‹ Le règne animalChapitre 5 sur 58 · TOME m · texte numérisé non relu

TOME m

Celle tribu sera formée d'un seul genre , celui des

Blaps. (Blaps. )

Les Blapsides , dont le corps est gén -oralement oblong , avec l'abdomen embrassé latéralement par les élytresqui, le plus souvent, se rétrécissent vers le bout et se terminent en pointe ou en manière de queue; dont les tarses sont presque semblables dans les deux sexes et sans dilatation remarquable , formeront une première division.

Les uns ont le menton petit ou n'occupant guère, en largeur, que le tiers de celle du dessous de la tête , presque carré ou orbiculaire.

Ici toutes les jambes sont grêles , sans arêtes , ni dents fortes , au côté externe. Le corselet ai'est jamais dilaté en devant , ni en forme de cœur largement tronqué.

Les OxcRES (OxrRA.'Kirb.)

Ont le corps étroit et alongé, le corselet plus long que large , ovoïde , tronqué aux deux bouts , et les articles intermédiaires des antennes longs et cylindracés (1).

Les AcANTHOMÈRES ( AcANTHOMERA. Lat. — Plmelia , Fab.)

Ont le corselet presque orbiculaire, transversal; Tabdomen presque globuleux ; le troisième article des antennes beaucoup plus long que les suivants, cylindrique; ceux-ci presque de cette l'orme , et les trois derniers au plus grenus (2).

Les MisoLAMPEs , ( MisoLAMPus. Latr. — Pimelia , Herbst. )

Dont le corselet est presque globuleux et l'abdomen presque ovoïtie ; et dont les antennes ont le troisième et le quatrième articles égaux, cylindriques, le huitième et les deux suivants un peu plus gros , presque en forme de toupie , et le onzième ou dernier plus grand et ovoïde (5).

Les Blaps propres, (Blaps. Fab.)

Leur corselet est presque carré, plan ou peu convexe. L'abdomen est ovalaire, tronqué transversalement à sa base, plus ou moins alongé. Les élytres *le la plupart sont rétrécies et prolongées en pointe, dans les mâles surtout. Le troisième article des antennes est beaucoup plus long que les suivants, cylindrique ; ceux-ci ou les trois avant - derniers au moins sont grenus ; le dernier est ovoïde et court.

Avec les espèces dont le corps et Fabdomen sont proportionnellement moins alongés et plus larges, dont les élytres se terminent dans les lemelles en une pointe très courte , où le corselet est presque plane , presque isométrique, se range :

Le B. porte-malheiir. {B. mortisaga, Oliv., Col. III, 60, 1 , 2, G; Tene- I brio mortisaf/a , Lin.) 11 est long d'environ dix lignes, d'un noir peu luisant, uni, simplement pointillé en dessus, avec le corselet presque carré

(1) Orwrft sctosa, Kirb. Linn. Trans. xxn, ô.

(2) l'tnielia du7itipes^ Fab. et quelriues aiitics espèces. Les cuisses anféiieuressont renflées et dentées ; le corps est très inégal et cendré ; les éperons des jambes sont 1res petits.

(3) Latv. Gen. Crust. et lusect. II, p. ICO, et I , x , 8; Piinelia gibbula, Herbst. Col. \III , cxx , 7.

et offrant de chaque côté, au bord postérieur, les vestiges d'un petit rebord aplati. Le bout des étuis forme une pointe courte et obtuse. — Dans les lieux sombres et malpropres , près des latrines , souvent même dans les maisons.

Le B. lisse {lœvîgata , Fab.) pourrait former un sous-genre propre. Son corps est beaucoup plus court que celui des autres espèces , très convexe ou rrjbbeux. A partir du quatrième article, les antennes sont grenues. Les jambes antérieures se terminent en une forte pointe ou épine , formée par un éperon.

Fabricius rapporte que les femmes turques habitant l'Egypte , où cet Insecte est très commun, mangent le Blaps sillonné, cuit avec du beurre, dans l'intention de s'engraisser. 11 dit aussi qu'on s'en sert contre les maux d'oreilles et la piqûre du Scorpion (1).

Là, toutes les jambes sont anguleuses, avec des arêtes longitudinales; les deux antérieures sont plus larges, fortement dentées extérieurement. Le corselet est dilaté antérieurement et en forme de cœur , largement tronqué.

Les GoNOPES. (GoNOPus. Lat.)

Le troisième article des antennes est alongé , cylindrique, ainsi que les deux ou trois suivants ; ceux qui viennent après sont grenus; le dernier est ovoïde et un peu plus long que le précédent. Le bord antérieur de la tête est concave, et le menton en carré transversal. Les cuisses ont leur côté inférieur tranchant avec un sillon ; les deux antérieures ont une dent; les quatre jambes postérieures sont étroites, arquées , avec quelques dentelures; les tarses sont glabres (2).

Les autres Insectes de cette tribu et à pieds semblables dans les deux sexes, diffèrent des précédents par leur menton , qui occupe transversalement la majeure partie du dessous de la tête , et a la forme d'un cœur tronqué inférieurement ou à sa base. Le corselet est toujours transversal , échancré ou concave en devant, et arqué latéralement, soit trapézoïde et plus large postérieurement, soit très dilaté latéralement et rétréci vers les angles postérieurs. Le labre est échancré. La plupart sont de couleur cendrée et vivent à terre , dans les lieux sablonneux.

Tantôt le corselet est élargi en devant ou près du milieu de ses côtés et rétréci postérieurement. La base des mâchoires est découverte.

Les HÉTÉRoscÈLES ( ïIeteroscelis. Latr. )

Présentent au côté extérieur des quatrepremières jambes deux fortes dents , l'une au milieu, l'autre terminale; l'extrémité postérieure du présternum est prolongée en manière de lame aplatie et reçue dans une échancrure du mésosternum. Le corps est ovale, arrondi aux deux bouts, avec les bords latéraux du corselet très arqués, et simplement rétrécis près des angles postérieurs. Les antennes sont légèrement et graduellement plus grosses vers le bout (3).

Les Machles ( Machla. Herbst. ) Ont les antennes terminées par une petite massue en bouton , et formée par

(1) Les Blaps gages, sulcata, de Fab. Foijez le Catal. de la collection des Coléopt. de Dejean.

(2) Blaps tihialis de Fab.

(ô) Pimelia dentipes , Fab. ; — ejusd. Platijnotus reticidatm, Pimelia obscurci. Oli\. ; Insectes du cap de Bonne-Espérance.

les trois derniers articles ; elles peuvent se loger dans des cavités pratiquées sous les côtés du corselet , qui sont très épais et arrondis (1).

Les ScoTiNES. ( ScoTiNus. Kirb. )

A antennes terminées aussi en une petite massue, mais dont les deux derniers articles sont presque confondus, et point susceptibles d'ailleurs de se loger dans des cavités particulières. Le corselet est dilaté en devant (2).

Tantôt le corselet est presque trapézoïde , arqué graduellement, dans toute la longueur de ses bords latéraux, sans rétrécissement brusque postérieur. Le menton recouvre la base des mâchoires.

Les deux derniers articles des antennes sont réunis en une petite massue.

Les AsiDES. ( AsiDA.. Latr.) (5)

Viennent maintenant des Blapsides à corps ovale et peu alongé , dont le repli latéral des élytres est étroit et s'étend peu en dessous; dont le corselet est toujours transversal, presque carré ou trapézoïde, avec les bords latéraux arqués ; et plus remarquables encore par les diflérences sexuelles de leurs pattes; les deux ou quatre tarses antérieurs sont plus dilatés dans les mâles (4).

Ces Insectes fréquentent les lieux sablonneux. Les deux jambes antérieures sont ordinairement plus larges , dilatées triangulairement au bout et propres à fouir.

Ici le bord antérieur de la tête est toujours échancré. Les deux tarses antérieurs des mâles sont seuls manifestement plus larges ou plus dilatés que les suivants.

Les PÉDiNES. (Pedinus. Latr.)

Megerle et Dejean les ont subdivisés en plusieurs autres sous-genres , mais sans en donner les caractères.

Ceux où les mâles ont les quatre premiers articles des deux tarses antérieurs de la même largeur, avec le radical triangulaire, les trois suivants transversaux et presque égaux, toutes les jambes étroites et alongées , le corselet rétréci postérieurement et terminé par des angles aigus, forment le genre Opatrine ( Opatrînus) de Dejean ; ces Insectes sont tous d'Amérique (5).

Ceux où les mômes tarses et dans les mêmes individus ont le premier article et surtout le quatrième sensiblement plus étroits ou plus petits que les deux intermédiaires, dont le corselet se rétrécit près des angles postérieurs, composent quatre autres sous-genres , mais dont les caractères sont si faibles et si nuancés , que ces coupes peuvent être réunies en une seule, celle de Dendare. {Dendarus , Meg., Dej.)

Quelques espèces ont, ainsi que les Opatrines , les jambes étroites, alongées, pevi dilatées à leur extrémité , et presque identiques dans les deux sexes ; le corselet rétréci brusquement de chaque côté, près des angles postérieurs, qui forment une petite dent aiguë : ce sont les Dendares proprement dits (6).

(1) Platynotus scrrahis , Fab.

(2) Scotintis crenicoUis , Kirb. Linn. Trans. XII , xxi , 14, sous-genre propre à rAmérique méridionale.

(5) Latr. Gêner. Crust. et Insect. II , p. 155. Voyez le Catal. de la coll. des Coléopt. de Dejean , p. 65. Le Plalynotus unclatus de Fab. est une espèce très peu difféiente de l'y/ . fjrisoa. Cet auteur s'est , je crois , mépris sur son habitation. — Platijnoliis lœvtgatus , tjnsd.

(4) Le dessous de ces parties est ordinairement soyeux ou garni de brosse.

(5) Blaps clatluata , Fab.; — ejusd. B. jmnctata , peut-être aussi son Plalynotus dilatai us.

(0) Voyez Dej . Catal. de sa coll. des Coléopt. p. 65. Voyez les Plalynolus excatultis et crenutus de Fab.

COLEOPTERES. lô

Dans les suivantes , les quatre jambes antérieures , ou tlu moins les deux premières, sont dilatées triangulairenicnt à leur extrémité. Le dessous des intermédiaires et des deux dernières, celui même des deux cuisses postérieures, est soyeux dans plusieurs mâles.

Tantôt les côtés du corselet sont rétrécis brusquement près des angles postérieurs , ou sont presque arrondis , à dent saillante à cette extrémité. Le corps est ovale. Tels sont Les IIélioimiiles {Ileliophilits) deDejean. Tantôtle corselet se termine insensiblement de chaque côté par un angle pointu. Le corps est proportionnellement plus court et plus large.

Des espèces à corselet grand , guère plus large que long, fortement rebordé latéralement, et dont le corps est peu bombé en dessus, composent le genre EcRYNOTE {Etvynotus) de Kirby (1).

D'autres, dont le corps est sensiblement plus convexe ou plus bombé en dessus, avec le corselet transversal très faiblement rebordé, sont des IsociiRES (Isocerus), Meg., Dej, (2).

Dans les mâles des dernières Pédines , les trois premiers articles des deux tarses antérieurs, toujours très dilatés, diminuent progressivement de largeur, et le quatrième est très petit. Les cuisses postérieures des mêmes individus , sont concaves et soyeuses en dessous (5) ; le corps est ovale, avec le c(;rselet faiblement rebordé, s'élargissant de devant en arrière, ou faiblement rétréci en arrière, toujours terminé postérieurement et insensiblement par vn angle pointu et prolongé. Telles sont les Pédines proprement dites {Pedinia) de Dejean (4).

Là , le bord antérieur de la tête est entier ou sans échancrure dan? plusieurs. Les quatre tarses antérieurs des mâles sont également ou presqus également dilatés. La forme du corps , et celle du corselet en particulier, esi eucore semblable à celle des dernières Pédines.

Ceux où le bord antérieur de la tète offre encore une échancrure forment, le sous-genre des

Blapstines. (Blapstinus. Dej.) (5)

Ceux où il est entier ou sans échancrure, celui des

Platyscèles. (Platyscelis. Latr.) (G)

Nous Yoilà arrivés aux Mélasomes munis d'ailes. Leur corps est ordinairement ovale ou oblong: , déprimé ou peu 'élevé, avec le corselet carré ou trapézoide , de la largeur de l'abdomen à son extrémité postérieure. Les palpes sont plus gros à leur extrémité ; le dernier article des maxillaires est en forme de triangle renversé ou de hache ,• le menton est peu étendu en largeur, (7) et laisse à découvert la base des mâchoires.

(1) Eurynotus muricatus, Kirb. Linn. Trans. XII, xxn,l. Foyez Platynotus striatus, Schœnli. Synon. Insect. 1, 1, tab. n , G.

(2) Dej. Cat.il. de sa coll. des Coléopl. p. 65.

(ô) Le dessous des mêmes cuisses est pareillement soyeux dans les mâles des Ilcliopliilcs.

(4) Dej.Cat.,p.C5.

(5) Dej. ibid. p. 66. — Blapstibidens. Schœnh. Synon. Insect. 1, 1, tab. n, 8.

(6) Ibid. ; Fisch. Entom. de la Russ. Il , xx , 1-5.

(7) A raison de leurs mâchoires années au côté interne d'une dent cornée , les Epitrages devraient systématiquement appartenir à celte tribu, et s'éloigneraient de tons les sousgenres dont elle se compose, par leurnientou beaucoup plus grand et recouvrant la base des mâchoires ; mais , dans l'ordre naturel, ces Insecles me paraissent se placer près des llélops.

Ces Mélasomes composeront la troisième et dernière tribu , celle des Ténébrionites {Tenehrionites), formée d'un seul genre, celui des

Ténébrions , (Te>ebrio. )

Tel que Fabricius l'avait d'abord formé , et auquel nous rattacbcrons celui qu'il nomme Opatrum et le genre Orthocère; ils serviront de types à autant de divisions particulières.

1" Ceux dont le corps est ovale, avec le corselet presque trapézoïde , arqué lat(';ralement ou en demi-ovale tronqué antérieurement, plus large au moins au bord postérieur que Tabdomen, peu ou point rebordé, les palpes maxillaires terminés par un article en hache, ou d'une forme très analogue, et les antennes grossissant insensiblement.

Les Cryptiques (Crypticus. Latr. — Blaps , Fab.)

Ont le corps convexe et lisse en dessus , avec la tète découverte ou peu enfoncée dans réchancriire du corselet, sans échancrure à son bord antérieur ; les yeuï extérieurs , ou tout-à-fait en dehors de la concavité antérieure du corselet, ei cette dernière partie du corps insensiblement inclinée sur les côtés et peu échancrée en devant. Les antennes sont presque de sa longueur , avec la plupart dfcs articles presque en forme de cœur renversé ou de toupie, les avantderniers étint seuls plus arrondis ou presque grenus, mais point transversaux. Les jambes ;ont toujours étroites et alougées, avec les éperons du bout assez saillants (1;,

Les Opa.tres. ( Opatrum. Fab. , Dej. — Phylan Meg. )

Leur corps est généralement moins élevé et même souvent déprimé; la tête est reçue postérieurement avec les yeux dans une profonde échancrure du corselet , et son bord antérieur en offre une petite, où le labre est engagé. Le corselet est déprimé le long de ses côtés; les antennes sont plus courtes que lui , en majeur* partie grenues, avec les derniers articles lenticulaires et transversaux.

Les élytres sont raboteuses ou striées. Les éperons des jambes sont très petits , et les deux antérieures sont plus larges et triangulaires dans plusieurs, L'O. des sables {Silpha sabulosa , Lin.; Oliv., Col. 111, 56, 1, A). Son corps est long de quatre lignes, noir, mais paraissant ordinairement, en dessus , d'un gris cendré ; ovale , avec le corselet arqué latéralement et un peu plus large dans son milieu que l'abdomen. Les élytres ont chacune trois lignes longitudinales , élevées, accompagnées chacune, de chaque côté , d'une rangée de petits tubercules , disposés alternativement et se réunissant souvent avec elles; entre le bord extérieur et la première ligne , et entre la dernière et la suture, est aussi une série de tubercules semblables. Les jambes antérieures sont plus larges, triangulaires. Très commun dans toute l'Europe, dans les lieux sablonneux, et se montrant dès les premiers beaux jours du printemps (2).

(1) Pcdinus glaher , Latr. Gêner. Crust. etinsect. Il, p. 164 ; Helops glaher, Oliv. Col. III , 58, 11, 12; Blaps glabra , Fab. et quelques autres espèces inédites d'Espagne et du cap de Bonne-Espérance.

