‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 69 sur 105 · SIXIEME ORDRE DES OISEAUX · texte numérisé non relu

SIXIEME ORDRE DES OISEAUX

LES PALMIPEDES.

Leurs pieds, faits pour la natation, c'est-à-dire implantés à l'arrière du corps , portés sur des tarses courts et comprimés , et palmés entre les doigts, les caractérisent. Un plumage serré, lustré, imbibé d'un suc huileux, garni , près de la peau , d'un duvet épais, les garantit contre l'eau, sur laquelle ils vivent. Ce sont aussi les seuls oiseaux où le cou dépasse , et quelquefois de beaucoup, la longueur des pieds, parce qu'en nageant à la surface ils ont souvent à chercher dans la profondeur. Leur sternum est très long , garantissant bien la plus grande partie de leurs viscères, et n'ayant de chaque côté qu'une échancrure ou un trou ovale garni de membranes. Ils ont généralement le gésier musculeux , les cœcums longs et le larynx inférieur simple, mais renflé dans une famille en capsules cartilagineuses.

Cet ordre se laisse assez nettement diviser en quatre familles.

(1) h.']o\\\(ii\e petit Phénicoptère , d'Amer. . Geoff. ; Phœnic. iiiiiior. Vieill. Gai. pi. 27ô, le jeune ; ou Flavi. pygniée , Temm. col. 419, l'adulte.

Nous le commencerons par celle

Des Plongeurs ou Brachyptères

Dont luie partie a quelques lappoiis extérieurs avec celle des poules d'eau ;^ les jambes implantées plus en arrière que dans tous les autres oiseaux , leur rendent la marche pénible, et les obligent à se tenir à terre dans une position verticale. Comme d'ailleurs la plupart sont mauvais voiliers, et que plusieurs ne peuvent même point voler du tout , à cause de l'excessive brièveté de leurs ailes , on peut les regarder comme presque exclusivement attachés à la surface des eaux ; aussi leur plumage est-il des plus serrés ; souvent même offre-t il une suiface lisse et un éclat argenté. Ils nagent sous l'eau en s'aidant de leurs ailes , presque comme de nageoires. Leur gésier est assez musculeux , leurs cœcums médiocres ; ils ont un muscle propre, de chaque côté, à leur larynx inférieur.

Parmi ces oiseaux, le genre des

Plongeons (Colymbi's- L. ) (1)

IN'a pour caractère particulier qu'un bec lisse, droit, comprimé, pointu, et des narines linéaires; mais la différence de ses pieds l'a fait subdiviser.

Les Grèbes , Briss. (Podiceps, Latli. ; ColymbuS; Briss. et llliger) ,

Ont . au lieu de vraies palmures, les doigts élargis comme dans les foulques et les antérieurs réunis seidement à leur base par des membranes. L'ongle du milieu est aplati , le tarse fortement comprimé. L'éclat demi métallique de leur plumage l'a souvent fait employer comme fourrure. Leur tibia , ainsi que celui du sous-genre suivant , se prolonge vers le haut en une pointe qui donne des insertions plus efficaces aux extenseurs de la jambe.

Ces oiseaux vivent sur les lacs et les étangs, et nichent dans les joncs. Il paraît qu'ils portent, dans certaines circonstances, leurs petits sous leurs ailes. Leur taille et leur plumage changent tellement avec l'.àge que les naturalistes en ont trop multiplié les espèces. M. Meyer réduit celles d'Europe à quatre.

Le Grèbe Iwppé. {Col. cristatus. Cm. enl. 400 et 941) Frisch. 183. Naum. 69. f. 106. Col. t/rinator. Gm., enl. 941. Edw. 56.

Grand comme un Canard ; brun-noir dessus , blanc d'argent dessous ; une bande blanche sur faile ; avec fàge il prend une double huppe noire , et les adultes ont de plus une large collerette rousse, bordée de noir, au haut du col.

Le Grèbe cornu. ( Col. cornutus. Enl. 404, 2. Col. obsciirus. Enl. 942 , et Col. caspicus. Gm.) Viedl. Gai. 281 Edxy. 145.

Semblable au précédent pour la forme, maisla collerette de l'adulte est noire; les huppes et le devant du col sont roux. Sa taille est d'ailleurs bien moindre.

(1) Colymbus, nom grec de ces oiseaux.

PALMIPEDES. 339

Le Grèbe à joues grises { Col. sitbcristatus , et le jeune àf[e , C.parolis et ritbricollis, enl, 951 ; Lath. Supp. 1 , 118 ; Naum. 20 , i". 107 ) ,

A aussi le devant du cou roux . mais les huppes de l'adulte sont petites et noires; sa collerette est très courte et grise. Sa taille le place entre les deux précédents.

lue petit Grèbe ou Caslagneux. {Col. minor. Gm.) enl. 905.

Grand comme une Caille, n'a jamais de crête ni de collerette; son plumage est brun , plus ou moins nuancé de roux , excepté à la poitrine et au ventre , où il est gris argenté. Les jeunes ont la gorge blanche (1).

Les Grébifoulquf.s , Buff. (Heliornis . Bonnaterre; Podoa. Illig.) ,

Ont les pieds lobés comme les Foulques et les Grèbes , mais leur queue est plus développée que dans les uns et les autres , et leurs ongles plus aigus (2).

Les Plongeons proprement dits (3Ieegus , Briss. (3); Colymbcs , Lalh. ; EuDYTEs , Illiger,

Ont, avec toutes les l'ormes des Grèbes, les pieds des palmipèdes ordinaires; c'est-à-dire les doigts antérieurs unis jusqu'au bout par des membranes, et terminés par des ongles pointus. Ce sont des oiseaux du nord , qui nichent rarement chez nous , et nous arrivent en hiver. Alors nous voyons quelquefois sur nos côtes

Le grand Plongeon (Col. glacialis , L.) enl. 952, et Col. immer., Gm.; Wils. Am. IX, Lxxiv, 3; Naum. 66 , 1". 103 ,

Dontradulte, long de deux pieds et demi, a la tête et le cou noirs, changeant en vert avec un collier blanchâtre; le dos brun-noirâtre , piqueté de blanchâtre, et le dessous blanc. Sa mandibule inférieure, un peu recourbée vers le haut, a un sillon en dessous. Les jeunes. Col. immer., Gm. ; Briss. VI , X, 1 , qui viennent plus souvent sur nos eaux douces , varient diversement pour le plus ou moins de noir du cou, et le gris ou le brun du dos , ce qui , joint à leur moindre taille , a fait multiplier les espèces.

On en distingue

Le Liimme {Col. arc lie us , Jj.) , Edw. 146. Naum. Supp. 30 f. 60, et le jeune, enl. 914 ,

Qui est un peu moindre , et a le dessus du cou cendré el la mandibule inférieure droite et sans sillon. Le jeune ressemble beaucoup à celui du précédent.

(1) Ajoutez le Gr. de la Caroline , {Pod. carolinensis , Lath.) , Catesb. 1 , 91 . enl. 943 ; — le Gr. aux belles joues {Pod. kalipareus , Less. et Garn.), Voyage de la Coq., Zool. n" 45 ; — le Gr. Rolland {Pod. RoUandi , Quoy ctGaym. , Voy. de Freycia. , Zool. pi. xxxvi.

(2) Plotus surinaniensis , Gmel. , enl. 893 ; — Heliornis scnegalensis , Vieill. Gai. 280. M. Ch. Bonaparte croit devoir , comme Gmelin , rapprocher ce genre de celui des Anhinga.

(3) Mergus {plongeur) , ^ nom lalin d'un oiseau de mer difficile à dcleiininer ; Linnus, d'après Gesner l'a appliqué au Harle. Eudytes, nom composé par M. Illiger, aie même sens en grec.

Le petit Plongeon {Col. septentrionalis. enl. 308. Edw. 97. Naum 67 f. 94. Vieill. Gai. 282 et Col. stellatus. Gm. Buff. VIII, xxi : enl. 992. Naum. Supp. 51 , f. 62.

Le mâle adulte est brun dessus , blanc dessous; il a la face et les côtés du cou cendrés , le devant du cou roux. La femelle et les jeunes sont bruns piquetés de blanc dessus , tout blancs dessous.

Les GuiLLEMOTS (Uria , Briss. et lUig.) (1)

Ont, avec la forme générale du bec des précédents, des plumes jusqu'à la narine , et une échancrure à la pointe , qui est un peu arquée. Mais leur principale distinction est de manquer de pouce. Leurs ailes , beaucoup plus courtes encore que celles des Plongeons , suffisent à peine pour les faire voleter. Ils vivent de poissons , de Crabes , se tiennent dans les rochers escarpés et y pondent.

