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LE CINQUIÈME ORDRE DES OISEJVX

Ou lbs ÉCHASSIERS, * Autrement OISEAUX DE RIVAGE. ( Gralla. Lin.)

Tirent leur nom de leurs habitudes et de la conformation qui les occasions On les reconnaît à la nudité du bas de leurs jambes , et le plus souvent à la hauteur de leurs tarses, deux circonstances qui leur permettent d'entrer dans l'eau jusqu'à une certaine profondeur , sans se mouiller les plumes, d'y marcher à gué et d'y pêcher au moyen de leur cou et de leur bec, dont la longueur est généra lement proportionnée à celle des jambes. Ceux qui ont le bec fort vivent de poissons ou de reptiles ; ceux qui l'ont faible , de vers et d'insectes. Très peu se contentent en partie de graines ou d'herbages , et ceux-là seulement vivent éloignés des eaux. Le pi us souvent le doigt extérieur est uni par sa base à celui du milieu , au moyen d'une courte membrane : quelquefois il y a deux membranes semblables , d'autre fois elles manquent entièrement, et les doigts sont tout à fait déparés ; il arrive aussi , mais rarement, qu'ils sont bordés tout du long ou palmés jusqu'au bout ; le pouce enfin manque à plusieurs genres , toutes circonstances qui influent sur leur ' genre de vie plus ou' moins aquatique. Presque tous ces oiseaux , si l'on excepte les autruches et les

Casoars, ont les ailes lotfgues et volent bien* Us étendent leurs jambes en arrière lorsqu'ils volent , ao contraire des autres , qui les reploient sous le ventre*

Nous établissons, dans cet ordre, cinq principales familles et quelques genres isolés.

Cependant la famille

Des Brevipehkes ,

Quoique semblable, en général, aux autres échassiers, en diffère beaucoup en un point, la brièveté de ses ailes, qui lui ôte la 'faculté de voler; son bec et son régime lui donnent d'ailleurs des rapports nombreux avec les gallinacés.

Il parait que les forces musculaires , dont la nature dispose, auraient été insuffisantes pour mouvoir des ailes aussi étendues que la masse de ces oiseaux les aurait exigées pour se soutenir en l'air; leur sternum est en simple bouclier , et manque de cette arête qu'on observe dans tous les autres oiseaux; leurs muscles pectoraux sont fort minces ; mais leurs extrémités postérieures ont repris en force ce que leurs ailes ont perdu. Les muscles de leurs cuisses et surtout de leurs jambes, ont une épaisseur énorme.

Aucun d'eux n'a de pouce (1). On en fait deux genres.

(i). Leurs nombres de phalanges sont comme il suit, en commençant par le doigt interne :

Autruche, 4 > 5.

Nandou ctCasoar, 3,4» S.

Ce qui revient aux nombres communs des oiseaux.

ÉO0ASS1BRS. 4<)5

Les Autruches. (Strtjthio. Lin.)

Dont les ailes, revêtues de plumes lâches et flexibles, sont encore assez longues pour accélérer leur course. Chacun connaît l'élégance des panaches formés de ces plumes à tiges minces, dont les barbes, quoique garnies de barbules , ne s'accrochent point ensemble , comme celles de la plupart des oiseaux. Le bec des autruches est déprimé horizontalement, de longueur médiocre, mousse au bout; leur langue courte et arrondie comme un croissant ; leur œil grand et les paupières garnies de cils; leurs jambes et leurs tarses très élevées. Elles ont un énorme jabot , un ventricule considérable entre le jabot et le gésier, des intestins volumineux, de longs cœcums > et un vaste réceptacle où l'urine s'accumule , comme dans une vessie: aussi sont-elles les seuls oiseaux qui urinent. Leur verge est très grande et se montre souvent au dehors (a).

On n'en connaît que deux espèces, dontjon pourrait faire deux genres.

\J Autruche de l'ancien continent. ( Struthio-Camelus.

Lin.) En!. 457. (a) %

Ses pieds n'ont que deux doigts, dont l'externe , plus court de moitié que l'autre, manque d'ongle. Cet oiseau, célèbre dès la plus baute antiquité, et très uombreux dans les déserts sablonneux de l'Arabie et de toute l'Afrique, atteint à six et buit pieds de hauteur. Il vit en grandes troupes , pond des œufs de près de trois livres de poids, que ( dans les pays les plus chauds) il se borne à exposer dans le sable k la chaleur du soleil, mais qu'il couve en deçà et au-delà des tropiques , et qu'il soigne et défend

partout avec courage.

(1) On -doit consulter sur les organes génilo-uruiaires des oiseaux, et en particulier sur ceux de l'Autruche, le Mémoire de M. Geoffroy-St. - Hilaire, Mem. do Moi., tome XV 1

(2) J^ofcz aussi la belle figure destinée par Maréchal dans la ménagerie <fa Muséum de MM. Lacépède et Carier , copiée dans la gai. de Vieill. , pi. aa3. « «

49G OiSBÀU*

L'autruche vit d'herbages et de graines , et son goût est si obtus, qu'elle avale indifféremment des cailloux, des morceaux de fer et de cuivre , etc. Lorsqu'on la poursuit. elle sait lancer des pierres en arrière avec beaucoup de vigueur. Aucun anima! ne peut l'atteindre à la course.

