‹ Le règne animal (volume 3)Chapitre 64 sur 91 · TOME I. l · texte numérisé non relu

TOME I. l

258 MAMMIfèHES.

et dans une grande partie de la Syrie , et de la Perse, etc.

Le premier. est le aeul qu'on emploie enTurqueslan , au Thibet, etc.*; on en conduit jusque près du lac Baïcal. Le second est assez connu par sa nécessité pour traverseHe désert,et commeseul moyen de liaison des pays quiy confinent.

Le Chameau à deux bosses marche moins péniblement que l'autre dans les terrains humides; il est plus grand et plus fort. Dans le temps de la mue , il se dépouille entièrement de son poil. <J'est le chameau k une seule bosse qui porte le plus loin la sobriété. Le dromadaire en est proprement une variété plus légère et pflua propre à la course.

La chair et le lait des chameaux servent à la nourriture, et leur poil au vêtement des peuples qui les possèdent. Les deux espèces deviennent presque inutiles dans les terrains pierreux.

Les Lamas, (àuchenia. lliger.)

Ont les deux doigts séparés et manquent de loupes. On n'en connaît aussi que deux espèces bien distinctes , l'une et l'autre du Nouveau-Monde, et beaucoup plus petite* que les deux précédentes.

Le Lama ou , dans l'étal sauvage , Guanaco. ( Camclus llacma. L.) Buff. Supp. VI, xxvii.

Grand comnie un cerf, k pelage grossier et châtain, qui varie de couleur en domesticité. C'était la seule bête de somme du Pérou quand on en fit la conquête ; il porte cent cinquante livrés, mais ne fait que de petites journées. L'AIpaca en est une variété à longs poils laineux.

La Vigogne ( Camclus vicunna. L. ) Buff. Supp.

VI, xx vin.

Grande comme une brebis, couverte d'une laine fauve, d'une finesse et d'une douceur admirable*, qui doene des étoffes précieuses.

Les Chevrotairs. ( Moschus. L. )

Beaucoup moins anomaux que les chameaux , ne diffèrent des ruminants ordinaires que par l'absence des cornes , par une longue canine , de chaque côté de 1^

RUMIPiANTS. 2 5g

inacbofre snpésrieuire , qui sort de la boucne dans les mâles, et enfin parce qu'ils ont encore dans le squelette un péroné grêle qui n'existe pas même dans les chameaux. Ce sont des animaux charmants par leur élégance et leur légèreté.

Le Musc. ( Moschu* qwschiftrus* L. ) ,Buff, ^upp..tVI,

Est l'espèce la plus célèbre. Grande comme un chevreuil, presque sans queue, elle est toute couverte d'un poil si gros et si cassant , .qu'on pourrait presque lui donner le nom d'épines; mais ce qui h fait surtout^enianjuer, c'est la poche située en avant du prépuce du. mâle, el qui se remplit de cette substance odorante si connue en médecine et en parfumerie sous Je nom de musc. '

Cette, espèce paraît propre à cette région âpre et plgine de rochers, d'où descendent la plupart des fleuves de l'Asie, et qui s'étend entre la Sibérie , la Chine et l.e Tbibet. £* vie est nocturne et solitaire, et sa tunidité extrême. -C'est au Tbibet et auTunquin, qu'elle donne le meilleur musc ; dans le nord , cette substance n'a presque pas d'odeur.

Les autres chevrotains n'ont point de bourse à musc. Us vivent tous, dans les pays, chaud» de l'ancien çqnli- . nent (i); ce sont les plus petits et hs plus élevants des ruminants (?).

Tout le rqste.cjes rumipants a, au moins dans le sexe mâle, deux çcrçnes, c'est:à-dire,dçt]x proéminences plus oujiiioiftsjpngues desps frontaux, qui ne $etrouv^n^Qsaqcune autre familje d'animaux.

Daqs l$s ijps,,cés.proép}jnences^ont reyêtues,d^up

(i) ht Jklçtchus qpieriçanuS) e'ubli d'après Séba, n'est qu'un jeune ou une femelle d'un des cerfs de la Guiane. Il en est de même du moschus delicaudus de Sliaw, Schreb., ^5, D. C'est le faon d 'un çer^tTÀnicWjye.

(a) Moschus pjrgmaus^YS.^Uy xjjj.

3/oschus memina, Schreb., ccxliii.

Moschus jav/uùcuâ, Boff.» sonp.H\f9 x$x.

26o MAMMIFÈRES.

