HUITIEME ORDRE DES MAMMIFERES
LES RUMINAKTS.
C'est peut-élre lordre le plus naturel et le mieux déterminé de la classe , car ces animaux ont Tair détre presque tous construits sur le même modèle ; les Chameaux seuls piésentent quelques petites exceptions aux caractères communs.
Le premier de ces caractères est de n'avoir d'incisives qu'à la mâchoire inférieure, presque toujours au nombre de huit. Elles sont remplacées en haut par un bourrelet calleux. Entre les incisives et les molaires est un espace vide , où se tiouvent, seulement dans quelques genres, une ou deux canines. Les molaires, presque toujours au nombre de six partout, ont leur couronne marquée de deux doubles croissants, dont la convexité est tournée en dedans dans les supérieures , en dehors dans les inférieures.
Les quatre pieds sont terminés par deux doigts et par deux sabots, qui se regardent par une face aplatie, en sorte qu'ils ont l'air d'un sabot unique, qui aurait été fendu ; d'où vient, à ces animaux, le nom de pieds fourchus, de bifurques, etc.
Derrière le sabot sont quelquefois deux petits ergots, vestiges de doigts latéraux. Les deux os du métacarpe et du métatarse sont réunis en un seul , qui porte le nom de canon; mais dans certaines espèces il y a aussi des vestiges de métatarsiens et de métacarpiens latéraux.
Le nom de ruminants indique la faculté singulière de ces animaux, de mâcher une seconde fois les aliments, qu'ils lamènent dans la bouche après une première déglutition , faculté qui tient à la structure de leurs estomacs. Ils en ont toujours quatre , dont les trois premiers sont disposés de façon que les aliments peuvent entrer à volonté dans l'un des trois , parce que l'œsophage aboutit au point de communication.
Le premier et le plus grand se nomme la panse ; il reçoit en abondance les herbes grossièrement concassées par une première mastication. Elles se rendent de là dans le second , appelé bonnet j dont les parois ont des lames semblables à des rayons d'Abeilles. Cet estomac, fort petit et globuleux, saisit l'herbe , l'imbibe et la compiime en petites pelotes , qui remontent en-
158 MAMMIFERES.
suite successivement à la bouche pour y être remâchées. L'animal se tient en repos pour cette opération , qui dure jusqu'à ce que toute l'herbe, avalée d'abord dans la panse, l'ait subie. Les aliments , ainsi remâchés , descendent directement dans le troisième estomac nommé feuillet ^ parce que ses parois ont des lames longitudinales semblables aux feuillets d'un livre, et de là dans le quatrième ou caillette , dont les parois n'ont que des rides , et qui est le véritable organe de la digestion , analogue à l'estomac simple des animaux ordinaires. Pendant que les ruminants tettent et ne vivent que de lait, la caillette est le plus grand de leurs estomacs. La panse ne se développe et ne prend son énorme volume qu'à mesure qu'elle reçoit de l'herbe. Le canal intestinal des ruminants est fort long, mais peu boursouflé dans les gros intestins. Leur cœcum est de même, long et assez lisse. La graisse des ruminants durcit plus en refroidissant que celle des autres quadrupèdes , et devient même cassante. On lui donne le nom de suif. Leurs mamelles sont placées entre leurs cuisses.
Les ruminants sont , de tous les animaux, ceux dont l'homme tire le plus de parti. Il peut manger de tous , et c'est même d'eux qu'il tire presque toute la chair dont il se nourrit. Plusieurs lui servent de bêtes de somme ; d'autres lui sont utiles par leur lait, leur suif, leur cuir, leurs cornes et d'autres productions.
Les deux premiers genres n'ont point de cornes.
Les Chameaux (Camelus, L. )
Se rapprochent un peu plus que les autres de l'ordre précédent. Ils ont non-seulement toujours des canines aux deux mâchoires , mais encore deux dents pointues, implantées dans l'os incisif , les incisives inférieures au nombre de six, et les molaires de vingt ou de dix-huit seulement, attribut qu'ils possèdent seuls parmi les ruminants , ainsi que d'avoir le scaphoïde et le cuboïde du tarse séparés. Au lieu de ce grand sabot aplati au côté interne qui enveloppe toute la partie inférieure de chaque doigt et détermine la figure du pied fourchu ordinaire, ils n'en ont qu'un petit , adhérant seulement à la dernier phalange , et de forme symétrique comme les sabots des pachydermes. Leur lèvre renflée et fendue , leur long cou , leurs orbites saillants , la faiblesse de leur croupe, la proportion désagréable de leurs jambes et de leurs pieds, en font des êtres en quelque sorte diflbrmes ; mais leur extrême sobriété , et la faculté qu'ils ont de passer plusieurs jours sans boire, les rendent de première utilité.
Cette faculté tient probablement à de grands amas de cellules qui garnissent les côtés de leur panse , et dans lesquelles il se retient ou se produit continuellement de l'eau. Les autres ruminants n'en ont point de semblables.
RU3IINANTS. 159
Les Chameaux urinent en arrière , mais leur verge change de direction pour l'accouplement , qui se fait avec beaucoup de peine , et pendant lequel la femelle reste couchée. Au temps du rut, il suinte de leur tête une humeur fétide.
Les Chameadx proprement dits
Ont les deux doigts réunis en dessous , jusque près de la pointe , par une semelle commune ; ils ont le dos chargé de loupes de graisse. Ce sont de grands animaux de l'ancien monde dont on connaît deux espèces, toutes les deux complètement réduites à Tétat domestique (1).
Le Chameau à deux bosses ( Camelus bacirlanus, L., Bufl'. XI , xxu )
Originaire du centre de l'Asie , et qui descend beaucoup moins vers le midi que
Le Chameau à une seule bosse ( Camelus dromedarius, L. ), Buff, XI , ix.
Il s'est répandu de l'Arabie dans tout le nord de l'Afrique et dans ime grande partie de la Syrie , de la Perse , etc.
Le premier est le seul qu'on emploie en Turquestan, au Thibet, etc. ; on en conduit jusque près du lac Baïcal. Le second est assez connu par sa nécessité pour traverser le désert , et comme seul moyen de liaison des pays qui y confinent.
Le Chameau à deux bosses marche moins péniblement que l'autre dans les terrains humides ; il est plus grand et plus fort. Dans le temps de la mue, il se dépouille entièrement de son poil. C'est le Chameau à une seule bosse qui porte le plus loin la sobriété. Le Dromadaire en est proprement une variété plus légère et plus propre à la course.
La chair et le lait des Chameaux servent à la nourriture, et leur poil au vêtement des peuples qui les possèdent. Les deux espèces deviennent presque inutiles dans les terrains pierreux.
Les Lamas (Auchenia, Iliger.)
Ont les deux doigts séparés et manquent de loupes. On n'en connaît aussi que deux espèces bien distinctes , l'une et l'autre du Nouveau-Monde, et beaucoup plus petites que les deux précédentes.
Le Lama ou, dans l'état sauvage, Guanaco. {Camelus llacma. L.) Buff. Supp. VI , xxvu.
