FONCTIONS INTELLECTUELLES
compliquées, et qui, pour être attribuées à Intelligence, supposeraient une prévoyance et des connaissances iofiiiiment supérieures à celles qu'on peut admettre dans les espèces qui les exécutent. Ces actions, produites par l'instinct , ne sont point nota plus l'effet de l'imitation, car les individus qui les pratiquent ne les ont souvent jamais vu faire à d'autres; elles ne sont point eu proportion avec l'intelligence ordinaire, mais deviennent plus singulières , plus savantes , plus désin fcéressées , à mesure que les animaux appartiennent à des classes moins élevées , et , dans tout le reste* , plus stupides. Elles sont si bien la propriété de l'espèce , que tous' les individus les exercent de la même manière sans y rien perfectionner.
Ainsi les abeilles ouvrières construisent, depuis le commencement du monde , des édifices très ingénieux f calculés d'après la plus haute géométrie, eWestinés à loger et a nourrir une postérité qui n'est pas même la leur. Les abeilles et les guêpes solitaires forment aussi des nids très compliqués pour y déposer leurs œufs. Il sort de cet œuf un ver qui n'a jamais vu sa mère , qui ne connaît point la structure de la prison où il est enfermé, et qui , éwe fois métitriorphosé ,' eh construit cependant une p&ttàîléiflèttt semblable' pour son propre œuf.
On ne peut se faire d'idée claire de l'instinct,
qu'en admettant que ces animaux ont dans leur sen-
sotàom désHmagés ou sensations innées et constantes,
qui les déterminent à agir comme les sensations ordinaires et accidentelles déterminent coninitmément. C'est une sorte de rêve ou de vision qui les poursuit toujours ;' et dans tout ce qui a rapport à leur instinct, on peut les regarder comme des espèces de somnambules»*
L'instinct a été accordé uux animaux comme supplément de l'intelligence , et pour concourir avec elle , et avec la force et la fécondité , au juste degré de conservation de chaque espèce.
L'instinct n'a aucune marque visible dans la conformation de l'animal ; mais l'intelligence v, autant qu'on a pu l'observer, est dans une proportion constante avec ta grandeur relative de cerveau et surtout ' de ses hémisphères.
DE LA MÉTHODE DANS SON APPLICATION AU RÈGtfÈ ANIMAL.
D'après ce que nous avons dit sur les méthoUs en général , il s'agît de savoir quels sont dans les animaux les caractères les plus influents dont il faudra faire les bases de leurs premières divisions. Il est clair que ce doivent être ceux qui se tirent des fonctions animales ; c'est-à-dire des sensations et du mouvement , car non-seulement ils font de l'être un animal , mais ils établissent çn quelque soi$e le degré de son animalité.
L'observation confirme ce raisonnement, en mon* trant que leurs degrés de développement et de corn**
^ APPLTCATiCWBr AU RÈGNE ANIMAL. 4?
çlication concordent avec ceux des organes des fonctions végétatives.
Le cœur et les organes de la circulation sont une espèce de centre pour les fonctions végétatives, comme le cerveau et le tronc du système nerveux pour les fonctions animales» Or , nous voyons ces deux systèmes se dégrader et disparaître l'un avec l'autre. Dans les derniers des animaux, lorsqu'il n'y a plus de nerfs visibles , il n'y a plqs de fibres distinctes , et les organes de la digestion sont simplement Creusés dans la masse homogène du corps. 1 le système vascutajre disparaît même avant le système nerveux dans les insectes ; mais , en général , la dispersion des masses médullaires répond à celle des agents musculaires ; une moelle épinière sur la-» quelle des nœuds ou ganglions représentent autant de cerveaux , correspond à un corps divisé en an* neaux nombreux et porté sur des paires.de membres réparties sur sa longueur ^ etc.
Cette correspondance des for nies générales) qui résultent de l'arrangement des ofgânes moteurs* de la distribution des masses nenfeuses , et de l'énergie du système circulatoire , doit dose servir de hase aux premières coupures à faire dans le règne animaL
Nous examinerons ensuite > dans chacune de ces coupures, qusls caractères doivent succéder immédiatement à «ceux là et donner lieu aux premières subdivisions.
48 ICITROCHJCTtoN.