QUATRIEME ORDRE DES REPTILES
N'ont au cœur qu'une seule oreillette et un seul ventricule. Ils ont tous deux poumons égaux, auxquels se joignent, dans le premier âge, des branchies qui ont quelque rapport avec celles des poissons , et que portent aux deux côtés du col des arceaux cartilagineux qui tiennent à l'os hyoïde. La plupart perdent ces branchies et l'appareil qui les supporte , en arrivant à l'état parfait. Trois genres seulement, les Sirènes , les Protées et les M énohr anches , les conservent toute leur vie.
Tant que les branchies subsistent , l'aorte , en sortant du cœur, se partage en autant de rameaux, de chaque côté, qu'il a de branchies. Le sang des branchies revient par des veines qui se réunissent vers le dos en un seul tronc artériel , comme dans les poissons 5 c'est de ce tronc , ou immédiatement des veines qui le forment, que naissent la plus grande partie des artères qui nourrissent le corps , et même celles qui conduisent le sang pour respirer dans le poumon.
Mais dans les espèces qui perdent leurs branchies , les rameaux qui s'y rendent s'oblitèrent, excepté deux, qui se réunissent en une artère dorsale , et qui donnent chacun une petite branche au poumon. C'est une circulation de poisson métamorphosée en une circulation de reptile.
(1) Elle est vraiment de Ceylan, quoique Daudin la dise d'Amérique. Leschenault nous l'a rapportée de Ceylan ; mais il est vrai qu'il y en a en Amérique une espèce très voisine. Cœc. bivittata , Nob.
(2) Linnœus la donne. Mus. ad. fred. V, 2; mais en la confondant avec la Tentaculée. Nous avons un squelette de Cécilie , long de plus de six pieds , et à deux cent vingt-cinq
vertèbres, mais dont nous ne connaissons pas les caractères extérieurs, (ô) De jsiÔTfCcxcç (Grenouille ) , animaux analogues aux Grenouilles.
Les Batracieus n'ont ni écailles, ni carapaces; une peau nue revêt leur corps (1) ; à un seul genre près, ils manquent d'ongles aux doigts.
L'enveloppe de leurs œufs est simplement membraneuse; le mâle dispose sa femelle à les pondre par des embrassements très longs, et dans plusieurs espèces il ne les féconde qu'à l'instant de leur sortie.
Ces œufs s'enflent beaucoup dans l'eau après avoir été pondus. Le petit ne diffère pas seulement de l'adulte par la présence des branchies : ses pieds ne se développent que par degrés, et dans plusieurs espèces il a encore un bec et une queue qu'il doit perdre, et des intestins d'une forme différente. Toutefois il v a aussi des espèces vivipares.
Les Grenouilles ( Rana. F^. )
Ont quatre jambes et point de queue dans leur état parfait. Leur tète est plate , leur museau arrondi, leur gueule très fendue; dans la plupart une langue molle ne s'attache point au fond du gosier, mais au bord de la mâchoire, et se reploie en dedans. Leurs pieds de devant n'ont que quatre doigts ; ceux de derrière montrent quelquefois le rudiment d'un sixième.
Leur squelette est entièrement dépourvu de côtes. Une plaque cartilagineuse, à fleur de tête, tient lieu de tympan , et fait reconnaître l'oreille par dehors. L'œil a deux paupières charnues, et une troisième cachée sous l.'inférieure , transparente et horizontale.
L'inspiration de l'air ne se fait que par les mouvements des muscles de la gorge , laquelle, en se dilatant, reçoit de l'air par les narines, et en se contractant pendant que les narines sont fermées au moyen de la langue , oblige cet air de pénétrer dans le poumon. L'expiration , au contraire , s'exécute par les muscles du bas-ventre : aussi quand on ouvre le ventre de ces animaux vivants, les poumons se dilatent sans pouvoir s'afi;\isser , et si on en force un à tenir sa bouche ouverte , il s'asphyxie , parce qu'il ne peut plus renouveler l'air de ses poumons.
Les embrassements du mâle sont très longs. Ses pouces ont un renflement spongieux qui grossit au temps du frai , et qui l'aide à mieux serrer sa femelle. Il féconde les œufs au moment de la ponte. Le petit être qui en sort se nomme têtard. Il est d'abord pourvu d'une longue queue charnue , d'un petit bec de corne, et n'a d'autres membres apparents que de petites franges aux côtés du cou. Elles disparaissent au bout de quelques jours , et Swammerdam assure qu'elles ne font alors que s'enfoncer sous la peau pour y former les branchies. Celles-ci sont des petites houppes très nombreuses, attachées à quatre arceaux cartilagineux, placés de chaque côté du cou, adhérents à l'os hyoïde, et enveloppées dans une tunique
(1) Schneider a constaté que la Grenouille écailleuse de Walbaum , n'avait paru telle que pai- un accident , quelques écailles de Lézards gardés dans le même bocal, s'étant attachés à son dos. {Schii. , Ilisl. Amphib. , Fasc, I , p. 168,)
membraneuse , recouverte par la peau générale. L'eau qui arrive par la bouche , en passant dans les intervalles des arceaux cartilagineux , en sort tantôt par deux ouvertures , tantôt par nne seule , percée ou dans le milieu, ou au côté gauche de la peau extérieure, selon les espèces. Les pattes de derrière du Têtard se développent petit à petit et à vue d'œil : celles de devant se développent aussi, mais sous la peau, qu'elles percent ensuite. La queue est résorbée par degrés. Le bec tombe , et laisse paraître les véritables mâchoires, qui étaient d'abord molles et cachées sous la peau. Les branchies s'anéantissent et laissent les poumons exercer seuls la fonction de respirer qu'elles partageaient avec eux. L'œil , que l'on ne voyait qu'au travers d'un endroit transparent de la peau du Têtard , se découvre avec ses trois paupières. Les intestins, d'abord très longs, minces, contournés en spirale, se raccourcissent, et prennent les renflements nécessaires pour l'estomac et le colon : aussi le Têtard ne vit-il que d'herbes aquatiques , et l'animal adulte que d'insectes et autres matières animales. Les membres des Têtards se régénèrent presque comme ceux des Salamandres.
