‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 53 sur 105 · LES SOLIPÈDES · texte numérisé non relu

LES SOLIPÈDES

Ou quadrupèdes qui n'ont qu'un doigt apparent et un seul sabot à chaque pied, quoiqu'ils portent sous la peau , de chaque côté de leur métacarpe et de leur métatarse, des stylets qui représentent deux doigts latéraux .

On n'en connaît qu'un seul genre : celui des

Chevaux. (Eqccs. Lin. )

Il porte à chaque mâchoire six incisives , qui , dans la jeunesse , ont leur couronne creusée d'une fossette , et partout six molaires à couronne carrée , marquées , par les lames d'émail qui s'y enfoncent , de quatre croissants, et en outre , dans les supérieures , d'un petit disque au bord interne. Les mâles ont de plus deux petites canines à la mâchoire supérieure , et quelquefois à toutes les deux, qui manquent presque toujours aux femelles. Entre ces canines et la première molaire , est l'espace vide qui répond à l'angle des lèvres , où l'on place le mors , et au moyen duquel seul , l'homme est parvenu à dompter ces vigoureux quadrupèdes. Leur estomac est simple et médiocre ; mais leurs intestins sont très longs et leur cœcura énorme. Les mamelles sont entre les cuisses.

Le Cheval {Equus caballus. Lin.) Buff. IV, i,

Noble compagnon de l'homme à la chasse, à la guerre, dans les travaux de l'agriculture, des arts, du commerce , est le plus important et le mieux soigné des animaux que nous avons soumis. Il paraît qu'il n'existe plus à l'état sauvage que dans les lieux où l'on a laissé en hberté des chevaux auparavant domestiques , comme en Tartarie et en Amérique ; ils y vivent en troupes, conduites et défendues chacune par un vieux mâle. Les jeunes mâles, chassés aussitôt qu'ils sont adultes, suivent ces troupes de loin jusqu'à ce qu'ils puissent attirer de jeunes juments.

En esclavage , le poulain tette six à sept mois ; on sépare les sexes à deux ans; on commence à les attacher et à les panser à trois ans ; ce n'est qu'à quatre qu'ouïes monte , et qu'ils peuvent engendrer sans se nuire. La jument porte onze mois.

I/àge du Cheval se connaît surtout aux incisives. Les dents de lait commencent à pousser quinze jours après la naissance ; à deuxans et demi , les mitoyennes sont remplacées ; à trois et demi vient le tour des deux suivantes; à quatre et demi . les deux extrêmes, appelées les coins. Toutes ces dents, à couronne tPabord creuse, perdent petit à petit leur enfoncement par la détrition. A sept ans et demi ou huit ans , tous les creux sont effacés , et le Cheval ne marque plus.

Les canines inférieures viennent à trois ans et demi , les supérieures à quatre; elles restent pointues jusqu'à six; à dix, elles commencent à se déchausser.

La durée de la vie du Cheval ne passe guère trente ans.

Tout le monde sait à quel point cet animal varie par la couleur et par la taille. Ses principales races ont même des différences sensibles dans les formes de la tête, dans les proportions, et se caractérisent chacune de préférence pour les divers emplois.

Les plus sveltes , les plus rapides , sont les Chevaux arabes , qui ont aidé à perfectionner la race espagnole , et contribué avec celle-ci à former la race anglaise : les plus gros et les plus forts viennent des côtes de la mer du Nord; les plus petits, du nord de la Suède et de la Corse. Les Chevaux sauvages ont la tête grosse , le poil crépu , et des proportions peu agréables.

Le Dzigguetai {Ecjuus hcmiojius, Pall.) Schreb.,

Est une espèce qui , pour les propor lions , tient le milieu entre le cheval et Tàne , et qui vil en troupes dans les déserts sablonneux du centre de l'Asie. Il est isabelle , à crinière et à ligne dorsale noires ; sa queue se termine par une houppe noire. C'est probablement le Mulet sauvage des anciens.

Ij'' Ane ( Equits asinus. Lin. , Buff. IV, xj.

Se reconnaît à ses longues oreilles , à la houppe du bout de sa queue , à la croix noire qu'il a sur les épaules , et qui est le premier indice des bandes qui distinguent les espèces suivantes. Originaire des grands déserts de l'intérieur de l'Asie , il s'y trouve encore à l'état sauvage, en troupes innombrables , qui se portent du nord au midi selon les saisons. Aussi vient-il mal dans les pays trop septentrionaux. Chacun connaît sa patience, sa sobriété, son tempérament robuste , et les services qu'il rend aux pauvres campagnards.

Sa voix rauque tient à deux petites cavités particulières du fond de son larynx.

Le Zèbre. [Equus zébra. Lin.) Buff. XII, i.

Presque de la forme de l'âne, rayé partout transversalement de blanc et de noir, avec une parfaite régularité. Il est originaire de toute la partie méridionale de l'Afrique. Nous avons vu un Zèbre femelle produire successivement avec l'àne et avec le Cheval.

Le Couagga {Equus qiiaccha, Gm. ) Buff. Supp. VII, vu.

Ressemble plus au Cheval que le Zèbre; il vient du même pays. Son poil , sur le cou et sur les épaules , est brun , rayé en travers de blanchâtre ; sa crovipe est gris-roussâtre ; sa queue et ses jambes blanchâtres. Son nom CNprime sa voix , qui ressemble à l'aboiement du chien.

VOtiagga ou Damv^Yréù. Cuv. Mammif., { Equus ?nontanus.Biirche\\.),

Est une espèce d'Afrique, inférieure à l'âne, mais de la jolie forme du Couagga , isabelle , avec des raies noires alternativement plus larges et plus étroites sur la tête , le cou et le tronc. Celles de l'arrière se portent obliquement en avant, ses jambes et sa queue sont blanches.

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