LE HUITIÈME ORDRE DES MAMMIFÈRES
ou LES RUMINANTS (Pecora. L. ),
Est peut-être le plus naturel et le mieux déterminé de la classe , car ces animaux ont l'air d'être presque tous construits sur le même modèle , et les chameaux seuls présentent quelques petites exceptions aux caractères communs*
Le premier de ces caractères est de n'avoir d'incisives qu'à la mâchoire inférieure , presque toujours au nombre de huit. Elles sont remplacées en naut par un bourrelet calleux. Entre les incisives et les molaires est un espace vide, où se trouvent, seulement dans quelques genres , une ou deux canines* Les molaires , presque toujours au qombre de six partout , ont leur couronne marquée de deux doubles croissants, dont la convexité est tournée en dedans dans les supérieures , en dehors dans les inférieures.
Les quatre pieds sont terminés par deux doigts et par deux sabots , qui se regardent par une face aplatie, en sorte qu'ils ont l'air d'un sabôl unique , qui aurait été fendu; d'où vient, à ces animaux, le nom de pieds fourchus , de bifurques , etc.
Derrière le sabot sont quelquefois deux petits ergots, vestiges de doigts latéraux. Les deux os du métacarpe et du métatarse sont réunis en un seul , qui porte le nom de canon , mais dans cer-
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taines espècei il y .a aussi des vestiges de métatarsiens et de métacarpiens latéraux.
Le nom de ruminants indique la faculté singulière de ces animaux, de mâcher une seconde fois les aliments, qu'ils ramènent dans la bouche après une première déglutition, faculté qui tient à la structure de leurs estomacs. Ils en ont toujours quatre, dont les trois premiers sont disposés de façon que les aliments peuvent entrer à volonté dans l'un des trois , parce que l'œsophage aboutit au point de communication.
Le premier et le plus grand se nomme la panse; il reçoit en abondance les herbes grossièrement concassées par une première mastication. Elles se rendent de là dans le second , appelé bonnet , dont les parois ont des lames semblables à des rayons d'abeilles. Cet estomac * fort petit et globuleux , saisit l'herbe , l'imbibe et la comprimé en petites pelotes , qui remontent ensuite successivement à la bouche pour y être remâchées. L'animal se tient en repos pour cette opération , qui dure jusqu'à ce que toute l'herbe, avalée d'abord dans la panse, l'ait subie. Les aliments, ainsi remâchés, descendent directement dans le troisième estomac nommé feuillet y parce que ses parois ont des lames longitudinales semblables aux feuillets d'un livre > et de là dans le quatrième ou caillette , dont les parois n'ont que des rides , et qui est le véritable organe de la digestion , analogue à l'estomac simple des animaux
ordinaires. Pendant que les ruminants tettent et ne vivent que de lait , la caillette est le plus grand de leurs estomacs. La panse se ne développe et ne prend son énorme volume qu'à mesure qu'elle reGoit de l'herbe. Le canal intestinal des ruminants est fort long; mais peu' boursouflé dans les gros intestins. Leur caecum est de même, long et assez lisse. La graisse des ruminants durcit plus en refroidissant que celle des autres quadrupèdes , et devient même cassante. On lui donne le nom de suif. Leurs mamelles sont placées entre leurs cuisses.
Les ruminants sont, de tous les animaux, ceux dont l'homme tire le plus de parti. Il peut manger de tous , et c'est même d'eux qu'il tire presque toute la chair dont il se nourrit. Plusieurs lui servent de bêtes de somme; d'autres lui sont utiles par leur lait , leur suif , leur cuir , •leurs cornes et d'autres productions.
Les deux premiers genres n'ont point de cornes.
Lbs Chameaux. ( Camelus. L. )
Se rapprochent un peu plus que les autres de Tordre précédent, lis ont non-seulement toujours des canines aux deux mâchoires , mais encore deux dents pointues implantées dans l'os incisif, les incisives inférieures au nombre de six , et les molaires de vingt ou de dix-huit seulement , - attributs qu'ils possèdent seuls parmi les ruminants, ainsi que d'avoir le scaphoïde et le cuboïde du tarse séparés. Au lieu de ce* grand sabot aplati au côté interne qui enveloppe toute la partie inférieure de chaque doigt et détermine la figure du pied fourchu
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ordinaire , ils n'en ont qu'un petit, adhérant seulement à la dernière phalange, et de forme symétrique comme les sabots des pachydermes. Leur lèvre renflée et fendue, leur long cou, leurs orbites saillants, la faiblesse-de leur croupe , la proportion désagréable de leurs jambes et de leurs pieds , en font des êtres en quelque sorte difformes; mais leur extrême sobriété, et la faculté qu'ils ont de passer plusieurs jours sans boire , les.ren.dent de première utilité.
Cette faculté tienVprobablement à de grands amas de cellules qui garnissent les côtés de leur panse , et daus lesquelles il se retient ou se produit continuellement de Peau. Les autres ruminants n'en ont point de semblables.
Les chameaux urinent en arrière , mais leur Verge change de direction pour l'accouplement, qui se fait avec beaucoup de peine , et pendant lequel la femelle reste couchée. Au temps du rut , il suinté de leur tête un humeur fétide.
Les Chameaux proprement dits.
Ont les deux doigts réunis en dessous, jusque près de la pointe, par une semelle commune et le dos chargé de loupes de graisse. Ce sont de grands animaux de l'ancien monde dont on connaît deux espèces , toutes les deux complètement réduites à l'état domestique (i).
Le Chameau à deux bosses. (Camelus bactrianus. L.)
Buff.Xl,xxii.
Originaire du centre de l'Asie, et qui descend beaucoup moins vers le midi que
Le Chameau à une seule bos&e. ( Camelus dromedarius. L. )
Buff . XI , ix.
Qui s'est répandu d'Arabie dans tout le nord de l'Afrique
(\) Pallfts rapporte , sur la foi des Boucbares et des Tartares , qu'il y a des chameaux sauvages dans les déserts du milieu de l'Asie ; mais il faut remarquer que les Calmouque» , par principe de religion , donnent la liberté' à toutes sortes d'animaux.