étui de substance élastique , composée comme de poils agglutinés, qui croît par couches , et pendant toute la vie ; on donne en particulier le nom de corne à la substance de cet étui, et lui-même porte celui de conte creuse. La proéminence qu'il enveloppe croît comme lui pendant toute là vie et ne tombe jamais. Telles sont les cornes des bœufs, des moutons, des chèvres et des antilopes.

Dans d'autres, les proéminences ne1 sont enveloppées que d'une peau velue , qui se continue avec celle de la tête , et qui ne se détruit point ; ces proéminences ne tombent pas non plus; la seule girafe en à de telles.

Enfin , dans le genre des cerfs , les proéminences, couvertes pendant un temps d'une peau velue comme celle du reste de la tête , ont à leur base un anneau de tubercules osseux, qui, en grossissant, compriment et oblitèrent les vaisseaux nourriciers de cette peau. Elle se dessèche et est enlevée; la proéminence osseuse mise à nu, se sépare au bout de quelque temps du crâne, auquel elle tenait ; elle tombe , et l'animal demeure sans armes. Mais il lui en repousse bientôt de nouvelles, d'ordinaire plus grandes que les précédentes, et destinées à subir les mêmes révolutions. Ces cornes, purement osseuses, et sujettes à des changements périodiques, portent le

nom de bois.

Les Cerfs. ( Cbrvus. L. )

Sont donc tous les ruminants dont la tête est armée

ADMIRANTS. 26l

de bois; mais , si Ton excepte l'espèce du rhenne, les femelles en sont toujours dépourvues. La substance de ce bois , quand il a acquis tout son développement , est un os très dense sans pores ni sinus; sa figure varie beaucoup selon les espèces , et même , dans chaque tespèce , selon l'âge. Les cerfs sont des animaux très rapides à la course, vivant généralement dans les forêts, d'herbes, de feuilles, de bourgeons d'arbres, etc.

On distingue d'abord les espèces à bois aplati en tout ou en partie ; savoir :

LÉlan. (C. alces. L.) Elk ou Elend dans le nord de l'Europe; Moose-Deer des Anglo-Américains;. Orignal des Canadiens. Buff. Supp. Vil, lxxx.

Grand comme un cheval et quelquefois davantage-, à jambes élevées , k museau cartilagineux et renflé; une espèce de gottre ou de pendeloque diversement configurée Sous la gorge; le poil toujours très roide, et d'un cendré plus ou moins foncé. Le bois du mâle, d'abord en dague , ensuite divisé en lanières , prend , à l'âge de cinq ans , la forme d'une lame triangulaire, dentelée au bord externe et portée sur un pédicule. 11 croit avec l'âge jusqu'à peser cinquante ou soixante livres, et à avoir quatorze andouillers ou dentelures & chaque corne. L'élan habite en petites troupes les forêts marécageuses du nord des deux continents; sa peau est précieuse pour les ouvrages de chamoiserie.

Le Rhenne. (C. Tarandus. L. ) Buff. Supp. III, xvm bis.

Grand comme un cerf, mais à jambes plus courtes et. plus grosses; les deux sexes ont des boîs divisés en plusieurs branches, d'abord grêles et pointues,, et qui finissent avec l'âge par se terminer en palmes élargies et dentelées; son poil , brun en été, devient presque blanc en hiver (1). Le rhenne n'habite que les contrées glaciales des deux continents. C'est l'animal si célèbre par le service

(j) C'est probablement ce changement qui avait fait dire aux ancien* que le tarandus prenait le» couleurs qu'il voulait

'262 MAMltflFÉTlGS.

qu'en trttnffesLa%po'n*, qui en otft d# nôttfcrâu* troijpetftft , le* conduisent l'été dams- tes montagnes de leur pays/ les ramènent l'hiver dans les plaine», en font leurs bétes de sommé et de trait , mangent leur chair , leur lait , se vêtent de leur peau , etc.

Lé Daim: ( C: Dama* L. ) Buff. VI , xxvii et xxnn.

Moindre que* notre cerf, eh' hiver d'un brnrt noirâtre, en été fauve tacheté de blanc , les fesse* eh tous temps blanches, bordées de chaque côté d'une raie noire, la queue plus longue qu'au cerf, noire en dessus, blanche en dessous. Le bois du mâle a la base ronde avec un an- (fouiller pointu , et rfahs* te reste de sa longueur i\ est aplati et dentelé en dehors; passé un certain âge, il 'rapetisse et se divise irrégulièrement en" plusieurs lanières. ■ Cette espèce , qui est l&plbticeros des anciens , est devenue commune dans tons les paya d'Europe, mais elle paraît originaire de Barbarie («)j il s'en trouve quelquefois une variété noire sâtVtf tacfteé.

