FORCES ORGANIQUES
ques, capables d'opérer des décompositions, tels que la lumière, le calorique, les sels, les vapeurs odorantes , la percussion , la compression , etc. y etc.
H y a donc grande apparence que ces causes agissent sur le fluide nerveux d'une manière chimique , et en altérant sa composition ; cela est d'autant plus vraisemblable , que Leur action s'émousse ea se continuant , comme si le fluide nerveux avait besoin de reprendre sa composition primitive pour pouvoir être altéré de nouveau .
Les organes -extérieurs des sens sont des sortes de cribles qui ne laissent parvenir sur le nerf que l'espèce d'agent qui doit l'affecter à chaque endroit , mais qui-sou vent l'y accumulent de manière à en augmenter l'effet : la langue a defc papilles spongieuses qui s'imbibent des dissolutions salines ; l'oreille > une pulpe gélatineuse qui est forttement<ébranlée par les vibrations sonores ; l'œil, des lentilles transparentes qui concentrent Jes rayons de la lumière, etc.
Ce que Von appelle les irritants ou les agents qui occasion eut les contractions de la fibre, exercent probablement cette action: en faisant produire sur la fibre, par le nerf, le même effet qu'y produit la volonté; c'est-à-dire «en altérant le fluide nerveux de la manière nécessaire pour changer les dimensions de la fibre sur laquelle il influe ; mais la volonté n'est pour .rien dans leur action; souvent même le moi n'en a aucune connaissance. Les muscles séparés du corps sont encore susceptibles
a 8 IKTRODUCTION.
d'irritation tant que la portion de nerf restée avec eux conserve le pouvoir d'agir sur eux, et la vorlonté est évidemment étrangère à ce phénomène.
Le fluide nerveux s'altère- par l'irritation musculaire aussi- bien que par la sensibilité, et que par le mouvement volontaire , et il a de même besoin d'être rétabli dans sa composition.
Les mouvements de translation nécessaires à la vie végétative sont déterminés par des irritations : les aliments irritent l'intestin , le sang irrite le cœur, etc. Ces mouvements sont tous soustraits à la volonté, et en général (tant que la santé dure), à la connaissance du moi j les nerfs qui les produisent ont même , dans plusieurs parties , une distribution différente des nerfs affectés aux sensations ou soumis à la volonté , et cette distribution paraît avoir précisément pour objet de les y soustraire.
Les fonctions nerveuses, c'est-à-dire la sensibilité et l'irritabilité musculaire , sont d'autant plus fortes dans chaque point, que leur agent y est plus abondant j et comme cet agent , ou le fluide nerveux, est produit par une sécrétion, il doit être d'autant plus abondant qu'il y a plus de matière médullaire ou secrétaire, et que cette matière reçoit plus de sang. *
Dans les animaux qui ont une circulation , le sang arrive aux parties par les artères qui le transportent , au moyen de leur irritabilité et de celte du cœur. Si ces artères sont irritées , elles agissent plus
FORCES ORGÀHQUJ6S. 20
virement et amènent plus de sang ; lé fluide nerveux devient plus abondant et augmente la sensibilité locale ; il augmente à son tour l'irritabilité des artères, et cette action mutuelle peut aller fort loin. On l'appelle orgasme y et quand elle devient douloureuse et permanente , inflammation. L'irritation peut aussi commencer par le nerf quand il éprouve des sensations vives.
Cette influence mutuelle des nerfs et des fibres , soit du système intestinal , soit du- système artériel , est le véritable ressort de la vie végétative dans les animaux.
Comme chaque sens extérieur n'est perméable qu'à telle ou telle substance sensible , de même chaque organe intérieur peut n'être accessible qu'à tel ou tel agent d'irritation. Ainsi le mercure irrite les glandes salivaires, les" cantharides irritent la vessie, etc. • • • Ces agents sont ce que l'on nomme des spécifiques*
Le système nerveux étant homogène et continu > les sensations et irritations locales le fatiguent tout entier; et chaque fonction, portée trop loin, peut
affaiblir les autres. Trop d'aflRnts empêchent de penser ; des méditations trop prolongées affaiblissent la digestion , etc.
Une irritation locale excessive peut affaiblir le corps entier, comme si toutes lés forces de la vie se portaient sur un seul point.
Une seconde irritation produite sur un autre
5o INTRODUCTION.
point' peut diminuer, ou , comme em dit, détourner la première ; tel est l'effet des purgatifs , des Vésicatoires, etc.
Tout rapide qu'est notr^ énoncé, il doit suffire pouf établir là possibilité de se rendre compte de tous les phénomènes de là trie physique, par la seule admission d'un Àuide tel que nous venons de le définir, d'après les propriétés qu'il présente.
