‹ Le règne animal (volume 3)Chapitre 53 sur 91 · CCXXXVII · texte numérisé non relu

CCXXXVII

Gris-brun , grand comme un rat d'eau ; vit dans «Je petits terriers , en des contrées fertiles , de fruits et de bourgeons (1).

Le Lagomys gris. (Lepus ogotonna.) Pall. Glir. III , Schreb.

ccxxxrx.

G ri s très pâle , à pieds jaunâtres , un peu plus grand que le précédent; niché dans des tas de pierres, des fentes de rochers , etc., où il amasse du foin pour l'hiver.

Le Lagomys pica. (Leptts Âlpinus. ) Pall. Glir. H, Schreb.

ccxxxvin.

Grand comme un cochon dinde, roux-jaunâtre; habite les sommets les plus élevés des montagnes, où il passe l'été à choisir et à sécher les herbes dont il fait sa provision d'hiver. Ses tas de foin, quelquefois hauts de six ou sept pieds , sont une ressource précieuse pour les chevaux des chasseurs de zibelines.

v On a découvert les os fossiles d'une espèce inconnue de lagomys, dans des concrétions ou brèches osseuses de Corse. (Cuv. , Ossem. foss. IV, p. 199.)

Après les deux genres des*porc-épics et des lièvres, il vient des Rongeurs que LinnœusetPallasréunissaient sous Je nom de Cavià, mais auxquels il est impossible de trouver d'autre caractère commun et positif que celui de leurs clavicules imparfaites, quoique les espèces qui les composent ne manquent pas d'analogie entre e,lles pour l'habitude du corps et pour les mœurs. Elles sont toutes du nouveau continent.

Les Cabiais. ( Hydrochcerus. Erxleben. )

Ont quatre doigts devant et trois derrière , tous armés d'ongles larges et réunis par des membranes; quatre ma*

(1) Pallaa en indique un encore pins petit de l'extrémité ndrd-e*> de l'Aiie , lepus hyperboreus , Zoogr. , Row. , 1 , 1 5a.

chelières partout , dont les postérieures plus longues , composées de nombreuses lames simples et parallèles ; les antérieures de lames fourchues, vers le bord externe dans les supérieures, vers l'interne dans. les inférieures.

On n'en connaît qu'une espèce.

(Cavia capybara. Lin. ). Capybara de Marg. Capiygoua de d'Azz. Cabiai de Buff. XII , xlix*.

Grande comme un cochon de Siam , à museau très épais,

à jambes courtes, à poil grossier, brun -jaunâtre , sans

queue ; elle habite en troupes dans les rivières de la Guiane

et des Amazones» C'est un bon gibier, et le plus grand

. des rongeurs. Le castor seul en approche pour la taille.

Les Cobayes , vulgairement Cochons b'Inde. ( Anobma.

Fred. Cuv. Càvia. Ilig. )

Représentent les cabiais en petit; mais leurs doigts Bont séparés, et leurs molaires n'ont chacune qu'une lame simple , et une qui est fourchue en dehors dans les supérieures , en dedans dans les inférieures.

L'espèce la plus connue; ( Cavia cobaia, Pall. Mus porcellus, Lin.), Buff. VIII , i, très m uiti pli cç aujourd'hui en Europe , où l'on en élève dans les maisons, parce qu'on croit que son odeur chasse les rats, varie en couleur comme tous les animaux domestique. Il y a lieu de penser qu'elle vient d'un animal d'Amérique nommé aperea, de même taille et de même forme, mais à 'pelage entière* ment gris-roussâtre. On le trouve dans les bois du Brésil et du Paraguay.

Les Mocos. ( Kerodow. Fréd. Cuv. )

Ont les mâchelières un peu plus simples que les cobaies, et formées seulement chacune de deux prismes triangulaires.

L'espèce connue vient aussi du Brésil; surpasse un, peu le cochon d'Inde par la taille , et est d'un gris olivâtre.