La grande espèce, dite grand Guillemot {Colymbus troile , L. enl. 905; Brit. Zool. pi, H; Edw. 559, 1 ; Frisch. 185) , est de la taille d'un Canard, la tête et le cou bruns, le dos et les ailes noirâtres, le ventre blanc; une ligne blanche sur l'aile , formée par les bouts des pennes secondaires. Elle habite dans le fond du Nord; niche cependant sur les côtes rocailleuses d'Angleterre et d'Ecosse , et nous vient dans les grands hivers.

Il y en a une espèce plus petite , noire , avec le haut de l'aile blanc {Col. Grylle, L. Vieill. Gai. 294; Choris. Voy. autour du M., isles Aleut. pi. xxxii), quelquefois marbré de blanc par tout (C/«ar»zora/Mf), Frisch. Supp. B, pi. 185, Edw. 50; et Penn. Arcl. Zool. II, xxu , 2. On en voit même des individus tout blancs. C. lacteolus , Pall.) (2) On pourrait encore séparer des Guillemots

Les Cephus (vulg. Colombes de Groenland) (3) ,

Dont le bec est plus court, à dos plus arqué , et sans échancrure. La symphise de leur mandibule inférieure est extrêmement courte. Leurs ailes sont plus fortes et les membranes de leurs pieds assez échancrées.

L'espèce la plus connue , dite petit Guillemot ou Pigeon de Groenland {Colymbus minor , Gm. enl. 917; mergulus aile, Vieill. Gai. 295; Brit. Zool. pi. H, 4 , f 1 ; Edw. 91 ; Naum. l^" éd. , f. 102) , de la taille d'un gros Pigeon , est noire dessus , blanche dessous , avec un trait blanc sur l'aile comme au Guillemot. Son bec est noir et ses pieds rouges. Elle habite toutes les côtes du Nord , niche sous terre. Nous la voyons aussi quelquefois en hiver.

Le genre

Des Pingouins ( Alca , Lin.)

Se reconnaît au bec très comprimé , élevé verticalement , tranchant par le dos , ordinairement sillonné en travers ; aux pieds entièrement pal-

(1) Uria , nom grec ou plutôt latin d'un oiseau aquatique, qui paraît avoir été un Plongeon ou un Grèbe. Guillemot , nom anglais de notre oiseau , doit indiquer sa stupidité.

(2) Aj. le G. à gros bec {Uria Brunnichii, Sabine), Choris, Voy.aut. du m. pi. xxi; — Uria lacrymans , Lapil. ibid. xxui, et consultez l'article que BI. Valenciennes y a inséré sur ce genre.

(3) Cephus , nom d'un oiseau de mer souvent mentionné par les Grecs , et qui paraît avoir été quelque espèce de Pétrel ou de Mouette. Il a été appliqué par Mœring et ensuite parPallasaux Plongeons et aux Guillemots. Vieillot l'a changé en Mergulus, Gai. 295.

mes et manquant de pouces, comme ceux des Guilleiuots. Tous ces oiseaux habitent les mers du Nord.

Ils peuvent encore être subdivisés en deux sous-genres.

Les Macareux (Fratercula, Briss. ; Mormon , Illig.),

Dont le bec , plus court que la tête , est autant et plus élevé à sa base qu'il n'est long , ce qui lui donne une forme très extraordinaire ; une peau plissée en garnit ordinairement la base. Leurs narines, placées près du bord, ne sont que des fentes étroites. Leurs petites ailes peuvent encore les soutenir un instant ; ils vivent sur la mer comme les Guillemols, et nichent sur les rochers. Le 3Iacareuxle plus commun {Alca arctica, L. et Labradoria, Gm. ; Mormon fratercula, Tem.). enl. 275; Brit. Zool. pi. H; Edvv. 558 , 1; Frisch. 192; Naum. 65 f. 101 , de la taille d'un Pigeon , a la calotte et le manteau noirs , et tout le dessous blanc. Il niche quelquefois sur les côtes escarpées de l'Angleterre, et abonde sur les nôtres en hiver (1).

M. Temminck distingue sous le nom de Staryques (Phaleris) les espèces à bec moins élevé (2).

Les Pingouins proprement dits (Alca , Cuv. ) (3)

Ont le bec plus alongé et en forme de lame de couteau ; les plumes en garnissent la base jusqu'aux narines ; leurs ailes sont décidément trop petites pour les soutenir, et ils ne volent point du tout.

Nous voyons quelquefois sur nos côtes en hiver

Le Pingouin commun [Alca torda et pica. Gm.) enl. 1004, l'adulte, 1005, le plum. d'été. Edw. 558, 2. Briss. VI, viii , 2. Brit. Zool.pl. H. 1.

Noir dessus, blanc dessous; une ligne blanche sur l'aile et une ou deux sur le bec. Le mâle a de plus la gorge noire et un trait blanc de l'œil au bec. La taille de cet oiseau est à peu près celle du Canard.

Le grand Pingouin [Alca impennis , L. ) , Buff. IX , xxix , enl. 367 ; Edw. 147.

Approche de celle de l'Oie; ses couleurs sont semblables à celles du précédent; mais son bec est tout noir, masqué de huit ou dix sillons , et il a une tache blanche, ovale entre le bec et l'œil ; ses ailes sont plus petites à proportion que dans aucune espèce de ce genre. On dit qu'il ne pond qu'un grand œuf, tacheté de pourpre.

Le genre

Des Manchots ( Aptenodytes, Forst. )

Est encore moins volatile que les Pingouins; ses petites ailes ne sont garnies que de vestiges de plumes , au premier coup d'œil presque semblables à des écailles ; ses pieds , plus en arrière que dans aucun autre oiseau , ne le

(1) Ajoutez A. cirrhata, Pallas, Spic. V, pi. 1 ; Vieil!. Gai. 299.

(2) Alca cristatella, Vieill. Gai. 297, ou Staryque cristatelle , T. col. 200, et Pall. Spic. Zool. V, pi. 1 , dont A. pygmœa est le jeune; — A. psittacula, Pall. Spic. V, pi. 2, dont A . tetracula , ib. pi. 4 , est le jeune.

(ô) Alca,;Alk, Auk , noms du Pingouin aux îles de Feroë , et dans le nord de l'Ecosse. Celui de Pingouin , donné d'abord aux Manchots du sud par les Hollandais , indique leur graisse huileuse. Foijcz Clusius , Exot. 101 . C'est Buffon qui a transféré exclusivement ce nom aux Alqucs du Nord.

soutiennent qu'en s'appuyant sur le tarse , qui est élargi comme la plante du pied d'un quadrupède , et dans l'intérieur duquel on trouve trois os soudés ensemble par leurs extrémités. Ces oiseaux ont d'ailleurs un petit pouce dirigé en dedans , et leurs trois doigts antérieurs sont unis par une membrane entière.

On n'en trouve que dans les mers antarctiques, où ils ne viennent à terre que pour nicher. Ils ne vont à leurs nids qu'en se traînant péniblement sur le ventre.

Leur bec peut les Ihire diviser en trois sous-genres.

Les Manchots proprement dits ( Aptenodytf.s , Cuv. )

L^ont grêle , long , pointu ; la mandibule supérieure un peu arquée vers le bout, couverte de plumes jusqu'au tiers de sa longueur, où est la narine, et d'où part mi sillon qui s'étend jusqu'au bout.

he grand Manchot {Apt. jycilagonica, Gm.)enl. 975

Est de la taille d'une Oie , ardoisé dessus , blanc dessous, à masque noir, entouré d'une cravatte citron. Il habite en très grandes troupes aux environs du détroit de Magellan et jusqu'à la Nouvelle-Guinée. Sa chair, quoique noire , est mangeable.

Les GoRFOus (Catarrhactes , Briss.) (1)

Ont le bec fort , peu comprimé , pointu , à dos arrondi , la pointe un peu arquée ; le sillon qui part de la narine se termine obliquement au tiers inférieur du bord.

Le Gorfou sauteur ( Apt. chrysocoma, Gm.) enl. 984 ; Vieill. Gai. 298.

Est grand comme un fort Canard , noir dessus , blanc dessous , et porte une huppe blanche ou jaune de chaque côté de l'occiput. On le trouve aux environs des îles Malouines et de la Nouvelle-Hollande. Il saute quelquefois au-dessus de l'eau en nageant , et fait ses œufs dans un trou sur la terre (2).

Les Sphénisques (Spheniscus, Briss.) (3)

Ont le bec comprimé, droit, irrégulièrement sillonné à sa base, le bout de la mandibule supérieure crochu, celui de l'inférieure tronqué, les narines au milieu, et découvertes.

Le Sphénisque du Cap. {Apt. demersa. Gm.) enl. 382 et 1005.

Noir dessus , blanc dessous ; le bec brun , avec une bande blanche au milieu : le mâle a de plus un sourcil blanc , la gorge noire, et une ligne noire dessinée sur la poitrine, et se continuant le long de chaque flanc. Il habite surtout aux environs du Cap , où il niche dans les rochers (4).

