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LE QUATRIÈME ORDRE DES OISEAUX

Ou les GALLINACÉS. ( Gallikje. Lin. )

Ainsi nommés de leur affinité avec le coq domestique, ont généralement, comme lui, le bec supérieur voûté, les narines percées dans un large espace membraneux de la base du bec , recouvertes par une écaille cartilagineuse; le port lourd, les ailes courtes , le sternum osseux diminué par deux échancrures si larges et si profondes , qu'elles occupent presque tous ses cotés, sa crête tronquée obliquement en avant , en sorte que la pointe aiguë de la fourchette ne s'j joint que par un ligament ; toutes circonstances qui, en affaiblissant Jauucoup leurs muscles pectoraux , rendent leur vol. difficile. Leur queue a le plus souvent quatorze et quelquefois jusqu'à dix-huit peânes. Leur larynx inférieur est très simple ; aussi n'en est-il aucun qui chante agréablement : ils ont un jabot très large et un gésier fort vigoureux. Si l'on excepte les alectors, ils pondent et couvent leurs œufs à terre sur quelques brins de paille ou d'herbe grossièrement étalés. Chaque mâle a ordinairement plusieurs femelles , et rfe se mêle point du nid ni du soin des petits, qui

sont généralement nombreux, et qui, le plus souvent , sont en état de courir au sortir de l'œuf.

Cet ordre se compose principalement d'une famille très naturelle , remarquable pour nous avoir donné la plupart de nos oiseaux de basse-cour, et pour nous fournir beaucoup d'excellent gibier; dont les doigts antérieurs sont réunis à leur base, par une courte membrane , et dentelés le long de leurs bords ; et qui n'a pu être divisée eu genres que sur des caractères peu importants , tirés de quelques appendices de la tête. Mais pour ne point trop multiplier les êtres , nous lui associerons des genres dont les pieds n'offrent point cette membrane > et dont les uns ( les pigeons ) lient les gallinacés, aux passereaux , les autres ( les Hoazins } se rapprochent un peu des touracos*

Les Alectors. (Merrem.)(i)

Sont de grands gallinacés d'Amérique, assez analogues à nos dindons, à queue large et arrondie, composée (le peu mes grandes et roi des. Plusieurs d'entre eufc ont des dispositions singulières dans 4a trachée-artère. Ils vivent, dans les bois, de bourgeons etde fruits, y nichent sur les arbres, se perchent, et sont très sociables et disposés à la dômes tiei té. Gmelin et Latbam les ont divisés en Hoqcos et en Jacous, mais d'après des caractères peu déterminés. Nous les Subdivisons comme il suit :

LcsHoccpspropremeut dits , lïutf. ^Mitousdu Brésil, etc.

(C&ax. Lin. )

Ont le bec fort , et sa base entourée d'une peau , quelque-

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(t) Aleclor est le nom grec du ccmj. g

fijQ OISEAUX

fois d'une couleur vive , où sont percées les narines ; sut leur tête est unç huppe de plumes redressées, longues , étroites. Tecoquillées au bon t.

Bs ont 1a taille du dindon , et montent comme lai sur les arbres. L'on en élève volontiers en Amérique, et jl nous en vient de ce pays des individus si diversement colorés, qu'on hésite à en caractériser les espèces .

Les plus communs, ou

, Jtfitoii - Pomnga , Hargr. (Cnur aUctor% Lin.) , ftuff. , Ois* , U. f pi. xiii jtVieill. ,,galer. 19g ,

Sont noirs, à bas ventre blanc, à cire du bec jaune. Leur trachée ne fait qu'un léger repli avant d'entrer dans fa poitrine.

Queiques-uns

\Crmx globicera, Lin* ), enl. 86; Edvr. , sgS, t,

Ont sur la base du bec un tubercule globuleux, plus ou moins gros. '

Parmi les un» et le» autres • il en est qui 00 1 le corps diversement rayé de. blanc ou de fauve ( AJbin «, U, ta)(t)- Quelquefoistoul le dessous est fauve (a).

Cei|x du Pérou

(Crax rubr<*} Un. )f en h ia5,

L'ont d'un marron vif, et la tête et le cou diversement variés de blanc et de noir (3).

Les Pauxj. (Ourax. Cuv.) (4).