Grand comme un Cerf; à pelage grossier et châtain, qui varie de couleur en domesticité. C'était la seule bête de somme du Pérou quand on en fit la conquête ; il porte cent cinquante livres, mais ne fait que de petites journées. l^Alpaca en est une variété à longs poils laineux.
La Vigogne. [Camelus vicunna. L.) Buff. Supp. VI, xxviu.
Grande comme une Brebis , couverte d'une laine fauve d'une finesse et d'une douceur admirables , qui donne des étoffes précieuses.
(1) Pallas rapporte , sur la foi des Bouchares et des Tartares, qu'il y a des Chameaux sauvages dans les déserts du milieu de l'Asie ; mais il faut remarquer que les Calmouques, par principes de religion , domient la liberté à toutes sortes d'animaux.
160 MAMMIFERES.
Les Chevrotains ( Moscnus. L. )
Beaucoup moins anomaux que les Chameaux , ne diflèrent des ruminants ordinaires que par l'absence des cornes , par une longue canine , de chaque côté de la mâchoire supérieure , qui sort de la bouche dans les mâles , et enfin parce qu'ils ont encore, dans le squelette, un péroné grêle, qui n'existe pas même dans les Chameaux. Ce sont des animaux charmants par leur élégance et leur légèreté.
Le Musc {Moschus moschiferus) L. ), Buff. Supp. VI , xxix ,
Est Tespèce la plus célèbre. Grande comme un Chevreuil , presque sans queue , elle est toute couverte d'un poli si gros et si cassant , qu'on pourrait presque lui donner le nom d'épines; mais ce qui la fait surtout remarquer , c'est la poche située en avant du prépuce du mâle , et qui se remplit de cette substance odorante si connue en médecine et en parfumerie sous le nom de musc.
Celte espèce paraît propre à cette région âpre et pleine de rochers , d'où descendent la plupart des ileuves de l'Asie , el qui s'étend entre la Sibérie , la Chine et le Thibet. Sa vie est nocturne et solitaire , et sa timidité extrême. C'est au Thibet et au Tunquin qu'elle donne le meilleur musc ; dans le nord , cette substance n'a presque pas d'odeur.
Les autres Chevrotains n'ont point de bourse à musc. Ils vivent tous dans les pays chauds de l'ancien continent (1) ; ce sont les plus petits et les plus élégants des ruminants (2).
Tout le reste des ruminants a, au moins dans le sexe mâle , deux cornes , c est-à-dire deux proéminences plus ou moins longues des os frontaux , qui ne se trouvent dans aucune autre famille d'animaux.
Dans les uns , ces proéminences sont revêtues d'un étui de substance élastique composé comnne de poils agglutinés ; cet étui, croît par couches , et pendant toute la vie ; on donne en particulier le nom de co7^ne à la substance de cet étui, et lui-même porte celui de corne creuse. La proéminence qu'il enveloppe croît comme lui pendant toute la vie et ne tombe jamais. Telles sont les cornes des bœufs ^ des moutons j des chèvres et des antilopes.
Dans d'autres, les proéminences ne sont enveloppées que d'une peau velue, qui se continue avec celle de la tête, et qui ne se détruit point ; ces proéminences ne tombent pas non plus ; la seule Girafe en a de telles.
(1) Le Moschus americaniis , établi d'après Séba, n'est qu'un jeune ou une femelle d'un des Cerfs de la Guiaue. Il en est de même du Moschus delicatulus de Schaw, Schreb., 245 , D. C'est le faon d'un cerf d'Amérique.
(2) Moschus pi/gmœus, Buff., XII, xlii.
Moschusvietnina^Schvch.^ ccxliii. <
Moschus javanicus, Buff., Supp. VI,xxx.
RUMINANTS. 16t
Enfin , dans le genre des Cerfs , les proéminences , couvertes pendant un temps d'une peau, velue comme celle du reste de la tête , ont à leur base un anneau de tubercules osseux , qui , en grossissant , compriment et oblitèrent les vaisseaux nourriciers de cette peau. Elle se dessèche et est enlevée; la proéminence osseuse, mise à nu , se sépare au bout de quelque temps du crâne, auquel elle tenait; elle tombe, et l'animal demeure sans armes. Mais il lui en repousse bientôt de nouvelles, d'ordinaire plus grandes que les précédentes , et destinées à subir les mêmes révolutions. Ces cornes , purement osseuses, et sujettes à des changements périodiques , portent le nom de bois.
Les Cerfs ( Cervcs, L.)
Sont donc tous les ruminants dont la tête est armée de bois ; mais , si l'on excepte l'espèce du Renne , tous les femelles en sont toujours dépourvues. La substance de ce bois, quand il a acquis tout son développement, est un os très dense sans pores ni sinus; sa figure varie beaucoup selon les espèces, et même , dans chaque espèce , selon l'âge. Les Cerfs sont des animaux très rapides <à la course , habitant généralement , les forêts , y vivant d'herbes, de feuilles, de bourgeons d'arbres, etc.
On distingue d'abord les espèces à bois aplati en tout ou en partie ; savoir :
hElan. ( C. alces. L.) Elk ou Elend dans le nord de l'Europe ; Moose-Deer des Anglo-Américains ; Orignal des Canadiens. Buff. Supp. VU , lxxx.
Grand comme un Cheval et quelquefois davantage , à jambes élevées , à museau cartilagineux et renflé; une espèce de goitre ou de pendeloque diversement configurée sous la gorge ; le poil toujours très roide , et d'un cendré phis ou moins foncé. Le bois du mâle , d'abord en dague, ensuite divisé en lanières, prend , à l'âge de cinq ans , la forme d'une lame triangulaire, dentelée au bord externe et portée sur un pédicule. 11 croît avec l'âge jusqu'à peser cinquante ou soixante livres . et à avoir quatorze andouillers ou dentelures à chaque corne. L'Elan habite en petites troupes les forets marécageuses du nord des deux continents; sa peau est précieuse pour les ouvrages de chamoiserie.
Le Renne. {C. Tarandus. L.) Buff. Supp. III, xvni bis.
Grand comme un Cerf, mais à jambes plus courtes et plus grosses; les deux sexes ont des bois divisés en plusieurs branches, d'abord grêles et pointues , et qui finissent avec l'âge par se terminer en palmes élargies et dentelées ; son poil, brun en été, devient presque blanc en hiver (1). Le Renne n'habite que les contrées glaciales des deux continents. Cet animal est célèbre parle service qu'en tirent les Lapons, qui en ont de nombreux troupeaux, qu'ils conduisent l'été dans les montagnes de leur pays, pour les ramener l'hiver
(1) C'est probablement ce changement qui avait fait dire aux anciens que le tarandus prenait les couleurs qu'il voulait.
1C2 MA3IMIFÈRES.
dans les plaines ; ils en font leurs bétes de somme et de trait ; ils mangent leur chair, leur lait, et se vêtent de leur peau.
Le Daim. {C. Dama. L.) Buff. VI, xxvn et xxviii.
