‹ Le règne animal (volume 3)Chapitre 39 sur 91 · PREMIER ORDRE DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

PREMIER ORDRE DES MAMMIFÈRES

. LES BIMANES ou L'HOMME.

L'homme ne forme qu'un genre , et ce genre est unique. dans* son ordre» Gomme son histoire nous intéresse plus directement et* doit former l'objet de comparaison auquel nous rapporterons celle des autres animaux, nous la traiterons avec plus de

détail.

Nous exposerons rapidement ce que l'homme offre de particulier dans chacun de ses systèmes organiques, parmi tout ce qu'il a de commun avec les

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cotres mammifères; nous examinerons les avantages que ces particularités lui donnent sur les autres espèces; nous ferons connaître ses principales races et leurs caractères distinctifs ; enfin nous indiquerons Tordre naturel du développement de ses facultés , soit individuelles, soit sociales.

Conformation particulière de V homme.

Le pied de l'homme est très différent de celui des linges : il est large i là jambe poirte verticalement sur lui: le talon est renflé en dessous; ses doigts sont courts et ne peuvent presque se ployer; le pouce, plus long, plus gros que les autres , est placé sur la même ligne , et ne leur est point opposable; ce pied est donc propre à supporter le corps , mais il ne peut servir , ni a saisir, ni à grimper , et comme de leur côté les mains ne servent point à la marche, l'homme est le seul animal vraiment bimane et bipède*

Le corps entier dé l'homme est disposé pqur la station verticale. Ses pieds, comme nous venons dele voir, lui fournissent une base plus large que ceux d'aucun mammifère; les muscle» qui retiennent le pied et la cuisse dans l'état d'extension sont plus vigoureux , d'où résulte la saillie du mollet et dé Ja fesse ; les fléchisseurs de la jambe s'attachent plus haut, ce qui permet au genou Une extension complète , et laisse mieux paraître le mollet; le Dassin est plus large, ce qui écarte les cuisses et les pieds > et donne au tronc une forme pyramidale favorable à l'équilibre : les cols des os des cuisses forment, avec le corps de l'os, un angle qui augmente encore l'éeartement des pieds et élargit la base du corps; enfin la tête , dans cette situation verticale , est en équilibre sur le tronc* , parce que son articulation est alors sous le milieu de sa masse.

L HOMME. yi

Quand l'homme le voudrait, il ne pourrait marcher commodément à quatre ; sou pied de derrière court et jpresque inflexible , et sa cuisse trop longue , ramèneraient son genou contfe terre; ses épaules écartées et ses bras jetés trop loin de la ligne moyenne , soutiendraient mal le devant de son corps; le muscle grand dentelé, qui, dans. les quadrupèdes, suspend le tronc entre les omoplates comme une sangle, est plus petit dans l'homme que dans aucun d'entre eux; la tête est plus pesante à cause de la grandeur du cerveau et de la petitesse des sinus ou cavités des os , et cependant les moyen^pe la soutenir sont plus faibles, car l'ijomme n'a ni ligament cervical , mi disposition «des vertèbres propre à les em* pécher, de se fléchir en avant; il pourrait donc tout au plus maintenir sa tète dans la ligne de l'épine , et alors ses yeux *et sa bouche seraient dirigés contre terre; il ne verrait pas devant lui; la position de ces organes est au contraire parfaite , en supposant qu'il marche debout. '

Les artères qui vont à son cerveau ne se subdivisant point , comme dans- beaucoup de quadrupèdes , et le sang nécessaire! pour un organe si volumineux 6'y portant avec trop d'affluence, de fréquentes apoplexies seraient la suite de la position horizontale.

L'homme doit donc se soutenir sur 6es pieds seules ment. U conserve la liberté entière de se» mains pour les arts, et ses organes des sens font situés le plus favorablement pour l'observation.

Ces mains, qui tirent déjà tant d'avantages de leur liberté, n'en ont pas moins dans leur structure. Leur pouce, plus long à proportion que dans les singes, donne plus de facilité pour la préhension des petits objets; tous les doigts, excepté l'annulaire, ont des mouvements séparés, ce qtti n'est pas dans les autres animaux , pas même dans les singes. Le$ ongles ne garnissant qu'un des côtés du bout du doigt , prêtent un

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appui au tact sans rien lui 6 ter de sa délicatesse. Les bras qui portent ces mains ont une attache solide par leur large omoplate et leur forte clavicule , etc.

L'homme , si favorisé du côté de l'adresse , ne l'est point du côté de la force. Sa vitesse à la course est beaucoup moindre que celle des animaux de sa taille ; n'ayant ni mâchoires avancées, ni canines saillantes, ni ongles crochus , il est sans armes offensives ; et, son corps n'ayant pas même de poils à sa partie supérieure ni sur les côtés, il est absolument sans armes défensives; enfin, c'es^e tous les animaux celui qui est le plus long-temps à prendre les forces nécessaires pour se subvenir à luimême. • - •

Mais cette faiblesse a été pour lui un avantage de plus, en le contraignant de recourir à ses moyens intérieurs , et surtout à cette intelligence qui lui. a été accordée à un si haut degré. .

Aucun quadruj)ède n'approche de lui pour la grandeur et les replis des hémisphères du' cerveau, c'est-àdire de la partie de cet organe qui sert d'instrument principal aux opérations intellectuelles ; la partie postérieure du même organe s'étend en arrière de façon à recouvrir le cervelet; la forme même de son crâne annonce cette grandeur du cerveau^ comme la petitesse de sa face montre combien la partie du système nerveux affectée aux sens externes est peu prédominante.

Cependant ces sensations extérieures, toutes d'une force médiocre dans l'homme , y sont aussi toutes délicates et bien balancées.

Ses deux yeux sont dirigés en avant; il ne voit point de deux côtés à la fois comme beaucoup de quadrupèdes, ce qui met plus d'unité dans les résultats de sa vue et fixe davantage son attention sur les sensations de ce genre. Le globe et l'iris de son. œil sont l'un et l'autre peu variables, ce qui restreint l'activité de sa vue à une distance et à un degré de lumière déterminés. La con-

l'homme. y?)

que de son oreille peu mobile et peu étendue n'augmente pas l'intensité des sons^ et cependant c'est de tous les animaux celui qui distingue le mieux les intonations. Ses narines , plus compliquées que celles des singes , le sont moins que celles de tous les autres genres, et cependant il paraît le seul dont l'odorat soit assez dé? licat pour être affecté par les mauvaises odeurs. La délicatesse de l'odorat doit influer sur celle du goût, et l'homme doit d ailleurs avoir de l'avantage, à cet égard , au moins sur les animaux dont la langue est revêtue d'écaillés; enfin , la finesse de son toucher résulte, et de celle de ses téguments , et de l'absence de toutes parties insensibles , aussi-bien que de la forme de sa main mieux faite qu'aucune autre pour s'adapter à toutes les petites inégalités des surfaces. •

L'homme a une prééminence, particulière dans les organes de sa voix; seul des mammifères, il peut articuler des sons ; la forme de sa bouche et la grande mobilité de ses lèvres en sont probablement les causes ; il en résulte pour lui un moyen de communication bien précieux; cardes son* variés sont, de tous les signes que l'on pourrait employer commodément pour la transmission des idées , ceux que l'on peut faire percevoir le plus loin et dans plus de directions à la fois.

Il semble que jusqu'à la position du cœur et des gros vaisseaux soit relative à la station verticale ; le cœur est pos4 obliquement sur le diaphragme , et sa pointe répond à gauche , ce qui occasione une distribution de l'aorte différente de celle de la plupart dés quadrupède».

L'homme parait fait pour se nourrir principalement de fruits., de racines et d'autres parties succulentes des végétaux. Sesmains lui donnent la facilité de les cueillir; ses mâchoires courtes et de force médiocre d'un côté , ses canines égales aux autres dents , et ses molaires tuberculeuses de l'autre , lie lui permettraient guère ni de paître

de l'herbe , ni de dévorer de la chair, s'il ne préparait ces aliments par Ja cuisson ; mais une fois qu'il a possédé le feu , et que ses arts l'ont aidé à saisir ou à tuer de loin les animaux, tous les êtres vivanls'ont pu servira sa nourriture , ce qui lui a donné les moyens de multiplier infiniment son espèce.

«Ses organes de la digestion sont conformes à ceux de la mastication; son estomac est simple, son canal intestinal de longueur médiocre, ses gros intestins bien marqués, son caecum court et gros, augmenté d'un appendice grêle , son foie divisé seulement en deux lobes et un lobule ; son épipleoix pend au-devant des intestins jusque dans le bassin.

Pour compléter l'idée abrégée de la structure anatomique de l'homme , nécessaire pour cette introduction, nous ajouterons qu'il a trente-deux vertèbres , dont sept cervicales , douze dorsales , cinq lombaires , cinq sacrées, et trois coccygiennes. De ses côtes , sept paires s'unissent au sternum par des alonges cartilagineuses , et se nomment vraies côtes j les cinqpaires suivantes sont nommées fausses côtes. Son crâne à l'âge adulte a huit os ; savoir, un occipito-basilaire , deux temporaux, deux pariétaux, un frontal, un ethmoïde et un sphénoïdal. Les os de sa face sont au nombre de quatorze; deux maxillaires, deux jugaux , dont chacun joint le temporal au maxillaire du même côté par une espèce d'anse nommée arcade zygoma tique ; deux nasaux, deux palatins en arrière du palais , un vomër entre les narines , deux cornets du nez dans les narines , deux lacrymaux aux côtés internes des orbites, et l'os unique de la mâchoire inférieure. Chaque mâchoire a seize dentâ, quatre incisives tranchantes jtu milieu, deux canines pointues aux coins, et dix -molaires â couronnes 'tuberculeuses , cinq de chaque côté : ce sont en tout trente-deux dents. Son omoplate a au bout de son épine ou arrête saillante une tubérosité , dite acromion , à laquelle s'attache la clavi-

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cule et, au-dessus de son articulation , une pointe nommée bec coracoïde , pour l'attache^de quelques muscles. Le radius tourne complètement sur le. cubitus à cause de la manière dont il s'articule aveô l'humérus. Le carpe a huit os , quatre par chaque rangée ; le tarse en a sept; ceux du reste de la main et du pied Se comptent aisément d'après le nombre des doigts.