Ont le bec plus court et plus gros, et la membrane de sa base, ainsi <(ue la plus grande partie de leur tète, recouvertes de plumes courtes et serrées comme du velours.

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( 1 ) Celle-ci parait le véritable hoaifai eu Mexique de Fernande*.

(a) Telle est la femelle décrite par d'AwwuVpy. IV, p. 169 II parait aussi , d'après d'autres voyageurs , qne les femelles sont fauves.

(3) Voyez aassi Ctax Jhsofolûta , Splz , lxii , a ; — Crax Blamenfachii , • d., lxiv. Ajoutes Crax globalosa* id., txv et lxvi; — Crax rubrirostrù, jdT. ,• ix vu.

(4!) Pauxi est le nom sous lequel les désigne Fernande». Ourax , nom Athénien du coq de braveras-

L'espèce la plus commune , dite

Pierre, ou plutôt Oiseau à pierre ( Crax pauxi, Lin.},

enl. 78; Vieill. , gâter. 200,

Porte sur la base du bec un tubercule ovale presque aussi gros que sa tôle , d'une couleur bleu clair , et d'une dureté pierreuse. Cet oiseau est noir, et a le bas du ventre et le bout de la queue blancs. Il pond à terre. On ne connaît pas au juste son pays natal. Sa trachée descend dehors, le long du coté droit jusqu'en arrière du sternum, se recourbe vers le coté gauche , et revient eu avant pour rentrer dans la poitrine par la fourchette. Tous ses anneaux sont comprimés.

Il y eri a une autre espèce qui n'a , au lieu de tubercule, qu'une crête saillante sur le'bec, qui est rouge. Son ventre et le bout d* sa queue sont marron. ( C'est le vrai mitu de Margrave ( Ourax mitu , Tom. ) col. i53; Crax galeata , La th.; Çrax tomentosa, Spix, lxiii (i).

Les Guâiis .ou Y«acous. (P«nb*ope. Mûr rem.) (a)..

. Ont le bec plus grêle que les hocco*, et le tour des yeux 11.U , ainsi que le dessous de la gorge , qui est le plus souvent susceptible de se renfler.

On en connaît aussi plusieurs variétés de couleurs, entre lesquelles il est difficile d'établir des limites spécifique^ ceux surtout qui ont une huppe, sont tantôt de différents bruns ou bronzés ( Penel. jàcupema, Merr.', If, xi), quelquefois tachetés à la poitrine ( Pénélope cristala , Lin. ) Edw., t3 (3); tantôt noirs, avec les mêmes taches ,

( 1) A}. t Cnq* ttjberosa , Sp., lxvii , a 5 — Cr.y uramulwn, kL,4xxi.

IV. B. Le ChaeameL , BnffL [Crax uodfirans) , (onde sur une indication «vague de Ferssndès, au chap. xu , na rien d'asses authentique; Sonniui croit même que ce pourrait être IzFaloo twlturùuû. htCëuiaoaradt Buttou et de Dulertre, est V Agami ( Psophia ).

(a) Gouah et Yicou sont le* noms de cet oiseaux à la Guiaue et au Brëail. Celui de Pénélope , qui leur a été imposé par Mesrfem , désignait , chez les Grecs ; uue espèce de caaard <pri » dbait-o» , avait sauvé de» eaux la femme d'TJfysfte dans son enfance .

(3) L*e* P. - jacuazà , jacueAat , jacttpeba , jaeuàemba , guttata et

et plut ou moins de blanc à la huppe et aux couvertures de l'aile ( Pen. leucolophos, Merr. , II, xn, ou Pen. cnmaneasis, Gui. ) ; Jacq. Beytr. , pi. 10; Bajon, Cay.., pi. 5, ou Pen. jacutinga, Spix. , pi. lxx. il y eu a d'intermédiaires eu tre ces deux extrêmes (Pen. pipile), Jacq. Beytr., pi. xi.

La trachée-artère, au moins dans les premières, descend sous la peau jusque bien loin en arrière du bord postérieur du sternum, remonte alors et revient pour se recourber encore et remonter vers la fourchette, par où elle va, comme à l'ordi naire , gagner les poumons.

Une espèce presque sans huppe

. (Pen. marail. ), enl. 338, Vieil, galer. 198.

Norr-verdâtre 9 à ventre fauve , parait bien distincte. Sa trachée, dans les deux sexes, fait une petite Anse sur le haut du sternum avaut d'eutrer dans la poitrine.

