CINQUIEME ORDRE DES OISEAUX
Les ECHASSIERS, auliemenl OISEAUX DE RIVAGE. (Gkall.e. Lin.).
Ils tirent leur nom de leurs habitudes et de la conformation qui les occasione. On les reconnaît à la nudité du bas de leurs jambes , et le plus souvent à la hauteur de leurs tarses , deux circonstances qui leur permettent d'entrer dans l'eau jusqu'à une certaine profondeur, sans se mouiller les plumes, d'y marcher à gué et d'y pécher au moyen de leur cou et de leur bec, dont la longueur est généralement proportionnée à celles des jambes. Ceux qui ont le bec fort vivent de poissons ou de reptiles, ceux qui l'ont faible de vers et d'insectes. Très peu se contentent en partie de graines ou d'herbages, et ceux-là seulement vivent éloignés des eaux. Le plus souvent le doigt extérieur est uni par sa base à celui du milieu, au moyen d'une courte membrane ^ quelquefois il y a deux membranes semblables , d'autres fois elles manquent entièrement, et les doigts sont tout à fait séparés ; il arrive aussi , mais rarement , qu'ils sont
ib. 142; — C. venusta, ib. 541 , 1 , ou Col. strepitans, Spix , lxxv , 1 •,—Col. dominicensis, ib. 487 ; Temm. 51 ; — Col. capensis, ib. 140, etc.; Vaill., 275, 274; Temm., 55, 54 ; — C. Matigei, Temm. 52; — Col. macqiiaria, Quoy et Gayra. Voy. de Freye. 51
(1) Vinago , nom latin du biset ou du Petit Ramier ; Vieillot l'a changé en Treron.
(2) Col. ahyssinica, ou Wallia de Bruce, Vaill. 276, 271 ; Temm., Set 9; — Col. australis, enl. 5, Temm. 5 ; — Col. aromatica , enl. 163; Temm. 57; Browu. II. Zool. 20 ■ — Col. vernans, enl. 158 ; Temm. 10 et 11 ; — Col. militaris, Temm. 1 et 2; — C.psittncea, Temm. 54; — C. caka, Temm. 7; — C. olm , T. col, 241 ; — C. Capelloi, ib 145
(5) Crt/. o.r»/?/»«, T. col. 240.
bordés tout du long ou palmés jusqu'au bout ; le pouce enfin manque à plusieurs genres, toutes circonstances qui influent sur leur genre de vie plus ou moins aquatique. Presque tous ces oiseaux, si Ton excepte les Autruches et les Casoars, ont les ailes longues et volent bien. Ils étendent leurs jambes en arrière lorsqu'ils volent, au contraire des autres, qui les reploient sous le ventre.
Nous établissons, dans cet ordre, cinq principales familles et quelques genres isolés.
Cependant la famille
Des Brévipennes ,
Quoique semblable, en général, aux autres échassiers, en diffère beaucoup en un point, la brièveté de ses ailes, qui lui ôte la faculté de voler ^ son bec et son régime lui donnent d'ailleurs des rapports nombreux avec les gallinacés.
11 paraît que les forces musculaires dont la nature dispose, auraient été insuffisantes pour mouvoir des ailes aussi étendues que la masse de ces oiseaux les aurait exigées pour se soutenir en l'air; leur sternum est en simple bouclier, et manque de cette arête qu'on observe dans tous les autres oiseaux ; leurs muscles pectoraux sont fort minces 5 mais leurs extrémités postérieures ont repris en force ce que leurs ailes ont perdu . Les muscles de leurs cuisses et surtout de leurs jambes, ont une épaisseur énorme.
Aucun d'eux n'a de pouce (1). On en fait deux genres.
Les AtiTRECHES (Strutuio, Lin.),
Dont les ailes , revêtues de plumes lâches et flexibles, sont encore assez longues pour accélérer leur course. Chacun connaît l'élégance des panaches formés de ces plumes à tiges minces , dont les barbes , quoique garnies de barbules , ne s'accrochent point ensemble . comme celles de la plupart des oiseaux. Le bec des Autruches est déprimé horizontalement, de longueur médiocre , mousse au bout ; leur langue , courte , est arrondie comme un croissant; leur œil est grand, avec les paupières garnies de cils ; leurs jambes et leurs tarses sont très élevés. Elles ont un énorme jabot,
(1) Leurs nombres de phalanges sont comme il suit, en commençant par le doigt interne :
Autruche, 4,5.
Nandou et Casoar ,3,4,5.
Ce qui revient aux nombres communs des oiseaux.
^ ECHASSIERS. 30o
un ventricule considérable entre le jabot et le gésier , des intestins volumineux, de longs cœcunis, et un vaste réceptacle où l'urine s'accumule, comme dans une vessie : aussi sont-elles les seuls oiseaux qui urinent. Leur verge est très grande et se montre souvent au dehors (1).
On n'en connaît que deux espèces, dont on pourrait faire deux genres. V Autruche de l'ancien continent, (Struthio camelus. Lin. ) enl. 457 (2).
Ses pieds n'ont ([iie deux doigts , dont l'externe , plus court de moitié <pic l'aulre , niau(iue d'ongle. Cet oiseau , célèbre dès la plus haute antiquité , et très nombreux dans les déserts sablonneux de l'Arabie et de toute l'ACrique , atteint à six et huit pieds de bauteur. Il vit en grandes troupes , pond des œufs de près de trois livres de poids, que (dans les pays les plus chauds) il se borne à exposer, dans le sable , à la cbaleur du soleil , mais qu'il couve en deçà et au-delà des tropiques , et qu'il soigne et défend partout avec courage.
L'Autruche vit d'herbages et de graines, et son goût est si obtus qu'elle avale indifféremment des cailloux, des morceaux de fer et de cuivre , etc. Lorsqu'on la poursuit , elle sait lancer des pierres en arrière avec beaucoup de vigueur. Aucun animal ne peut l'atteindre à la course.
V Autruche d Amérique , Nandou , Churi , etc. {Struthio rhea. Lui. (o). Hammer. Au. du JIus. XII , lix. Vieill. Galer. 221.
De près de moitié plus petite ; à plumes moins fournies ; d'un gris iinilornie; se distingue surtout par ses pieds à trois doigts , tous munis d'ongles. Son plumage est grisâtre, plus brun sur le dos : une ligue noirâtre descend le long de la nuque du mâle. Elle n'est pas moins abondante dans le sud de l'Amérique méridionale que l'Autruche en Afri(jue. Ou n'emploie ses plumes que pour faire des balais. Prise jeune , elle s'apprivoise aisément. On dit que plusieurs femelles pondent dans le même nid, ou plutôt dans la même fosse, des œufs jaunâtres qu'un mâle couve. On ne la mange que dans sa jeunesse.
Les Casoars (Casuauius , Briss. )
Ont les ailes encore plus courtes que les Autruches , totalement inutiles pour la course; leurs pieds ont trois doigts, tous garnis d'ongles; leurs l)lumes ont des barbes si peu garnies de barbules , que de loin elles ressemblent à du poil ou à des crins tombans.
On en connaît également deux espèces, dont chacune pourrait faire lui genre.
(t) On doit consulter sur les or{!;anes génito-urinaires des oiseaux , et en particulier sur ceux de l'Autruche, le Mémoire deM. Geoffroy-St.-Hilairc, Mém. duMus. tome XV.
(2) f^oycz aussi la belle fij^ure dessinée par Maréchal dans la Ménagerie du Muséum dr Lacépèdeet Cuvier, copiée dans la Gai. de Vieill. pi. 223.
(5) Brisson et Buffon lui ont appliqué mal à propos , d'après Barrcre , le nom de Touijoii. ou plutôt de Touiouiou, qui appailienl au Jabiru. C'est le genre Rhéa de Brisson. hm. Portugais du Brésil lui ont transféré le nom d'Emeu , (lui appartient proprement au Ciisoar.
Le Casoar à casque ou Emeu (1) { Struthio casuarius . Lin.) enl. 315. et mieux Frisch. cv (2).
A bec comprimé latéralement ; à tête surmontée d'une proéminence osseuse , recouverte de substance cornée ; la peau de la tête et du haut du cou nue, teinte en bleu céleste et en couleur de l'eu, avec des caroncules pendantes , de la nature de celle du Dindon ; Faile a quelques tiges raides , sans barbes, qui servent à l'oiseau d'armes pour le combat ; l'ongle du doigt interne est de beaucoup le plus fort. C'est le plus grand des oiseaux , après l'Autruche , dont il diffère assez par l'anatomie ; car il a les intestins courts , les cœcums petits; il manque d'estomac intermédiaire entre le jabot et le gésier, et son cloaque n'excède pas celui des autres oiseaux en proportion. Il mange des fruits, des œufs, mais point de grain. Il pond des œufs verts, en petit nombre, qu'il abandonne , comme l'Autruche , à la chaleur naturelle. On le prend dans différentes îles de l'archipel des Indes.
Le Casoar de la Nouvelle-Hollande ( Casuarius Novœ-Hollandiœ . Lath. ) Voy. de Péron , Atl. prem. part. pi. xxxvi. Vieill. Gai. pi. 226 (3).
A bec déprimé; sans casque sur la tête; du nu seulement autour de l'oreille; le plumage brun, plus fourni; les plumes plus barbues; point de caroncules , ni d'éperons à l'aile ; les ongles des doigts à peu près égaux. Sa chair ressemble à celle du bœuf. Il est plus rapide à la course que le meilleur Lévrier. Ses petits sont rayés de brun et de blanc (4).
La famille
Des Pressirostres,
CoQiprencl des genres à hautes jambes , sans pouce , ou dont
(1) Cassuwaris, nom de cet oiseau en malai. Selon Clusius, eme ou émcu serait son nom particulier à Banda.
(2) Maréchal en a aussi donné une excellente figure dans la ménagerie du Muséum, et Vieillot l'a fait copier dans sa Galerie, pi. 225.
(3) Vieillot en fait son genre Eiwou ou Dromaius.
(4) N. B. Je ne puis placer dans ce tableau des espèces aussi mal connues, ou même aussi peu authentiques que celles qui composent le genre Didus, Lin.
La première ou le Dronte {Didiis ineptus) n'est connue que par une description faite par les premiers navigateurs hollandais, et conservée par Clusius, Exot. p. 99, et par un tableau à l'huile^ de la même époque , copié par Edwards , pi. 294; car la description d'Uerbert est puérile, et toutes les autres sont copiées de Clusius et d'Edwards. Il paraît que l'espèce entière a disparu, et l'on n'en possède plus aujourd'hui qu'un pied conservé au Muséum britannique (Shaw Nat. Miscell. pi. 143, et une tête en assez mauvais état au Muséum Asmoléen d'Oxford (irf. ib. pi. clxvi.) Le bec ne paraît pas sans quelque rapport avec celui des Pingouins , et le pied ressemblerait assez à celui des Manchots , s'il était palmé.
La deuxième espèce, ou le Solitaire {Didus solitarius ,) ne repose que sur le témoignage de Léguât , Voy. I , p. 98 , homme qui a défiguré les animaux les plus connus , tels que l'Hippopotame et le Lamantin.
Enfin la tioisième, ou l'oiseau de Nazare {Didus nazarenus) , n'est connu que par François Gauche, qui le regarde comme le même que le Dronte, et ne lui donne cependant que trois doigts, tandis que tous les autres en donnent quatre au Dronte.
Personne n'a pu revoir aucun de ces oiseaux depuis ces voyageurs.
De tous les oiseaux , celui qui paraît avoir les ailes le plus complètement réduites à de simples vestiges, c'est VJpterix, représenté par le docteur Shaw. Nat. Miscell. 1056 et 1057. Sa forme générale est celle d'un Jlanchot, sa taille celle d'une Oie. Ses pieds seraient aussi à peu près ceux d'un Manchot, mais on les décrit comme n'étant point palmés. Son bec est trèsalongé, giêle, marqué de chaque côté d'un sillon longitudinal, et garni d'une membrane à sa base. Son aile est réduite à un petit moignon terminé par un crochet. Il vit à la Nouvelle-Zélande,
le pouce est li op court pour toucher la terre ; à bec médiocre , assez fort pour la percer et y chercher des vers ; aussi les espèces qui Font le plus faible parcourent-elles les prairies et les terres fraîchement labourées, pour y recueillir cette nourriture. Celles qui l'ont le plus fort, mangent en même temps des grains, des herbes, etc.
Les Outardes (Otis. Lin.)
Ont avec le port massif des Gallinacés, un cou et des pieds assez longs , un bec médiocre , à mandibule supérieure légèrement arquée et voutee , et qui , aussi bien que les très-petites palmures entre les bases de leurs doigts, rappelle encore les Gallinacés ; mais la nudité du bas de leurs jambes toute leur anatomie , et jusqu'au goût de leur chair , les placent parmi les Échassiers, et comme elles n'ont point de pouce, leurs plus petites espèces se rapprochent infiniment des Pluviers. Leur tarse est réticule, leurs ailes courtes ; elles volent peu, ne se servent le plus souvent de leurs ades comme les Autruches , que pour accélérer leur course, et vivent également de grains, d'herbes, de vers et d'insectes.
La grande Outarde { Otis tarda. Lin.) enl. 245 ,
A le plumage, sur le dos, d'un fauve vif, traversé d'une muHit^'l^jJ^ traits noirs , et sur tout le reste grisâtre. Le mâle qui est le plus gros oiseau d'Europe, a les plumes des oreilles alongées , ^' ^%'^^''' ^^^l'^''''' .'Zj? prandes moustaches. Cette espèce , l'un de nos medleurs Gibiers, fréquente les pays de grandes plaines , et niche dans les blés , sur la terre.
La petite Outarde ou Cannepetière . ( Otis tetrax. Lin.) enl. 25 et 10 ,
Plus de moitié moindre que l'autre, et beaucoup moins répandue, est
brune , piquetée de noir dessus, blanchâtre dessous. Le maie a le cou noir,
avec deux colliers blancs. , ,, ».„-^
La plupart des espèces étrangères ont le bec plus grêle que les notiez.