L'homme jouissant , au moyen de son industrie , d^une nourriture uniforme, est en tout temps disposé aux plaisirs de l'amour sans y être jamais entraîné avec fureur ; son organe mâle n'est point soutenu par un axe osseux ; le prépuce ne le retient pas attaché à «l'abdomen; mais il pend au-devant du pubis : des veines grosses et multipliées , qui réportent aisément dans la masse de la circulation le sang des testicules , paraissent contribuer à cette modération de désirs.

. La matrice de la femme est une ciavité simple et ovale; ses mamelles, au nombre de deux seulement, sont Situées sur la poitrine , et répondent à la facilité qu'elle a de soutenir son enfant sur ses bras.

Développement physique et moral de l'homme.

La portée ordinaire dans l'espèce humaine n'est que d'un petit ; sur cinq cents accouchements , il n'y en a qu'un dé deux enfants ; il est beaucoup plus rare encore d'en voir de plus nombreux. La durée de la gestation est de neuf mois. Un fœtus d'un mois a ordinairement un pouce de haut; à deux mois» il a deux pouces et un quart; à trois mois,cinq»pouces; à cinq mois, six ou sept pouces ; à sept mois , onze pouces ; à huit mdis , quatorze ponces; à neuf mois , dix-huit pouces. Ceux qui naissent 4 moins de jept mois ne vivent point pour la plupart. Les .dents de lait commencent à paraître quelques mois apte» la naissante , en commençant par celles du mi- Jieu. Il y en a vingt à deux-ans , qui tombent successi-

yement vers la septième année , poux être remplacées par d'autres. Des douze arrière-molaires, qui ne doivent pas tomber , il y ea a quatre qui paraissent à quatre ans et demi , quatre à neuf ans ; les quatre dernières ne paraissent quelquefois qu'à la vingtième année.

Le fœtus croit davantage à mesure qu'il approche de la naissance. L'enfant, au contraire, croît toujours de

moins en moins. Il a à sa naissance plus du quart de sa hauteur; il en atteint moitié à deux ans et demi; les trois quarts à neuf ou dix ans. Ce n'est guère qu'à dixhuit ans qu'il cesse de croître. L'homme passe rarement six pieds, çt il ne reste guère au-dessous de cinq» La femme a ordinairement quelques pouces de moins.

La puberté se manifeste par des signes extérieurs , de dix à douze ans dans les filles , de douze à seize dans les garçons. Elle commence plus tôt dans les pays chauds. L'un et l'autre sexe produisent rarement avant l'époque de cette manifestation.

À peine le corps a-t-il atteint le terme de son accroissement en hauteur , qu'il commence à épaissir ; la graisse s'accumule dans le tissu cellulaire. Les différents vaisseaux s'obstruent graduellement; les solides se roidissent ; et après une vie plus ou moins longue , plus ou moins agitée, plus ou moins douloureuse, arrivent la vieillesse, la caducité, la décrépitude et la mort. Les hommes qui passent cent ans sont des exceptions rares ; la plupart périssent long-temps avant ce terme, ou de maladies, ou d'accidents, ou même simplement de vieillesse.

L'enfant a besoin des secours de sa mère bien plus long-temps que de son lait , d'où résulte pour lui une éducation intellectuelle en même temps que physique , et entre tous deux un attachement durable. Le nombre à peu près égal des individus des deux sexes , la difficulté de nourrir plus d'une femme quand les richesses né suppléent pas à la force, montrent que la monogamie est la liaison naturelle à notre espèce , et comme dans

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toutes celles où ce genre d'union existe, le père prend part à l'éducation du petit. La longueur de cette éducation lui permet d'avoir d autres enfants dans l'intervalle, d'où résulte la perpétuité naturelle de l'union conjugale; comme de la longue faiblesse des enfants résulte la subordination de famille , et par suite tout l'ordre de la société, attendu que les jeunes gens qui forment les familles nouvelles conservent avec leurs parents les rapports dont ils ont eu si long- temps la douce habitude. Cette disposition à se seconder mutuellement multiplie à l'infini les avantages que donnaient déjà à l'homme isolé son adresse et son intelligence ; elle l'a aidé à . dompter ou à repousser les autres animaux , et à se préserver partout des intempéries du climat 4M c'est ainsi qu'il est parvenu à couvrir la face de Ja terre.

Du reste, l'homme ne parait avoir rien qui ressemble à de l'instinct, aucune industrie constante et produite par des images innées ; toutes ses connaissances sont le résultat de. ses sensations T de ses observations , ou de celles de ses devanciers. Transmises par la parole, fécondées par la méditation , appliquées à ses besoins et à ses» jouissances , elles lui ont donné tous ses arts. La parole et l'écriture , en conservant les connaissances acquises , sont pour l'espèce h. source d'un perfectionnement indéfini. C'est ainsi qu'elle s'est fait des idées, et qu'elle a tiré parti de la nature entière.

11 y a cependant des degrés très différents dans le développement de l'homme. *

Les premières hordes', réduites à vivre de chasse, de pèche, ou de fruits sauvages, obligées de donner tout leur temps à la recherche de leur subsistance, ne pouvant beaucoup multiplier parce qu'elles auraient détruit le gibier, faisaient peu de progrès ; leurs arts se bornaient à construire des huttes et des canots; à se couvrir de peaux , et à se fabriquer des flèches et des filets ; elles n'observaient guère que les astres qui les guidaient dans

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leurs courses , et quelques objets naturels dont les propriétés leur rendaient des services ; elles ne s'associèrent que le chien, parce qu'il avait un penchant naturel pour le même genre de vie. Lorsque Ton fut parvenu à dompter des animaux herbivores, on trouva dans la pos- ' session de nombreux troupeaux une subsistance toujours assurée, et quelque loisir^ que l'on employa à étendre les connaissances ; on miff^uelque industrie dans la fabrication des demeures, et des vêtements; on connut la propriété et par conséquent les échanges, la richesse et l'inégalité des conditions, sources d'une émulation noble et de passions viles; mais une vie errante pour trouver de nouveaux pâturages , et suivre le cours des saisons , retint enco^^lans des bornes assez étroites.

L'homme^'est parvenu réellement à multiplier son espèce à un haut degré, et à porter très loin ses connaissances et ses arts, que depuis Tin vent ion de l'agriculture et la division du sol en propriétés héréditaires. Au moyen de l'agriculture , le travail manuel d'une partie seulement des membres de la société nourrit tous les autres, „et leur permet de se livrer aux occupations moins nécessaires, en même temps que l'espoir d'acquérir par l'industrie une existence douce pour soi et pour sa postérité , a donné à l'émulation un nouveau mobile. La découverte des valeurs représentative a porté cette émulation au plus haut degré , en facilitant les échanges , en rendant les fortunes à la fois plus indépendantes et susceptibles de plus d'accroissement ; mais par une suite nécessaire , elle a porté aussi au plus haut degré les vices de la mollesse et les fureurs de l'ambition.

Dans tous les degrés de développement de la société , la propension naturelle à tout réduire à des idées générales , et à chercher des causes à tous les phénomènes , a produit des hommes méditatifs , qui ont ajouté des idées nouvelles à la masse de celles que l'on possédait; et tant que les lumières n'ont pas été communes, ils ont

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presque tous cherché à se faire de leur supériorité uu moyen de domination en exagérant leur mérite aux yeux des autres , et en déguisant la faiblesse de leurs connaissances par la propagation d'idées superstitieuses.

Un mal plus irrémédiable est l'abus de la force : aujourd'hui que l'homme seul peut nui«e à l'homme , il est aussi la seule espèce qui soit continuellement en guerre avec elle-même. Les sauvages se disputent leurs forêts , les nomades leurs pâturages; ils font aussi souvent qu'ils le 'peuvent des irruptions chez les agriculteurs pour s'emparer sans peine des résultats de longs travaux. Les peuples civilisés eux-mêmes, loin d'être satisfaits de leurs jouissances , combattent pour les prérogatives de l'orgueil "ou pour le monopole du commerce. De là la nécessité des gouvernements pour diriger les guerres nationales , et pour réprimer ou réduire à des formes réglées lis querelles particulières.

Des circonstances plus ou moins favorables ont retenu l'état social à certains degrés , ou ont avancé son développement.

Les climats glacés du nord des deux continents, les impénétrables forêts de l'Amérique, ne sont encore habités que par des sauvages chasseurs ou pêcheurs.

Les immenses plaines sablonneuses ou salées du centre . de l'Asie et de l'Afrique sont couvertes de peuples pasteurs et de troupeaux innombrables ; ces hordes , à demicivilisées , se rassemblent chaque fois qu'un chef enthousiaste les appelle , et fondent sur les pays cultivés qui les entourent, pour s'y établir et s'y amollir, jusqu'à ce que d'autres pasteurs viennent les y subjuguer : c'est la véritable cause du d^^otisme qui a écrasé dans 'tous les temps l'industrie née dans les beaux climats de la Perse , de l'Inde et de la Chine. •

Des climats doux, des sols naturellement arrosés, et riches en végétaux, sont les berceaux naturels de l'agriculture et de la civilisation ; et quand leur position

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les met à l'abri des irruptions des Barbares, tous les genres de lumières s'y excitent mutuellement : telles furent, les premières en Europe , la. Grèce et l'Italie; telle est aujourd'hui presque toute cette heureuse partie du monde.

Il y a cependant aussi des causes intrinsèques qui paraissent arrêter les progrès de certaines races , même au milieu des circonstances les plus favorables.

Variétés de l'espèce humaine.

Quoique l'espèce humaine paraisse, unique , puisque tous les individus peuvent se mêler indistinctement , et produire .des individus féconds , on y remarque de certaines conformations héréditaires , qui constituent ce qu'on nomme des races*

Trois d'entre elles surtout paraissent éminemment distinctes: la blanche, oncaucasique; la jaune ^du mongotique; la nègre, ou èthiopique*

La caucasique, à laquelle nous appartenons, se distingue par la beauté de l'ovale que forme sa tête ; et c'est Elle qui a donné naissance aux peuples les plus civilisés , à ceux qui ont le plus généralement dominé les autres : elle varie par le teint et par la couleur des cheveux.