Les Pàraàquas. (Ortalida. Merrem. )

Ne diffèrent des jacous que parce qu'ils n'ont presque pas

de nu à la gorge et autour des yeux.

On n'en connaît qu'un, brun-bronzé dessus, gris-blanchâtre dessous, roux sur la tète. (Catraca, Buff.; Phasianusmotmoty Gra., et Plias, parraqua, La th.), enl. 146(1); Bajon, Cay.,pl. 1.

v* La voix de cet oiseau est très forte , et articule son nom. La trachée da mâle descend sous la peau jusque vers l'abdomen , et remonte ensuite pour entrer dans la poitrine.

C'est à ces différents alectprs que Ton associe d'ordinaire'

L'HoAziit. Buff. (tt). ( Opisthocomtts. HofmansegO

Oiseau d'Amérique qui a le même port , dont le bec est

arracuan, de Spix, lxvhi-lxxv, .se rapprochent beaucoup du P. cristata, s'ils n'en sont point de simples variétés. Le P. marail., Vieil., gai. 198 , répond principalement anjàoupeba.

(1) Af. B. La figure des pL enl. est mauvaise, en ce qu'elle représente la queue pointue.

(2) Le .nom d'boasin à été appliqué sans preuve à cet oiseau, par Buff. , d'après une indication de Fernande*, Mex. , 3 20, ch. x.

M. Vieillot ».£«!, iû3j le nomme ^«a croldta» et représente mal à

court et gros, avec des narines percées dans sa corne j sans membrane; dofit là tête porte une huppe de longues plumes très étroites et effilées, et qui se distingue>de tous les vrais gallinacés , parce que l'on n'aperçoit aucune membrane entre les. bases de ses doigts. C'est le Phasianus cristalus. L., enl. 337 ; Vieill. , galer. 193 ; brun-verdâtre , varié de blanc dessus , fauve devant le cou et au bout de la queue, marron sous le ventre. On le trouve à la Guiane, perché le long des lieux inondés, où il vit des feuilles et des graines d'une espèce d'arum. Sa chair a une forte odeur de castoréum, et ne s'emploie que comme appât pour certains poissons,

Lés Paows. (Pavo. Lin. )

Ainsi nommés d'après leur cri, ont pour caractère une aigrette ou une huppe sur la tète, et les couvertures de la queue du mâle plus alougées que les pennes, et pouvant se relever pour faire la roue, chacun sait combien sont éclatantes les barbes lâchée et soyeuses de ces plumes, et les taches en forme d'yeux qui en peignent l'extrémité dans notre

Paon domestique. (Pavo cristatus, Lin. ), enl. 433 et 434-

Espece où la tête est encore ornée d'une aigrette de plu* mes redressées, et élargies ail bout. Ce superbe oiseau, originaire du nord de l'Inde, a été apporté en Europe par Alexandre. Les individus sauvages surpassent encore les domestiques par leur éclat. Le bleu règne sur leur dos et sur leurs ailes au lieu de mailles vert -doré; leur queue est encore mieux fournie.

Le Paon spicifère, nommé mal à propos par Linnaeus Pavo muiieus , car il a aussi des éperons,- est une espèce distincte , dont l'aigrette a les plumes longues et étroites; son cou n'est pas bleu, mais vert, onde «et doré; sa

propos son bec- comme dentelé vers la commissure. Il forme an genre très distinct des antres gallinacé'es , et qui pourra devenir le type d'une famille particulière , quand on connaîtra son anatamie.

4j4 OKBAJ0X

queue est presque aussi belle' que celle du paon actuaire (i). YieitL , gai. aoa ; Shaw., Nai. amiscell. , 64i* Due autre espèce ,

UÉperonnier ou Chinquis ( Pavo bieaictuntus et thibeta nus, fim.), enl. 49a et 4$3; Vieill. , galer., pi. ao3,

Beaucoup plus petite, n'a sur ia tète qu'une courte huppe serrée; les tarses du mâle sont armés chacun de deux, ergots; ses couvertures de la queue, moins afongées, portent de doubles taches , et celles des scapulaires des taches simples , toutes en forme de miroir (2).