Moindre que notre Cerf, en hiver d'un brun noirâtre , en été fauve , tacheté de blanc; les fesses en tous temps blanches , bordées de chaque côté d'une raie noire; la queue plus longue qu'au cerf, noire en dessus, blanche en dessous. Le bois du mâle a la base ronde avec un andouiller pointu , et dans le reste de sa longueur il est aplati et dentelé en dehors ; passé un certain âge , il rapetisse et se divise irrégulièrement en plusieurs lanières. Cette espèce , qui est le Platiceros des anciens , est devenue commune dans la plupart des pays d'Europe , mais elle paraît originaire de Barbarie (l);il s'en trouve quelquefois une variété noire sans taches.
Les espèces à bois ronds sont plus nombreuses ; celles des pays tempérés changent aussi plus ou moins de couleur en hiver.
Le Cerf commun. (Cervus elaphus. L.) Buff. VI , ix, x , xii.
A pelage en été fauve-brun, avec une ligne noirâtre , et de chaque côté une rangée de petites taches fauve pâle le long de l'épine; en hiver, d'un gris brun uniforme; la croupe et la queue en tout temps fauve pâle. Il est naturel des forêts de toute l'Europe et de l'Asie tempérée. Le bois du mâle est rond et vient la seconde année ; d'abord en forme de dague , il prend ensuite à sa face intérieure plus de branches ou d'andouillers à mesure qu'il avance en âge, et se couronne d'une sorte d'empaumure de plusieurs petites pointes. Le très vieux Cerf noircit, et les poils de son cou s'alongent et se hérissent. Le bois tombe au printemps, en commençant par les vieux; il revient pendant l'été , et les cerfs vivent séparés tout ce temps là. Quand il est refait , commence le rut , qui dure trois semaines , et pendant lequel les mâles sont comme furieux. Mâles et femelles se réunissent en grandes troupes pour passer l'hiver. La Biche porte huit mois et met bas en mai; le faon est fauve, tacheté de blanc.
La chasse du Cerf, qui passe , comme on sait, pour le plus noble des exercices , est devenue l'objet d'un art qui a sa théorie , et une terminologie étendue où les choses les plus connues s'expriment par des termes bizarres, ou détournés de leur acception ordinaire.
Le Cerf du Canada. {C. canadensis. Cm. C.stroiigyloceros. Schreb. 246, A. 247, F, G) Elk ou Élan des Anglo-Américains. Wapiti, etc.
D'un quart plus grand que le nôtre , à peu près de la même couleur , mais à disque de la croupe plus large et plus pâle , à bois également ronds, mais plus développés , et qui ne prennent jamais d'empaumure. Il habite toutes les parties tempérées de l'Amérique septentrionale.
Le Cerf de la Louisiane ou de Virginie. {C. virginianus, Gm.) Daim des Anglo- Américains. Schreb. ccxlvii, H.
Moindre que le nôtre , plus svelte , à museau plus pointu ; d'un fauve clair en été, d'un gris roussâtre en hiver, le dessous de la gorge et de la queue blanc en tout temps , le tiers inférieur de la queue noir et le bout blanc. Le bois
(1) Depuis la publication de la seconde édition de nos Recherches sur les Ossements fossiles , nous avons reçu un Daim sauvage tué dans les bois au sud de Tunis.
du mâle, plus court qu'à Tespèce d'Europe , rond , lisse et blanchâtre, s'écarte en dehors pour revenir en arc de cercle en dedans et en avant , et porte ses andoiiillers à sa face postérieure , excepté celui de la base. 11 en a jusqu'à cinq ou six (1).
Les espèces des pays chauds ne changent pas de couleur.
Il y en a plusieurs dans l'Amérique méridionale , dont on n'a point encore une histoire assez complète ni des caractères assez comparatifs. Tels sont :
Le Gauzou-Poiicou o\\ grand Cerf rouge d'Azz. (C. paludostis, Desm.) ,
Qui paraît avoir des bois plus droits que ceux du précédent. Son pelage est d'un bai vif, avec une raie noire sur le chanfrein et des anneaux noirs au bout des pieds. Il habite de préférence les lieux marécageux.
Le Guazouti (TAzz. {C. campestris , Fr. Cuv.)
A le bois court et droit , donnant des andouillers en avant et en arrière , qui deviennent assez nombreux (Ossem. foss. , IV, pi. m , f. 46 — 48) 5 le pelage fauve , le ventre , le dedans des cuisses , les fesses et le bout de la queue blancs (2).
Il y en a aussi plusieurs dans les Indes orientales.
Le Cerf tacheté de r Inde ou Axis. {Cervus axis , Lin.), Buff. XI, xxxviii, xxxix.
En tout temps fauve , tacheté de blanc pur ; le dessous de la gorge et celui de la queue blancs ; queue fauve , bordée de blanc en dessus ; des bois ronds . devenant très grands avec l'âge, mais ne portant jamais qu'un audouiller vers la base , et la pointe fourchue. Originaire du Bengale , mais se propageant très bien dans nos pays. 11 était déjà connu des Romains.
Les Indes possèdent plusieurs autres Cerfs à deux andouillers , comme l'Axis , qui n'ont été distingués que depuis peu :
Il y en a un , dans le nombre , qui a de longs poils au cou et à la gorge , et qui, vivant dans le nord de l'Inde, doit répondre à l'Hippélaphe d'Aristoto (C. Ai'istolelis, Cuv.) (3).
Le Chevreuil d' Europe {Cerv. caj^reolus, Lin.), Buff. VI, xxxii, xxxiu.
N'a aussi que deux andouillers à ses bois. Il est gris fauve , à fesses blanches sans larmiers , presque sans queue. Il y en a'des individus d'un roux très vif. et d'autres noirâtres. Cette espèce vit par couples dans les forets élevées de l'Europe tempérée , perd son bois à la fin de l'automne , le refait pendant l'hiver, entre en rut en novembre , et porte cinq mois et demi. Sa chair est beaucoup plus estimée que celle du Cerf. Il n'y n'en a pas en Russie.
Le Chevreuil de Tartarie. {Cervus pygargus. Pall.) Schreb. ccliii.
Semblable au nôtre, mais abois plus hérissés àleur base, à poils plus longs, presque de la taille d'un daim, habile les campagnes élevées, au delà du Volga.
(1) Foyez mes Ossem. foss., IV, pi. v, f. 1 - 17. Le Cervus mcxicanus ,Vcnn., et Ossem. foss., pi. V, f. 23 , pourrait n'être qu'un vieux Cerf de Virginie.
(2) Aj. Cervus neiiioralis , Hani. Smith.
(â) Aj. le Cerfhippélaplu'y \e Cerf de fFcdlich,\c Cerf des Marianncs,\c Cerf de Lerheiiciultyle Cerf de Pérou j \e Cerf Cheval; et voyez , sur ces espèces, le IV" tome de nos Recherches sur les Ossements fossiles , elles figures données par M. llaniillon Smith dans la trad. angl. du présent ouvrage.
Il paraît qu'il y a en Amérique des Chevreuils dont le bois demeure toujours en simple dague , sans andouillers.
Le Gottazoupita dAzz. {Cervus ru/us. Fr. Cuvier.)
