, ses dents, teintes par le fer, deviennent, en les chauffant, d'un assez beau bleu , et donnent ce qu'on appelle des turquoises occidentales (2).

Notre seconde famille sera celle des Pachydermes ORDmAiRES , qui ont quatre, ou trois, ou deux doigts aux pieds.

Ceux où les doigts sont en nombre pair ont le pied en quelque sorte fourchu, et se rapprochent, à plusieurs égards, des ruminants par le squelette, et même par la complication de l'eslomac. On n'en fait communément que deux genres.

Les Hippopotames (Hippopotaîius , L.) ,

Qui ont à tous les pieds quatre doigts'presqu'égaux, terminés par de petits sabots; six màchelières partout, dont les trois antérieures coniques, les trois postérieures hérissées de deux paires de pointes qui prennent par la détrition la forme de trèfles ; quatre incisives à chaque mâchoire , dont les supérieures courtes, coniques et recourbées: les inférieures longues, cylindriques, pointues et couchées en avant; une canine de chaque côté tant en haut qu'en bas: la supérieure droite, l'inférieure très grosse , recourbée, toutes deux s'usant l'une contre l'autre.

Ces animaux ont le corps très massif, dénué de poils, les jambes très courtes , le ventre traînant presqu'à terre , la tête énorme , terminée par un large museau renflé qui enferme l'appareil de leurs grosses dents antérieures; la queue est courte, lesyeuxet lesoreilles sontpetits. Leur estomac

(1) Cette conformation, commune aux Maslodonlc.s,aux Ilippoiiofames, aux Cochons, etc., a lait croire mal à propos que les premiers étaient carnivores.

(2) On a encore découvert cjuelques espèces deMastodontcs moins répauducs,'(roy.Cuv., loc. cit.,)et tout nouvellenientil en a été rapporté du pays desBirmans de très remarquables, dont on attend la description de M . Buckland: Maat. latidvns, Mast.elojihantoïdes, etc.

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estdivisé en plusieurs poches. Ils vivent dans les rivières, de racines et d'autres substances végétales , et montrent beaucoup de férocité et de stupidité.

On n'en connaît qu'une espèce, aujourd'hui limitée aux rivières du milieu et du sud de l'Alrique {Hip. amphibius ^ L. ), Buff. , Suppl. III , vi et v. Elle venait autrefois par le Nil jusque dans l'Egypte; mais il y a long-temps qu'elle a disparu de cette contrée.

Les couches meubles de l'Europe recèlent les os d'une espèce d'Hippopotame très semblable à celle d'Afrique , et ceux de deux ou trois autres de plus en plus petites. Koy. mes Recli. sur les Oss., foss., tom. I.

Les CocHoivs (Sus, L.)

Ont à tous leurs pieds deux doigts mitoyens , grands et armés de forts sabots , et deux latéraux beaucoup plus courts , et ne touchant presque pas à terre; des incisives en nombre variable, mais dont les inférieures sont toujours couchées en avant ; des canines sortant de la bouche et se recourbant l'une et l'autre vers le haut; le museau terminé par un boutoir tronqué propre à fouiller la terre; l'estomac peu divisé.

Les Cochons, proprement dits, ont vingt-quatre ou vingt-huit mâchelières, dont les postérieures oblongues à couronne tuberculeuse , les antérieures plus ou moins comprimées, et six incisives à chaque mâchoire.

Le Sanglier {Sus scropha, L.), Buff., V, xiv et xvn,

Qui est la souche de nos Cochons domestiques et de leurs variétés, a les défenses prismatiques , recourbées en dehors et un peu vers le haut , le corps trapu , les oreilles droites , le poil hérissé , noir ; ses petits , nommés marcassins , sont rayés de blanc et de noir. Il fait grand tort aux champs voisins des forêts, en fouillant pour y chercher les racines.

Le Cochon domestique varie en grandeur, en hauteur de jambes, en direction d'oreilles et en couleur : tantôt blanc, tantôt noir, tantôt rouge, tantôt varié. Chacun sait combien il est utile parla facilité avec laquelle on le nourrit, par le goût agréable de sa chair, qui a la propriété de se conserver long-temps au moyen du sel, enfin par sa fécondité, qui surpasse beaucoup celle des autres animaux de sa taille; la truie produit jusqu'à quatorze petits. Elle por te quatre mois , et deux fois par an. Le Cochon grandit jusqu'à cinq ou six ans ; il peut produire dès l'âge d'un an, et en vivre vingt. Quoique d'un naturel assez brut , les Sangliers et les Cochons sont des animaux sociaux , qui savent se défendre contre les Loups , en se mettant en cercle, et présentant le boutoir de toute part. Voraces et criards , ils n'épargnent pas même leurs propres petits. Celte espèce est répandue sur toute la terre, et il n'y a que les Juifs et les Mahométans qui refusent de s'en nourrir.

