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DE L'HISTOIRE NATURELLE ET DE SES METHODES EN GENERAL

Peu de personnes se faisant une idée juste de l'histoire naturelle , il nous a parti nécessaire de commencer notre ouvrage en définissant bien l'objet que cette science se propose, et en établissant des limites rigoureuses entre elle et les sciences qui l'avoisinent.

Dans notre langue et dans la plupart des autres , le mot nature signifie : tantôt, les propriétés qu'un être tient de naissance, par opposition à celles qu'il peut devoir à l'art ; tantôt , l'ensemble des êtres qui composent l'univers ; tantôt enfin , les lois qui régissent ces êtres. C'est surtout dans ce dernier sens que l'on a coutume de personnifier la nature et d'employer par respect son nom pour celui de son auteur.

La physique ou science 7iaturelle considère la nature sous ces trois rapports. Elle est, oli généiale , ou particulière, hà physique générale examine, d'une manière abstraite, chacime des propriétés de ces êtres mobiles et étendus que nous appelons les corps. Sa partie appelée dynamique considère les corps en masse, et fixe mathématiquement, en partant d'un très petit nombre d'expériences, les lois de l'équilibre, celles du mouvement et de sa communication ^ elle prend dans ses différentes divisions les noms de statique, de mécanique , éliydrostatique , <y hydrodynamique y d'aérostatique, etc., selon la nature des

corps dont elle examine les mouvements. Voptique ne s'occupe que des mouvements particuliers de la lumière , et les phénomènes qui n'ont pu encore être déterminés que par l'expérience y deviennent plus nombreux.

La chimie, autre partie de la physique générale, expose les lois selon lesquelles les molécules élémentaires des corps agissent les unes sur les autres à des distances prochaines , les combinaisons ou les séparations qui résultent de la tendance générale de ces molécules à s'unir, et des modifications que les diverses circonstances, capables de les écarter ou de les rapprocher , apportent à cette tendance. C'est une science presque tout expérimentale , et qui n'a pu être réduite au calcul.

La théorie de la chaleur et celle de l'électricité, selon le côté par lequel on les envisage, appartiennent presque également à la dynamique ou à la chimie.

La méthode qui domine dans toutes les parties de la physique générale consiste à isoler les corps, à les réduire à leur plus grande simplicité, à mettre séparément en jeu chacune de leurs propriétés , soit par la pensée , soit par l'expérience ; à en reconnaître ou en calculer les effets , enfin à généraliser et à lier ensemble les lois de ces propriétés pour en former des corps de doctrine, et, s'il était possible , pour les rapporter toutes à une loi unique , qui serait l'expression universelle de toutes les autres.

\^?i physique particulière ou \ histoire naturelle ( car ces deux termes ont la même signification) a pour objet d'appliquer spécialement aux êtres nombreux et variés qui existent dans la nature les lois reconnues par les diverses branches de la physique générale , afin d'expliquer les phénomènes que chacun de ces êtres présente.

Dans ce sens étendu , elle embrasserait aussi l'astronomie ; mais cette science, suffisamment éclairée par les seules lumières de la mécanique, et complètement soumise à ses lois, emploie des méthodes trop différentes de celles que permet l'histoire naturelle ordinaire, pour être cultivée par les mêmes personnes.

On restreint donc cette dernière aux objets qui n admettent pas de calculs rigoureux , ni de mesures précises dans toutes leurs parties ; encore lui soustrait-on d'ordinaire la météorologie, pour la réunir à la physique générale; V histoire naturelle ne considère donc proprement que les corps bruts , appelés minéraux , et les diverses sortes d'êtres vivants, dont il n'est près-

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