A pelage roux; les lèvres, Tarrière-ventreet le dessous de la queue blancs ; des canines aux deux mâchoires. Il vit dans les bois (1).
On pourrait séparer, des autres Chevreuils, certaines petites espèces des Indes , qui ont des canines aiguës et des bois courts portés sur des pédicules couverts de poils qui s'élèvent de leur front. Tel est :
Le Chevreuil des Indes. {Cerv. muntjac. Gm.) Buff. Sup. VII , xxvi.
Plus petit que le nôtre. Il vit en petites troupes à Ceylan et à Java. (2)
La Girafe ( Camelopabdalis, L.), Buff., Supp. VII, lxxxi,
A pour caractèi'e , dans les deux sexes, des cornes coniques, toujours recouvertes par une peau velue , et qui ne tombent jamais. Leur noyau osseux est articulé dans la jeunesse par une suture sur le frontal. Au milieu du chanfrein , est un tubercule ou une troisième corne plus large et beaucoup plus courte , mais également articulée par suture. Cet animal est d'ailleurs l'un des plus remarquables qui existent, par la longueur de son cou et par la hauteur disproportionnée de ses jambes de devant.
On n'en connaît qu'une espèce {Camelopardalis girafa, L. , Fréd. Cuv. , Mamniif.) , confinée dans les déserts de l'Afrique (5), à pelage ras , gris, tout parsemé de taches anguleuses fauves , avec une petite crinière grise et fauve. C'est le plus élevé de tous les animaux , car sa tète atteint à dix-huit pieds de hauteur. Il est d'ailleurs d'un naturel doux , et se nourrit de feuilles d'arbres. Les Romains ont eu des girafes vivantes à leurs jeux. Iléliodore en a donné une bonne description, et il en est venu une ou deux, en Italie, dans le moyen âge. Les relations récentes avec l'Egypte en ont procuré depuis peu à divers souverains de l'Europe.
Les Ruminants a cornes creuses.
Sont plus nombreux que les autres , et l'on a été obligé de les diviser en jjenres d'après des caractères assez peu importants, tirés de la forme de leurs cornes et des proportions de leurs diverses parties. M. Geoffroy y a joint avec avantage ceux que donne la substance de la proéminence frontale ou du noyau osseux de la corne.
Les Antilopes (Antilope) (-4)
Ont la subtance de leur noyau osseux solide et sans porcs ni sinus,
(1) Aj. le Gouazon-Bira (Cerv. nemorrvagtis, Fréd. Cuv.), — le Gouazou-Apara {Cerr. simplicicornis, Ham., Smith).
(2) Aj. C. philippinus , Ham. Sm. — C. moschattis, id., etc.
(3) M. Geoffroy-St.-Hylaiie , d'après quelques différences dans les taches et la courbure du crâne du petit nombre d'individus que l'on possède en Europe , pense que laGiraffode Nubée et d'Abyssinie , n'est pas la même espèce que celle du Cap.
(4) Ce nom n'est pas ancien ; il est corrompu A^antholops, que l'on trouve dans Eusthatius , auteur du temps de Constantin, et qui semble se rapporter aux beaux yeux de l'animal. La Gazelle commune a été bien décrite par Elien, sous le nom de Dorcax, qui est proprement celui du Chevreuil. Il l'appelle Dorcas de Lybie. Gazel est arabe.
couimele buis des Cerfs. Elles ressemblent d'ailleurs, pour la plupart, aux Cerfs par les larmiers, par la légèreté de leur taille et par la vitesse de leur course. C'est un genre très nombreux , qu'on a été obligé de subdiviser principalement d'après la forme des cornes.
a Cornes annelées, à double courbure; pointes en avant, ou en dedans, ou en haut.
La Gazelle. {Anl. dorcas. Lin. ) Buff. XII , xxiii.
A cornes rondes, grosses, noires; la taille et la forme élégante du Chevreuil ; pelage fauve-clair dessus , blanc dessous , une bande brune le long de chaque Hanc, un bouquet de poils à chaque genou, une poche profonde à chaque aine.
Elle vit dans tout le nord de l'Afrique, en troupes innombrables, qui se mettent en rond quand on les attaque , et présentent les cornes de toute part. C'est la pâture ordinaire du Lion et de la Panthère. La douceur de son regard fournit des images nombreuses à la poésie galante des Arabes .
La Corinne {Ant. corinna, Gm.) Buff, XII, xxvu
N'en diffère que par des cornes beaucoup plus grêles. Ce n'est peut-être qu'une variété de sexe.
Le Kevel {Ant. kevella, Gm.), Buff. XII, cclxxv
Est encore à peu près semblable ; mais ses cornes sont comprimées à leur base , et ont des anneaux plus nombreux. On ne prétend le distinguer lui-même de YAhu de Kœmpfer, ou Tseyrain des Persans et des Turcs ( Ant. subcjutturosa, Gm.), que parce qu'on a remarqué à celui-ci une légère saillie sous la gorge.
Le Dseven des Mongoles, Hoang yang, ou Chèvre jaune des Chinois ( Ant. gutturosa Pall.) , Sclireb, cclxxv,
Présente encore à peu près les mêmes distributions de couleurs et les mêmes cornes que la Gazelle proprement dite; mais sa taille approche de celle du Daim, et le mâle a une forte protubérance produite par son larynx, et une poche assez grande sous le ventre. La femelle n'a pas de cornes. Cette espèce vit en troupes dans les plaines arides du milieu de l'Asie, et ne peut souffrir l'eau ni les forêts.
Le Springbock ou Gazelle à bourse {Ant. euchore, Forster.), Buff. Supp. VI,
pi. XXI ,
Bemplit de ses troupes le midi de l'Afrique. Plus grande que la Gazelle , mais de même forme et de même couleur, elle se distingue par un repli de la peau de la croupe, garni de poils blancs , qui s'ouvre et s'élargit à chaque saut qu'elle fait.
Le Saïga {Ant. Saïga, Pall. ) , Colus de Strabon , Schreb. cclxxvi ,
Oui habite les landes du midi de la Pologne et de la Russie, a encore des • ■ornes comme la Gazelle, mais jauucàlres et Iranspai-entes. Il est grand comme )Ui Daim. Son pelage, fauve en été, devient d'un gris blanchâtre en hiver ; son
museau cartilagineux, gros, bombé, à narines très ouvertes, le force de paître en rétrogradant. Il se réunit quelquefois en troupes de plus de dix mille.
Le Nanguer. {Ant. clama. Pall.) Acad. de Berl. 1824 , pi. m et iv.
Ue la taille du Daim, blanc, le front , le cou et une partie du dos roux ; les cornes petites et grêles. De Nubie, du Sénégal (1).
b Cornes annelées , à triple courbure.
V Antilope des Indes. {Ant. cervîcapra. Pall.) Buff. Supp. VI, xviii et xix.
Encore très semblable à la Gazelle ; mais ses cornes sont courbées trois fois. On en fait aux Indes des armes offensives, en les unissant deux à deux les pointes opposées. La femelle n'en porte pas.