La mongolique se reconnaît à ses pommettes saillant tes, à son visage plat, à ses yeux étroits et obliques, à ses cheveux droits et noirs, & sa barbe grêle , à son teint olivâtre. Elle a formé de grands empires à la Chine et au Japon, et elle a quelquefois étendu ses conquêtes en-deçà ■ du grand désert; mais sa civilisation est toujours restée stationnaire. 4t

La, race nègre est confinée au midi de l'Atlas : son ternt est noir, ses chereux crépus , son crâne comprimé , et son nez écrasé; son museau saillant et^ses grosses lèvres , la rapprochent sensiblement des singes : les peuplades qui la composent sont toujours restées barbares.

i/komme. 81

On a appelé caùcasique la race dont nous descendons, parce que les traditions et la filiation des. peuples , semblent la faire remonter jusqu'à ce groupe de montagnes situé entre la mer Caspienne et la mer Noire, d'où elle s'est répandue comme en rayonnant. Les peuples du Caucase même , les Circassiens et les Géorgiens , passent encore aujourd'hui pour les plus beaux de la terre. On peut distinguer les principales tranches de cette race par l'analogie des langues. Le rameau araméen ou de Syrie, s'est dirigé au midi? il a produit les Assyriens , les Chaldéens , les Arabes toujours indomptés , et qui , après Mahomet , ont pensé devenir maîtres du monde ; les Phéniciens, les Juifs, les Abyssins, colonies des Arabes : il est très pgpbable que les Egyptiens lui appartenaient. C'est dans ce rameau , toujours enclin au mysticisme y que sont nées les religions les {dus répandues. Les sciences et les lettre* y ont fleuri quelquefois , niais toujours avec des formes bicarrés v un style figuré»

Le rameau indien, germain et pélasgique, est beaucoup plus étendu, et s'est divisé bien plus ancienne* ment; cependant, l'on reconnaît lès affinités les plus multipliées entre ses quatre langues principales : Je san« $crit y langue aujourd'hui sacrée des Indoos^ mère de la plupart des langues de l'Indostan; l'ancienne langue des Pelages, mère commune du. grec, du latin, de beau* coup de langues éteintes, et de toutes nos langues du midi de l'Europe; le gothique ou tudesque, d'où sont dérivées les langues du nord et du nord-ouest , telles que l'allemand , le hollandais, l'anglais, le danois, le suédois et leurs dialectes ^ enfin, la langue appelée es~ clavoune, et d'où descendent celles du nord-est, le russe, le polonais, le bohémien et le vende*

C'est ce .grand et respectable rameau'de la race caùcasique, quf a porté le plus loin la philosophie, les sciences et les arts , et qui en est 'depuis «trente siècles le dépositaire.

T.OME t. „ 6

8â MAMMIFÈRES.

Il avait été précédé en Europe par les Celtes, dont les peuplades venues par le nord, et autrefois très étendues , sont maintenant- confinées vers les pointes les plus occidentales, et par les Cantabres passés d'Afrique en Espagne, et aujourd'hui presque fondus parmi les nombreuses nations dont la postérité s'est mêlée dans cette presqu'île.

' Les anciens Perses ont la même origine que les Indiens, et leurs descendants portent encore à présent les plus grandes marques de rapports avec nos peuples 'd'Europe.

Le rameau scy the et tartare , dirigé d'abord vers le nord et le nord-est , toujours vagabond dans les immenses plaines de ces contrées, n'en^st revenu que pour dévaster les, établissements plus heureux de ses frères; les Scythes , qui firent si anciennement des irruptions dans la haute Asie; les Par thés, qui y détruisirent la domination grecque et romaine ; les Turcs , qui y renversèrent celle des Arabes , et subjuguèrent en Europe les malheureux restes de la nation grecque , étaient des essaims de ce rameau ; les Finlandais , les Hongrois , en sont des peuplades jsa quelque sorte égarées parmi les nations esclavonnes et tudesques. Le nqrd et l'est de la mer Caspienne , leur patrie originaire , nourrissent encore des peuples qui ont la même origine et parlent des langues semblables; mais ils y sont mêlés d'une infinité d'autres petites nations d'origines et de langues diverses. Les peuples tartares sont restés plus intacts dans tout cet espace d'où ils ont si long-temps menacé la Russie, et ou Us ont enfin été subjugués par elle, depuis les bouches du Danube jusqu'au-delà de l'Irtisch. Cependant les Mongoles, dans leurs conquêtes, y ont mêlé leur sang, et Ton en voit surtout beaucoup de traces chez les petits Tartares.

C'est a l'orient de ce rameau tartare de la race caucasique que commence la race mongolique , qui domine

l'homme. 83

ensuite jusqu'à l'Océan oriental. Ses branchée, encore nomades , les Calmoucfues, les Kalias, parcourent le grand désert. Trois fois leurs ancêtres, sous Attila, sons Gengis et sous Tamerlan, ont porté au loin la terreur de leur nom. Les Chinois en sottt un^ branche la plus anciennement civilisée, non-seulement de cette .race» mais de tous les peuples connus. Une troisième .branche* ( les Mantchoux ) a conquis récemment la Chine, et la gouverne encore. Les Japonais et les Coréens, et presque toutes les hordes qui s'étendent au nordest de la Sibérie, sous la domination des Russes, y appartiennent aussi en très grande partie, et l'on y rapporte même aujourd'hui les habitants originaires des Mariannes, des Carolines et des Iles les plus voisines de cet Archipel. Si l'en en excepte quelques lettrés chinois, les peuples de race mongolique sont généralement adonnés aux différentes sectes du bouddisme ou religion deFo.

L'origine de cette grande race parait être dans les monts Altaï , comme celle de la nôtre dans le Caucase ; mais il n'est pas possible de suivie aussi bien la filiation de ses différentes branches. L'histoire de tous ces peuples nomades est aussi fugitive que leurs établissements ; et celle des Chinois, concentrée dans leur empire, ne donne que des notions courtes et peji suivies des peuples qui les avoisinent. Les affinités de leurs langues sont aussi trop peu connues pour diriger dans ee labyrinthe.

Les langues, du nord de la péninsule au-dçU du Gange ont, aussi-bien que celle du Thibet, quelques «rapports avec la langue chinoise, au moins par leur nature, à quelques égards monosyllabique, et les peuples qui les parlent ne sont pas sans ressemblance avec les autres Mongoles pour les traits; mais le midi de cette péninsule est habité par les Malais, peuple beaucoup plus rapproché des Indiens parles formes, et dont la race et la langue se sont répandues sur les c6j.es de toutes tes

8& KJLMttfFitlfcS.

Mes de lf««*lripel indien. Les innombrables petites Heo «le la mer du S«d sont peuplées aussi par une belle race, qui parait tenir de près aux Indiens, et dont là langue a beaucoup de rapports avec le malai; mais dans l'intérieu> des grande» lies , surtout. dans les lieux les plus sauvages , habitent d'autres hommes à teint noir, a visage de nègre, tous extrêmement barbares » que l'on a nommés ÀifouTousj et sut lés cAtes de la nouvelle Guinés et des îles voisines sont d'autres nègres presque semblables à ceux de la c6te orientale de l'Afrique , que Ton a appelés Papous; c'est aux Alfourousque Ton rapporte les habitant» <Je la nouvelle Hollande, et Ton assure que ceux de la terre de Diémen sont plutôt des Papous (i).

Ni ces Malais ni ces Papous ne se laissent aisément rapporte*- à Tune des trois grandes races ; mais les premiers peuveut^ils être nettement distingués de leurs 'voieins des deuft e6tés-> les ïndous cauoasiques et les Chinois mongolîques ? Nous avouons que nous ne* leur trouvons pus enoore de caractères suffisants pour <sek. Les Papovs lontàls des wègres ancvennet*eint «garés sur la mer dos Indes ? On n'eu a pas encore dfe figures ni de descriptions assez nettes pour répondre à eette question.

Les habitants du nfed des. deux Continents, les Sa- WDyèdtS) les Lapons , les Ek^ihiau* , viennent, selon quelques-uns > de lu raté ;htoiigdfe; selon d'auttes, ils ne sont que des rejetons dégénérés -du rameau scythe e\ tartare éè la race eatlfcaékjué.

Les Américains eux-mêmes n\)nl pu encore être ramenés cl«f tetUëfet *i à l'une tri à l'autre de hOs rates de l'aneien «tartinent, et cependant fis h*bnt "pas ttbri plu» dé carâettre à lu fotfr précis et constant qui puisse ett^ire

I I II O.l il ii * Il i^fcllUH

(t.) Voytt, sur les divers» r*e* qui peuplent les Ile» de k mer de* ladet et de l'Oçea* pacifique , la dissertation de MM. Lettoa et Garnot, clans la Zoologie du Voyage, de fc Coquille , p. 1*1 1 J. Sur les langues de& nations asiatiques et sur leurs rapports mutuels , consultez ¥Asi*po- *T Jiofftr dé M. WaprrJCft:

QUADBUMA*£JB, 8ft

une ime particulière. Le** teint muge fka» «9tyK ft*A est pas uu suffisant; leurs cheveux généraLemfciit noir» et leur barbe rare les feraient rapporter au* Mongoles^ si leurs traits aussi prononcés, leur nez aussi saillan t que les Bfcôtres, leurs yeux grands et ouverts, ne s'y opposaient et ne répondaient -a nos formes eftpopéKtpe*; leur» langues sont ausfi innombr^b^squeleurftpeuplaïk» j et 1W n'a pu encore y saisir d'analogies démonstratives ni entre elles ni avec celles de l'ancien Monde (i).

I,E8 QUÀD*U*ÀHE&.

