DEUXIEME ORDRE DES INTESTINAUX
LES PARENCHYMATEUX.
Il comprend ceux dont le corps est rempli d'une cellulosilé, ou ou même d'un parenchyme continu , dans lequel on observe au plus, pour tout organe alimentaire , des canaux ramifiés , qui y distribuent la nourriture , et qui , dans la plupart , tirent leur origine de suçoirs visibles au dehors. Les ovaires sont aussi enveloppés dans ce parenchyme ou dans cette cellulosité. Il n'y a point de cavité abdominale , ni d'intestin proprement dit, ni d'anus, et si l'on excepte quelques vestiges douteux, dans la première famille, on ne distingue rien qui ait l'apparence nerveuse.
On peut diviser cet ordre en quatre familles.
(1) Je dois ce Ver singulier , dont Borlase seul fait mention, à Duméril, qui l'a trouvé près de Brest. Oken en fait son genre Borlasi a, et auparavant Sowerby l'avait nommé Lineus.
(2) Nous n'avons vu ni les Tubulaires ni les Cérébratules. D'ailleurs les noms de Tabulaires et d'OphiocéphaleSjdcjà appliqués à d'autres genres, ne peuvent subsister.
T. HT. -iS
554 ZOOPUYTES.
La première , celle des
ACANTHOCÉPHALES, Rucl.
S'attache aux intestins par une proéminence armée d'épines recourbées , qui paraît lui servir en même temps de trompe ; elle ne comprend que le genre des
ÉCHINORINQTIES, ( EcHINORHYNCHCS. Gm. )
Qui ont le corps rond , tantôt alongé , tantôt en forme de sao , pourvu en avant d'une proéminence en forme de trompe armée de petits crochets recourbés en arrière, qui peut saillir ou se retirer par le moyen de muscles particuliers. On observe quelquefois à son extrémité une papille ou un pore , qui pourrait être un organe d'absorption ; mais il est certain aussi que l'animal plongé dans l'eau se gonfle de toute part , et qu'il absorbe le liquide par toute sa surface , où l'on croit remarquer un lacis de vaisseaux absorbants. On ne voit à l'intérieur d'autre partie comparable à des intestins que deux cœcums peu prolongés , tenant à la base de sa proéminence tubiforme; de chaque côté règne vn vaisseau sur toute la longueur. De Blainville regarde comme système nerveux un filet qui rampe le long de la face inférieure ; mais ni Rudolphi ni Cloquet ne veulent le reconnaître. Certaines espèces ont un oviductus distinct ; en d'aulres , les œufs sont répandus dans la cellulosité ou le parenchyme du corps. Les mâles ont une petite vessie au bout de la queue et des vésicules séminales intérieures très distinctes. On peut croire qu'ils fécondent les œufs après qu'ils sont pondus.
Ces Vers s'attachent aux intestins par le moyen de leur trompe , et les percent même souvent ; aussi en trouve -t-on des individus dans l'épaisseur des tuniques , et même dans l'abdomen , adhérents aux intestins par dehors.
La plus grande espèce ( Echinorhynclius glgas , Gm. ), Gœtze , X , 1-6 ,
Encycl., XXXVII , 2-7 , habile en abondance les intestins du Cochon et du
Sanglier , où les femelles atteignent jusqu'à quinze pouces de longueur (1).
Certaines espèces, outre les aiguillons de leur trompe , en sont armées dans quelque autre partie de leur corps.
Les HiïRucA, Gm.
Ne diffèrent des Echinorinques que parce que leur proéminence se réduit à une seule couronne d'épines , terminées par de doubles crochets.
On en connaît une du foie des Rats ( Hœruca mûris, Gm. ; Echinorh. hœruca, Rud. ) , Gœtz. IX , B. , 12, Enc. , Vers XXXVII , 1 (2).
La deuxième famille , celle des
Trématodes. Rud.
Comprend les Parenchymateux qui ont sous le corps , ou à
(1) Voyc:, pour les autres espèces , Rud.Hist. II, 251, etSyn. p. 63. (2)Id.ib. 292ctsuiv.
ses extrémités , des organes enferme de ventouses , par lesquels ils s'attachnt aux viscères.
On pourrait n'en former qu'un genre, auquel on donnerait le nom de
Douves. ( Fasciola. L. )
Mais que l'on peut subdiviser comme il suit , d'après le nombre et la position des ventouses.