V Antilope de Nubie {Ant. addax , Lichtenst. (2) , Acad. de Berlin , 1824, p. XI ; et Ruppel, pi. vu,
A aussi les cornes courbées trois fois, et plus grêles et plus longues que la précédente ; son corps est trapu ; son pelage blanchâtre, teint de grisâtre au dos, avec une large tache brune sur le front.
c Cornes annelées, à double courbure, mais en sens contraire des précédents, et la pointe en arrière. (Les Damalis de Smith en partie.)
Le Bubale des anciens. {Ant. bubalis. Lin.) Vulg. Vache de Barbarie. Buff. Supp. VI, XIV.
A proportions plus lourdes que les autres espèces, à tête longue et grosse, de la taille du cerf, à pelage fauve, excepté le laout de la queue, qui est terminé par un flocon noir. Commune en Barbarie.
Le Caama. {Ant. caama. Cuv.) Vulg. Cerf du Cap chez les Hollandais. Buff. Supp. VI , pi. XV.
Semblable à la précédente , mais à courbures des cornes plus anguleuses ; le tour de leur base, une bande sur le bas du chanfrein, une ligne sur le cou, Une bande longitudinale sur chaque jambe , et le bout de la queue noirs. Commune au Cap.
d Petites cornes droites, ou peu courbées, moindres que la tête. La plupart des espèces n'en ont que dans le mâle.
T^PAntilope laineuse. Reebock, ou Chevreuil des Hollandais du Cap. {Ant. lanata. Desmar.
Un peu moindre qu\in Daim; à poil laineux, gris dessus , blanc dessous; du noir à la face extérieure des membres et au bout de la mâchoire inférieure.
(1) Buffon n'en avait connu (tome XII, pi. xxxiv) qu'un jeune individu à cornes simplement courbées en avant, ce qui lui avait fait croire que c'était le Dama de Pline.
(2) M. Lichtenstein lui a donné ce nom, parce qu'il le croit le même que V Addax ou Strepsiceros de Pline. On le voit dans plusieurs des monuments anciens de l'Egypte.
A cette subdivision appartiennent encore le kcvel gris, Fréd. Cuv., Mammif. — VAnt. potirpre , Bonte-Bock des Hollandais {Ant.pygarga) , Schr., cclxxiii. — VAnt. à 2ncds noirs ou Pallah, Sam. Daniels, Afiic. Scener. , pi. ix {A. melampus, Lichtenst.), Schr.,ccLxxiv.
V Antilope plongeante. Duîker-Bock des Hollandais. {Ant. mergens. Blainv.)
Brun-fauve clair, du blanc sous la mâchoire inférieure , une ligne noire à la face externe des membres. Son nom lui vient de la manière dont elle se précipite dans les broussailles quand on la chasse.
Le Sauteur de rochers, Klip - Springer des Hollandais, {An. oreotragus. Forst.) , Buff. Sup. VI, pi. xxii ; Sch. cclix,
Se fait remarquer par un poil roide, cassant et de couleur jaune verdâtre (1).
C'est dans cette division que se placent les plus petites antilopes.
La Grimme {Ant. grimmia. L.) Fréd. Cuv. Mammif.
Gris-fauve, avec le chanfrein noirâtre; une petite touffe de poils sur le sommet de la tête.
Le Guevei {Ant.pyginea, Pall.) Fréd. Cuv. Mammif. (2).
Cendré ; une ligne pâle le long de chaque côté du front qui est noirâtre. e Cornes annelées, à courbure simple, la pointe en avant. (Les Redunc/E de Smith.)
Le NagorA{Ant. redunca.) Buff. XII , pi. xlvi. ScKreb. cclxv. Brun roussâtre. Du Sénégal (5), où on la nomme Mbill.
f Cornes annelées, droites ou peu courbées, plus longues que la tête. (Les Oryx de Smith en pai-tie.)
h' Antilope à longues cornes , droites. {Ant. oryx. Pall.) Mal à propos nommée Pasan par Buff. Supp. VI, pl.xvii. Chamois du Cap, des Hollandais (4).
Grande comme un cerf, à cornes grêles, longues de deux ou trois pieds, droites, pointues, rondes, annelées obliquement au tiers inférieur, plus petites dans la femelle ; à poil cendré, à tête blanche, bariolée de noir; une bande noire sur Tépine et une à chaque flanc ; une tache marron foncé sur l'épaule et une sur les cuisses ; la queue longue et noirâtre ; le poil de l'épine dirigé vers la nuque. On la trouve au nord du Cap et dans l'intérieur de l'Afrique. Ses sabots, plus longs qu'aux autres espèces, lui donnent la facilité de grimper sur les rochers , et elle fréquente en effet de préférence les contrées montagneuses (5).
VAlgazel. { Ant. gazella. Lin.) Ant. leucoryx. Lichtenst. Acad. de Berl. 1824 ,pl. I.
A longues cornes grêles, annelées , légèrement courbées en arc de cercle;
(1) Aj. Ant. quadriscopa , Ham. Sm.
(2) La figure de Schr. , cclx , B, est enluminée trop rouge ; celle de Shaw, Gen. Zoo!., vol. II, deuxième partie, pi. CLXXXvni, aies cornes trop grandes.
(3) Aj. le Ritbock {Ant. eleotragus). — VOurehi {Ant. scoparia). Il est essentiel d'observer que beaucoup d'Antilopes ont dans leur jeunesse des cornes de cette forme recourbée en avant.
(4) M, Lichtenstein a fait remarquer que cette Antilope à longues cornes droites , ne vivant que dans le midi de l'Afrique , il n'est pas vraisemblable que ce soit YOryx. C'est plutôt l'espèce suivante.
(5) V Ant. leucoryx, Schr., cclvi, B, ou VAnt. blanche, de Pennt., tirée d'un dessin fait en Perse en 1717, paraît n'être qu'une variété de YOryx, ou peut-être un Algazel vu de face.
le pelage blanchâtre , diversement teint de fauve ou de roussàtre. De l'Alrique septentrionale, depuis la Nubie jusqu'au Sénégal. Elle est souvent représentée sur les monuments de TÉgypte et de la Nubie , et M. Lichten stein pense , probablement avec raison, que c'est le véritable Oryx des anciens (1).
y Cornes annelées , à courbure simple , la pointe en arrière ( Les Aigoce- Ros. Smith.).
V Antilope bleue. { Ant. leucophœa. Gm.) Vulg. Chèvre bleue. Nommée mal à propos Tseiran. Bufl". Supp. VI, pi. xx.
Un peu plus grande que le Cerf, d'un cendré bleuâtre, les cornes grandes dans les deux sexes , uniformément courbées , et à plus de vingt anneaux.
V Antilope chevaline. ( Ant. equina. Geoff. )
Grande comme un Cheval , gris roussàtre , tête brune , une tache blanche devant chaque œil , une crinière sur le cou , cornes grandes , etc. (2)
L'Antilope de Sumatra. Cambing-Outang ou Bouc des bois, des Malais. {Ant. sumatrensis. Shaw.) Fréd. Cuv. Mammif. et Marsden. Sumatr. 11^ éd. pi. X.