IDÉE. SOMMAIRE DES FONCTIONS ET DES ORGANES DU CORPS DES ANIMAUX, AINSI QUE DES DIVERS DEGRÉS DE LEUR COMPLICATION.
Après ce que nous veûons de dire des éléments organiques du corps , de ses principes chimiques et des forcée qui agissent en lui, nous n'avons plus qu'à donner une idée somibriaire des fonctions de détail dont la vie se compose , et des organes qui leur sont affectés. '
Les fonctions du corps animal se divisent en deux classes.
Les fonctions animales ou propres aux animaux , c'est-à-dire la servilité et le mouvement volontaire. ^^
Les fonctions vitales , végétatives , ou communes aux animaux et aux végétaux ; c'est-à-dire la nutrition et k génération*
La sensibilité réside dans le système nerveux.
Le sens extérieur le plus général est le toucher ; son siège est à la peau , membrane enveloppant le
FONCTIONS ORGANIQUES. 5l
cfotfps entier , et traversée de touCe part par des nerfs dont tes derniers filets s'épanouissent eu papilles à sa surface, et y sont garantis par l'épi derme, et par d'antres téguments insensibles , tels que poils , écailles, etc. Le goût et l'odorat ne sont que des touchers plus délicats, pour lesquels la peau de la langae et des narines est particulièrement organisée ; la première , au moyen de papilles plus bombées et plus, spongieuses ; la seconde , par son extrême délicatesse et la multiplication de sa surface toujours humide. Nous ayons déjà parlé de l'œil et de l'oreille eh général. L'organe de la génération est doué d'un sixième sens qui est dans sa peau intérieure ; celle de Testomaé et des intestins fait connaître aussi, par des sensations propres , l'état de ces viscères. Il peut naître enfin dans toutes les patfties du corps, par des accidents ou par des maladies, des sensations plus ou moins douloureuses.
Beaucoup d'animaux manquent d*ôrëilles et de narines ; plusieurs d'yeux; il y en a qui sont réduits au toucher, lequeï ne manque jamais.
L'action reçue par les organes extérieurs se propage par les nerfs jusqu'aux masses centrales du système nervétixiïiii, dans les animaux supérieurs, se composent du cerveau et de la moelle épinière. Plus l'animal est d'une nature élevée , plus le cerveau est volumineux , plus le pouvoir sensitif y est
concentré ; à mesure que l'animal est placé plus bas dans l'échelle, les masses médullaires se dispensent;
02 ÎHTHODUCTION,
dam les genres les plus imparfaits, la substance nerveuse toute entière semble se fondre dans lasub<stance générale du corps.
On nomme tête, la partie du corps qui contient le cerveau et les principaux organes des sens.
Quand l'animal a reçu une sensation, et qu'elle détermine en lui une volonté , c'est encore par les nerfs qu'il transmet celte volonté aux muscles.
Les muscles sont des faisceaux de fibres charnues dont les contractions produisent tous les mouvements du corps animal. Les extensions des membres, tous les alongements des parties, sont l'effet de contractions musculaires, aussi-bieu que les flexions et les raccourcissements. Les muscles de chaque animal sont disposés en nombre et en direction pour les mouvements qu'il peut avoir à exécuter ; et quand ces mouvements doivent se faire avec quelque vigueur, les muscles s'insèrent à des parties dures articulées les unes sur les, autres ,et qui peuvent être considérées comme autant de leviers. Ces parties portent le nom d'os dans les animaux vertébrés • où elles sont intérieures et formées d'une masse gélatineuse, pénétrée de molécules de phosphate de chaux. On les appelle coquilles , croûtes , écailles dans les mollusques , les crustacés , les insectes où elles sont extérieures et composées de substance calcaire ou cornée, qui transsude entre la peau et l'épiderme.
Les fibres charnues s'insèrent aux parties dures,
PONCTIONS ORGANIQUES. 5&
par le moyen d'autres fibres d'une nature gélati* oeuse , qui ont l'air d'être la continuation des premières, et qui forment ce que IVn appelle des tendons*
Les configurations des faoes articulaires des parties dures limitent leurs mouvements , qui sont encore contenus par des faisceaux ou des enveloppés attachées aux côtés des articulations, et qu'on appelle des ligaments. ' > ,
C'est d'après les diverses dispositions de ces. ap-» pareils osseux et musculaires , et d'après la forme et la proportion des membres qui en résultent* que aies animaux sont en état d'exécuter les innombrables mouvements qui entrent dans la marche , le saut , le vol et la natation*
Les fibres musculaires afteotées à la digestion et à la circulation ne sont pas soumises à la volonté ; elles reçoivent cependant des nerf», mais, comme nous l'avons dit, les principaux de ceux qui s'y -rendent éprouvent des subdivisions et des renfle* talents qui paraissent avoir pour objet de les soustraire à l'enpptre du mût. Ce n'est que dans les pas* sions et les autres affections fortes de Famé que l'empire du moi se fait sentir malgré ces barrières, tst'pmqae toujours c'est pour troubler Uordre de «e& fonctions- végétatives* Ce West aussi que dans l'état maladif que Ces fonctions sont accompagnées 4e sensations. Ordinairement la digestion s'opère sans qui» l'abimal s'en aperçoive . '
Les aliments , divisés par les mâchoires et par les dents, 6u pompés quand l'animal n'en prend que de liquides , sont avalés par des mouvements musculaires de l'arrière-bouche et du gosier , et déposés dans les premières parties du canal alimentaire , ordinairement, renflées en un ou plusieurs estomacs ; ils j sont péaé très par des sucs propres à les dissoudre .