Parmi elles ont peut remarquer
Le Houbara ( Otls-houbara. Gm. ) Desfontaines, Acad. des Se. 1787, pi. x ;
Vieill. Gai. pi. 227 , D'Afrique et d'Arabie ; à cause du mantelet de plumes alongées, qui orne les deux côtés de son cou (1) .
Les Pluviers (Charadrius, Lin.) (2) Manquent aussi de pouce , et ont un bec médiocre , comprimé , renflé au bout. On peut les subdiviser en deux sous-genres , savoir : ^
laisse parmi les Outardes toutes les espèces de Lotham telle^que r^A«, Lath.
, pi. LXXIX5 - le Bcnghalensis , Edw , ccl; - l Arabs, id. xi. , ma j^ ^^
ynemus, qui commence le genre si
bout. — Ajoutez Otis nuha , Rupp. pi p. nouv. duCap.
(2) Charadrius, nom grec d'un oisea de berge. Gaza le traduit par Hialicula
SynVlI, pi. -.x5-le^.«,/<«/ens.s Edw, cc.^ -^^rr bec co'mpHmret renflé VOEdicnemus, qui commence le genre suivant , a cause de son ^ ,,ata , Cuv.
au bout. - Ajoutez Otis nuba, Rupp. pi- i ; - Ot. denliami, ux. </ , ^T2)a:;«:?^:r; nom grec d'un oiseau nocturne et aquatique, vient de X.,«<^F feule
Les OEdicnèmes (OEdicnemus , Tem. ) (1) ,
Qui ont le bout du bec renflé en dessous comme en dessus , et la l'osse des narines étendue seulement sur la moitié de sa longueur. Ce sont des espèces plus grandes , qui vivent de préférence dans les terres sèches et pierreuses , y prenant des limaçons, des insectes, etc. Elles ont des rapports avec les petites espèces d'Outardes. Leurs pieds sont réticulés , et il y a une courte membrane dans les intervalles de leurs trois doigts.
L''0Edicnè7ne ordinaire , vulg. Courlis de terre ( Charadrius œdicnemus. Lin. OEdicnemus crepitans. Tem.) enl. 919. Frisch. ccxv. Naum. l^^c éd. IX, f. 13.
Grand comme une Bécasse; gris-fauve , avec une flamme brune sur le milieu de chaque plume ; ventre blanc ; un trait brun sous Toeil (2).
Les Pluviers proprement dits (Charadrius) , ,
Dont le bec, renflé seulement en dessus, a les deux tiers de sa longueur occupés de chaque côté par la fosse nasale, ce qui le rend plus faible. Us vivent en troupes nombreuses, fréquentent les fonds humides , y frappent la terre de leur pied pour mettre en mouvement les vers dont ils se nourrissent.
Les espèces de notre pays n'y sont que de passage , en automne et au printemps : il en reste près de la mer jusqu'aux fortes gelées. Leur chair est excellente. Elles forment, avec diverses espèces étrangères, une tribu à jambes réticulées , dont les plus remarquables sont :
he Pluvier doré. {Char. pluvialis. Lin.), enl. 904. Frisch. ccxvi. Nam. 1. c. 10. F. 14. Wils. Am. VII, Lix, 5.
Noirâtre , pointillé de jaune sur les bords des plumes ; ventre blanc. C'est le plus commun. Il se trouve par tout le globe. Le nord en produit un qui ne diffère presque que par sa gorge noire {Char, apricarius , Edw. cxl ; Naum. II, f. 15; \Vils., Am, VII, lvii). Quelques-uns disent que c'est le jeune.
Le Guignard. {Char, morinellus. Lin, ) enl. 832. Naum. xii. f. 16, 17.
Gris ou noirâtre; à plumes bordées de gris-fauve ; un trait blanc sur l'œil ; poitrine et haut du ventre d'un roux vif; bas-ventre blanc.
Le Pluvier à collier. { Char, hiaticula. Lin.) enl. 920. Frisch. ccxiv. Bril. Zool. pi. P. Wils. Am. V, xxxvii, 2.
Gris dessus , blanc dessous ; un collier noir au bas du cou , très large en devant; la tête variée de noir et de blanc; le bec jaune et noir. On en trouve
(1) Œdicnemus {jambe enflée) , nom forgé par Bélon , pour le Courlis de terre.
(2) Ajoutez VOEdicnème tachard {OEd. maculosus , Cuv.) ; col. 292;— l'O^'rf. à longs pieds {OEd. longipes , Geoff.), Yieill. Gai. 228, ou OEd. cchasso , Temni. col. 386; — VOEd. à gros bec {OEd. magnirostris , Geoff.) , col. 387 , pourrait, par la forme de son bec , commencer une série particulière , à laquelle se rattacherait une espèce très voisine, à bec supérieur un peu recourbé : OEd. recurviroslris , Cuv.; — Char, crassiroslris , Spix, 91.
ECHASSIERS. âOt»
«;n ce pays-ci deux ou Irois races ou espèces différentes pour la taille et pour la distribution des couleurs de la tête (1). Cette distribution de couleur se répète , à peu de chose près , sur plusieurs espèces étrangères (2).
Beaucoup de Pluviers étrangers ont les jambes écussonnées ; ils forment une petite division , dont la plupart des espèces portent des épines aux ailes ou des lambeaux charnus à la tèle; quelques-unes réunissent ces deux caractères (5).
Les Vanneaux (Vanellïs. Bechst. Tringa. Lin.) (4)
Ont le même bec que les Pluviers, et ne s'en distinguent que par la présence d'un pouce , mais si petit qu'il ne peut toucher terre ;
Encore la première tribu, les Vanneaux-Pluviers ( Squatarola , Cuv.), Pontils à peine perceptible. On la distingue par son bec renflé en dessous , et dont la fosse nasale est courte comme aux OEdicnèmes. Ses pieds sont réticidés : ceux du pays ont tous la queue rayée de blanc et de noirâtre. Ils ne forment, di(-on, qu'une espèce , que ses variations de plumage ont fait multiplier. Elle va de compagnie avec les Pluviers.
Le Vanneau gris ( Trlmja squatarola, enl. 854).
Grisâtre en dessus , blanchâtre avec des taches grisâtres en dessous , est le jeune avant la mue. Le Vanneau varié ( Tringa varia), enl. 925, blanc, tacheté de grisâtre , manteau noirâtre, pointillé de blanc , comprend les deux sexes dans leur plumage d'hiver. Le Vanneau suisse ( Tringa helvetica), enl. 853, Naum., 1" éd. lxii, f. 117, tacheté de blanc et de noirâtre en dessus, noir en dessous depuis la gorge jusqu'aux cuisses, est le mâle dans son plumage de noce.
Les Vanneaux proprement dits (Vanellls, Cuv.)
Ont le pouce un peu plus marqué , les tarses écussonnés , au moins en parlie , et la fosse nasale allant aux deux tiers du bec. Leur industrie est la même que celle des Pluviers pour attraper les vers.
L'espèce d'Europe ( Tringa vanellus , Lin.), eul. 240; Frisch. ccxii ; Naum. XIV, f. 18, est un joli oiseau, grand comme un Pigeon, d'un noir bronzé, avec une huppe longue et déliée. Il arrive au printemps, vit dans les champs
(1) Ch. winor, Meyer, enl. 921 ; Wils. YII , lix, 5 ; Naum. 2-3, f. 19, ou Ch. curoni- CMS, Lath., à bec tout noir; — Ch. cantianus ,Lath. , ou albifrons, Bleyer, dont le CA. œgyptius , pourrait être la femelle. Son collier est interrompu.
(2) Cliar. voci/i-rns , enl. 280 ; Wils. VII , lix. G; — C/iar. indiens, Lath.; — Char. Âzara, T. col. 184 ]~Char. inelanops, Vieill. Gai. 255, ou Ch. nigrifons, Cuv. col. 47 , 1 ; — Char. fVilsonii, Wils. Am. IX, lxiii,5. — Aj. en espèces très voisines, bien que sans collier : Ch. peciiarius. T. col. 18ô ; — Ch. nivifrons , Cuv. — Char, rufcapillus , T. 1, col. 47, 2 ; — Ch. monachus , Temm. ; — Char, grisetts, Lath.
(3) Espèces à pieds écussonnés , non armées : Char, coronatus , enl. 800 ; — Char, melanocephalus , enl. 918; Savigny, Egypt. Ois. pi. vi , f- 4, dont "Vieillot fait son genre PluviANus , Gai. pi. 2ô. Il a le bec un peu plus gros que les autres. — Espèces armées : Char, spinosus, enl. 801; — Char, cayanus, enl. 833. — Espèces à lambeaux : Char, pihatiis, enl. 834 ; — Char, hilohits , enl. 880.
Le Char, cristatus , Edw. 47 , paraît le même que le spinosus.
(4) Tringa, ou plutôt Trynga , nom grec d'un oiseau de la taille de la Grive, qui fréquente les bords des eaux , et remue la queue , Arist. Il parait que c'est Linnaeus qui en a fait cette application, mais il faisait entrer dans son genre Tringa bcancoup d'oiseaux autres que les Vanneaux, surtout des Manbêclies.
et les prés , y niche , et part en automne. Ses œufs passent pour délicieux (1). 11 y a aussi , dans les pays chauds, des espèces de Vanneaux dont l'aile est armée d'un ou de deux ergots, et d'autres qui portent, à la base du bec, des caroncules ou lambeaux charnus : leurs tarses sont écussonnés. Ce sont des oiseaux importuns parleurs cris, au moindre bruit qu'ils entendent, et qui se défendent avec courage contre les oiseaux de proie. Ils vivent dans les champs (2).
Les HuiTRiERS (HjEmatopcs. Lin.)
Ont le bec un peu plus long que les Pluviers et les Vanneaux, droit, pointu et comprimé en coin , et assez fort pour leur permettre d'ouvrir de force les coquillages bivalves afin d'en prendre les animaux : cependant ils fouillent aussi la terre pour y chercher des vers. La fosse nasale, très creuse, n'occupe que moitié de la longueur du bec , et les narines y sont percées au milieu comme une petite fente. Leurs jambes sont de hauteur médiocre, leurs tarses réticulés, et leurs pieds divisés seulement en trois doigts.
L'espèce d'Europe ( Hœmatoptts ostralegus , L., enl. 929 ; Brit. Zool. pi. D ; Catesb. 1. 85), se nomme aussi Pie de mer, à cause de son plumage noir , à ventre , gorge, base de l'aile et de la queue d'un beau blanc. En été le blanc de la gorge disparaît. C'est un oiseau de la taille du Canard , à bec et pieds rouges.
On en trouve au Brésil une espèce à bec plus long : point de blanc sous la oorge {Hœm. palliatus, Temm.), que Wils. VIII, lxiv , 2, confond avec la commune ; aux Malouines , une autre dont le noir descend davantage sur la poitrine {Hœm. liictuosiis , Cuv.), et dans tout l'hémisphère antarctique , une à plumage tout noir ( Hœm. niger, Cuv. ; Hœm. citer, Vieill. Gai. 230 ; Quoy et Gaymard , Voyage de Freycinet , pi. xxxiv). On ne peut guère s'empêcher de placer près des Pluviers et des Huitriers
Les CouRE-viTE (CuRSORins. Lac. Tachydromtis. 111.)
Dont le bec , plus grêle , est également conique , arqué , sans sillon et médiocrement fendu ; leurs ailes sont plus courtes, et leurs jambes , plus hautes, se terminent par trois doigts sans palmure et sans pouce.
On en a vu , mais très-rarement, en France et en Angleterre, une espèce originaire du nord de l'Afrique, fauve clair, à ventre blanchâtre ( Charadrius Galliciis , Gm., Cursorius isabellinus, Meyer,) enl. 795, et on en a rapporté une des Indes , gris-brun, à poitrine rousse (C/z. Coromandelicus , Curs. asiaticus Lath.), Vieillot, Gai. 232 enl. 892. L'une et l'autre a derrière l'œil un trait blanc et un trait noir ; leur nom vient de la rapidité de leur course. On ne connaît d'ailleurs rien de leurs mœurs (5).
(1) Ajoutez le Vanneau à écharpe [Vann. cïnetus), Less. et Garn. Voy. de Duperrey , pi. XLiii ; — F. « pieds jaunes {Fann. flavipes) , Savigny, Egypte, Ois. pi. vi, f. ô.
(2) Ce sont les neuf preiuières espèces de Para de Gmel. , notamment Farm cayennensis 'enl. 856. — P. gocnsis, enl. 807 ^—P. senegalla , enl. 562, ou mieux Vancllus nlbicapillus Vieill. Gai. 250; — /'. ludoriciana , enl. 855 , dont Fann. gallinacius , Temm., 'ne diffère peut-être pas par l'espèce, etc.; leurs mœurs, leurs jambes, leur bec , leur forme , la distribution même de leurs couleurs , ressemblerit aux Vanneaux et aux Pluviers • il n'y avait nulle raison de les placer avec les Jacanas, qui ont d'autres caractères presque sur tous les points.
Ajouter Tr. macrojJtera, esp. nouv. de Java., grise , à tête et ventre noirs , armée, ci à lambeaux , dont les ailes dépassent la queue de beaucoup.
(5) Ajoutez, le Conre-Fitc à o'irs violettes (Curs. rhalcopterus . T.). col. 298; — le
ECIIASSIERS. ô\ô
Autant que l'on en peut juger par l'extérieur, c'est encore ici que l'on peut le mieux placer.
Les Cartama, Briss. (Microdactylcs, Geoff.; Dicholophcs, Iliger.) (1),
Qui ont le bec plus long, plus crochu et fendu jusques sous l'œil, ce qui leur donne quelque chose de la physionomie et du naturel des oiseaux de proie, et les rapproche un peu des Hérons. Leurs jambes, écussonnées et très hautes, se terminent par des doigts extrêmement courts, un peu palmés à leur base , et par un pouce qui ne peut atteindre la terre.