L'époque de chacun de ces changements particuliers varie selon les espèces.
Dans les pays tempérés et froids , l'animal parfait s'enfonce , pendant l'hiver, sous terre, ou sous l'eau dans la vase, et y vit sans manger et sans respirer ; mais, pendant la belle saison, si on l'empêche de respirer quelques minutes en l'empêchant de fermer la bouche , il périt.
Les Grenouilles proprement dites. (Rana Laurent!.)
Ont le corps effilé , et les pieds de derrière très longs, très forts; et plus ou moins bien palmés ; leur peau est lisse ; leur mâchoire supérieure est garnie tout autour d'un rang de petites dents'fines, et il y en a une rangée transversale, interrompue, au milieu du palais. Les mâles ont, de chaque côté, sous l'oreille, une membrane mince, qui se gonfle d'air quand ils crient. Ces animaux nagent et sautent très bien.
La Grenouille commune ou verte {Rana esculenta. L.) Rœscl. Ran. pi. xiii, xvi.
D'un beau vert tachetée de noir; trois raies jaunes sur le dos; le ventre jaunâtre. C'est l'espèce si commune dans toutes les eaux dormantes, et si incommode, en été, par la continuité de ses clameurs nocturnes. Elle fournit un aliment sain et agréable. Elle répand ses œufs en paquets dans les mares- La Grenouille rousse, (Ranate)nporaria,L.)Rœse\. Ran., pi. i, ii, m.
Brun-roussâtre, tachetée de noir; une bande noire partant de l'œil et passant sur l'oreille.
C'est l'espèce qui paraît la première au printemps ; elle va plus à terre que la précédente, et coasse beaucoup moins. Son Têtard grandit un peu moins avant la métamorphose.
Notre midi produit une Grenouille {R. cultripes , Nob.) tovite semée de taches noirâtres; à pieds amplement palmés, et remarquable surtout parce que le vestige du sixième doigt y est revêtu d'une lame cornée et tranchante. Parmi les Grenouilles étrangères, on peut distinguer
La Jakie. (Rana paradoxa, L.) Séb. I. lxxviii. Merian. Surin. LXXI. Daiul. Gren. XXII. XXIII.
De toutes les espèces du genre, c'est celle dont le Têtard grandit le plus, avant sa métamorphose complète. La perte d'une énorme queue, et des enveloppes du corps, fait même que l'animal adulte a moins de volume que le Têtard, ce qui a donné à croire aux premiers observateurs que c'était la Grenouille qui se métamporphosait en têtard, ou (comme ils disaient) en poisson. Cette erreur est aujourd'hui complètement réfutée.
La Jakie est verdâtre , tachetée de brun , et se reconnaît surtout à des lipnes irrégulières, brunes, le long de ses cuisses et de ses jambes. Elle habite la Guiane.
Il y a encore plusieurs autres Grenouilles étrangères, dont quelques-unes très grandes, et assez mal déterminées (1). On peut remarquer dans le nombre
La Grenoinile taureau ou Bull-frog des Anglo- Américains {Rana pipiens. Lin.) Catesby, II, lxxii.
Verte en dessus, jaunâtre en dessous, tachetée et marbrée de noir (2). Certaines espèces ont les doigts de derrière presque sans palmures; mais toujours très alongés (3).
Les Cératophris , Boié ,
Sont des Grenouilles à large tête, à peau grenue en tout ou en partie, et dont chaque paupière a une proéminence membraneuse en forme de corne (4). Il y en a dont le tympan est caché sous la peau (5). Tous viennent de l'Amérique méridionale.
(1) N. B. Un examen plus approfondi, et la vue des nombreux Batraciens arrivés au Muséum depuis quelques années, m'a fait revenir de l'opinion favorable que j'avais énoncée sur le travail de Daudin; il est incomplet et peu critique , et la moitié de ses figures, faites d'après des individus altérés, ne peuvent servir à une détermination précise des espèces. On doit toutefois excepter ses Rainettes, qui sont beaucoup mieux rendues que ses Grenouilles et ses Crapauds.
(2) Je me suis convaincu que sous ce nom on confond, aux.Etats-Unis, plusieurs espèces, semblables parla taille et les couleurs, mais qui diffèrent, entre autres caractères , par la grandeur relative du tympan. C'est celle où il est le plus grand, que Merrem désigne sous le nom de Mugiens ; mais ses synonymes ne sont pas certains. La fig. de Daud. xyu, avec uneraiejaune le long du dos , est d'une espèce des Indes. Aj. Rana palmipes , Spix , V, 1 ;
J{, tigrina, I)aud., xx ; — R. rirginica, Gmel. Séb., I^ lxxv, 4, ou halecina, Daud.,
oxipipiens, Merr., Catesb., i.xx; — R. clamitans, Daud., XVI.