Les Festucaibes ( Festucaria. Schr. Monostoma. Zéder. )
N'ont qu'une ventouse , tantôt au bout antérieur , tantôt sous ce même bout. On en trouve dans beaucoup d'oiseaux et de poissons (1).
Les Strigées. ( Strigea. Abiidg. Ampuistoma. Rud. )
Ont une ventouse à cbaque extrémité ; il en existe dans plusieurs'quadrupùdes, oiseaux , etc. (2).
Il faut probablement en rapprocher
Les Géroflés. ( Caryophyll^us. B1. )
Où la tête est dilatée, frangée , et a, en dessous, un suçoir garni de deux lèvres que l'on voit dil'ficilement. Un autre suçoir pareil s'est montré quelquel'ois sous la queue.
On en connaît un , tiré de divers poissons d'eau douce , et commun surtout dans la Brème (5).
Les Douves proprement dites ( Distoma. Retz et Zeder. )
Ont un suçoir ou la bouche à l'extrémité antérieure, et une ventouse un pou plus en arrière, sous le ventre. Les espèces en sont extrêmement nombreuses ; il s'en trouve jusque dans le peigne de l'œil de quelques oiseaux; mais il paraît qu'il en habite aussi quelques-unes à nu dans les eaux douces et salées.
La plus célèbre est
La Douve du foie, ( Fasciola hepatica. L. ) Schœffer. Monogr. Copié Encyet. Y ers, pi. Lxxx, i-ii.
Qui est si commune dans les vaisseaux hépatiques des Moutons , mais (jui se trouve aussi dans ceux de beaucoup d'autres ruminants , du Cochon, du Chen'al , et même de l'Homme. Sa forme est celle d'une pelîte feuille ovale, pointue en arrière , ayant en avant une petite partie rétrécie , au bout de laquelle est le premier suçoir , qui donne dans une sorte d'œsophage d'où partent des canaux qui se ramifient par tout le corps , et y portent la bile dont cet animal se nourrit. Un peu en arrière est un petit tentacule rétractile qui est la verge ; et immédiatement derrière est le deuxième suçoir ; des vaisseaux spermatiques très repliés , remplissent le milieu de la feuille. L'ovaire
(1) Rudolph. hist.II, part. 1, p. 325,etSya. p. 82; les Hypostomes, Blainv. en sont une division à corps déprimé, à ventouse placée sous l'extiéaiité antérieure. Van Hassell et Ruhl en ont découvert deux espèces nouvelles sur la Ch'.-lonia Midas, Bulletin de Férussac , 1824 , t. II , p. 511 .
(2) Rud. hist. p. 340, et Syn. p. 87, (3)Id.Hist. part.u,9,et Syn., p. 127.
qui se trouve dans tous les individus est enchâssé dans les intervalles des intestins , et les œufs sortent par un canal replié qui aboutit à un petit trou à côté de la verge. Ces animaux exercent un accouplement réciproque.
La Douve des Moutons se multiplie beaucoup quand ils paissent dansdes terrains humides , et leur occasionne l'hydropisie et la mort (1). Iludolphi l'ait une division, quMl nomme Echinostome, des espèces qui ont en avant un petit renflement armé de crochets (2).
Les HoLosTOMA, JNitzsch.
Ont une moitié du corps concave et disposée de façon à servir tout entière comme de ventouse. Leurs orifices paraissent d'ailleurs assez semblables à ceux des Distomes.
On en trouve dans quelques oiseaux. Il y en a un dans le Renard.
Les PoLYSTOMA, Zcdcr, ou plutôt Hexastoma.
Ont le corps déprimé , lisse , et six ventouses rangées sur une ligne transverse sous le bord postérieur. Leur bouche paraît être à l'extrémité opposée. On en a trouvé dans la vessie urinaire des Grenouilles , dans l'ovaire de la femme , sur les branchies de quelques poissons (3) , dans la cavité nasale de certaines Tortues.
Les Cyclocottles, Otto.
Ont buit ventouses formant un cercle presque complet sous l'arrière du corps , qui est large , et porte en avant une petite trompe.
On n'en connait qu'un très petit, pris sur le dos de l'Orphie {Cycl.bellones., Ott., Nat. ac. eur,, XI, part. 2, pi. XLI, f. 2.). Je rapproche aussi des Douves un sous-genre que je nomme
Tristome. (Tristoma. Cuv.)