On n'en connaît qu'une seule espèce de l'Amérique méridionale, (Microd. cristatus, Geolf.; Palamedea cvistata, Gm.; Saria, d'Azz. Ann. du Mus. d'Hist. nat., XIII, pi. 26, col. 257 , et Vieillot, Gai. 259). qui surpasse le Héron pour la taille , et se nourrit de Lézards et d'insectes qu'elle poursuit dans les lieux élevés et sur les lisières des l'orèls. Son plumage est gris-fauve, onde de brun; des plumes effilées placées sur la base du bec, y forment une huppe légère qui revient en avant. Elle vole mal et rarement ; sa voix est forte et ressemble à celle d'un jeune Dindon. Comme sa chair est estimée, on a rendue l'espèce domestique en divers endroits.
La famille
Des CULTRIROSTRES.
Se reconnaît à son bec gros , long et fort , le plus souvent même tranchant et pointu ; elle se compose presque en entier d'oiseaux réunis par Linnaeus sous son genre Ardea, Un grand nombre de ces espèces à la trachée diversement repliée dans le sexe mâle ; leurs cœcums sont courts, et même les Hérons proprement dits n'en ont qu'un.
Nous la subdivisons en trois tribus : les Grues, les Hérons propres et les Cigognes,
La première tribu ne forme qu'un grand genre.
Les Gries (Grus, Cuv.)
Ont le bec droit, peu fendu; la fosse membraneuse des narines, qui est large et concave , occupe près de moitié de sa longueur. Leurs jambes sont écussonnées ; leurs doigts médiocres , les externes peu palmés et le pouce touchant à peine à terre. Elles ont presque toutes une partie plus ou moins considérable de la tête et du cou dénuée de plumes. Leurs habitudes sont plus terrestres et leur nourriture plus végétale que celles des genres suivants : aussi ont-elles un gésier musculeux et des cœcums assez longs. Leur larynx inférieur n'a qu'un muscle de chaque côté.
On peut laisser, selon nous, en tête de ce genre, comme l'a fait Pallas (2),
C. à double collier (C. bicinclus, T.V, 3Ian. Orn.: — Curs. Tem inkit , Swains. Zool. 111.106.
(1) Microdactylus , doigts courts. Dicholophus , crête sur deux rangs. Ilœmatopus, pieds couleur de sang. Vieillot a préféré le nom barbare de Cariama , qu'il îs^i prononcer rariama.
(2)Spicil. Zool. IV, ô.
Les Agamis (Psophia, L,),
Oui ont le bec plus court que les autres espèces , la tête et le cou revêtus seulement d'un duvet, et le tour de Tceil nu. Ils vivent dans les bois , de grains et de fruits.
L'espèce la plus connue, de l'Amérique méridionale, est VOiseau-Troj»pette (Psophia crépitons , L., enl. 169), ainsi nommée de la faculté de faire entendre un son sourd et profond , qui semble d'abord venir de l'anus. Il est grand comme un Chapon; à plumage noirâtre, avec des reflets d'un vii\let brillant sur la poitrine, et le manteau cendré, nué de fauve vers le haut, -^et oiseau est reconnaissant; il s'attache comme un Chien, et se laisse, dit-on, apprivoiser au point de conduire les autres oiseaux de basse-cour. Il vole mal , mais court 1res vite. Il niche à terre au pied des arbres. Sa chair est agréable (1).
Quelques autres grues étrangères , qui ont le bec plus court que les nôtres , doivent être mises en suite.
L'Oiseau royal ou Grue couronnée ( Ardea pavonla. L. ) enl. 265 ; et le jeune : Vieill, 257.
D'une taille très svelte , de quatre pieds de haut ; cendré, à ventre noir, à croupion fauve , à ailes blanches; ses joues sont nues, colorées de blanc et de rose vif; son occiput est couronné d'une gerbe de plumes effilées, jaunes , qu'il étale à volonté. Ce bel oiseau , dont la voix ressemble au son éclatant d'une trompette, nous vient de la côte occidentale d'Afrique, où il est souvent élevé dans les cases et s'y nourrit de grains. Dans l'état sauvage , il fréquente les lieux inondés pour y prendre des petits poissons.
La Demoiselle de Numldie. {Ardea virgo.) enl. 246.
Semblable au précédent pour la forme et presque pour la taille ; cendrée, à cou noir , avec deux belles aigrettes blanchâtres formées par le prolongement des plumes effilées qui couvrent l'oreille. Celles qu'on a vues en esclavage se fesaient remarquer par des gestes et des mouvements affectés et bizarres (2).
Les Grces ordinaires ont le bec autant et plus long que la tète.
La Grue commune , [Ardea grus. L.) Grus cinerea. Bechst. enl. 769. Frisch. 191 , Naum. l-^ éd. ii, f. 2.
Haute de quatre pieds et plus ; cendrée, à gorge noire, à sommet delà tête nu et rouge, à croupion orné de longues plumes redressées et crépues, en partie noires ; elle est célèbre par les migrations qu'elle fait chaque automn'e du nord au midi , et chaque printemps en sens contraire , eu troupes aussi nombreuses que bien ordonnées. I^Ue mange du grain dans les champs, mais elle préfère les insectes et les vers que lui fournissent les contrées
(1) On Je nomme Agami à Cayenne, selon Barrère; Caracara. aux Antilles , selon Dutertre. Comme le nom dî' Oiseau-Trompette se donne aussi en Afrique à un Calao, Fermin (Descript. de Surin.) transporte ridiculement à Y Agami, le caractère de deux becs l'un sur l'autre. On a confondu longtemps l'Agami avec le Macucagua de ■Vlargrav, qui est un Timanott. Psophia , nom forgé par Barrère, de '^c<fisc, faire du bruit.
Ajoutez Psophia riridis , Spix , 85, et Ps. Icucoptera, id. 84.
(2) Les aratoraistes de l'Académie avaient appliqué à cet oiseau , à cause de ses gestes , les noms de Scops , à''Otus, et à'Asio, par lesquels les anciens désignaient nos Ducs. Buffon , qui avait bien réfuté cette erreur <à l'article des Ducs , l'adopte , par oubli , dans celui de la Demoiselle.
ECIIASSIEKS. 51a
marécageuses. Les anciens ont beaucoup parlé de ces oiseaux, parce «[ue leur cliemin principal paraît être par la Grèce et l'Asie mineure (1). On ne peut placer qu'entre les Grues et les Hérons
Le CouvLan ou Courliri (Arcl. scolopaceu , Gm.), enl. 818 (2) ,
Uont le bec , pins {jrèle et un peu plus l'endu que celui des Grues , se renlle vers le dernier tiers de sa lon<jueur, et dont les doigts, tous assez longs , n'ont aucune palmure. Il a les mœurs et la taille des Hérons, le plumage brun avec des pinceaux blancs sur le cou ;
Et le Caiirale (Eurypyga , Hlig.) (5), \n\^. petit Paon des roses ou Oiseau du Soleil ( Ard. Helias, L.), enl. 702 ,
Dont le bec, plus grêle que celui des Grues, mais muni d'une i'osse nasale semblable, est l'endu jusque sous les yeux comme aux Hérons, mais sans avoir <le peau nue à sa base. C'est un oiseau de la taille d'une Perdrix, à qui son cou long et mince, sa queue large et étalée et ses jambes peu élevées, donnent un air tout dilïérent de celui des autres oiseaux de rivage. Son plumage , nuancé , par bandes et par lignes , de brun, de fauve , de roux, de gris et de noir, rappelle les plus beaux Papillons de nuit. On le trouve le long des rivières de la Guiane.
La seconde tribu est plus carnassière et se reconnaît à son bec plus fort, à ses doigts plus grands : on peut mettre en tête,
Les Savacous (Cakcroma, Liii.),
Qui se rapprocheraient entièrement des Hérons par la force de leur bec, et le genre de nourriture qui en résulte , sans la forme extraordinaire de ce même bec; on trouvera cependant, en dernière analyse, que ce n'est qu'un bec de Héron ou de Butor très écrasé : il est en effet très large de droite à gauche , et comme formé de deux cuillers appliquées l'une contre l'autre par leur côté concave. Ses mandibules sont fortes et tranchantes , et la supérieure a une dent aiguë à chaque coté de sa pointe 5 les narines , percées vers sa base, se prolongent en deux sillons parallèles, qui régnent jusques vers sa pointe. Les pieds ont quatre doigts , tous longs , et presque point de membranes; aussi ces oiseaux se tiennent-ils sur les arbres aux bords des rivières , d'où ils se précipitent sur les poissons , qui font leur nourriture ordinaire. Leur démarche est d'ailleurs triste, et leur attitude enfoncée comme celle des Hérons.
L'espèce connue ( Crtwc/'o???« foc/i/cftr/rt. L.) enl. 58 et 369; Vieill. Galer. pi. 249, est grande comme une Poule, blanchâtre, à dos gris ou brun, à ventre roux , à Iront blanc , suivi d'une calotte noire qui se change en une
(1) A ce genre appartient encore l;i Gr. du Canada {Ard. canadensis , Edw. 133) ; lu Grue à collier, enl. 865 , et la Grue des Indes, Edw. 45 {Ard. antiijone) , Vieill. Gai. 250 ; — la Grueblanche, eiil. 889 {Ard. americanà) , et la Grue géant, Pall. It. II , n" 30, f . 1 (Ard. fjù/antea), qui ne nous ]»araît différer en rien de la blanche ; enfin la Grue caron- I ulée {A rd carunculuta) ., ([ui n'est point un Héron , comme l'a cru Gnieliu.
(2) C'est de cet oiseau que Vieillot a fait son genre Aramus , Gai, 2o2 ; Spiv , \A. xc.i . le nunnne Rallus ardcoïdes.
(ô) Vieillot a changé ce nom en celui û'Hélius.
jIu oiseaux.
longue huppe dans le mâle adulte ; elle habite les parties chaudes (;t humides de TAmérique méridionale.
Viennnent ensuite
Les Hérons (Ardea , Cuv.) ,
Qui ont le bec fendu jusque sous les yeux ; une petite Ibsse nasale prolongée en un sillon jusque très près de la pointe ; ils se font remarquer de j)lus par un tranchant dentelé au bord interne de l'ongle du doigt du milieu. Leurs jambes sont écussonnées, leurs doigts et leur pouce assez longs, leur palmure externe notable, et leurs yeux placés dans une peau nue, qui s'étend jusqu'au bec. Leur estomac est un très grand sac peu musculeux, et ils n'ont qu'un cœcum très petit. Ce sont des oiseaux tristes, qui nichent et se perchent aux bords des rivières où ils détruisent beaucoup de poissons. Leur fiente brûle les arbres. Il y en a dans les deux continents des espèces très nombreuses , qui ne peuvent guère se subdiviser que par quelques détails de plumage.
Les Hérons vrais ont le cou Irés-grc^le, garni vers le bas de longues plumes pendantes.
Le Héron commun. ( Ardea major et Ard. cinerea. L.) enl. 755 et 787. Frisch. 198 , 199. Naum. 1^« éd. 25, f. 55 , 54.
Cendré-blenâtre , une huppe noire à l'occiput; le devant du cou blanc, parsemé de larmes noires; grand oiseau très nuisible à nos rivières; célèbre autrefois par le plaisir que prenaient les grands à le faire chasser par le Faucon .
Nous avons aussi un Héron gris et roux ou pourpré (^r<:/./)wrpM?'ea, enl. 788; Naum. , l'« éd., Supp. Ah , f. 89 , 90 (1). On a donné aux plus petits Hérons , à pieds plus courts , le nom de Crabiers.
Le plus commun en France, dans les contrées montageuses , est
Le Blongios { Ard. minuta et danubialis. Gm. ) enl. 525. Frisch. 207 ; Naum. l-'' éd. 28, f. 57.
Fauve, à calotte, dos et pennes noirs; il n'est guère plus grand qu'un
Râle , et se tient près des étangs.
Les Onorks joignent à la tournure des Crabiers une taille de vrai Héron et la couleur des Butors (2).
Les Aigrettes sont des Hérons dont les plumes du bas du dos sont, à une certaine époque , longues et effilées.
(1) Selon BI. Meyer , les Ard. purpurea , purpurata , rufa , Gm. ; Africana , Lath. , ne sont que des variétés du Héron pourpré.
Ajoutez ^./lerorfias; Gm.;Wils. VIII, lxV , 2, dont le jeune est peut-être enl. 858 ; — A.cocoi, Lath.; Spix , xc , sous le faux nom à^ Ardea maquari ; — A. sibilatrix , Temm. col. 271 ; — A. ludoviciana, Gm. , enl. 909, dont A virescens , enl. 908 et 912 , ne diffère point par l'espèce ; — A. Novœ-Guinœ, Lath. , enl. 926 , approche un peu du Courlan par son bec.
(2) A. lincata, Gm. enl. 860 ; — y^. tigrina , id. enl. 790, qui paraît être le jeune S'A. (lava, Gm.
Les plus belles espèces , dont les plumes s'emploient pour Tusage qu'indique le nom donné à ces oiseaux , sont :
La petite Aigrette {Ardea Garzetla. ) enl. 901.
Moitié moindre que le Héron ; toute blanche , et dont les plumes elïilées ne dépassent pas la queue.
Et la grctîi de Aigrette. {A. Alba.) enl. 886.
Toute blanche aussi , mais plus grande.
On trouve ces deux espèces en Europe (1).
II y en a une troisième à tarses plus courts, dont les plumes effilées dépassent la queue de beaucoup {A. egretta), enl. 925. Nous croyons devoir aussi rapprocher des Aigrettes.
Le Crabier de Mahon {A. co?nata. Gm.) enl. 358. Naum. l"-" éd. 222, f. 45.
Oiseau du midi de l'Europe , à dos brun roussâtre, ailes ventre et queue blanche. L'adulte a le cou jaunâtre et une longue huppe à l'occiput (2). Les Butors ont les plumes du cou lâches et écartées, ce qui le fait paraître plus gros. Ils sont d'ordinaire tachetés ou rayés.
Le Butor d'Europe. {Ard. stellaris.) enl. 789. Frisch. 205. Naum. l-^o éd. 27, f. 36.