Uneespèce voisine (Pofypl. aiboccUatum, T.) n'a que des taches simples , bleues, entourées d'un cercle blanchâtre. Une troisième ( PçL chalcttrum, T. ) a les pennes bleues , mais ses couvertures n'ont que des raies transverses Au ves et noires.

Las LoPBoraoaBs. ( Lomophoius. fera.)

Ont la tète surmontée d'une aigrette semblable à celle du paon , et une queue jplane semblable à la sienne, mais dont îes couvertures ne se prolongent pas; ils ressemblent d'ailleurs au paon par l'éclat des couleurs métalliques du mâle. Le tour de l'œil et même les joues sont nues , comme dans les faisans) et les tarses ont de forts éperons.

On en connaît un des montagues du nord de l'Inde,

( Lophophorus fiefulgcns.T. ) Phasianus impeyanus , La th. Synops. supl. pi. 1 \/\. MonauL Sonuin: Vieil!, gai. 208.

Grand comme une dinde, noirj l'aigrette elles plumes du dos diversement changeantes eu couleurs d'or, de cuivre, de saphir et d'éraeraude ; les pennes de la queue rousses. Le jeun eella femelle sont bruns, flambés de griset de fauve (3>.

• (1) Fendant long-temp* on ne Ta connu que d'après une mauvaise figure envoyée dn Japon dans le seizième siècle (Aldrov., Il, av. 33, 34). mais MM. Dnvaucel et Diard en ont envoyé plusietict de l'Ile de Sumatra , {Tapies lesquels M. Vieillot a donné sa fignre.

(a) M. Temnink en fait nn genre sons le nom de joirnscnroM , M. Vieillot a changé oe nom en diflictro*. (3) Elien parait déjà l'avoir connu el le décrire, Hist, an. lu xvi > c a Aj. le lophophoFp, Cuvkf) Teœm. , col. , pi. 1, à happe pendante, =»

GAXL1UÀCÉS. ty$

Les Dindons. (Meleagris, Lin. ) (1)

Ont la tête et le haut du c9u revêtus d'une pé&u sans plumes toute mamelonnée; sous la gorge, un appendice qui pend le long du cou , et sur le front un autre appendice conique qui, dans le mâle, s'enfle <at se prolonge dans les moments de passion, au point de pendre par-ctes$us la pointe du bec. Du bas du cou du mâle adulte pend un pinceau de poils roides; les couvertures de la queue , plus courtes et plus roides que dans le paon, se relèvent de tnêrae pour faire la roue. lies maies ont des éperons faibles.

On n'en a Ion g- temps connu qu'une espèce.

Le dindon commun. (Mefeagris gallo-payo. Lin.) Erit. 0/7.

Apporté d'Amérique au i6" siècle , et répandue maintenant par toute l'Europe, à cause delà bonté de sa chair, de sa grandeur et de la facilité de sa multiplication. Les dindons sauvages de Virginie (Vieill, , galer. aoi ), sont d'un brun verdâlre glacé de cuivré.

Mais on en a décrit depuis peu une autre (MeL oceliai&} Cuv. Méro. ^jfus. , vi> pi* 1 , coh lia), presque aussi belle que le paon par l'éclat de ses couleurs, et surtout par les miroirs couleur de saphir, en tourea de cercles d'or et de rubis, qui décorent sa queue de dindon. Elle a été prise à la baie de Honduras.

Les Peiwtàdes (2). (Numida. L> ) .

Ont la tête nue, des barbillons charnus au bas des jou*s y la queue courte » et le orâne le plus -souvent surmonté d'ujae crête calleuse. Leurs pieds n'ont pas d'épe»

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corps noir , avec le* borda des plumes 4a do» blaub», découvert far M. Alfred DuvauccL C'est peut-être le Phasianus leucomelanos de Laik. Sa femelle est brune , le bord des phrases de la poitrine blanchâtre.

(1) Meleagris est le nom grec de la peinlade , appliqué mal à propos, au dindon par Linnaeus.

