D'APRÈS SON ORGANISATION
La seconde section générale des Coléoptères, les Hétéromères ( Heteromera ) , a cinq articles aux quatre premiers tarses , et un de moins aux deux derniers.
Ces Insectes se nourrissent tous de substances végétales. Léon Dufour a observé ( Annal, des sciences nat. , VI, p. 181 ) que leurs organes mâles ont une texture qui les rapproche de celle des Scarabéides et des Clavicornes; leurs testicules consistent en capsules spermatiques ou en sachets.
Nous diviserons cette section en quatre grandes familles (1), dont les deux premières ont , à raison d'un appareil de sécrétion excrémentielle, découvert dans plusieurs genres par le même savant , quelque analogie avec les premiers Coléoptères Pentamères ^ leur ventricule chylifique est souvent aussi hérissé de papilles. Plusieurs de ces Insectes nous offriront encore les vestiges d'une autre appareil sécréteur , dont les Coléoptères nous montrent peu d'exemples , celui que l'on distingue par la dénomination de salivaire. Ainsi que dans les Pentamères , les vaisseaux hépatiques , à peu d'exceptions près , sont au nombre de six , et ont deux insertions distantes l'une de l'autre : d'une part, dit Dufour, ils s'implantent par six bouts isolés autour du bourrelet qui termine le ventricule chylifique ^ de l'autre, ils vont s'ouvrir à l'origine du cœcum par des troncs dont le nombre est variable suivant les familles et les genres.
Les uns , dont les élytres sont généralement fermes et dures , dont les crochets des tarses sont presque toujours simples, ont la tête ovoïde ou ovale , susceptible de s'enfoncer postérieurement dans le corselet, ou rétrécie quelquefois en arrière, mais
(1) Dans un ordre naturel , la quatrième se lie avec la première par les Hélops, que Linnaeus place dans son genre Tenebrio. Il est encore évident que les Ténébrions conduisent aux Phaléries , aux Diapères , etc. , ou à notre seconde famille.
point brusquement et sans col à sa base. Beaucoup de ces Hëtéromèies sontlucifuges. Celte division comprendra les trois familles suivantes. La première, celle
Des Mélasomes, ( Melasoma) ,
Se compose d'Insectes de couleur noire ou cendrée et sans mélange, d'où vient le nom de celle coupe ^ Aptères pour la plupart et à élytres souvent soudées; à antennes en tout ou en partie grenues , presque de la même grosseur partout , ou un ])eu renflées à leur extrémité, insérées sous les bords avancés de la tête, et dont le troisième article est généralement alongé ; à mandibules bifides ou échancréesà leur extrémité ; ayanlenfin une dent cornée ou un crochet au côté interne des mâchoires, tous les articles des tarses entiers et les yeux oblongset très peu élevés, ce qui, d'après les observations de Marcel de Serres , indique leurs habitudes noclurnes. Presque tous ces animaux vivent à terre , soit dans le sable , soit sous les pierres , et souvent aussi dans les lieux bas et sombres des maisons , comme les caves , les écuries, etc.