Fauve doré, tacheté et pointillé de noirâtre; à bec et pieds verdâtres. Se tient dans les roseaux, d'où il fait entendre une voix terrible, qui lui a valu son nom Bostaurus. Sa position dans l'état tranquille est singulière , il a le bec levé vers le ciel (3).
Les BiHOREAux ont, avec le port des Butors , et un bec plus gros à proportion , quelques plumes grêles , implantées dans l'occiput de l'adulte.
Nous n'en avons qu'un dans ce pays-ci ,
Le Bihoreau d'Europe. {Ard. nfcticorax. L.) (4) enl. 758. Frisch. 203. Naum. Ire éd. 24, f. 35.
Le mâle est blanc , à calotte et dos noirs ; les jeunes , enl. 759 , sont gris à manteau brun, à calotte noirâtre (5).
(1) Temmink pense que 1',/. alha est le jeune à^A. egretta , et que la pi. enl. 901 ne représente pas la petite Aigrette d'Europe , mais celle d'Amérique.
(2) D'après les recherches exactes de M. Meyer , les Arclca castanea , Gm. , ou ralloïdes, Scopol. 5 — A. squaiotta ; — A . Marstglii — A. piimila , et même A . eri/thropiis ^ et A . vialaccensis , Gm. enl. 911 , ne sont que des variétés ou des âges différents du Crabier de Mahon , ou A. comata. VA. senegalensis , enl. 515, eu est aussi un jeune âge. C'est peut-être la véritable Grue des Baléares , de Pline , XI , 37.
Ajoutez A. candidisstiiia , Wils. lxui , 4; — le Garde-Bœuf, A. bubulcus , Savigny ; Eg. Ois. pi. vin;— ^. leucoccphala , Gm, enl. 910 ; — A.jugidaris, Forster, ou Gularis , Bosc. Actes de la Soc. d'Hist. natur. in-fol. pi. n , u\x alhicoïlis , Vieill. Gai. 233; — A. cœrulea, enl. 349, dont A . œquinoctialts , Catesb.77, pourrait bien être le jeune, malgré la différence de couleur; — A. rufescens , Gm. enl. 902; — A . leucogaster , enl. 350; — A. agami, enl. 839.
(3) Ajoutez A. nitnor, Wils. VIII , lxv, 3, ou A. stellaris, B. Gm. Edw. 136; — A. undulata, Gm. enl. 708; — A. jyhilipponsis , Gm. enl. 908.
(4) Selon M. Meyer , dont nous suivons encore ici les résultats , VArd. grisea , Y Ard. macidata, et VArd. badia , Gm. , se rapportent à différents états du Bihoreau.
(3) Ajoutez A.pileata, Lath. , ou A. alba, j.; Gm. enl. 907; — A. caledonica, Lath. ; A. cayentiensis,en[. 899, ou violacea, Wils. VIÏI, i.xv, dont A . jamaïcensis , Gm. ,
Au resle, nous devons faire remaniiier que les difi'érenles subdivisions du genre des Hérons ont assez peu d'importance et de netteté.
La troisième tribu , outre un bec plus gros , plus lisse que la seconde, a des palmures presque égales, et assez fortes entre les bases de ses doigts.
Les Cigognes (Ciconia, Ciiv. )
Ont un bec gros, médiocrement fendu, sans fosse ni sillon , où les narines sont percées vers le dos , près de la base , et dont le fond est occupé par une langue extêmeraent courte. Leurs jambes sont réticulées et leurs doigts antérieurs assez fortement palmés à leur base, surtout les externes. Les mandibules légères et larges de leur bec, en frappant l'une contre l'autre, produisent un claquement , presque le seul bi'uit que ces oiseaux fassent entendre. Leur gésier est peu musculeux, leurs cœcums si petits qu'on les aperçoit à peine ; leur larynx inférieur n'a point de muscle propre; leurs bronches sont plus longues et composées d'anneaux plus entiers qu'à l'or dinaire.
Nous en avons deux espèces en France.
La Cujogne blanche {Ardea ciconia. L.) enl. 866. Frisch. 196- Nauni. Ireéd. 22,1. 31.
Blanche , à jîennes des ailes noires , à bec et pieds rouges ; grand oiseau pour lequel le peuple a un respect particulier, fondé sans doute sur ce qu'il détruit les Serpents et autres bêtes nuisibles. La cigogne fait son nid de préférence sur les tours , les sommets des clochers, et y revient tous les printemps, après avoir été passer l'hiver dans les diverses contrées de l'Afrique , et y avoir niché une autre fois.
La Cigogne noire (Ardea nigra. L.) enl. 399, et le jeune : Frisch , 197. Naum. 23. f. 32,
Noirâtre , à reflets pourpres , à ventre blanc ; fréquente les marécages écartés , et niche dans les forêts (1).
Parmi les espèces étrangères, on peut distinguer
Les Cicognes à cou nu^
Dont le bec est encore plus gros qu'aux autres espèces, mais de substance légère ; et parmi elles ,
Les Cigognes à sacs ( Ard. dubia, Gm.; Ard. argala, Lat.),
Qui ont sous le milieu du cou un appendice comme un gros saucisson , et dont les plumes du dessous de l'aile donnent les panaches légers que l'on
est le jeune ; — A. sihilatrix , T. col. 271. — Le Pouacre, Buff. Ar. Garde ni , Gin.) , eiil. 509, paraît le jeune d'un Bihoieau cendré, à calotte et dos non--bronzés. C'est le même que A. maculata, Frisch, 202.
(1) A ce j;enre appartient encore le Maguari ou Cigogne d'Amérique {A . maguari), Vieill. Gai. 254; etSpix, lxxxix, sous le faux nom de Ciconia juhura , qui diffère peu de notre Cig. blanche, si ce n'est par son bec cendré ; la petite C. noire de Nubée {Ciconia .-f/ôrfî/HtVjLichtenst.), Ruppei. 9. — la C. violette (C. lciicovei)liahi , Gm.),enl. 906.
ECtIASSIERS. 319
appelle Maraboiis. Ce sont les plus grands oiseaux du genre ; leur ventre est blanc, leur manteau noir bronzé. Il y en a deux espèces, l'une du Sénégal, à manteau uni {Cic. marabou , Temm. col. 300); l'autre des Indes, dont les couvertures de l'aile sont bordées de blanc {C.argala, Temm. col, 301). Leur large bec leur sert à prendre des oiseaux au vol (1).
Les Jabiriis (Mycteria. Lin.),
Que Linnœiis a séparés des Ardea, sont très \'oisins des Cigognes, beaucoup plus même que celles-ci des Hérons proprement dits ; l'ouverture médiocre de leur bec , leurs narines , l'enveloppe réticulée de leurs tarses , et leurs palmures considérables , sont les même qu'aux Cigognes ; aussi ontils le même genre de vie.
Leur unique caractère est un bec légèrement recourbé vers le haut.
L'espèce la plus connue {Mycteria amerlcana , Lin.) (2) , enl. 817, est très grande , blanche , à tète et cou sans plumes , revêtus d'une peau noire , rouge vers le bas ; l'occiput seulement a quelques plumes blanches ; le bec et les pieds noirs. Elle vit dans l'Amérique méridionale , au bord des étangs et des marais, où elle poursuit les reptiles et les poissons (3).
Les Ombrettes (Scoptis. Briss.) {h)
Ne se distinguent des Cigognes que par un bec comprimé , dont l'arête tranchante se renfle vers la base , et dont les narines se prolongent en un sillon qui court parallèlement à l'arête jusqu'au bout, lequel est un peu crochu.
On n'en connaît qu'une espèce {Scopus umhretta , enl. 796, Vieill. Gai. 250, grande comme une Corneille , de couleur de terre d'ombre, et dont le mâle a l'occiput huppé. Elle est répandue dans toute l'Afrique.
Les Becs-ouverts (Hians , Lacép. Anastomcs , Ilig. )
N'ont , pour être séparés des Cigognes, qu'un caractère à peu près de la force de celui des Jubirus. Les deux mandibules de leur bec ne se joignent que par la base et par la pointe , laissant dans le milieu de leurs bords un intervalle vide ; encore ce vide paraît-il en partie l'effet de la détrition , car on y voit les fibres de la substance cornée du bec qui paraissent avoir été usées.
Ce sont des oiseaux des Indes orientales , dont l'un est blanchâtre {Ardea ponticeriana , Gm.), enl. 932, et Vieillot, Gai. 251, et l'autre gris-brun
(1) Ajoutez la Cigogne cherelue , (C. capillata , T.) , col. ôl2.
(ï!) TouTfotiyou , àCayenne; aïaïai , au Paraguay, collier rouge, etc. Barrère l'a confondu avec V Autruche d'Amérique , ce qui a fait transporter à cette Autruche le nom de Touyouyou ou de Touyou , par Brisson et par BuÉFon.
Mycteria, nom dérivé, par Linnaeus, de /iiu%T)^p nez, trompe , à cause de son grand bec.
(ô) Ajoutez Myclcria scncgnlensis, Lath. ; Vieill. Gai. 255 , dont le Ciconia ephrppirhyncha, Ruppel. Av. 3, ne paraît difFérer que parce qu'il est dessine sur le frais, et montre deux pendeloques à la base du bec.
(4) Scopns vient de2:«c^Ct; , sentinelle.
(Ardea coromandeliana) , Sonnerai, It. Il, 219. Tous deux ont les pennes des ailes et de la queue noires. Peut-être le dernier n'est-il que le jeune âge. Un troisième tout noir irisé {Bec-Ouvert à lames, An. lamell'ujer. Tem. col. 256 ) , est remarquable parce que chacune de ses plumes a sa tige terminée par une lame cornée , étroite, qui dépasse les barbes.
Les Dromes (Dromas, Paykull)
Ressemblent beaucoup aux Becs-Ouverts , dont ils ont à peu près la tournure et les pieds; mais leur bec comprimé, un peu renflé à sa base en dessous, a des narines ovales , et ses bords se joignent bien.
On n'en connaît qu'une espèce des rivages de la mer rouge et du Sénégal {Dromas ardeola, Payk. Mém. de Stokh. 1805, pi. viii , col. 562). A plumage blanc, avec une partie du manteau et des ailes noires (1).
Les Tantaies (Tatîtalis, L.)
Ont des pieds, des narines et un bec de Cigogne; mais le dos du bec est arrondi , et sa pointe recourbée vers le bas , et légèrement échancrée de chaque côté : une portion de leur tète , et quelquefois de leur cou . est dénuée de plumes.
Le Tantale d'^ Amérique { Tantalus loculator, Lin.) , enl. 868;
Wils. VIII, LXVI, 1 ,
Est grand comme une Cigogne , mais plus grêle ; blanc , à pennes des ailes et de la queue noires, à bec et pieds noirâtres , ainsi que la peau nue de la tête et du cou. Il vit dans les deux Amériques , arrivant dans chaque pays à la saison des pluies , et fréquentant les eaux vaseuses , où il recherche surtout les anguilles. Sa démarche est lente et son naturel stupide.
Le Tantale d' Afrique { Tantalus ibis. Lin.) enl. 559.
Blanc, légèrement nuancé de pourpre sur les ailes , à bec jaune, à peau du visage nue et rouge , a été longtemps regardé par les naturalistes comme l'oiseau si révéré des anciens Egyptiens sous le nom cVlbis; mais des recherches récentes ont prouvé que l'Ibis est une espèce beaucoup plus petite, dont nous parlerons plus bas. Ce Tantale ne se trouve pas même communément en Egypte ; c'est du Sénégal qu'on nous l'apporte.
Le Tantale de Ceflan { Tantalus leucocephalus .) Encyc. méth. Omit. pl.66,fig. 1. Vieill. Gai. 247.
Le plus grand de tous, et celui qui a le plus gros bec. Ce bec et la peau de la face sont jaunes; le plumage est blanc, avec une ceinture sur la poitrine et les pennes noires, de longues plumes roses sur le croupion , qu'il perd pendant la saison des pluies (2).
Les Spatules ou Pallettes (Plataiea, Lin.) (3) Se rapprochent des Cigognes par toute leur structure ; mais leur bec ,
(1) Dupont, Ann. des se. nat. , tome IX, pi. xlv. C'est VErodia amphilensis, Sait. Voy. en Abyss. atlas , pi. xxxi,
(2) Ajoutez le Tankde lacté{T. lacteus , T.), col. 552.
(ô) rinlaleann plaira , noms lafins, pris qiioI(jnefois comme synonymes rie pelecanns.
ECHASSIERS. 321
dont elles ont tiré leur nom , est long , plat , large partout , s'élargissant et s'aplatissant , surtout au bout , en un disque arrondi comme celui d'une spatule; deux sillons légers partent de la base , s'étendent jusqu'au bout, sans rester exactement parallèles aux bords. Les narines sont ovales et percées à peu de distance de l'origine de chaque sillon. Leur petite langue, leurs jambes réticulées , leurs palmures assez considérables , leurs deux très petits cœcums, leur gésier peu musculeux, leur larynx inférieur dépourvu démuselés propres, sont les mêmes que dans les Cigognes; mais l'élargissement de leur bec lui ôte toute sa force , et ne le rend propre qu'à fouiller dans la vase , ou à pêcher des petits poissons ou des insectes aquatiques.
La Spatule blanche huppée , {Platalea leucorodia. Gm.) enl. 405. Naum Supp. 44 , f. 87,
Entièrementde cette couleur, avec une huppe à l'occiput; elle est répandue danslout l'ancien continent , y niche sur les arbres élevés. La Spatule blanche sans huppe, (Buff. Hist. des Ois. tome VII, pi. xxiv), n'est, selon M. Bâillon que le jeune âge de la précédente. Outre l'absence de la huppe , elle se distingue par un bord noir aux pennes des ailes.
La Spatule rose ( Platalea aiaia), enl. 165 ; Vieillot Gai. 248,
A le visage nu , et des teintes de rose vif, nuancées, sur le plumage , qui deviennent plus intenses avec l'âge. Elle est propre à l'Amérique méridionale.