(ô) Rana ocellata , L., Séb., I, lxxv, i, Lacép., I, xxxviii, Daud., XIX; — R. gtgas, Spix, I ; — 7i. pachypus, id. II ; — /î. coriacea, id. , V , 2; — R. sihilatrix, Pr. Max., liv. ; — R. maculala, Daud., xvii, 2; — ^. rubella, ib., 1 ; — i?. tijphonia, Ib., 4, qui n'est pas, comme le croit Merrem, le virginica de Gm. ; — R- punctata, ib., XVI, 1; — R. mystacea, Spix, III, 2-3 ; — B. miliaris, et R. ptjgmœa, id., VI ; — R. lahyrmthica, id. ,VII.
(4) Ccratophris varius, B., ou Rana cornuta, Séb.,I, lxxu, 1-2; Tiles., Mag. de Berl., 1809, deuxième trim., pi. 111 ; et voyage de Rrusenst., pi. vi, ou Ccratophris dorsata, Pr. Max. , deuxième liv. ; — Cerat. Spixii , Nob. , ou B. megastoma , Spix, IV, i; — Ban. scutata, ib., 2; —Cerat. Daudini, Nob., Daud., xxxvin; — Ccrat. cUpeata, Nob.
(5) Cératophris granosa , Nob. C'est de ces Grenouilles cornues, à tympan caché, que Gravanhorst a fait son genre Stombus ; mais elles ont des dents comme les autres, et ne doivent point être rapprochées des Crapauds , comme le fait Fitzinger.
Le midi de l'Afrique produit des Batraciens semblables aux Grenouilles par leurs dents, leur peau lisse, à doigts pointus, ceux de derrière largement palmés, et les trois internes ayant leur extrémité enveloppée dans un ongle conique de substance cornée et noire ; leur tète est petite, leur bouche médiocre ; leur langue, attachée au fond de la gorge, est oblongue, charnue et fort grande ; on ne voit pas leur tympan. Ces nombreux caractères nous ont déterminé à en former un genre sous le nom de Dactylf.thra (1).
Les Rainettes (Hyla. Laurenti). Calamita. Schn. et Merrem.
Ne diffèrent des Grenouilles que parce que l'extrémité de chacun de leurs doigts est élargie et arrondie en une espèce de pelotte visqueuse, qui leur permet de se fixer aux corps et de grimper aux arbres. Elles s'y tiennent, en effet, tout l'été , et y poursuivent les insectes; mais elles pondent dans l'eau, et s'enfoncent dans la vase en hiver, comme les autres Grenouilles. Le mâle a sous la gorge une poche qui se gonfle quand il crie.
La llainette commune. (Rana arhorea, L.) Rœs. Ran. pi. ix, x, xi.
Verte dessus, pâle dessous, une ligne jaune et noire le long de chaque côté du corps. Elle ne produit qu'à l'âge de quatre ans, et s'accouple à la fin d'avril. Son têtard achève sa métamorphose au mois d'août. Les Rainettes étrangères sont assez nombreuses; il y en a plusieurs de jolies. Une des plus grandes et des plus belles , est
La Rainette bicolore. {H. bicolor.)BsLuà. VIII; et Spix. XIII.
Bleu céleste en dessus, rosée en dessous. De l'Amérique méridionale. Une plus grande encore
La Patte d'oye. {R. maxima, Lin. Hylapalmata. Daud, XX.)
Rayée en travers irrégulièrement, de roux et de fauve. De l'Amérique septentrionale (2).
On peut remarquer aussi , à cause de la propriété singulière qu'on lui attribue,
La Rainette il tapirer, {Rana tinctoria, L.)
Dont le sang, imprégné dans la peau des Perroquets aux endroits où on leur a arraché quelques plumes, fait revenir, dit-on, des plumes roiipes ou jaunes , et produit sur l'oiseau cette panachure qu'on appelle tapiré. On assure que c'est une espèce brune, à deux bandes blanchâtres, réunies en
(1) De S'j.ySlyï.v'àpc'. {dé à coudre) : leurs ongles ont cette forme. Le Crapaud lisse Daud. : p!. xsx, f. 1 , en est une mauvaise figure, ou les pieds de derrière sont tout-à-fait manques ; Merrem en a fait son Pipa lœvis. Le Pipa biifonia de Merr., ou jirélendu Pipa mâle , pi. enlum. , n» 21 , f . 2 , est encore la même espèce mais représentée sans ongles. Fitzinger fait de ces espèces de Merrem, des Engystoma , mais les vrais Engystoma ou les Breviceps, Merr. n'ont pas de dents ni d'ongles.
(2) Aj. en espèces palmées, Hyl. vcnulosa , Daud. , xix, ou Cal. honns, 3Ierr. Séb. I, Lxxu:,—Hyl. tibicen, Séb., ib., 1, 2, ô-^—H^marmorata, Séb., I, lxxi,4, 5. Daud ' xvui ; H. lateralis, Catesb., II , lxxi , Daud. , II ; — //. hilineata, Daud. , lU—H verrticosa; —H. oculata ; — H . frontalis , id., et dans Spix, Hijl. bufonia , xn' —H oeo grafica , XI , i ; — //. aîbomarginata , VIII ,^;—H. papillaris ,'2: — H. pardalis ô ■ — N. cinerascens , 4 ; — //. affinis, VII , ô. ■• ^ j
travers en deux endroits. (Daud., pi. viii), ses pieds de derrière ont les doigts presque libres (1).
Les Crapauds (Bufo, Laiir.)