(a) Les anciens Grecs nommaient les peintadef méleagrides, et suppo-

rons; leur quttue courte et pendante, lee pi ornes fournies de leur croupion, donnent à leur corps une forme bombée, .ii L'espèce commune,

( Numida meteagris, L. ) enl. 108,

Originaire d'Afrique, a le plumage ardoisé, couvert partout de taches rondes et blanches. C'est un oiseau que son naturel criard et querelleur rend fort incommode -dans les basses-cours, quoique sa chair soit excellente. Dans l'état sauvage, elle vit en très grandes troupes et se tient de préférence près des marécages. *

On en connaît aussi une espèce dont la tête est surmontée d'une crête de plumes, et une autre on elle est armée d'un casque conique, (Num. cristata et Numida mitrata), Pal», Spic. , IV, pi. netpL m, fig. lj Vieil 1., gai., pi. ccix , et Ton en a découvert depuis peu une ok le casque est très petit, et qui porte sur la base du bec une petite touffe de tiges courtes, presque sans baabes. ( Num. ptylorhyncha , Lichtenst. )

Le grand genre

Des Faisans ( Phasiaots , L. )

À pour caractère les joues en partie dénuées de plumes , et garnies d'une peau rouge , et les plumes de ia queue diversement disposées en toit.

On y distingue d'abord,

Les Coqs (Gallus, )

Dont la tête est de plus surmontée d'une crête charnue et verticale, et dont le bec inférieur est garni de chaque côté de barbillons charnusj-les peu nés de leur queue, au nombre de quatorze, se redressent sur deux plans verticaux adossés l'un

•aient, qu'elles étaient le produit de la* métamorphose des sœars de Méleagre. On regardait les taches de leur plumage comme des traces de larmes. Les Romains les nommaient poules d'Afrique , de Numidie , etc. Les modernes ne les ont retrouvées qu'en Gainée.

a l'autre: les couvertures de celles du mâle *e prolongent en arc sur la queue proprement dite.

L'espèce si répandue dans nos basses-cours,

Le Coq et la Poule ordinaires ( Phasianus Gallus , L. ) ,

Enl., 1 et 49;

Y varie à l'infini pour les couleurs ;'sa grosseur y est très diverse ; il est des races ou la crête est remplacée par une touffe de plumes redressées; quelques-uns ont des plumes sur le tarse et même sur les doigts ; d'autres ont la crête, les barbillons et le périoste de tout le squelette noirs; certaines races monstrueuses ont pendant plusieurs générations cinq et même six doigts.

On connaît aujourd'hui plusieurs espèces de coqs sauvages; Sonnerai a décrit la première, a'Voy., AU., 1 17, 1 18. (Gattus Sonneratii Temm. ) col. *3a et a33 , fort remarquable par les plumes du col du mâle, dont les tiges s'élargissent vers le bas en trois disques successifs de matière cornée. La crête du mâle est dentelée. Elle se trouve dans les montagnes des Gates de l'Indostan.

%. Lechenaud en a rapporté deux autres de Java; Tune ( Gall. barikwa Temm. ) qui a la crête dentelée comme la précédente, et ne porte sur le cou que de longues plumes tombantes du plus beau roux doré, me paraît ressembler le plus à nos coqs domestiques; l'autre ( Phas. varias 9 Shaw., Nat. Mise, 353; Ajamalas. Gall.Jurcatus, Temm., Col. 374) noire , à cou vert-cuivré , maillé de noir, a la crête sans dentelures, et sous la gorge un petit fanon sans barbillons latéraux.

Les Faisans proprement dits.

Ont la queue longue, étagée, et ses pennes ployées chacune en deux plans et se recouvrant comme des toits.

Le plus commun

( Phasianus colchicus}L.)'En\.f 121 et 111.

À été dit-on apporté des bords du Phase par les Argonautes , et on le nourrit aujourd'hui dans toute l'Europe tempérée , ou il exige cependant beaucoup de soin. Le mâle

478 OISBA0X

tk tête «lie cou vert-fou eé avec deux petites touffes « l'occiput et le reste du plumage fauve-doré maillé de vert, la femelle est Wioâlre maillée et variée de bran plus fonaé.

La Chine nous a envoyé dans des temps plus modernes trois autres races ou espèces qui font avec le paon l'ornement dé nos ménagerief , savoir :

Le Faisan à collier ( Ph. torquatus ) , Qui ne diffère guère du commun que par une tache d'un blanc éclatant de chaque côté du col-

Le Faisan d'argent. (PJi. nyethemerus. L.)Enl. ia3.