Où le corps est un disque large et plat ; à sa face inférieure est en arrière un grand suçoir cartilagineux, qui ne tient au corps que par un court pédicule, et sous son bord antérieur s'en trouvent deux petits entre lesquels un peu en arrière est la bouche. Dans le parenchyme du corps rampe un vaisseau circulaire ramifié, dont la nature est difficile à déterminer.
Une espèce d'un pouce et plus de largeur, colorée en rouge vif {Tristoma coccineum, Cuv.), s'attache aux branchies de plusieurs poissons de la Méditerranée, tels que la 3Iôle, le Xtphias, etc. (4).
(1) f^oyez pour les autres espèces Rudolph. hist. II , part. 1 , p. 557, et Syn. 92, et pour l'organisation, les Observationes anat.de Distomate hepatico^ et lanceolato de Ed. Mehlis. Gotting , 1825 , in-fol.
(2) De Blainville en fait son genre Echinostome.
(3) Pol'jst. integerrimum, Rud. , pi. vi , 1-6 , genre Hexathirédie , Treutler ; — F. pin-. guicola;^P. «/lyHWï, Laroche , nouv. Bull, des Sc.,mail811, pl.u, f. 3, genre Hexaco- TYLE de Blainv. — Po/ysf. Midas , KuU et Van Ilasselt ( AUg. Roust. en Latterbode, n» 6), et Bull, des Se. nat. de Férussac , 1824 , tom. 2, p. 310.
(4) Lamartinière en a trouvé un très semblable, mais gris, sur un Diodon, près deNootka- Sound. Bose en avait fait son genre Capsala , nouv. BuUet. des Se. 1811, et Oken son genre PiiYLLiNE , Zool. pi. s. Foijez Journal de phys. sept. 1787, pi. u , f. 4, 5. On peut y joindre le Tristoma elongatiimàe Nitsch.ou Nitschia de Bser. Acad. des Cur. de [la nat. XIII, 2» part. pbxxxii,f. 1-5. — I'Axine de l'Orphie, Abildg, Soc. d'hist. nat. Copenh. III, part. 2,pl. VI, f. 3, semble un Tristoma àcorps très alongé, à ventouses postérieures très grandes, et les antérieures très petites.
Un des genres les plus extraordinaires de cette famille est celui des
Hectocotyles. Cuv.
Vers longs , plus gros et coraprimés à l'extrémité antérieure , sur laquelle est la bouche , dont la face inférieure est toute garnie de suçoirs rangés par paires et en nombre très considérable , de soixante ou de cent , et qui portent à l'extrémité postérieure un sac plein et formé des replis de l'oviductus.
La Méditerranée en a une espèce longuejde quatre et cinq pouces, à cent
quatre ventouses, qui habite sur le Poulpe granuleux et pénètre dans ses
chairs {Hectocolyle octopodis), Cuv., An. se. nat., XVIII, pi. xi.
Et une autre plus petite, à soixante-dix ventouses, qui vit sur l'Argonaute
{H. Argonaulœ ou Trichocephalus acetabularis. Délie ehiaie, mem. , part. II ,
pi. 16, f. 1 2.
Peut-être est-ce ici que doit venir
L'AspiDOGASTER, Bœr.
Qui a sous le ventre une lame creusée de quatre rangées de petites fossettes.
Il y en a un très petit , parasite des Moules , {Asp. conchicola ) , Baer. , An. nat. , Cur., XIII, part. 2, pi. xxvni.
Je ne puis m'empêcher de croire que l'on doit encore rapprocher des Douves la plus grande partie des animaux compris sous le genre
Des Planaires, ( Planaria. Mull. ) (1).
Bien qu'elles n'habitent point dans d'autres animaux , mais seulement dans des eaux douces ou salées. En effet, leur corps est déprimé, parenchymateux , sans cavité abdominale distincte ; l'orifice alimentaire , placé sous le milieu du corps , ou plus en arrière , et se dilatant en une petite trompe , conduit , comme chez les Douves, dans un intestin dont les nombreuses ramifications sont creusées dans l'épaisseur de tout le corps ; un réseau vasculaire occupe les côtés , il y a de plus derrière l'orifice alimentaire un double système d'organes génitaux , et un accouplement réciproque. On leur voit de petits points noirs, qui sont probablement des yeux.
Ces animaux sont très voraces et n'épargnent pas même leur propre espèce; ils se multiplient non-seulement par les voies ordinaires , mais très facilement par division , et éprouvent même des divisions spontanées.