Conduits ensuite dans le reste du canal, ils y reçoivent encore d'autres sucs destinés à achever leur préparation. Les parois du panai ont des pores qui tieent de cette masse alimentaire la portion convenable pour la nutrition , et le résidu inutile est rejeté comme excrément. *
Le canal dans lequel s'opère ce premier acte de la nutrition est une continuation de la peau, et se compose de lames semblable» aux siennes ; les fibres mêmes , qui l'entourent sont analogues à celles qui adhèrent à la face interne.de la peau, et qu'on nomme le pannicule charnu; il se fait dans tout l'intérieur du canal une transsudation qui a de6 rapports avec la transpiration cutanée , et qui devient plus abondante qu^nd celle-ci est supprimée; la peau exerce même une absorption fort analogue à celle des intestins.
Il n'y a que les derniers des animaux où les excréments rassortent pat la bouche, et dont Tintes* tin ait la forme d'un sac aans issue*
Parmi .ceux mêmes ou le canal intestinal a deux orifices, il en est beaucoup où le suc nourricier ,
FOKCTIOKS OROAKIQUfiS. 55
absorbé par les parois de Finlestin, se répand immédiatement dans toute la spongiosité du corps: toute la classe des insectes paraît y appartenir.
Mais à compter des arachnides et des vers , le suc nourricier circule dans un système de vaisseaux clos dont les -derniers rameaux seuls ' en dispensent les molécules aux parties qui doivent en être entretenues; les vaisseaux qui portent ainsi le fluide nourricier aux parties se nomment artères ; ceux qui le rapportent au centre de la circulation se nomment veines ; le tourbillon circulatoire est tantôt simple , tantôt double et même triple ( en comptant celui de la veine porte ) ; la rapidité de son mouvement est souvent aidée par les contractions de certains appareils charnus que Ton nomme cœurs, et qui sont placés à l'un ou à l'autre des centre» de circulation, quelquefois à tous les deux*
Dans les animaux vertébrés et à sang rouge , le fluide nourricier sort blanc ou transparent des intestins, et porte alors le nom de chyle ; il aboutit par des vaisseaux particuliers, nommés lactés , dans le système veineux, où il se mêle avec le sang. Des vaisseaux semblables aux lactés, et formant avec eux un ensemble appelé système lymphatique , rapportent aussi
dans le sang veineux le résidu de la nutrition des parties et les produits de Fab dorptron cutanée.
Pour que le sang soit propre 4 nourrir les parties, il faut qu'il éprouve de la part de Vêlement ambiant, par la respiration , la modification dont nous avons
$$ IlfTRODUCTIOJf.
parlé ci-dessus. D$ns les animaux qui ont uûeeircijlation, une partie des vaisseaux est destinée à porter le sang dans des organes où ils le subdivisent sur une grande surface , pour que l'action de l'élément ambiant soit plus forte. Quand cet élément est de l'air , la surface est creuse et se nomme poumon; * quand c'est de l'eau , elle est saillante, et s'appelle h'qnchie. Il y a toujours des organes de mouvement exposés pour amener l'élément ambiant dans ou sur l'organe respiratoire.
Dans les -animaux qui n'ont pas de circulation , l'air se répand dans tous lès points du corps par des vaisseaux élastiques appelés trachées , ou bien l'eau agit, soit en pénétrant aussi par des vaisseaux, soit en baignant seulement la surface de la peau.