Ont le corps ventru, couvert de verrues ou papilles, un gros bourrelet percé de pores derrière l'oreille, lequel exprime une humeur laiteuse et Cétide ; point du tout de dents; les pattes de derrière peu alongées. Us sautent mal , et se tiennent plus généralement éloignés de l'eau. Ce sont des animaux d'une forme hideuse, dégoûtante, que l'on accuse mal à propos d'être venimeux par leur salive, leur morsure, leur urine, et même par l'humeur qu'ils transpirent.
Le Crapaud commun. {Rana Bufo, L.) Rœs. Ran. XX.
Gris-roussâtre ou gris-brun; quelquefois olivâtre ou noirâtre; le dos couvert de beaucoup de tubercules arrondis, gros comme dos lentilles. Le ventre garni de tubercules plus petits et plus serrés. Les pieds de derrière demi-palmés. Il se lient dans les lieux obscurs et étouffés, et passe l'hiver dans des trous qu'il se creuse. Son accouplement se fait dans l'eau, en mars et en avril ; lorsqu'il a lieu sur terre, la femelle se traîne à l'eau en portant son mâle: elle produit des œufs petits et innombrables, réunis par une gelée transparente en deux cordons , souvent longs de vingt à trente pieds, que le mâle tire avec ses pattes de derrière. Le têtard est noirâtre , et de tous ceux de notre pays, c'est celui qui est encore le plus petit, lorsqu'il prend des pieds cl perd sa queue. Le Crapaud commun vit plus de quinze ans , et produit à quatre. Son cri a quelque rapport avec l'aboiement d'un chien.
Le Crapaud des joncs . {Rana bufo calamila, Gm.) Rœs. XXIV. Daud. XXVII. 1.
Olivâtre; des tubercules comme au précédent; mais pas de si grand bourrelets derrière les oreilles; une ligne jaune, longitudinale sur l'épi tc; une. rougeàtre, dentelée sur le rianc : les pieds de derrière sans aucune membrane. Il répand une odeur empestée de poudre à canon ; vit à terre ; ne saute point du tout, mais court assez vite ; grimpe aux murs pour se retirer dans leurs fentes, et a pour cela deux petits tubercules osseux sous la paume des mains; ne va à l'eau que pour l'accouplement, au mois de juin; pond deux cordons d'œufs, comme le Crapaud commun ; le mâle crie comme celui de la Rainette, et a de même une poche sous la gorge.
Le Crapaud brun. (Rana bomhina, y Gm. Bufofuscus. Laurenti.) Rœs. XVII,
Brun-clair, marbré de brun-foncé ou de noirâtre; les tubercules du dos pou nombreux, gros comme des lentilles ; le ventre lisse; les pieds do derrière à doigts alongés et entièrement palmés ; il saute assez bien ; se tient de prélérence près des eaux ; répand une forte odeur d'ail lorsqu'il est inquiété. Ses œufs sortent du corps en un seul cordon, mais plus épais que les deux que rend le Crapaud commun. Son têtard tarde plus que les autres de ce pays-ci, à passer à l'état parfait; et li est déjà fort grand, qu'il a encore sa
(1) Aj. en espèces à doigts de derrière peu palmés ; — H. femoraUs, Daud. , IV; — H. squirella, id. , V ; — jfiT. trnitfata, etc. , Spix IX; — H.abbieviata, id., XI, 4.
La Rainettehleue àGXii'^ony.WoW. ^ Hyla cyattca , Daud. , n'aurait selon White, p. 248, que quatre doigts derrière, et Fitzinger, qui paraît l'avoir vue, en a fait, en conséquence, son genre Calamita. Nous en avons une du même pays, et toute semblable, qui bien certainement en a cinq.
queue, et que ses pieds de devant ne sont pas sortis. Il a même l'air de rapetisser lorsqu'il perd tout-à-fait son enveloppe <le têtard. On le mange en quelques lieux, comme si c'était un poisson.
Le Crapaud variable. Crap. vert. Lacep. (Rana variabilh, Gm.) Pal). Spicil* VII, VI. 31 Daiid. xxvin.2.
Presque lisse; blanchâtre, à taches tranchées d'un vert foncé ; remarquable par les changements de nuance de la peau , selon qu'il veille ou qu'il dort, qu'il est à l'ombre ou au soleil. Il est plus commun dans le midi de la France qu'aux environs de Paris.
Le Crapaud accoucheur. {Bufo obstetrîcans. Laur.) Daud. pi. xxxu, f. 1.
Petit , gris en dessus , blanchâtre en dessous ; des points noirâtres sur le dos; de blanchâtres sur les côtés. Le mâle aide la femelle à se délivrer de ses œufs, qui sont assez grands, et se les attache en paquets sur les deux cuisses, au moyen de quelques fils d'une matière glutineuse. 11 les porte encore, qu'on distingue déjà au travers de leur enveloppe les yeux du têtard qu'ils contiennent. Lorsqu'ils doivent éclore, le Crapaud cherche quelque eau dormante pour les y déposer. Il se fendent aussitôt, et le têtard en sort et nage. Il est fort petit, et vit de chair. Cette espèce est commune dans les -lieux pierreux des environs de Paris (1).
On trouve en Sicile un Crapaud deux ou trois fois plus grand que les nôtres; - brun, à tubercules plats et irréguliers. Il se tient de préférence dans les touffes de palmiers. iNous le nommerons Bufo palmarum.