(2) Les Opatres, no» 7, 8 , 10, d'Olivier, ibid. Foyez. le même article de rEncyclop. méthod. et la coll. des Coléopt. de Dejean. Le G. phylanda Megerle et de Dejean ne m'a •jfl'crl aucun caractère ([ui le distingue nettement de celui d'Opatre.

COLÉOPTÈRES. ir,

2» Ceux tlonl le corps est étroit et alongé , presque tîe la même largeur ou plus large poslérieurement, avec le corselet presque carré , prescpie aussi loDg au moins que large, et dont les antennes forment une grosse massue, ou sont ililalées brusquement à leur extrémité.

Les uns ont les antennes grosses, cylindriques ou en fuseau, perfoliées , velues, ne paraissant composées que de dix articles, le onzième ou dernier étant très court et peu distinct; le second est aussi grand que le suivant.

Les CoRTicus. (CoETicus. Dej. — Sarrotrium, Germ.)

Dont les antennes sont cylindriques et terminées par un article plus prand , formant une petite massue (1).

Les Orthocères. (Orthocerus. Lat. — Sarrolrhim , IHig. )

Où ces organes , plus larges dans leur milieu , forment une massue en fuseau, très velue , avec la plupart des articles transversaux et le dernier beaucoup plus étroit que les précédents (2).

Les antennes des autres sont de grosseur ordinaire, simplement grenues, point sensiblement perfoliées ni velues, et offrent distinctement onze articles.

Les Chiroscèles (Chieoscelts. Lam.)

Ont deux fortes dents au côté extérieur des deux premières jambes, et les antennes terminées en une petite massue presque globuleuse, transverse, formée par les deux derniers articles (3).

Les Toxiques. (Toxicum. Lat. )

A jambes simples ; à massue des antennes comprimée et formée par les trois derniers articles; à tête triangulaire, et dont le corselet est presque carré et presque isométrique (4).

LesBoRos. (BoRos. Ilerbst. — Hyyophlœus, Fab.)

Ayant aussi les jambes simples, et la massue des antennes comprimée et formée par les trois derniers articles ; mais dont le corps est presque linéaire, avec la tcte ovale, rétrécie postérieurement, le corselet ovalaire , tronqué à chaque extrémité, et le dernier article des palpes maxillaires en ovoïde tronqué et peu renllé (5).

5° Ceux dont le corps est pareillement étroit et alongé, avec le corselet presque carré , mais dont les antennes sont de grosseur ordinaire et ne se terminant point brusquement en massue.

Les deux pieds antérieurs ont les cuisses grosses, et les jambes étroites, courbes ou arquées.

Ici le pénultième article est parfaitement semblable , pour la forme et la grandeur, au précédent ; et celui-ci , de même que tous les autres, n'est ni dilaté ni canaliculé en dessus.

(1) Sarrotrium celtts , Germ. Insect. Spec. nov. p. 140.

(2) Ih'spa mutica , Lin. ; Panz. Faun. Insect. Gei m. 1 , 8.

(ô) Chiroscelis bifencstra , Lam. Annal, du Mus. d'iiist. natur. n» 16, XXII, 2 ] — Tcncbrio digilatus , Fab.

(A) Toxicum richesianum , Latr. Gêner. Crust. et Insect. II , p. 168 , et I , ix , 9. .l'ai vu , dans la collection de Labillardière , une autre espèce , et qui paraît très voisine, pour le faciès , des Opafres.

(o) Boros corticnli.i, Gyll. Insect. Suec. I , n , p. 584 ; Hypophïœus boros, Fab. — B. thoracicus , Gyll. ibid. p. 386.

Les Calcar (Calcar. Dej. — Trogosila, Fah.)

Oui le eorselct en carre lonf;, le corps linéaire, de la même largeur partout , avec le bord antérieur de la lète écliancré elles trois avant-derniers articles des antennes presf^ue globuleux, point sensiblement transversaux (1).

Les Uns (Uns. Fab.)

Ont le corselet en carré lonf;; le corps étroit, mais point linéaire; le bord antérieur de la tète droite, sans échancrure , et les avant-derniers articles des antennes lenticulaires et transversaux (2).

Les TÉNÉBRioNS propres (Tenebrio. Lin., Fab.)

Ne diffèrent des Upis que par leur corselet plus large que long.

On les trouve fréquemment, surtout le soir, dans les lieux peu fréquentés de nos maisons, dans les boulangeries, les moulins à farine , sur les vieux murs, etc. ,

Le T. de la farine (Tenebrio moli/or, Lin. ; Oliv., Col. III , 57, i , 12) , long de sept lignes , d'un brun presque noir en dessus , couleur de marron et luisant en dessous; corselet de la largeur des étuis , carré , avec deux impressions postérieures; étuis pointillés et striés.

Sa larve est longue, cylindrique , d'un jaune d'ocre, écailleuse et très lisse. Elle vit dans le son et la farine. On la donne aux Rossignols. Elle se transforme en nymphe dans la matière qui lui a servi de nourriture.

Le T. géant {grandis) , qui se trouve au Brésil , sous les écorces des vieux arbres, lance par l'anus , et à la distance de plus d'un pied , une liqueur caustique. D'autres espèces du même pays , mais plus petites, se recouvrent entièrement de cette matière. Je dois ces observations à de la Cordaire (3). Là , le pénultième article des tarses est très petit, en forme de petit nœud ,

et reçu dans une gouttière longitudinale du précédent, qui est plus dilaté que

les précédents et prcsqu'en forme de cœur.

Le bord antérieur de la tète offre une échancrure, occupée par une portion

du labre.

Les HÉTÉROTARSEs. ( IIeterotarsus. Lat. )

Sous-genre formé sur un Insecte du Sénégal , ayant les caractères des Ténébrions , mais singulier par ses tarses. Au premier coup d'œil, les quatre antérieures ne paraissent avoir que quatre articles , et les deux autres trois.

La seconde famille des Coléoptères Hétéromères , Les taxicornes (taxicornes.)

]\'ont point d'ongle corné au côté interne des mâchoiVes, et sont tous ailés ; leur corps est le plus souvent carré, avec le cor-

(1) Troqosila calcar , Y ab.

(2) Upis ceramboidcs Fab. ; — U. saperdoidca, Bosn.

(ô) f^oi/cz, pour les mitres espèces, le Catulogue de la collection de Dejean et de Fabricius. Biais ce genre , tel qu'il est acluellenicnl compose , aurait besoin d'épuration , plusieurs espèces se rapportant aux Pbaltries ou à d'autres sous-jjenrcs. Quelques-unes même peuvent eu (ormcr de nouveaux.

selel trapézoïde, ou demi-circulaire et cachant ou recevant la tête; dans quelques-uns, les antennes, ordinairement insérées sous une saillie marginale des côtés de la tête, sont courtes, plus ou moins perfoliées ou grenues, grossissent insensiblement ou se terminenten massue. Les pieds ne sont propres qu'à la course , et tous les articles des tarses sont entiers et terminés par des crochets simples; les jambes antérieures sont souvent laiges et triangulaires. Plusieurs mâles ont la têle munie de cornes. La plupart de ces Hétéromères se trouvent dans les champignons des arbres, ou sous les écorces; quelques autres vivent à terre, sous des pierres. Léon Dufour a observé dans quelques sousgenres de cette famille, tels que les Hypophlées, les Diapères propres, et les Elédones ou Bolétopliages, un appareil de sécrétion excrémentielle, et dans les seconds des vaisseaux salivaires. Le ventricule chylifique de ces Hétéromères est hérissé de petites papilles en forme de poils. Ces caractères, la conformation en outre des organes de la génération, nous indiquent que cette famille (l)se lie avec la précédente.

Les uns ont la tête découverte, et jamais entièrement engagée dans une entaille profonde et antérieure du corselet. Cette dernière partie du corps est tantôt trapézoïde ou carrée, tantôt presque cylindrique ; ses côtés, ainsi que ceux des élytres, ne débordent point notablement le corps.

Cette division formera la tribu des Diapérales {Diaperales), ayant pour type le genre

Des Diapères. (Diaperis.)

Tantôt les antennes sont généralement grosses, presque droites, en majeure partie perfoliées ou terminées brusquement par une grosse massue. Le corps est uni ou légèrement strié sur les élytres. Les côtés du corselet n'ont qu'un petit rebord et ne sont point déprimés ni dentelés ; il n'y a point d'écart ou de vide notable entre ses angles postérieurs et la base des élytres. Ses deux pieds antérieurs sont triangulaires et dilatés extérieurement à leur extrémité, dans un grand nombre.

Ici les antennes grossissent insensiblement ou du moins ne se terminent point brusquement en une massue ovale ou ovoïde , et dont la plupart des articles beaucoup plus grands que les précédents.

Les uns, et c'est le plus grand nombre, ont le corps ovale, ou ovoïde, quelquefois même hémisphérique , avec le corselet presque carré ou trapézoïde, le plus souvent transversal , mais jamais long et étroit.

(1) lien est de même de la suivante. La transition des Ténébrions aux Phaléries et aux llélops est presque insensible, et dès lors les caractères de ces familles sont, dans quelques cas, ambigus.

Les PiiALÉniKS (Phaleria. Lat. — Uloma , Phaler/a , Dej.)

Ont le dernier article des palpes maxillaires plus fjrand , en forme de triangle renversé ou de liache,et les jambes antérieures plus larges, dilatées en manière de triangle renversé , et souvent dentées , ou munies de petites épines sur l'un de ses côtés (1).

Les DiAPÈRES propres. (Diaperis. Geoff. , Fab,)

Dont les palpes maxillaires se terminent par un article à peine plus épais que le précédent, presque cylindrique et dont les jambes antérieures, point ou guère plus larges que les suivantes , sont étroit'is , presque linéaires, et l'aiblement dilatées à leur extrémité.

Parmi les espèces dont le corps est ovoïde , bombé, avec le corselet lobé postérieurement et les antennes grosses, presque entièrement perfoliées, se range la D. du bolet {Clwysomela boleli , Lin. , Oliv., Col. III , 55 , 1 ) , dont le corps est long d'environ trois lignes, d'un noir luisant, avec trois bandes d'un jaune fauve , transverses et dentées, sur les élytres. Ou la trouve dans les champignons des arbres.

Une autre espèce plus alongée, que Fabricius a placée parmi les Ips {Hœmorrhoîdalis)^ forme le genre Neomïda de Ziégler. La tête du mâle est armée de deux cornes (2). Quelques autres , mais dont les cinq derniers articles sont seuls perfoliés , et forment une petite massue , composent aussi un genre propre , celui de Pentaphylliis (5).

D'autres Insectes de cette tribu , dont les antennes vont en grossissant et sont presque entièrement perfoliées, se distinguent des Diapères et des Phaléries parla forme linéaire de leur corps , et leur corselet en carré long ou presque cylindrique. Tels sont :

Les IIypophlées. (Hypophlteus. Fab. — Ips, Oliv.) On les trouve sous les écorces des arbres (4).

(1) Les unes , par leur forme alongée , se rapprochent des Ténébrioiis. Les articles intermédiaires des antennes sont presque obconiques, et les quatre derniers forment une massue perfoliée. La tête des mâles est cornue. Ualman a figuré une espèce de cette division (Phaleria furcifera, Analect . entom. iv). Fischer (Entom. de la Russ. II , xxu, 5) en a représenté une autre. Les Trogosites taurus^quadricornis, vacca de Fabricius, sont de cette division.

D'autres ont le corps ovale, déprimé, et les antennes très perfoliées; tels sont les Ténébrions culinaris, rctuaus, chysomelinus, impressiis , nilidulus, de cet auteur.

Les espèces de ces deux divisions forment le G. nlonia de Mégerle et Dejean. Celles dont le corps et plus arrondi , en forme d'ellipsoïde court ou même hémisphérique , dont les six ou sept derniers articles des antennes sont presque globuleux , sont , pour Dejean , des Phaléries. Le Ténébrion c«c?at'eri?iMS de Fab. est dece nombre.

Une espèce (5eco/or) du cap de Bonne-Espérance, et de cette division, se distingue des précédentes par les palpes maxillaires termines par un article proportionnellement plus grand , en forme de hache , et par ses antennes , dont les quatre derniers articles sont seuls globuleux.

Une autre (P('//oiV/es) , propre au Sénégal, se rapproche des Peltis de Fabricius et des Cossyphes par sa forme aplatie. Ses antennes ne sont presque pas perfoliées , la plupart de leurs articles , et même le dernier , étant en forme de cône renversé.

(2) Les Trogosites cornuta, maxillosa, de Fabricuis , pourraient , à raison des différcnces que présentent , dans les deux sexes, les mandibules, former un sous-genre propre. Le T.ferniginca du même, paraît aussi en constituer un autre, à raison de ses antennes terminées brusquement en massue perfoHce de trois articles, et dont les précédents sont très petits et grenus.

(3) roycz le Catalogue de Dejean et Dabi, et , quant aux autres espèces, Fabricius, Olivier et Gyllenhal.

(4) Hypophlœus caslanevs , Fab.; Tan?,. Fann. Tnsecf. Gcrm.XII, \ô,—II.Uncnris ,

Là , les antennes, dont l'insertion est à nu , ou très peu recouverte , se terminent brusquement par une grande massue ovale ou ovoïde, perloliée , de quatre articles au moins , et dont le second , dans ceux où elle est formée de cinq , est très petit. Le corps est ovoïde ou presque hémisphérique , convexe.

Les Trachyscèles (Trachyscelis. Latr. , Dej.)

Ont des antennes guère jilus longues que la tête , terminées en une massue ovoïde, de six articles j toutes les jambes larges et triangulaires, propres à louir, et le corps court , presque hémisphérique le plus souvent ; ils s'enterrent dans le sable des bords de la mer (1).

LesLÉioDES, (Leiodes, Latr. — Anisoloma, Illig. , Fab.)

Dont le corps est pareillemelit court et bombé ; mais dont les antennes , de la longueur de la tête et du corselet , se terminent par une massue ovale, de cinq articles , dont le second plus petit. Les jambes sont étroites , alongées ou peu dilatées; les quatre antérieures au moins sont épineuses (2).

Les TÉTRATOMES (Tetratoma. Herbst. , Fab.)

Ont le corps un peu plus alongé que les précédents, ovoïde, moins élevé en dessus, toutes les jambes étroites et sans épines , et les antennes de la longueur de la tête et du corselet, terminées en une massue ovalaire, de quatre articles (5).

Tantôt les antennes , toujours terminées en une massue perfoliée , de cinq ou trois articles , et dont les précédents sont presque en l'orme de cône renversé ou un peu dilatés au côté interne , en manière de dent, sont arquées ou un peu courbes. Le corps est ovoïde, très inégal en dessus , ou profondément ponctué et strié sur les élytres. Le corselet est déprimé latéralement , et les bords de ce limbe marginal sont dentelés; il est séparé postérieurement de chaque côté, jîar un écart ou vide remarquable. Les palpes sont filiformes , ou légèrement plus gros à leur extrémité , ainsi que dans les Phaléries et les Diapères. La tête des mâles est souvent cornue. On les trouve aussi dans les champignons des arbres ; ils forment le genre

D'Elédone (Eledona) de Latreille , ou celui de Boletophagus de Fabricius et de la plupart des autres naturalistes.

Ziégler, et après lui le comte Uejean , n'y comprennent que les espèces dont les antennes ont une massue formée par les cinq derniers articles, et dont les précédents sont un peu en dent de scie (4).

Celles où les trois derniers seuls forment la massue , et dont les précédents sont presque en forme de cône renversé , sans saillie interne , composent le genre Coxéle (Coxelus.) (5)

Fab. ; Panz. ibtd. YI, 16 ]—H. fasciatus, Panz. ibid. VI, 17;-H. hicolor, Fab.; Panz. ibid. XII , 14 ; — H.pini , ibid. LXVII, 19. Dufour n'a trouvé dans lesHypophlées et les Elédones que quatre vaisseaux biliaires; il y en a six dans les Diapères.

(1 ) Latr. Gêner. Crust. et, Insect. IV , p. 379.

(2) Latr. ibid. II, p. 180 ; — les Anisotomes hmnerale , axillaro , caslaneicm , orbiculare, picetim, ferrugineum, de Gyllenhall { Insect. Suec. I, u, p. 557 et suiv. )-

(ô) Latr. Gêner. Crust. et Insect. II , p. 180 , et I , ix , 10. ^oyez Fab. et Gyllenhall.

(4) f^oijez le CataL delà coll. deDejean, pag. 68; mais rapportez au G. coxelus mon Eledona spinosula.

(5) Ibid. pag. 67. Les Cis paraissent, dans un ordre naturel, se rapprocher de ces Insectes.