(1) Gorfou , corrompu de Goir-Fugel, nom du grand Pingouin aux îles de Féroë. Foyes Clusius , Exot. 367. Catarrhactes est le nom grec d'un oiseau très différent , qui volait très bien, et qui se précipitait de haut sur sa proie. C'était probablement une espèce de Mouette.

(2) Ajoutez Apt. catarrhactes, Edw. 49 ; — Apt. papua , Sonnerai, I'' Voy. pi. 115 , et Vieill. Gai. 299 ; — Apt. minor, Laiham , Syn. III , pi. 103.

(5) Spheniscus, nom donné par Moehring aux Macareux , et par Brisson aux aianchols ; de E^ijV (coin).

(4) Aptcnod. iorquata . Sonner. 1" Voy. 114 , paraît la femelle A^Apt. demersa.

PALMIPEDES. 343

La famille

Des LoNGiPENNES OU Grands Voiliers

Comprend les oiseaux de haute mer , qui , au moyen de leur vol étendu , se sont répandus partout, et que les navipateurs rencontrent dans toutes les plages. On les reconnaît h leur pouce libre ou nul , à leurs très longues ailes et à leur bec sans dentelures, mais crochu au bout, dans les premiers genres, et simplement pointu, dans les autres. Leur larynx inférieur n'a qu'un muscle propre de chaque côté; leur gésier est mnsculeux et leurs cœcums courts.

Les Pétrels (Procellaria, Lin.)

Ont un bec crochu par le bout . et dont l'extrémité semble faite d'une pièce articulée au reste ; leurs narines sont réunies en un tube couché sur le dos de la mandibule supérieure; leurs pieds n'ont, au lieu de pouce, qu'un ongle implanté dans le talon. Ce sont , de tous les palmipèdes, ceux qui se tiennent le plus constamment éloignés des terres : aussi , quand une tempête approche , sont-ils souvent obligés de chercher un refuge sur les écueils et sur les vaisseaux, ce qui leur a valu le nom d'oiseau de tempête : celui de Pétrel (petit Pierre) leur vient de l'habitude de marcher sur l'eau, en s'aidant de leurs ailes. Ils font leur nids dans les trous des rochers, et lancent sur ceux qui les attaquent un suc huileux , dont il paraît qu'ils ont toujours l'estomac rempli. Le plus grand nombre des espèces habite les mers du côté du pôle antarctique.

On nomme plus particulièrement Pétrels ( Procellaria ) , ceux dont la mandibule inférieure est tronquée.

La plus grande espèce, Pétrel géant , Quebranta huessos ou Binseur d'os

{Procell. giyantea, Gm.) , Lalh. Syn. III, pi. 100, n'habite que les mers

australes , et surpasse l'Oie en grandeur. Son plumage est noirâtre. II y en

a des vai'iétés plus ou moins blanches. On trouve dans les mêmes mers

Le Damier, Pétrel du Cap, Pintado , etc. {Proc. capensis. ) enl. 964.)

De la taille d'un petit Canard, tacheté en dessus de noir et de blanc, blanc en dessous. Les navigateurs en parlent souvent. Nous voyons quelquefois sur nos côtes

Le Pétrel gris-blanc, ou Fulmar, Pétrel de Saint-Kilda , {Proc. glacialis. enl. 59. Brit. Zool. pi. M, f. 1.

Blanc , à manteau cendré , à bec et pieds jaunes ; de la taille d'un gros Canard. Il niche sur les côtes escarpées des îles Britanniques et de tout le Nord (1).

(1) Ajoutez le Pétrel hartte , Temm. col. 416 ; le Pétrel bérard , Freycin. 37; — Proc. cinerea, Lath. ; — Proc. desolata , id. ; — Proc. titrtur ,¥nrst.

Certaines espèces, petites , à bec un peu plus court, àjambes un peu plus hautes , à plumage noir (les Thalassidroma , Vigors) sont surtout connues des marins sous le nom d'' Oiseaux de tempête.)

La plus commune {Proc. peiagica) , Briss. VI, xiii , 1; Wils. Am. VII, iix, 6; Edw. 90, n'est guère plus grande qu'une Alouette, haute sur jambes , toute brune, hors le croupion, qui est blanc , et un trait blanc sur le bout des grandes couvertures de l'aile. Quand elle cherche un abri sur les vaisseaux , c'est un signe d'ouragan (1).

Nous séparons , avec Brisson , sous le nom

De PUFFINS (PuFFINUS) (2),

Ceux où le bout de la mandibule inférieure se recourbe vers le bas avec celui de la supérieure , et où les narines , quoique tubuleuses , s'ouvrent, non point par un orifice commun , mais par deux trous distincts. Leur bec est plus alongé à proportion.

Le Pvffin cendré ( Proc, piiffinus , Gm. ) , enl. 962 ,

Est cendré dessus, blanchâtre dessous , et a les ailes et la queue noirâtres ; le jeune est plus foncé. Sa taille est celle d'un Corbeau. On le trouve dans presque toutes les mers (.3).

On a long-temps confondu avec ce Puffin une espèce seulement delà taille de la Bécasse , noire en dessus , blanche en dessous , qui habite en quantité innombrable les côtes du nord de l'Ecosse et des îles voisines, et que les habitants salent pour leurs provisions d'hiver {Procellarla Jnglorum , Tem.Edw. 559).

Les navigateurs parlent quelquefois, sous le nom de Pétrels , d'oiseaux des mers antarctiques, qui peuvent faire deux genres particuliers.

Les PÉléoainoïdes , Lacép. (Halodroma , lUig. )

Qui, avec le bec et les formes des Pétrels ou des Puffins , auraient la gorge dilatable comme les Cormorans , et manqueraient tout-à-fait de pouce comme les Albatrosses {Procellaria ur'inatrix , Gm.), et

Les Prions, Lacép. (Pachïptila , Ulig.) ,

Qui , semblables d'ailleurs aux Pétrels , ont les narines séparées comme les Puffins , le bec élargi à sa base , et ses bords garnis intérieurement de lames verticales, pointues, très fines, analogues à celles des Canards. Les Pétrels bleus {Procell. vittata et cœrulea, Forst. )

Les Albatrosses (Diomedea (2) , Lm.)

Sont les plus massifs de tous les oiseaux d'eau. Leur bec , grand , fort et

(1) La fig. enl. 93ô est une espèce tics voisine des mers du Sud [Proc. océanien, Forst.) — Ajoutez Procell. Leachii , Tenim. Ac. de phil. VI, pi. 9, f. 1 ; — Proc. ff^ilsomi , Ch.Bonap.; Wils. Am. VII,lxx, 6, ici. , Ac. de phil. VI, pi. 9, f. '2; — Proc. fregatta , Lath., Rochef. , Antill. ,p. 152; — Proc. marina., Vieill. Gai. 292.

(2) Puffin , nom de noire 2»^ espèce , sur les côtes d'Ecosse.

(3) Ajoutez Procell. ohscura , Vieill. Gai. 301 ; — et /'roc. jmcifica j ou fuliginosa , White,2r>2, qui n'est peut-être pas différent du Procell. œquinoctialis , Edw. 89.

(4) Diomedea , nom ancien de certains oiseaux, habitants de l'île de Diomède, près de Tarenfe , et que l'on disait accueillir les Grecs , et se jeter sur les Barbares. Quant au mot Albatros, je vois que les premiers navigateurs portugais ont appelé les Fous , et d'autres oiseaux de mer , Alcaltros ou Alcatras. Dampiene a appliqué ce nom au genre actuel ; Grew l'a changé en Alhitros , et Edwards en Albatros.

PALMIPEDES Z4n

tranchant , a des sutures marquées , et se termine par un gros croc qui y semble articulé ; leurs narines sont en forme de rouleaux courts , couchés sur les côtés du bec ; leurs pieds n'ont point de pouce , ni même ce petit ongle qu'on remarque dans les Pétrels. Ils habitent les mers Australes, vivent de frai de poisson , de mollusques , etc.

L'espèce la plus connue des navigateurs Diomedea exulans , Lin.), enl. 237, Vieill. Gai. 295, est nommée par eux Mouton du Cap, à cause de sa grandeur, de son plumage blanc à ailes noires, et parce qu'elle est surtout abondante au-delà du tropique du Capricorne. Les Anglais l'appellent aussi Vaisseau de guerre , etc. C'est un grand ennemi des poissons volants. Elle (ait un nid de terre élevé, et y pond des œufs nombreux et bons à manger. On dit sa voix aussi forte que celle de l'Ane.

On a observé divers Albalrosses plus ou moins bruns ou noirâtres; mais on n'a pu encore constater jusqu'à quel point ils forment des variétés ou des espèces distinctes (1).