Indépendamment des détails an atomique s qui Ta distinguent de ï'hominfe, et que nous avons exposés, celte famille diffère de notre espèce par le caractère très sensible , <jae 6** pieds de derrière ont Içs pp]UQe$ libres et opposable* au£ Artrm d#igts >Bt*qwk$ doigta d<* pieds foui Jp«#&:qt flex&Ies comm* céttjr de ï& main* aussi toutes les espèces grimpent - elles aux afbre* âtèfr facilité y tandis <ju'elle£ rçe se tiennent et ne marchent débout <ju'avec peine, k«r pi&4 ne se po*?tfl4r aloys qp$ $ujt la tittwharit emténepr, et L*pr bassin atrei*. n* iW rorisant poiM l'équiHbre. Elfes état; tenter ,dfca intestine assez; semblables au* nôtres % tes yeijk "dirigés -en avant^jfe^ miungHes sur Upoitrifle, la verge pendante, le cerveau à trois lobes de chaque côté ,

(*) Ktp^jurlt» Amérique •ati*<feY<prç< éelf., JmB^mhMh

•i*fcàe «t^paiMenU impevMtti* k* IfetertaiiaM «le V**rr de *lîiqM*L

. de «mi front et le volume de son cerveau , mais les expressions exagérées de quelques auteurs sur cette ressemblance tiennent en partie à ce que l'on n'en avait vu que déjeunes individus , et tout fait croire qu'avec l'âge, «on musean devient beaucoup plus proéminent. Il a Iq corps couvert de gros poils roux, la face bleuâtre, les pouces de derrière très courts comparativement aux doigts. Ses lèvres peuvent s'alonger singulièrement , et jouissent d'une giande mobilité. On a fort altéré son histoire, par le mélange que l'on en a fait avec eelle des, autres grands singes, et surtout du Chimpansé. Après l'avoir soumise à une critique sévère, on trouve que l'Orang-Outaug n'habite que les contrées les plus orieotales, comme Ma- •liBca , la Coch in chine , çt surtout la grande ils de Bornéo ,. d'où ori Ta fait venir par Java, mais très rarement. Jeune , et tel qu'on l'a vu en Europe , c'est un animal assez doux , qui s'apprivoise pt s'attache aisément, qui , par sa conformation, parvient à imiter un grand nombre de nos actions; mais dont l'intelligence ne paraît pas s'élever autant qu'on l'a dit, ni même surpasser beaucoup celle du chien. Camper a, découvert et bien décrit deux sacs membraneux qui communiquent avec les ventricules de la glotte de cet animal, et qui assourdissent sa voix ^ mais il a et* tort de croire que les ongles manquent toujours à ses pouces de derrière»

Un singe de Bowéo/qui n'est en tore connu que par son squelette, et que Ton a irommé Pongo (t)7 ressemble tellement à l'Orang-Outang par les proportions de

(i ) Audth. Singes, pi. anat. IT. Ce nom de pongo , corrompu de celuide boggo. que Ton donne en Afrique an chimpanséou au mandrill, a é\d applique* par Buffon à une prétendue grande espèce «Torang-oatang, qni n'était que le produiUuiaginaire de ses combinaisons. YVnnnh» naturaliste de Batavia , l'a transporté à cet animn1«ci, qu'il a décrit le premier, et doni, Buffon n'avait nulle idée. Voyez\é% Mc'm^dfe la soc. de Batavia, tome H, p. *të- La pensée quH} pourrait être un orâng adnlle m'est venue à la vue d une tète d'orang ordinaire, à museau beaucoup plus saillant que celles de très jeunes individus que Ton a décrites jusqu'à ce jour ; je Tal fait connaître dans un mémoire lu â l'Académie des Se. en 1818. M» TUesius et M. ttqdolphi paraissent Fa voir eue aussi de leur côte. Voyez, Te* Ménii de TAcw de Berlin pour 18225 , p. 1 3i .

toutes ses parties et par toute* les dispositions des trous et des sutures de sa tête, <jue , malgré la grande proéminence de son museau, la petitesse de son crâne et la hauteur des branches» de sa mâchoire inférieure , on peut le croire 011 adulte , sinon de l'espèce de l'orang-outang, du moins d'ane espèce très voisine. La longueur de ses bras, celte des apophyses de ses vertèbres cervicales , et la tuberosi té de son cakanéum , peuvent lui faciliter la station et la marche sur deux pieds. C'est le plus grand de tous les singes , et un animal dés plus redoutables; il approche de la taille de l'homme.

Dans les feutres Ormge, les bras ne descendent crue jusqu'aux genoux. Ils n'ont point de front, et leur crâne fuit immédiatement derrière la. crête des sourcils. On pourrait leur réserver le nom de Chimpansés.

Le Chimpanse. (Simia troglodytes , L.) (1)

Couvert de poils noirs ou bruns, rares en ayant. Si l'on s'en fiait au rapport des. voyageurs t il approcherait de la taille de l'homme 7 Ou la surpasserait;. mais on n'en a vu • encore en Europe aucune partie qui indiquât cette grandeur. U habite en Guinée et au Congo , vît en troupes, se construit des huttes de feuillages, sait s'armer de pierres et de bâtons^ et Je* emploie à repousser loin de sa demeuré les hommes et les éléphants; poursuit, dit-oo, les aégresses, et les enlevé quelquefois dans les bois, etc. Les naturalistes l'ont presque tous confondu avec YOrang- O ut an g. En domesticité, il est assez docile pour être dressé à marcher,. A s'asseoir et à mangera notre masij?j$»

(f ) C'est le ymjai morouwkU nQmi?Aqgol# ckXolpjp** *«rf ™ dopoe wc noauvaise figure ( Oh». med,, pu 291.), <nlçj>y(fvt&Abe*»&*vp mj*ux représenté par Tpson (Ana£. cf. a P.yyny , pt *), et çonjé. par Schreber^ pL I. B. Scotin en avait donné «ne antre figure passable copiée Amœn. acaâ. VI \ pi J,Jtg- B, et Schretf., \. C.JJn in&vidu qui àviéca cnez Euffbn, et qoe Ton conserve an muséum, estrcprésedtê*, quoiqueasse» mai, HUt. nat. TtfV , I , Où il est nommé Jocko. le même individu cit beaucoup nJfonx dans mLecût( Traité flu môuvcmèm musc. , pi. 1 » J%. t.)>8orw le nomade iQmfotptéif; c'est atittft lui qee détint jfaAefai+y taies d'après fcttpaiBe1 smknHtol. Il te taomtne i>on$0;

go ! MAJUUFÈBBS.

On sépare maintenant des Orangs

Les Gibbons. (HiLOBATES.Ilig.)

Qui ont , avec les longs bras de POrang propre, et le front abaissé du Chiinpansé , les fesses calleuses comme les guenons, mais diffèrent de celles-ci, parce qu'ils manquent de queue et d'abajoues. Ils vivent tous dans les parties les plus reculées des Indes et de leur archipel.

Le Gibbon noir. (Simia lar. L.) BufF. XIV, h. Onko. Fréd.

Cuv.pl. 5 et 6.

Est couvert de grossiers poils noirs, et a le visage entouré d'un cercle blanchâtre.

Le Gibbon brun. { Hilob. agilis. Fréd. Cuv. pi. 3 et 40 Petit Gibbon, Buffbn. XIV. m.

Est brun , et a le tour du visage et le bas du dos d'un fauve pâle. Les jeunes sont d'un blanc jaunâtre uniforme. Son agilité est extrême; il vit par paires; et son nom malais wouwou est tiré de son cri. ,

Le Gibbon cendré. {Sun. leucisca. Schreb. pi. 3 B. )

Couvert d'une laine douce et cendtfée, à visage noir, se tient dans les roseaux et grimpe aux plus hautes tiges des bambous, s'y balançant avec ses longs bras. On le nomme aussi wouwou.

On pourrait distinguer des autres Gibbons :

Le Siamang. {Simia Syndactyla. Rafl.) Fréd. Cuv. ,pl. a.

Qui a le deuxième et le troisième doigt des pieds de derrière unis ensemble par une membrane étroite sur toute la longueur de la première phalange. U est noir et a le menton et les sourcils roux , vit en troupes nombreuses qui sont conduites par des chefs courageux et vigilants, et font retentir les forêts de cris épouvantables au lever et au coucher du soleil. Son larynx a ui> sac membraneux. Tous les singes de notre ancien continent qui vont suivre, ont le foie divisé en plusieurs lobes; le caecum gros, court et sans appendice ; l'ds hyoïde en forme de bouclier.

QUADRin*ANES. 91

Les Gitsnors. (Vulg. Singes à queue. GERCOPiTHECUsErxl. :

en partie.) (1)

A museau médiocrement proéminent (de 6o°); des abajoues j une queue j les fesses calleuses ; la dernière molaire d'en bas à quatre tubercules comme les autres. Leurs espèces très nombreuses, de grandeurs et de couleurs très variées , remplissent l'Afrique, vivent en troupes, et font de grands dégâts *dans les jardins et {es champs cultivés. Elles s'apprivoisent encore assez aisément.

. Le Patas. ( Simia rubra. Gm. ) Buff. XIV , xxv , xxvi.

Fréd. CuV. *3>

Fauve roux assez vif en dessus, blanchâtre en dessous; un bandeau noir sur les yeux , quelquefois surmonté de blanc. Du Sénégal.

Le Mangabey à collier. (Simia œthicps. L.) Buff. XIV,

xxxm.Fréd. Cuv. 24.

Brun de chocolat en dessus, blanchâtre en dessous et sur la nuque; calotte cL'un roux vif, paupières blanches.

Buffon le dit de Madagascar; Hasselquist d'Abyssinie. En effet, Sonnerai affirme qu'il n'y a point de singes a Madagascar.

Le Mangabey sans collier. ( Simia fuUginosa. GeofF. ) BufF. XTV , xxiii. Fréd. Cuv. a5.

Brun de chocolat, uniforme en dessus, fauve pâle en dessous , les paupières blanches. Bufrbn le dit de Madagascar, et le croit une variété du précédent.

Lé CallUrich*. (Simia sahœa. L.) Buff. XIV, xxxvii.

Fr. Cuv. 19.

Verdâtre eu dessus, blanchâtre en dessous, la face noire, les touffes des joues jaunâtves, le bout de la queue jaune. Du Sénégal (u):

(1) Çercopiûueus : singea queue, nom usité chez les ancien* Grecs.

(a) hc nom de caUàhrix ett> dm» Pline, L VIII, c. 54, celui d'un singe d'Ethiopie, muni d'une barbe et d'une queue floconneuse, qni «Uit vraisemblablement ïouawkrou. Buffon Fa appliqua arbitrairement à l'espèce «à-dessus.

£2 - MÀlUtiriftJBS»

Le Malbrouc* Buff, {Simia faumts, Gm. > Buff; XIV, xxix.

Simia cynosuros «copoL Schr. pi. XIV. C. Fréd. Cuv. pI.aa.Var.ducallitriche.Audeb.;4e&m.,ae8ect.<>pl.5.(i)

Verdâtre en dessus, cendré sur les membre», la face couleur de chair , point de jaune k la queue, un bandeau blanc et un noir &&Hes«60UjxilB; le scrotum d'une belle couleur d'outre-mer.

Le Vûrvtti (S**rjrttoapjrga. Fréd. Cuv» pi. ai.)

Diffère du Mal b roue par un scrotum entouré de poils blancs et des poils roux autour de l'anus, et le Qrivel {S. grisea.) Fréd. Cuv. at, par un scrotum vert, entouré de poils fauves. •

L» Tmiapoim (S. melarhmmFr.Cuv. pi. 18.) Buff. XIV.

pi. 10.

Est verdâtre dessus; les touffea^des jeu©» jaunAtees; le ucz noir au milieu d'une face couleur de chair.