Les Crapauds étrangers sont jusqu'à présent assez mal déterminés; il en est plusieurs remarquables par leur grandeur.
Le Crapaud agua. {Rana marina. Gm.) Daud. XXXVII. Spix. XV.
Brunâtre, varié de brun; des tubercules inégaux peu saillants ; les parotides triangulaires, larges de plus d'un pouce, dans des individus de dix à douze de longueur sans les pieds. Il vit dans les contrées marécageuses de l'Amérique méridionale (2).
On a séparé récemment quelques sous -genres de celui des Crapauds; ainsi
Les BoMBiNATOR, Merf.
Ne diffèrent des autres, que parce que leur tympan est caché sous la peau ; tel est dans notre pays
Le Crapaud à ventre jaune. {Rana bombina, Gm.) Rœs. XXII. Daud. XXVI.
Le plus petit et le plus aquatique de nos Crapauds ; grisâtre ou brun en dessus; bleu noir, avec des taches orangées en dessous; les pieds de derrière complètement palmés, et presque aussi alongés que ceux des Grenouilles; aussi saute-t-il presque aussi bien qu'elles. Il se tient dans les marais , et
(1) On ne sait pourquoi Merreni a mis le Crapaud accoucheur dans ses Bombinator.On voit tdès bien le tympan de ecelte espèc.
(2) Aj. Bufo maculiventris , Spis , XV ; si toutefois il diffère de VJgua; — B. ictericus , id.,xvi,i; — B.lazarus, id , xvu,i; — B. stellatus , id., xvui , i ; — B. scaber , Daud., xxxiv , i , qui n'est pas le même que le B. scaber de Spix , x , i ; — B. bengalensis, id., XXXV , 1 ; — B. musicus, id. , xxxui , 2 ; — B. cinctus, Pr. Max, troisième liv. ; le B. agua, du pr. de Wied. , septième liv. , ne paraît pas le même que celui de Spix.
s'accouple au mois de juin; ses œufs sont en petits pelotons, et plus grands que ceux des espèces précédentes (1).
Les Rhinelles, Fitzing., ou Oxyrhynchus. Spix,
Ont le museau pointu en avant (2).
On doit en rapprocher
Les Otilophes, Cuv.
Où le museau est aussi en angle, et où la tête a, de chaque côté , une crête qui s'étend sur la parotide. Le Crapaud perlé (Rana margarltifera , Gm. ), Daud., XXXIII, 1, en est le type.
Les Breviceps, Merr. (Engystoma. Fitzing. en partie.)
Sont des Crapauds sans tympan ni parotide visibles; à corps ovale; à tête et bouche très petites; à pieds peu palmés (3).
Une différence plus essentielle, est celle qui a fait séparer de tout le grand genre des Rana,
Les Pipa, Laurent!.
Oui se distinguent par leur corps aplati horizontalement; par leur tète large et triangulaire; par l'absence de toute langue; par un tympan caché sous la peau; par de petits yeux placés vers le bord de la mâchoire supérieure; par des doigts de devant, fendus chacun au bout, en quatre petites pointes ; enfin, par rénorme larynx du mâle , fait comme une boîte osseuse, triangulaire , au dedans de laquelle sont deux os mobiles qui, peuvent fermer l'entrée des bronches (4).
L'espèce anciennement connue {Rana pipa, L.) Séb. I, lxxvii , Daud. XXXI , XXXII , vit à Cayenne et à Surinam , dans les endroits obscurs des maisons , et a le dos grenu , avec trois rangées longitudinales de grains plus gros. Lorsque les œufs sont pondus , le màle les place sur le dos de la femelle et les y féconde de sa laite ; alors la femelle se rend à Teau , la peau de son dos se gonfle, et forme des cellules dans lesquelles les œufs éclosent. Les petits y passent leur état de têtard , et n'en sortent qu'après avoir perdu leur queue et développé leurs pattes. C'est là l'époque où la mère revientà terre. Spix en représente un, pi. xxii, d'espèce au moins bien voisine {Pipa curu- 7'iini , Spix), du fond des lacs du Brésil, et assure que la femelle ne porte point ses petits; reste à savoir s'il l'a suivie pendant toute l'année (5).
(1) Aj. Bufo ventricosus, Daud.,xxx, 2^ espèce représentée avec une insufflation exagérée.
(2) Bufo prohoscideus, Spix, xxi , 4; les espèces voisines représentées sur la même planche , B. semilineatus , B. granulosus, B. acutirostris et celles de la pi. xiv , naricus et nasutus, lient trop intimement ce sous-genre aux crapaux ordinaires pour qu'il soit l'acile de le conserver.
(3) Engystoma dorsatum , Nob. , ou Bufo gibbosus , Auct. , Séb., II , xxxvu , n^ô, Daud., XXIX ,2; — Eng. mariiioratuiii ; — Eng. granosum , Nob. , espèces nouvelles, l'une de l'Inde, l'autre du Cap. LE'ng. surinatncnse , Daud., xxxui,2 , a déjà la bouche plus ample, ainsi que les Bufo globulosus et albifrons , Spix, xix. N. B. V Engystoma ovalis, ritz. , est un dactylètre ; son Eiig. ventricosa, Daud. , xxx, 2, est un bombinator.
N. B. Le Bufo cphtppium, Spix, xx , 2, dont Fitzinger fait «on genre Brachyce- PUALUS, parce qu'on neluivoit que trois doigts à tous les pieds, pourrait n'être qu'un jeune individu mal conservé ou mal rendu.