Noire seconde Iribu des Taxicornes, les Cossypiiènes {Cossijphenes)^ est foi mée d'Insectes analojjues, parla forme générale du corps . aux Peliùde Fabricius, à plusieurs Nititules et Cassides ; il est ovoïde ou subhémisphérique, débordé dans son pourtour, par les côtés, dilatés et aplatis en manière de limbe ou de marge, du corselet et des ély très : la tête est tantôt entièrement cachée sous ce corselet, tantôt reçue ou comme emboîtée dans une échancrure antérieure de cette partie du corps ; le dernier article des maxillaires est plus grand que les précédents et en forme de hache.

Cette tribu se composera du'genre

Des CossYPHES. (CossYPHus. Oliv. , Fab.)

Les uns ont le corps aplati , en forme de bouclier, de consistance solide, et les antennes terminées en une massue de quatre à cinq articles ; ils sont propres à l'ancien continent , ou bien à la Nouvelle-Hollande. Tels sont ;

Les CossvPHES propres. (Cossyphus, Oliv., Fab.)

Dont le corselet, presque demi-circulaire, ne présente antérieurement aucune écliancrure , et cache entièrement la tète ; dont les antennes sont courtes et se terminent brusquement en une massue ovale, de quatre articles, la plupart transversaux; le second de tous et les suivants sont presque identiques.

Ces Insectes habitent les Indes orientales , la partie méridionale de l'Europe et le nord de TAfrique (1).

Les HÉLÉES (Hel/eus. Latr. , Kirb.)

Ont la tête engagée dans une profonde échancrure , ou dans une ouverture médiane du corselet , et découverte , du moins en partie , supérieurement. Les antennes, de la longueur au moins de ces deux parties du corps réunies, se terminent presque graduellement en une massue étroite , alongée , formée par les cinq derniers articles , dont le dernier ovoïde , et les précédents en forme de toupie; le second de tons est plus court que le troisième. Ces Insectes sont propres à l'Austrasie (2).

Les autres, dont la tête est toujours découverte et simplement reçue dans une entaille profonde du corselet , ont le corps presque hémisphérique, bombé, mol ou de consistance peu solide, le corselet très court , et les antennes presque de la même grosseur partout et grenues; ils sont propres à TAmérique méridionale, et ressemblent, au premier coup d'œd , aux Coccinelles et à diverses espèces d'Erotyles. Tels sont :

Les NiLioNS. (NiLio. Latr.) (5).

(1) Latr. Gen. Crust. et Insect. II , p. 4.

(2) Cuv. Règne animal , III , pag. 301 , IV , xai , G ; — Helœns Brownii , Rirb. Liiui. Trans. XII , sxni, 8.

(3) Latr. Gener. Crust. et Insect. II , p. 108 , et 1 , x^ 2 ; /Egithtis viarginatus , Fab. Foycz Germ. Insect. Spcc. nov. p. 162.

La troisième famille des Coléoptères Hétéromères .^ celle Des Sténélytres (Sténélytra.)

Ne diffère de la précédente que par les antennes qui ne sont ni grenues ni perfoliées , et dont l'extrémité , dans le plus grand nombre, n'est point épaissie. Le corps est le plus souvent oblong, arqué en dessus , avec les pieds alongés , ainsi que dans beaucoup d'autres Insectes. Les mâles , aux antennes et à la grandem^ près, ressemblent à leurs femelles. Ces Hétéromères sont généralement beaucoup plus agiles que les précédents ; plusieurs se tiennent cachés sous les vieilles écorces des arbres ; on rencontre la plupart des autres sur les feuilles ou sur les fleurs. Linnseus en a rapporté le plus grand nombre à son genre Tenebrio; il a dispersé les autres dans ceux de Necydalis , Chrysomêla, Ceramhyx et Cantharis. Dans la première édition de cet ouvrage , nous avons réuni ces Hétéromères en Lm seul genre , celui d'HÉLOPS (^e/ops); mais l'anatomie, tant intérieure qu'extérieure, nous indique qu'on peut partager cette famille en cinq tribus, se rattachant à autant de genres, savoir ; les Hélops deFabricius, ses Cistèles, ses Dircées, les OEdémères et les Myctères d'Olivier. Nous savons de Dufour , qu'à l'égard des vaisseaux biliaires , dont l'insertion est cœcale , ou celle des postérieurs, cette insertion ne s'effectue pas dans les deux genres, comme dans les premiers et les autres Hétéromères précédents, par un tronc commun, mais par trois conduits, dont l'im simple, le second bifide et le troisième à trois branches. Les OEdémères lui ont offert des vaisseaux salivaires. Leur tête est plus ou moins rétrécie et prolongée antérieurement en forme de museau, et le pénultième article des tarses est toujours bilobé, caractères qui semblent rapprocher ces Insectes des Coléoptères Rhynchophores. Sous le rapport du canal digestif et de plusieurs considérations, les Hélops et les Cistèles avoisinent les Ténébrions; mais les Cistèles ont le ventricule chylifique lisse, les mandibules entières, et vivent généralement sur les fleurs ou les feuilles, ce qui les distingue des Hélops. La plupart des Dircées ont la faculté de satiter, et le pénultième article de leurs tarses, ou de quelques-uns au moins, est bifide; quelques-unes vivent dans les champignons, les autres dans le vieux bois. Ces Insectes se lient d'une part avec les Hélops et de l'autre avec

Les G. Euslrophc et Orchésie , que nous avions placés dans cette famille , font maiiile- I nanl pailie de la suivante.

les OEdémèics , el encore mieux avec les Nolhiis , sous-genre de la même tribu : tels sont les principes d'après lesquels nous nous sommes diri(jés dans le partage de celte famille.

Les uns ont les antennes rapprochées des yeux et la tête point prolongée en manière de trompe et terminée au plus par un museau fort court. Ils composeront nos quatre premières tribus. Ceux de la première , ou les Hélopiens ( Helopii) , ont les antennes recouvertes à leur insertion par les bords de la tète , presque filiformes ou un peu plus grosses vers leur extrémité , généralement composées d'articles presque cylindriques . amincis vers leur base, dont les avant-derniers souvent un peu plus courts, en forme de cône renversé, et dont le terminal ordinairement presque ovoïde; le troisième est toujours alongé. L'extrémité des mandibules est bifide 5 le dernier article des palpes maxillaires est plus grand , en forme de triangle renversé ou de hache ; les yeux sont oblongs, en forme de rein ou échancrés. Aucun des pieds n'est propre pour le saut; le pénultième article des tarses , ou du moins des derniers , est presque toujours entier ou point profondément bilobé; les crochets du bout sont simples , ou sans fissures ni dentelures ; le corps est le plus souvent arqué en dessus et toujours de consistance solide. Les larves qui nous sont connues, sont filiformes, lisses, luisantes, et à pattes très courtes, ainsi que celles des Ténébrions; on les trouve dans le vieux bois : c'est aussi sous les vieilles écorces des arbres que se lient l'Insecte parfait. Cette Iribu répond en majeure partie au genre des Hélops. (Helops) de Fabricius.

Les uns ont le corps presque elliptique , très arqué , ou très convexe, en dessus, avec les antennes de la longueur au plus du corselet, comprimées et dilatées en manière de dents de scie , vers leur extrémité , le corselet transversal, plan en dessus, soit trapézoïde et s'élargissant postérieurement, soit presque carré , et les élytres souvent terminées en pointe ou par une dent. L'extrémité postérieure de l'avant-sternum fait une petite saillie pointue , qui est reçue dans une échancrure , en forme de fourche , du mésosternum .

Dans ceux-ci , le menton est large et cache l'origine des mâchoires. Le milieu de l'extrémité postérieure du corselet s'avance du côté de l'écusson, en manière d'angle. Tels sont ;

Les Epitrages. (Epitracus. Lalr. ) (1). Dans les autres , le menton ne recouvre point la base des mâchoires , el le bord postérieur du corselet est droit ou se dilate peu en arrière.

(1) Lalr, Gêner. Ciust. et Iiisect. II , p. 183, el I , x , 1. Les mâchoires sont onsuicu-

Les Cnodalons (Cnodalon. Lalr.)

Où , à partir du cinquième article, les antennes sont fortement comprimées et bien dentées en scie, et dont la tête est notablement plus étroite que le corselet (1).

Les Campsies. (Campsia. Lepell. et Serv. — Camaria des mêmes.)

Où les antennes sont légèrement, et à commencer au sixième article, dentées en scie; et dont la tête est aussi large que le bord postérieur du corselet. Le corps est d'aiilcurs proportionnellement plus long , moins bombé, avec le corselet plus large postérieurement (2).

Dans tous les autres Ilélopiens , le mésosternum ne présente point d'écbancrure notable, et l'extrémité postérieure de Tavant-sternum ne se prolonge point en pointe.

Ici le corps est tantôt ovoïde ou ovalaire , tantôt plus oblong , mais rétréci aux deux bouts; il n'est jamais cylindrique ou linéaire, ni très aplati. On a formé quelques sous-genres avec quelques Hélopiens, se rapprocbant des premiers par leur corps très renflé et comme gibbeux postérieurement.

Ceux dont le corps est presque ovoïde ou court, avec le corselet transversal, plan ou simplement courbé, composent les sous-genres suivants.

Les Sphénisques. ( Spheniscus. Kirb.)

Que l'on prendrait au premier aspect pour des Erotyles , et qui ont, comme les précédents, les derniers articles des antennes dilatés intérieurement, en manière de dents de scie, et le corselet plan (3).

Les AcANTHOPES. ( AcANTHOPUS. Még. , Dcj . ) *

Plus courts et plus arrondis que les Spbénisques, avec les antennes simples, terminées par un article plus grand et ovoïde, les cuisses antérieures renflées et dentées, du moins dans l'un des sexes, et les jambes presque linéaires , à éperons très petits ou presque nuls ; les antérieures sont arquées (4).

Les Amarygmes. (Amarygmus. Daim. — Cnodalon, Helops, Chrysomela, Fab.)

Voisins des Acanthopes, ayant aussi les antennes simples , mais filiformes, et dont les cuisses antérieures ne sont ni renflées ni dentées. Toutes les jambes sont droites et terminées par des éperons très sensibles (5).

Ices comme celles des Mélasomes. Ce sous-genre, ainsi que les deux suivants, est propre à l'Amérique méridionale.

(l)Latr. Gêner Crust. et Inscct. II , p. 182,et I,x,7.

(2) Encyclop. mélhod. article Sphénisque. Lepelletier et Scrville ne donnent que dix articles aux antennes des Caniaries , caractère qui les distinguerait des autres Hélopiens ; mais nous eu avons compté dislinctement onze dans divers Ilélops du Brésil , qui nous paraissent très rapprochés de la C. nitida , qu'ils citent. Nous avons cru , jusqu'à ce que nous ayons vérifié, sur les individus soumis à leur examen, celte anomalie, devoir réunir ces deux sous-genres. Outre le Cnodalon irroratum de Germar, cité dans cet article, rapportez au même sous-genre les Toxiques gcniculatinn. et nigripes de ce savant.

(ô) Spheniscus erotyloides, Kirb. Linn. Trans. XII , xxu, 4; Encyclop. méthod. article Sphéntsquo. Les Hélops suhiralis et geniculatus de Germar font le passage de ce sousgenre aux Hélops proprement dits.

(4) Hélops denltpes, Panz. Ross. ; — Hélops denttpes , Fab.;'autre espèce, mais des Indes orientales.

(5) Daim. Anal. Entom. pag. 60. Rapportez encore à oc sous-genre VHelops citer de Fabricius.

Ceux , où lo corselet est renlîé en dessus, ovoïde et tronqué aux deux bouts, plus étroit dans toute sa longueur que Tabdomen , avec les antennes simples, grossissant vers le bout, et toutes les jambes étroites , longues et courbées ou a'rquées , sont , pour Kirby ,

Des Sph/ïkotf.s. (Sph/euotus.) (1) Le même savant comprend sous la dénomination générique de Adélie, (Adelium. — CaIosoj7ia, Fab.)

Des Hélopiens à forme ovale, avec le corselet plus large que long, presque orbiculaire , échancré en devant , tronqué à Fautre bout, dilaté et arqué latéralement; et les antennes presque filiformes et dont la plupart des articles sont presque en forme de cône renversé. Ces Insectes se trouvent plus spécialement à la Nouvelle-Hollande (2).

Les espèces dont le corps est ovale-oblong, insensiblement arqué et convexe, ou presque droit en dessus , avec les antennes simples , soit filiformes , soit un peu plus grosses vers le bout, surtout dans les femelles , et le corselet presque carré ou en forme de cœur alongé et tronqué postérieurement , forment deux autres sous-genres (3).

Les Hélops proprement dits. (Helops. Fab. )

La plupart des aj'ticles des antennes sont presque en forme de cône renversé , ou cylindriques et amincis à leur base. Le corselet est transversal , ou à peine aussi long que large, soit carré ou trapézoïde. soit en forme de cœur , rétréci brusquement postérieurement, terminé par des angles pointus , et toujours appliqué exactement contre la base des élytres (4).

Les L^ENES. (L^NA. Még. , Dej. — Helops, Fab. — Scaurus, Sturm.)

Leurs antennes sont généralement composées, au moins dans les femelles, d'articles courts , en forme de toupie ; le dernier est plus épais que les précédents et ovoïde. Le corselet est presque en forme de cœur tronqué, élevé ou convexe en dessus , séparé de TalDdomen par un écart notable , avec les angles obtus ou arrondis. Les cuisses , surtout les antérieures , sont renflées (5).

Les derniers Hélopiens ont le corps alongé , étroit, presque de la même largeur partout (6), et soit épais et presque cylindrique, soit très déprimé. Le corselet est presque carré , ou presque en forme de cœur tronqué.

Ceux dont le corps est assez épais , presque cylindrique ou linéaire , avec le corselet presque carré, sans rétrécissement postérieur, forment deux sousgenres.

(1) Sphœrolus cttrvipes, Rirb. ibid. XXI , 15.

(2) Àdclium calosomoides ,lL\Th. Linn. Trans.XII , xxu , 2.

(5) Les deux ou quatre tarses antérieurs sont dilatés et velus en dessous , dans plusieurs mâles.

(4) Les Helops cœruleus , lanipes , carahoides , de Fab. ; les Helops arborcus, gracilis de Fischer (Entom. delà Russ. II, xxii , 4 ,5) , et plusieurs autres espèces exotiques. J'y

rapporte aussile Catops flavipcs du premier, qui, ainsi que son Helops obliquatus semble faire le passage des Amarygmes à VH. caraboides.

(5) Lœna pimelia, Dej. Catal. ; Helops pimeliu , Fab. ; Scaurus vieunensts, Sturm. ; Lwna pulchella , Fisch. Entom. de la P»uss. II, xxu , 8 ; var.?

(0) Un peu plus ctioit en devant.

Les Sténotrachèles ( Stenotrachelus. — Dryops , Payk.)

Onl la télé alongée, rétrécie postérieurement, presque en manière de col ; les antennes terminées brusquement par trois articles plus courts et un peu plus gros ; le troisième est beaucoup plus long que les suivants (1).

Les Strongylies. (Strongyhum. Kirb. — Ejusd. Stenochîa. — Helops, Fab.)

Dont la tête n'est ni alongée ni rétrécie postérieurement, et dont les derniers articles des antennes (un peu plus dilatés) ne dilTèrent pas brusquement des précédents ; le troisième est seulement un peu plus long que le suivant (2).

Ceux dont le corps est aplati, avec le corselet rétréci postérieurement, presque en forme de cœur tronqué , composent le dernier sous-genre, celui des

Pythes. ( Pytho. Lat. , Fab. ) ,

Les antennes vont à peine en grossissant ou sont filiformes, avec le dernier article presque conique j le troisième n'est guère plus long que le précédent et les suivants.

Quelques espèces, propres au Brésil, se rapprochent beaucoup des Pythes; mais le second article est notablement plus court que le troisième , et les angles du corselet sont aigus , au lieu d'être arrondis ou obtus , comme dans ce sousgenre (5).

La seconde Iribu, celle des Cistélides {Cistelides), est infiniment voisine de la précédente, mais l'insertion des antennes n'est point recouverte ; les mandibules se terminent en une pointe entière ou sans écliancrure; les crochets des tarses sont dentelés inférieurement en manière de peigne • plusieurs de ces Insectes vivent sur les fleurs. Le canal digestif est plus court que celui des Helops , et le ventricule chylifique n'offre aucune papille.

Cette tribu forme le genre

Des CisTÈLEs (CisTELA. Fab.)