La JUante ( Sùnim mona et S. monatîia. Schr. ) Buff. XIV,

xxxvi. Fréd » Cuv. 1 3»

Corps brun, membres noirs, poi ti itijg , intérieur des bras et tour de la tête blanchâtres ; bandeau noir sur le front j une tache blanche de chaque côté de la racine delà queue.

Le Rolowai (Sùnia àïanà. L.) Exquima Margr. (a) Audeb. IVe Fam. sect. II, pi. vi , et Buff. Supp. VII, xx.

Noirâtre pointillé de blanc en dessus, blanc en dessous, la croupe <run xoux pourpré, la face noire^ entourée de blanc, et une petite barbe blanchâtre au menton. . Le Mousttw{Simia eephus. L.) Buff. XIV, xxxiv. Frf€. 17.

Cendré brunâtre, utiè touffe faune au devant de chaque -oreille, une brode blau clair, eafiormb de chevron renversé, aurlalètirefSMpéjriesiiA^ ■■■;'

(1) Le cercop. barbatus de Clusius, qac Linn. cite comme exemple de tmfaunus, est phrtrit tt&otidnderou tra\m matbrùuc. * (a) 1* figwe , jointe à «la description de V extprfma dans Margrave , est relie d'une «marine; et ceHe dcTcxqtrfma efct il la description de F ottortnc •on gnariùa. Cette ttiaiposieton a cause' detfats beaucoup d'erreurs de synonymie.

QUAPRTTM4HHS. g5

Udscagnc (Sùnia-peteurista. Gm.) Àudeb. IVe Para, sect. H; pi* xiii. Fréd. Cuv. pi. 16.

Brun olivâtre en destous , gris en dessous , visage bleu , nez blanc, touffe blanche devant chaque oreille, moustache noire.

LeJBocheur (Sinda ni&ikms- Gœ% ) Audeb. tb. XIV.

Fréd. Cuv. i3.

Hoir ou brun pointillé de blanc, le nez seul blanc au milieu d'un visage noir, le tour des lèvres et des yeux roussatre. Ces cinq dernières espèces, toutes petites , joliment variées en couleur , et d'un naturel très doux, «ont communes en Guinée, (i)

Les SemnopitpÈqtjzs» Fréd. Cuv.

Différent des guenons par un petit tubercule qu'ils ont de plus à la dernièremolaire d'en bas. Cesont des singes des contrées orientales ; auxquels leurs membres alongés et surtout leur très longfe queue, donnent un air particulier. Leur museau n'est guère plus saillant qu'aux gibbon s, et ils ont comme eux les fesses calleuses. -Ils paraissent même manquer aussi <Faba joues. Leut larynx est muni d'un sac. Le plus anciennement coutru est t

Le I>ovc. [Simia nemœus. L.) Buff. XIV, xlî , Fr. Ç. pi. 12. Remarquable par les couleurs vives et variées de son pelage; gris sur le corps et les bras, noir sur les mains , les cuisses et les pieds, d'un roux vif sur les jambes; la queue et unegrande tache triangulaire sur les reins blanches; son visage est orangé, et il a Un collier roux et noir, et des touffes de poils jaunes sur les côtés de fa tête. Il habite à la Cochinchine (2).

(1) Pennant a décrit certaines guenons sans pouces , sim. poljrcomos d sim. ferrugïnea , dont Iliger a fait son genre colobus* mais je n'ai pu encore 1« voir ; e'e*t pôtaquol je n'ai pas cru devoir en parler. M. Tetn* min* nous assure q*e lent tète et leurs dents ressembtaat à celles des s«mnopithèques.

(») M. Diard ayant envoyé prufcîeur* doue» de la Cochinthtae au muséunr d'Histoire naturelle, on «'est assuré qu'Usent des callosités, qui l«ir «ratent «té refusées pat Buflfon , parce qu'il n'en avait vu qu'un tadf~ vida ataéré par renifiaittage : ainsi ft faut supprknet le genre lastopyga d' Iliger, qal n'est tbnAc'tulc sut ectteerreur.

g4 MAMMIFERBS.

Une autre espèce se fait remarquenpar la forme très extraordinaire de son nez. Cest »■

Le Nasique ou Kàkau. ( Sintia nasica. Sehr. ) Buff*

Supp. YH, xi et xik

Fauve 7 teint de roux , le nez excessivement long et saillant en forme de spatule échancrée. Ce singe vità Bornéo en grandes troupes , qui s'assemblent matin et soir sur les branches des grands arbres aux bords des rivières r hahau est son cri.

On le dit aussi de la Cochincbine. *

On compte encore dans ce «ous-genre :

L'Entelle. (S. enteltusï Dufr.) Fr. C, pi. 8 et 9.

D'un gris jaunâtre pâle ; des poils noirs aux sourcils et aux côtés de la tète , dirigés en avant. Du haut Bengale. C'est une des espèces vénérées dans la religion &è$ brames. Le Cimepaye. (S. melalophos. Rafl. ) Fr- C. pi. 7.

D'un beau roux , très vif; le dessous blanc , la face bleue et une crête de poils noirs suV la tété, d'une oreille à l'autre.

Le Croo. (S. comata* Desm. S. cristaia Rafl. ) Fr. G. pi. 11.

Presbytis mitrata Kotzeb.

D'un beau cendré j le dessous blanc , ainsi qu'une touffe au bout de la queue. La crête noire aux sourcils, et les poils du sommet de la tête alongés et relevés.

Le Tchincou. (S. maura. L. ) Fr. C. pi. io> Tout noir , les jeunes d'un brun fauve. Ces trois derniers sont des îles de la Sonde (1).

Les Macaques (a).

Ont comme les semnopithèques un cinquième tubercule

(1) Il y a quelque variation pour leurs nom* malais. Rafle» ( ffaus* lin. xui ) , nomme le .S. copiât*, chinkau; le S. maura, lotong. Aj. S. fascicularis , ou Kra, Rafles, ib,

(a) Macaco , macaque , est le nom généricruc des singes k la cote de Guinée et parmi les nègres transportés aux colonies. Margrave en indique une espèce dont il dit qu'elle a nares datas bjfidasj et ces mots vague», employés uniquement d'après lui, sont restes dans le caractère que l'on applique au macaque de Buffon , quoiqu'on n'y voie rien de tel.

QUADRUMANES. g5

a leurs dernière» molaires, -et comme les guenons, des callosités et des abajoues. Leurs membres sont plus gros et plus courts qu'aux premiers , et leur museau plus saiftant, leur arcade surcilièreplus renflée qu'aux uns et aux autres. Assez dociles dans leurs premières années, ils deviennent intraitables avec l'âge. Ils ont tous un sac qui communique avec le larynx sous le cartilage thyroïde, et qui se remplit cPair quand Us crient. Leur queue est pendante et ne prend point de part à leurs mouvements : ils produisent de bonne heure, mais ils ne sont tout-à-fait adultes qu'à quatre ou cinq ans. Leur gestation dure sept mois} les femelles ont souvent dans le temps du rut d'énormes gonflements aux parties postérieures (i). La plupart viennent des Indes.

Le Macaque à crinière. (Sim. silcmiset leonina.h. etGm.) Ùuanderou de Buff. Àudeb. IIe Fam. aect. I , pi. in.

Noir 5 une crinière cendrée et *ine barbe blanchâtre lui entourent la tête. De Ceylan.

Xe Bonnet chinois. ( Simia sinica. Gm. ) Buff. XIV , xxx

Fr. C. 3o.

Brun fauve assez vif dessus , blanc dessous ; la face couleur de chair , les poils du sommet de la tête disposés en rayons et formant une sorte de chapeau. Du Bengale, de Ceylan.

Le Toque. (S. radiata. Geoff.) Fr* C. ig.

En diffère par une teinte verdâtre,

Le Macaque de Buff. (Simia çynomolgos et cynocephalus. L.) Buff. XIV, xx. Fr. C. a6 et 317.

, Verdâtre en dessus , jaunâtre ou blanchâtre en dessous, les oreilles et les mains noires, la face et le scrotum tannés (2). V Aigrette. (Simia aygula. L.) Buff. XIV, xxr, parait n'en être qu'une variété , distinguée par un bouquet de poils plus long au sommet de la tête.

( 1) C'est ce qui a fait dire' à Élien , que Von voit dans les Indes des liages qui ont une chute de matrice.

(3) Aj. le Macaque à face noire. Fr. G av. mammif. a8 , et les antre» espèces décrites dans le même oayrage.

Quelques espèces de macaques se distinguent par une queue couru*.

Le Rhésus. AudeB. Fam. H. pk Ta tas h qWSue courte 9 ih. pï. iv; et Buff. Supp. XIV, pi. xvi ; le premier mai m ou représenté par Buff. XIV , pi. xix (i).

Grisâtre ; teint de fauve k la tète et au croupion 7 quelquefois sur tout le dos , la face couleur de chair, la queue passant le jarret. Du Bengale (2)*

Je Mairnon. ( Simia nemestrina , L. et Sîmia puztypigos* Schreb. ) Audeb. H" Fam. sect.l, pi. ti. Er. Cuv, roammif. sous le nom de singe à queue de cochon. y v

Brun foncé dessus; une bande noire commençant sur la tête et s'affaiblissant Je long du dos ; jaunâtre autour de la tète et aux membres; la queue grêle recoquillée. (3)

Les Magots, ( Inuus. Cuv. )

Ife sent que des^ Macaques auxquels un petit tubercule tient lieu de queue*

Le Magot commun. ( S. Sitvanus, pithecus et inuus. L. ) Buff. XIV, 7. 8. Fr. Cuv.mammif.

Couvert tout entier d'un poil gris brun clair, est de tous les singes , celui qui supporté le plus aisément notre climat. Originaire de Barbarie, on dit qu'il s'est naturalisé dans les parties les moins accessibles du rocher de Gibraltar (4),

(1) Les deax individus qui ont servi k Audebèrt sont #a muséum. Je les «I examinés; ils ne foniqu'uae espèce.

(a) l£ macaque à queue couru de Buff. , &ippl. VII , pi. XIII ( Sun. crytrhsBa, Scbr. ) ma paraît un vrai macaque (& cynomedge*)* dont la queue était coupée.

(3) Aj. le macaque de llnde : et le'macaque à face rouge, Fred. Cuv. roammif.