L1 Autruche d'Amérique , Nandou , Churi, etc. (Struthio. rhea. Lin. (1). Hammer. Aji. Mus. X1I,xxxix. Vieil!. Gâter. 2*4.

De près de moitié plus petite, à plumes moins fournies, d'un gris uniforme, se distingue surtout par ses pieds à trois doigts , tous munis d'ongles. Son pi a mage est grisâtre, plus brun sur le dos : une ligne noirâtre descend le long de la uuqoe du mile. Elle n'est pas moins abondante dans le sud de l'Amérique méridionale que l'autrcrcJie en Afrique* On n'emploie ses plumes que pour frire des balais. Frise jeune , elle s'apprivoise aisément. On dit que plusieurs femelles pondent dans le même nid , ou plutôt dans la même fosse, des œufs jaunâtres qu'un mile couve. On ne la mange que dans sa jeunesse.

Les Çàsoars. ( Càsuajuus. Bris*. )

Ont les ailes encore plus courtes que les autruches . totalement inutiles pour la course; leurs pieds ont trois doigts, tous garnis d'ongles; leurs plumes ont des barbes si peu garnies de barbules, que de loin elles ressemblent à du poil ou à des crins tombants.

On en connaît également deux espèces, dont chacune pourrait faire un genre..

Le Casoar à casque ou Emeu (2). (Struthio-casuarius. Lin.) Enl. 3i3 , et mieux Friscb. io5(3).

A. bec comprimé latéralement, à tête surmontée d'une

(1) Brisson cl Buffon lui ont applique* mal à propos, d'après Barré rc, le nom de Touyou , ou plutôt de Touiouiou, qui appartient au Jabiru. C'est le genre Rhea de Brisson. Les Portugais du Brésil lui ont transfaré le nom d'£meu , qui appartient proprement au Casoar.

(2) Cassuwaris, nom de cet oiseau en maWi. Selon Closins, emt ou emeu serait son nom particulier à Banda.

(3) Maréchal en a aussi donne une excellente figure dans la ménageru du Muséum , et M. Vieillot l'a fait copier dans sa galerie , pi. *i5.

èOHASSIEKS. * ^97

proéminence osseuse, recouverte de substance cornée; la peau de la tète et du haut du cou nue, teinte en bleu céleste et en couleur dé feu, avec des caroncules pendantes, de la nature de celles du dindon ; l'aile a quelques tiges roides, sans barbes > qui servent à l'oiseau d'armes pour le combat; l'ongle du doigt interné est de beaucoup le plus fort. C'est le plus grand des oiseaux» après l'autruche, dont il difrere asset par l'anatomie; car il a les intestins courts, les caecums petits; il manque d'estomac intermédiaire tmtre le jabol et le gésier, et son cloaque n'excède pas ce* lui. des autres oiseaux en proportion. Il mange des fruits , des œufs , mais point de grain. 11 pond des œufs verts en petit nombre, qu'il abandonne, comme l'autruche , k îa chaleur naturelle* On le prend dans différentes îles de rarchipel des Indes.

Le Casoar de laNouvclle-Hollahde. ( Casuarius Novœ-Hollandiœ. La th.) Voy. de Pérou, AU.,prem. part. pi. xxxvi. Vieil!. Gai* pi. 336. (1)

A bec déprimé , sans casque sur la tête, du nu seulement autour de l'oreille, le plumage brun , plus fourni , les plumes plus barbues; point de caroncules , ni d'éperons à l'aile; les ongles des doigts à peu près égaux. Sa chair ressemble à celle du bœuf* Il est plus rapide a la course que le meilleur, lévrier. Ses petits sont rayés de brun et de blanc (a).

(1) M. Vieillot en lait son genre E*ou ou Dbomaius.

(a) JY. B. Je ne paît placer dans ce tableau des espèces aussi mal counoee, ou même aussi peu authentiques que celles qui composent le genre Dtocs, lin.

La première ou le Dronte (Didm ineptut) n'est connue que par une description faite par les premiers navigateurs hollandais, et causer vée par Cintras , Exot. , p. 99 , et par un tableau à l'huile , de la même époque , copié par Edwards, pi. 2o4 ; caria description d'Herbert est puérile , et toutes les autres sont copiées de Clusius et d'Edwards. Il paratt que l'espèce entière a disparu» et l'on n'en possède plus aujourd'hui qu'un pied «onservé an Muséum britannique (Shaw , Kat. raiscell. , pi. 1 43 , et une tén <en assez mauvais état au Muséum Âsmoléen d'Oxford {ùl. , îa. , pi. 166)» Le bec ne parait pas sans quelque rapport arec celui des Pingouins, et le pied ressemblerait assez a celui des Manchots , s'il était palmé.

La deuxième espèce, Ou USoUéairty{DidA3 ëôlitariu*) ne repose iraesar

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