Les unes ont tous les articles des tarses entiers. Le dernier des palpes maxillaires est simplement un peu plus grand. , en cône renversé ou triangulaire.

Ici le corselet est épais , plus étroit que l'abdomen , presque orbiculaire ou pi'csque en forme de cœur. Les antennes sont plus grosses vers leur extrémité. Les cuisses sont en massue.

(1) Dryops œnea, Payk. ; Calopus œneus Gyll. ; OEdcmcra œnea , Oliv. ; VAgiiathus tlecoratusde Gerrnar. (Faun. Insect.Europ. faso. Xn,fig. 4), dont j'ai trouvé un individu près de Brives , département de la Corrèze , me paraît se rapprocher beaucoup des Sténotrachèles. Le Scotodes Huinmeliide Fischer (Entom. delaRuss. II, xxii,7) est, à ce que je présume, congénère, et se rapproche beaucoup de la première espèce.

(2) Strongylium chalconahim , Kirb. Linn. Trans.XII, xxi , 16; — Stenochîa rufipes , ibid. XXII, 5, Foyez aussi les Pe/o/js splejididus, aurichalceus , azureus, interstiHaiis, flaviertis , luteicornis, livibatus , de Gerrnar.

(ô) Foyez Fab. System. Eleutli. II, p. 93; Latr. Gêner. Crust. et Insecl. II, p, 193 j Schœnh. Synon. Insect, I, lu, p. 55 ; Fiscli, Entoin. de la Russie, II , xxn , 1. T. m. 4

Les Lystroniques. (Lystronicus. Lalr.) (1)

Là , le corselet est déprimé , trapézoïde , de la largeur de rabdomon au bord poslérieur , ou guère plus étroit. Les antennes sont filiiormes ou légèrement plus grosses vers le bout.

Les CiSTÈLES propres (Cistela. Fab.)

Ont la lêle avancée en manière de museau, le labre guère plus large que long, la plupart des articles des antennes , soit en l'orme de cône renversé , soit de triangle, dilatés même en dents de scie ; le dernier est toujours oblong. Le corps est ovoïde ou ovalaire.

La C. Céramboïde {Chrysomela ceramboides , Lin. ; Oliv., Col. III, 54, i, 4), qui pourrait, à raison de ses antennes, dont les trois premiers articles sont plus courts que les suivants, et de la forme dentée de ceux-ci , constituer un sous-genre propre , est longue de cinq lignes, noire , avec les étuis d'un jaune roussâtre et striés. Le corselet est presque demi-circulaire. Sa larve vit dans le tan des vieux chênes et y subit ses transformations.

La C. jaune-citron {Chtysomela sulphiœea, Lin. ; Oliv. , ibid. , 1 , G) a une forme plus alongée que la précédente. Elle est longue de quatre lignes , d'un jaune citron, avec les yeux noirs. Les étuis sont striés. Les antennes sont simples. Très commune en France, sur dil'férentes lleurs , et particulièrement sur celles de la mille-feuille (2).

Les BIycétochares, (Mycetochares, Jj&I. — M/celophila , Gyll., Dcj. — C/jtela, Fab.)

Dont la tête ne s'avance point en manière de museau ; dont le labre est très court, transversal et linéaire; et où la plupart des articles des antennes sont courts , presque en forme de toupie ; le dernier est ovoïde. Le corps , surtout dans les mâles , est étroit et alongé. Les mâchoires et la lèvre sont molles (5).

Les autres ont le pénultième article des tarses bilobé ; et le dernier des palpes maxillaires très dilaté, en forme de hache. Le corps est généralement plus oblong.

Les Allécules. (Allécula. Fab.) (4).

La troisième tribu , celle des Serropalpides [Serî^opalpides) (5) est remarquable, ainsi que raiinoncelelymologie de ce nom, par les palpes maxillaires, qui sont souvent dentés en scie, fort grands et inclinés. Les antennes sont insérées dans une échancrure des yeux , à nu , comme dans la tribu précédente, et le plus souvent courtes et filiformes. Les mandibules sont échan-

(1) Helops equcsMs , Fab. et quelques antres du Brésil ; — Hclops columbinus, Germ. ; — Notoxus helvolus, Daim.

(2) royczLah-. Gêner. Crust. etinsect. II, p. 225; Oliv. Col. ibid. ; Scliœnli. Synon. Insect. I , II, p. 532 et suiv.

(ô) roycz Gyll. Insect. Suec. I, n, p. 541 ; Latr. ibid. p. 180; Hclops barhntus. La dénomination de Mycetophila ayant été employée par Bleigen , j'ai cru devoir lui substituer celle de Mycetochares,

(4) Les Allécules contracta, geniculata , de Germar (Insect. spec. nov. p. 1C5, 1G4), ont les tarses anlcrienrs très dilatés.

(ï)) Scciiripalpcs , Fam. nat. du Règn. anim. L'expression do Serropalpides est préférable, parce qu'elle rappelle le genre Scrropa/pus ^ qui fait partie de cette tribu.

crées ou bifides à leur extrémité et les crochets des tarses sont simples. Le corps est presque cylindrique dans les uns, ovalaire dans les autres , avec la tête inclinée et le corselet trapézoide ; l'extrémité antérieure de la tête n'est point avancée, et les cuisses postérieures ne sont point renflées , caractères qui les distinguent de plusieurs Hétéromères de la tribu suivante. Le pénultième article des tarses, ou des quatre antérieurs au moins, est le plus souvent bilobé, et dans ceux où il est entier, les pieds postérieurs au moins sont propres pour sauter; ils sont alors longs , comprimés , avec les tarses menus , presque sétacés et dont le premier article alongé; les antérieurs sont souvent courts et dilatés.

Cette tribu a pour type le genre

DiRCÉE (Dirc^a) de Fabricius.

Les uns, en petit nombre, ont les antennes terminées en massue. Tels sont :

Les Orchésies. (Orchesia. Latr. — Dircœa, Fab.)

Les palpes maxillaires sont terminés par un article en forme de hache. Les pieds sont propres pour le saut j le pénultième article des quatre tarses antérieurs est bifide (1).

Les autres ont les antennes filiformes.

Ceux-ci ont des pieds propres à sauter, le corps ovale ou ovoïde , les antennes toujours courtes, presque cylihdriques , les palpes maxillaires simplement un peu plus gros à leur extrémité , mais point terminés par un article en forme de hache, et tous ceux des tarses entiers.

Les EusTROPHES. (EusTROPHus. Illig. — Mycetophagus , Fab.)

Leur corps est ovoïde, avec le corselet large, échancré en devant, et les angles postérieurs prolongés; les antennes plus courtes que lui, les quatre jambes postérieures médiocrement alongées et terminées par deux longs éperons (2).

Les Hallomènes (Hallomenus. Payk. — Dircœa , Fab.)

Ont le corps plus alongé , ovalaire , des antennes plus longues que le corselet, et les jambes postérieures longues , grêles , avec deux éperons très courts au bout (3).

Ceux-là ont ordinairement le corps étroit et alongé , les palpes maxillaires terminés par un article en forme de hache , et le pénultième article des tarses , ou des quatre antérieurs au moins, bilobé.

Tantôt les antennes sont épaisses et composées d'articles courts , en forme de cône renversé ou de toupie.

(1) Lalr. Gener. Crust. et Insect. II , pag. 194. Scliasnh. Synoii, Insect. I , m, p. 51,

(2) Mycetophagus dennestoides, Fab.; de la Coidaire en a rappoilé du Brésil une autre espèce.

(ô) FoycvGylleiihulijIiisecl.Suec. I, n, p. 52G.

Dans quelques-uns , tels que les deux sous-genres suivants , le corps est ovalaire, avec le corselet transversal ou presque isométrique , et s'élargissant de devant en arrière.

Les DiRGKEs propres. (Dirc-ea, Fab. — Xylita, Payli.)

Dont les palpes maxillaires ne sont point dentés en scie , et où le dernier article est plus avancé au côté interne que les précédents. Le corselet s'abaisse insensiblement sur les côtés. L'écusson est très petit (1).

Les MÉLANDRYES. (Melandria. Fab.)

Où les palpes maxillaires sont évidemment dentés en scie , les extrémités internes du second et du troisième article étant prolongées en pointe , et de niveau avec le quatrième ou le dernier. Le corselet est brnsquenaent déprimé latéralement, vers les angles postérieurs, avec le bord postérieur sinué. L'écusson est de grandeur ordinaire (2).

Dans le sous-genre suivant, le corps est étroit, presque linéaire. Le corselet forme un carré long , rétréci postérieurement.

Les Hypules. (Hypulus. Payk. — Dircœa, Fab.)

Les antennes sont plus longues que dans les précédents , un peu perfoliées , avec les articles plus séparés. Les trois derniers des palpes maxillaires Tonnent, réunis , une massue ovalo (3).

Tantôt les antennes sont menues, composées d'articles alongés , presque cylindriques. Le corps est long , étroit , avec l'abdomen alongé.

Les Serropalpes. (Serropalpus. Hellw. , V&^k. — Dircœa, Fab.)

Le corps est de consistance ferme , avec les palpes maxillaires fortement dentés en scie , le corselet aussi long au moins que large , les quatre tarses postérieurs longs ; tous les articles des deux derniers sont entiers ou sans divisions sensibles (4).

Les Conopalpes. ( Conopalpus. Gyll.)

Le corps est mou , avec les palpes maxillaires peu dentés en scie , le corselet transversal , et les tarses médiocrement alongés ; le pénultième article est bilobé à tous (5).

La quatrième tribu, celle des OEdémérites {OE démérites)^ se lie avec les précédentes par plusieurs caractères, comme d'avoir les antennes insérées , à nu et près des yeux, les mandibules bifides à leur extrémité, le pénultième article des tarses bilobé et les palpes maxillaires terminés par un article plus grand ,

(1) Fotjez Gyllenhal, Insect. Suée. I, ii, p. 516, moins les espèces qu'il nomme Bifasciata et Quercina (voyez, ci-après Hypule), et Fuscula ( voyez Scraptie).

(2) Ihid. p. 5âô, à l'exception de la M. riificoliis {Dircœa ruficollis, Fab.), qui me paraît devoir se rapporter au sous-geure Conopalpe.

(3) Dircœa bifasciata, Gyll. , Insect. Suec. I, u , p. 522 ; — ejusd. D. quercina, ibid. p. 52Ô.

(4) Ibid. p. 514 ;Lafr. Gêner. Crust. et Insect. II. p. 192, etl,ix,12.

(5) Gyll. ibid. p. 547; Dejean , Catal. p. 70.

COLEOPTERES. 29

en forme de triangle renversé ou de hache 5 mais si l'on en excepte les Nothus, rapprochés par la forme et la largeur du corselet et quelques autres signalements, de quelques Hétéromères de la tribu précédente, et cependant distincts de ceux-ci par leurs cuisses postérieures très renflées et les crochets refendus de leur tarses, les OEdémérites présentent un ensemble de caractères qui ne permet pas de les confondre avec les autres Hétéromères. Le corps est alongé , étroit , presque linéaire , avec la tête et le corselet un peu plus étroits que l'abdomen; les antennes sont plus longues que ces parties , en scie dans quelques {Galopes) , filiformes ou sétacées , et composées d'articles presque cylindriques et longs , dans les autres ; l'extrémité antérieure de la tête est plus ou moins prolongée , en forme de petit museau , et un peu rétrécie en arrière, avec les yeux proportionnellement plus élevés que dans les Hétéromères précédents ; le corselet est au moins aussi long que large , presque carré ou presque cylindrique et un peu rétréci en arrière ; les élytres sont linéaires ou rétrécies postérieurement en manière d'alêne et souvent flexibles. Ces Insectes ont des rapports avec les Téléphores et avec les Zonilis. Léon Dufour a reconnu dansles OEdémères l'existence de deux vaisseaux salivaires (1) très simples , flexueux et flottants, ainsi que celle d'une panse formée par un jabot latéral, muni d'un cou ou pédicelle. Ce sont les seuls Coléoptères où il l'ait observée. Les OEdémérites se trouvent sur les fleurs ou sur les arbres. Leurs métamorphoses sont inconnues.

Ces Hétéromères seront compris dans un seul genre, celui des

Œdémères (Œdemera. Oliv. )

Les uns , dont les antennes sont toujours courtes , insérées dans une ëchancrure des yeux et simples ; dont les cuisses postérieures sont renflées, du moins dans l'un des sexes , ont le corselet de la largeur de la base de l'abdomen , plus large que la tète, et les crochets des tarses bifides.

Les NoTHus. (NoTHus. Ziégl. , Oliv. — Osphya, Illig. — Dryops , Schœnh. )

Les palpes maxillaires sont terminés par un grand article en l'orme de hache alongée. Les pieds postérieurs sont dans l'un des sexes très gros, avec une forte

(1) Les Mordellones présentent le même caractère. Peut-être faudrait-il , dans une série plus naturelle , placer les Hories , qui ont aussi les cuisses postérieures renflées , immédiatement après les Zonitis et lesSitaris; passer ensuite aux OEdémérites et aus Mordellones , et terminer les Hétéromères par les Notoxes ou les Jntichiis de Fabricius , Insectes qui se lient évidemment avec les Mordellones, au moyen des Scrapties. Dans mon Gêner. Crust. et Insect. j'avais placé les OEdémérites à la fin de la même section. Les Rhœbus de Fischer , quoique Télramères , ont do grands rapports avec les Nolhus et les OEdémères. LesXylophiles , pareillement Tétrauièrcs , sont cependant très rapprochés des Notoxes,

«lent cl deux pellls éperons en dessous, près du Ijoutinlerne de leurs jambes. Ija tète n'est point prolongée en devant (1).

Peut-être faudrait-il, dans un ordre naturel, placer ici les Rhœbus de Fischer. (f^ofez la famille des llhyncophores. )

Les autres, dont les antennes sont toujours plus longues que la tète et le corselet, dont les pieds sont le plus souvent presque de la même grosseur, ont le <:orselet plus étroit que la base de l'abdomen et un peu rétréci en arrière , et les crochets des tarses entiers.

Les Galopes. ( Galopes. Fab. — Cei^ambyx , De G.)

Dont les pieds postérieurs sont , dans les deux sexes , de la grosseur des autres, ou peu différents; et dont les antennes sont insérées dans une échancrure des yeux , en scie , avec le second article beaucoup plus court que le suivant , en forme de nœud et transversal (2) .

Les Sparèdres. (Sparedrus. Mégerl., Dej. — PccUhts? Fisch.)

Semblables aux Galopes , par les pieds et Tinsertion des antennes ; mais où ces derniers organes sont simples , avec le second article , en forme de cône renversé , comme le suivant , et de la moitié au moins de sa longueur (5j.

Les Dytiles. (Dytilos. Fisch. — Helops, Dryops , Necydalis , Fab. — OEdemera, Oliv. )

Ayant encore les pieds de la même grosseur ou peu différents dans les deux sexes , mais dont les antennes , toujours filiformes , sont insérées au-devant des yeux. Les élytres ne sont point rétrécies brusquement vers leur extrémité , en manière d'alêne (4).

Les OEdémères. (OEdemera. Oliv. — Necydalis, Dryops, Fab.)

Où les cuisses postérieures sont très renflées dans l'un des sexes , dont les antennes sont ordinairement longues et plus menues vers leur extrémité , et dont les élytres se rétrécissent brusquement en arrière (5).

La cinquième et dernière tribu des Sténélytres, celle des Rhyn- CHOSTOMES [Ryiwhostoma) ^ se compose d'Insectes dont les uns, tels que les premiers, tiennent évidemment, par l'ensemble de leur rapport, des OEdémères^ et dont les autres paraissent appartenir, dans l'ordre naturel , à la famille des Porte-Bec ou Rhynchophores. La tête est notablement prolongée en devant, sous la forme d'un museau alongé ou d'uiaetiompe aplatie, portant à sa base , et en avant des yeux qui sont toujours entiers ou sans échancrure, les antennes.

(1) Olivier, Encyclop. mélhod. article iVof/tt/s. A^oi/es Schœnh. Synon. lusect. I, ni, app. p. 8.

(2) Ccdopus serralicornis , Fab. ; Oliv. Col. IV, 72, I, 1.

(3) Calopus tcslaccus, Schœnh. Synon. Insect. I, m, p. 4-11 ]—Pcdihis fuscus^Yiscli. Enlom. de la Russ. I , iv.

(4) Dijtilus hclopioides , ibid. I , v , 1 ; — D. tuf us , ibid . 2 , et les OEdémères à cuisses simples d'Olivier.

(15) Les OEdémères d'Olivier à cuisses postérieures renflées et à élytres subulées. Voye:^ rEiicyclop. mélhod., uiliclc OEdémcrc.