De la taille d'une grande Chèvre ; pelage noir ; une crinière blanche, couchée sur le cou et le garrot ; les cornes petites et pointues (3). h Cornes à arrête spirale.
Le Canna ou Impooko. {Ant. créas. Pall. ) Élan du Cap, des Hollandais. Nommé mal à propos Coudous par Buff. Supp. VI, pi. xu.
Grand comme les plus forts des Chevaux ; de grosse cornes coniques droites, entourées d'une arrête spirale , pelage grisâtre , une petite crinière le long de l'épine , une sorte de fanon sous le cou, la queue terminée par un flocon. Il vit en troupes dans les montagnes, au norddu Cap (4).
Le Coudous. {Ant. strepsiceros. Pall. ) Nommé mal à propos Condotna par Buff. Sup. IV, pi. xHi. Schr. cclxvii.
Grand comme un Cerf , gris-brun rayé en travers de blanc, de grandes cornes au mâle seulement , lisses , à triple courbure, avec une seule arrête longitudinale légèrement spirale , une petite barbe sous le menton , une crinière le long de l'épine. Il vit isolé au nord du Cap.
(1) Les Anglais parlent d'une Antilope à cornes presque droites, à poil roide, laineux à sa base, des montagnes du Tliibet, qui perd quelquefois une de ses cornes , et qui leur a été indiquée comme répondant à la licorne qui est un des supports de leurs armoiries. On le nomme cAm*. M. Ilam. Smith croit que ce pourrait être le kemas d'Elien , I , xiv, chap. 14.
(2) C'est le Koha (Ant. Senegalensis) , dont Buffon n'a connu que les cornes. XII , pi. xxxu. 2.
(ô) Aj. Y Antilope goral , Hardwick , Trans. lin., XIV, pi. xiv, et dans les Mammif. de M. Fréd. Cuvier, sous le nom de Bouquetin du Népaul. — VAnt. sijhiculltix. Il faudra probablement y ajouter aussi l'espèce laineuse, à longs poils et à très petites cornes d'Amérique ( A. lanigera, Smith ) , Trans. lin. , XIII , pi. iv, et peut-être celle que Séba représente, I, pi. XLU, X, ni, et que M. Smith nomme A. viazame. Rien ne prouve cependant que les Mazames d'Hernandès ne soient pas les Cerfs et les Chevreuils d'Amérique, comme le dit cet auteur , qui les compare aux Cerfs et aux Chevreuils d'Espagne.
(4) Près du Canna doivent être placés le Guih. {Ant. sctipta), Buff., XII, pi. XL. — Le Bosch-Bock {Ant. si/lvatica), Bulf., Suppl. VI, xxv.
i Cornes fourchues. (Les Antilocapr^ , de Ord. Dicranoceros , H. Smith. )
De toutes les formes de cornes creuses , celle-ci est la plus singulière : un crochet comprimé se détache de leur base ou de leur tronc , presque comme un andouiller de Cerf; leur sommet pointu se recourbe en arrière. L'espèce la plus connue,
Antilope fw'cîfcra , Hamilt. Smith. Trans. lin. XIII, pi. n ; Cahril des Canadiens ,
Habite en grandes troupes les vastes plaines du centre et de l'ouest de l'Amérique septentrionale ; sa taille est à peu près celle du Chevreuil • son poil est épais, ondulé, roussàtre; l'andouiller des cornes est au milieu de leur hauteur (1).
k Quatre cornes. (Les Tktracères de Leach.)
Cette subdivision , nouvellement découverte dans les Indes, n'était pas inconnue des anciens. Elien en parle 1. XV, c. xiv, sous le nom d'Oryx à quatre cornes : la paire antérieure est en avant des yeux, la postérieure tout-à-fait à l'arrière du frontal.
Le Tchicarra, Antilope CM carra , Hardwick , Trans. lin. XIV, pi. xv et Fréd. Cuv. Mammif. (2), '
Est de la taille d'un Chevreuil et d'un fauve presque uniforme. La femelle n'a point de cornes. On le trouve dans les forets de l'Indostan (5). / Deux cornes lisses.
Le Nylgau. {Ant. picta et trat/o-camelus. Gm.) Buff. Supp. VI, pi. x et xi.
Grand comme un Cerf et plus; les cornes courtes , recourbées en avant* une barbe sous le milieu du cou ; le pelage grisâtre ; de doubles anneaux noirs et blancs , fort tranchés , aux quatre pieds , immédiatement au dessus des sabots. La femelle n'a point de cornes. Celte espèce est des Indes.
Le Chanw/s (Ant. rupicapra, L.), Buff. XII, pi. xvi ; YsardA?(i\& les Pyrénées ,
Le seul ruminant de l'occident de l'Europe, que l'on puisse comparer aux Antilopes , a cependant des caractères particuliers : ses cornes droites ont leurs pointes subitement courbées en arrière comme un hameçon; derrière chaque oreille , sous la peau , est un sac qui ne s'ouvre en dehors que par un petit trou (4). La taille du Chamois est celle d'une grande Chèvre; il a le pelage brun-loncé, avec une bande noire, descendant de l'œil vers le museau.
(1) VÂnlilopc palmafa , Smith , th., pi. ni , n'est connue que par ses cornes , dont l'andouiller est tout près de la base; peut-être étaient-elles tronquées. On a aussi voulu considérer ces Antilopes comme des Mazames d'Hernandès.
(2) Je dois faire remarquer ici , relativement aux observations de la p. 523 des Trans. lin. , tome XIV, qu'il n'y a pas de la faute de feu M. Du Vaucel, si on lui a attribué, dans l'hist. des Wammif. , la figure et la description du tchicarra. Ses envois n'étaient pas toujours complets ; souvent un dessin arrivait sans explication, et sa mort prématurée l'a empêché de suppléer à ce qui manquait à ses mémoires.
(3) V^nt. 4 coritis, Blainv. , n'est connue que par un crâne dont les cornes antérieures sont plus grandes à proportion. Journ. de Phys., août 1818. Peut-être n'est-ce qu'un autre âge.
(4) C'est peut-être une indication mal comprise de ce trou, qui avait fait dire aux anciens ([ue , selon Empédocle, les Chèvres respirent par les oreilles.
Il court avec la plus grande agilité parmi les rochers escarpés , et se tient en petites troupes , dans la région moyenne des très hautes montagnes. M. Smith sépare des Antilopes , sous le nom générique de Catoblepas ,
Le G710U ou Niou [Ant. gnu , Gm.), Buff. Supp. VI , pi. via et ix;
Animal fort extraordinaire , qui semble même , au premier coup-d'œil , un monstre composé de parties de différents animaux. Il a le corps et la croupe d'un petit Cheval , couvert de poils bruns , la queue garnie de longs poils blancs comme celle du Cheval , et sur le cou une belle crinière redressée , blanche à sa base , noire au bout des poils. Ses cornes , rapprochées et élargies à leur base comme celles du Buffle du Cap , descendent en dehors et remontent par leur pointe ; son mufle est large , aplati et entouré d'un cercle de poils saillants; sous sa gorge et sous son fanon, court une seconde crinière noire ; ses pieds ont toute la légèreté de ceux du Cerf. Les deux sexes ont des cornes.