Suivant Léon Dufour (Annal, des scienc. nat. V^ p. 276), l'inserlion des vaisseaux biliaires se fait à la face inférieure du cœcum , par un seul tronc tubuleux , résultant de la confluence de deux branches fort courtes, composées elles-raéme de la réunion de trois vaisseaux biliaires. La bile est jaune , quelquefois brune ou violette. Le tube alimentaire (Annal, des scienc. nat. , III , p. 378 ) est long, et sa longueur, dans notre première tribu, celle des Piméliaires , est triple de celle du corps; l'œsophage est long et débouche dans un jabot lisse ou glabre à l'extérieur, plus développé dans ces derniers Insectes, où il forme une poche ovoïde, logée dans la poitrine ; il est garni , à l'intérieur, de plissures ou colonnes charnues, longitudinales, aboutissant, dans quelques uns {Èrodies, Pimélies)^ du côté du ventricule chylifique , à une valvule formée de quatre pièces principales, cornées, ovalaires et conniventes ; le ventricule chylifique est alongé , flexueux ou replié , le plus souvent hérissé de petites papilles semblables à des points saillants , et se termine par un bourrelet calleux en dedans, et où a lieu la première insertion des vaisseaux biliaires. Le même savant a observé dans quelques sous-genres de la famille [Blaps ■> Asides) un appareil salivaire, consistant en deux vaisseaux ou tubes flottants, tantôt parfaitement simples {Asides)^ tantôt irrégulièrement
COLÉOPTÈRES. ô
rameux ( Blaps)^ et il ne doute point que ces vaisseaux n'existent aussi dans les autres Piniéliaires. Marcel de Serres a étudié avec beaucoup de soin la texture des tuniques du canal digestif (Observ. sur les usages des diverses parties du tube intestinal des Insectes, Ann. du Mus, d'hist. nat.) (1). Le tissu adipeux est plus abondant dans ces Hétéromères que dans les suivants; aussi peuvent-ils, même étant piqués et fixés avec une épingle , vivre près de six mois , sans prendre de nourriture , ainsi que des Akis m'en ont montré un exemple.
Nous diviserons d'abord cette famille, formant dans la méthode de Linnaeus le genre Ténébrion ( Tenehrio ) , d'après l'absence ou la présence des ailes.
Parmi ceux qui sont privés de ces organes et dont les étuis sont généialement soudés , les uns ont les palpes presque filiformes ou terminés par un article médiocrement dilaté, et ne formant point une massue distinctement en hache ou triangulaire. Ils composeront une première tribu , celle des Piméliaikes ( Piineliariœ ) , ainsi nommé du genre
Des PiMÉLiEs (Pimelia) de Fabricius , Qui en est le plus nombreux.
Tantôt le menton est plus ou moins en forme de cœur, avec le bord supérieur, soit écliancré dans son milieu, et comme divisé en deux lobes, courts et arrondis, soit largement écliancré ou évasé.
Ici les deux derniers articles des antennes ou le dixième et le onzième , toujours distincts, tantôt se réunissent pour former un corps ovoïde ou pyriformc, ou bien sont évidemment séparés l'un de l'autre. Le bord supérieur du menton est arrondi et écliancré au milieu, ou comme divisé en deux festons.
Ceux-ci ont le bord antérieur de la tête presque droit ou peu avancé au milieu , sans écliancrure profonde et propre à recevoir le menton, et les bords latéraux, simplement et légèrement dilatés au-dessus de l'insertion des antennes; cette tête ne paraît point sensiblement rétrécie en arrière , ni élargie et tronquée par-devant. Le corselet n'est point en forme de cœur, pro fondement échancré en devant et tronqué postérieurement.
On peut détacher des derniers , ceux dont le bord antérieur de la tête est droit ou presque droit, sans dilatation angulaire ou en forme de dent au milieu ; dont le labre , presque carré , de grandeur moyenne , est entièrement découvert ; dont le corselet est transversal et l'abdomen très volumineux et renilé.
Ceux dont le corps est plus ou moins ovoïde ou ovalaire , avec le corselet plus étroit, même à sa base, que l'abdomen, généralement convexe, sans prolongements aigus aux angles postérieurs, ni de saillie postérieure au présternum , composent le sous genre des
(1) CequeDufour nomme ventricule cliylifi([ue est, pour lui , rtsloinac, et, lelativeuieiit à d'auti es Insectes , le duodénum. Ce qu'il appelle intestin gr 'le est considéré par le premier comme le cœcum. Suivant Uufour , Marcel de Serres n'a p.'inl parlé du jabot des Mélasomes , quoiqu'il soit très apparent dans les Akis et les Piinélit .
PiMÉLiES propres. ( Pimelia. — Tenebrio, Lin.)
Ces Hétéronières sont propres aux contrées circonscrivant le bassin de la Méditerranée , à PAsie occidentale et méridionale , à l'Afrique. On n'en trouve point, ou du moins on n'en a pas encore découvert aux Indes orientales.