Les GoELAivns, Mafves, Mouettes (Lards, L.) (2)

Ont le bec comprimé , alongé , pointu ; sa mandibule supérieure arquée vers le bout, l'inférieure formant en dessous un angle saillant. Leurs narines, placées vers le milieu, sont longues , étroites et percées à jour; leur queue est pleine, leurs jambes assez élevées, leur pouce court. Ce sont des oiseaux lâches et voraces , qui fourmillent sur les rivages de la mer , se nourrissant de toute espèce de poissons , de chair de cadavres, etc. Ils nichent dans le sable ou les fentes des rochers , et ne font que peu d'œufs. Lorsqu'ils s'avancent dans les terres , c'est un signe de mauvais temps. II s'en trouve plusieurs espèces sur nos côtes ; et comme leur plumage varie beaucoup avec l'âge, on les a encore multipliées. En général, dans leur jeunesse , ils sont tachetés de gris.

Buffon nomme

Goélands

Les grandes espèces qui surpassent la taille du Canard. L'un des plus grands est

Le Goëlatul à ynanteau noir (Larus marinus et nrri'ius, Gm.) . enl. 990 et 266,

Qui , d'abord tacheté de blanc et de gris, devient ensuite tout blanc, à manteau noir ; le bec jaune , avec une tache rouge en dessous; les pieds rougeâtres.

Le Goëlandà maiiteau r/ris , wA^j^irement Bourgiiejuesfre {Ixtrus glaucus, Gm. ) Naum. 1^'^ éd. 36.

Ne lui cède guère ; il n'en diffère que par son manteau cendré clair. Le jeune est aussi tacheté (5).

(1) Tel est le Z)«ow. simdicea.—X']. D. hrachyiim , Temm. enl. 96-3; — D.inelanophris, T. col. 456; — D. chîororhynchos , Lath. V. pi. xciv, col. 468; — D. fidigiiwsa , col. 469.

(2) Larus, nom grec de ces oiseaux; Gavia en latin, d'où Gabian en provençal; en français, on les nomme Mauves ou Mouettes, de leur nom allemand Mœve ; Goéland, employé pour la première fois par Feuillée , n'est qu'une corruption de leur nom anrlais Guîl, Gidl-ent.

(-3) Temminck en distingue le Larus argetitatiis , Lath., enl. 25-3. — Aj. le Goi'lnnd Ipiicnmrle, Yieill. 61 , et le Goéland à tête notre du Bengale.

T. I. AJl

Los Mauves ou Mouettes.

Sonl les espèces plus petites.

La Mouette à pieds jaunes {Larus fuscus , L. Jlav'ipes , Mever), Friscli. 218. Naum. Ireéd. f.51, B,

Kst toute blanche, sauf le manteau qui est noir; les pieds jaunes.

La Mouette blanche. {Larus eburtieus ^ Gm. ), enl. 994 ^

Entièrement blanche, à pieds noirs ; du Groenland et du Spitzberg. S'égare quelquefois en Europe.

La Mouette à pieds bleus ( Larus cyanorhynchus , Meyer ) , enl. 977 ; Briss. VI, XVI.2,

Est, dans son dernier âge , d'un beau blanc , à manteau cendré-clair; les premières pennes de l'aile en partie noires, avec des taches blanches au bout; son bec et ses pieds de couleur plombée. Elle vit beaucoup de coquilles.

La Mouette à pieds rouges ( Lar. ridibundus , Lar. hybernus , et Lar. erythropus, Gm. ) , enl. 969 et 970 ; Briss. VI , xvn , 1 ,

Est à peu près semblable à la précédente , excepté qu'elle a , dans son premier âge , le bout de la queue noir, et du noir et du brun sur l'aile : la tête de l'adulte devient brune au printemps , et reste ainsi tout l'été (enl. 970) ; son bec et ses pieds sont plus ou moins rouges. On l'a nommée . d'après son cri , Mouette rieuse (1).

La Mouette à trois doigts (Larus tridactylus et Lar. rissa, Gm. ) , Briss. VI, XVI, 1 ; xvn,2,

Encore fort semblable aux précédentes ., se distingue par un pouce très court et imparfait. Jeune , elle est plus ou moins tachetée de brun ou de noir (enl. 387.) On a distingué avec raison des Goélands et Mouettes ordinaires ,

Les Stercoraires , Briss., Labres , Buff. (2) Lestris , Illiger ) ,

Où les narines membraneuses, plus grandes que dans les autres, reportent l'orifice des narines plus près de la pointe et du bord du bec ; leur queue est pointue. Ils poursuivent avec acharnement les petites Mouettes pour leur enlever ce qu'elles mangent , et même , à ce que quelques-uns disent , pour dévorer leur fiente. De là leur nom.

Le Labbe à longue queue {Larus pai'asiticus , Gm.), enl. 762; Edw 148, Est brun foncé dessus, blanc dessous ; les deux pennes du milieu de la-

(1) Ajoutez Larus alricilla , Pall. Nov. Comm. petr. XV, xxu,2; Catesb. I, 89; Wils. Am. IX , Lxxiv, 4, sous le nom de Ridibundus; — Larus leucopterus; — L. cirrhocephatus, Vieill. Gai. 289 , ou Poliocephalus, Lichtenst; — L. leucophtalmus , Licht col. 566 ; — L. Sahini, Leach; — L. ininutus, Falk. Voy. III, xxiv; — L. melanurus, T. col. 4.*)9, et Tiles, Voy. de Rrusenst. pi. Lvn.

(2) A)ij(;Tpiç, voleur, nom dp ces oiseaux parmi les pêcheurs suédois. Vieillot a changé ce nom en Stekcoreus.

PALMIPEDES. "547

queue excèdent les autres du double. Il est très rare ici. Jeune , il est tout brun. C'est alors le Lants crepidatus , Gm. enl. 991 , ou mieux Edw. 149.

Les régions arctiques nourrissent une espèce de la taille d'un Goéland , brune , à base des pennes de l'aile blanche ( Larus cataractes , Gm.) , Brit. Zool. pi. L, 6, et une autre de la taille d'une 3Iouette , brune dessus, blanche dessous, avec un collier brun sur la poitrine ( Leslris pomarinus. Tem. (1).

Les HlRO>DELLES DE MER ( StERNA , L. ) (2)

Tirent leur nom Je leurs ailes excessivement longues et pointues , de leur queue fourchue , de leur.s pieds courts , qui leur donnent un port et un vol analogues à ceux des Hirondelles. Leur bec est pointu, comprimé , droit, sans courbure ni saillie; leurs narines vers la base, oblongues et percées de part en part; les membranes qui unissent leurs doigts fort échancrées; aussi nagent-elles peu. Elles volent en tous sens et avec rapidité sur les mers, jetant de grands cris et enlevant habilement de la surface des eaux les mollusques et les petits poissons dont elles se nourrissent. Elles .s'avancent aussi dans l'intérieur sur les lacs et les rivières.

La plus commune au printemps sur nos eaux douces ,

Le Picrre-Garin ou Hir. de mer à bec rouge (Sterna hirundo , L.) , enl. 987 j Frisch. 219; Naum. 37 , f. 52, Wils. VII , lx , 1 ,

Est , dans son état adulte , blanche , à manteau cendré-clair ; calottle noire, pieds rouges, bec rouge à bout noir; longue d'un pied. Son envergure en a au moins deux.

La petite Hirondelle de mer {Sterna minuta, L. ) , enl. 996 ; Wils. Am. V, LX , 2; Naum. 58 , 1". 55 ,

Ne diffère du Pierre-Garin que par sa taille moindre d'un tiers , et par son Iront blanc.

h' Hirondelle de mer à bec noir. (St. cantiaca, Albin II , lxxxvhi ) ,

Surpasse le Pierre-Garin, et a le bec noir à bout jaune ; le jeune est le St. striata., Gm. Lath. VI , pi. 98.

La plus grande de nos espèces est le St. caspia , Pall. , Sparm. Mus. Caris. Lxii ; Meyer, Ois. d'AUem. II , vi ; Sav. Egypt. Ois. pi. ix , f. I ; blanche , à manteau cendré ; l'occiput mêlé de noir et de blanc ; le bec rouge ; les - pieds noirs.

V Hirondelle de mer noire (St. niyra , St.Jissipes, et St. nœvia), enl. 538 et 924; Frisch. 220.

A la queue moins profondément fourchue. Jeune , son manteau est tacheté de noir. Adulte , elle est presque toute d'un cendré-noiràtre.

(1) Je n'oserais affirmer l'identité du Lestris catarractes, Fraye. 238, et du Stercoreus pomarinus , Vieill. Gai. 288, avec les espèces ci-dessus.

(2) Sterna est leur nom anglais, Slcrn. ou Tern , latinisé par Turner, cl admis par G es lier.

Parmi les espèces étrangères , on doit remarquer VHir. de mer à aUjretloi {St. inca, Less. et Garn.), des côtes du Pérou. Voy. de la Coq. Zool. pi. 47 , noire, à bec et pieds rouges 5 une bande sur la joue , elles plumes de Toreille pendantes , blanches (1).

On pourrait distinguer des autres Hirondelles de mer

Les NoDuis ,

Dont la queue n'est pas l'ourcluie et égale presque les ailes, lis ont aussi sous leur bec une légère saillie , premier indice de celle des Mauves. On n'en connaît qu'un ,

Le Noddi noir, Oiseau fou , etc. ( Slerna stolida , L. ) enl. 997.