Ces Insectes formeront un seul genre, celui des ■

Myctères (Mycterus.)

Tantôt les antennes sont filiformes et le museau n'est point élargi au Lout ; le corselet est rétréci en devant , en forme de cône tronqué ou de trapèze ; la languette est échancrée , et le pénultième article des tarses est bilobé. Ces Insectes se trouvent sur les fleurs, habitude qui est indiquée par le prolongement soyeux du lobe terminant leurs mâchoires.

Les Sïi^iNOSTOMES (Stenostoma. Lat. , Charpent. — Leptura, Fab.)

Ont le corps étroit, avec le corselet en forme de cône tronqué et alongé; les élytres flexibles, étroites, alongées et rétrécies en pointe; les antennes composées d'articles cylindriques et longs, les palpes maxillaires terminés par un article guère plus épais que les précédents , presque cylindrique (1).

Les Myctères propres (Mycterus, Clairv. , Oliv. — Bruchus , Rhinomacer, Fab. — Mylabrls , Schœff. )

Ont le corps ovoïde, de consistance solide, coloré par un duvet soyeux, avec le corselet trapéziforme ; l'abdomen est carré , long , arrondi postérieurement 5 les antennes sont composées d'articles ayant pour la plupart la forme d'un cône renversé , et dont le nombre paraît être de douze , le onzième ou dernier étant brusquement rétréci et allant en pointe; les palpes maxillaii-es sont terminés par un article plus grand, en forme de triangle renversé (2).

Tantôt les antennes sont terminées en une massue alongée, formée par les trois à cinq derniers articles ; le museau esc très aplati , avec un angle saillant de cbaque côté , avant l'extrémité ; le corselet est en forme de cœur tronqué , rétréci postérieurement; la languette est entière; tous les articles des tarses sont entiers.

Ces Insectes vivent sous les écorces des arbres, et paraissent , dans l'ordre naturel, se placer près des Anthribes de Fabricius , qui les a confondus avec eux. Le corps est déprimé avec la trompe un peu pointue en devant, et les tarses courts. Les palpes sont plus gros à leur extrémité.

Us forment le sous-genre

Rhinosime. (Rhinosimus. Latr. , Oliv. — Curculio, Lin., De G. — Anlhribits ,

Fab. )

Illiger l'avait désigné sous la dénomination de Salp'mgus. Quelques entomologistes ont adopté l'une et l'autre , mais en restreignant génériquement celle ci aux espèces dont la massue antennaire est de trois articles, et en appliquant celle de Rhinosime à celles ovi celte massue est de quatre à cinq articles (5).

(1) OEdemera roslraia , Latr. Gêner. Crust. et Insect, II, p. 229 ; Stenostoma rostratum , Charpent. Horae entom. ix, 8, S. variegatum , ibid. 6; S, variegata, Geim. enlom. Insect. Spec.nov. p. 167.

(2) Latr. Gêner. Crust. et Insect. 11 , p. 230, G. rhinomacer. Voy. Olivier. Eneyclop. mclliod. article Mijctère.

(3) Foyez Latr. Gêner. Crust. et Insect. II , p. 251 ; Olivier, Col. et Eneyclop. méthoJ. Dejean, Calai, p. 77, etGyll. Insect. Suec. I , n, p. C40, et III, p. 715.

Noire seconde division (générale et quatrième famille des Co-

LÉOPTÎÎFiES HÉTÉROMI: RES , Ccllc

Des Trachélides , (Trachelides) ,

A la tête triangulaire ou en cœur , portée sur une sorte de col ou de pédicule formé brusquement , et en-deçà duquel elle ne peut, étant aussi large ou plus large, en ce point, que le corselet, rentrer dans sa cavité intérieure^ le corps est le plus souvent mou , avec les élytres flexibles , sans stries, et quelquefois très courtes , un peu inclinées dans d'autres. Les mâchoires ne sont jamais onguiculées. Les articles des tarses sont souvent entiers et les crochets du dernier bifides.

La plupart vivent, en état parfait , sur différents végétaux, en dévorent les feuilles , ou sucent le miel de leurs fleurs. Beaucoup, lorsqu'on les saisit, courbent leur tête et replient leurs pieds comme s'ils étaient morts ; les autres sont très agiles.

Nous partagerons cette famille en six tribus , formant autant de genres.

La première, celle des Lagriaires {Lagriaricé)^ a le corps alongé, plus étroit en devant, avec le corselet, soit presque cylindrique ou carré , soit ovoïde et tronqué ; les antennes insérées près d'une échancrure des yeux , simples , filiformes ou grossissant insensiblement vers le bout, le plus souvent et du moins en partie grenues , et dont le dernier article plus long que les précédents dans les mâles ; les palpes plus épaissis à leur extrémité, et le dernier article des maxillaires plus grand, en triangle renversé ^ les cuisses ovalaires et en massue ; les jambes alongées, étroites, et dont les deux antérieures au moins arquées ; le pénultième article des tarses bilobé , et les crochets du dernier sans fissure , ni dentelures.

Nos espèces indigènes se trouvent dans les bois , sur divers végétaux , ont le corps mou, les élytres flexibles , et , de même que les Méloës, les Cantharides^ font semblant d'être mortes lorsqu'on les prend.

Cette tribu est formée du genre Des Lagries (Lagru. Fab. — Chnjsomela. Lin. — Canthciris. Geoff.)

Les espèces dont les antennes vont en grossissant sont, en tout ou en partie , presque grenues, avec le dernier article ovoïde ou ovalaire, dont la tête est peu avancée en devant , prolongée et arrondie insensiblement

COLEOPTERES. 55

en arrière , dont le corselet est presque cylindrique ou carre, composent notre genre Lagrie proprement dit (1).

Celui que j'ai nommé Statyre [Statijra) est formé d'espèces semblables , au premier coup d'oeil, aux Agrès, de la famille des Coléoptères Pentamères carnassiers. Ici les antennes sont filiformes, composées d'articles presque cylindriques, et dont le dernier fort long, allant en pointe. La tête est prolongée en avant, fortement et brusquement rétrécie derrière les yeux. Le corselet est longitudinal , ovalaire et tronqué aux deux bouts. L'extrémité suturale des élytres se termine en une dent ou épine (2).

Nous rapporterons avec doute à la même tribu notre genre Hémipèple (flemipeplus , Famill. natur. du Règne anim., p. 398) , dont les antennes sont filiformes, presque grenues, courtes et coudées, avec les second et troisième articles plus courts que les suivants ; dont le corps est linéaire , déprimé, avec la tête en forme de cœur, un peu plus large postérieurement que le corselet ; les yeux entiers, ovales ; le corselet en carré long , un peu plus étroit postérieurement; les élytres tronquées au bout , et ne couvrant point l'extrémité postérieure de l'abdomen. Les palpes maxillaires sont saillants et termines par un article plus grand et triangulaire. Les pieds sont courts. Ce genre n'appartient point aux Tétramères , ainsi que je l'avais d'abord pensé, mais aux Hétéromères. Le pénultième article des tarses est bilobé. J'ai établi cette coupe sur un Insecte trouvé en Ecosse , dans une boutique, et qui m'avait été communiqué par le docteur Leach.

La seconde tribu , celle des Pyrochroïdes [Pyrochroides) , se rapproche de la précédente, quant aux tarses, l'alongement et le rétrécissement antérieur du corps, mais il est aplati, avec le corselet presque orbiculaire ou trapézoide. Les antennes , dans les mâles au moins , sont en peigne ou en panache ; les palpes maxillaires sont un peu dentés en scie et terminés par un article alongé presque en forme de hache ; les labiaux sont filiformes; Tabdomen est alongé, entièrement couvert parles élylres, et arrondi au bout.

Ces Hétéromères que l'on trouve au printemps dans les bois, et dont les larves vivent sous les écorces des arbres, forment le genre

Des Pyrochres ou Caudinales. (Pyrochroa. GeofF. , Fab., Dej. — Lampyris , Lin.)

Des espèces à antennes presque aussi longues que le corps dans les mâles et jetant de longs .filets barbus ; dont les yeux, dans les mêmes individus , sont grands et rapprochés en arrière ; dont le corselet est en cône tronqué

(1) Voyez Fabiicius, Olivier, Latieille et Scliœnher

(2) Voxjci l'Encyclop. méthod. article Statyre.

OU trapézoïdc; enfin, dont le corps est proportionnellement plus étroit, plus alongé, ainsi que les pattes , composent le genre

Des Dendroïdks. ( Dendroides. Latr. — Poffonoceriis , Fisch. ) (1)

Celles dont les antennes sont simplement peclinées et plus courtes , dont les yeux sont écartés, et dont le corselet est presque orbiculaire et transversal, sont

Des Pyrochres proprement dites. (Pyrochroa.) (2).

La troisième tribu, celle des Mordelloines [Moî^dellonce) , n'offre, quant à la forme des arlieles des tarses et de leurs crochets , ni quant à celle des antennes et des palpes , aucun caraclèie commun et constant. Mais il est facile de distinguer ces Insectes des autres Hétéromèies de la même famille, par la conformation générale de leur corps. Il est élevé, arqué, avec la tête basse ^ le corselet Irapézoide ou demi circulaire, les élylres soit très courtes , soit rétrécies et finissant en pointe , ainsi que l'abdomen. A l'égard des antennes, plusieurs de ces Insectes se rapprochent des Pyrochroides : d'autres , par leurs mâchoires , les crochets des tarses et leurs habitudes parasites , avoisinent les Némognathes, les Sitaris, sous-genres de la dernière tribu de cette famille ; mais ils s'éloignent des uns et des autres par leur extrême agilité et la consistance ferme et solide de leurs téguments.

Linnaeus en a fait son genre

Des MORDEILES. (MORDELLA.)

Les uns ont les palpes presque de la même grosseur partout. Les antennes des mâles sont très pectinées ou en éventail. L'extrémité des mandibules n'offre point d'échancrure. Les articles des tarses sont toujours entiers, et les crochets du dernier sont dentelés ou bifides. Le milieu du bord postérieur du corselet est toujours fortement prolongé en arrière et simule l'écusson. Les yeux ne sont pas échancrcs. Les larves de quelques-uns de ces insectes [Ripiphores) vivent dans les nids de certaines Guêpes.

Les RiPiPHORES. (RiPiPHORts. Bosc. Fab.)

Ont les ailes étendues, dépassant les élytres qui sont de la longueur de Tabdomen , les crochets des tarses bifides, les antennes insérées près du bord interne des yeux , pectinées des deux côtés dans les mâles , en scie , ou n'ayant

(1) J'avais établi ce genre sur un Insecte du Canada, qui faisait partie de la Collection de Bosc. et se rapprochait beaucoup du Fyrochroa flahellata de Fab. Fischer a formé la même coupe généri(pie, sous la dénomination de Pojjonocère , d'après une seconde espèce (Z'/ior«cJCMs) découverte dans la Russie méridionale. La figure qu'il en a donnée dans les Mémoiresdes naturalistes de Moscou a été reproduite dans le premier volumede son Enlom. de la Russie , fiontispice du titre des genres des Insectes.

(2) Voyci Geoffroy, De Géer , Fabricius , Latreillc , Scliœidicrr , etc.

COLÉOPTÈRES. ô3

<|iriia seul rang de dénis coiirles , dans l'autre sexe. Le lobe lerminanl les mâchoires est très long, linéaire et saillant, et la langui-lte pareillement alongée est prolbndément bifide.

Quelques naturalistes ont trouvé dans les nids de la guêpe commune plusieurs individus vivants du Ripipliore Paradoxal, d'où l'on a inléré qu'ils y avaient vécu sous la forme de larve. Cependant , d'après une observation de Farines , communiquée à Dejean (Ann. des scienc. nalur. VIII, 21 i) , la larve du R. à deux taches vivrait et se métamorphoserait dans la racine de l'£'?7'«y/i<MCrtwpe*<r<? (1).

Les Myodites (3Iyodites. Latr. — Ripidius. Thunb. — Ripiphorus. Oliv. Fab. etc.)

Ont encore les ailes étendues; mais les élytres sont très courtes, en forme d'écaillé tronquée ou très obtuse au bout. Les crochets des tarses sont dentelés en dessous. Les antennes sont insérées sur le sommet de la têle, bien pectinées dans les deux sexes (sur deux côtés et formant un panache dans les mâles, sur le côté interne dans les femelles). Les mâchoires sont peu prolongées. La languette est alongée et entière (2).

Les PÉLOCOTOMES (Pelocotoma. Fisch. — Ripiphofus, Payk. Gyll.)

Se rapprochent des Myodites par les crochets dentelés en scie de leurs tarses; mais les ailes sont recouvertes par les élytres. Les antennes, insérées au-devant des yeux , n'ont qu'un seul rang de dents ou de filets dans les deux sexes. L'écusson est très apparent. Les mâchoires ne font point de saillie. La languette est échancrée (3).

Dans les autres , les ailes sont toujours recouvertes par des élytres prolongées jusque près de l'extrémité de l'abdomen et allant en pointe. Le bord postérieur du corselet n'est point ou peu lobé. L'abdomen des femelles est terminé en manière de queue, pointue au bout. Les yeux sont ({uelquefois échancrés. Les palpes maxillaires sont terminés par un grand article , en forme de hache ou de triangle renversé. L'extrémité des mandibules est échancrée ou bifide. Les antennes , même dans les mâles , sont au plus dentées en scie.

Les MoRDELLES propres ( Mordella. Lin. , Fab. )

Ont les antennes de la même grosseur partout, un peu en scie, dans les mâles ; tous les articles des tarses entiers , et les crochets des derniers offrent en dessous une ou plusieurs dentelures. Les yeux ne sont point échancrés.

Léon Dufour a observé dans la Mordelle à bandes, deux vaisseaux salivaires flottants , plus longs que le corps. Les vaisseaux hépatiques n'ont point d'insertion cœcale , caractère exceptionnel dans cette section.

La M. à tarière ( M. aculeata , Lin. ; Oliv. , Col. III, 64 , 1,2), longue de

deux lignes, noire , luisante , sans taches , avec un duvet soyeux; tarière de

la longueur du corselet, et au moyen de laquelle l'Insecte enfonce ses œufs

dans l'intérieur des cavités du vieux bois (4).

(1) Voyez le nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle , second édit. article Rtpiphore.

(2) Ibid. article Mijode.

(3) Ibid. article Pélocotome ; Fisch. Entom. de la Russie , II , xxxvn , 9. Le Brésil en fournit plusieurs espèces.

(4) Ajoutez les espèces suivantes d'Olivier: /rtscj'a^a, duodectm-punctata, oclo-piinctala, ahdominalis. Foyez aussi Fischer, Entoni. de la Russie, II, xxxvni, fig. 3, 4. Son genre Ctenojms (ibid. lab. ead. fig. 1), paraît faire le passage des Pélocolomes aux Mordelles. Les antennes sont simples ; le labre est bifide; les mandibules sont fortes et arquées; les palpes maxillaires sont très longs et presque filiformes; tous les articles des tarses sont entiers, et les crochets du dernier sont pectines.

Les Anaspes ( Anaspis. Geoff. — Mordella, Lin., Fab.)

Se dislingiient des précédents par les antennes , qui sont simples et vont en grossissant, réchancriire de leurs yeux , et par leurs quatre tarses antérieurs, dont le pénultième article est bilobé. Les crochets du dernier sont entiers et sans dentelures sensibles (1).

La quatrième Iribu, celle des Aisthicides [Anthicides) j nous présente des antennes simples ou légèrement en scie , filiformes ou un peu plus grosses vers le bout, dont la plupart desarlicles sont presque en cône renversé et presque semblables , à l'exception du dernier (et quelquefois aussi des deux précédents) , qui est lui peu plus grand et ovalaire ; des palpes maxillaires terminés en massue en forme de hache; des tarses à pénultième article bilobé ; un corps plus étroit en devant, avec les yeux entiers ou faiblement échancrés; le corselet tantôt en ovoïde renversé , rétréci et tronqué postérieurement et quelquefois divisé en deux nœuds, tantôt demi-circulaire. Quelques-uns de ces Insectes se trouvent sur diverses plantes; mais le plus grand nombre vit à terre. Us courent avec beaucoup de vitesse. Leurs larves sont peut-être parasites.

Ils composeront le genre

NoToxE ou CuccLLE. ( NoToxcs ) dc GcofiFroy. Les ScRAPTiES, (ScRAPTiA. Latr. — Serropalpus , Illig. )

Qui, à raison de leur corselet presque demi-circulaire et transversal, de leurs antennes insérées dans une petite échancrure des yeux, filiformes et à articles presque cylindriques , se distinguent facilement de tous les autres Insectes de cette tribu. Leur port a une grande analogie avec celui des Mordelles , des Cistèles , etc. (2).