Lès espèces* à bois ronds son t plus nombreuses j celles des pays tènrftérés ctfàhgent aussi pltts ou moins de couleur éri hiver.

Le Cerf commun. (Ùervùs elàphui. £..) HufT. VI, fi , x , xii,

A pelage en été fauve-brun, avec une ligne noirâtre , et de chaque côté une rangée de petites taches fauve-pâle le long de l'épine; en hiver, d'un gris brun uniforme; la croupe et la queue en tout temps fauvè-pâle. II est naturel ' des forêts de toute l'Europe et de l'Asie tempérée. Le bois 3u milëeét rond et vient fa' éècô'iicfè année; d'àndid en ' tfdhfnë de dague», il firend ensuite à sa face intérieure plus de branches du d'anuoutMers a mesure qu'il avance en âgé*, et 9e cburtfnne d'une espèce. d'émpâtiraure de plusieurs petites pointes. Le très vieux ceYf neircUi, et lès poils de son coti s'aloligent et se hérissent. Le bois tombe au printemps, éh cbiWihèneârit pat lè% vieui; il revient pendant l'été, et

(1) Depuié la publication 3e la seconde édition de nos RêcEêrches sur le* tàseihèatslbàUes, boni avait4 reçu un daim t*ov*$t tûé dans les bois au sud de Tunis. « •

les cerfs vivent séparés toal ce temps là. Quand il est refait, commence le rut, qui dure trois semaines , et pendant lequel les mâles sont comme furieux; Mâles. et femelles se réunissent en grandes troupes pour passer l'hiver» Labiche porte huit mois et met bas en mai ; le faon est fa uye tacheté de blanc.

La chasse du cerf % qui passe . comme on sait , pour le plus noble des exercices, est devenue l'objet d'un art qui a sa théorie, et une terminologie étendue où les choses les plus connue» s'expriment par des termes bizarres, ou détournés de leur acception ordinaire.

Le Cerf du Canada. (C. canadenshx G m. C. strongyfaceros. Schreb. a46. A. *47- F. G ) ïft.ou Èlanàz* Anglo- Américains, Wapiti , etc.

D'un quart plus grand que le nôtre, à peu près de la même couleur , mais à disque de la croupe plus large et plus pâle, à. bois également ronds, mais. plus développés , et qui ne prennent jamais d'empan mure, fl habite toutes les. parties tempérées de l'Amérique septentrionale.

Le Cerf de la Louisiane ou de firginie. ( C. 'Mrginiajius. Gm.) Daim des A nglo- Américain s. Sçhreb. ccxlvh. H.

Moindre que le nôtre, plus sveltet à museau plus pointu, d'tin fauve-clair en été, d'un gris+roossâtre en hiver, dessous de la gorge et de kt queue blauc en tout temps, le tiers inférieur de la queue noir et le bout blanc, Le bois du mâle plus court qu'à l'espèce d'Europe, rond, lisse et blanchâtre , s'écarte en dehors pour revenir qn arc de cerclé en dedans et en avant 5 et porte ses andouillerg à sa face postérieure, excepté celui de la base. D en a jusqu'à cinq ou six(i).

Les espèces des paysçbauds^nechangent pas de couleur.

11 y eu a plusieurs daus l'Amérique méridionale r dont on n'a point encore une histoire assez complète ni des caractères assez comparatifs. Tels sont :

(1) Voyez mes Otteej. fou., IV, pi. v, f. 1 - 17. Le Ctrvus mtxicanuay Pe»n. , et Oitcm. fou. , pi. v, C 33» pourrait n'être qa un très vieux <prf de — •

Le Gauzou-Poucou ou grand Cerf rouge d" Au. ( C* Paiu*

dosus. Desm.)

Qui paraît avoir des bois plus droits que ceux du précédent. Son pelage est d'un bai vif, avec une raie noire sur le ebanfrein et des anneaux noirs au bout des pieds. * Il babite de préférence les lieux marécageux.

Le Guazouti d'Azz. (C. camp es tris. Fr. Cuv.)

A le bois court et droit , donnant des andouillers en avant et en arrière , qui deviennent assez nombreux (Ossem. fois., IV > pL m , f\ 46—48. ) ; le pelage fauve , le ventre, le dedans des cuisses, les fesses et le bout de la queue blancs (i).