Blanc , avec des lignes noirâtres très fines sur chaque plume , et le ventre tout npir. Enfin :

Le Faisan duré. ( Ph. p ictus. L. ) Enl. 217. t

Si remarquable par son beau plumage; son ventre est rouge de feu $ une belle huppe couleur d'or pend de la tête j le cou est revêtu d'une collerette orangée maillée de noir; le haut du dos est vert, le bas et le croupion jaunes, les ailes rousses avec une belle tache bleue, la queue très longue, brune, tachetée de gris, etc. Il me paraît que la description du Phénix, donnée par Pline (lib. X, cap a.) , a été faite sur ce bel oiseau.

Les femelles de tous ces faisans ont la queue plus courte que les mâles , et le plumage diversement varié de différents gris ou bruns (1).

Une des espèces d'oiseaux les plus singulières est

V Argus ou Luen ( Phasianus Argus, L. ), Vieill., galar.,

pi. CCI 11. )

Grand faisan du raidi de l'Asie, à tête et cou presque n uds, les tarses sans éperons, dont le mâle a la queue très longue et surtout les pennes secondaires des ailes excessivement alongées et élargies, couvertes, sur toute leui lougueur, de taches en forme d'yeux , qui , lorsqu'elles sont étalées, donnent à l'oiseau un aspect toul-a-faît extraordinaire. Il habite les montagnes de l'île de Sumatra et de quelques

'» Mlll ■*« I | 1

(t) Aj. le Faisan versicolar ( Phas. Diardi , Tenus» ) > 4&»uverl par MM. Diard et Duvaucel , Vieill. , galer, , pi. ccv.

GALI/19ACÉS. ^79

autres contrées du sud-est de. l'Asie. (Gtat l&geore Augus Tem., Gai lin. )

II parait qu'il existe dans l'intérieur de la Chine un oiseau dont les plumes de la queue sont encore plus langues et oat jusqu'à quatre pieds, blanchâtres, changeant en roux vers les bords/ avec de nombreuses lignes iransverses noires ou marron. On croit qu'il est représenté sur divers' papiers de la Chine , M* Temmfnk le nomme phasianus supçrbus. GalL II , p. 336..

Les HouppiiifeBS. Tem.

Ont avec les joues nues communes à tout ce genre, la queue verticale et les couvertures arquées propres aux coqs, des plumes qui peuvent se redresser et former sur leur tète une aigrette analogue à celle du paon. Le bord inférieur saillant de la peau nue des joues tient lieu de barbillons. IL y a de forts éperons aux tarses.

Ou n'en connaît encore qu'un; des îles de la Sonde, grand comme un coq, noir brillant, à croupion, roux ' doré, les deux couvertures supérieures de la queue jaunâtres ou blanchâtres, les flancs tachetés de blanc ou de fauve. (Phasianus ignitus , Sh. ) Nat. Mise, 32*; Vieil). , galer. , pi. ccvii. Sa femelle est brune, finement rayée de noirâtre en dessus, flambée de bkincen dessous. Elle porte aussi uue huppe.

Le Tragopaw. (Tragopan. Cuv.)

Est l'un des oiseaux dont la tête est, dans le mâle, le plu? bizarrement ornée. Presque nue, elle a derrière chaque oeil une petite corne grêle; sous sa gorge est un fanon suscep- ' tible d'extension. Ses tarées ont. des éperons courts dans les deux sexes. •

On n'en. connaît qu'une espèce , originaire du nord de l'Inde, ( le Nepaul ou Faisan cornu, Buff. 5 Pénélope satyra7 Gm.; Meleagris satyrus , Lath.) Edw., n6; Vieil!., Gai», 206, de Ja taille du coq, d'un rouge éclatant semé de petites larmes, blanches. La femelle et le jeune sont de différents bruns (1).

(1) Ce* très prohaMcttteBL d'apre» cet oUeab qu'a été Imaginé Xt'ti-àçopan dont parle Pline , lib. x , c. 4<). . ..r . .

48o 0ISBAUX

On doit séparer des faisans

Les Cbyptoicyx Tem. (i),

Qui oui seulement le tour de l'œil nu , la queue médiocre et place, les tarses sans éperons; mais ce (jui leur fait un caractère bien particulier, c'est que leur pouce n*a point d'ongle. On n'en connaît bien qfc'une espaceront le mâle porte une longue huppe de plumes effilées rousses , et des longs brins sans barbe redressés à chaque sourcill C'est le Rouloul de Malacca, Sonnerat, IIe Voyage, p). 100 ( Cript. coronatus, Temm.) , col. 35o et 35i ( Coèumba cfistaia , Gm. et La th.) Phasianus cristatus. Spam. , Mus. Caris. , III, 64- Oiaeau vert un peu plus grand qu'une caille.