(4) Lzpithèque de Buff* , Suppl. Vf! , pL 4 et 5 , n'était qu'un jeune magot. Son petit cynocéphale , ib. , pi. 6* et les grands et petits cynocéphales de Prosper Alpin sont aussi de cette espèce»

Il {'3*9*0' est le nom grec du singe en général » et le singe, dont

Lxa Cynocéphales ( Cynocéphaltjs. C. ) (0

Ont avec les dents, les abajoues, les callosités des précédents, uq museau alongé et comme tronqué au bout, ou sont percées les narines , ce qui le fait ressemblera celui d'un .chien plus que ceux des autres singes; leur queue varie en longueur. Ce sont en général de grands singes féroces et dangereux : la plupart vivent en Afrique.

Le Papion. Buff. (Simiasphynx. L. )

D'un jaune tirant plus ou moins sur le brun j les touffes des joues fauves, le visage noir, la queue longue (a). On en voit de plusieurs grandeurs , qui ne diffèrent probablement que par l'âge. Adulte, il effraie par sa férocité et sa lubricité brutale. De Guinée. Il y en a une espèce, voisine, a queue plus courte , à pelage plus vérdâtre , à touffes des joues. blanchâtres, à visage couleur de ebair. ( S. Cynocephalus.) Le Babouin , Fr. Cuv. Hém. du Mus. IV. pi. xix.

Le Papion noir. (Simia porcaria. Boàà.S. unifia. Penn.

S. sphyngiola. Herm. La guenon a face alongée. Penn. ,

et Buff. Supp. VU, pi- xv. Singe noir de Vaillant. (3)

Chacma* Fr. Cuv. Mammif. )

D'un noir glacé de jaunâtre ou de vérdâtre, surtout au front, les touffes des joues grises, le visage et les mains »oirsr Sa queue descend jusqu'au talon et se termine par un bouquet de poil. L'adulte a une forte crinière; du reste

Galien a donné Tânatomie, n'est pas autre chose qu'an magot , quoique Camper ait pense que c'était l'orang-outang. M. de Blainville s'est aperçu de cette méprise, et je l'ai constatée en comparant avec ces deux espèces tout ce que Galien dit de l'anatomie de son pithèque.

(1) Cynocéphale t tète de chien, nom très coton* chez les anciens , surtout parce que cet animal jouait un grand rôle dans les figures* symbolique* des Égyptiens , où il représentait Tôt ou Mercure.

(a) Ceux à qui on la représente courte comme les papions de Bufibn , XTV, pi. xiii et xiv, etc., l'avaient coupée. M. BrongniardVi représenté le premier avec quelque exactitude , mais sous le nom impropre de sim. cynocepbalus. Sa figure est copiée dans Schreber, pL xiii B. Voyei maintenant les différents papions dans les Mammif. de M. Fr. Cuv

(3) Toutes ces espèces factices ne tiennent qu'au plus ou moins bon état des individus , ou à leur âge.

g8 " MAMMIFÈRES.

il est semblable aux précédents pour la-forme et pour les mœurs. Du Cap.

Le Tartarin de Belon (Ois. fol . i o i ), ou Papion à perruque. {Sirnia hamadryas. Liiin.) Papion h face de chien. Penn. Singe de Moco. Buff. Supp. VII , x (i).

D'un cendré un peu bleuâtre; les poils du camail et surtout ceux des côtés de la tète très lpngs ; le visage couleur de chair. Ce grand singe est auss^i l'un des plus lubriques et des plus horriblement féroces. U vit en Arabie et en Ethiopie.

On doit distinguer dea autres cynocéphales, une espèce de philippines; toule noire et sans aucune queue {S. nigra. Cuv.), mai* dont la tète est semblable aux auprès. . ,

Les Mandrills

Sont de tousles singes ceux qui ont le museau le plus long ( de 3o°.) ; leur queue est très courte ; ils sont aussi très brutaux et très féroces. Leur nez est le même qu'aux précédents.

Le Mandrill, Boggo, Chorus. Buff. XIV , xvi, xvii, et Supp. VU, ix. (Simia maimon et mormon. Linn. )

Gris brun , olivâtre en dessus , une petite barbe jaune citron au menton, les joues bleues et sillonnées. Les mâles adultesprennentun nez rouge, surtout au bout, où il devfcnt écârlate ; et c'est mal à propos qu'on en a fait une espèce particulière (a). Les parties génitales et le tour de Tan us ont la même couleur. Les fesses sont d'une belle teinte violette. On ne peut se figurer un animal plus extraordinaire et plus hideux. U atteint presque la taille de l'homme. Les nègres de Guinée le redoutent beaucoup. On a mêlé plusieurs traits de son histoire à celle du chimpansé 7 et par suite k celle de l'orang-outang.

(i) Copié dans Schreber, mais mal enluminé. H y en a maintenant une bonne figure dans les mamrnif. de M. Fr. Cur.

' (a) Non* avons vu notts-méme , ainsi que M. Geoffroy , deux ou trots mandrills ou & maimon se changer en ohoras ou S. mormon, dan* la ménagerie du muséum. Le bouqaet de poil qu'on ajoute comme caractère du mormon est souvent aussi dans le maimon.

teDriif. (&miaJeitçoph(f>at) Er^. Cjuy. AuF*àj*tMu8.

d'hist. Bat. iK. pi. 37,'. d'après un jeune, i,»4vk«* HipU

des manimjf. d'après l'adulte.

Gris jaunâtre , le visage noir; la queue tria ©ourle et très. menue; dans les vieux individus le pelage devient plus semble, <et le menton d'us rouge brUtast*.

Les Singes du nouveau cpntinept

Ont graatre mâchelières de plus que les autres /trente-six dents en tout, la queue longue, point d"a%ajoues, les fesses ' veines et sans callosités * lès narines percées aux cotés du nez, et non en dessous. Tous les grands quadrumanes de PÀme> rique appartiennent à cette division; leurs gros intestins sont moins boursouflés , et leur eéecum plus longuet plus grêle que dans les singes de l'ancien monde. >

Les uns ont la queue prenante ; c'est-fc-dire que son extrémité peut s'entortiller avec assez de force autour des corps pour les saisir comme une main. Us retiennent plus- particulièrement le nom de Sapajous ( Cebus Erxleben. ) (1;).

A leur tête peuvent se mettre les AEôUATTES(MyCETEs.' ÏH^.), qui se distinguent par une tête pyramidale, dont la mâchoire supérieure descend beaucoup plus bas' que le crâne ; attendu que l'inférieure a ses branches montantes très .hautes, pour Joger un tambour osseux, formé par un renflement vésiçuiajre de 1'osr hyoïde , qui communique avec leur larynx, et «tonne k leur voix uu volume énorme et un son effroyable. De la leur nom de Singes, hurleur*. La partie prenante de leur queue est nue en dessous. t

Il y en a plusieurs espèces , dont les caractères disti fictifs ne sont pas encore bien assurés > car la couleur du pelage 7 sur laquelle ou les fonde, varie avec l'âge et d'un sexe à l'autre. }

VAlouatU musse. (Simi* senicuius). Vul& Hurleur roux.

Buff. Sup. VU , XXV , .

Qui nous vient souvent des bois de la Guyanne , ou. elle vit en troupes; elle est de la taille d'un fort redard , d'un

(1) Ccbaa ou Cepus, on KS*« , noms d'un singé d'Ethiopie, qui, d'après la description d'ÉUcn,!. xvn, c. 8f doit avoir étàlcpdùtï.'

rOO MAMMIFÈRES.

roux-marron vif, plus foncé à la tête et' à la queue. \IAlouatte ourson (Stentor urrinus., Geoff.) , Humb., obs. zool. I, pi. 3o , doit en différer bien peu. Mais il paraît qu'il y en a plusieurs autres dont les unes sont noirâtres ou brunes, les autres de couleur pâle. Dans certaines espèces , cette teinte pâle est celle de la femelle (i). Les Sapajous ordinaires. Ont la tête plate , le museau peu

proéminent. ( Angle foc. de 6o°.) Il en est quelques-uns dont les pouces de devan^ont en

tout ou en grande partie cachés sous la peau, et la partie

prenante dé la queue nue en dessous* M. Geoffroy en fait un

genre sous le nom d' Attelés (a).

La première espèce, le chamek ( aides pentadactylus f Geoff. ) y diffère encore dés autres , parce qu'elle a le pouce un peu saillant , quoique d'une phalange seulement , mais mus ongle; tout son pelage est noir.

Une deuxième espèce , le Mikiri ( ai. typoxanthus , pr. Max. , bcachyteles macrolarsus, Spix. pi. i. , a aussi un très petit pouce, el même il porte parfois un ongle. Son pelage est jaunâtre, et devient ferrugineux vers la queue.

(i) Margrave, bras. a*6, parle d'un 'guart&a noir à mains brunes, que Spix croit avoir retrouve dans son seniculus niger. Mém. de Munie pour i8i3, p. 333, mjrcetet rufimanus. Kubl.

Margr. , 327 , parle d'une autre espèce toute noire et barbue , dont la -figuré est p. 228 , sous le (aux nom d'ex^uzma, et qui semble devoir être le mycetes barbatu*. Spix, pi. 3a. Sa femelle, ib,t pi. 33, est d'un gris jaunâtre pale. Le mâle doit être le mycetes niger de Kuhl et du pr. Maxunil . de Neuwied. Le carma de d'Azzara , noir, à poitrine et ventre roux objeaf, et dont la femelle est brunâtre , pourrait rentrer dans cette espèce.

Le pr. Max. a encore un mycetes ursinut , qui parait beaucoup plus brun que l'ursinus de M.. Geoffroy, et se rapprocher davantage du M. Juscus ou du M. discolor de Spix , pi 3o et 34. Cest ce dernier qui paratt plutôt être le Sl Juscus de M. Geoffroy.

Valouatte couleur de paille, Stentor stramineus, Geoffir. , et Mjre. stramineus , Spix , pi. 3i , d'un gris jaunâtre , parait, d'après son crâne, différer par l'espèce, mais ce pourrait. bien n'être que la femelle d'une des précédentes. On comprend d'ailleurs que si leurs caractères sont si peu certains, leur synonymie doit l'être bien moins encore.

Aj . le St. Jlavicaudalus , Geoftr . , d'un brun noir , avec une strie jaune de chaque coté de la queue.

(9) Ann. dn muséum , VII, 360 et suiv.

QUADRUMANES. lOl

Ces dons espèces sont séparées par Spix sous le nom de Brachttelbs. Elles lient les atèles aux lagothrix.

Les autres Atèles, auxquels seuls Spix réserre ce nom (Coaïta, Buff.) , manquent absolument de pouce apparent. Tels sont :

Le CoaUa. ( Simia paniscus. L. ) Buff. XV , i .