Cet animal vit dans les montagnes au nord du Cap , où il paraît assez rare ; et cependant les anciens paraissent en avoir eu quelque connaissance (1).
Les trois genres restants ont le noyau osseux de leur cornes occupé en grande partie par des cellules qui communiquent avec les sinus frontaux. La direction de leurs cornes a donné les motifs de leurs divisions.
Les Chèvres (Capra. L.)
Ont les cornes dirigées en haut et en arrière ; leur menton est généralement garni d'une longue barbe , et leur chanfrein presque toujours concave.
h\Egagre ou Chèvre sauvage {Capra œgagrus , Gm.), Cuv. Ménag. du 3Ius. in-8o, 11,177,
Qui paraît la souche de toutes les variétés de nos Chèvres domestiques , se distingue par ses cornes tranchantes en avant , très grandes dans le mâle , courtes et quelquefois nulles dans la femelle ; ce qui arrive aussi dans les deux espèces de Bouquetins. Elle habite en troupes sur les montagnes de Perse , où elle est connue sous le nom de Paseng; elle existe peut-être aussi sur celles de plusieurs autres pays, même dans les Alpes. Le bézoard oriental est une concrétion que l'on trouve dans les intestins de l'iEgagre.
Les Boucs et les Chèvres domestiques {capra hircus , L.) varient à l'infini par la taille, par la couleur, la longueur et la finesse du poil , par la grandeur et même le nombre des cornes. Les Chèvres d'Angora, en Cappadoce, ont le poil le plus doux et le plus soyeux. Celles du Thibet sont devenues célèbres par la laine d'une admirable finesse qui croît entre leurs poils, et dont on fabrique les cachemires. 11 y a dans la Haute Egypte une race à poil l'as , à chanfrein bombé , à mâchoire inférieure avancée , qui est peut-être un produit de bâtardise. Les Chèvres de Guinée , dites Mambrines et de Juida ,
(1) C'est probablement lui qui a donné lieu à leur Catoblepas. f^'oyez Pline, lib. VIII, c. xxxu , et ^lien , lib. VII , c. v.
N. B. Le travail le plus complet qui ait été fait sur les Antilopes est celui que M. Ilamilton Smith a inséré dans la traduction anglaise du présent ouvrage, et je regrette beaucoup que , faute de siyels suffisants d'observations, je n'aie pu en introduire ici tous les détails.
sont très petites et ont les cornes couchées en arrière. Tous ces animaux sont robustes , capricieux , vagabonds ; tiennent de leur origine montagnarde , aiment les lieux secs et sauvages , et se nourrissent d'herbes grossières ou de pousses d'arbustes. 11 sont très nuisibles aux forêts. On ne mange guère que le Chevreau ; mais le lait de Chèvre est utile dans plusieurs maladies. La Chèvre peut portera sept mois; sa gestation en dure cinq; elle fait d'ordinaire deux petits. Le Bouc engendre à un an; un seul suffît à plus de cent Chèvres; il est vieux à cinq ou six ans.
Le Bouquetin {Capra ibex, L.) Buff. XII , pi. xui; Schr. cclxxxi ,
A de grandes cornes carrées en avant, et marquées de nœuds saillants et transverses. Il habite les sommets les plus élevés des hautes chaînes de montagnes , dans tout l'ancien continent.
Le Bouquetin du Caucase. {Capra caucasica)^ Gùldenst. Act. petrop. 1779. II, pi. XVI, xvii; Schr. cclxxxi, B,
Se distingue par de grandes cornes triangulaires , obtuses , mais non carrées en avant, noueuses comme celles du précédent. Les deux espèces se mêlent avec la Chèvre domestique (1).
Les Moutons (Ovis, L.)
Ont les cornes dirigées en arrière et revenant plus ou moins en avant , en spirale ; leur chanfrein est généralement convexe , et ils manquent de barbe. Ils méritaient si peu d'être séparés génériquement des Chèvres , qu'ils produisent avec elles des métis féconds.
Il y a, comme dans le genre du Bouc , plusieurs races ou espèces sauvages assez voisines.
Jj'yàrgali de Sibérie {Ov. ammon, L.), Pall. Spic. XI, i ; Sclireb. cclxxxviii
Dont le mâle a de très grosses cornes à base triangulaire, arrondies aux angles, aplaties en avant, striées en travers, et la femelle des cornes comprimées et en forme de faux; son poil d'été est ras, gris fauve; celui d'hiver épais, dur, gris-roussâlre, avec du] blanc ou du blanchâtre au museau, à la gorge et sous le ventre. Il a en tout temps, comme le Cerf, un espace jaunâtre autour de la queue, qui est fort courte. Cet animal habite les montagnes de toute l'Asie, et devient grand comme un Daim.
Le Mouflon ou Mufione de Sardaigne , Muffoli de Corse (Ov. musimon. Pal).); Buff. XI , pi. XXIX ; Schreb. cclxxxviii , A ,
Ne paraît en différer que parce qu'il ne devient pas aussi grand , et que sa femelle n'a des cornes que rarement et fort petites. On dit qu'il se trouve aussi en Crète. Il y en a des variétés noires en tout ou en partie , et d'autres plus ou moins blanches.
Il est à croire que
Le Mouflon d'Amérique ( Ov. montana), Geoff. Ann. du Mus. II. pi. lx; Schreb. ccxciv, D.
Est de l'espèce de l'Argali, qui a pu passer la mer sur la glace. Les cornes sont très grosses et forment mieux la spirale qu'à l'Argali ordinaire.
(1) Ajoutez le Bouquetin d'Étliiopie, Fréd. Cuv., Mamniif. — \,ç Bouquetin à crinière d'Afrique, Tackhaitse, Sam. Daniels, Afric. Scenerys, pi. x\iv.
Le Mouflon d'Jfvique. {Ov. tvagelaphus. Cuv.) Penn. n» XII. Shaw, pi. ccw . 2- Schreb. cclxxxviii, B.
A poil roiissâtre , doux , avec une longue crinit^re pendante sous le cou cl une autre à chaque poignet; la queue est courte. Il paraît former une espèce tlislincte. Il habite les contrées rocailleuses de toute la Barbarie, et M. Geoffroy l'a observé en Egypte.
C'est du Mouflon ou de l'Argali que l'on croit pouvoir faire descendre les races innombrables de nos bêtes à laine, animaux qui, après le Chien , sont soumis à plus de variétés.
Nous en avons, en Europe, à laine commune ou fine , de taille grande ou petite, à cornes grandes, petites, manquant dans les femelles ou dans les deux sexes, etc. Les variétés les plus intéressantes sont celle d'Espagne, à laine fine et crépue, à grandes cornes spirales dans le mâle , qui commence à se répandre dans toute l'Europe , et celle d'Angleterre , à laine fine et longue.
La variété la plus répandue dans la Russie méridionale, a la queue très longue. Celles des Indes et de Guinée, qui ont aussi la queue longue, se distinguent par leurs jambes élevées , leur chanfrein très convexe, leurs oreilles pendantes, et parce qu'elles n'ont pas de cornes et ne sont couvertes que d'un poil ras.