La famille
Des LONGIROSTRES
Se compose d'une foule d'oiseaux de rivage, dont le plus grand nombre formait le genre Scolopaœ de Linnaeus, et dont les autres avaient été confondus dans son genre tringa^en partie contre le caraclère que ce genre portait , d'un pouce trop court pour toucher la terre. Enfin , il en est un petit nombre qui avaient été placés avec les Pluviers , à cause du défaut absolu de pouce. Tous ces oiseaux ont à peu près les mêmes formes , les mêmes habitudes et souvent presque les mêmes distributions de couleurs, ce qui les rend très difficiles à distinguer entre eux. Ils se caractérisent en général par leur bec grêle , long et faible , qui ne leur permet guère que de fouiller dans la vase pour y chercher les vers et les petits insectes ; les différentes nuances , dans la forme de ce bec , servent à les subdiviser en genres et en sous-genres.
Dans les principes de Linnœus, il aurait dû réunir la plupart de ces oiseaux sous son grand genre
Bécasse ( Scolopax ) ,
Que nous diviserons comme il suit , d'après les nuances de forme des becs.
Les Ibis (Ibis, (liiv.) (1),
Que nous séparons des Tantales de Gmelin, parce que leur bec, arqué comme celui des Tantales, est cependant beaucoup plus faible, sans échancrure à sa pointe, et que les narines, percées vers le dos de sa base, se prolongent chacune en un sillon qui règne jusqu'au bout. Ce bec est d'ailleurs assez épais, presque carré à sa base, et il y a toujours quelque partie de la tète, ou même du cou, dénuée de plumes. Les doigts externes sont notablement palmés à la base, et le pouce assez long pour bien appuyer à terre.
Il y en a qui ont les jambes courtes et réticulées ; ce sont les plus robustes,
et ceux qui ont le plus gros bec.
l." Ibis sacré [Ibis rellgiosa, Nob. ; Abou-Hannès, Bruce, It. pi. xxv ; Tantalus œihiopicus, Lath.) : l'adulte, Cuv, Recherches sur les Ossements fossiles, tom. I; et le jeune, Savign. Descrip. de l'Egypte, Hist. nat. des ois. pi. vu,
Est l'espèce la plus célèbre. On élevait cet oiseau dans les temples de l'ancienne Egypte, avec des respects qui tenaient du culte; et on l'embaumait après sa mort, à ce que disent les uns, parce qu'il dévorait des Serpents qui auraient pu devenir très dangereux pour les pays ; selon d'autres, parce qu'il y avait quelque rapport entre son plumage et quelqu'une des phases de la lune; enfin, d'après quelques-uns, parce que son apparition annonçait la crue du Nil (2). On a pensé long-temps que cet Ibis des Egyptiens était le Tantale d'Afrique; on sait aujourd'hui que c'est un oiseau du genre que nous traitons, grand comme une poule, à plumage blanc, excepté le bout des pennes de l'aile, qui est noir; les dernières couvertures ont leurs barbes alongées, effilées, d'un noir à reflets violets, et recouvrent ainsi le bout des ailes et la queue. Le bec et les pieds sont noirs, ainsi que toute la partie nue de la tête et du cou : cette partie est recouverte, dans la jeunesse, au moins à sa face supérieure, de petites plumes noirâtres. L'espèce se trouve dans toute l'étendue de l'Afrique (5).
D'autres Ibis ont les jambes écussonnées : leur bec est assez généralement plus grêle.
Vlbis ronge {ScoL riibra, Lin. ; Tantalus riiber, Gm.), enl. 80 et 81 ; Wils.
VllI, LXVI, 2,
Est un oiseau de toutes les parties chaudes de l'Amérique, remarquable par sa belle couleur rouge-vif , avec le bout des pennes des ailes noir. Ses petits , couverts d'abord d'un duvet noirâtre , deviennent cendrés, puis blanchâtres quand ils commencent à voler: ce n'est qu'à deux ans que le rouge paraît, et il prend ensuite plus d'éclat avec l'âge. Cette espèce ne voyage point, et vit en troupes dans les lieux marécageux, voisins des embouchures des fleuves. On la prive aisément.
(1) Voici encore une de ces distinctions et de ces dénominations prises par Vieillot (Gai. 246) , sans citation , quoique mon Mémoire sur l'Ibis , où je l'ai établie, date de quinze ans avant tout ce qu'il a écrit sur le système des oiseaux.
(2) Savigny , Mémoire sur l'Ibis.
(5) Il y a aux Moluqucs une espèce voisine , à bec plus long, à couvertures moins effilées, en partie variées de blanc ; à plumes du haut de la poitrine longues et pointues {Ibis mofucca, Cuv.) ; et au Bengale une autre à couvertures peu effilées et cendrées (Ibis hengala, Cuv.)
Ajoutez Ib. papillosa , Temm. col. 304; — Tant, calviis ^ Gm. enl. 867; — Ihi.s nudi
Vlbis vert, viilg. Courlis vert (Scol. Falcinellus, Lin.), enl. 819; Naïun. !«■ éd . Siipp. XXVIII ; Savig. Eg. ois. pi. vu, f. 2,
A corps d'un roux brun pourpré, à manteau vert foncé; les jeunes ont la tête et le cou pointillés de blanchâtre. C'est un bel oiseau du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique, et, selon toute apparence, l'espèce que les anciens appelaient //.>/,s noir (1).
Les Courlis (Numenius. Cuv.) (2)
Ont le bec arqué comme les Ibis, mais plus grêle, rond sur toute sa longueur : le bout du bec supérieur dépasse l'inférieur, et saille un peu au devant de lui vers le bas. Il y a des palmures entre les bases de leurs doigts.
Le Courlis d'Europe. {Scol. arcuata. L.) enl. 818. Frisch, ccxxiv, Naum. v, f. 5.
Grand comme un Chapon; brun ; le bord de toutes les plumes blanchâtre; le croupion blanc ; la queue rayée de blanc et de brun. C'est un gibier de goût médiocre, commun le long des côtes, et de passage dans l'intérieur. Son nom vient de son cri (5).
Le Corlieu d'Europe, vulg. petit Courlis. {Scol. Phœopus. Lin.) enl. 8i2. Edw. cccvn. Frisch, ccxxv. Naum. x, f. 10 (4).
De moitié moindre que le Courlis, mais presque du même plumage (5). Les BÉCASSES proprement dites (Scolopax , Cuv.) (6)
Ont le bec droit, le sillon des narines régnant jusqu'assez près du bout qui se renfle un peu en dehors, pour dépasser la mandibule inférieure, et sur le milieu duquel il y a un sillon simple. Ce bout est mou et très sensible ; en se desséchant après la mort, il prend une surface pointillée. Leurs pieds n'ont aucune palmure. Un caractère particulier à ces oiseaux est d'avoir la tête comprimée, et de gros yeux placés fort en arrière, ce qui leur donne un air singulièrement stupide, qu'ils ne démentent point par leurs mœurs.
frons , Spix, 86; — Ib. oxyccrcus , id. 87; — T. albicollis , Gra., ou curicaca de Margr, enl. 976; — Tant, cayeunensis, Gm. enl. 820; — Ibis pluinheus , Temm. col. 235; — Tant, mclanopis , Gm. ; Lath. III , pi. lxxix ; — Ibis chalcoptera , Vieill. Gai. 246 , ou Tattt. hogedash , Luth.
(1) Ajoutez Tantalus albus , et T. coco, Gm. enl. 915; — T. cristatus , id. enl. 841 ; — Ibis leucopygus , Spix , 88 , si toutefois ce n'est pas le jeune du Ruber; — Tant, leucocephaltis , Lath. III , pi. lxxx , 2.
(2) Numenius dérive de néoménie , nouvelle lune , à cause de la figure de croissant qu'à son bec.
(3) Ajoutez le Courlis à mèches étroites du Cap {Num. virgatus , C), enl. 198, — le C. à m. et. de l'Inde {N. lineatiis) ; — le C. à long bec d'Amérique {Num. longirostris, Wils.), Am. II, xxiv, 4; — Num. borealis, id. VII, lvi, 1.
(4) Phœopus (pied cendré) , nom composé par Gesner.
(5) Ajoutez le Courlis à bec mince {Numenius tenuirostris' , Cli. Bonap.) ; — le C. à croupion roussâtrc {Num. rufus) , Vieill. Gai. 245; — le Courlis demi-bec {Num. brevi- «osfm, T.), col. 381.
N. B. Le bec, dans ce genre et dans presque toute cette famille , allonge avec l'âge.
(6) Scolopax, nom grec de la Bécasse, de tjy.OAO% (pieu), à cause de son bec droit et pointu. Vieillot l'a changé en Rusticula.
La Bécasse. {ScoL rusticola. L.) enl. 885. Frisch , cxxvi, 227. Naiim. 1^* éd., f.i,
Tout le monde connaît son plumage varié en dessus de taches et de bandes grises, rousses et noires; gris en dessous, alignes transverses noirâtres. Son caractère distinctif consiste en quatre larges bandes transverses, noires, qui se succèdent sur le derrière de la tête. La Bécasse habite pendant Télé sur les hautes montagnes, et descend dans nos bois au mois d'octobre. Elle va seule ou par paire, surtout dans les temps sombres, recherche les verset les insectes dans le terreau. Il en reste peu dans les plaines pendant Tété (1).
h& Bécassine {Scolopax galUnago, L.) enl. 883. Frisch, ccxix; Naum. ii, f. 2,
Plus petite et à bec plus long que la Bécasse; se distingue par deux larges bandes longitudinales, noirâtres sur la tète, par un cou moucheté de brun et de fauve, par un manteau noirâtre avec deux bandes longitudinales fauves, par des ailes brunes ondées de gris, par un ventre blanchâtre onde de brunâtre aux flancs, etc.
Elle se tient dans les marais, aux bords des ruisseaux, des fontaines; s'élève à perte de vue, en faisant entendre de très loin une voix perçante de chèvre.
Nous la retrouvons presque sans changements dans toutes les parties du globe.
La double Bécassine {ScoL major, Gm.), Frisch, ccxxviii; Naum. ii, f. 2,
Se distingue de la précédente par une taille d'un tiers supérieure, et parce que ses ondes grises ou fauves de dessus sont plus petites et les brunes de dessous plus grandes et plus nombreuses.
La petite Bécassine ou Ia Sourde. {Scol.gallinula. Gm.) enl. 884. Frisch, ccxxxi; Naum. IV, f. 4.
De près de moitié moindre que la Bécassine commune, n'a qu'une bande noire sur la tête ; le fond de son manteau a des reflets vert bronzé. Un demicollier gris occupe sa nuque, et ses flancs sont mouchetés de brun comme sa poitrine. Elle reste dans nos marais presque toute l'année.
Tous ces oiseaux sont excellents à manger et assez communs dans nos marchés en hiver (2).
On doit distinguer des autres bécasses
ha Bécassine grise {Se. grisea, Gm.), Wils. VII, lviii, 1; Se. PalkuUii, Nils. Orn. Suec. II, pi. ii; et en plum. d'été, ScoL novehoracenis, Lath.,
Qui diffère des autres en ce qu'elle a une demi-palmure très marquée, entre les doigts externes. Elle est plus cendrée en hiver, plus roussâtre en
(1) Ajoutez une espèce très-voisine de TAmér. sept. {Scol. minor , Gm.) , Arct. Zool. II, pi. XIX ; Vieill. Gai. 142; Wils. VI, XLVni , 2 ; — 6'co/. sabini. Vig. Tians. lin. XIV, pi, xxi, si c'est une espèce constanle.
(2) Aj. la Bécassine muette d'Eur. , Scol. Brehmii , Raup. Isis, 1823; — Scol. paltidosa, Gm. enl. 895, qui est le Se. gallinago, Wils. VI, xlvii, 1; — Scol. gigantea, Temnn. col. 403.
La Brunette de Buffon , Scol. piisilla, Dunlin des Anglais , n'est que l'Alouette de mer à collier, ou la petite Maubèche grise à plumage d'été.
ECHASSIERS. 525
été, et a toujours le croupion blanc , tacheté de noir. On la voit aussi en Europe (1).
Les Rhynchées (Rhynch^.a, Cuv.) (2)
Oiseaux cPAt'rique et des Indes, dpnt les deux mandibules, à peu près égales, s arquent légèrement à leur bout, et où les sillons des narines régnent jusqu'à l'extrémité du bec supérieur, qui n'a point de sillon impair. Leurs doigts n'ont point de palmure. Au port des Bécassines , ils joignent des couleurs plus vives, et se l'ont surtout remanjuer par des taches œillées sur leurs pennes des ailes et de la queue.
On en connaît de différents mélanges de couleur, que Gmelin réunit comme
des variétés, sous le nom de Scol. capensis, et que M. Temminck croit en effet
n'être que différents âges (3).
Les Barges (Limosa, Bechst.) (4)
Ont le bec droit, quelquefois même légèrement arqué vers le haut, et encore plus long que les Bécasses. Le sillon des narines règne jusque tout près de l'extrémité qui est un peu déprimée et mousse, sans sillon impair, ni pointillure. Il y a une palmure entre les bases de leurs doigts externes. Leur taille est beaucoup plus élancée et leurs jambes plus élevées que celles des Bécasses j elles fréquentent les marais salés et les bords de la mer.
La Barge aboyeuse ou à queue rayée. {Scol. leucophœa. Lath. et laponica. Gm.)j Le jeune, Brit, zool. pi. xiii. Briss. v, pi. xxiv, f. 2 ; Et l'adulte en plumage d'été, enl. 900(5).
En hiver, gris-brun, foncé, à plumes bordées de blanchâtre ; poitrine grisbrun ; dessous blanchâtre; croupion blanc, rayé de brun, etc. En été, rousse, à dos brun. La queue toujours rayée de blanchâtre et de noirâtre.
La Barge à queue noire. {Scol. œgocephala et belgica. Gm. Limosa melanura. Leisler.) Le plum. d'hiver, enl. 874 ; celui d'été , ib. 916.
En hiver, gris cendré, plus brun sur le dos, ventre blanc; en été, tête, cou et poitrine roux, manteau brun tacheté de roux, dessous rayé de bandes brunes, rousses et blanches; queue toujours noire, liserée de blanc au bout.