Des espèces généralement plus alongées ont le menton découvert, les antennes légèrement et insensiblement plus grosses vers le bout; les trois derniers articles ne composent point une massue divisée en deux portions d'égale grosseur, et dont la dernière , formée par le dixième et le dernier article confondus ensemble.
Il en est parmi elles dont l'abdomen est proportionnellement plus large et plus volumineux; dont les pattes sont encore relativement moins alongées; dont les jambes antérieures sont en forme de triangle renversé, alongé , avec l'angle extérieur de leur extrémité prolongé , les éperons robustes et les tarses courts.
Fischer { Entomol. de la Russie) les a divisées en trois genres, Pimélie , Platyope et Diésie , mais dont les caractères n'étant fondés que sur le plus ou moins de saillie du dernier article des antennes, les dentelures des jambes antérieures, ne nous paraissent pas suffisamment tranchés. Le onzième et dernier article des antennes est plus distinct dans le dernier. Les jambes antérieures sont très dentelées extérieurement dans les Platyopes. Leur corselet est en carré transversal , avec la base des élytres droite , et les angles extérieurs ou les épaules un peu avancés. Avec les Pimélies proprement dites de cet auteur, ou celles dont le onzième et dernier article des antennes se réunit ou se confond presque avec le précédent, où le corselet est presque semi-lunaire et convexe , et dont l'abdomen est presque ovoïde ou globuleux , se range une espèce très commune sur les bords de la médilerranée, la P. à deux points (P. 2-punctata , Fab. ; Oliv. , Col. III , 59 , i , 1 ) ; elle est longue d'environ huit lignes , d'un noir luisant. Son corselet est chagriné, avec deux gros points enfoncés dans son milieu, réunis dans quelques individus en une ligne transverse. Les élytres sont pareillement chagrinées, et offrent chacune , en y comprenant la carène latérale , quatre lignes élevées , point sensiblement dentées, et dont les deux internes plus courtes ; la suture est élevée. Le Tenebrio muricatus de Linnaeus est différent ( Schcenh. , Synon. Insect. I , tab. m , 9 )•
Une autre espèce très remarquable , mais particulière à la Haute-Egypte , et que l'on y trouve dans les tombeaux, est la P. couronnée (P. coronata , Oliv., ibid. , II, 17). Elle est longue d'environ quinze lignes, noirâtre, hérissée de poils d'un brun roussâtre, avec une rangée d'épines courbées en arrière , sur la carène latérale de chaque élytre.
Payraudeau a découvert, dans l'île de Corse, une nouvelle espèce {Payraudii ) voisine de la première , mais avec l'abdomen plus alongé et les élytres plus fortement chagrinées , et dont les deux lignes élevées internes sont presque effacées.
D'autres espèces ( les Tkachydermes , Trachyderma , Latr. ) ont l'abdomen proportionnellement plus étroit et plus alongé , souvent très comprimé sur les côtés ; les pattes longues , avec les jambes , sans en excepter les deux antérieures, grêles, étroites, terminées par de petits éperons; ces espèces sont généralement plus méridionales que les précédentes (1).
Une dernière division des Pimélies ( les Cryptochyles , Cryptochyle , Lat. ) se compose d'espèces dont le corps est relativement plus court ou ramassé , dont
(1) Les P. longipe^f hispida , morbilosn , etc., de Fabricius ; la P. anomala de Fischer.
le menton est recouvert par le présternum , et dont les antennes se terminent assez brusquement en une massue divisée en deux portions , Tune formée par le neuvième article, et Tautre par les deux suivants , confondus ensemble. Ces espèces paraissent être concentrées dans l'extrémité méridionale de l'Afriqi'e (1).
Sous la dénomination générique d'Erodie avaient d'abord été réunies des Piméliaires très voisines des précédentes, mais dont le corps est en ovoïde, court , arqué ou gibbeux en dessus , avec le corselet court , aussi large postérieurement que la base des élytres , terminé de chaque côté par un angle aigu ; et le présternum dilaté postérieurement en manière de lame ou de pointe , s'appuyant par le bout postérieur, sur le mésosternum.