Les Stéropes. (Steropes. Stev. — Blastanus , Hoffm.

Où les antennes se terminent par trois articles beaucoup plus longs que les précédents, et cylindriques (5).

Les NoToxES propres , ( Notoxus. Geoff. , Oliv. — Anthicus , Payk. , Fab, )

Dont les antennes grossissent insensiblement et se composent presque entièrement d'articles en forme de cône renversé ; et où le corselet est en forme d'ovoïde renversé , rétréci et tronqué postérieurement , ou divisé en deux nœuds globuleux.

(1) Fischer , ibid. ; Anaspis frontalis, tab. ead. fig. 5 y—lateralis, fig. Q-^—thoracica, fig. 7 ; — flava, fig. 8.

(2) Lati. Gêner. Crust. et Insect. II, p. 195.

(3) Steropes caspius, Stev. Mém. des natur. de Moscou, 1 , 166 , x , 9, 10 ; Fisch. Entom. de la Russ. II , xxn , 6 , Schœnh. Synon. Insect. I , ii , p. 54.

Quelques espèces, comme le JV. uni corne , ( Hfeloë Monoceros, Lin. j Oliv., Col. III, 51 , 1, 2 ), ont une corne avancée sur le corselet. Le corps est long de deux lignes , d\in Cauve clair, avec deux points à la base de chatiue élytre et une bande transverse, se recourbant vers la suture, noirs; la corne est dentée. Parmi celles dont le corselet n'a point de dilatation en ibrme de corne , il en est d'aptères (1).

Les deux dernières tribus de la famille et de la section des Hétéromères nous offrent quelques caractères communs, tels que d'avoir les mandibules terminées en une pointe simple, les palpes filiformes ou simplement un peu plus gros à leur extrémité , mais jamais en massue en forme de hache , l'abdomen mou, les élytres flexibles, épipastiques ou vésicantes dans la plupart; tous les articles des tarses, quelques-uns exceptés, entiers, et dont les crochets sont généralement bifides. En état parfait, ils sont tous herbivores; mais plusieurs d'entre eux sont parasites sous leur première forme ou celle de larve.

Les HoRiALES {Horiales)^ composant la cinquième tribu , diffèrent de la suivante par les crochets , qui sont dentelés et accompagnés chacun d'un appendix en forme de scie. Ces Insectes ont les antennes filiformes , de la longueur au plus du corselet , le labre petit, les mandibules fortes et saillantes, les palpes filiformes, le corselet carré et les deux pieds postérieurs très robustes, du moins dans l'un des sexes.

Des observations consignées dans le quatorzième volume des Mémoires de la société linnéenne de Londres nous font connaître les métamorphoses de l'Horie tachetée , Insecte des Antilles et de l'Amérique méridionale; sa larve fait périr celle d'une espèce de Xylocope {Teredo ; X. 3ToriOj Fab.), qui perce les troncs secs des arbres et y place ses œufs , à la manière des autres Xylocopes ou Abeilles charpentières. L'auteur du Mémoire soupçonne que la larve de ce Coléoptère se nourrit des provisions destinées à l'autre, et que celle-ci, en conséquence, meurt de faim.

Cette tribu se compose du genre

HoRiE. (Horia) de Fabricius.

Ces insectes habitent les contrées Intra-Tropicales de l'Amérique méridionale et des Indes orientales. Une espèce de ces dernières contrées s'éloigne de toutes les autres par sa tête , qui est plus étroite que le corselet, et à raison des cuisses postérieures, qui sont très renflées, caractère qui ne

(1) f^otjez Oliv. Coléopt. elEncIop. Mélhod.; Schœnh. ibtd. VOdacantha trispuslulala de Fabricius , est un Notoxe.

convient peut-être qu'à l'un des sexes. Elle est le type de mon genre Cissites (1).

La sixième el deriiièrelribu,celle des CantuaridiesouVésicaints (C«>iM«reV//«?), se distingue de la précédente par les crochets des tarses, qui sont profondément divisés, et paraissent comme doubles.

La tête est généralement grosse , plus large , et arrondie postérieurement. Le corselet est ordinairement rétréci en arrière, et se rapproche de la forme d'un cœur tronqué; il est presque orbiculaire dans d'autres. Les élytres sont souvent un peu inclinées latéralement ou en toit très écrasé et arrondi. Ces insectes contrefont les morts lorsqu'on les saisit, et plusieurs font alors sortir par des articulations de leurs pattes ime liqueur jaunâtre , caustique et d'une odeur pénétrante , dont les organes qui la sécrètent n'ont pas encore été observés.

Diverses espèces Ç3IeloeSj, Mylabres, Canthar ides) sont employées à l'extérieur comme vésicatoires , et à l'intérieur comme un puissant stimulant; mais ce dernier usage est très dangereux.

Cette tribu est formée du genre

Méloé, (Meloe) de Linnocus.

Qu'on a divisé en plusieurs autres. Des observations anatomiques de Léon Dufour, et des recherches très intéressantes de Bretonneau , médecin à Tours , sur la propriété épipastique des Insectes de cette tribu et de plusieurs autres Coléoptères , nous permettent de disposer ces coupes génériques dans un ordre naturel , qui dififère peu de celui que nous avions déjà adopté. Celui-ci a reconnu que les Sitaris ne jouissaient point de cette propriété , et l'autre observateur n'a trouvé dans ces Hétéromères que quatre vaisseaux biliaires , au lieu de six que lui ont offert les autres Insectes de cette tribu. Les Sitaris ressemblent d'ailleurs aux Zonitis par tout l'ensemble de l'organisation, et ceux-ci sont contigus aux Cantharides. Ces insectes occupant donc l'une des extrémités de cette tribu , il devient facile , par l'étude comparée des autres rapports, de poursuivre cette série, et d'en atteindre l'autre extrémité : elle est en harmonie avec les changements progressifs de la forme des antennes.

Dans les deux sexes des ims, elles ne sont composées que de neuf articles ^ dont le dernier très grand , en forme de tête (2) ovoïde ; celles des mâles , ainsi que leurs palpes maxillaires , sont très irrégulières. Le corps est déprimé. Tels sont :

Les Ckrocomes. ( Cerocoma. Geoff. Schœff. Fab.)

Ces insectes paraissent vers le solstice d'été , et souvent en grande abon-

(1) l^rtî/esLatr. Gêner. Crust. el Insect. II, p. 211 ; Fabricius, Olivier , Schœnherr , ul le volume précité des Mémoires la Soc. linnéenne.

(2) Tous les Insectes de cette tribu, à antennes en massue, ou plus grosse» vers le boul , «ont étrangers à l'Auslralasie el à l'Amérique.

COLEOPTERES. 59

tlance clans le même lieu ; on les trouve sur les fleurs et particulièrement sur celles de la camomille des champs , de la millefeuille , etc.

La C. de Schœffer {Meloë Schœfferi, Lin. ; Oliv. Col. III , 48, i , 1 , verte ou d'un vert bleuâtre, avec les antennes et les pieds d'un jaune de cire (1).

Dans tous les autres , les palpes sont identiques et réguliers dans les deux sexes. Les antennes ont communément onze articles, et lorsqu'elles en offrent un ou deux de moins , elles se terminent régulièrement en massue. Le corps est assez épais, avec les étuis un peu inclinés.

Dans ceux-ci, les antennes, toujours régulières et grenues dans les deux sexes, ne paraissant composées, quelquefois, que de neuf ou dix articles (2) , et jamais guère plus longues que moitié du corps, tantôt se terminent en une massue arquée, ou sont sensiblement plus grosses vers leur extrémité , et tantôt forment, à partir du second article , une tige courte , cylindrique ou presque en fuseau.

Ces Insectes composent le genre Mylabre de Fabricius.

Ceux où les deux ou trois derniers articles des antennes se réunissent, dans les femelles au moins , et forment une massue assez brusque , épaisse et ovoïde, ou en forme de bouton , dont l'extrémité ne dépasse pas le corselet, et où le nombre total des articulations distinctes de ces organes n'est alors que de neuf à dix, forment le sous-genre

Hyclée. ( Hycleus. Latr. — Dices, Dej. — Mylabris^ Oliv. (3)

Ceux où les mêmes organes , proportionnellement plus longs , offrent dans les deux sexes onze articles bien distincts et bien séparés , vont en grossissant , ou ne se terminent que graduellement en une massue alongée , et dont le onzième ou dernier article , bien séparé du précédent , plus grand et ovoïde , sont

Les Mylabres proprement dits. '(3Iylabris. Fab. , Oliv., Latr.)

Les longueurs respectives des antennes varient un peu , et ces modifications ont une influence sur la forme de leurs articles , des intermédiaires principalement. Ces considérations paraissent avoir déterminé 3Iégerle (Dejean, Catal. de sa Collect. de Coléopt.) cà former de quelques espèces le genre Lydus; mais deux de celles {Algir^icus , Trlmaculatus ) qu''il y fait entrer nous ont offert un caractère moins incertain et plus tranché : la division inférieure des crochets de leurs tarses est dentelée eu peigne , tandis qu'elle est simple dans les autres Mylabres.

Le M. de la chicorée {M. chicoril. Lin. ), d'Olivier, (Col. III, 47, I, a, b, c, d,e, )est long de six à sept lignes, noir, velu, avec une tache jaunâtre presque ronde, à la base de chaque élytoe, et deux bandes de la même couleur , transverses et dentées, l'une près de leur milieu , et l'autre avant le bout. Les antennes sont entièrement et constamment noires. J'ai quelquefois trouvé cette espèce aux environs de Paris, mais elle est bien plus commune dans le midi de la France et les autres contrées méridionales de l'Europe. Ses propriétés vésicantes sont aussi énergiques que celle de la Cantharide des boutiques, et on l'emploie même à sa place, ou mêlée avec elle , en Italie. Les Chinois se servent du M. pustule (Oliv., ibid., I 1 f. et 11,10, b.) (4).

(1) Foyes Latr. Gêner. Crust. et Insect. II , p. 212; Olivier, Fabricius , Schœnherr, et Fischer, Entoin . de la Russie , II , xLi , 1 , 2 , 3,4.

(2) Les deux ou trois derniers paraissent se confondre ou s'unir intimement , du moins dans les femelles , car les articulations de la massue sont plus distinctes dans l'autre sexe.

(ô) Blylabrt's impunclata , Oliv. Encyclop. méthod. ; — M. argenfata , Fab.j — ejusd. ./]/. lunaia; — M. Bilbergii , Schceuh.

(4) Foijaz , quant aux autres espèces , rarticle Mylabre de l'Encyclop. méthod. ; la Sy-

Les OEnas (OEnas. Lalr., Oliv. Meloe, Linn. — Lytla, Fab.)

Semblent faire le passage des Mylabrcs aux Hétéromères suivants. Leurs antennes, dont la longueur ne dépasse guùre celle du corselet, sont presque de la même grosseur partout. Le premier article est presque en massue et en l'orme de cône renversé immédiatement après le suivant, qui est très court • la tige fait un coude et lorme un corps cylindrique ou en fuseau , composé d'articles courts , serrés , transversaux , à Texceplion du dernier , qui est conoïde (1).

Les autres Hétéromères de la même tribu ont les antennes toujours composées de onze articles bien distincts , presque de la même grosseur partout, ou plus menues vers leur extrémité , et souvent beaucoup plus longues que la tête et le corselet. Elles sont irrégiilières dans plusieurs mâles.

Les MÉLOÉs propres (Meloe. Lin., Fab.)

Ont des antennes composées d'articles courts et arrondis , dont les intermédiaires plus gros, et quelquefois disposés dételle sorte que ces organes présentent , en ce point et dans plusieurs mâles , une échancrure ou un croissant. Les ailes manquent, et les étuis ovales ou triangulaires et se croisant dans une portion de leur côlé interne , ne recouvrent que partiellement l'abdomen , surtout dans les femelles , où il est très volumineux.

Suivant Léon Dufour, le jabot de ces Insectes peut être considéré comme un véritable gésier , étant garni intérieurement de plissures calleuses , comme anastomosées entre elles, et séparé de l'estomac ou ventricule chylifique , par une valvule formée de quatre pièces principales, résultant cbacune de l'adossement de deux cylindres creux , Iridentés en arrière. L'estomac est formé de rubans musculaires , transversaux , bien prononcés.

Ils se traînent à terre ou sur les plantes peu élevées , dont ils broutent les l'euilles. Ils font sortir par les jointures de leurs pieds une liqueur oléagineuse, jaunâtre ou roussàtre.

Dans quelques cantons de l'Espagne, on se sert de ces Insectes à la place de la Cantharide , et on les mêle avec elle. Les maréchaux en font aussi usage. On les regardait autrefois comme un spécifique contre la rage. J'ai soupçonné ( Mém. du Mus. d'Hist. nat. ) que nos Méloés sont les Buprestes des anciens , Insectes auxquels ils attribuaient des effets très pernicieux , et qui , suivant eux, faisaient périr les bœufs, lorsqu'ils les mangeaient avec l'herbe.

Le M. proscarnbée {M. proscarabœus , Lin.; Leach. , Lin. Trans. XI, VI , 6, 7 ) est long d'environ un pouce , d'un noir luisant, très ponctué , avec les côtés de la tête , du corselet , les antennes et les pieds tirant sur le violet. Les étuis sont finement ridés. Le milieu des antennes du mâle est dilaté et forme une courbe.

Au rapport de De Géer, la femelle pond dans la terre un grand nombre d'œufs, réunis en tas. Les larves ont six pieds, deux filets à l'extrémité postérieure du corps , s'attachent à des Mouches et les sucent. Kirby pense que c'est un Insecte aptère ou parasite, qu'ilnomme Pou de la Mélitte, et j'ai d'abord partagé cette opinion. Walckenaer a présenté, dans son Mémoire pour servira l'Histoire naturelle des Abeilles solitaires, du genre Halicte ,

iiouymie des Insectes de Schœnlierr elFisch. Entom. de la Russie, II , xli , et xl, 5-8; mais celte synonymie, malgré la belle Mono{;i;iphie de Bilberg, sollicite un nouvel oxamen.

(1) Foyez Latr. Gencr. Cnist.et InsecL,lI , p. 219, et I , x, 10; et l'article OEnas de TEncyclop. méthod.

tous les faits relatifs à ce sujet de controverse. J'en ai aussi parlé depuis , à l'article Mélo/; du nouv. Dict. d'Hist. nat. Le même Insecte est le type du genre Triongulin , de Dufour ( Ann. des Se. nat. , XIII, ix, B. ) , déjà mentionné dans notre exposition des Insectes de Tordre des Parasites. Mais les nouvelles recherches de Lepelletier et Servile, qui ont isolé plusieurs (emelles et obtenu de leurs œufs , des larves tout-à-fait semblables à celles que De Géer à décrites, ou des Triongulins, ne permettent plus de douter qu'elles ne soient celles des Méloés. Nous savons que plusieurs Hétéromères déposent leurs œufs dans les nids de divers Apiaires. Ne serait-il pas possible qu'il en fût de même des Méloés , et que leurs larves vécussent en parasites sûr ces Apiaires , jusqu'à l'époque où ces Hyménoptères eussent assuré l'existence de leurs petits , et par contre-coup celle de leurs ennemis, qui se fixeraient alors dans leurs nids approvisionnés ?

Le M. mélangé ( 31. majcdis , Oliv., Panz. ; Leach. ibîd., 1 , 2 ) a les antennes régulières et presque semblables dans les deux sexes ; le corps mélangé de bronze et de rouge cuivreux j la tête et le corselet fortement ponctués ; les étuis raboteux et des bandes cuivreuses et transverses sur l'abdomen. On l'avait pris pour le 31. majalïs de Linnaeus, espèce qui se trouve en Espagne et dans le Roussillon (1). Tous les Hétéromères des sous-genres suivants sont munis d'ailes; et leurs

élytres, conformées à l'ordinaire, recouvrent longitudinalement le dessus de

l'abdomen.

Parmi ces sous-genres nous signalerons d'abord ceux où ces étuis ne sont

point rétrécis brusquement en manière d'alêne, vers leur extrémité postérieure,

et recouvrent entièrement les ailes.

Les Tétraonix ( Tetraonyx. Latr. — Apalus , Fab. — Lylla , Klug. )

N'ont point, ainsi que les Cantharides et les Zonitis ,^ les mâchoires prolongées et terminées par un filet soyeux , et courbé inférieurement. Le pénultième article de leurs tarses est échancré ou presque bilobé , et le corselet forme un carré transversal ; ces Insectes sont d'ailleurs très voisins des Cantharides et propres au nouveau continent (2).