Le Sanglier à masque {S. larvatus , Fr. Cuv.) , Sus africanus, Schr. cccxxvn ; Sanglier de Madagascar , Daub. mdccclxxxx ; Samuel Daniels , Afric. Scenery, pi. xxi ,

A les défenses du nôtre, mais de chaque côté de sou nuiseau , près de la défense, est un gros tuberbule presque semblable à une mamelle de femme , soutenu par une proéminence osseuse , et qui donne à l'animal une figure très singulière. Il habite à Madagascar et dans le midi de l'Afrique.

Le Bablroussa ou Cochon-Cerf {S. babirussa. ) Bulf. Sup. III, xii,

Plus haut el plus léger de jambes que les autres , a des défenses longues , grêles, redressées verticalement , et dont les supérieures se recourbent en arrière et en spirale. Il liabite dans quelques îles de l'archipel des Indes.

On peut séparer des Cochons

Les Phacochoeres (Fréd. Cuv. ) (1) ,

Qui ont les mâchelières composées de cylindres joints ensemble par un cortical à peu près comme le sont les lames transvorses de celles de l'éléphant , et se poussant aussi d'avant en arrière. Leur crâne est singulièrement large , leurs défenses arrondies , dirigées de côté et en haut, d'une grandeur effrayante ; et , sur chacune de leurs joues , pend un gros lobe charnu qui achève de rendre leur figure hideuse. Us n'ont que deux incisives en haut et six en bas.

Les individus apportés du Cap Vert {S. afrlcanus, Gm.) ont ces incisives en général bien complètes; ceux qui viennent du cap de Bonne-Espérance {S. œlhiopicus, Gm.), Buff. , Supp. III, xi , ne les montrent presque jamais; seulement on en retrouve quelquefois des vestiges sous la gencive; peut-être cette différence tient-elle à l'âge qui avait usé ces dents dans les derniers , peut-être indique-t-elle une différence d'espèce, d'autant que les têtes du Cap sont aussi un peu plus larges et plus courtes.

On doit encore moins laisser dans le genre des cochons

Les Pkcaris (Dicotyles , Cuv. ) (2) ,

Qui ont bien à peu près les mâchelières et les incisives des cochons proprement dits, mais dont lescanimes, dirigées comme celles des animaux ordinaires, ne sortent pas de la bouche. Ils manquent de doigt externe à leurs pieds de derrière ; ils n'ont pas de queue, et sur leurs lombes est une ouverture glanduleuse d'où suinte une humeur fétide. Les os du métatarse et du métacarpe de leurs deux grands doigts sont soudés en une espèce de canon , comme dans les ruminants , avec lesquels leur estomac , divisé en plusieurs poches, leur donne aussi un rapport marqué. Une chose singulière, c'est que l'on trouve souvent leur aorte très renflée , mais sans que le lieu du renflement soit fixe , comme s'ils étaient sujets à une sorte d'anévrysme.

On n'en connaît que deux espèces, l'une et l'autre de l'Amérique méridionale, qui n'ont été distinguées que par M. d'Azzara; Linné les confond sous le nom de Sus tajassu.

Le Pécari à collier ou Pâtira. {Die. torquatus. Cuv.) Buff. X , m et iv.

A poil annelé de gris et de brun , à collier blanchâtre allant obliquement de l'angle de la ^mâchoire inférieure sur l'épaule ; de taille moitié moindre que notre Sanglier.

Le Tagnicati, Taitetou, Tctjassou , etc. {Die. labialus. Cuvier. ) Plus grand, brun , à lèvres blanches.

(1) Phaco-chœrus, cochon portant une venue.

(2) Dicotyle, double nombril, à cause de l'ouverture glanduleusede son dos.

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loi peut être placé un genre aujourd'hui inconnu dans la nature vivante, que nous avons découvert et nommé

Anoplotherium. Cuv.

Il montre les rapports les plus singuliers avec les diverses tribus des j>açhydermes , et se rattache , à quelques égards , à l'ordre des ruminants. Six incisives à chaque mâchoire , quatre canines presque semblables aux incisives et ne les dépassant pas , et sept molaires partout forment une série continue sans intervalle vide , ce qu'on ne voit que dans l'homme. Les quatre molaires postérieures de chaque côté sont semblables à celles des Rhinocéros, des Damans et des Palœothériums, c'est-à-dire carrées en haut, et en double ou triple croissant en bas. Leurs pieds, terminés par deux grands doigts comme dans les ruminants , ont ceci de différent, que les os du métatarse et du métacarpe restent toujours séparés sans se souder jamais en canon. La composition de leur tarse est la même que dans le Chameau.