Il y en a aussi plusieurs dans les Indes orientales.

Le Cerf tacheté de l'Inde ou Axis. ( Cervus axis* Lin. )

Buff. XI, XXXVIH, xxxix.

£n tout temps fauve, tacheté dé blanc pur; le dessous de la gorge et celui de la queue blancs; queue fauve, bordée de blanc en dessus; des bois ronds, devenant très grands a^veç l'âge , mais ne portant jamais qu'un andouiller vers la base, et la pointe fourchue. Originaire du Bengale, mais se propageant très bien dans nos pays. H a déjà été connu des Romains.

Les Indes possèdent plusieurs autres cerfs à deux' an* d oui liera comme l'axis, qui n'ont éjé distingués que depuis peu :

Il y en a un, dans le nombre, qui a de longs poils au cou et à la gorge, et qui , vivant dans le nord de l'Inde , doit répondre à l'Hippélaphe d'Aristote ( C, Aristotelis , Cuv. ) (a)

Le Chevreuil d'Europe. ( Cerv. capreolus. Lin. ) Buff. VI ,

xxxu, xxxni.

N'a aussi que deux andouillers à ses bois. Il est gris-

Ci) A j . \Cervus nefnoralis , Ham* Smith.

(a) Aj. le Cerfhippélaphe, le Cerf de WaUich, le Cerf des Marianne*,

le Cerf de Lechenaull, le Cerf de Pitron, le Cerfchet>aly et voyez sur ces

espèces le IVe tome de nos Recherches sur les ossements fossiles , et les

figures donnée* par M. Hamilton Smith dans la trad. angl. du présent ouvrage.

fauve, à fesses blanches , sans larmiers, presque sans queue. Il y en a des individus d'un roux très vif et d'autres noirâtres. Cette espèce vit par couples dans les forêts élevées de l'Europe tempérée, perd son bois à la fin de l'automne, le refait pendant l'hiver, entre en rut en novembre , et porte cinq mois et demi. Sa chair est beaucoup plus estimée que celle du cerf. On n'en a pas en Russie.

hcChevreuildeTartarie.(Cervusprgargus. Pall.) Schreb.

CCLIH.

Semblable au nôtre , mais à bois plus hérissés à leur base, à poils plus longs , presque de la taille d'un'daim , 1 habite les campagnes élevées au-delà du Volga.

Il paraît qu'il y a en Amérique des chevreuils dont le bois demeure toujours en simple dague sans andouillers.

Le Gouazoupita d'Azz. (Cervus ru/us. Fr. Cuvier.)

A pelage roux ; les lèvres, l'arrière-ventre et le desous de la queue blancs. Des canines aux deux mâchoires. Vit dans les bois (1).

On pourrait séparer des autres chevreuils, certaines petites espèces des Indes, qui ont des canines aiguës et des bois courts portés sur des pédicules couverts de poils qui-s'élèvent de leur front. Tel est :

Le Chevreuil des Indes. ( Cerv. muntjac. Gm. ) Buff. Sup.

VII, xxvi

Plus petit que le nôtre ; il vit en petites troupes à Ceylan et à Java (2).

La Gihafe. ( Camelopardalis. L. j Buff.,

Sup. , VII, lxxxi.

A pour caractère , dans les deux sexes , des cornes coniques , toujours recouvertes par une peau velue , et qui ne tombent jamais. Leur noyau osseux est articulé

(1) Aj.le Gouazou-Bcra (Cerv. nemorivagus, Fred. Cuv.) — Le GouazourApara ( Cerv. simplicicornis, Ham. Smith ).

(3) Aj. C. philippinusy Ham. Sm. — C. moschatus, id. , etc.

?66 JfAXftflBÈHES.

dan» h jeunesse par une sature sur le frontal. Au du chanfrein , est un tubercule ou é une troisième corne plus large et beaucoup plus courte , mais également articulée par suture. Cet animal est d'ailleurs l'un des plus remarquables qui existent, par la longueur de son cou et par la hauteur disproportionnée de ses jambes de devant.