Les Cantharides (Cantharis. Geoff., Oliv. — Meloe ^ Lin. — Lylla, Fab.)

Ont tous les articles des tarses entiers et le corselet presque ovoïde, un peu alongé , rétréci antérieurement, et tronqué postérieurement, ce qui les dislingue du sous-genre précédent. Le second article des antennes est beaucoup plus court que le suivant , et le dernier des maxillaires est sensiblement plus gros que les précédents. La tête est un peu plus large que le corselet. Ces caractères les éloignent des Zonitis. Les antennes des mâles sont quelquefois irrégulières et même demi-pectinées.

La C.des boutiques, {3Ieloe vesicatorius , Lin ; Oliv., Col. III, 46, I, 1, a, b, c), nommée aussi mouche d'Espagne , longue de six à dix lignes, d'un vert doré luisant, avec les antennes noires , simples et régulières.

Cet Insecte, bien connu par son emploi médical, a fourni à Victor Au-

(1) f^oijcz , pour les autres espèces la Monographie précitée du docteur Leach, celle de Mcyer, Fabricius, Olivier, etc. Le, il/, marginata de Fabricius est une Galéruqne.

(2) Lati'. Zool. et Anat. de Hunibold et Bonpiaiid , pi. xvi , 7; — Apalus quadrùiiaculaius , Fab. ; Lytta hiinactdata , Klûg. Spec. Entum. l>rasil. XLI , 10 ; — ejusd. Lytla sc.v- Qiittata; — ejusd, L. crassa , XLI , 12.

cloiiin , le sujet d'un excellent mémoire, inséré dans les Annales des sciences nalnrelles, (IX , p. 51, pi. xlii et xliii) ; il y expose, dans le plus {jrand détail, son analoniie , des différences sexuelles extérieures qu'on n'avait pas encore remarquées , son mode d'accouplement et ses préhules. Des figures, dessinées avec le plus grand soin, par Guérin , ajoutent un nouveau prix à ces faits intéressants.

Cet Insecte paraît, dans nos climats, vers le solstice d'été, et se trouve plus abondamment sur le frêne et le lilas, dont il dévore les feuilles; il répantl une odeur très pénétrante. Sa larve vil dans la terre et ronge les racines des végétaux. Aux Etals-Unis de l'Amérique, on emploie aux mêmes usages, l'espèce de Fabricius nomme Viltata , et qui se trouve en abondance sur la pomme de terre (1).

Les ZoNiTis ( ZoMTis. Fab. — Apalus , Oliv.)

Ont généralement des antennes plus grêles que les canlharides, et surtout dans les mâles ; la longueur de leur second article égale au moins la moitié de celle du suivant. Les palpes niaxillaircs sont filiformes, avec le dernier article presque cylindrique. La tête est un peu prolongée en devant et de la largeur du corselet. Ces Insectes se trouvent sur les fleurs (2).

Les mâles des deux sous-genres suivants nous présentent un caractère véritablement insolite : le lobe terminant leurs mâchoires se prolonge en une sorte de filet plus au moins long, soyeux et courbé. Tels sont :

Les Némognathes , (Nemocnathus. Latr. — Zonilis , Fab.)

Qui ont les antennes filiformes, avec le second article plus court que le quatrième ; le corselet presque carré , arrondi latéralement (5).

Les Gnathies. (Gnathium. Kirb.)

Où les antennes sont un peu plus grosses vers le bout, et dont le second article est presque aussi long que le quatrième. Le corselet est en forme de cloche et rétréci en devant (4).

Enfin , le dernier sous-genre de cette tribu , celui des

SiTABis ( SiTARis. Latr. — Jpnlus , Fab.)

Est remarquable par le rétrécissement brusque de l'extrémité postérieure des étuis , ce qui met à découvert une portion des ailes. Ces Insectes ressemblent d'ailleurs beaucoup aux Zonitis , et vivent de même, en état de larve, dans les nids de quelques Apiaires solitaires maçonnes. Dans les ^//w/?/^ proprement dits de Fabricius, les élytres sont un peu moins rélrécies, et les extrémités internes des articles des antennes sont un peu avancées ou dilatées, en manière de petites dents (5).

(1) Voyez Fabricius , Olivier, Schœnlierr -, TEntomographie de la Russie , de Fischer; le Spécimen entomol. brésil , de Rliig et Germar. ( Insect. Spec. nov. ).

(2) Les Zonitis de Fabricius , à l'exception des espèces du sous-genre suivant, frayez aussi l'article Jpale de l'Encyclop.mélhod.

(ô) Les Zonitis chrysoinvlina , rostraia et tittala , de Fab. Voy. Latr. Gêner. Crust. et Insect. II, p. 222.

(4) Gnatkium francilloni , Kiib. Linn. Trans. XII , xxii , G. D'après la forme des antennes et celle du corselet, ce sous-genre devrait venir immédiatement après celui de Cantharide. Il faudrait terminer la tribu par les Zonilis et les Sitaris.

(5) Voyez Latr. ihid. p. 221; Schœnh. Synon. Insect. I, u , pag. 341; — Apalus bimuculatus , Fab.

Lepelletier et Serville font mention, à l'art. Sitaris de l'Encyclop. mélh. d'un nouveau genre, Onyctcnus, voisin du précédent , mais dans lequel l'une des divisions des

La troisième section générale des Coléoptères , celle des Té- TRAMÈRES {Tetrcvmard) , renferme exclusivement ceux qui ont quatre articles à tous les tarses (1).

Ces insectes se nourrissent tous de substances végétales. Leurs larves ont ordinairement les pieds coints, et ils manquent même ou sont remplacés par des mamelons dans w\\ grand nombre. L'insecte parfaitse tient sur les fleius ou sur les feuilles des plantes.

Je diviserai cette section en sept familles. Les larves des quatre à cinq premières vivent, le plus souvent, cachées dans l'intérieiu* des végétaux, et sont généralement privées de pattes, ou n'en présentent que de très petites \ beaucoup d'elles en rongent les parties dures ou ligneuses. Ces Coléoptères sontles plus grands de la section.

La première famille , celle

Des Porte-bec ou Rhynchophores (Rhynchophora) (2) ,

Se distingue au prolongement antérieur de la tête , qui forme une sorte de museau ou de trompe.

crochets des tarses est dentelée. Des Lydns de Mégerle et Dejeaa nous ont offert, comme nous l'avons vu plus haut, le même caractère.

(1) Supposons que le premier article d'un tarse penlamère devienne très court, et que le suivant acquière en longueur ce que l'autre a perdu , le tarse deviendra tétramère. Il en résulte que quelques Insectes sont , sous ce rapport , équivoques.

(2) Depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, Gerniar et Schœnherr se sont spécialement occupés de cette famille , et y ont introduit un grand nombre de geu res. Il s'élève, sans parler des sous-genres , à cent quatre-vingt-quatorze, dans le livre que h: dernier a mis au jour en 18i2Gsur ces Insectes. Leur exposition sortirait d'autant plus de notre cadre , que nous serions forcés d'entrer dans une foule de détails très minutieux. Nous renverrons , pour ce sujet ,à notre article Rhynchophores du Dictionnaire classique d'histoire naturelle. Nous y avons présenté un tableau général de ces coupes, mais dans un nouvel ordre, et plus naturel , à ce qu'il nous semble. En Voici une esquisse dessinée à grands traits. Les Rhynchophores, que Schœnherr nomme Curculionites , se pai'lagent, selon que les antennes sont droites ou coudées, en deux grandes sections, les Recticorncs ou Orlhoccres, et les F raclicorncs ou Gonatocères. Les observations anatoniiques de Léon Dnfour semblent appuyer cette distinction. Les seconds offrent des vaisseaux salivaires , tandis que les premiers en sont privés. Ceux-ci forment quatre tribus, les Bruchèles j les Ànlhrihides , les AUelahidcs et les Brentidcs. Le labre et les palpes sont très visibles dans les deux premières; ces palpes sont filiformes ou plus gros à leur extrémité; ils sont très petils et coniques dans les deux autres tribus, ainsi que dans tous les Rhynchophores suivants. Les Fracticornes composent une cinquième tribu, celle des Charansoniles. Ils se divisent en Bréviroslres et Longirostres , qu'indique l'insertion des antennes. Dans les premiers, elles sont , à lein- origine, de niveau avec la base des mandibules, et en arrière ou plus près de la tête dans les autres. Les genres des Brévirostres sont distribués dans trois sous-tribus, savoir; les Pachyrhyncides , les Brachycérides et les Liparides , qui correspondent aux genres t'MrcM^tO; Brachyccrus cl Liparus d''0\ï\ie\., et dont la dernière comprend aussi ([uelqucs-uns de ses Lixus. La grandeur relative et la forme du menton, les mandibules , la présence ou l'absence des ailes , la direction des sillons latéraux delà trompe, ou plutôt du museau-trompe, où se loge en partie le premier article des antennes , la longueur de cet article , les proportions et la forme du corselet, el d'antres considérations 1res secondaires , fournissent les caractères de ces divers groupes. Les Charansonites Longirostres soûl partagés en deux coupes principales , d'après leurs

La plupart ont l'abcloinen gros et les antennes coudées , souvent en massue. Le pénultième article de leurs tarses est presque toujours bilobé. Les cuisses postérieures sont dentées dans plusieurs.

Les larves ont le corps oblong , semblable à un petit Ver très mou, blanc, avec une tète écailleuse, et sont dépourvues de pieds, ou nont à leur place que de petits mamelons. Elles rongent différentes parties des végétaux. Plusieurs vivent uniquement dans l'intérieur de leurs fruits ou de leurs graines, et nous causent souvent de grands dommages. Leurs nymphes sont renfermées dans une coque. Beaucoup de Rliynchophores nous nuisent même dans leur dernier état, lorsqu'ils sont nombreux dans des lieux circonscrits. Ils piquent les bourgeons ou les feuilles de plusieurs végétaux cultivés . utiles ou nécessaires , et se nourrissent de leur parenchyme.

Les uns ont un labre apparent, le prolongement antéi-ieur de leur tête court, large , déprimé, en forme de museau; des palpes très visibles, filiformes, ou plus gros à leur extrémité. Ils composent le genre

Des Bruches (Bruches) de Linuffus,

Qui se subdivise comme il suit :

Les espèces dont les antennes sont en massue ou très sensiblement plus grosses vers leur extrémité; dont les yeux n'ont point d''échancrure , et qui paraissent avoir cinq articles aux quatre tarses antérieurs, forment le sous-genre des RiiiNOSiMEs (Rhinosimus) , que nous avons placé d'après ce caractère, avec les hétéromères , mais qui par beaucoup d'autres avoisine le sous-genre suivant.

Celles qui , avec des antennes et des yeux semblables, n'ont que quatre articles à tous les tarses , dont le pénultième bilobé, rentrent dans celui des

Anthiubes. ( Anthribus) de Geoffroy et de Fabricius (1), auquel on peut joindre les Bkinomacer d''0]i\ier (2).

Ces insectes se tiennent, en général , dans le vieux bois. Quelqties autres vivent sur les fleurs.

habitudes et la composition des antennes. Dans les Phyîlophages , elles ont au moins dix articles , et les trois derniers au moins forment la massue qui les termine. Celles des Spermotopliagcs offrent tout au plus neuf articles , et dont le dernier ou les deux derniers au plus composent la massue. Les Phyllophages ont les pieds tantôt contigus à leur naissance, tantôt écarlés. Ceux où ilsse touchent se divisent en quatre sous-tribus : les Li.vides(LixuSf Fab.) les Rhynchœnides ( Rhyncliœnus , Oliv.), les Cionides (Cioiiii.i, Clairv.), et les Orchcstides ( Orchestcs , Illig. ). Les Spermatophages se partagent en trois coupes principales ou sous-tribus : les Calandrœïdes ( Calandra, Clairv. Fab. ) , les Cossonides (Cossonus, Clairv.) , et les Dnjophthorus , Schœnh. Bulbiter, Dej. ). Ceux-ci conduisent aux Ilylésines de Fabricius et autres Xylophages.

(1) Les Macrocrphales d'Olivier, Col. IV , 80 ; les Anthribcs; n»* 1-3 , de Geoffroy (les Anthrihes laliroslris , varias , scabrosiis, de Fab.).

(2) Oliv. Col. V, 87; les Rhinomaccr Icpluroidcs , alclaboides , de Fab. Le pénultième article des tarses n'est point renfermédans les lobes du précédent, ce qui, par opposition, tes distingue des Anlhribcs.

COLEOPTERES. 45

Les Bruches proprement dites (Brucuus, Fab., Oliv.) , ou les Mylahres de ' Geoffroy ,

Ont leurs antennes en forme de fil , souvent en scie ou en peigne , et les yeux échancrés.

L'anus est découvert et les pieds postérieurs sont ordinairement très grands. Les femelles déposent un œuf dans le germe , encore tendre et fort petit, de plusieurs plantes légumineuses ou céréales, des palmiers , du caféyer, et la larve s'y nourrit et s'y métamorphose. L'insecte parfait détache , pour sortir , une portion de l'épiderme , sous la forme d'une petite calotte. C'est ce qui produit ces ouvertures circulaires que l'on n'observe que trop souvent aux graines des lentilles , des pois, à celles des dattiers, etc. (1). L'insecte parfait se trouve sur les fleurs.

La B. du pois ( B. pisi, Lin. ) Oliv. , Col. IV, 79 , 1 , G , a , d , longue de deux lignes , noire, avec la base des antennes et une partie des pieds fauves ; des points gris sur les étuis ; une tache blanchâtre et en forme de croix sur l'anus.

Cette espèce est très nuisible, et a fait, dans certaines années, de grands ravages dans l'Amérique septentrionale (2).

Les Rhébes (Rh^bus ) de Fischer se distinguent des Bruches par leurs élytres flexibles , et les crochets bifides de leurs tarses (3).

Les Xylopiiiles (Xylophilus) de Bonnelli s'en éloignent par leurs palpes terminés en massue (4).

Les autres n'ont point de labre apparent ; les palpes sont très petits , peu perceptibles à la vue simple , de forme conique ; le prolongement antérieur de la tête représente un bec ou une trompe.

Tantôt les antennes sont à la fois droites, insérées sur la trompe, composées de neuf à douze articles.

Ceux où les trois ou quatre derniers articles sont réunis en une massue forment le genre

Des ÂTTELABEs ( Attelabus ) de Linnaîus, et plus particulièrement de Fabricius, ou celui des Becmares de Geoffroy.

Ils rongent les feuilles ou les parties les plus tendres des végétaux. Les femelles , pour la plupart , roulent ces feuilles en forme de tuyau ou de cornet , y fond leur ponte , et préparent ainsi à leurs petits une retraite qui leur fournit en même temps leur nourriture .

Les proportions de la trompe , la manière dont elle se termine , ainsi que les jambes et la forme de l'abdomen , ont donné lieu à l'établissement des quatre sous-genres suivants : Apodère , Attelabe, Rhynchite et Apion. Le premier est le plus distinct. La tête de ces Insectes est rétrécie en arrière , ou présente une sorte de cou, et s'unit avec le corselet par une rotule. Leur museau est court, épais, élargi au bout, caractère commun aux Attelabes proprement dits, mais dont la tête, ainsi que dans les deux autres sous-genres,

(1) Ces habitudes sont communes à quelques petites espèces d'Anthribes.

(2) Foyez, pour les autres espèces, Fabricius et Olivier, ihid. La D. rufipède de celui-ci, si commune aux environs de Paris , sur diverses espèces de réséda , forme le genre Urodon de Schœnherr. Les antennes se terminent par trois articles plus gros, formant luic massue.

(ô) Rhœhus Gchlcri , Fisch. Entom. de la Russ. II , 178 , xlvu , 1 . (4) Les Anlhicus popiihieus, octilatiis^ pijymœiis^ de Gyllenliall.

1 entre dans le corselet jusqu'aux yeux. Ici , le museau est alongé, en forme de trompe. Dans les Rhyncliites , il est un peu élargi au bout, et Tabdomeu est presque carré.

Le R. Bacchus {Rhynchites Bacchus, Herbst.; Oliv., Col. V, 81, ii, 27), est d'un rouge cuivreux , pubescent , avec les antennes et le bout de la trompe noirs.

Les larves de cette espèce vivent dans les feuilles roulées de la vigne, et l'en dépouillent quelquefois entièrement, dans les années où des circonstances ont favorisé leur multiplication. On la désigne, en quelques endroits de France , sous les noms de Lisette , Bêche, etc.

