‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 7 sur 105 · XI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XI AVERTISSEMENT

étrangers paraissent avoir reconnu la nécessité d'établir des divisions dans les vastes genres où s'entassaient auparavant des espèces si disparates ; leurs groupes sont maintenant précis et bien définis , leurs descriptions suffisamment détaillées , leurs figures exactes jusque dans les plus petits caractères, et souvent de la plus grande beauté sous le rapport de l'art. Il ne reste donc plus guère de difficultés pour s'assurer de l'identité de leurs espèces, et il ne tiendrait qu'à eux de s'entendre sur la nomenclature. Malheureusement, c'est le soin qu'ils ont le plus négligé : les noms des mêmes genres , des mêmes espèces , se multiplient autant de fois que quelque auteur a occasion d'en parler , et pour peu que ce désaccord continue , le chaos renaîtra non moins embrouillé qu'auparavant, quoique par une autre cause.

J'ai fait ce qui était en moi pour comparer et rapprocher ces nomenclatures surabondantes, et même, oubliant mon petit intérêt d'auleur , j'ai souvent indiqué des noms qui semblaient n'avoir été imaginés que pour ne pas avouer que l'on m'empruntait mes divisions. Mais pour exécuter complètement un semblable travail, ce pinax du règne animal, qui devient de jour en jour plus nécessaire, pour en discuter les preuves et pour fixer la nomenclature définitive que l'on adopterait, en la faisant reposer sur des descriptions et des figures suffisantes, il faudrait un espace beaucoup plus grand que celui dont je peux disposer, et un temps que d'autres ouvrages réclament impérieusement. C'est dans l'Histoire des Poissons, que j'ai commencé à publier avec le secours de M. Valenciennes , que je me propose de donner une idée de ce qu'il me semble que l'on pourrait faire sur toutes les parties de la science. Je ne prétends en ofiFrir ici qu'un tableau abrégé , ou même une simple esquisse : heureux si je parviens à rendre cette esquisse correcte dans toutes ses parties !

Divers tableaux du même genre ont été publiés sur quelques classes, et je les ai étudiés avec soin pour perfectionner le mien. La Mammalogie de M. Desmarets, celles de M. Lesson, le Traité sur les Dents des quadrupèdes de M. Frédéric Cuvier,

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la traduction anglaise de ma première édition par M. Griflfith, enrichie de nombreuses additions, surtout par M. Hamilton Smith; la nouvelle édition du Manuel d'Ornithologie deM.Temmink, les fragments ornithologiques de M. Wagler, le Tableau des Reptiles de feu Merrem, et la dissertation sur le même sujet de M. Fitzinger, m'ont principalement été utiles pour les animaux vertébrés. L'Histoire des Animaux sans vertèbres de M. de Lamarck, la Malacologie de M. de Blainville, m'ont aussi beaucoup servi pour les mollusques. J'y ai joint les vues et les faits nouveaux compris dans les nombreux et savants écrits de MM. Geoffroy Saint-Hilaire père et fils, Savigny, Temmink, Lichtenstein , Kuhl, Wilson, Horsfield, Vigors, Swainson, Gray, Ord , Say, Harlan, Charles Bonaparte, Lamouroux, Mitchille , Lesueur , et de plusieurs autres hommes habiles et studieux, que je citerai avec soin aux endroits où je parle des sujets qu'ils ont traités.

Les beaux recueils de planches qui ont paru dans ces douze dernières années m'ont permis d'indiquer un plus grand nombre d'espèces, et j'ai profité amplement de cette facilité. Je dois surtout reconnaître ce que je dois en ce genre à l'Histoire des Mammifères de MM. Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, aux planches coloriées de MM. Temmink et Laugier, à la Galerie des Oiseaux de M. Vieillot, à la nouvelle édition des Oiseaux d'Allemagne de MM. Nauman , aux Oiseaux des Etats- Unis de MM. Wilson, Ord, et Charles Bonaparte (1), aux grands ouvrages de M. Spix et de S. A . le prince Maximilien de Wied sur les animaux du Brésil, et à ceux de M. Férussac sur les mollusques. Les planches et les descriptions zoologiques des Voyages de MM. Freycinet et Duperrey, données dans le premier par MM. Quoy et Gaymard, dans le second par MM. Lesson et Garnot, offrent aussi beaucoup d'objets nouveaux. On doit en dire autant des Animaux de Java de M. Horsfield. Sur un plus petit

(1) L'ouvrage de M. Auduboii , sur les Oiseaux de l'Amérique septentrionale, qui surpasse tous les autres en magnificence , ne m'a été connu que lorsque toute la partie des Oiseaux était imprimée.

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module on trouve encore des figures nouvelles d'espèces raies , dans les Mémoires du Muséum , dans les Annales des Sciences naturelles et d'autres ouvrages périodiques français, dans les différents Dictionnaires d'Histoire naturelle , dans les Illustrations zoologiques de M. Swainson et dans le Journal Zoologique que d'habiles naturalistes publient à Londres. Les Journaux du Lycée de New-Yorck et de l'Académie des Sciences naturelles de Philadelphie, ne sont pas moins précieux; mais à mesure que le goût de l'histoire naturelle se répand, et que cette science est cultivée dans plus de pays, le nombre de ses acquisitions augmente en progression géométrique , et il devient de plus en plus difficile de rassembler tous les écrits des naturalistes et de compléter le tableau de leurs résultats: j'ose donc compter sur l'indulgence de ceux dont les observations m'auraient échappé, ou dont je n'aurais pas étudié les ouvrages assez soigneusement pour en tirer tout le parti qu'ils pouvaient m'offrir.

Mon célèbre ami et confrère M. Latreille ayant bien voulu, comme dans la première édition , se charger de la partie importante et difficile des crustacés, des arachnides et des insectes, il expose lui-même, dans un avertissement, la marche qu'il a suivie , et je n'ai pas besoin de m 'étendre ici sur ce sujet.

Au Jardin du Roi, octobre 1828.

LE

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