On n'en connaît qu'une espèce ( Came toptzrda lis girafa , L. Fred. Cuv., Mammif.), confinée dans les déserts de l'Afrique, à pelage ras, gris, tout parsemé de taches anguleuses fauves, avec une 0etitecrinière$riseetfauve*G'estlep*u«élevé de tous les anima wx , car sa tète atteint à dix-huit pieds de hauteur. Il est d'ailleurs d'un naturel doux, et se nourrit de feuilles d'arbre». Los Romains ont eu des girafes vivantes à leurs jeux ; Héliodore en a donné une bonne description ; et il en est venu une ou deux, en Italie, dans le moyen âge. Les relations récentes avec l'Egypte en ont procuré depuis peu à divers souverains de l'Europe.

Les Ruminants a coures gubuses.

Sont plus nombreux que les autres , et Ton a été » obligé de les diviser en genres d'après des caractères assez peu importants , tirés de la forme de leurs cornes, et des proportions de leurs diverses parties. M, Geoffroy y a joint avec avantage ceux que donne la substance de la proéminence frontale ou du noyau osseux de la corne.

Lbs Antilopes. ( Antilope, ) (i)

Ont la substance de leur noyau osseux solide et sans

■jjua^— ■ « « **■

(a) Ce Dom n'est pat ancien; il est corrompu dH antholops y que Ton trouve dans Eusthatius, auteur du temps de Constantin, et qui semble se rapporter aux beaux jeux de l'animul. La gazelle commune a été bien décrite par Élien, sous le nom de dorcas, qui est proprement celui du cherretiil. Il rappelle dorcas de Lybie. Gazet est arabe.

KUMlNÀ-flTS. 267

poires ni siftro, oonube le bois des cerfs. Elles ressemblent d'ailleurs poferla plupart aux cerfs par Tes larmiers, par la légèreté de leur taille et pat la vitesse de leur course. C'est un genre très- nombreux , qu'on a été obligé de subdiviser principalement d'après la forme des cornetf.

a. Cornes annelées f & doublé cou/bure, pointes en avant , ou en dedans ou en haut.

La Gazelle. (Ant. dorcas. Lin.) Buff. XII , xxhi.

À cornes rondes r grasses* noires j la taille et la forme élégante du chevreuil ; pelage fauve clair dessus, blanc dessous, une bande brune le long de chaque flanc , un bouquet de poils à chaque genou, une poche profonde à chaque ai ue«

Elle vit dans lotit le nortd de l'Afrique, en troupes innombrables, qui se mettent en rond quand on les attaque , et présentent les covnës de toute part. C'est la pâture ordinaire du lion et de la panthère. La douceur de sou regard fournit des images nombreuses à la poésie galante des Arabes.

La Corinne. (Ant. corinna. Gm^) Buff. Xl(, xxvh.

Ftfen diffère que pat- des cornes beaucoup p]u* grêles. Ce n'est peut-êtie qu'une variété de sexe.

Le Kevel. (Ant. keveîla. Gra. ) Buff. XII, CCLXXV.

Est encore à peu près semblable; mais ses cornes sont comprimées à leur base ,' et ont des anneaux plus nombreux. On ne prétend le distinguer lui-même dû VAhu de Kœmpfer, ou Tseyraih des Persane et des Turcs {Ant. subgutturosa, Gra.), que parce qu'on a remarqué i\ celui-ci une légère saillie sous la gorge.

Le Dseren des Mongoles. Hoang yang , ou Chèvre Jaune des Chinois. (Ant. gutturosa. Pall.) Schreb. cclixv.

Présente encore à peu près les mêmes distributions de couleurs et les mêmes cornes que la gazelle proprement dite; mais sa taille, approche de celle du daim, et, le mâle a une forte protubérance produite par son larynx , et une poche assez grande sous le ventre. La femelle n'a pas de

cornes. Cette espèce vit en troupes dans le* plaines arides du milieu de l'Asie , et ne peut souffrjr l'eau ni les forêts.

Le Springbock on Gazelle à bourse. (Ant. euchorc. Forster.)

Buff. Sup. VI, pi. xxï.

Remplit de ses troupes le midi de l'Afrique. Plus grande que la gazelle, mais de même forme et de même couleur, elle se distingue par un repli de la peau de la croupe , garni de poils blancs, qui s'ouvre et s'élargit à chaque saut qu'elle fait.

Le Saïga. {Ant. Saïga. Pall. ) Colus de Strabon. Schreb.

Qui habite les landes du midi de la Pologne et de la Russie , a encore les cornes comme la gazelle , mais jaunâtres et transparentes. Jl est grand comme un daim. Son pelage , fauve en été , devient d'un gris blanchâtre en hiver ; son museau cartilagineux , gros , bombé , à narines très ouvertes , le force de paître en rétrogradant. Il se réunit quelquefois en troupes de plus de dix. mille.