Ces deux oiseaux ont le double de hauteur de la Bécasse. Leurs changements de plumage ont donné lieu à plusieurs multiplications d'espèces. Le
(1) Il paraît que Vieillot réserve le nom de Scolopax à cette subdivision, du moins si , comme je le crois , sa pi. 241 , représente cet oiseau ; mais elle est peu exacte. M. Leach eu fait son genre Macroramphds.
(2) Vieillot a adopté ce genre et ce nom , Gai. pi. 240.
(3) Scol. capensis y Gm. enl. 922, serait l'adulte; Scol. capensis, enl. 881, ou Rhynchœa variegata, Vieill. Gai. 240, le jeune, et enl. 270, un état intermédiaire. Le Chevalier vert , Briss. et Buff. {Rallus benghalensis, Gm.) , Albin , III , 90, est encore de ce genre , et ne paraît même pas difiFérer de la variété représ. enl. 922. A'^. B. Il n'y a que cette dernière planche qui représente bien le bec propre à ce petit sous-genre. Ajoutez une espèce bien distincte du Brésil : Rhynchœa hilarea, Val. Bullet. des se. de Férussac, 2« cahier.
(4) Vieillot a changé ce nom en Limiccla , Gai. 243.
(.5) Gmelin a fait de cet oiseau jeune une variété de l'espèce suivante , et cite la figure de Brisson , sous Scol. glottis, qui est un Chevalier. L'adulte est son Scol. laponica. Le Limosa Meycriy Leisl. et Temm. est cette espèce en plumage d'hiver , et Lim. rufa , la même en plumage d'été.
ô2f) OISEAUX.
dernier couvre en été les plaines de la Nord-Hollande. Son cri est très aiyre, comme celui d'une Chèvre (1 ).
Les Maubèches (Calidris, Cuv. ; Tringa, Temm.) (2)
Ont le bec déprimé au bout, et le sillon nasal très long, comme les barges, mais ce bec n'est généralement pas plus long que la tète ; leurs doigts, légèrement bordés , n'ont point de palmure entre leurs bases , et leur pouce est à peine assez long pour toucher à terre; leurs jambes, médiocrement hautes, et leur taille raccourcie, leur donnent un port plus lourd qu'aux Barges. Elles sont aussi beaucoup plus petites.
La Maubèche, Sandpiper et Canut, des Anglais. {Tringa grisea, Tr.cinerea et Tr. canutus. Gm.) enl. 366. Edw. cclxxvi. ^yils. VII, lvii, 2.
Dans son plumage d'hiver, elle est cendrée dessus, blanche dessous, tachetée de noirâtre devant le cou et la poitrine. Dans son plumage d'été (Tr. islandica, Gm., ou Tr. rufa, Wils. VII, lvh, 5), elle a le dessus tacheté de fauve et de noirâtre, le dessous roux. Le Tr. nœvia, enl. 305, est un état intermédiaire. Toujours les couvertures de la queue sont blanches, rayées de noirâtre et ses pennes grises. Presque de la taille d'une Bécassine.
La Maubèche noirâtre. {Tringa maritima. Brun.) Tr. nigricans. Montag. Trans, lin. IV, pi. ii, f. 2. Brit. zool. in loi. pi. c. 2, f. 1.
Un peu moindre que la précédente ; grise , à manteau noirâtre, onde de blanchâtre sur les ailes, à ventre blanchâtre. Elle est plus rare en France, mais commune sur les côtes de Hollande. Ne se repose que sur les pierres (5).
Les Sanderlings (Arenaria, Bechst., Calidris, Vigors.)
Ressemblent en tout aux Maubèches, excepté en ce seul point, qu'ils manquent tout à fait de pouce comme les Pluviers.
L'espèce connue {Charadrius calidris, Gm.), Briss. V, pi. xx, § 2; Vieill. Gai. 234, est en hiver grisâtre dessus, blanche dessous et au front, avec les ailes noirâtres, variées de blanc, Wils. VII, lix. A; en été, son dos est tacheté de fauve et de noir, et sa poitrine piquetée de noirâtre {Char, rubi-
rfM*),Wils.VII,LXUI,D(4).
Les Alouettes de mer (Pelidna, Cuv.)
Ne sont que de petites Maubèches à bec un peu plus long que la tête. La bordure de leurs pieds est insensible.
(1) Ajoutez Scol. fedoa , Lin. ; Wils. Am. VII , pi. LVi , 4 , ou la Barge marbrée ; — Limicula marmorata , Vieill. Gai. 243. — On pourrait distinguer le Scol. tcrek , ou Se. cincrea , Gmel. ; Guldenst. Nov. act. petrop. XIX , pi. xix , qui a le bec recourbé vers le haut et les pieds à demi palmés. Il conduit aux Avocettes.
(2) Calidris, oiseau cendré et tacheté, fréquentant les rivières et les bois , Arist. Brisson l'applique à la grande Maubèche.
(5) Ajoutez en espèces d'Europe : Tr. Tcmminkii f'Lelûer ., co\. 41 , 1 ; — Tr. minuta, Leisl.,Naum.21 ,f. 50. En esp. étrang. — T'r. /eMCoptem, Gm.; Lath. Syn. III, pi. lxxxii; — Tr. alboscens, Ternm. col. 41 , 1 ; — Tr. maculosa , Vieill. Dict. ; — Tr. jmsilla, Wils. pi. xxxvn, 4.
(4) Il a été confondu avec l'Alouette de mer en plumage d'hiver , autrement petite Maubèche, ou Tr. arenaria; Biisson , notamment, donne la description d'un oiseau et la figure de Tautie. Le Calidris triwjotdes, Vieill. Gai. 234, paraît une mauvaise figure de cet oiseau en plumage d'été.
ECIIASSIERS. 527
V Alouette de mer ou petite Maubèche ( Tringa cîncttts et alpina. )
jy\m tiers moindre que la grande Maubèche , est , comme elle, on hirer. cendrée dessus, blanche dessous, à poitrine nuagée de gris (Wils. Vil, Lvii, 5); en été, elle prend en dessus un plumage fauve, tacheté de noir ; de petites taches noires sur le devant du cou et la poitrine, et une plaque noire sous le ventre. C'est alors V Alouette de mer à collier, ou Tr. alpina, Gm., ou Tr. cinclus, B. enl. 852; Wils. Vil. lvi, 2. V Alouette de mer ordinaire {Tr. cinclus, L.), enl. 851, est un état intermédiaire (1).
Los CocoRLis ne dil'fèrent des Alouettes de mer que parce que leur bec est un peu arqué.
L'espèce connue {Scolopax subarcuata, Gm.; Numeniits africanus, Lath.), Naum. XXI, 1'. 28 et 20 ; f. 27, est, en hiver, noirâtre en dessus, ondée de prisàtre, et blanchâtre en dessous ; en été, elle a le dos tacheté de noir et de fauve, les ailes grises et le cou et le dessous dxi corps roux. On la rencontre partout mais toujours très rare.
Les Falcinelles (2)
Ont le bec un peu plus arqué que les Cocorlis, et de plus ils manquent de pouce.
On n'en connaît qu'un {Scol. pygmœa, L.), originaire d'Afrique, mais qui a été vu quelquefois en Europe.
Les COMRATTANTS (MaCHETES , CuV.) (5)
Sont de vraies Blavibèches par le port et par le bec ; seulement la palmure entre leurs doigts extérieurs est à peu près aussi considérable que dans les Chevaliers, les Barges, etc.
On n'en connaît qu'une espèce, Tringa pugnax. Lin. enl. 505, 506. Un peu plus petite qu'une Bécassine, célèbre par les combats furieux que les mâles se livrent au printemps , pour la possession des femelles. A celte époque, leur tète se couvre en partie de papilles rouges, leur cou se garnit d'une crinière épaisse de plumes si diversement arrangées et colorées, et saillantes en des sens si bizarres, que jamais on ne trouve deux individus semblables; et même avant et après cette époque, il y a tant de variété dans le plumage des Combattants , que les naturalistes en ont formé plusieurs espèces imaginaires (4). Ils ont toujours les pieds jaunâtres, ce qui, avec leur bec et leur demi-palmure externe, peut aider à les reconnaître. Cet oiseau, commun dans tout le nord de l'Europe, vient aussi sur nos côtes, surtout au printemps, mais il n'y niche pas.
Il y a en Amérique de petits oiseaux semblables aux Maubèches, à pieds demi-palmés par devant (les Hemipalma, Ch. Bonap.), Tringa semipalmata, Wils. Vil, Lxin, 4 ; Tringa brevirostris , Spix, xciii.
(1) Ici vient probablement Tringa macroptera , Spix, xcu.
(2) Vieillot a change ce nom en Erolia. On a eu tort de nier que cet oiseau manque de pouce.
(3) Mu"xv;7>;.: pugnator , r^Â/J^yo^- fuscus.
(4) Le Chevalier varié, Buff. Esp. IV; Biiss. V, pi. xvn, 2 {Tringa littorea , Lin.; Tringa ochropus , B. ; Littorea, Gm.) ; le Chevalier, proprement dit , Buff. Esp. II; Briss. V, pi. xvn, fig. 1, cité par Gm. sous Scol. calidris; la Maubèche, proprement dite,Briss. V, pi. xx,fig.l {Tringa calidris, Gm.); l'oiseau de Frisch, pi. 2-38, ne sont que des Combattants en divers états de plumage , et l'on pourrait en représenter encore beaucoup d'autres variétés.
Selon M. Meyer, le Tringa grenovicensis, Lath. est aussi un jeune Combattant.
C'est près des 3Iaubèches que paraît devoir être placé
L'EURINORINQUK (EuRINORHYNCHCS, WilsOIl.)
Qui s'en distingue par un bec déprimé, et élargi au bout, presque comme celui de la Spatule, et, dont la seule espèce connue {Platalea pygmea, L., Eurinorhynchus griseus, Wils.; Thunb. Acad. Suec. 1816, pi. vi), est une des plus rares qui existent, car on n'en connaît qu'un individu: gris dessus, blanc dessous, à peine de la taille d'une Alouette de mer.
Les Phalropes (Phalaropus, Briss.) (1)
Sont de petits oiseaux dont le bec, plus aplati que celui des Maubèches, a d'ailleurs les mêmes proportions et les mêmes sillons ; et dont les pieds ont leurs doigts bordés de très larges membranes comme ceux des Foulques.
L'espèce connue {Tringa lobata et Tr . fulicaria , L.) (2), Phalar. ful'icarius, Ch. Bonap.,
A le bec fort large pour cette famille. Elle est, en hiver, cendrée dessus, et blanchâtre dessous et à la tête, une bande noire à la nuque : c'est alors le Phal. gris {Tr. lobata), Edw. cccviii ; en été, elle devient noire, flambée de fauve dessus, roussâtre dessous ; il y a en tout temps une bande blanche sur l'aile qui est noirâtre. C'est alors le Phalaropus ru/us, Bechst. et Meyer; {Trlngafulicaria.h.), Edw. cxlii (3); Crymophile roux , Vieill. Gai. 270. Cet oiseau est rare en Europe.
Les Tourne-Pierres (Strepsilas , 111. ) (4)
Ont les jambes un peu basses, le bec court , et les doigts sans aucune palmure , comme les vraies Maubèches ; mais ce bec est conique , pointu , sans dépression , compression ni renflement; et la fosse nasale n'en passe pas la moitié. Le pouce touche très peu à terre. Leur bec, un peu plus fort et plus roide à proportion qu'aux précédents, leur aide à retourner les pierres pour chercher des vers dessous.
11 y en a une espèce à manteau varié de noir et de roux, à tête et venire blancs , à poitrail et joues noires , répandue dans les deux continents {Tringa interpres , L. enl. 856) , et une variée de gris et de brun , qui n'est peutêtre qu'un autre âge (enl. 504 et 857 ; Vieill. Gai. 237 (5).
Les Chevaliers ( Totanus , Cuv. ) (6)
Ont un bec grêle, rond, pointu , ferme, dont le sillon des narines ne passe pas la moitié de la longueur, et dont la mandibule supérieure s'arque un peu vers le bout. Leur taille est légère et leurs jambes élevées; leur pouce touche très peu à terre ; leur palmure externe est bien marquée. Les espèces se retrouvent chacune presque par tout le globe.
(1) Vieillot a changé ce nom en Cryinophi/le, Gai. pi. 270.
(2) M. Bleyer confond mal à propos cet oiseau , Edw. 308 , avec le Tringa hyperborea , et le Tr. fiisca , qui ont des becs de Chevalier , et dont nous faisons les Lobipèdes.
(ô) Gmelin a fait une autre confusion en citant cet oiseau comme une variété sous Y Hyperborea .
(4) Vieillot a changé ce nom en celui d'AnENABiA, Gai. pi. 237.
(5) Voyez aussi Edw. 141; Naum. Suppl. 62, f. 118; W^ils. Am. VII, lvii, 2. Le Cheralicr varié, enl. 300, que M. Meyer rapporte au Touinepierre, n'est qu'un Combattant.
(6) Totano , nom vénitien d'une Barge ou d'un Chevalier.
ECHASSIERS Ô29
IjG Chevalier aux pieds verts {Scol. Gloltis. L. ) Albin , II, 69. Aldrov. Ornilh. III, 535. Brit, Zool. pi. c , 1.
Aussi grand qu'une Barge; à bec gros et fort , cendré-brun dessus et aux côtés ; à bordures des plumes pointillées de brun ; à ventre et croupion blancs; à queue bariolée de raies étroites et irrégnliéres , grises et blanches ; à pieds verts. En été , il prend des taches brunes au cou et à la poitrine ; hiver, il est blanc sous tout le corps. C'est le plus grand de nos Chevaliers d'Europe.
Le Chevalier noir {Barge brune. BuCf. enl. 875. Scolopax Fusca. L, Frisch. 236. ) (1).