Nous en avons aussi plusieurs dans nos eaux douces (2).
(1) Lors de ma première édition je n'avais placé ici que par conjecture le genre des Planaires , faute d'observations anatomiques suffisantes pour me donner une idée de ses rapports naturels. Depuis lors , les observations de Raulins-Johnson ( Trans. phil. ) , Dallyell (3Ionogr.),B8er.(Ac. nat. Cur., XIII), Dugès (Ann.des Se. nat., XV), et celles que j'ai laites moi-même, me paraissent avoir confirmé cette classification, que Lamarcka aussi adoptée.
(2) Planaria lactea, Zool. dan., CIX, 1,2, — PI. nigra, ib., 3, 4, et les autres espèces décrites par Dugès, An. Se. nat., XV, pi. iv. On trouve dans Gracl. le très long catalogue de ce genre, que Millier a surtout fort enrichi ; une partie des figures de 3Iùller sont copiées dans l'Eucvcl. mélhod.
358 ZOOPUYTES,
Nos côtes en ont aussi beaucoup et surtout de plus grandes (I). Il y en a dont la superficie est comme velue (2). Plusieurs ont deux tentacules en avant (3). ' Dugès en distingue
Les Prostomes ,
Qui ont un orifice à l'extrémité antérieure, et un autre à la postérieure.
Les Dérostomes.
Où l'orifice alimentaire est en dessous , mais plus près de l'extrémité antérieure.
C'est des premiers que je rapproche les Ph^nicdres, Rudolph. , ou Ver- Tvmvs , Otto, qui n'ont qu'un orifice à l'extrémité antérieure.
On n'en connaît qu'un {P^. thethidicola , Otto. , Ac. iiat. cur. , XI, part. 2, pi. XLi , f. 2) , grand parasite du Thethys fimbria, de couleur marbrée , souvent à queue fourchue par déchirure (4).
La troisième famille, des Intestinaux Parenchymateux. Les Ténioides.
Réunit ceux où la tête a deux ou quatre pores ou suçoirs , placés autour de son milieu , qui lui-même est tantôt muni d'une petite trompe, ou nue, ou armée d'épines; quelquefois il y a quatre petites trompes ainsi armées.
Son genre le plus nombreux est celui des
T^MAS. (TiENlA. L.)
Leur corps , alongé souvent à un degré excessif, plat, composé d'articulations plus ou moins marquées , se rétrécit en avant , et y porte généralement une tête carrée, creusée de quatre petits suçoirs.
On a cru apercevoir des canaux qui partent de ces suçoirs et rampent le long du bord des articles du corps. Ceux-ci ont chacun un ou deux pores diversement placés, selon les espèces, et qui paraissent être les orifices des ovaires , lesquels sont eux-mêmes situés dans l'épaisseur des articles , où ils prennent tantôt une figure simple, et tantôt se divisent en ramifications. Les Tœnias sont au nombre des plus cruels ennemis des animaux dans lesquels ils se développent , et qu'ils paraissent épuiser.
Les uns n'ont aucune partie saillante au milieu des quatre suçoirs. Tel est dans l'Homme,
Le Tœnla large. ( Tœnia lala. Rud. ) T. vulgaris, Gm. Gœlz. XL I, 5-9. Dont les articulations sont larges et courtes , et ont un double pore dans
(1) PL «Mranfmca, Nob.
(2) Pl.Brocchii,\\K%o.
(5) PL cornuta, Mûll. Zool dan. , XXXII, 3 , 7. Il y eu a qui se foinient par déchirure des tentacules,àlavucdu spectateur. C'est de cette division que sont les Planocèrcs, Blainv. (4) f^oijez sur son anatoinic : Délie chiaie , Memor, part. I, pi. ii, 9-l!î.
le milieu de chaque face latérale. 11 est fort communément long de vingt pieds , et on en a vu de plus de cent ; les grands ont près d'un pouce de largeur, mais la tète et la partie antérieure sont toujours très minces. Il est très ïâclieux et très tenace. Les remèdes les plus violents ont souvent peine à l'expulser.
D'autres ont la proéminence d'entre les suçoirs armée de petites pointes disposées en rayons. Tel est encore dans l'Homme
Le Tœnia à longs anneaux , plus particulièrement nommé Ver solitaire. { Tœnia solium. L. ) Gœtz. XXI, 1-7. Encycl. XL, 15-22, XLI , 1-7. (1).