Couvert tout entier d'un poil noir, comme le chamek, mais absolument sans pouce visible. La race couleur de chair.

Le Cqyou. ( Âteles nier.) Fr. Cuv. Mammrf.

A la face noire comme le reste du corps* Le Chuva Humb. . ou Coaïta à face bordée. ( Mêles mar~ ginattts, Geoff.; Ann. mus. XIII, pi. x*

Noir f avec un bord de poils blancs autour de la face. LeMarimondaUumb. , ou Coaïta à ventre blanc* ( Simia . JBeelzebuth. Brisa.-) Geoff. Ann. mus. VU , pi* xn.

Noir en dessus , blanc en dessous 5 le tour des. yeux cou- . leup de chair.

Le Coaïia Jouve (Ateles Arachnoïdes. Geoff.) Ann. mus,

Xfll , pi. nu Gris fauve ou-soux , les sourcils noirs. Tous ces animaux viennent de la Guyenne et du Brésil, leurs pieds de devant sont très longs, tris grélesy et toute leur démarche singulièrement lente (1).

Les Laootsrtx Geoff. ( Gastrimargus. Spix.) -

Ont la tète ronde comme les atèles. un pouce développé comme les alouattes, et la queue en partie nue comme les uns et les autres. Tel» sont :

Le Càparo Humb. ( Lagothrix Humboldii. Geoff. ) Gast.

olivaceus. Spix. pi. 28., et le Grison. (Lag. Canus. Geoff.),

ou Gastr. infumatus. Spix zg.

Singes de l'intérieur de l'Amérique méridionale ^que Ton dît d'une gourmandise singulière.

(1) Us ont avec l'homme quelques ressemblances asses remarquables dons les muscles. Seuls» parmi les animaux , ils ont le biceps de la cuisse

lait comme le nôtre.

102 MAMMtffrnKS.

tes autre» sapajous ( €ebus Geoff. ) oui à lai foi» ta tète ronde , les pouces distincts et la queue toute velue, quoique prenante. Les espèces en sont encore plus multipliées et 'presque aussi difficiles a caractériser quecelies des aiouattes.

Quelques-uns ont le poil du front de longueur uniformfe.

Le Sajou (Simia appetia. L. ) et le Saï{ Simia capticina. L. } Buff. XV , tv, v, et VHf, ix.

L'un et l'autre de différents bruns ; le premier a le tour du vwafie noirâtre, l'autre Ta blanchâtre; mais toutes les nuances du reste de leur corps varient entre le brun noir et le fauve; quelquefois même le blanchâtre. La région des épaules et delà poitrine est cependant d'ordlnaireplus pâle , et là eajotte et les mains sont plus foncées (i). D'autres «fit tas poils du front diversement dispoiés en aigrette. T ,..

Le tSb/o». û&rnti. ( Simùifatùetku.>Çfte. ) Buff. . • Sup# VIL a$»

A de chaque côté du front une petite totiffe <dé*pbils <MÎrs* (*).;;, • v . ■ \ ,-i •• ... . ., ï

(ï) Les sajous et leki^AVi»iCMtiflMdahraBa«)«msMt etaablan- <&ître, cfàkiÊ iefaiL WfU d'en faire fceaucovp d'tyecoa» si Fofi, n'agit les totiélék faientiikUafcta Tel* «Ont les aun> ertpiffa, ffjrfe/tfk, lugubri*, fiavia , L. et Scfareb. > ainsi qae fnçlqnesttin* .de jeenx que distingue M. Geoffrpy; An a. du mus. XIX , m et 1 12. Spix vient encore de les multiplier , selon nous , assez légèrement.

' ttôusràj^ctomsdti ^^(i^.^rfto.L.)lert*i*ftièitWwi,I^)Max., <fé! nè'nott*paNlttftiéU*quele iajourtAK. Le^eK. tommmcphahu )$$ix*y pi. 1 , ne nous parait pas son pins en différer par l'csp^c*, Noms rapprochons, du-jcf (5. capucina, L) le saî à gorge blanche, Buff. (1$. typo- (fic«05)^e cebus l&iâinosus\ Spîx, 25 lé *e£. xanûiosternus , pr. Mak.,ou 'té ce*, xanihocephalus, Spix , 3 ; le ceb. cucûOàOÙ , «.; tf. ' l

Nous serions plus disposés' k regarder &tnnti*ltfe* eifttoflitfy*11 : le '$tyu Afcafrdtt*, "Ma* Oiv.yXe^jim^rtm^,^ #fr H&olor, Spix., pi. 4- hsim.jlawt$4\*th.$i& dwtU <x*>. graa'lU, ft&x.tïl> 5, nenoos semble différer que par l'empaillage; mais il faudra encore de nombM*es oUacvaMons, fcjLes dans, les Jiç.u* que ces animaux babitent, avant qttfc.i'on puisse îeifetter de ne 41a* en^cJabJ^ les espèces arbitrairement.

(a) Jci doivent venir le cebus ourhifer, Geoflfr. , et le ceb. du même nom, pr.Max , mais qui est différent. Ceb. cristatusy Fr. Cuv.

QUADKOKABBS. lOÔ

Le naturel de ces singes est doux, leurs mouvement* vifs -et légers : on les Apprivoise aisément. Leur petit cri flûte leur a fait donner le nom de singes pleureurs.

Dans les Saimiris , la queue est déprimée et cesse près» que d'être prenante , la tète est très plate; il y a à la cldi» son interorbîtaire du squelette un espace membraneux. Nousn'en connaissons qu'un.

Le Saïmiri. ( Simia seiurea. ) Buff. XV , x.

Grand comme un écureil, d'un gris jaunâtre; les avantbras, les jambes et les quatre mains d'un jaune fauve ; le bout du museau tout noir.

Ceux des singes d'Amérique qui n'ont pas la queue du tout prenante s'appellent en général Sakis. Plusieurs ont la queue très longue et touffue, ce qui les fait nommer aussi singes à queue de renard : leurs dents saillent en arfnt plus que dans les autres singes. Ce sont les Pithecia de Besmarets et dfliger • - i

Le Tarké. ( Simia pithecia. L.) Buff. XV , xn. Pùheâia-

inusia. Spix. pi. io»

Noirâtre; le tour du visage blanchâtre.

Le Saki gris. Pu*, hirsuta. Spix. pi. 8. '

Gris , à mains jaunâtres.

Le Saki noir. ( Simia satanas. Hofmansegg. ) Humb.

Obs. zoo!. L. xxvii.

Tout noir.

Le Saki à ventre roux où Singe de nuit. ( Pithecia rufîventris. Geoff. ) Buff. Supp. Vil, xxxi. pith. capillamjentosa. Spix. pi. n.

Bran , à ventre roux.

Spixendistinguelesespècesdontlaqueue^quoiquetouffue,

(1) Tous les singes d'Amérique a queue non prenante , et lefreatstitif, portent dans Boffon , en commun , le nom de tagouins ( callithrix end* ). Ce nom de sagouin ou çagui appartient en effet , au Brésil, à tous les petits quadrumanes à queue nori prenante.

iV*. B. HL. Geoffr. , Ann. mus. XIX , na-i 1 3 , donne en commun a ses callithrix, qui ne sont qu'une division de ceux d'Brxleben, aux thores et au pithecia , le nom de gAypxxhèq+e. •

est moins longue que le corps. Ce sont ses ûrachiujrus. Son Br. Ouaraki, Sp. , pi . 8 , a le corps fauve , la tète , Je cpu , les bras et les pieds noirs. On doit y joindre , si toutefois c'est une autre espèce , le Sim. rnelanocephala, Humb* Obs. zool. pi. ao,. Fauve, à tête noire.

il y en a aussi ( les Galiithrix. Geoff. ou Sagouins f Fr. Cuv. ) dont la queue est grêle, et dont les dents n'ont point de saillie. Op leur a pendant quelque temps associe les salmiris, mais la tète des sagoins est plus haute, et leurs canines beaucoup moins longues. Telssont :

Le Sagouin à masque. {Coll. pcrsonata. Geoff. ) Spix.

pi. ia. Call. nigrifrons. là. , i5.

• Gris faure, à tète et mains noires.

Le S. en deuil ou la veuve ( Sun* lugens. Humb. )

Noirâtre avec un large hausse-col blanc; dont le Call. amicta. Geoff? Sp. pi. i3. et Coll. torquata. Hofmanseg, doivent peu différer (1). #

Les NocTH0fu5s,Fréd.Cuvv o\iNyctipitkecu$} Spix, nommés mal à. propos Aotus par Iliger.

Ne différent des sagouiosquepax de grands yeux npcturnes, des oreilles en partie cachées sous le poil. On n'en connaît qu'un ,

Le Douroucouli.iUumb. Obs. zool. 28 (Nocthora trivirgata.

Yt* Cuv» Mammif.) îfyctipith* vociférons . Spix. pi. 18.

Cendré dessus ; fauve dessous , une ligne verticale noire sur le milieu du front et une sur chaque tempe. C'est un .animal nocturne de l'Amérique méridionale. (2)

Tous ces animaux sont de la Guyanne ou du Brésil.

Les Ouistitis. (Hapale, IKger. Arctopithecus , Geoff. )

Forment un petit genre, semblable auxysakis, et qui

a longtemps été confondu avec eux dans le grand genre

(1) Aj. CalL melanochir , pr. Max.— C. cinerascens , Spix, pi. 14, en est le jeune âge, scion M. Temmink. — C. cuprea , Spix -f pi. 17. — . C Gigo9 id.* pi. 16. JY. B. Ce nom de Gigo ou Guigo est donne par U pr. Maxim, à son Melanochir, en sorte qu'on doit le croire générique. ' (a) Aj. JSjrcUpithec.fdums Spix. pi. 18.

QUADRUMANES. - lo5

des singea; ils ont, en effet , comme les singes d'Amérique en général , la tête ronde, le visage plat, les narines latérales , les fesses velues , point d'abajoues , et , comme les sakis en particulier, la queue non prenante; mais ils n'ont que vingt màchelièves, comme les singes de l'ancien continent ; tous . leurs ongles sont comprimés et pointus ; excepté ceux des pouces de derrière, et leurs ponces de devant s'écartent si peu des autres doigts, qu'on ne leur donne qu'en hésitant le nom de quadrumanes. Ce sont tous de petits animaux de forme agréable, et qui s'apprivoisent aisément.