Brun-noirâtre ; le dessus de la tête blanchâtre ; célèbre parmi les navigateurs pour l'étourderie avec laquelle il vient se jeter sur les vaisseaux (2).

Les Coupecrs-d'Eau ou Becs-e^'-Ciseaux (Rhynchops, L.)

Ressemblent aux Hirondelles de mer par leurs petits pieds , leurs longues ailes et leur queue fourchue ; mais se distinguent de tous les oiseaux par leur bee extraordinaire, dont la mandibule supérieure est plus courte que l'autre , et où toutes les deux sont aplaties en lames simples , dont les bords se répondent s'en s'embrasser. Ils ne peuvent se nourrir que de ce qu'ils relèvent de la surface de l'eau , en volant , avec leur mandibule inférieure.

On en connaît surtout une espèce {Rhjnchops nigj^a , L. enl. 557), blanche, à calotte et manteau noirs , avec une bande blanche sur l'aile et les pennes externes de la queue blanches en dehors, Son bec et ses pieds sont rouges j elle égale à peine un Pigeon. Elle habite les mers des Antilles (3).

La famille

Des TOTIPALMES

A cela de remarquable, que leur pouce est réuni avec les autres doigts dans une seule membrane , et malgré cette organisation , qui fait de leurs pieds des rames plus parfaites , presque seuls parmi les Palmipèdes, ils se perchent sur les arbres. Tous sont bons voiliers et ont les pieds courts. Linnœus en faisait trois genres , dont le premier a dû être subdivisé.

Les Pélicans (Pelecanus, L.)

Comprenaient tous ceux où se trouve à la base du bec quelque espace dénué de plumes. Leurs narines sont des fentes dont l'ouverture est à peine

(1) Ajoutez en espèces d'Eur. : St. Dougalii, Montag.; Vieill. Gai. 290; —St. anglica, id. , ou aranea , Wils. Am. VIII, lxsu, 6; — St. arctica , Temm.; — St. leiicopareia, Natter. ; St. leucoptera, Temm. Schinz. Ois. de Suisse, fiontisp.

En esp. étrang. : St. cayaiia, enl. 988; — S^ melanauchen, Temm. col. 427; — St. inelanogaster, id. col. 434; — St. fuliginosa, W^ils.

(2) Le St. philippensis (Sonner. 1er Voy. pi. lxxxv) ne paraît pas difTérer du Stolida; — le St. fuscata, Lath., Briss. VI, pi. xsi , 1 , paraît aussi de ce sous-genre, ainsi que le St. tenuirostris, T. col. 202.

(3) Aj. Rhynch. flavirostris, Vieill. Gai. 291 ; — Rh. cinerascens. Spix, en; — R. brcvirostris, id. eu.

sensible. La peau de leur gorge est plus ou moins extensible, et leur langue fort petite. Leur gésier aminci forme, avec leurs autres estomacs, un grand sac. Ils n'ont que de médiocres ou petit cœcums.

Les Pélicans proprement dits (Onocrotalus ; Briss. ; Pelecanus , Illi0;er)(î),

Ont le bec très reniarfpiable par sa grande longueur, sa forme droite , très large et aplatie borizontalement , par le crochet rpii le termine, enfin par sa mandibule inférieure , dont les branches ilexibles soutiennent une membrane nue et dilatable en un sac assez volumineux. Deux sillons régnent sur la longueur, et les narines y sont cachées. Le tour des yeux est nu comme la gorge. La queue est ronde.

Le Pélican ordinaire. {Pelec. onocrotalus , L.), enl. 87. Edw. 92. Frisch. 186.

Grand comme un Cygne; entièrement d'un blanc légèrement teint de couleur de chair, le crochet du bec rouge comme une cerise; il est plus ou moins répandu dans tout l'ancien monde , niche dans les marais , ne vit que de poissons vivants. Il porte , dit-on , des provisions et de l'eau dans le sac de sa gorge. On n'a point assez déterminé les variations d'âge de cet oiseau , pour que l'énumération des espèces de son genre soit assurée (2).

Les Cokmoraks (3) (Phalacrocorax , Briss.; CARBO,Meyer; Halieus , Illiger)

Ont le bec alongé , comprimé , le bout de la mandibule supérieure crochu et celui de l'inférieure tronqué; la langue fort petite , la peau de la gorge moins dilatable ; les narines comme une petite ligne qui ne semble pas percée. Le doigt du milieu a l'ongle dentelé en scie.

Les Cormorans proprements dits ont la queue ronde, composée de quatorze pennes.

Nous en possédons un ,

Le Cormoran {Pelecanus carbo , L.), enl. 927; le jeune, Frisch. 187 et 188; etBrit. Zool. pi. L, 1 ,

U'un brun noir, onde de noir foncé sur le dos, et mêlé de blanc vers le bout du bec et le devant du cou ; le tour de la gorge et les joues blancs dans le mâle; l'occiput est huppé. De la taille de l'Oie. Il niche dans les trous des rochers ou sur les arbres; fait trois ou quatre œufs.

(1) Pelecanus et onocrotalus sont deux noms gi-ecs latinisés de cet oiseau.

(2) Je ne vois point de différence entre notre Pélican et le Pelec. roseus, Sonn. 1er Voy. pi. Liv. Quand au Pelec. manillensis, id. lui. Sonnerai dit lui-même qu'il le croît le jeune âge du Roseus. Je ne vois pas non plus de différence entre le Fuscus, Edw. 93 , et celui de la pi. enl. 965 , que l'on cite sous Rosctis, mais qui est bien plutôt semblable au Manillensis. M. Temminck regarde cette figure comme représentant le jeune de l'espèce commune. Le Philippensis, Briss. VI, pi. lvi, est le même individu quia servi de modèle à cette pi. enl. 965. Ainsi l'un et l'autre sont de jeunes Onocrotalus. — Celui de la pi. 957, cité aussi sous Fuscus, paraît réellement une espèce , la même que Vieill. Gai. 276. — Ajoutez le Pel. à lunettes [P. perspicillatus, T. col. 276.

(3) Cormoran, corruption de Corbeau marin, à cause de sa couleur noire. C'est en effet le Corbeau aquatique d'Aristote. Phalacrocorax {Corbeau chauve)., nom grec de cet oiseau indiqué par Pline , mais non employé par Aristote. Celui de Carbo ne lui est donné que par Albert, peut-être d'après son nom allemand Scharb. A tous ces noms, Vieillot a encore ajouté celui d'Hi/clrocorar, Gai. pi. 275.

htipetii Cormoran. (Pelec. graculus. Gni. ) cul. 971 , le jeune.

Un peu plus petit ; d'un noir plus profond et plus bronzé ; point de blanc devant le cou; les plumes du dos plus pointues. Il est plus rare que le commun (1).

Les Frkgatf.s (2)

DilTèrent des Cormorans par une queue fourcliue, des pieds courts, dont les membranes sont profondément échancrées, une excessive envergure, et un bec dont les deux mandibules sont courbées au bout.

Leurs ailes sont si puissantes, qu'elles volent à des distances immenses de toute terre, principalement entre les tropiques, fondant sur des poissons volants, et frappant les Fous pour les contraindre à dégorger leur proie.

On n'en connaît bien qu'une {Pelecanus aquHus , L. enl. 961; Vieil).

Gai. pi. 274), à plumage noir , plus ou moins varié de blanc sous la gorge

et le cou, à bec rouge. Son envergure approche quelquefois dit-on de dix à

douze pieds (5).

Les Fous ouBouEiES (Sula, Briss. ; Dysporus, Illig.) (4)

Ont le bec droit, légèrement comprimé, pointu, à pointe un peu arquée ; ses bords denticulés en scie , à dents dirigées en arrière ; les narines se prolongeant en une ligne qui va jusqu'auprès de la pointe ; la gorge nue, ainsi que le tour des yeux, est peu extensible; l'ongle du doigt du milieu dentelé en scie; les ailes bien moindres que les Frégates, et la queue un peu en coin. On les a nommés Fous à cause de la stupidité avec laquelle ils se laissent attaquer par le hommes et les oiseaux, surtout par les Frégates , qui les frappent pour les contraindre à leur abandonner les poissons qu'ils ont péchés. Le plus commun est

Le i^OM de Bassan. {Pelecanus basssanus , L.) enl. 278. Vieill. Brit. Zool. pi. L.Naum. Supp.56, f. 106.

Blanc ; les premières pennes des ailes et les pieds noirs ; le bec verdàtre, presque égal à l'Oie. Son nom vient d'une petite île du golfe d'Edimbourg où il multiplie beaucoup, quoiqu'il ne ponde qu'un œuf par couvée. Il en vient assez souvent sur nos côtes en hiver. Le jeune est brun, tacheté de blanc (enl. 986). Les autres espèces de Fous ne sont pas encore suffisamment déterminées (5).