Le Nanguer. {Ant. dama. Pall. ) Acad. de Berl. 1824. pi.

111 et iv.

De la taille du daim , blanc , le front , le cou et une partie du dos roux; les cornes petites et grêles. De Nubie, du Sénégal (1).

b. Cornes annelées à triple courbure*

V Antilope des Indet. {Ant. cervicapra. Pall.) Buff. Sup.

"VI , xvii 1 et xix Encore très semblable à la gazelle; mais ses«cornes sont courbées trois fois., On en fait aux Indes des armes offensives, en les unissant deux à deux les pointes opposées. La femelle n'en porte pas-

V Antilope de Nubie. {Ant. addax. Lichtenst. (a) ) Acad. de Berlin. i8a4- pi- xi. et Ruppel. pi. vu.

A aussi les cornes courbées trois fois, et plus grêles et

(1) Bottera n'en avait connu ( tome XII, pi. xxxrv ) qu'on jeune individu à cornet simplement courbées etf avant, ce qui lai avait fait croire tfdt c'était le Dama de Pline.

(a) M. Lichtenstein lui a donne ce nom parce qu'il le croit le même

plus longues que la précédente ; son corps est trapu; sou pelage blanchâtre , teint de grisâtre au dos , avec une large -tache brune sur le froot.

c. Cornes annelées , à double courbure , mais en sens contraire des précédentes , et la pointe en arrière* ( Les Damalis de Smith en partie). {

Le Bubale des anciens. ( Ant. bubalis. Lin. ) Yulg. Vache de Barbarie. BufT. Sup. VI , xiv.

A proportions plus lourdes que les autres espèces, à tête longue et grosse , de la taille du cerf, à pelage fauve, excepté le bout de la queue , qui est terminé par un flocon noir. Commune en Barbarie.

Le Caama. (Ant. caama. Cuv.) Vulg. Cerf du Cap chez les 'Hollandais. Buff. Sup. VI. pi. xv.

Semblable à la précédente, mais à courbures des cornes plus anguleuses ; le tour de leur base , une bande sur le bas du chanfrein , une ligne sur le cou , une bande longitudinale sur chaque jambe, et le bout de la queue noirs. Commune au Cap.

d. Petite cornes droites , ou peu courbées, moindres que la tête. La plupart des espèces n'en ont que dans le mâle.

L'Antilope laineuse. Reebock, ou Œevreuil des Hollandais du Cap. {Ant. lanata. Desmar. )

Un peu moindre qu'un daim, àpoil laineux, gris dessus, blanc dessous ; du noir à la face extérieure des membres et au bout de la mâchoire inférieure.

que YAddax ou Strepsiceros de Pline. On le toU dans plusieurs des monuments anciens de l'Egypte. •

A cette subdivision appartiennent encore le kevel gris, Fred. Cuv. > Hammif. — \2jÀnt, pourpre, Bontt-Bock des Hollandais {Ant. pygarga) Schr., CCLXXIII.— VAnL à pieds noirs ou Pallah, Sam. Daniels, Afric. Soener. , pi. ix [A. mclampus, Lichtenst.); Schr., i*j\. — Le coba [Ant. senegalentis ) , dont on ne connaît que les cornes., BufT., XII, pi. xxxa, 2 , à moin* qu'il ne soit le même que le Patlah. — VA ni. suturosa otto. — VAnt. myiilopiis Ham. Sm., et peut-être le Kob.} Buff. qui estprob. 12 Ant. adcnoUx. JIaui. Sm

2~JÙ MAMMIFÈRES.

V Antilope plongeante. Duiker-Bock. des Hollandais. (Jnt:

Pnergens. Blainv.)

Brun -fauve-clair, du blanc soùdla mâchoire inférieure j une ligue noire à la face externe des membres. Son nom lui vient de la manière dont elle se précipite dans les broussailles quand on la chasse.

Le Sauteur des rochers. Klip-Springcr des Hollandais. (y^jif. oreotragus* Forst. ) BufT. Su p. VI, pi. jlxii. Schr. a5g.

Se fait remarquer par un poil roide , cassant et de Couleur jaune-vecdâtre (1).

Cest dans cette division que se placent les plus petites antilopes.

La Grimmc. (Ant. grimmia. L. ) Fxed. Cuv. Manunif.

Gris-fauve, le chanfrein noirâtre; une petite touffe de poils sur. le sommet de la tête.