(4) C'est ce que Schneider a décrit sous le nom do cista sternalis.
(5) Il y a au cabinet du roi un vrai pipa du Rio Negro , entièrement lisse, à tête plus étroite que l'ordinaire. Ce sera mon Pip alœvis, très différent de celui de Mcrreni , qui est un dactylètre.
Les Salamandres (Salamandra. Brongn.)
Ont le corps alongé, quatre pieds et une longue queue, ce qui leur donne la forme générale des Lézards : aussi Linnœus les avait-il laissées dans ce genre ;mais elles ont tous les caractères des Batraciens.
Leur tète est aplatie; l'oreille cachée entièrement sous les chairs, sans aucun tympan , mais seulement avec une petite plaque cartilagineuse sur la fenêtre ovale; les deux mâchoires garnies de dents nombreuses et petites; deux rangées longitudinales de pareilles dents dans le palais , mais attachées aux os qui représentent le vomer ; la langue comme dans les Grenouilles; point de troisième paupière ; un squelette avec de très petits rudiments de côtes, mais sans sternum osseux; un bassin suspendu à l'épine par des ligaments, quatre doigts devant, presque toujours cinq derrière. Dans l'état adulte , elles respirent comme les Grenouilles et les Tortues. Leurs têtards respirent d'abord par des branchies en forme de houppes , au nombre de trois de chaque côté du cou, qui s'oblitèrent ensuite ; elles sont suspendues à des arceaux cartilagineux, dont il reste des parties à l'os hyoïde de l'adulte. Un opercule membraneux recouvre ces ouvertures; mais les houppes ne sont jamais enfermées dans une tunique , et flottent au dehors. Les pieds de devant se développent avant ceux de derrière ; les doigts poussent aux uns et aux autres successivement.
Les Salamandres terrestres (Salamandra. Laur.)
Ont, dans l'état parfait , la queue ronde ; ne se tiennent dans l'eau que pendant leur état de têtard , qui dure peu , ou quand elles veulent mettre bas. Les œufs éclosent dans l'ovidnctus.
Nos espèces terrestres ont de chaque côté, sur l'occiput, une glande
analogue à celle des Crapauds.
La Salamandre commune. {Lacerta salamandra. Lin.) Salam. maculosa. Laur. Lac. II , pi. xxx.
Noire, à grandes taches d'un jaune vif; sur ses cotés sont des rangées de tubercules desquels suinte , dans le danger, une liqueur laiteuse , amère , d'une odeur forte, qui est un poison pour des animaux très faibles. C'est peut-être ce qui a donné lieu à la fable que la Salamandre peut résister aux flammes. Elle se tient dans les lieux humides ; se relire dans des trous souterrains ; mange des Lombrics , des insectes , de l'humus ; reçoit la semence du mâle intérieurement ; fait ses petits vivants et les dépose dans des mares ; ils ont , dans leur premier âge , la queue comprimée verticalement , et des branchies (1).
On trouve, dans les Alpes, une Salamandre semblable à la commune, mais entièrement noire et sans taches {Sal. atra , Laurent! , pi. i , f. 2.)
La Salam. à hinetle {Sal. perspicillata. Savi. )
N'a que quatre doigts aux pieds de derrière , comme à ceux de devant ;
(1) l'oijez, Ad. frofl. Fuiick., de salam. icrrcstr. rila , evoUitiono , fonnaiiouc, Beiliii, 1827, fol.
elle est noire dessus; jaune, tachetée de noir en dessous , elle a une ligne jaune en travers sur iesyeux. C'est un petit animal des Apennins (1). L'Amérique septentrionale, qui possède beaucoup plus de Salamandres que
l'Europe, en a plusieurs de terrestres , à queue ronde , mais sans glandes sur
l'occiput (2).
Les Salamandres aquatiques (Triton. Laurenti.)
Conservent toujours la queue comprimée verticalement , et passent presque toute leur vie dans l'e^iu.
Les expériences de Spallanzani sur leur force étonnante de reproduction , les ont rendues célèbres. Elles repoussent plusieurs fois de suite le même membre quand on le leur coupe, et cela avec tous ses os, 6es muscles, ses vaisseaux, etc. Une autre faculté non moins singulière, est celle que leur a reconnue Dufay, de pouvoir être prises dans la glace, et d'y passer assez longtemps sans périr.
Leurs œufs sont fécondés par la laite répandue dans l'eau, et qui pénètre avec l'eau dans les oviductus ; ils sortent en longs chapelets ; les petits n'éclosent que quinze jours après la ponle, et conservent leurs branchies plus ou moins long-temps, selon les espèces. Les observateurs modernes en ont reconnu plusieurs dans notre pays ; mais il reste quelque doute dans leurs déterminations, attendu que ces animaux changent de couleur, selon l'âge, le sexe et la saison , et <{ue les crêtes et autres ornements des mâles ne sont bien développés iju'au printemps. Lorsque l'hiver les surprend avec des branchies , ils les conservent jusqu'à l'année suivante, en grandissant toujours (3). Les mieux caractérisées sont :
J^a Salamandre marbrée , (S. marmorata. Latreille. Triton Gesneri. Laurenti. )
A peau chagrinée , vert-pâle en dessus , à grandes taches irrégulières brunes; d'un brun pointillé de blanc en dessous ; une ligne rouge le long du dos, qui, dans le mâle, forme un peu crête, et avec taches noires. Peu aquatique.
La Salamandre à flancs tachetés. {S. alpestris.) Bechst. trad. de Lac. pi. xx.