Ces Erodies forment maintenant trois sous-genres.
Les Erodies propres. ( Erodius. Latr. )
Dont les deux derniers articles des antennes sont réunis et forment une petite massue en bouton ; dont les jambes antérieures ont une forte dent près du milieu de leur côté extérieur, et une autre au bout , du même côtéj et dont le menton est encadré inférieurement et recouvre la base des mâchoires. Leur corps est généralement bombé (2).
Les ZoPHOSES. ( ZoPHOsis. Latr. — Erodius , Fab. , Oliv. )
Où les antennes sont presque filiformes ou grossissent insensiblement vers le bout, avec le dixième article très distinct du précédent, un peu plus grand, presque ovoïde; où les jambes antérieures, ainsi que les suivantes, n'ont point de dent près du milieu du côté extérieur. Le menton est encadré inférieurement et recouvre la base des mâchoires. Le troisième article des antennes n'est guère plus long que le second et le neuvième et le dixième sont presque en forme de toupie (3).
Les Nyctélies ( Nyctelia. Lat. — Zophosis , Germ. )
Sont presque semblables aux Zophoses ; mais le troisième article de leurs antennes est beaucoup plus long que le précédent, et le suivant, ainsi que le neuvième et le dixième , est presque globuleux. La base des mâchoires est découverte. Ces Insectes sont d'ailleurs propres à l'Amérique méridionale , tandis que les Zophoses et les Erodies habitent exclusivement les contrées occidentales et méridionales de l'Asie, le sud de l'Europe et l'Afrique (4).
D'autres Piméliaires , terminant la subdivision de celles dont le labre n'est point reçu dans une échancrure profonde du bord antérieur de la tète , et où cette dernière partie du corps n'est ni tronquée en devant, ni rétrécie par derrière , se distinguent des précédentes par les caractères suivants. Le bord antérieur de cette partie s'avance en manière d'angle ou de dent , dans son milieu. Le labre, lorsque les mandibules sont fermées, ne paraît point ou très peu. Le corselet est tantôt en trapèze, presque aussi long que large , tantôt presque orbiculaire, ou presque en demi-cercle. Les antennes sont filiformes,
(1) Les P. macttlata , minuta de Fab. Voyez, quant aux autres Pimélies, Olivier, Schœnherret Fischer.
(2) Les E. bilineatus, yibbus /Jœvigntus d'Olivier , Col. III , aP &ô. Voyez Lalr. Gêner. Crnst. et Insect. II , p. 145 , et le Calai, de la coll. de Dejean.
: (3) Voyez Lat. Gêner. Crust. et Inscct. II , p. 146. (4) Zophosis nodosa, Gerni. Insect. Spec. nov. p. 153.
et le onzième et dernier article est toujours très distinct du précédent. Le menton est encadré inférieurement et recouvre la base des mâchoires. Le présternum se prolonge un peu en pointe , dans plusieurs. Ces Insectes , ainsi que ceux des deux subdivisions suivantes, sont exclusivement propres aux pays chauds et occidentaux de l'ancien continent.
Les HÉGÈTREs (Hegeter. Lalr.)
Ont le corselet en'forme de trapèze, presque aussi large, au bord postérieur, que la base des élytres , et appliqué , dans toute son étendue , contre elle. Le dernier article des antennes est un peu plus petit que le précédent (1).
Les Tentyries. (Tentyria. Latr. — Akis , Fab. )
Leur corselet est presque orbiculaire , .tantôt plus étroit que Fabdomen , tantôt de sa largeur , mais arrondi aux angles postérieurs, et laissant^un vide entre eux et la base des élytres. Le dernier article des antennes est aussi grand au moins que le précédent (2).