£e sang qui a cespiré est propre à rétablir la com-
position de toutes les parties, et à opérer ce qu'on» appellelanatritionproprementdite.C'estunegrande merveille quç cette facilité qu'il a de se décomposer dans chaque point de manière à y laisser précisément l'espèce de molécules qui y est nécessaire j mais c'est cette merveille qui constitue toute la vie végétative. On ne, voit, pour la nutrition des solides ,. d'autre arrangement qu'une grande subdivision des (J^rnièpes ^aucbes atlérieU^». iqai? pour la production des liquida, les appareils sçpt plps variée efc plus compliqués ; ,tap tôt cçs, derqièrçs extrémités des vaisseaux s'çpanQuissenJt simplement sur de grandes surfaces d'où s'exhale 1$ liquide profit ; tantôt c'est
roNCTioîrs orgam^ues. 37-
dans le fond de petites cantés^ d'où ce liquide suinta le plrasouvent ce» extrémités artérielles, avant de se changer en veines ; donnent naissance à dès vaisseaux particuliers qui transportent ce liquide* v'^t c'est an point d'union des- deux genres de vaisseau* qu'il paraît naîtue; alors les vaisseaux saftgrtrfts «et ces vaisseaux appelés propres, forment, par <leifp entrelacement, des corps nommes glandes <pon£lo~ menées ou séerétoiree*
Ban les animaux, qui n'ont pas de* circulation ; notamment dans les insectes, le ftoid* nourricier baigne tontes les parties ; chacune d'elles y puiser |& molécules nécessaires à son entretien; s'il faal qt*4 quelque Kquîde soit produit , des vaisseaux pr^prëk flottent dans le fluide nourricier > et y porn peik^ par leurs pores, les. éléments nécessaires' à ht fcoftw position de ce liquide.
C'est ainsi que le sang entretient sans ceste Jk cdt& position* de fctatosJes parties et y répare les altérations qtf i sont la suite continuelle et nécessaire dé leurs fonctions. Les idées générales que bous pouL vona nous faire de? cette opération sont âssee clairet; quoique noua n'ayons pas de notion distincte et détaillée de ce qui $e passe sur ehaqufe point; et qwe, faute de connaître la composition chimique de chaque partie avec assez de précision , nous ne puissions, nous rendre un compte exact des transformations, nécessaires pour la produire.
Outré fa glandes qui séparent du sang les 1«*
58 • tNTRODUCT COR .
quides qui doivent jouer quelque rôle dans l'économie intérieure , il en est qui en séparent des liquides destinés à être rejet es au dehors , soif sim- {de méat comme matières superflues , telles que Yu~ rine9 qui est produite par ]ç$reins, soit pour quelque utilité de ranimai , comme l'encre des sèches , la pourpre de divers autres mollusques , etc. . ♦
Quant à la génération , il y a une opération ou un phénomène encore bien autrement difficile à concevoir .que les sécrétions % c'est la production du germe. Nous avons vu même qu'on doit la regarder à peu près comme incompréhensible 7 mais, une fois l'existence du germe admise, il n'y a pointeur la génération de difficulté particulière. Tant qu'il adhère à sa mère., il est nourri comme s'il était un de ses organes ; et une fois qu'il s'en détache ., il a lui-même sa vie propre, qui est au fond semblable à celle de l'adulte.
Le germe, l'embryon, le fœtus, le petit nouveauné ne sont cependant jamais parfaitement de [a même forme que l'adulte, et leur différence est quelquefois assex grande pour que leur assimilation ait mérité le nojpa de métamorphose. Ainsi , personne ne devinerait, s'il ne l'ayait observé on appris, qu'une Chenille dût devenir un papillon .
Tous les êtres vivants se métamorphosent plus ou moins dans le cours de leur accroissement, c'està-dire qu'ils perdent certaines parties et en jdéveloppent qui étaient auparavant moins considérables.
FONCTIONS ORGANIQUES. 3g
Les antennes, les ailes, toutes les parties du papillon étaient enfermées sous la peau de chenille ; cette peau disparaît avec des mâchoires , des pieds et d'autres organes qui ne restent pas au papillon* Les pieds de la .grenouille sont renfermés dans la peau du têtard , etle têtard, pour devenir grenouille, perd 5a queue , sa bouche et ses branchies* L'enfant même , en naissant, perd son placenta et ses enveloppes ; à un certain âge , il perd presque $on tjmus, et il gagne petit à petit des cheveux , des dents et de la barbe ; les rapports de grandeur de ses organes changent, et son corps augmenté à proportion plus qpe sa tête , sa tête plus, que son oreille interne ; etc.
Le lieu où les germes se montrent , l'assemblage de ces germes se nomme Y ovaire ; le canal , par où les germes une fois détachés se rendent au dehors , Yoviductus; la cavité où ils sont obligés, dans plusieurs espèces, de séjourner un temps plusxm moins long avant de naître , la matrice ou Y utérus; l'orifice extérieur par lequel ils sortent , la vulve. Quand il j a des sexes , le sexe mâle est celui qui féconde; le sexe femelle celui dans lequel les germes paraissent* La liqueur fécondante se nomme sperme; lçs glandes qui la. séparent du sang, testicules; et, quand iliaut qu'elle soit introduite dans le corps de la femelle , l'organe qui l'y porte s'appelle verge^
4o INTRODUCTION.