A peau chagrinée , ardoisée et brune en dessus; ventre orangé ou rouge ; une bande de petites taches noires, serrées le long de chaque flanc.
La Salamandre crêtée {Sal. cristata. Latr. )
A peau chagrinée, brune dessus , avec des taches rondes noirâtres; orangée dessous , tachetée de même ; les côtés pointillés de blanc. La crête du mâle haute, découpée en dentelures aiguës, lisérée de violet au temps de
(1) Vous avons constaté que la Sal. à trois doigts (Lacép. , II , pi. 36). n'est qu'un individu desséché et un peu mutilé de la Salamandre à lunettes; — aj. Sal. salvi, Gosse.
(2) Sal. venenosa, Daud. , ou siibviolacea , Barton. ; — Sal. fasciata , Harl. ; — Sal. tigrina, ib. ; — Sal. erijthronota, id. ; — S. biUneata, id. ; — Sal. riibra , Uaud. , viii , pi. 91 , f. 2; — Sal. variolata , Gilliams , Se. nat. Phil. , I , pi. xvui , f. 1 ; et plusieurs espèces nouvelles. LaSal.japomca, de Houttuin, Bechstein. trad. de Lacép., II , pi. 18 , f. 1 , est très voisine de l'Eiythronote.
(3) C'est d'un individu qui avait ainsi conservé ses branchies , que Laurenti a fait son Proteus trilonius.
La Salamandre ■ponctuée . {S. punclaia.Lalr.)
Peau lisse; dessus brun clair; dessous pâle ou rouge; des taches noires et rondes partout; des raies noires sur la tête; la crête du mâle festonnée ; ses doigts un peu élargis , mais non palmés.
La Salamandre palmipède. ( Sal. palmata. Latr. )
Dos brun; dessus de la tête vermiculé de brun et de noirâtre; flancs plus clairs , à taclies rondes, noirâtres ; ventre sans taches. Le mâle a trois petites crêtes sur le dos; les doigts dilatés et réunis par membranes ; la queue terminée par un petit filet (1).
L'Amérique septentrionale possède aussi plusieurs Salamandres aquatiques (2).
On a trouvé parmi les schistes d'OEningen des squelettes d'une Salamandre de trois pieds de longueur. L'un d'eux est le prétendu homme fossile de Scheuchzer.
A la suite des Salamandres, viennent se ranger plusieurs animaux fort semblables, dont les uns passent pour n'avoir jamais de branchies, c'est-à-dire probablement qu'ils les perdent d'aussi bonne heure que notre Salamandre terrestre ; les autres, au contraire, les conservent pendant toute leur vie, ce qui n'empêche pas qu'ils n'aient aussi des poumons comme les Batraciens , en sorte qu'on peut les regarder comme les seuls animaux vertébrés , véritablement amphibies (3).
Parmi les premiers (ceux auxquels on ne voit point de branchies) , se rangent deux genres.
Les Menopoma., Harlan. (-4)
Qui ont tout-à-fait la forme de Salamandre : des yeux apparents, des pieds bien développés et un orifice de chaque côté du cou. Outre la rangée de fines dents autour des mâchoires, ils en ont une para Hèle sur le devant du palais.
(1) Cette caraclérisation des espèces européennes est celle qui m'a parole plus conforme à la nature; mais il me serait très difficile d'y rapporter exactement la synonymie des auteurs , tant je trouve leurs descriptions et leurs figures peu d'accord avec les objets que j'ai sous les yeux.
(2) Sal. Synimetrica, Ilarl., qui me paraît déjà représentée dans le Lacép. de Bechstein, II , pi. 18, f. 2, sous le nom de Sal. punctata ; et plusieurs espèces dont je n'ai pu reconnaître les descriptions , et qui méritaient bien une monographie accompagnée de bonnes figures.
(3) L'existence et l'action simultanée des houppes branchiales et des poumons, dans ces animaux, ne peut pas plus être contestée que les faits les plus certains de l'histoire naturelle ; j'ai sous les yeux les poumons d'une Sirène de trois pieds de longueur , où l'appareil vasculaire est aussi développé et aussi compliqué que dans aucun reptile, et néanmoins cette sirène avait ses branchies aussi complètes que les autres.
(4) M. Harlan les avait nommés d'abord Abranchus; Leukard et Fitïinger les nomment Cryptobranchus , d'autres Protonopsis.
432 UEPTILES.
Tel est le reptile nommé long-temps :
Grande Salamandre de l'Amérique septentrionale {Salamandra gigantea.^Arion. Hellbender des Etats-Unis.) Ann. du Lyc. de New-York. I. pi. 17.
Long de quinze à dix-huit pouces ; d'un bleu noirâtre. 11 habite dans les rivières de Tintérieur et dans les grands lacs.
Les Amphiuma, Garden,
Ont aussi un orifice de chaque côté du cou , mais leur corps est excessivement alongé; leurs jambes et leurs pieds, au contraire , très peu développés , et leurs dents palatines forment deux rangées longitudinales.
11 y en a une espèce à trois doigts à tous les pieds {Amph. tridaclfliim ,
Cuvier), et une à deux doigts seulement {Amph. me ans , Gard, et Ilarlan),
Mém. du Mus. XIV, pi. 1 (1).