Les ossements de ce genre n'ont été trouvés, jusqu'à ce jour, que dans les carrières à plaire des environs de Paris. Nous y en avons déjà reconnu cinq espèces : une grande comme un petit âne, avec la forme basse et la longue queue de la Loutre {A. commune , Cuv.) : ses pieds de devant portaient au bord interne un petit doigt accessoire; une de la taille et du port léger de la Gazelle {A. médium) ; une de la taille et à peu près des proportions du Lièvre, avec deux petits doigts accessoires aux côtés des pieds de derrière, etc. [f^oy. Cuv., Rech. sur les Oss. foss , toui. III).

Les pachydermes ordinaires , qui n'ont pas le pied fourchu , comprennent d'abord trois genres , très semblables entre eux par les ^mâchelières , en ayant de chaque côté sept supérieures à couronne carrée , avec divers linéaments saillants , et sept inférieures à couronne en double croissant, la dernière de toutes en croissant triple; mais leurs incisives diffèrent.

Les Rhinocéros (Rhinocéros, L.)

Varient même entre eux à cet égard. Ce sont de grands animaux dont chaque pied est divisé en trois doigts et dont les os du nez , très épais et réunis en une sorte de voûte, portent une corne solide, adhérente à la peau et de substance fibreuse et cornée , comme si elle était composée de poils agglutinés. Leur naturel est stupide et féroce ; ils aiment les lieux humides, vivent d'herbes et de branches d'arbres , ont l'estomac simple , les intestins fort longs , le cœcum fort grand.

Le Rhinocéros des Indes {Rh. indiens , Cuv.), Buff. XI , vu ,

A , outre ses vingt-huit màchelières , deux fortes dents incisives à chaque mâchoire ; deux autres petites entre les inférieures , et deux plus petites encore en dehors des supérieures. Il n'a qu'une corne, et sa peau est remarquable par des plis profonds qu'elle forme en arrière et en travers des épaules , en avant et en travers des cuisses. Il habite aux ludes orientales, surtout audelà du Gange.

Le Rhinocéros Je Java {Eh.javamis, Cuv.) , Fréd. Cuv., Mammif.,

Avec les grandes incisives et la corne nniqiie du précédent, a les plis de la peau moins nombreux , un de ceux de la nuque plus large , et, ce qui est plus remarquable, toute la peau couverte de petits tubercules serrés et anguleux. On ne Ta trouvé encore que dans Tîle de Java.

Le Rhinocéros de Sumatra (Rh. sumatrensis , Cuv.), Bell., Trans. phil., 1795; Fréd. Cuv., Mammif.,

A les mêmes quatre grandes incisives que les précédents , et porte une seconde corne derrière la corne ordinaire. Il n'a presque point de plis à la peau qni , de plus , est assez velue.

Le Rhinocéros ci Jfrique {Rh. Jfricanus , Cuv.), Buff. Sup. VI, vi.

Porte aussi deux cornes, et n'a point de plis à la peau ni aucune dent incisive, ses molaires occupant presque toute la longeur de sa mâchoire. Cette absence de dcnls incisives pourrait le faire séparer de ses congénères.

On a trouvé sous terre , en Sibérie et en différents endroits de l'Allemagne, les os d'un rhinocéros à deux cornes, dont le crâne, beaucoup plus alongé que ceux des rhinocéros vivants, se distinguait encore par un cloison verticale, osseuse, qui soutenait les os du nez. C'est une espèce perdue; et un cadavre presque entier, que l'on a retiré de la glace sur les bords du Vilhoui , en Sibérie, a montré qu'elle était couverte d'un poil assez épais. Elle pouvait donc vivre au nord comme l'Eléphant fossile.

On a déterré , plus nouvellement, en Toscane et en Lombardie, d'autres os d'un rhinocéros qui paraît être beaucoup plus rapproché de celui d'Afrique.

Il s'en est trouvé en Allemagne qui ont des incisives comme les espèces d'Asie; enfin, on en a découvert en France, qui annoncent une taille à peine supérieure à celle du Cochon {Voy. mes Rech. sur les Oss. foss., tom. II).

Les Damans (Hyrax, Hermann)

Ont été placés long-temps parmi les rongeurs , à cause de leur très petite taille ; mais , en les examinant bien , on trouve qu'à la corne près , ce sont en quelque sorte des Rhinocéros en miniature ; du moins ils ont exactement les mêmes molaires; mais leur mâchoire supérieure a deux fortes incisives recourbées vers le bas , et, dans la jeunesse, deux très petites canines; l'inférieure a quatre incisives sans canines. On compte quatre doigts à leurs pieds de devant et trois à ceux de derrière, garnis d'une sorte de très petits sabots minces et arrondis; il faut excepter le doigt interne de derrière, qui est armé d'un ongle crochu et oblique. Ces animaux ont le museau et les oreilles courtes ; ils sont couverts de poils , et ne portent qu'un tubercule au lieu de queue. Leur estomac est divisé en deux poches ; outre un gros cœcum, et plusieurs dilatations au colon, il y a vers le milieu de celui-ci deux appendices analogues aux deux cœcuras des oiseaux.