D'autres Piméliaires s'éloignent des précédentes par la forme de leur tète et celle du corselet. Celte première partie du corps est comme carrée et plus ou moins rétrécie en arrière ; le milieu de son bord antérieur ofl're une échancrure, recevant le labre. La dilatation des bords latéraux, recouvrant la base des antennes est plus grande et prolongée jusqu'au bord antérieur. Ces organes sont toujours composés de onze articles très distincts , presque cylindriques, à l'exception des derniers , avec le troisième lort long. Le côlé extérieur des mandibules est fortement excavé dans son milieu , et les côtés inférieurs de la tête , formant l'encadrement latéral des mâchoires et du menton, se terminent en pointe ou en manière de dent. Le corselet est en forme de cœur tronqué et bien éehancré en devant, dans la plupart. Ces Piméliaires comprennent une grande partie du genre
Akis. (Akis) de Fabricius.
On le restreint aujourd'hui aux espèces dont le corselet est plus large que la tète , fortement éehancré en devant , court, largement tronqué au bord postérieur, avec les bords latéraux relevés (3).
Une autre espèce ( A. coUarls , Fab.), où la tête, mesurée en devant, est un peu plus large que le corselet , plus prolongée postérieurement et un peu étranglée à sa base, en manière de col ; où le corselet est beaucoup plus étroit, dans toute sa longueur, que l'abdomen , petit , convexe , incliné et non relevé sur les côtés, forme le genre
D'Eléxophore. (Elenophorus) de Megerle et de Dejean.
Les antennes sont un peu plus longues que celles des Akis; les yeux plus étroits et échancrés.
Les dern.ières Piméliaires de la division de celles dont le menton est éehancré , sont distinguées des précédentes par la manière dont il se termine : au
(1) Latr. Gêner. Crust. et Iiisecl. II, p. 157; I, ix, 2; — Pimelia silphoidcs? Oliv.; — Gnalhosia glahia , Fischer , Enlom. de la Russ. II , xx , 8.
(2) Latr. ibid. II , 154 ; Les ^kïs glabra^pmtctata, ahbrcviata, anguslala, orbiculala, de Fabricius. Je crois qu'il faut encore rapporter à ce sous-genre les Tagones ( Tagona ) de Fischer , ibid. I , xvi , 8 , 'J.
(5) La première division des Akis de Fab. Fouez aussi Fischer , Eulom. delà Russ. 1 , XV, 7, 8,9.
COLEOPTERES. 7
lieu d'être arrondi et d'être divisé en deux festons, il est légèrement échancré ou concave, avec les angles latéraux aigus , et proportionnellement plus court et plus rétréci à sa base , ou plus en forme de cœur; il recouvre les mâchoires. Le onzième article des antennes n'estpas apparent ; le dixième un peu plus grand que les précédents , et sous la forme d'une toupie tronquée obliquement au bout, les termine. A l'égard de la forme de la tête, de son échancrure antérieure , et souvent aussi , quant à la coupe du corselet, ces Insectes ressemblent beaucoup aux Akis proprement dits.
Les EuRYCHORES (EuRYCHORA. Thunb.).
Ont le corps ovale , avec les bords aigus et ciliés ; le corselet semi-circulaire, et recevant la tête dans une échancrure antérieure , l'abdomen presque en forme de cœur, et les antennes composées d'articles linéaires, comprimés ou anguleux , et dont le troisième plus long que les précédents et les suivants (1).
Les Adélostomes (Adeiostoma. Dup.)
Ont le corps étroit et alongé , avec le corselet presque carré , un peu rétréci postérieurement; l'abdomen en carré long, arrondi postérieurement; les antennes assez grosses , presque perfoliées , et dont les articles , à l'exception du dernier, sont presque tous lenticulaires et égaux. Le labre , les mandibules et les palpes sont cachés (2).
Nous terminerons les Piméliaires par celles dont le menton, de forme carrée, n'offre au bord supérieur ni échancrure ni évasement. Leur corps est toujours oblong , avec le corselet , tantôt presque carré , arrondi ou dilaté, tantôt étroit , alongé, presque cylindrique, et l'abdomen ovoïde ou ovalaire. Les antennes ont toujours onze articles distincts. Les cuisses antérieures sont renflées et même quelquefois dentées dans plusieurs , ou du moins dans l'un des sexes. Ces Insectes font évidemment le passage de cette tribu à la suivante.