Svelte comme une Barge; en été brun noirâtre dessus, ardoisé dessous , à plumes liserées ou piquetées au bord de blanchâtre ; croupion blanc ; queue rayée de brun et de blanc: deux caractères qui se retrouvent plus ou moins dans tous nos Chevaliers ; pieds d'un brun rougeâtre : en hiver il devient blanc à la poitrine et au ventre, presque cendré dessus, avec les pieds rouges. C'est alors le grand Chevalier aux pieds rouges ( Scol. calidris ; L. ) , enl. 876 (2).
Le Chevalier aux pieds rouges ou Gambette ( Tringa gambetta. Gm. ) enl. 845. Frisch. 240. Naum. 9, f. 9.
En été , brun dessus , avec des taches noires et quelque peu de blanches aux bords des plumes, blanc dessous avec mouchetures brunes, surtout au cou et à la poitrine ; pieds rouges; de nombreuses raies brunes et blanches sur la queue. En hiver, ses mouchetures sont presque eifacées, et son manteau est d'un gris brun presque uniforme ; c'est alors la fig. enl. 827. Sa taille est d'un quart moindre que celle du précédent.
Le Chevalier à longs pieds. Bonelli. ( Totanus stagnatilis. Bechst. )
Un peu moindre que la Gambette, mais à jambes encore plus hautes et plus grêles ; en été , son dos est brun avec des taches irrégulières noires , son ventre blanc , et il a des mouchetures brunes sous le cou et la poitrine ; en hiver son manteau devient gris uniforme, et le dessous de son corps blanc. Les rayures de sa queue sont irrégulières et parallèles aux bords.
Le Bécasseau ou Cul-blanc de rivière { Tringa ochropus. L. ) enl. 845.
Noirâtre-bronzé dessus , le bord des plumes piqueté de blanchâtre , blanc dessous, moucheté de gris au-devant du cou et aux côtés; trois bandes noires seulement sur la moitié inférieure de la queue ; les pieds verdâtres ; encore plus petit que les deux précédents. C'est un bon gibier, commun aux bords de nos ruisseaux, quoiqu'il y vive assez solitaire.
Le Bécasseau des bois ( Tringa glareola , Gm.)
Diffère surtout de celui de rivière , parce qu'il a sept à huit rayures uoiràtres , sur toute la longueur de la queue. Les taches pâles de son dos sont
(1) Selon M. Meyer,les Scol.curonica et cantahrigicnsis , et le Tringa atra, Gm, doivent se rapporter à cet oiseau. Les deux premiers sont des jeunes.
(2) Sous le faux nom de Bar{»e grise.
plus larges. En hiver, les mouchetures de son cou et de sa poitrine s'effacent presque enliérement.
La Guiynette. {Tringa hrpolevcos. L.) enl. 850. Tôt. macularius.
Wils. VII,LIX,1,2.
Le plus petit de nos Chevaliers ; de la taille de TAlouette de mer ; brun verdâlre-bronzé dessus , avec des traits transverses , fauves et noirs sur l'aile; devant et dessous blancs; le croupion et les pennes moyennes de la queue de la couleur du dos , les latérales seules rayées de blanc et de noir comme aux autres Chevaliers. Jeune, la Guinguette a un liseré fauve clair aux plumes du dos, et aux petites couvertures de Taile; elle vit comme le Bécasseau , et dans les mêmes lieux.
Parmi les Chevaliers étrangers, il faut surtout remarquer l'espèce à gros bec et à pieds demi palmés de l'Amérique septentrionale {Scopolax semipalmata, L., Encycl. méth. pi. d'orn. pi. lxxi , fig.; Wils. Vil . lvi, 5). presque aussi grande que notre première espèce ; à bec plus court et plus gros ; à plumage gris-brun dessus , blanchâtre dessous , moucheté de brunâtre au cou et à la poitrine ; à doigts bien bordés ; à palmures presque égales et considérables (1).
Les LoBiPÈDES ( LoBiPES , Cuv. ) (2) ,
Que nous croyons devoir séparer des Phalaropes, dont ils ont les pieds , s'en distinguent par leur bec , qui est celui d'un Chevalier; tel est
Le Lobipède à hausse-col ( Tringa hyperborea. L. ) enl. 766. dont Tringa fusca , Edw. 46 , est probablement la femelle ou le jeune.
Ce petit oiseau gris dessus , blanc dessous , teinté de roux aux scapulaires, a autour de sa gorge blanche, un large hausse-col roux (5).
Les EcHASSEs (HiMANTOPus (4) , Briss. )
Ont le bec rond , grêle et pointu , plus encore que les Chevaliers ; le sillon des narines n'en occupe que moitié. Ce qui les distingue et leur a donné leur
(1) M. Ch. Bonap. fait sur ce caractère son sous-genre Catoptuopiiorus. Ajoutez aux Chevaliers ordinaires Tôt. speculiferus , assez semblable au SeniijjahitatuSjinais plus haut sur jambes, à bec plus long et à pieds ordinaires; — Tôt. vociferus, Wils. VII, Lviii, 5, ou Tôt. viela?tolcucos, Orn. ib. ;—Tot. flavipcs , Wils. Lvni, 4 ; — Tôt. solilarius , {Tôt. (jlareolus, Wils.) VII, lviii, 3.
Le Tôt. hartramius , Wils. VII , lis, 2, a le bec plus court à proportion que les autres espèces, mais du reste il en a tous les caractères.
N, B.Ce genre des Chevaliers, mêlé par Buffon de plusieurs variétés de Combattants , a été dispersé par Linnœus dans ses deux genres Scolojmx et Tringa, sans aucun motif. Buffon en a mis deux espèces parmi les Barges. Cette confusion n'est pas encore entièrement débrouillée, parce que je n'ai pas pu observer toutes les espèces étrangères. Il est aisé de voir cependant qu'après mes déterminations, je n'ai pas dû conserver le genre Atites d'illiger. .
On doit encore remarquer que les descriptions les plus exactes ne peuvent iaire distinguer sîirement les espèces, tant que l'on n'aura pas sépaié, d'après les formes du bec uidiquées ci-dessus , mes Chevaliers de mes Maubèches et de mes Barges. C'est ce qui m'a empêehé de donner complètement la synonymie de Bechstein et de Meyer.
(2) Vieillot , par affectation de changement , a laissé à ceux-ci le nom de Phalaropes.
{Z) A\outez Pkalarop us fretiat us ;\iei\\. Gai. pi. 271, ou PhalarojJe liseré , Temm. col. 270; Wils. Âm. IX , pi. Lxni, f. ô? C'est le sous-genre Holopodius, Ch. Bonap.
(4) llimantopus , pieds en forme de cordon (à cause de leur faiblesse) : c'est le nom de cet oiseau dans Pline.
ECHASSIERS. 531
nom, ce sont leurs jambes excessivement grêles et hautes, réticulées et destituées de pouces, dont les os sont si faibles, qu'ils rendent leur marche pénible.
On n'en connaît en Europe qu'une espèce : blanche , à calotte et manteau noirs; à longs pieds rouges {Chavadrius himantopus , L. enl. 878); elle est assez rare, et ses mœurs sont peu connues (1). On ne peut guère placer qu'ici
Les AvocETTES, (Recurvikostra. L.)
Quoique leurs pieds, palmés à peu près jusqu'au bout des doigts, puissent presque les faire considérer comme des oiseaux nageurs ; mais leurs tarses élevés, leurs jambes à moitié nues, leur bec long , grêle , pointu, lisse et élastique, et le genre de vie qui résulte de cette conformation, tendent également à les rapprocher des Bécasses. Ce qui les caractérise et les distingue même de tous les oiseaux , c'est la forte courbure de leur bec vers le haut. Leurs jambes sont réticulées et leur pouce beaucoup trop court pour toucher à terre.
L'espèce d'Europe {Recurvirostra avocetta , L.) , enl. 555, est blanche avec une calotte et trois bandes à l'aile noires , et des pieds plombés ; c'est un joli oiseau, d'une taille élancée, qui fréquente les bords de la mer en hiver. L'espèce d'Amérique (R. americana , Wils. Vil, lxiii, 2; Leach , Zoolog. Miscell., pi. 101), en diffère par un capuchon roux.
Il y en a sur les côtes de la mer des Indes une troisième toute blanche , à ailes toutes noires, à pieds rouges {R. orientalis , Nob.) (2).
La famille
Des Macrodactyles
A les doigts des pieds fort longs et propres à marcher sur les herbes des marais, ou même à nager, surtout dans les espèces nombreuses qui les ont bordés. Cependant il n'y a pas de membranes entre les bases de leurs doigts , pas même entre celles des externes. Le bec, plus ou moins comprimé par les côtés, s'alonge ou se raccourcit selon les genres, sans arriver jamais à la minceur ni à la faiblesse de celui de la famille précédente. Leur corps est aussi singulièrement comprimé , conformation déterminée par letroitesse du sternum; leurs ailes sont médiocres ou courtes, et leur vol faible. Ils ont tous un pouce assez long.
On les a divisés en deux tribus, selon que leurs ailes sont armées ou non ; mais ce caractère souffre des exceptions.
(1) Ajoutez Him. nujticolUs , Wils. Aiiiur. Vil, pi. lvhi, 2, et Vleill. Gai. pi. 229.
(2) Vieillot a changé ce nom en Rccnrvir. leucoccjihala , Gai. pi. 272.
Les Jacanas, Briss. (Parra, Lin.) (1)
Se distinguent beaucoup des autres Échassiers par des pieds à quatre doigts très longs, séparés jusqu'à leur racine, et dont les ongles, surtout celui du pouce, sont aussi très longs et très pointus, ce qui les a fait nommer vulgairement Chirurgiens. Leur bec est assez semblable à celui des Vanneaux par sa longueur médiocre et le léger renflement de son bout, et leur aile est armée d'un éperon. Ce sont des oiseaux criards et querelleurs, qui vivent dans les marais des pays chauds, y marchant aisément sur les herbes, au moyen de leurs longs doigts.
L'Amérique en nourrit quelques espèces qui ont sur la base du bec une membraue nue , couchée et recouvrant une partie du front.
Le Jacana commun {Parra jacana, L. ) enl. 322.
Noir, à manteau roux; les premières pennes des ailes vertes; des barbillons charnus sous le bec. C'est le plus commun dans toutes les parties chaudes de l'Amérique. Il a des aiguillons très pointus (2). 11 y en a aussi quelques espèces en Asie, tel est ;
Le Jacana bronzé. {Parra œnea.) (5)
A corps noir, changeant en bleu et en violet; à manteau vert bronzé; à croupion et queue roux-sanguins ; à pennes antérieures de l'aile vertes ; luie raie blanche derrière l'œil. Ses aiguillons sont mousses et petits.
On en a découvert en Orient qui manquent de cette membrane , et qui se font d'ailleurs remarquer par des singularités dans les proportions de leurs pennes.
Le Jacana à longue queue. {Parra chînensis.) Encycl. Méth. Orn. pi. 61, f. 1 ; Vieill. Gai. 265.
Brun, à tête, gorge, devant du cou et couverture des ailes blancs; le derrière du cou garni de plumes soyeuses, d'un jaune doré, un petit appendice pédicule au bout de quelques-unes des pennes des ailes ; quatre des pennes de la queue noires et plus longues que le corps. Le Chirurgien de Lucon de Sonnerat {Parra luzontensis) n'est que son jeune âge : outre quelques différences de couleur, il n'a pas encore de longue queue.
Il y en a aussi en Orient qui ont une crête et point d'éperon aux ailes , P . gallinacea , Tem. 464.
Les Kamichi ( Palamedea , L. )
Beprésentent , à beaucoup d'égards, les Jacanas , mais en très grand , par
(1) Jacana ou Jahana est proprement, au Bre'sil , le'nom des Poules d'eau. On y nomme les Chirurgiens Jqitapiiazos , parce qu'ils marchent sur les herbes aquatiques nommées Jquape (d'Azî.). Peut-être est-ce par une faute de copiste que l'un d'eux est nommé Aguapeccaca dans Margrav.
Parra est le nom latin d'un oiseau inconnu.
(2) Le J. varié {P. variabilù) , enl. 846 , n'est que le jeune âge du commun. Le P. hrasiliensis, et le P. nigra n'existent que sur l'autorité un peu équivoque de Margrav. Le P. viridis. qui no repose aussi que sur la description de Margrav , me paraît , par cette description même, être une Talève. Le P. africana de Lath. diffère à peine. Pour le P. chavaria , voyez ci-dessous l'article du Kamichi.
(3) Vieillot a changé ce nom spécifique en Melanochloris , Gai. 204. C'est aussi \cParra superctUosa , Horfs. Jav.
ECIIASSIERS. 335
les deux forts ergots qu'ils portent à chaque aile , par leurs longs doigts et par leurs ongles forts , surtout celui du pouce , qui est long et droit comme aux Alouettes ; mais leur bec , peu fendu , est peu comprimé , non renflé , et sa mandibule supérieure légèrement arquée. Leurs jambes sont réticulées.
L'espèce connue { Palamedea cornuta , L.), enl. 451, Vieill. Gai. 261 , {Jnhhna au Brésil, Caniouche à Cayenne, elc. ) est plus grande que TOie ; noirâtre avec une tache rousse à Tépaule ; le sommet de sa tète porte un ornement singulier, c'est une longue tige cornée, mince et mobile. Ses doigts n'ont point de palmure. Cet oiseau se tient dans les lieux inondés de l'Amérique méridionale, et fait entendre de loin les éclats d'une voix très forte. Il vit par paires avec beaucoup de fidélité. On a dit qu'il chassait aux reptiles ; mais quoique son estomac soit peu musculeux , il ne se nourrit guère que d'herbes et de graines aquatiques (1).