On en connaît une espèce , gr.nnde comme un Lapin , de couleur grisâtre , assez commune dans les rochers de toute l'Afrique , et qui paraît aussi habiter

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quelques parties de l'Asie; du moins ne trouverons-nous pas de différence certaine entre VHyrax capensis et le syriacus (Buff. Supp. VI xlii et xlui • etVIl,Lxxix(l). '

Les Palœqtheriijm (Cuv.)

Sont encore un genre perdu. Avec les mêmes raàchelières que les deux précédents, six incisives et deux canines à chaque mâchoire comme les Tapirs et trois doigts visibles à chaque pied, ils portaient aussi, comme les Tapirs, une courte trompe charnue, pour les muscles de laquelle les os du nez étaient raccourcis , et laissaient en dessous d'eux une forte échancrure. Nous avons découvert les ossements de ce genre pêle-mêle avec ceux de l'Anoplotherium dans les carrières à phâtre des environs de Paris, et il en existe dans plusieurs autres lieux de la France.

On en connaît déjà onze ou douze espèces. A Paris seulement, nous en trouvons de la taille du Cheval , de celle du Tapir, de celle d'un petit Mouton; près d'Orléans, il s'en trouve des os d'une espèce qui égalait à peu près le Rhinocéros. Ces animaux paraissent avoir fréquenté les bords des lacs et des marais ; car les pierres qui recèlent leurs os contiennent aussi des coquilles d'eau douce (^oj. Cuv. , Rech. sur les Oss. foss. . toni. III ).

Les LopHioDONS

Sont un autre genre perdu qui parait tenir de près au palœotherium , mais dont les màchelières inférieures ont des collines transverses. On en a déterré jusqu'à dix ou douze espèces dans nos terrains d'eau douce anciens, les mêmes où l'on trouve les précédents. F'oy. mes Ossem. foss. , tom III.

A ces genres doit succéder celui des

Tapirs ( Tapir.) ,

Dont les vingt-sept molaires présentent toutes, avant la trituration, deux collines transverses et rectilignes; en avant sont , à chaque mâchoire, six incisives et deux canines , séparées des molaires par un espace vie. Le nez est en forme de petite trompe charnue ; les pieds de devant ont quatre doigts, ceux de derrière trois.

On n'en a pendant long-temps connu qu'une espèce.

Le Tapir d'Amérique ( Tapir amer}ca7iusj Lin. ), Buff. Supp. VI , i ,

De la taille d'un petit âne, à peau brune, presque nue; à queue médiocre , à cou charnu , formant comme une crête sur la nuque. Elle est commune dans les lieux humides et le long des rivières des contrées chaudes de l'Amérique méridonale. On mange sa chair. Les petits sont tachetés de blanc comme les faons de Cerf.

Depuis quelque années, il a été découvert une seconde espèce de Tapir dans l'ancien continent ; c'est

Le Tapir de l'Inde. ( Tapir /wJ/cwj. )rarkharie. Soc. asiat., tom. XIV. Horsfield, Jav. Maiba. Fr. Cuv., Mamraif.

Plus grand que celui d'Amérique, brun-noir, à dos gris-blanc. 11 habile les forêts de la presqu'île de Malacca , de l'île de Sumatra , etc.

(1) Je doute beaucoup de l'authenticité de VHyrax kuduonins , Bewick, 407, et Schreb. CCXL , C. Il n'a été vu que dans un cabinet.

Une nouvelle espèce vient d'être découverte dans les Cordilières par le docteur Roulin j elle est noire , couverte d'un poil épais , ses os sont plus alongés que dans les autres espèces, ce qui la rapproche un peu des palœothériems.

11 y a aussi des os fossiles de Tapirs répandus en Europe , et, entre autres , d'une espèce gigantesque qui doit avoir approché de l'Eléphant pour la taille ( Tapir giganteiis j Cuv. , Ossem. foss. , tome II ).

M, Schleyermacher a obtenu une mâchoire inférieure du grand animal fossile qu'on croyait être un tapir gigantesque. 11 se trouve avoir des dents canines énormes et qui devaient sortir de la bouche ; il doit donc former un genre à part. Sa taille pouvait être de moitié supérieure à celle de l'Hippopotame.

La troisième famille des pachydermes , ou animaux à sabots non ruminants , comprendra

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