BONGEURS. 221

Les Agoutis. Cuv. ( Crtorômys. Fred. Cuv. Dast-

PROCTÀ. llig. )

Ont quatre doigts devant*, trois derrière , quatre mâclielières partout , presqu^ égales , à couronne plate irrégulièrement sillonnée , à contour arrondi , échancré au bord interne dans les supérieures , à l'externe* dans les inférieures. Ils ressemblent, par leur naturel et par leur chair j à nos lièvres et à nos lapins, qu'ils représentent en quelque sorte aux Antilles et dans les parties chaudes de l'Amérique:

V Agouti ordinaire. (Càviaacûti. L. ) Buff. VHI , t.

A queue réduite à un simple tubercule, à poil brun, fauve sur là croupcdans le mâle; grand comme un lièvre.

UAcouchi. (Cavia acuchi. Gm.) Buff. Supp.JU, xxxvi.

A queue de six ou sept vertèbres , poil brun dessus , Fauve dessous , grand comme un lapin.

Le Lièvre pampas des créoles de Bueaos-Aires. ( Cavia

patagonica. Penn. et Schr. )

Paraît être une espèce d'agouti à plus longues oreilles , à queue très courte et nue; mais ou né connaît pas encore ses molaires.

Ljes Pàcas.( Coblogenys. Fred. Cuv. ) (1).

Ont , avec des dents assez semblables à celles des agoutis , un très petit doi^t de plus qu'eux au bord interne du pied de devant et un de chaque côté , également * très petit, au pied de derrière, ce qui leur fait cinq .doigts partout. On remarque en outre une cavité creusée dans leur joue, et qui s'enfonce sous un rebord formé' par une arcade zygomatique très large et tressaillante (a),

(i) Anœma, sans force; cldoromys , rat jaune; dasyprocta^ fesse velue ; axlogenys , joue creuse $ hydrochocrus , cochon dleau.

(s) M. Harlan (Fauna americ, p. 196 ) a fait, sur nnctète conservée

qui donne à la tête osseuse un aspect fort extraordinaire. On dit que leur chair est fort bonne.

Il y en a une espèce ou variété fauve et une brune, toutes deux tachetées de blanc. ( Cavia paca, L. ) Buff.,X, xliii* Supp. 111, xxxv. 0

Il reste enfin un animal voisin peut-être des cavia, peut' être plus rapproché deslagomys, ou des rats, mais que Ton ne sait pas au juste où placer, faute de connaître ses dents; c'est le chinchilla , dont les peaux arrivent en si grand nombre pour le commerce des pelleteries , mais dont on n'a pu encore se procurer le corps entier. Il est de la grandeur d'un cochon d'Inde ou d'un petit lapin, couvert de poils longs serrés, et les plus fins, les plus doux que l'on connaisse dans les fourrures usitées; ses oreilles sont grandes, et à demi-nues; sa queue, du tiers de la longueur du corps, est garnie de poils plus roides, disposés de manière à la faire paraître comprimée latéralement. Ses pieds de devant ont quatre doigts avec un vestige de pouce } ceux de derrière n'en ont que trois. Ce quadrupède habite les montagnes de l'Amérique méridionale.

La Viscache telle que la décrit d'Azzara ( Quadr. du Parag., trad. fr., Il, p. /ji), et tel le que nous l'avons vue en figures, ne peut guère être qu'une grande espèce de chinchilla, à poil moins long et moins doux. (i).

au musée de Philadelphie , un nouveau genre qu'il nomme osteopera , mais d'après cette description elle ne nous paraît autre que celle du paca. M. De*marets a déjà fait la même observation.

(>i) Les figures nous ont été communiquées par M. Hamilton Smith et par M. Biookea. C'en l'animal décrit sous le nom de gerboise géante par M. de Blainville dans Desmarets , Mammal. , 3i5, et Nouv. Dict. d'hist. nat. , XIII , n 7 , et représenté dans la traduction anglaise du présent 'ouvrage sous celui de Marmoi-dkuyi.

Page 1