M. Geoffroy distingue les ouistitis proprement dits, qu'il nomme Jacchus, et qui ont pour caractères des incisives inférieures pointues, placées sur une ligne courbe ,. et égalant les canines. Leur queue est bien fournie et annelée; leurs oreilles ont d'ordinaire un pinceau de poils.

UOustiti commun. {Sun. jacchus. L.) Titi} au Paraguay,

Buff. XV , xnr.

A queue assez touffue , colorée par anneaux de brun et de blanchâtre , k corps gris-brun , deux grandes touffes de poils blancs devant les oreilles. De presque toute l'Amérique méridionale, (i) . '

H. Geoffroy nomme Midàs, les espèces k incisives inférieures tranchantes, placées presqu'en ligne droite, et moindres que les canines. Leur queue est moins épaisse et non annelée.

Le Pinche. (Simia œdipus. L. ) Bufï. } XV xvii. Gris, onde de brun , de longs poils blancs sur la tète,

(i) U est difficile d'établir des limites bien spécifique* entre les ouisti* lis de différentes couleurs. Le Jacch. penkUtatusy Gcoffr., Spix., pi.' *6, a vue tache blanche au front, et les touffes des oreilles, brunes on noires. — Son J. leucocephalus , pr. Max. , ae.liv. , a les mêmes touffes , mais le blanc y occupe tonte la tète et le devant du cou. — Son J. humeralifir a les épaules , la poitrine et les bras blancs. — Le jacch. albicoUis , Spix. , pi. *5,a la tache dn front, les touffes des oreilles et un large collier blancs. U y en a, an contraire, où tout le blanc a disparu. Voyez Annal, du mas., XIX, p. i ig-iaa.

106 MAMtfIFà&BS.

pendant* derrière les oreil les; la queue g*éle et rousse. Des bords de U rivière des Amazones (i).

Le Tamarin. ( Sùnia midas. L. ) Mid. Rufimanus. Geoff.

Buff. XV , xiu.

Noir , les quatre mains jaunâtres. De la Guyanne.

Le Tamarin nègre. {Mid. ursulus. Geoff.) Baff. Sup. VII , xxxii. Mid. Fuscicollù. Spix. pl.ao. .

Tout noir , des ondes roussit res sur le dos.

Le Tamarin à lèvres blanches. (Mid. Labiatus. GeofF»)

M. Nigricolli*.$pix.*i, Noir, la croupe roussâtre, le tour du museau blanc.

Le Martkxna. (Simia rôsaUa. L. ) Vulg. singe lion. Buff.

XIV, xvi.

Jaunâtre j la télé entourée d'une crinière fauve doré, là queue brune au bout. De Surinam.

Le Marikina noir. (Hapalc chrysomelas. Pr. Max. 3e livr.)

Noir; les avant-bras, le dessus de la queue et une crinière autour de la tête, d'un roux doré vif.

Le Mico. ( San. argentata, L* ) Buff. XV, xtiii*

Gris-blanc argenté , quelquefois tout blanc ; la queue brune. De la rivière des Amazones

Les Makis. (Lemur. L.)

Comprennent, selon Linnaeus, tous les quadrumanes qui ont à l'une ou i l'autre mâchoire les incisives en nombtfe différent de quatre, ou du moins autrement dirigées que dans les singes. Ce caractère négatif ne pouvait manquer d'embrasser des êtres assez différents , et ne réunissait même pas tous ceux qui doivent aller

(0 Je soupçonne le mid. bicofor, Spix., pi. *4 > de n'être qu'âne variété du S. œdipus. , et son M. mystax élu M. labiatus.

(a) Le S. Uomna , Hamb. Obs. î , pi. 5, est brun et a h foc* noire et les lèvres blanches 9 comme cetie espèce ; mais fl paraît que les poils de son coa sont plus ëpais, et forment une crinière connneaux màrihina. — Aj. Midas chrysopjrgus.'S&ttCTeT.

QUÀDfl tfMAHBS. 107

ensemble. M. Geoffroy» établi dans ce genre plusieurs divisions mieux caractérisées. Ces animaux ont les quatre pouces bien développés et opposables , et le premier doigt de derrière armé d'un ongle pointu et relevé; tous les autres ongles sont plats. Leur pelage est laineux; leurs dents commencent à^bus montrer des tubercules aigus, engrenant les uns, dans lea autres, comme dans les insectivores.

Les "Makis Mammaire nrits. ( Lemmr* )

Ont six incisives en bas, comprknéesei couchées an avant ; quatre ea baut , droites, dont les intermédiaires son t écartées . Tune de l'autre: des canines tranchantes, six molaires de chaque côté ep/haut, six en bas; des oreilles peu volumineuse*. Ce sont des arânamc tris agiles , que l'on a nommés «àtges k museau de renard, k cause de leur tête* pointue, lis vivent de fruits. Les espèces en sdnt nombreuses, et n'habitent que dans Rie de Madagascar, oà elles paraissent remplacer les singes , qui , dtt-on , n'y existent pas. Elles ne diffèrent guère entre elles que par les couleurs/

Le Mococo. ( Lcmur catta. L. ) Buff . XUl , xxn. Gris-cendré , h queue auraelée de noir et de blanc* Lé VarL ( Lcmur maeacù. L. ) tarif. XUI , xxvu. Yarié par grandes taches <tk noir et de blanc Le Maki rouge. ( Lcmur ruber. Péron. ) Fr . Cuv. Ifanmif.

Roufc-ihairoB vif, la tète, les quatre mains , la queue et le ventre noirs, une tache blanche sur la nuque, une touffe rousse i chaquç oreille*

Le Mongous. ( Lemur mongos. L. ) Buff. X1I1 , xxvi. Tout brun ,1e visage et les mains noires, et d'autres espèces voisines ou vfcnélés, teltos que +- . •

Le Mongous à front liane (Lemuralbijh>ns.Geoff.y '■

Audeb. Makis, pi. m.

Brun , le front blanc, etc. (i).

•*——*f*mmm-mim

( 0 À) le maki noir'L. niger9Eàw. 4*8. — ha maki à frout *•*•< L. nigrifrons, Geoffr. ). — Le maki à tête ttoirt (L. mêkmotXfthmbês), SV. (X

108 MAMMIPàEBS.

Les fanais, ( Lichakotus. Ilig. )

Ont les dents comme dans les précédents , excepté qu'il n'y en a que quatre en bas. .

On n'en connaît qu'une espèce , sans queue , de trois pieds de haut, noire , à fa cerise , à derrière blanc (Lemur indri ) , Sonnera t, IIe Voy. , pi. lxxxVi ; que les habitants de Madagascar apprivoisent et dressent comme un chien pour la chasse (i).

Les Loris, vulg. Singes paresseux. (Stewops. Ilig. )

Ont les dents des makis ; seulement des pointes plus aiguës aux mâchelières ; le museau court d'un doguin ; le corps grêle ; point de queue , de grands yeux rapprochés, la langue rude.

Ils se nourrissent d'insectes '> quelquefois de petits oiseaux ou quadrupèdes, et sont d'une lenteur excessive à la marche: leur genre de vie est nocturne. M. Carlisle leur a trouvé , a la base des artères des membres , la même division en petits rameaux que dans les vrais paresseux.

On en connaît deux espèces, l'une et l'autre des Indes orientales.

Le Loris paresseux ou le Paresseux du Bengale. {Lemur tardigradus. L. ) Buff. Sup. VII, xxxvi.

Gris-fauve, une raie brune le long du dos. Il lui manque quelquefois deux incisives en haut (a)*

LeLoris grêle. (Lemur gmcOis.)bu({. Xlfl, xxx/et mieux,

Seb. I,xlv«.

Gris -fauve, sans raie dorsale, un peu plus petit que

— Le maki àfraxst ^htmaki roux , Àudeh,, pi. a, etc. Mais il n'est pas certain que plusieurs de ces espèces ne rentrent les unes dans les autres. Voyez Geoffr. , Ann. mus., XIX, p. 160 et p.

( x) V indri à longue queue ou maki à bourre ( Lemur lamger> Gm. ) , Sonnent, *• Voy., pi. lxxxtjo , a besoin d'être revu.

(a) Sa démarche lente, qui Pavait fait prendre pour un paresseux, a engagé quelques auteurs a soutenir , contre Buflfon et contre la vérité, que le genre des paresseux existe aussi en Asie.

le précédent , à nez plus relevé par une saillie des intermaxillaires. (i).

Les Galago , GeofF. ( Otolicnus. Ulig. )

Ont les dents et le régime insectivore des précédents; des tarses alongés , qui donnent à leurs pieds de derrière une dimension disproportionnée; une longue queue touffue , de larges oreilles membraneuses , et de grands yeux qui annoncent une vie nocturne.

On en connaît plusieurs espèces , toutes d'Afrique (a). Il paraît que Ton doit y rapporter aussi un animal de ce pays-là ( Lçmur potto , Gm. ), Bosman. Voy. en Guin. p. o5a, d°4; auquel on attribue une lenteur comparable à celle des loris et des paresseux.

Lxs Tarsiers. (Tarsivs.)

Ont les tarses alongés et tous les autres détails de la forme des précédents ; mais l'intervalle entre leurs molaires et leurs incisives est rempli par plusieurs dents plus courtes : les incisives mitoyennes d'en haut s'alongent et ressemblent à des canines. Leur museau est ttfes court,, et leurs yeux encore plus grands qu'à tous les précédents. Ce sont aussi des animaux nocturnes , et qui vivent d'insectes, ils viennent de* Moluques. ( Lcmur spcctrum. Pall. ), Buff. XIII, ix (3).

(i) Sur cette différence du nés, M. Geoffroy fait', de la première esî pece, son genre vycticebus; delà seconde, son genre loris.

(a) Le grand galago , de la taille d'un lapin ( Galago cras$icaudatu+t Geoffr.). — Le moyen , de la taille d'an rat ( Galago senegaleruis , id. ), Schreb. XXX VIII, Bb. Audeb. Gai. pi. i. — Le petit, encore on peu moindre, Brown, ill. 44 —Compares aussi le galago de Dcmidof, Fischer, Meni. des nat. de Moscoa , I , pi. i .

(3) Comparez le Tar9iusfuseomanus,¥Ucher,AnaA. des Makis, pi. ut. et le Tarsius bancamu. Horsfie!d. Jav.

A. B. Les voyageurs devront rechercher quelques animaux dessines par Commença , et que M. Geoffroy a mit graver, Ami. mus. XIX, z , sous Unom de cheirogalcus. Ces figures semblent annoncer un nouveau genre ou tout-genre de quadrumanes.

*lO MAMMiPàRES.

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