Tantôt les antennes sont entièrement ou presque entièrement grenues ou composées d'articles courts, soit ovoïdes ou globuleux, soit en forme de toupie ou presque hémisphériques.
Parmi eux, les uns ressemblent aux Piméliaires des derniers sous-genres, sous le rapport de la dilatation et du prolongement des bords latéraux de la tête. Leur labre est très court et peu avancé. Les bords latéraux du corselet sont droits ou simplement arqués et arrondis, et sans dilatation , en forme d'angle ou de dent. Les yeux sont peu élevés.
Dans ceux-ci, le corselet est étroit , soit cylindracé, soit en forme de cœur alongé et tronqué aux deux bouts. Tels sont :
Les Tagémes. (Tagenia. Latr. — Slenosis , Herbst. — Akis, Fab'.)
Les antennes sont presque perfoliées , avec le troisième article guère plus long que les suivants , et le onzième ou dernier très petit ou réuni avec le précédent. La tête est alongée postérieurement et portée sur une espèce de col ou de nœud. Le corselet est en forme de cœur alongé , tronqué aux deux bouts. L'abdomen est ovalaire (3).
(1) Latr.Gcner. Crust. etinsect. II, p. 130; Schœnh. Synon. Insect. I, ii, 3;— Schœnh. Synon. Insect. I , i , tab. 2 , 5.
(2) Adelosloma sulcatum, Duponchel , 3Iém. de la Soc. linn. de Paris, 1827, XII , A , B , C; Insecte trouvé aux en\irons de Cadix par le fils aîné de ce savant; à Tanger , par Goudot jeune , mais apporté depuis long-temps par Labillardière , de son voyage en Syrie.
(3) Latr. Gêner. Crust. et Insect. II , p. 149; Herbst. Col. VIII , cxxvn, 1-3.
Les PsAMMÉTiQUES. ( Psammétichus. Lalr.)
A antennes composées d^articles en forme de tonpie, dont le troisit^me, beaucoup plus long que les suivants , et dont le onzième ou dernier, aussi grand que le précédent , très distinct. La tête et le corselet sont en carré long , de la même largeur. L'abdomen est presque ovalairc, et tronqué à sa base (1).
Dans ceux-là , le corselet est au moins aussi large que l'abdomen , et d'une forme presque orbiculaire, ou en carré , arrondi latéralement , et soit isométrique , soit plus large que long.
Les ScAURES. (ScAURus. Fab.)
Où le dernier article des antennes est ovoïdo-conique et alongé ; où le corselet est presque isométrique , et où les cuisses antérieures sont renflées , souvent dentées dans les mâles. Les jambes sont longues et étroites.
Ces Insectes sont propres aux contrées occidentales et chaudes de l'ancien continent (2).
Les ScoTOBiES. (ScoTOBius. Germ. )
Où le dernier article des antennes n'est guère plus long que le précédent, et en forme de toupie renversée ; où le corselet est sensiblement plus large que long, très arqué aux bords latéraux; où les cuisses diffèrent peu en grosseur, et où les jambes antérieures sont en forme de triangle alongé , et anguleuses.
Ces Hétéromères sont propres à l'Amérique méridionale (3).
Les autres Piméliaires à antennes en chapelet et à menton entier, sont remarquables par les dilatations latérales . en forme d'angle ou de dent forte, de leur corselet. Le milieu du dos offre une carène sillonnée et terminée antérieurement en manière de bosse arrondie et bilobée. Les bords latéraux de la tête sont brièvement dilatés. Le labre est entièrement découvert et de grandeur ordinaire. Les yeux sont plus élevés que dans les autres Piméliaires. Les antennes sont, en outre, velues ou pubescentes.
Les élytres sont très inégales.
Les Sépidies. (Sepidium. Fab.)
On les trouve dans les pays méridionaux de l'Europe , et en Afrique (4).