Le Guevei. (Ant. pygmea. Pall.)Fred. Cuv. MammiK (a)

Cendré; une ligne pâle le long de chaque côté du front, qui est noirâtre.

e. Cornes aonelées, à courbure simple , la pointe en avant. ( Les Reduncs de Smith. )

LeNagor. {Ant. redunca.)'Buft.XYl. pi. klvi. Schreb. a65« Brun-roussâtre. Du Sénégal (3). •

J. Cornes annelées, droites ou peu courbées, plus longues que la tête. (Les Oryx de Smith en partie. )

V Antilope à longues cornes , droites. (Ant. oryx. Pall. ) Mal àpropos nommée Pàsan par Buff. Sup. \1. pi. xvii. Chamois du Cap des Hollandais (4)*

(1 ) Aj. AnU quadrucopa , Ham. Sm.

(a) I* figure de Schr., 260, B, est enluminée trop rouge, celle de $ha?r,.Gen. tool.., voL II, deuxième partie, pi. clxxxvii i:, a les cornes trop grandes.

(3) Aj. le Ritbock (Ant. ekotragus.)—VOureiï (Ant. si ioparia). Il est essentiel d'observer que beaucoup d'antilopes ont dans 1er ir jeunesse des cornes de cette forme recourbée en avant.

(4) M. Liclitenstein a fait remarquer que cette antil) ope à longues cornes droites ne vivant que dans le midi de l'Afrique , il ' n'est pas vraisemblable que ce soit Y Oryx. C'est plutôt l'espèce suivant? j.

Grande comme un cerf, à cornes grêle*, longues «le deux ou trois pieds, droites , pointues , rondes , appelées obliquement au tiers inférieur, plus petites dans la femelle; à jjRil cendré , à tête blanche bariolée de noir j uue bande noire sur l'épine et une & chaque flanc; une tache marron foncé sur l'épaule et une sur les cuisses j la queue longue et noirâtre, et le poil de l'épine dirigé vers la nuque. On la trouve au nord du Cap et dans l'intérieur de l'Afrique. Ses sabots, plus longs qu'aux autres espèces, lui donnent la facilité de grimper sur les rochers, et elle fréquente eu effet de préférence les contrées montagneuses (1).

L'Algazel. { Ant. gaze lia. Lin.) Ant. leucoryx, Liçhteftst.

Aca<J. de Berl. 1824.pl. 1.

A longues cor u es grêles, annelées, légèrehient courbées en arc decercle ; le pelage blanchâtre, diversement teint de feu ve ou de roussâtre. De l'Afrique septentrionale, depuis . la Nubie jusqu'au Sénégal. Elle est souvent représentée sur les monuments de l'Egypte et de la Nubie, et M. Lichtenstetn pense , probablement avec raison , que c'est le véritable oryx des anciens (3).

g. Cornes annelées , à courbure simple , la pointe en arrière. (Les Aigocebo*. Smih. )

\1 Antilope bleue* {Ant. leucophœa. Gra. ) Vulg. Chèvre bleue. Nommée mal a propos Tseiran. Buff. Sup. VI, pi. xx.

Uu peu plus grande que le cerf, d'un cendré bleuâtre , les cornes grandes dans les deux sexes, uniformément cotirbées, et à plus de vingt anneaux.

U Antilope chevaline. ( Ant. equina. Çeoff. ) Grande comme un cheval , gris roussâtre , tête brune ,

(1) VAnU leucoiyx, Schr., GCLVI, B , on VAnU blanche, de Peunt. , tirée d'un dessin fait en Perse en 17 17, parait n'être qu'une variété d» l'Oiyjt on peui-elre un algarcl vu de face.

(*) Les Anglais parlent d'une antilope à cornes presque droites, à poil roide , laineux à sa base, des montagnes du Thibet , qui perd quelquefois une de ses cornes, et qui leur a été indiquée comme repondant à la licorne qui est un des supports de leurs armoiries. On la nomme chiru. Ml Haro. Smith croit que ce pourrait être \tkemms d%lien , I , xiv , c 14.

2^2 MAMMIFEKBS.

une tache blanche devant chaque œil , une crinière -sur le cou , cornes grandes , etc.

L' 'Antilope de Sumatra, Cambing-Outang ou Bouc desLois des Malais. ( Ant. sumatrensis. Shaw. ) Fréd. Cuv. Mammif. et Marsden. Sumatra IIe éd. pi. x.