Dont les articulations , excepté les antérieures , sont plus longues que larges , et ont le pore alternativement à l'un de leurs bords. D'ordinaire il a de quatre à dix pieds de long, mais il s'en trouve de bien plus grands. 11 s'en faut de beaucoup qu'il n'y en ait qu'un à la fois dans un individu , comme on le croit vulgairement. Ses articulations détachées sont ce qu'on appelle des cucitrbitains. C'est un des Intestinaux les plus dangereux et les plus difficiles à déloger entièrement (5).
On a distingué de ces Taenias ordinaires, à cause de la forme de leur tête ,
Les Triccspidaires , (Tricijspidaria. Rud.)
Que Rudolphi appelle maintenant Trianophores , dont la tête divisée comme en deux lèvres ou en deux lobes ; a de chaque côté, au lieu de suçoirs, deux aiguillons à trois pointes.
On n'en connaît qu'une, qui habite divers poissons, le Brochet, la Perche, etc. {Tœnia nocluloza , Gm.), Gœtz., XXXIV, 5,6, Encycl., XLIX, 12-15 (2).
Les BOTHRYOCÉPHALES (BoTHRYOCEPHAlCS. Rud).
Dont la tête n'a pour tous suçoirs que deux fossettes longitudinales placées à l'opposite l'une de l'autre.
On en trouve dans divers poissons et dans quelques oiseaux (3).
Parmi les Bolhryocéphales mêmes, il est à propos de distinguer
Les DiBOTHRYORHYNQCEs. Blainv.
Qui ont au sommet deux petites trompes ou tentacules hérissés de crochets.
On n'en connaît qu'un, à corps court du Lépidope, Blainv., App. ad Brems., pi. II , f. 8.
Les Floriceps. Cuv.
Qui ont quatre petites trompes ou tentacules armés d'épines recourbées, par le moyen desquels ils s'enfoncent dantles viscères.
(1) Fo)/e5 , pour les autres espèces, Rud., hist.,11,77, et Syn. 144.
(2) Rudolph^, hist. II, part. H, 32|, et Syn., 155.
(ô) Id-, ib., 57 , et El., 136. Voyez sur les Botliriocéphales et leurs démembrements , les Fraqmpnit zoohqiqucs de F. S. Lenckardt , 1" cah. , Ilelmsiœdt, 1819.
Certaines espèces (les Rhynchobothrium, Blainv.), ont le corps long , articulé et sans vessie.
Il y en a un assez commun dans les Raies {Bothryocephalus corollatus ,
Rud., IX, 12), long de quelques pouces. Sa tête ressemble tout-à-1'ait à une
fleur.
Quelques autres (les Floriceps proprement dits) (1), ont le corps terminé par une vessie dans laquelle il rentre et se cache.
Les Tétrarinques (Tetrarhynchus. Rud.)
Ne paraissent que des Floriceps, réduits naturellement à la tête et à deux articles , au lieu d'un corps alongé et de plusieurs articles.
Il s'en trouve un très communément dans la chair de la langue du Turbot et de plusieurs autres poissons {Tetr. lingualis , Cuv.) (2). Les Tentaculaires, Bosc.
N'en différeraient que par des tentacules non armés d'épines.
On a aussi distingué des Tœnias ordinaires , ceux qui avec une tête pareille à la leur , c'est-à-dire a quatre suçoirs, ont le corps terminé en arrière par une vessie. Leurs articulations ne sont pas aussi distinctes que dans les précédentes.
Les Cysticerques (Cysticercus. Rud.), vulgairement Hydatides.
Sont ceux où la vessie ne porte qu'un seul corps et une seule tête. Ils se développent surtout dans les membranes et dans la cellulosité des animaux.
Il y en a une espèce qui se multiplie dans un grand nombre de Quadrupèpèdes , surtout de ruminants ; c'est VHydatlde globuleuse (Tœn'ia fer arum ; — T. caprina; — T. ovilla; — T. vervecina; — T. bovina; — T. apri; — T. globosa, Gm.) Gœtz. XXII, A. B. Encycl. XXXIX, 1-5.
Une autre est fort commune dans les Lièvres et les Lapins , VHydat. pisiforme (Tœniacordata; — T.pisiformis; — T.utricularis), Gm.^Gœtz. XVIII, A. B.; Encycl. XXXIX, 6-8.