Les dernières Piméliaires ayant, comme les précédentes, le menton sans échancrure supérieure , s'éloignent de celles-ci à l'égard de la forme des articles de leurs antennes ; ils sont pour la plupart presque cylindriques, ou en forme de cône renversé et alongé ; les trois à quatre derniers sont seuls arrondis , soit ovoïdes , soit turbines ou hémisphériques. Le labre est entièrement découvert, et la saillie marginale de la tête, recouvrant l'origine de ces organes, est peu prolongée, ainsi que dans les Sépidies. Ces Insectes sont propres au cap de Bonne-Espérance. Les yeux sont presque ronds ou ovales, entiers ou peu échancrés, élevés; le corselet est déprimé, tantôt dilaté de chaque côté, en manière d'angle, tantôt plus étroit, mais sillonné et caréné en
(1) Sous-genre établi sur des Insectes inédits du Chili.
(2) Oliv. Col. III, n" 62 ; Latr. Gêner. Crust. et Inscct. II , p. 159; Encyclop. métliod. article Scaure.
(ô) Germ. Insect. Spec. nov. p. 136.
(4) Les Sépidies tricuspidatum , varieQatum et cristalum de Fabricius.
COLÉOPTÈRES. y
dessus ; le dornicr article des antennes est sensiblement plus long et plus épais que le précédent. Tels sont :
Les Trachvnotes. (Trachynotus. Latr. — Sepidium , Fab. (1).
Là , les yeux sont étroits et alongé^ , presque pas élevés. Le corselet est convexe, presque orbiculaire , échancré en devant, tronqué postérieurement, sans dilatations latérales angulaires, ni carène dorsale. Le dernier article des antennes est, au plus , de la grandeur du précédent.
Les MoLURis. (MoLURis. Latr. — Pimelia, Fab., Oliv. — Psammodes , Kirb.) (2).
La seconde Iribu des Mélasomes celle des blapsides {Blapsides) , reçoit sa dénomination du genre blaps {Blaps) de Fabriciiis. Les palpes maxillaires se terminent par im article manifestement dilaté, en manière de triangle ou de hache. Dufour a observé que dans ce genre.^ ainsi que dans celui desAsides, le jabot est moins développé que dans les Piméliaires , et que la valvule à laquelle il aboutit postérieurement n'est point formée de ces quatre pièces principales, cornées ou conniventes, qui la constituent dans la tribu précédente, mais par le rapprochement des colonnes charnues de son intérieur. Le ventricule chylifique est proportionnellement plus long, et les capsules spermatiques sont moins nombreuses. Les Blaps, selon le même naturaliste , sont pourvus d'un appareil de sécrétions excrémentielles double, et d'une tout autre structure que celui des Pentamères; il consiste en deux vessies assez grandes, oblongues, situées tout-à-fait au-dessous des viscères de la digestion et de la génération, très rapprochées l'une de l'autre, à parois très minces et entourées de replis vasculaires, adhérents, plus ou moins boursouflés, et dont il est difficile de connaître le point d'insertion, dans l'impossibilité où l'on est de le dérouler . II faut en dire autant des conduits destinés à évacuer au dehors le liquide sécrété 5 ils sont cachés par une sorte de diaphragme membraneux, appliqué à l'aide d'un panicule charnu sur le dernier segment ventral. La liqueur sécrétée sort latéralement et non par l'extrémité du dernier anneau; elleest lancée jusqu'à sept ou huit pouces ; elle est de distances brunâtre, d'une âcreté fort irritante et d'une odeur propre et pénétrante.
(1) Les s. rcticulatum, rugosum , vittatum de Fabricius ; le S. acmninatum de Schœnherr; une espèce que Dejean nomme Curculioides , et ligurée par De Géer, forme une division parliculière.
(2) Les P. striata, nnicolor, gibba^de Fab. Foyez Latr. Gêner. CVust. et Iiisect. II , p. 148 ; — Psammodes loiiijkornis, Kirb. Linn, Trans. XII , xxi , 13.