De la taille d'une grande chèvre , à pelage noir , une crinière blanche , couchée sur le cou et le garrot; les cornes petites et pointues (1).

h. Cornes à arrête spirale.

Le Canna oxilmpooko. {Ant. oreas. Pall.) Élan du Cap des Hollandais. Nommé mal à propos Coudous par Buff. ' Sup.YI. pi xii. •

Grand comme les plus forts chevaux , de grosses cornes coniques droites , eu to urées d'une arrête spirale } pelage grisâtre , une petite crinière le long de l'épine , une espèce de fanon sous le cou , la queue terminée par un flocon. 11 vit en troupes dans les montagnes , au nord du Cap. (a)

Le Coudous. (Ant. strepsiçeros. Pall.) Nommé mal à propos Condoma par Buff. Su p. IV. pi. xm. Schr. 267:

Grand comme un cerf, gris-brun rayé en travers de blanc, de grandes cornes au mâle seulement , lisses, k triple courbure, avec une seule arrête longitudinale légèrement spirale , une petite barbe sous le menton , une crinière le long de l'épine; vit isolé au nord du Cap. +

(1) Aj. I1 Antilope goral , Hardwick , Trans. Lin, XIV , pi. xtv, et dans les Mammif. de M. Fred. Cuvier, sous le nom de bouquetin du Nepaul. — UAnt. sylvicullrix . Il faudra probablement y ajouter aussi l'espèce laineuse à longs poils et à très petites cornes d'Amérique (A. lanigera, Smith. ) , Trans. Lin. , XIII , pi. iv , et peut-èire celle que S&a représente, I, pi. xlh, x, 111, et que M. Smith nomme A. mazame. Rien ne prouve cependant que les Mazames d'Hernandès ne soient pas les cerfs et les chevreuils d'Amérique, comme le dit cet auteur, qui les compare aux cerfs et aux chevreuils d'Espagne. è

(a) Près du Canna doivent être placés le Guib. (Ant, scripta ) Buff. , XII , pi. xl.— Le Bosch-Bock {AnL syhatica ) , Buff. , Suprd. VI , xxr.

nUMIHAKTS. 2*5

i. Cornes fourchues. ( Les Antilocapr*. de Qrd. Dicrato çeros. H. Smith.)

De toutes les formes de cornes creuses , celle-ci est la plus singulière ; un crochet comprimé se détache de leur base ou de leur tronc , presque comme un àndouiller de cerf ; leur sommet pointu serecourbeen arrière. L'espèce la pi us connue

Antilope furcifera. Hamilt. Smith. Trans. Lin. XIII. pi. Um

mCabril. dûs Canadiens,

Habite en grande» troupes les vastes plaines du centre et de l'ouest .de l'Amérique septentrionale; sa taille est a peu près celle du chevreuil; son poil est épais, ondulé roussâtre ; l'andouiller des cornes est au milieu de leur hauteur (i).

*. Quatre cornes. ( Les Tetrackre* de Leach . )

Cette subdivision, nouvellement découverte dans les Indes n'était pas inconnue des anciens. Elien en parle 1. XV ' c. XIV, sous le nom d'Oryx à quatre cornes : la paire antérieure est en avant des yeux , la postérieure tout-à-fait à l'arrière du frontal.

Le Tchicarra. Antilope Chicarra. Hardwick. Trans. Lin.XIV pi. xv. et Fréd. Cuv. Mammif. (a) Est de la taille d'un chevreuil et d'un fauve presque uniforme. La femelle n'a point de cornes. Ouïe trouve dans les forêts de l'indosUn. (3)

(,) ^AnUopepahnaU,, Smith, *., pi. ln,n^ «^ corne, dont 1 andomller est tout pra.de la base ; pendre belles Uonquées. On a aussi voulu considérer ces antilopes comme de. mazame, d Hernandes.

ÏVî *%^*l ^^rquer ici, relativement aux ob.eryations de la p. 5*3 de. Tr#is. Lin. , tome XIV , quUn'y a pas de la faute de feu M. da Vaucel, si on lui a attribue- dans l'hist. des Mammif., la figure et la description du tchicarra. Ses envois n'étaient pas toujours complets; souvent un dessin arrivait sans explication , et sa mort prématurée l'a empêche de suppléer à ce qui manquait à ses Mémoires.

VAnt. 4cor/xû, 5/ainv., n'es» connue que par un crâne dont les c°™" •nUrieDrc*«om P,U5 «rtndet a Proportion. Joara. de PW , aodt 1818. Peut-être n'est-ce qu'un autre Age.

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