Les Anhingas (Plotus, L.) (6)

Sur un corps et des pieds à peu près de Cormoran, portent un long cou, une petite tète et un bec droit , grêle et pointu , à bords denticulés ; les

(1) Ajoutez le Cormoran longup. Temm. ; {Pel. cristahis, Olafs), Voy. en Isl. tnid. fr. pi. XLiv, col. 322, et Vieill. Gai. 276; — Pel. africanus, Lath. ; Sparm. Mus. caris. Ili , 61 ; — Pel. nœvius, Lath. Syu. III, pi. 104, et Sparm. Mus. caris. I, 10; — Pelec. pygmœus, Pall. f^oij. App. pi. 1.

(2) Vieillot les nomme Tachijpetes, pi. 274.

(ô) On a un peu gratuitement élevé au rang d'espèces les Pelec. minor, Edw. 309, et leiicocephahis, Buff. Ois. VIII , pi. xxx, peut-être même le Pelec. palmerstoni, Lath.

(4) Sula est le nom du Fou de Bassan , aux îles de Ferroë, selon Iloyer, Clusius, Exot. 36. Boiibie est leur nom anglais, de booby, fou, stupide.

(5) Ajoutez le Foit brun {Pelecanus sula, L.), enl. 973; Catesb. I, 87; Vieill. Gai. 277.

(6) Anhinga, nom de ces oiseaux chez les Topinambous , selon Maigiav. Plotus ou Plautus en latin signifie pied plat. Klein l'a employé pour une de ses familles de Palmipèdes. Linnseus, l'a appliqué aux Anhingas.

PALMIPEDES. 351

yeux et le nu de la face sont d'ailleurs comme dans les Pélécanus, dont les Anhingas ont aussi les habitudes , nichant , comme eux , sur les arbres.

On en connaît quelques espèces ou variétés des pays chauds des deux continents. Us n'excèdent pas la grosseur du Canard, mais leur cou est plus long(l).

Les Paiue-en-Quece (Phaeton , L.), vulgairement Oiseaux du tropique,

Se reconnaissent à deux pennes étroites et très longues qu'ils portent à la queue , et qui, de loin , ressemblent à une paille. Leur tète n'a rien de nu. Leur bec est droit , pointu , dcnticulé et médiocrement fort ; leurs pieds courts et leurs ailes longues : aussi volent-ils très loin sur les hautes mers , et, comme ils ne quittent la zone torride que rarement, leur apparition fait reconnaître aux navigateurs le voisinage du tropique. A terre , où ils ne vont guère que pour nicher, ils se perchent sur les arbres.

On n''en connaît que quelques espèces ou variétés à plumage blanc, plus ou moins varié de noirâtre, et qui ne passent point la taille d'un Pigeon (2).

La famille

Des Lamellirostres

A le bec épais , revêtu d'une peau molle plutôt que d'une véritable corne ; ses bords garnis de lames ou de petites dents ; la langue large et charnue, dentelée sur ses bords. Leurs ailes sont de longueur médiocre. Ils vivent plus sur les eaux douces que sur la mer. Dans le plus grand nombre , la trachée-artère du mâle est renflée près de sa bifurcation en capsules de diverses formes. Leur gésier est grand, très musculeux, leurs cœcums longs.

Le grand genre

Des Canards (A>as, Lin.)

Comprend les Palmipèdes dont le bec, grand et large, a ses bords garnis d'une rangée de lames saillantes, minces, placées transversalement, qui paraissent destinées à laisser écouler l'eau quand l'oiseau a saisi sa proie. On les divise en trois sous-genres , dont les limites ne sont cependant pas trop précises.

Les CicNES (Cygnus, Meyer)

Ont le bec aussi large en avant qu'en arrière, plus haut que large à sa base j les narines à peu près au milieu de sa longueur; le cou fort alongé. Ce sont les plus grands oiseaux de ce genre. Ils vivent principalement des graines et des racines des plantes aquatiques. Aussi leurs intestins, et surtout leurs cœcums, sont-ils très longs. Leur trachée n'a point de renflement.

(1) Plotus melaiwgastcr, enl. 959 et 9G0; Vieill. Gai. 278; Wils. IX, lxxiv, 1,2; — enl. 107 ; — Latham, Syn. VI , pi. 96 ; — Jnk., Levaillanf, T. col, 380.

(2) Phaeton aiherevs, enl. 569 cl 998. — Ph. phœmcvrvs, enl. 979, Vieill. Gai. pi. 279.

Nous en avons deux espèces en Europe :

Le Cigne à bec rouge. {Anas. olov. Gm.) enl. 915.

A bec rouge, bordé de noir, chargé sur sa base d'une protubérance arrondie j le plumage d'un blanc de neige. Les jeunes ont le bec plombé et le plumage gris. C'est cette espèce qui, devenue domestique, fait Tornement de nos bassins et de nos canaux. La douceur de ses mouvements, l'élégance de ses formes, la blancheur éclatante de son plumage, l'ont rendu l'emblème de la beauté et de l'innocence. Il vit également de poissons et de végétaux, vole très haut et très vite, et nage avec rapidité, prenant le vent avec ses ailes, qui lui servent d'ailleurs d'une arme puissante pour frapper ceux qui l'attaquent. Il niche sur les étangs, dans les joncs, et fait six ou huit œufs gris-verdàtres.

Le Cigne à bec noir. {Anas. cygnus. Gm.) Edw. 150. Brit. Zool. pi. Q. Naum. l'^'^éd.t. 13. f.27.

Le bec noir, à base jaune; le corps blanc, teinté de gris jaunâtre, et tout pris dans les jeunes. Cette espèce, fort semblable à la précédente pour l'extérieur, s'en distingue parfaitement à l'intérieur par sa trachée-artère, qui se recourbe et pénètre en grande partie dans une cavité de la quille du sternum, particularité commune aux deux sexes, qui n'a point lieu dans le Cigne domestique. On nomme encore celui-ci, mais mal à propos, Cigne sauvage et Cigne chanteur. Le chant du Cigne à sa mort n'est qu'une fable.

Le Cigne noir. {Anas plutonia. Sh. An. atrata. Lath.) Natur. mise, pi. 108. Vieill. Gai. 286.

Découvert depuis peu à la Nouvelle-Hollande ; de la taille du Cigne commun , mais d'un port moins élégant ; il est tout noir, excepté les pennes primaires , qui sont blanches, le bec et une peau nue de sa base qui sont rouges (2).

On ne peut guère séparer des Cignes certaines espèces , à la vérité moins élégantes , mais qui ont le même bec.

Plusieurs d'entre elles ont un tubercule sur sa hase. La plus connue est nommée vulgairement

L'O/e de Guinée. { Anas cygnoides. L. ) enl. 547.

Nous relevons dans nos basses-cours , oii elle produit aisément avec nos Oies. D'un gris blanchâtre, à manteau gris-brun; le mâle se reconnaît au fanon emplumé qui pend sous son bec , et au gros tubercule qui en surmonte la base.

Une autre espèce , beaucoup plus rare , nommée par ses premiers descripteurs

L'O/e de Gambie {Anas gambensis , L.), Lath. Syn. III, p. 2, pi. 102.

Se fait remarquer par sa taille, par ses hautes jambes, parle tubercule qu'elle porte sur le front , et par les deux gros éperons dont le fouet de son aile est armé. Son plumage est d'un noir pourpré. La gorge , le devant et le dessous du corps et l'aile sont blancs (2).

(1) L'Oie à cravate {An. canadensis, L.) , enl. 346 , Wils. Am. ixvu, 4, me paraît ;mssi un vrai Cigne.

(2) Buffon a confondu cette Oie avec une variété de rOic d'Egypte, enl. 982. La figure

Les Oies ( Anser , Briss. )

Ont le bec médiocre ou court, plus étroit en avant qu'en arrière , et plus haut que large à sa base; leurs jambes plus élevées qu'aux Canards, et plus rapprochées du milieu du corps , leur facilitent la marche. Plusieurs vivent d'herbes et de graines. Elles n'ont aucun renflement au bas de la trachée , laquelle dans les espèces connues ne forme non plus aucun repli.

Les Oies proprement dites

Ont le bec aussi long que la tête ; les bout des lamelles en garnissent le bord et y paraissent comme des dents pointues.

UOie oi^dinaire {An. anser, L.),

Qui a pris toute sorte de couleurs dans nos basses-cours , vient d'une espèce sauvage, grise , à manteau brun; onde de gris; à bec tout orangé {Ans. cinereus , Meyer , Albin , 90 ; Naum. l-^" éd., pi. 41 , f. 60. ) Mais il existe une autre espèce fort voisine, qui arrive en automne , et se reconnaît à ses ailes plus longues que la queue et à quelques taches blanches au front ; son bec est orangé, noir à sa base et au bout {Ans. segetum , Meyer), enl. 985; Frisch. 155; Naum. l-^" éd. pi. 42., f. 61.