On a fait un genre distinct
Du Chaïa du Paraguai, d'Azz. (Chauna, d'illiger) (2) ; Parra chavaria , L. col. 219; Vieill. Gai. 267,
Qui n'a point de corne sur le vertex, et dont l'occiput est orné d'un cercle de plumes qui peuvent se relever. Sa tête et le haut de son cou ne sont revêtus que de duvet , et il a un collier noir. Le reste de son plumage est plombé et noirâtre , avec une tache blanche au fouet de l'aile et une autre sur la base de quelques grandes pennes. Il y a une palmure assez marquée entre ses doigts externes. Il mange surtout des herbes aquatiques , et les Indiens de Carthagène en élèvent quelques individus dans leurs troupeaux d'Oies et de Poules , parce qu'on le dit fort courageux et capable de repousser même le Vautour. Un phénomène singulier, c'est que sa peau , même celle de ses jambes, est enflée ; par l'air interposé entre elle et la chair; elle craque sous le doigt.
C'est près des Kamichis que nous croyons devoir placer, quoiqu'ils n'aient presque pas de nu à la jambe (3),
Les Megapodes (Megapodius. )
C'est un genre nouvellement découvert à la Nouvelle-Guinée ; à bec voûté , un peu comprimé , dont les narines membraneuses prennent près de moitié ; à jambes fortes assez hautes , écussonnées; à pouces et doigts longs, terminés par de grands ongles un peu plats ; ils ont la queue courte, du nu autour de l'œil , et leur poignet offre un petit tubercule, premier et léger vestige de l'éperon des Kamichis. Leur pajmure est très courte entre les doigts externes, et un peu plus grande entre les internes. Ces oiseaux pondent des œufs d'une grandeur disproportionnée à leur taille.
Il y en a une espèce huppée presque comme le Chavaria (le Megap. Duperrey , Less. et Garn., Voy. de Duperr. Zool. pi. 37); deux autres (les M. de Freycinet et de Lapeyrouse , Quoy et Gaym., Voy. de Freyc. pi. 28 et 27, et col. 220) n'ont point de huppe (4). Une quatrième , plus petite
(1) Bajon, Mém. sur Cayenne, II, 284.
(2)|VieiIlot a changé ce nom en Opistholopuus.
(5) Le Raie de Genest n'a non plus presque aucune partie de la jambe nue.
(4) Le Mégap. Dupenei/ se nomme Tatou à Manille. Quoique égalant à peine la Pcr-
(VJleclclie de Burville , Voy. de Dup. , pi. 38), paraît n'avoir point de queue.
Dans la tribu dont les ailes ne sont point armées , Linnaeus comprend, sous le genre Fulica , ceux dont le bec se prolonge en une sorte d ecusson qui recouvre le front ; et sous le genre Rallus, ceux qui n'ont point cette particularité.
Les Raies (Rallus. L.)
Qui d'ailleurs se ressemblent beaucoup entre eux , présentent des becs de proportions très différentes.
Parmi les espèces qui Tont plus long ( Rallus , Bechst. ) , on compte Le Raie d'eau d'Europe. (Rallus aquaticus. L. ) eul. 749. Naum. 20, f. 41.
Brun-fauve , tacheté de noirâtre dessus, cendré bleuâtre dessous ; à flancs rayés de noir et de blanc 5 commun sur nos ruisseaux et nos étangs , où il nage assez bien , et court légèrement sur les feuilles des herbes aquatiques ; se nourrissant de petites Crevettes; sa chair sent le marais (1). D'autres espèces (Crex, Bechstein) ont le bec plus court. On y range
Le Raie de genêts, vulg. Roi des Cailles. ( Rallus crex, L. ) enl. 750. Frisch. 212,B. Naum. 5,f. 5.
Brun-fauve, tacheté de noirâtre dessus , grisâtre dessous ; à flancs rayés de noirâtre; à ailes rousses. Il vit et niche dans les champs , y courant dans l'herbe avec beaucoup de vitesse. Son nom latin Crex est l'expression de son cri. On l'a appelé roi des Cailles , parce qu'il arrive et part avec elles , et vit solitaire dans les mêmes terrains, ce qui a fait croire qu'il les conduisait. Il se nourrit de graines aussi bien que d'insectes et de vermisseaux.
La Marouette ou petit Raie tacheté (Rallus porzana. L.) enl. 751. Frisch. 211. Naum. 31. f. 42.
Brun foncé, piqueté de blanc; à flancs rayés de blanchâtre ; elle se tient près des étangs , fait avec du jonc un nid en forme de nacelle , qu'elle attache à quelque tige de roseau ; nage et plonge fort bien , et ne quitte notre pays que dans le fort de l'hiver (2).
drix, il pond un œuf presque aussi grand que celui d'une Oie. Nous devons cette observation à M. Dussumier. Aj. le Mégap. à pieds ronges, col. 411.
(1) Il y en a au Cap une espèce ou variété , Rallus cœridescens , Cuv. , qni a seulement les raies blanches et noires de l'abdomen plus étendues. Ajoutez en Ralles d'eau : Rallus Virginia mis , Edw. 729; Wils. lxu; — Crepitans, ib. 2; — Longirostris , enl. 849; — f^ariegatus , enl. 775; — Philippensis, enl. 774; — Torquatus ; — Slriutus ; — le Fulica cayennensis , qui est un vrai Raie, enl. ô52, aussi bien que les Gallinula gigas, Spix, xcix; — Sarracura, id. xcvui; — M angle , id. xcvn ; — Ruficeps , id. xcvi , et Caria, id. xcv. — Le Rallus fuscus, enl. 775, commence à avoir un bec plus court.
(2) Nous avons encore en Europe deux Raies à bec court, inférieurs à la Blarouette , R. Baillioni, Vieillot , Dict. , et R. pusillus, Naum, 32, f. 43. Parmi ces Raies à bec court, peuvent se ranger les Rallus cayennensis, enl. 753 et ûG8; — Miuutus, enl. 847; — Jamaiccnsis, Edw. 278 ; — Norehoracensis , Vieill. Gai. 266 ; — Nigro-lateralis , Licbtenst; — Carolinus , Edw. 144; Wils. 1-^8, 2; — Gallinula eurizona, T. col. 417; — G. rubiginosa , id. col. 387.
Le Rallus bcngnknsis . Cm., est une Rhynchéc.
ECHASSIERS. 535
Le genre
FCLICA, L.,
Peut se subdiviser comme il suit, d'après la forme de son bec et les garnitures de ses pieds.
Les Poules d'eau ( Gallinula , Briss. et Lath. )
Ont le bec à peu près comme le Raie de terre , dont elles se distinguent par la plaque du front, et par des doigts fort longs, munis d'une bordure très étroite.
La Poule d'eau cojnmitne {Ful'ica chloropus. L. ) enl. 877. Frisch. 209 Naum. 29, f. 38.
Brun foncé dessus, gris d'ardoise dessous, avec du blanc aux cuisses, le long du milieu du bas-ventre et au bord extérieur de l'aile. Les jeunes ( Fulica fusca , Gm.), Poulette d'eau, Buff. , sont plus claires, elles ont la plaque frontale plus grande (1).
Les Talèves ou Poules Sultanes (Porphyrio , Briss. )
Ont le bec plus baut relativement à sa longueur, les doigts très lonps , presque sans bordure sensible, et la plaque frontale considérable, tantôt arrondie , tantôt carrée dans le haut. Elles se tiennent sur un pied en portant de l'autre les aliments au bec. Leurs couleurs sont généralement de belles nuances de violet , de bleu et d'aigue-marine. Telle est
La Poule sultane ordinaire {Fulîca poiyhyrio ,h.) Edw. 87.
Bel oiseau d'Afrique, naturalisé aujourd'hui dans plusieurs îles et côtes de la Méditerranée. Sa beauté pourrait faire l'ornement de nos parcs (2). îlnfin ,
Les Foulques proprement dites ou Morelles (Fuhca , Briss. )
Joignent à un bec court et à une plaque frontale considérable des doipls fort élargis par une bordure festonnée, qui en font d'excellents nageurs; aussi passent-elles toute leur vie sur les marais et les étangs. Leur phimape lustré ne s'accommode pas moins que leur conformation à ce genre de demeure, et ces oiseaux établissent une liaison marquée entre l'ordre des oiseaux de rivape et celui des palmipèdes.
Nous n'en avons qu'un ,
1 Foulque ou Morelle à Gm.)enl. 1
De couleur foncée d'ardoise ; à plaque du front et bord des ailes de cou-
(t) La Poule d'eau ardoisée de l'Inde , Vieill. Gai. 268 ; diffère à peine de la commune ;
— la P. d'eau tachetée ou Grinette , F. nœvi'a, Alb. II, 73, n'est qu'un jeune Raie de genêts. Aj. la P. d'eau des Itides, Balhts jjhœnicurus , enl. 896.
(2) Les Fulica mandata, flavipes, et Fistulans, ne reposent originairement que sur de mauvaises figures données par Gesner, d'après les dessins qui lui avaient été envoyés. Mais les Fulica inartinica et flavirostris sont de vraies Talèves. Le Martinica est dans \ieill. Gai. 267. Ajoutez la Talère à manteau tert {Porph. sniaragnotus , T.) , enl. 910;
— la Z*. à manteau noir {Porph. melanotos , T.) ; — la 7^. meunier {Porph, pulverulenlus. T.), col. 405; — la 7\ émeraudine {Porph. smaragdinus , T.), col. 421; — la T. blanche {Porph. albus, L.), Philip. Voy. à Bot. Bay , p. 273; J. White, p. 238.
La Foulque ou Morelle d'Europe { Fulica atra , F. aterrima , et F. œthiops. Gm.) enl. 197. Frisch. 208. Naum. 50. , f. 40.
leur blanche; la plaque devient rouge au temps de l'amour : commun partout où il y a des étangs (1).
Nous terminerons ce tableau des Echassiers par trois genres qu'il est difficile d'associer à d'autres, et que l'on peut considérer comme formant séparément de petites familles.
Les Vaginales (Chioivis. Forster. Vaginalis. Lath. )
Leurs jambes sont courtes , presque comme dans les gallinacés , leurs tarses écussonnés , leur bec gros et conique , et sur la base est une enveloppe de substance dure , qui paraît pouvoir se soulever et se rabaisser.
On n'en connaît qu'une espèce de la Nouvelle-Hollande (f^ox- Chionh , Lalh. 111, pi. 89; Chion's necrophwja, Vieil!. Gai. 258), de la taille d'une Perdrix; à plumage entièrement blanc. Elle se tient sur les bords de la mer, où elle vit des animaux morts que les flots rejettent sur le rivage.
Les GiAROLES ou Perdrix de Mer. (Glareola. Gm.)
Leur bec est court , conique , arqué tout entier, assez fendu , et ressemblant à celui d'un Gallinacé. Leurs ailes excessivement longues et pointues, leur queue souvent fourchue , rappellent le vol de l'Hirondelle (2) ou des Palmipèdes de haute mer; leurs jambes sont de hauteur médiocre, leurs tarses écussonnés, leurs doigts externes un peu palmés , et leur pouce touche la terre. Elles volent en troupes et en criant aux bords des eaux. Les vers et les insectes aquatiques font leur nourriture.
L'espèce d'Europe {Glareola austriaca , Gm.), enl. 882; Glareola pratincola , Leach. Traiis. lin. Xlll , pi. xii ; Naum. 29- f . 59 , est brune dessus, blanche dessous et au croupion ; sa gorge est entourée d'un cercle noir ; la base de son bec et ses pieds sont rougeâtres. Il paraît qu'on la trouve dans tout le nord de l'ancien monde (5).
Notre dernier genre sera celui des
Flammaivis ( Phoenicopterus. L.)
L'un des plus extraordinaires et des plus isolés parmi tous les oiseaux. Leurs jambes , d'une hauteur excessive , ont les trois doigts de devant palmés jusqu'au bout, et celui de derrière extrêmement court ; leur cou , non moins grêle ni moins long que leurs jambes, et leur petite tête, portent un bec dont la mandibule inférieure est un ovale ployé longitudinalement en canal demi cylindrique , tandis que la supérieure , oblongue et plate , est ployée en travers dans son milieu pour joindre l'autre exactement. La fosse membraneuse des narines occupe presque tout le côté de la partie qui est
(i) Ajoutez la Foulque de Madagascar {Fui. cristata , Gm.) , enl. 797; Vieill. Gai. 269.
(2) I^innœus (Edit. XII) avait même rangé l'espèce commune dans le genre Hirundo, sous le nom à^ H ir. pratincola.
(ô) Glareola nœvia , Gm., est le jeune de l'espèce commune. Foycz Leach, Trans. lin. XIII , pi. 12 , f. 2. Ajoutez Glar. australis , Leach , loc. cit. pi. 14, ou Glar. isahdla, Vieill. Gai. 2(iô ; — Glar. orientait s , Leach , pi. lô; — Glar. lacfea, Temm. col. 399.
PALMIPEDES. ÔÔ7
derrière le pli transversal , et les narines elles-mêmes sont une fente longitudinale du bas de la fosse. Les bords des deux mandibules sont garnis de petites lames transversales , très fines , ce qui , joint à l'épaisseur charnue de la langue , donne à ces oiseaux quelque rapport avec les canards. On pourrait même placer les flammants parmi les palmipèdes, sans la hauteur de leurs tarses et la nudité de leurs jambes. Ils vivent de coquillages, d'insectes, d'œufs de poissons, qu'ils pèchent an moyen de leur long cou, et en retournant leur tête pour employer avec avantage le crochet de leur bec supérieur. Ils font dans les marais un nid de terre élevé, où ils se mettent à cheval pour couver leurs œufs, parce que leurs longues jambes les empêchent de s'y prendre autrement.
L'espèce commune {Phœ?iicopteri/s ruber) , enl. 68 , est haute de trois et quatre pieds. Cendrée, à mèches brunes la première année , elle prend du rose aux ailes la seconde , et devient pour toujours , la troisième , d'un rouge pourpré sur le dos, rose sur les ailes. Les pennes des ailes sont noires ; le bec jaune et noir au bout , les pieds bruns.
Cette espèce est répandue sur tout l'ancien continent , au-dessous de 40». On en voit des troupes nombreuses, chaque année, sur nos côtes méridionales; elles remontent quelquefois jusque vers le Rhin.
M. Temminck pense que le Flammant d'Amérique , tout entier d'un rouge vif, Wils. Am. VIII, 66, et Catesb. 73, diffère de celui de l'ancien monde (1).