Parmi ceux qui conservent toujours leurs branchies
Les AxoLOTs
Ressemblent de tout pointa des larves de Salamandre aquatique, ayant quatre doigts devant , cinq derrière , trois longues branchies en forme de houppes, etc. Leurs dents sont en velours aux mâchoires et à deux bandes sur le vomer. Tel est
VAxolot des Mexicains, [Sircn. jnsciformis. Shaw.) Gen. Zool. vol. 111 , part. Il, pi. 140. Humb. obs. Zool. 1. pi. 12.
Long de huit à dix pouces ; gris , tacheté de noir ; il habite dans le lac qui entoure Mexico (2).
Les Menobranchbs de Harlan, on Nectiirus àe Rafinesque,
IN'ont que quatre doigts à tous les pieds ; il y a une rangée de dents à leurs intermaxillaires , et une autre parallèle , mais plus étendue , à leurs maxillaires.
L'espèce la plus connue {Menohranchus lateralis , Harl. Triton lateralis , Say.) Ann. du Lyc. de New-York. 1. pi. 16, vit dans les grands lacs de l'Amérique septentrionale , et devient fort grande j attein t, dit-on , deux et trois pieds. On l'a eue d'abord du lac Champlain,
Les Protées. (Proteus. Laur. Hypochton. Merr.)
N'ont que trois doigts devant, et deux seulement derrière.
(1) Linnœus connut V Amphiuma , mais trop tard pour le mettre dans une des éditions de son Système , qui ont paru de son vivant. Il a été décrit depuis par le docteur Mitchill. , sousle nom de Chrysodonta larvœformis, et par le docteur Harlan, sous celui (ïamp/numa. J'ai fait connaître l'espèce de Vamphiiniia tridactijlum , qui est delà Louisiane et atteint une taille de trois pieds. Votjcz les Mém. du Mus. , tome XIV. 1 . Je soupçonne que c'est de cette espèce que Barton , dans sa lettre sur la Sirène, parle comme d'une Sirène à quatre jtieds.
(2) Ce n'est encore qu'avec doute que je place l'Axolot parmi les genres à branchies permanentes ; mais tant de témoins assurent qu'il ne les perd pas, que je m'y ois obligé.
Jusqu'ici on n'en, connaît qu'une seule espèce {Proteus anguinus, Laur., pi. IV, f. 5, Daud. VIII , xcix , 1 ; Siren. anguina, Schn.). Animal long de plus d'un pied , gros comme le doigt , à queue comprimée verticalement , à quatre petites jambes. Son museau est alongé , déprimé ; ses deux mâchoires garnies de dents; sa langue peu mobile, libre en avant ; son œil excessivement petit et caché par la peau , comme dans le Rat-Taupe; son oreille couverte par les chairs, comme dans la Salamandre; sa peau lisse et blanchâtre. On ne le trouve que dans les eaux souterraines, par lesquelles certains lacs de la Carniole communiquent ensemble.
Son squelette ressemble à celui des Salamandres , excepté qu'il a beaucoup plus de vertèbres , et moins de rudiments de côtes; mais sa tète osseuse est toute différente de la leur par sa conformation générale. Enfin, il y en a qui n'ont que les pieds de devant et manquent entièrement de pieds de derrière. Ce sont :
Les Sirènes. (Siren. L.)
Animaux alongés , presque de la forme des Anguilles ; à trois houppes branchiales; sans pieds de derrière, ni même aucun vestige de bassin. Leur tète est déprimée , leur bouche peu fendue , leur museau obtus , leur œil fort petit , leur oreille cachée ; leur mâchoire inférieure est armée de dents tout autour , mais la supérieure n'en a point , et il y en a plusieurs rangées qui adhèrent à deux plaques collées sous chaque côté du palais (1).
La Sirène {lacertine Siren. lacertina. \Àn. )
Atteint jusqu'à trois pieds de longueur; elle est noirâtre; ses pieds ont quatre doigts ; sa queue est comprimée en nageoire obtuse. Elle habite les marais de la Caroline, et surtout ceux qu'on établit pour la culture du riz; s'y tient dans la vase , d'où elle va aussi quelquefois à terre ou dans l'eau. Elle se nourrit de Vers de terre, d'insectes, etc. (2)
On en connaît deux espèces beaucoup plus petites.
La Sirène intermédiaire (S. intermedia. Leconte. ) Lycée de New- York. II , Dec. 1826 , pi. 1.
Noirâtre, et à quatre doigts comme la grande, mais dont les houppes branchiales sont moins frangées. Elle ne passe pas un pied de longueur.
La Sirène rayée. {S. striata , id.) ib. I, pi. iv. Noirâtre ; deux raies longitudinales jaunes de chaque côté ; trois doigts
(1) C'est vainement que quelques auteurs récents ont voulu renouveller l'ancienne supposition que la Sirène est un têtard de Salamandre. On en a des individus plus grands de beaucoup qu'aucune Salamandre connue , et dont les os ont acquis une dureté parfaite sans ([ne l'on y aperçoive le moindre vestige de pieds de derrière; l'ostéologie en est d'ailleurs toute différente de celle des Salamandres ; il y a des vertèbres plus nombreuses (90) et autrement figurées, et beaucoup moins de côtes (huit paires); la conformation delà tête et les connexions des os qui la composent , sont tout autres, l^'oyez mes Recherches sur les ossements fossiles , tome V , part 2.
(2) Barton conteste l'habitude de se nourrir de Serpents , et le chant semblable à celui d'un jeime Canard . que Gardon attribue à la Sirène {Barton sonic account on siren lacortinn , etc. ).
seulement aux pieds ; les houppes branchiales peu l'raiifiées. Sa longueur n'est que de neuf pouces (1).