Nous voyons assez souvent en hiver

UOie rieuse. {Anas albifrons. Gm. ) Edw. 153. Naum. l''^ éd. 43. f. 62.

Grise, à ventre noir, à front blanc.

Le nord des deux continents en produit une quatrième espèce :

L'O/e de neige. {An. hyperborea. Gm.)Wils. Am. VIII,lxviii, 5; et le jeune, lxix , 5. Naum. l'» éd. Supp. pi. 23, f. 46.

Blanche , à bec et pieds rouges , à pennes des ailes noires au bout ; qui s'égare aussi quelquefois lors des grands ouragans d'hiver dans nos pays tempérés. Le jeune est plus ou moins mêlé de gris. C'est VAn. cœnilescens , Gm. ; Edw. 152.

Les Bernaches (1)

Se distinguent des Oies ordinaires par un bec plus court, plus menu ; dont les bords ne laissent point paraître au dehors les extrémités des lamelles.

Le nord de l'Europe nous envoie, en hiver, l'espèce si célèbre par la fable qui la faisait naître sur les arbres comme un fruit {Anas erythropus , Gm., ou mieux, Anas leucopsis , Bechst.), enl. 855; Frisch. 189; Naum. l'^^ éd. pi. 39, f.77.

Son manteau est cendré ; son cou noir; son front, ses joues, sa gorge et son ventre blancs; le bec noir, les pieds gris.

de Latham est défectueuse , en ce qu'elle ne montre qu'un éperon , et que le casque n'y est point saillant.

Ici vient encore VOie bronzée à crête sur le hec, Ipecati apoade Margr. {An. melanolos), enl. 937; Vieill. 285.

(1) Barnacle , nom écossais de V Anser leucopsis , ou Bernache proprement dite. Kkkke, en cette langue , signifie une Oie.

Le d'avant (1) { ^». hermcla , Gm. ) , enl. 342 , et mieux Frisch. 156 ; Naiim. 1- éd. pi. 39. (. 78 ; Wils. VIII ; lxxii , 1 ,

Esl du même pays. Sa tête, son cou, les pennes de ses ailes sont noirs \ son manteau gris-brun ; une tache de chaque côté du haut du cou et le dessous de la queue blancs ; le bec^noir; les pieds bruns.

La Bernache armée , Oie d' Afrique , du Cap, d'Egypte, etc. ( An. œqyptiaca . Gm.), enl. 579, 982,983,

Remarquable par l'éclat de ses couleurs et par le petit éperon de ses ailes, appartient aussi à ce sous-genre ; on peut Félever en domesticité , mais elle a toujours du penchant à s'enfuir.

C'est le Chenalopex ou VOie Renard, révéré des anciens Egyptiens à cause de son attachement pour ses petits (2).

Le Cereopsis , Lath. ,

Est un oiseau de la Nouvelle-Hollande , fort semblable aux Bernaches ; à bec encore plus petit , dont la membrane a beaucoup plus de largeur et se porte un peu sur le front.

On n'en connaît qu'un, de couleur grise, de la taille de l'Oie {Cer. cinereus,

Lat.),col.206;Vieill.Gal.284.

Les Canards proprement dits (Anas, Meyer)

Ont le bec moins haut que large à sa base , et autant ou plus large à son extrémité que vers la tête , les narines plus rapprochées de son dos et de sa base. Leurs jambes, plus courtes et plus en arrière, leur rendent la marche moins facile qu'aux Oies ; ils ont aussi le cou moins long ; leur trachée se rende à sa bifurcation en capsules cartilagineuses , dont la gauche est généralement la plus grande.

Les espèces de la première division , ou celles dont le pouce est bordé d'une membrane, ont la tête plus grosse, le cou plus court , les pieds plus en arrière, les ailes plus petites, la queue plus roide , les tarses plus comprimés, les doigts plus longs , les palmures plus entières. Elles marchent plus mal , vivent plus exclusivement de poissons et d'insectes , et plongent plus souvent (3).

Parmi elles on peut distinguer

Les Macreuses (4) , A la largeur et au renflement de leur bec.

La Macreuse commune. {Anas nigra. Lin.) enl. 972. Kaum. Supp. 14, f. 28 et 29. Brit. Zool. pi. Q, 6. Wils. Am. VIII, lxxii , 2.

Toute noire; grisâtre dans sa jeunesse; le bec très large, garni, sur sa

(1) Gravant, coriuptioii de grau Ent (Canard gris).

(2) M. GeofFroy-Saint-Hilaire, dans la Ménagerie du Muséum d'histoire nasurelle, art. Oie d'Egypte.

Ajousez V'An. magellanica , enl. 1006; — Jn. antarctica , qui en est fort voisin, Mus. caris. û7, et Yoy. de la Coquille , lool.'ôO; — Jn. leucoptera , Brown , II. 40; — Anas. ruficollis et torquata, Pall. Spicil. VI , pi. 4 , qui , dit-on , vient aussi jusqu'en Allemagne ; — -i4 n. coromandelica , enl. 949, 950; — An. madagascariensis , enl. 770.

(ô) Cette division fait le genre Platypus , Brehm ; ou Hydrobates , Tem.; ou Fuligdla, Ch. Bonaparte.

(4) Le nom de Macreuse vient peut-être de ce que cet oiseau passe pour un manger maigre. M. Fleming le rend par Oidemia.

PALMIPEDES. ôaJ

base , d'une protubérance. Elle vit en grandes troupes , le long de nos côtes , principalement de 3Ioules. La jeune femelle est An. cineraceus , Naum., 1. c. Lx , f. 91-92.

hs. double Alacretise {Anas fusca. Lin.), enl. 956; Friscli. 165; Naum. 1. c. Supp. f. 15 et 16 ; Wils. lxxu ,3,

En diffère par une taille plus forte, par une tache blanche sur l'aile, et par un trait blanc sous l'œil. Sa trachée a dans son milieu un renflement circulaire aplati verticalement.

La Macreuse à large bec ( Anas perspicillata , Lin. ) , enl. 995 ; Edw. 155 ; Wils. Am. VIII , Lxvn , 1 ,

A du blanc à l'occiput et derrière le cou ; la peau nue et jaune de la base de son bec entoure aussi ses yeux.

La Nouvelle-Hollande en fournit une espèce maillée , remarquable par un grand fanon charnu qui lui pend sous le bec. {An. lobata) , Nat. Mise, VIII, pi. 255 et col. 406(1).

Ou peut en core séparer

Les Garrots (2),

Dont le bec est court et plus étroit en avant. A leur tète , on peut nicllre les espèces dont la queue a ses pennes du milieu plus longues , ce qui la rend pointue.

Telles sont :

Le Canard de Terre-Neuve. {An. glacialis. Lin.) enl. 1008. Edw. 280.

Naum. 52, f. 76. Wils. Am. VIII , lxx, 1 , 2. — Le jeune mâle. enl. 999.

Naum. 52, f. 76, B. L'adulte en plum. de noce. Edw. 156.

Blanc; une tache fauve sur la joue et le côté du cou ; la poitrine , le dos , la queue, une partie de l'aile noirs. C'est , de tous nos Canards, celui qui a le bec le plus court. Sa trachée , ossifiée vers le bas , a d'un côté comme cinq vitres carrées , simplement membraneuses , au-dessous desquelles elles se renfle en une capsule osseuse.

Le Canard Arlequin. {Anas histrionîca. Lin.) enl. 798. Wils. Am. VIII, Lxxa, 4. Edw. 99. Naum. 1. c. , 52 f. 77; et la femelle {Anas minuta) , 799, Edw. 197.

Cendré, le mâle bizarrement bigarré de blanc; le sourcil et les flancs roux.

L'une et l'autre nous viennent en hiver, mais à des intervalles éloignés. Les Garrots ordinaires ont la queue ronde ou carrée.

Le Gcr^•ro/ proprement dit. ( An. clangula. Lin. ) enl. 802. le jeune {An. glaucion. Lin. (3). Frisch. 181, 182. Naum. 1. c. 55, f. 81, 82. Wils. Am. VllI , Lxvn , 6.

Blanc ; la tête , le dos et la queue noirs ; une petite tache en avant de l'œil et deux bandes à l'aile blanches ; le bec noirâtre. La femelle , cendrée , à

(1) Ajoutez VJnas mersa et leucoccphala , Voy. de Pallas, trad. franc., pi. v et vi; Naum. Supp. 40, f. 79 , 80; — VAn. brachyptcra , Lath. Voy. de Freyc. pi. xxxix.

(2) M. Leach les nomme Clangula.

(3) Glaucion , nom grec d'un Canard , ainsi appelé à cause de la couleur de ses yeux.

tête brune. Il vient par troupes, du nord , en hiver, et niche quelquefois sur nos étangs. Sa trachée , dans son milieu , a une grosse dilatation , dont les arceaux conservent de la mobilité. Elle s'évase singulièrement vers sa bifurcation (1).