Le nord de l'Europe et de l'Asie a presque partout des petits Moutons à queue fort courte.
La race de Perse, de Tartarie et de Chine a la queue entièrement transformée en un double globe de graisse; celle de Syrie et de Barbarie l'a , à la vérité , longue, mais aussi chargée d'une grosse masse de graisse. Dans toutes deux, les oreilles sont pendantes, les cornes grosses aux Béliers, médiocres aux Moutons et aux Brebis , et la laine mêlée de poils.
Le Mouton est précieux par sa chair, par son suif, par son lait, par sa peau, par son poil et par son fumier; ses troujjeaux , bien employés, portent la fertilité partout.
L'Agneau se sèvre à deux mois , se châtre à six , change ses dents de lait entre un et trois ans. La Brebis peut porter à un an , et produit jusqu'à dix ou douze ; sa gestation est de cinq mois; elle met bas deux petits. Le Bélier , pubère à dix-huit mois, suffit à trente Brebis : on l'engraisse vers huit ans.
Les Boeufs (Bos. L.)
Ont les cornes dirigées de côté et revenant vers le haut ou en avant , en forme de croissants ; ce sont d'ailleurs de grands animaux à mufle large , à taille trapue, à jambes robustes.
Le Bœuf ordinaire {Bas taiirus, L.), Buff. IV, xvi,
A pour caractère spécifique im front plat, plus long que large, et des cornes rondes placées aux deux extrémités de la ligne saillante qui sépare le front de l'occiput. Dans les crânes fossiles qui paraissent avoir appartenu à cette espèce, dans l'état sauvage (l' Unis des anciens), ces cornes se recourbent en avant et vers le bas; mais dans les innombrables variétés domestiques, elles ont des directions et des grandeurs fort différentes ; quelquefois même elles manquent tout-à-fait. Les races ordinaires de la zone torride ont toutes une loupe de graisse sur les épaules , et il y en a dans le nombre qui ne sont guère plus grandes que le Cochon. Tout le monde connaît l'utilité de ces animaux pour le labourage, et celle de leur chair, de leur suif, de leur cuir et de leur lait ; leur corne même s'emploie dans les arts.
La Vache porte neuf mois et peut produire à dix-huit; le Taureau à deux
ans. On iloil couper le Bœuf à dix-huit mois ou deux ans , et l'engraisser à dix.
]j''Jurochs des Allemands, Zubr des Polonais {Bos unes Gm.), le Bison des anciens, Gesn. , clvii,
Passe d'ordinaire , mais à tort , pour la souche sauvage de nos bétes à cornes. Il s'en distingue par son front bombé , plus large que haut , par l'attache de ses cornes au dessous de la crête occipitale , par la hauteur de ses jambes, par une paire de côtes de plus , par une sorte de laine crépue , qui couvre la tète et le cou du mâle , et lui forme une barbe courte sous la gorge , par sa voix grognante. C'est un animal farouche , réfugié aujourd'hui dans les grandes forêts marécageuses de la Lithuanie , des Krapacs et du Caucase , mais qui vivait autrelois dans toute l'Europe tempérée. C'est le plus grand des quadrupèdes propres à l'Europe.
Le Bison d'Amérique j Bujfalo des Anglo-Américains ( j?05 /;/fo/2^ Lin.j Bos americanus y Gm.), Buff. Suppl. 111, v; Fréd. Cuv. Mammif.,
A la tête osseuse, très semblable à celle de l'Aurochs, et couverte de même, ainsi que le cou et les épaules, d'une laine crépue , qui devient fort longue en hiver ; mais ses jambes et surtout sa queue sont plus courtes. Il habite dans toutes les parties tempérées de l'Amérique septentrionale, et produit avec nos vaches.
Le Buffle {Bos bubalus , Lin.), Buff. XI, xxv; Bœuf sauvage d'Avachosie d'Aristote,
Originaire de l'Inde, et amené en Egypte, en Grèce, en Italie pendant le moyen âge, aie front bombé, plus long que large, les cornes dirigées de côté , et marquées en avant d'une arête longitudinale saillante. C'est un animal difficile à dompter, mais d'une grande vigueur, et qui aime les lieux marécageux et les plantes grossières dont on ne pourrait nourrir le Bœuf. Son lait est bon , son cuir très fort , mais sa chair peu estimée.
II y en a aux Indes une race dont les cornes ont jusqu'à dix pieds d'envergure : on l'appelle Ami dans l'Indostan. C'est le Bos arnï de Shaw.
Le Gyall ou Bœuf des Jongles {Bos fvontalis , Lambert), Trans. linn. VII , pi. IV, et Fréd. Cuv. Mammif.,
Ressemble au Bœuf domestique par la plupart de ses caractères , mais ses cornes sont aplaties d'avant en arrière, et sans arêtes anguleuses. Elles se dirigent de côté , plus ou moins vers le haut , et non pas en arrière. Son pelage est ras, noir, excepté au front et sur une ligne le long du dos, où il est gris ou fauve , et aux jambes , où il est blanc.
C'est une race domestique dans les contrées montagneuses du nord-est de l'Inde, et qui provient peut-être du mélange du Buflle avec l'espèce commune.
Le Yack {Bos grunniens , Vd\\.), Buffle a jjuetœ de cheval , Fâche grognante d« Tar tarie , etc. ; Schreb. ccxcix , A, B,
Est une espèce de petite taille , dont la queue est entièrement garnie de longs poils comme celle du Cheval , et qui a aussi une longue crinière sur le dos ; sa tête paraît ressembler à celle du Buffle ; mais on n'a pas suffisamment décrit ses cornes. Cet animal , dont .'Elien a déjà fait mention , est originaire des montagnes du Thibet. C'est avec sa queue qu'on fait ces étendards en usage parmi les Turcs pour distinguer les officiers supérieurs.
Le Buffle du Cap {Bos caffer, Sparm. ), Schreb. ceci.
A les cornes très grandes , dirigées de côté et en bas, remontant do la pointe , aplaties , et tellement larges à leur base , qu'elles couvrent presque tout le front, ne laissant entre elles qu'un espace triangulaire dont la pointe est en haut. C'est un très grand animal , d'un naturel excessivement féroce , qui habite les bois de la Cafrerle.
Le Bœuf musqué d'Amérique {Bos moschatus, Gm. ) , Schreb. cccii ; la tête, Buff. Supp. VI,m,
A les cornes rapprochées et dirigées comme le précédent , mais se rencontrant sur le front par une ligne droite (la femelle les a plus petites et écartées) ; son front est bombé et le bout de son museau garni de poils. Il est bas sur jambes, couvert d'un poil touffu qui pend jusqu'à terre. Sa queue est extrêmement courte. Il répand avec plus de force l'odeur musquée commune à tout ce genre. On ne le voit que dans les parties les plus froides de l'Amérique septentrionale 5 mais il paraît que son crâne et ses os ont quelquefois été portés par les glaces jusqu'en Sibérie. Les Esquimaux se font des bonnets avec sa queue, dont le poil, retombant sur leur visage , les garantit desMousqultes.