Mais la plus célèbre est celle qui se tient entre les fibres des muscles des Cochons, et produit ce que l'on nomme la ladrerie {Taenia cellulosa, et T.finna, Gm.), Blumenb. Abb., 4" cah., pi. 59. Elle est petite , et se multiplie excessivement dans cette maladie dégoûtante, pénétrant jusque dans le cœur , dans les yeux , etc. Il paraît qu'on en a observé de semblables dans quelques Singes et même dans l'Homme; mais on dit qu'il ne s'en trouve jamais dans le Sanglier sauvage (3).
L'AcRosTOME (Le Sauvage, Aun. des Se. nat.) est très voisin de ce genre. Il vit dans l'amnios des Vaches.
Les CoENBRES (CoENCRus. Rud.)
Ont plusieurs corps et plusieurs têtes tenant à la même vessie.
On en connaît une espèce bien célèbre [Tœnia cerebralis, Gœtz., XX, A. B. Encycl., 1-8, qui se développe dans le cerveau des Moutons, détruit une
(1) Rudolplii a changé ce nom en Antiiocf.phaliis , El., 177.
(2) roycz sur ce genre Rudolph. Hist., II , 318 , Syn., 129.
(3) Pour les autres espèces , voyez Rud. ent., II , part. 11 , p, 215 , et El., 179.
ACALEPHES. 361
partie de sa substance , et leur cause une sorte de paralysie qui a été appe,lée le tournis , parce qu'elle les fait tourner involontairement de côté comme s'ils avaient des vertiges. On en a vu aussi dans les Bœufs et d'autres Ruminants, où elle produisait les mêmes effets. Sa vessie a quelquefois la grosseur d'un œuf, ses parois sont très minces, fibreuses et montrent des contractions sensibles. Les petits Vers sont à peine longs d'une demi-ligne, et rentrent dans la vessie par contraction (1).
Les SCOLEX (SCOLEX. Mûll.)
Ont le corps rond , pointu en arrière, très contractile , terminé en avant par une sorte de tête variable, autour de laquelle sont deux ou quatre suçoirs , quelquefois en forme d'oreilles ou de languettes.
On n'en connaît que de très petits , tirés de quelques poissons (2).
J'en ai vu un grand {Scol. gîgas , Cuv.) qui pénètre la chair de la Castagnole {Sparus raii, L.), et dont la partie moyenne du corps est renflée en une vessie qui, dans l'état dévie, se rétrécit ou s'élargit alternativement dans son milieu. C'est le Gymnorhynchus reptans , Rud., Syn. 129.
La quatrième famille ,
Les Cestoides,
Comprend ceux où l'on n'observe point de suçoirs extérieurs. On n'y connaît qu'un genre,
Les Ligules. (Ligcla. Bloch.)
Ce sont , de tous les Intestinaux , ceux qui paraissent le plus simplement organisés. Leur corps ressemble à un long ruban; il est plat, obtus en avant, marqué d'une strie longitudinale , et finement strié en travers. On n'y distingue point d'organe extérieur , et à l'intérieur on ne voit que les œufs , diversement distribués dans la longueur du parenchyme.
Elles vivent dans l'abdomen de quelques oiseaux , et surtout de divers poissons d'eau douce , dont elles enveloppent et serrent les intestins au point de les faire périr. A de certaines époques elles percent même leur abdomen pour en sortir.
Il y en a une dans la Brème {Lig. abdominalis , Gm. , L. cingulum, Rud.) , Gœlz. , XVI , 4-6 , qui atteint jusqu'à cinq pieds de longueur (3). On regarde ces Vers dans quelques endroits d'Italie comme un mets agréable.
(1) Ici devrait probablement venir le genre Echinococcus, Rud., II, part. II, p. 247 j mais je ne l'ai point observe et ne m'en fais point une idée assez claire pour le classer.
(2) Foyez Rudolph., Hist., II, p.ô, et Sya., 128.
(3) Pour les autres , coyes Rud., Hist., Il , part. 11 , p. 12, Syn., 132.
N. B. On trouve dans les intestins des Phoques et des oiseaux qui vivent de poissons, des vers très semblables aux Ligules ; mais où il se développe des organes génitaux , et même une tête analogue à celle des Bolhryocéphales , et Rudolphi hasarde l'hypothèse que ces Vers des oiseaux sont les mêmes que les Ligules des poissons, mais qui ne peuvent prendre tout leur développement «pie lorsque de l'abdomen des derniers elles ont passé dans l'intestin des autres.