Les EiDERS (2)

Ont le bec plus alongé que les Garrots , remontant plus haut sur le front, où il est échancré par un angle de plumes , mais de même plus étroit en avant.

VEider, (An. mollissima.) enl. 208, 209 (les adultes des deux sexes) Mus. caris. 59 (le jeune mâle de trois ans.) Aj. Edw. 98, Wils. Am. VIII xci , 2 , 3. Naum. 64 , f. 79 , 80.

Blanchâtre; à calotte, ventre et queue noirs ; la femelle grise, maillée de brun. Oiseau célèbre par le duvet précieux qu'il fournit, et que l'on nomme édredon (3).

Après ces distinctions, il reste

Les MiLLOuiNs (4)

Dont le bec, large et plat, n'offre d'ailleurs aucune marque notable. Nous en possédons plusieurs dans notre pays , dont il paraît que les trachées se terminent toutes par des renflements à peu près semblables , formant à gauche une capsule en partie membraneuse , soutenue par un cadre et des ramifications osseuses.

Le Millouin 'Commun. (An.ferina, L. élan, rufa, Gm.) enl. 803. Naum. 1. c. 58. f. 87. 88. Wils. Am. VIII. xc. 6.

Cendré, finement strié de noirâtre; la tête et le haut du cou roux ; le bas du cou et la poitrine bruns ; le bec plombé-clair. Niche quelquefois dans les joncs de nos étangs. Sa trachée est à peu près d'égal diamètre.

Le Millouin huppé. {An. rufina, L.) enl. 928. Naum. 1. c. 32. f. 63, 64.

Noir; le dos brun; du blanc aux flancs et à l'aile; la tête rousse, à plumes du sommet relevées en huppe; le bec rouge. Cette espèce habite les bords de la mer Caspienne, mais elle est quelquefois portée par les vents jusqu'ici. Sa trachée a deux renflements successifs, outre la capsule de la bifurcation.

Le Millouînan [An. marila. L.) enl. 1002. Brit. zool. Q. Wils. am. VIII. Lxix. 3. Naum. 59. f. 90. La femelle {An. frœnata.) Mus. Caris. 38. Naum. 59. f. 90. B.

Cendré, strié de noir; la tête et le cou noirs, changeant en vert ; le croupion et la queue noirs ; le ventre et des taches à l'aile blancs; le bec plombé ; il nous vient en hiver du fond de la Sibérie par petites troupes. Sa trachée, très grosse d'abord, se rétrécit ensuite.

(1) Ajoutez An. nlheola^ enl. 948, le même qu'^M. bucephala , Catesb. 1 , 95; — An. Irachyptera , Voy. de Freyc. , pi. xxxix.

(2) M. Leach les a nommés Somateru.

(3) Ajoutez An. spectahilis , Sparm. Mus. caris. II; pi. xxxvT;Edw.^ 154, Naum. 40. f. 58 , 59.

(4) M. Leach les nomme Fuligula.

PALMIMEDES. 357

he\petît Millouin. {j4n. nyroca. Gm. An. leucophtalmos . Bechst. La femelle, An. afrîcana. Gm. ) enl. 1000. Naum. 1. c. 39. f. 89.

Brun; la tête et le cou roux; une tache blanche à Taile; le ventre blanchâtre; un collier brun au bas du cou du mâle. Niche dans le nord de l'Allemagne ; nous arrive rarement. Sa trachée est ventrue au milieu.

Le Morillon. [An.fuligula. L.) Enl. 1001. Frisch. 171. Naum. L c. 56. f. 83. 84. Wils. Am. VIII. Lxxii. 5. Le jeune, enl. 1007. An scandiaca. Frisch. VI. 36. 1.2.

Noir ; les plumes de Pocciput prolongées en huppe; le ventre et une tache

à l'aile blancs; le bec plombé. Il nous vient assez régulièrement du Nord tous

les hivers (1).

Les Canards de la deuxième division (2), dont le pouce n'est point bordé d'une membrane, ont la tête plus mince, les pieds moins larges, le cou pUis long, le bec plus égal, le corps moins épais; ils marchent mieux; recherchent les plantes aquatiques et leurs graines, autant que les poissons et autres animaux. Il paraît que les renflements de leurs trachées sont de substance homogène, osseuse et cartilagineuse.

On peut aussi établir parmi eux quelques subdivisions, et d'abord :

Les SOUCHETS (3)

Sont très remarquables par le bec long, dont la mandibule supérieure, ployée parfaitement en demi cylindre, est élargie au bout. Les lamelles en sont si longues et si minces qu'elles ressemblent plutôt à des cils. Ces oiseaux vivent des vermisseaux qu'ils recueillent dans la vase, au bord des ruisseaux.

Le Souchet commun {An. clypeata. L.) enl. 971, 972. Frisch. 161, 162, 163. Wils. Am. VIII. Lxvii. 7. Naum. 49. f. 70, 71.

Est un très beau Canard, à tète et couverts, poitrine blanche, ventre roux, dos brun, ailes variées de blanc, de cendré, de vert et de brun, etc., qui nous vient au printemps. Sa chair est excellente. Le renflement du bas de sa trachée est peu considérable. C'est le Chenerotes de Pline.

Il s'en trouve à la Nouvelle-Hollande une espèce {An. fascîata), Sh.,Natur. miscell. pi. 697, où les bords du bec supérieur se prolongent de chaque côté en un appendice membraneux.

Les Tadornes

Ont le bec très aplati vers le bout , relevé en bosse saillante à sa base.

Le Tadorne commun (4) {An. tadorna. L.) enl. 53. Frisch. 166, Naum. 1. c. 55. f. 103 et 104.

Est le plus vivement peint de tous nos Canards : blanc ; à tête verte ; une ceinture cannelle autour de la poitrine; l'aile variée de noir, de blanc, de

(1) Ajoutez en espèces étrangères : An. spinosa, enl. 967, 678 : — An. stelleri, Pall. Spic. VI , pi. 3. —An. labradora , Wils. VII , lxix, 6. — An. valisncria , ib. lxx, 5. — An. ruhida, ib. lxxi, 5,6, dont M. Ch. Bonap. a fait son genre Oxyura, à cause de la queue pointue.

(2) C'està cette deuxième division que M. Ch. Bonap. réserve le nom d'ÂNAS.

(3) M. Leach. les nomme Rhynchaspis.

(4) Tadorne, nom de cet oiseau dans Bélon. Buffon , d'après Turner,,l'a cru, mais à tort, IcChenalopex ou Vulpanser des anciens. Foyes ci-dessus à l'Oie dE'gypte.

roux et de vert. Commun sur les rives de la mer du Nord et de la Baltique, où il niche dans les dunes, souvent dans les trous abandonnés par les Lapins! Sa bifurcation se renfle en deux capsules osseuses , peu différentes. D'autres de ces Canards de la deuxième division ont des parties nues à la tète et souvent aussi une bosse sur la base du bec.

Le Canard musqué^ [An. moschata. L,) enl. 989 , vulgairement et mal à propos, Canard de Barbarie ,

Originaire d'Amérique, où on le trouve encore sauvage, et où il se perche sur les arbres, est maintenant fort multiplié dans nos basses-cours à cause de sa grandeur. II se mêle aisément au Canard ordinaire. Sa capsule est très grande, circulaire, aplatie verticalement, et toute du côté gauche.

Quelques-uns ont la queue pointue.

Le Pilet. {An. acuta. L.) enl. 954. Wils. Am. VIIL lxviii. 5. Frisch. 160 et 168. Naum. 51 f. 74 et 75.

Le dessus et les flancs cendrés, rayés finement de noir; le dessous blanc ; la tête tannée, etc. ; la capsule de sa trachée est petite.

Dans d'autres , le mâle porte au moins quelques plumes relevées sur la queue.

Le Canard ordinaire. {An. boschas. L.) (1) enl. 776, 777. Wils. Am. VllL Lxx. 7. Frisch. 158 et 159.

Reconnaissable à ses pieds aurores, à son bec jaune, au beau vert changeant de la tête et du croupion du mâle, etc. Dans nos basses-cours, il varie en couleur comme tous nos animaux domestiques. Le sauvage, commun dans nos marais, niche dans les joncs, les vieux troncs des saules, quelquefois sur des arbres. Sa trachée se termine vers le bas par une grande capsule osseuse.

Une variété singulière est Le Canarda bec courbe. {An. adunca, L.) Il y eu a dont la tête est huppée et le bec un plus étroit en avant, et qui, venus de l'étranger, s'élèvent dans presque toutes nos ménageries, tels que

Le Canard de la Chine, {An. galericulata. L.) enl. 805 et 806. Vieil. Gai. 287.

Dont le mâle a en outre, des plumes de l'aile élargies et relevées verticalement, et

Le Canard de la Caroline. {An. sponsa. L.) enl. 980 et 981. Wils. VIII.

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