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étendue des structures dont elle devait être en quelque sorte la 'représentation.
Il est vrai que Daubenton et Camper avaient fourni des faits; que Pallas avait indiqué des vues : mais les idées de ces savants hommes n'avaient point encore exercé sur leurs contemporains l'influence* qu'elles méritaient d'avoir. Le seul catalogue général des animaux que Ton possédât alors, et que l'on ait. encore aujourd'hui , le système de Linneeus> venait d'être défiguré par un éditeur mal* heureux, qui ne s'était pas même donné le soin d'approfondir les principesde cet ingénieux méthodiste, 4 et qui > partout où il avait rencontré quelque désordre , avait semblé .faire des efforts pour le rendre plus inextricable,
11 est vjrai encorç qu'il existait sur des classes particulière* des travaux très étendus, qui avaient fait connaître un grand nombre d'espèces nouvelles ; mais ïgurs .auteur? n'avaient guère considéré que le$ rapports extérieurs de ces espèces, et personne ne s'était occupé de coordonner les classes et les ordres d'$prè$ l'ensemble de la structure ; les caractères de plusieurs classes restaient faux ou incomplets , même dans des ouvragés . anatomiques justement célèbres-; une partie des ordres étaient arbitraire ; dans presque aucnne de ces divisions , les genres n'étaient rapprochés conformément à la nature.
ie dus donc , et cette obligation méprit un temps consjdésa hte , je dus faire marcher de front l*na-
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tomieet la zoologie, les dissections et le classement ; chercher dans mes premières remarques sur For* ' ganisation , des distributions mfdlleures ; m'en servir pour arriver à des remarques nouvelles; employer encore ces remarques à perfectionner les distributions ; faire sortir enfin 4e cette fécondation mutuelle des deux sciences l'une par l'autre , un système zoologique propre à servir d'introducteur et de guide dans le champ de l'anatomie , et un corps de doctrine anatomique propre à servir de ; développement et d'explication an s ystème zoologique.
Les premiers résultats de ce double travail pa-r turent en 1 796 , dans un Mémoire spécial sur une nouvelle division des animaux à sang, blanc. Une ébauche de leur application aux genres et à leur division en sous-genres , fit l'objet de mon Tableau élémentaire des Animaux , imprimé ea 4798, et j'améliorai ce 'travail avec le concours de M. Dur méril , dans les tables annexées au premier volume de- mes Leçons d'Anatomie comparée, en 1800,
Peut-être me serais- je contenté de perfectionner ces tables, et anrais-je passé immédiatement à la publication de ma grande anatomie,si,danslé cours de mes recherches, je n'avais été bien souvent frappé d'un autre vice de la plupart des systèmes généraux ou partiels de zoologie; je veux dire de la confusion où le défaut de critique y a laissé uft grand nombre d espèces , et même plusieurs gepres, . Non-seulement les classes et les ordres n'étaient
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pasassezconformes à la nature intime desanimaux , pour servir commodément de base à un traité d'anatomie comparée ; mais les genres, quoique d'ordinaire mieux constitués, n'offraient eux-mêmes , datfs leur nomenclature , que des ressources insuffisantes, parce que les espèces n'avaient pas été rangées sous chacun d'eux, conformément à leurs caractères. Ainsi, en plaçant le lamantin sous le genre des morses, la sirène sous celui des anguilles, Gmelin avait rendu toute proposition générale relative à l'organisation de ces genres, impossible ; tout comme en rapprochant dans la même classe , dans le même ordre, et à côté l'un de- l'autre, la seiche elle polype d'ead douce, il avait rendu impossible de dire rien de général sur la classe et sur l'ordre qui embrassaient des êtres si disparates.
3e cite là des exemples pris parmi les plus frappants ; mais \\ en existait une in£nité de moins sensibles au premier coup d'œil, qui n'avaient pas des inconvéniens moins réels.
Il ne suffisait donc pas d'avoir imaginé de nouvelles distributions der classes et d'ordres , d'y avoir placé convenablement les genres ; il fallait encore examiner toutes les espèces , afin de savoir si effectivement elles appartenaient aux genres où on les
avait mises.
Or quand j'en vins là , je trouvai non-seulement des espèces groupées ou dispersées contre toute raison , mais je remarquai que plusieurs n'étaient pas même établies d'une manière positive , ni par
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les caractères qu'on leurussignait , ni par les.figures et les descriptions que Ton en alléguait.
Tantôt l'une d'elles, au moyen des synonymes, en»représente sous un seul nom plusieurs, et sou-* vent tellement différentes , qu'elles ne doivent pas entrer dans le même genre ; tantôt une seule est doublée, triplée, et reparaît successivement dans plusieurs sous-genres, dans plusieurs genres, quelquefois dans des ordres différents.
Que dire, par exemple, du trichécusmanatus de Gmelin»qui, sous un seul nom spécifique, comprend trois espèces et deux genres, deux genres différents presque en tout ? Sous quel nom parler de la vélelle, qui y figure deux fois parmi les méduses et une parmi les holothuries ? Comment y rassembler les biphores , qui y sont appelées les unes du nom de dagysa, le plus grand nombrede celui de salpa, et dont plusieurs sont rangées parmi les * holpthuria ?
Ainsi il ne suffisait pas, pour atteindre complètement le but, de revoir les espèces : il aurait fallu revoir jusqu'à leurs synonymes ; c'est-à-dire qu'il aurait fallu refaire le système des animaux*
Une. telle entreprise , après le prodigieux développement que la science a pris depuis quelques années, eût été inexécutable dans son entier pour tout homme isolé, même en lui supposant la plus longue vie, et nulle autre occupation; je n'aurais pas même été en état de préparer la simple esquisse que je donne aujourd'hui, si j'avais été livré à mes