La femelle, qui n'a qu'un vestige de huppe , est le Tetrao viridis. Latn. , Syn. 11 , pi. 67 (2).

Les Tétras. ( Tetrao. L. )

Son,t encore un grand genre dont le caractère consiste en une bande nue, et le plus souvent rouge, tenant la place du sourcil.

On les divise en sous-genres comme il suit :

Les Coqs db Bruyères» ( Tetrao La th. )

Dont les jambes spnt couvertes de plumes et sans éperons. Les uns, qui re tien uent pi us particulièrement ce nom, ont

la queue ronde ou fourchue, les doigts nus.

Nous en avons deux grandes espèces.

Le grand Coq de bnpères. (Tetrao urogalius. L. ) Enl.

7^et 74.

Le plus grand des gallinacés; supérieur au dindon pour la taille, à plumage ardoisé, rayé finement en travers de

(i) M*. Vieillot a changé le nom de cktptontx en nforrx.

H y a à Malacca une espèce de cryptonyx noire , tant huppe et sans papilles k l'œil , rapportée par M. Dnssumier.

(a) Le oqjumba crùtata, B. , Gm. , La th. , Syn. II , pi. tTiii » parait très voisin ; mais la figure lui donne. on grand onglean ponce. C'est peutêtre nue erreur, comme dansla galerie de M. Vieillot, tome II, pi. ccx.

GALLINACÉS* /|8l

noirâtre; la femelle fauve, alignée transversales brunes ou noirâtres. Il se tient dans les grands bois des hautes montagnes, niche dans les bruyères ou les nouveaux taillis, et se nourrit de bourgeons , de baies. Sa chair est excellente; sa trachée-artère fait deux courburea^vnnt de descendre dans le poumon.

Le Coq de Bruyère à queue fourchue. Coq de Bouleau.

( Tetrao telrix. L. ) Enl. 17a et 173. Fiisch. 109. Nauiu.

i*éd., 18, f. 37 et 38. '

Le mâle est plus ou moins noir, avec du blanc aux couvertures des ailes et sous la queue, dont les deux fourches s'écartent en dehors. La femelle fauve, rayée en travers de noirâtre et de blanchâtre. Leur taille est celle du coq et delà poule. On le trouve aussi dans les bois desmontagnes.

11 paraît qu'il en existe dans le nord de l'Europe une espèce intermédiaire ( Tetrao intermedius) , Langsdorf , M^m. dePétersb., tom. 111, pi. xiv; Sparm., M. Caris., pj. xv, plus grande que la précédente, à queue moins fourchue , à poitrine tachetée de blanc. Des lieux marécageux de Courlande, d'ingrie, 'etc.... (1)

Nous avons de plus dans les bois de toutes nos contrées tempérées

La Gelinotte, Poule des Coudriers, {Tetrao bonasia. L.) (a) Enl. 474 et 475* Fiisch. 11a, Naura. 20, f. 39. Qui ne dépasse qu'un peu les perdrix, agréablement variée de brun, de blanc, de gris et de roux; une large bande noire près du bout de la queue ; la gorge du mâle noire; sa tète un peu huppée (3).*

(1 ) Il parait que c'est à la fois le Tétras a plumage variable^ et le Tétras à queue pleine de Buffon.

(a) Bowama oq Boitasa, nom de la gelinotte dans Albert le Grand et d'antres auteurs do moyen âge.

(3) Uattagas de Boflbn, attagen d'Aldrov, Orahh., II, p. jS; Gelinotte huppée y Bris»., ne me parait, après de longues recherches, faites même en Italie, qu'une gelinotte jeune on femelle. C'est le même oiseau qne l'individu peint par Frisch, pi. -çnu. Le tetrao canus, Gm. (Sparm., M*u«. Caris., p. 16), n'est qu'une variété albine de la gelinotte. Je ne crois pas non pins à l'authenticité du Tetr. ntmesianus ni du Tetr. hetuUnus , de Soopoli. Ce ne sont que des femelles ou des jeunes Tetr. tetrix , on des gelinottes défigurées.

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