Le museau des Apions n'est point élargi à son extrémité et même se termine souvent en pointe. L'abdomen est très renflé (1).

On a formé avec des Rhynchophores très analogues aux Attelabes, mais dont le corps est plus étroit et plus alongé , les genres suivants :

Les Rhinoties , (Ruinotia. Kirb. — Belus , Schœnh.)

Dont les antennes vont en grossissant, sans former de massue, et dont le corps est presque linéaire (2).

LesEuRHiNEs, (EuRHiNus. Kirb.)

Où elles se terminent en une massue alongée , et dont le dernier article est fort long dans les mâles (3).

Les TuBicÈNES. (TuBicENus. Dej. — Auletes , Schœnh.)

• Où elles se terminent aussi en massue, mais perfoliée et à articles peu différents en longueur. L'abdomen est d'ailleurs en carré long , et non ovalaire , comme celui des Eurhines (4).

Ceux où les antennes sont filiformes, ou dont le dernier article forme seul la massue , où la trompe , souvent plus longue dans les raàles que dans les femelles et souvent autrement terminée , est toujours portée en avant , dont toutes les parties du corps sont ordinairement très alongées , et où le pénultième article des tarses est bilobé , forment le genre

Des Brentes. (Brentus, Fab. — Curculio. Lin.)

Ces Insectes sont propres aux pays chauds.

Les uns ont le corps linéaire et les antennes filiformes ou légèrement plus grosses vers le bout , de onze articles. Ce sont

LcsBrentes proprement dits. (Brentus.)

Stévcn en a détaché, sous le nom collectif et générique A'' Arrhenodes , des espèces à tête comme coupée derrière les yeux , à museau court et terminé par deux mandibules étroites et avancées dans les mâles. Tous les Brentes de l'Amérique septentrionale et la seule espèce qu'on trouve en Europe , le Brentc

(1) yoyez Latr. Gen. Crusl. ellnsect. Herbst. Olivier et Schœiilici ,

(2) Riiby, Lin. Soc. Trays. XII.

(3) Rirby, ibiJ.

(4) Schœnh. Cuicul. dispos, mcthod. 4G ; Uej. Calai. 7'J.

COLEOPTERES. 47

(V Halle , apparlieniipnl à ce groupe. Celui-ci , selon les observations qui m'ont été communiquées par Savi fils , professeur de zoologie et de minéralogie à Pise, se tient habituellement sous les écorces des arbres , et au milieu de certaines espèces de Fourmis qui y établissent aussi leur domicile. De la Cordaire, qui a recueilli au Brésil une très belle collection d'Insectes , m'a dit que c'était toujours aussi sous des écorces d'arbres qu'il avait trouvé les Brentes (1).

D'autres , semblables quant à la forme du corps , n'ont que neuf articles aux antennes , et dont le dernier forme une petite massue. Tels sont

Les Ulocères (Ulocerus. Schœnh.) (2)

Les derniers ou

Les Cyi.as (Cylas. Latr.)

Ont dix articles aux antennes, dont le dernier forme une massue ovale. Le corselet est comme divisé en deux nœuds , dont le postérieur, celui qui (orme le pédicule, est plus petit; l'abdomen est ovale (5).

Tantôt les antennes sont distinctement coudées , le premier article étant beaucoup plus long que les suivants. Ceux-ci forment le genre Charaivson (CcRccLio) de Linnœus.

Nous les diviserons en Brévirostres et en Longirostres, selon que les antennes sont insérées près du bout de la trompe et de niveau avec l'origine des mandibules , ou plus en arrière , soit vers son milieu , soit près de sa base.

Les Charansons Brévirostres de ce naturaliste se partagent , dans la méthode de Fabricius , en deux genres :

Les Brachycères (Brachycerus.)

Ont tous les articles des tarses entiers et sans brosses ou pelotes en dessous. Leurs antennes courtes et peu coudées n'offrent à l'extérieur que neuf articles , dont le dernier forme la massue. Ils manquent d'ailes. Leur corps est très raboteux ou très inégal. Ces insectes sont propres à l'Europe méridionale et à l'Afrique , vivent à terre dans le sable , et sont très printanniers. Des femmes Ethiopiennes en portent une espèce au cou , au luoyen d'une courroie qui traverse le corps \ c'est une sorte d'Amulette ( Voyage de Cailliaud au fleuve Blanc) (4).

Les Charansons (Ccrculio.)

Ont presque tous le dessous des tarses garni de poils courts et serrés , et le pénultième article profondément divisé en deux lobes. Leurs antennes sont composées de onze articles , ou même de douze , en comptant le faux article qui les termine quelquefois, et dont les derniers forment la massue.

Ce genre , quoique beaucoup plus restreint que dans la méthode de Linngeus, comprenant encore un très grand nombre d'espèces , découvertes depuis lui ,

(I) Latr. Gêner. Cnist. etinsect. 2, p. 244 ; Oliv. ibid. 84; Schœnher. Gurcul. dispos, niéthod. p. 70.

(2)Schœnh.?6irf. 75.

(ô) Latr. ihid. p. 268; Olivier . îiù/. 84 i/s. /^oyes, pour quelques autres genres dérivant de celui dcBrcnte, l'article Rhynchophores an Dict. class. d'hist. natur.

(4) Oliv. Col. 82. Schœnherr forme, avec l'espèce nommée Ro.stratus, le genre Episus. Le corselet est alongé, presque linéaire.

•iS INSECTES

«livers savnnls , cl plus pnriiculièrement Germar et Schœnherr , Tonl divisé en beaucoup (Pan 1res. On pcnt , traprès nos propres observations , y Ibrmer deux divisions principales.

1° Ceux dont le menlon , pins on moins évasé supérieurement et plus ou moins orbicnlaire , occupe toute la largeur de la cavité buccale , cache entièrement, ou peu s'en faut, les mâchoires , et dont les mandibules n'ont point de dentelures très sensibles , ou ne présentent au dessous de la pointe qu'un (aible sinus.

On pourrait réunir dans un premier sous-genre celui

Des Cyclomes, (Cyclomus.)

Qui ont, ainsi que les précédents, les tarses dépourvus de brosses, et le pénuliième article entier ou légèrement échancré , sans lobes bien distincts. On y rapporterait les Crytops , les Deracanthiis , les Amycterus et les Cyclomus de Schœnherr (1).

Tous les autres ont les tarses garnis en dessous de brosses, et le pénultième article profondément bilobé.

Les uns sont ailés.

Ici les sillons latéraux de la trompe sont obliques et dirigés inléricurement. Les pieds antérieurs dilTèrent peu des suivants en proportions. Ils forment un premier sous-genre ; celui des

Charansons, proprement dits, (Curculio.) (2).

Qui comprend un grand nombre de genres de Germar et Schœnherr , dont les caractères sont peu importants et souvent très équivoques. Tout ati plus pourrait-on en détacher ceux dont les antennes sont proportionnellement plus longues.

l'armi ceux d^ont les antennes sont courtes, qui ont le corselet longitudinal, en cône tronqué ^ les épaules saillantes, et dont on a formé les genres Enlbnus, Chlorima , etc., se rangent des espèces de l'Amérique méridionale , remarquables par leur éclat et souvent aussi par leur grandeur.

Le C. impérial {C. imperialis , Fab.; Oliv. , Col. V, 83, i , i.) , d'un vert d'or brillant, avec deux bandes noires et longitudinales sur le corselet, et des rangées de pointes enfoncées, d'un vert doré, sur les élytres, et les intervalles noirs.

(1) Ces gcuies semblent se lier avec ceux de Myiiioiis et de Rhytirhinus de cet auteur, et dès lors les Brachycères devraient être reculés. ( Voyez notre article Rhynchophores du Dict. class. d'hist. nat ).

(2) 1" Corselet lobé antérieurement : les genres Enthnus , Rhigus , Promocops , Phœdropus, Dcreodus (sous-genre des llyponicces), Polydius, Eutyrus, de Schœnherr , et Brachysoma de Dejcan , mais réduit à l'espèce qu'il nomme Suturalis.

2° Corselet point lobé antérieurement.

* Corselet sensiblement plus long que large.

* Trompe pluscourle que la tète , ou tout au plus de sa longueur.

Les C. rMorophamis , ithycerus, anœmerus, hypoincccs, anymecus , asticiis ,lissorhinus ^ prostenomus? artïpus , sitona , de Schœnherr.

** Trompe sensiblement plus longue que la tête.

Les G. hadropus ^ cyphtis , callizonns.

** Corselet transversal, presque isométrique.

Les G. etislah's, crophtliahinis, diaprcpcs, piilopus, pucjiœus , polydrosns , metaUilcs. La'longueur relative du premier article des antennes peut aussi fournir de bons caractères, cl que Ton pourrait employer antérieurement à ceux que l'on tire du corselet. Voyez l'arliclc Rhynchophores du Dicl. classique d'hist. natur. et mon ouvrage sur les familles naturelles du règne animal. '

Le C. royal {C. regnlis , Lin. , Oliv. , ibid., 1,8.), d'un vert bleu , avec des bandes cuivreuses ou dorées très éclatantes, sur les étuis. On le trouve dans l'île de Saint-Domingue , et , à ce qu'il paraît, dans celle de Cuba.

Les dénominations àefastuettx, somptueux, noble, que l'on a données à d'autres espèces , annoncent le luxe de leur ornement.

L'une de celles de notre pays qui a le plus d'analogie avec les précédentes , est le C. vert, {Chlorima viridis, l)ej. ; CurciiUo vlridls , Oliv., ibid., 11 , 18) ; elle est longue d'environ cinq lignes. Le premier article des antennes est proportionnellement plus court que dans les précédentes. Le dessus du corps est d'un vert obscur, avec les côtés et les parties inférieures jaunes. Les élytres se terminent un peu en pointe. La trompe a une carène. Elle est très rare aux environs de Paris.

Nous en possédons encore d'autres , rangées par Schœnherr dans le genre Polfdrosiis {Sericeus , Gyll., micans , Betulœ , etc.), qui, quoique petites, ne (rappent pas moins nos regards, parleurs teintes d'un vert doré ou argenté. Dans quelques unes, les mâles ont des mandibules avancées , étroites et pointues. Ce caractère est commun à des espèces exotiques.

Le genre Leptosome (Leptosomus) de Schœnlierr, quoique formé d'une seule espèce ( Curculio acuminatus , Fab. , Oliv. ) , présente néanmoins des caractères si insolites , qu'on peut le conserver comme sous-genre. La tête est allongée par derrière, avec la trompe très courte. Le corselet est presque cylindrique. Les élytres se terminent en manière d'épine divergente. Les antennes sont courtes. Nous passons à un troisième sous-genre , celui de Leptocère (Leptocerus) , qui diffère du premier en ce que les deux pieds antérieurs sont plus grands que les suivants , avec les cuisses grosses , les jambes arquées et les tarses souvent dilatés et ciliés. Les antennes sont ordinairement longues et menues. Le corselet est presque globuleux ou triangulaire. L'abdomen n'est guère plus large que lui.

Ces Insectes sont plus abondants au Brésil , et plusieurs de leurs analogues se trouvent à l'île de France ou à l'île Bourbon. Quelques autres babitent l'Afrique (1).

Un quatrième sous-genre, celui de Phîllobie (Phyllobius), comprendra d'autres Brévirostres de la même division et pareillement ailés , mais où les sillons des côtés de la trompe sont droits, courts, et ne consistent même qu'en ime simple fossette. On y réunira divers genres (Phyllobiits, Macrorynus, Myllocerus , Cyplûcerus , Amblirhinus et Phytoscapiis) de Schœnberr.

Les Brévirostres, à pénultième article des tarses bilobé, mais aptères et presque toujours sans écusson , formeront quelques autres sous-genres, savoir : ceux d'OTHiORHYNOUE ( Othiorynchl'S ) et d'OwrAS (Omias), pour ceux dont les sillons antcnnaires sont droits ; et ceux de Pachyrhynoue (Paciiyrhynchus ) , de PsALiDiE ( PsALiDiuM ) , dc Thylacite { Thylacites ) et dc Syzygops ( Syzycops ) , pour ceux où les sillons sont courbes. Les Otiorhynques se distinguent des Omias par la dilatation , en forme d'oreillette , de la portion latérale et infé-

(1) Les genres Prostomus, Leptocerus, Cratopus, Lepropus, Hadromerus, Hybsonolus, fie Schœnherr. Les Ilybsonotes ont le corps proportionnellement plus étroit et plus alongé; la trompe presque aussi longue que la tête et le corselet ; les sillons antennaires presque droits, mais obliques, et le corselet lobé antérieurement. Les Leptocères sedistinguenl de tous les autres par la longueur du premier article des antennes, dont le bout , lorsqu'elles sont rejetées en arrière , dépasse la tête^, il ne dépasse point ou que de peu les yeux dans les autres genres. Les Cratopes sont propres à l'île de France, à l'île Bourhon et à quelques autres îles de l'Océan indien. Leur corselet est trapézoïde, et l'abdomen a la forme d'un triangle renversé. Le genre Proslomc n'a peut-être été établi que sur des individus mâles , leurs mandibules étant quelquefois plus grandes que celles des femcllcr.. T, III. 7

riciire tKi la Ironipo, servant tVinserlion aux antennes ; les Syzygops, ou Cyclops de Uojean , par leurs yeux, presque réunis supérieurementj les Psalidies , à raison de leurs mandibules saillantes , arquées ou en croissant; les ïhylaciles «éloignent des Pacliyrliynques par leurs antennes menues , aussi longues ou presque aussi longues que le corselet, tandis qu'ici elles sont épaisses, nota- Llement plus courtes. L'abdomen est d'ailleurs très renflé. Aux Omias (1) et aux Thylacites (2) seront réunis plusieurs genres de Schœnberr. On pourrait conserver celui d'HïPHANXE (Hyphantus), très voisin des Othiorhynques (5), mais s'en distinguant par le corselet très grand, comparativement à l'abdomen, et presque globuleux.

Noire seconde division générale du genre Cliaranson de Fabricius diffère de ]a première par le rétrécissement du menton , qui , n'occupant pas toute la largeur de la cavité buccale , laisse à découvert, de cbaque côté , les mâchoires , et par les mandibules, évidemment dentées. Souvent la massue des antennes est formée par les cinq à six derniers articles.

Les uns n'ont guère plus de deux dents aux mandibules. Les palpes labiaux sont distincts. La massue des antennes, assez brusque, ne commence qu'au huitième ou au neuvième article, et n'a point la ligure d'un fuseau alongé.

Le corps , quoique souvent oblong, n'est pas, non plus, conformé de même.

Il y en a d'aptères, et dont les tarses sont dépourvus de pelottes. Leur pénultième article est faiblement bilobé.

Tel est le sous-genre Mymops (Myniops) de Schœnherr, et auquel on peut réunir ses Rhytirrliinus.

D'autres, pareillement aptères , ont, comme la plupart des Rhynchophores, le dessous des tarses garni de pelottes , et le pénultième article profondément bilobé. Ils composeront le sous-genre des Lipares (Lipahus), qui comprendra aussi divers genres du même (4)

Ceux qui ont des ailes pourront former deux autres sous-genres, savoir : celui d'HYPÈRE ( Hypera , Germ.; Phytonomus, Coniatus , Schœnh.), où les jambes n'offrent point, à leur extrémité, de crochet ou n'en ont qu'un très petit (5); et celui d'IlYLOBiE (IlYLOiiRs), où elles en offrent un très fort à leur extrémité interne (6).

Parmi les espèces du premier , il en est une qui se trouve sur le Tamarisc (C. tamariscî , Fab. ) , et qui , par ses couleurs , rivalise avec les plus belles exotiques. Elle est le type du genre Coniatus de Schœnherr.

Les autres, dont: les mandibules ont trois ou quatre dents, offrent un menton rétréci brusquement près de son extrémité supérieure, tronqué, et à palpes peu sensibles ou presque nuls. Leurs antennes se terminent presque graduellement en une massue en forme de fuseau alongé. Le corps a souvent une figure analogue. Olivier les a confondus avec les Lixes, dont en effet, ils diffèrent très peu.

Ils composeront le sous-genre Cléone (Cleonls) (7).

Les Charansonites Longirostres , ou ceux dont les antennes sont insérées

(l)Les genres Periichis Trachyphlœus , Episomtis, PhoUcodes, Ptochtes , Slomodes, Sciohius, Cosmorhinus , Ercmnus.

(2) Les genres Liophlœus, Barynotus, Brachydcres,Herpisticus.

(3) A ce genre joignez ceux de Tylodères et à'Elytrodon.

(A) Molytes, Plintlnts, Hypporhinus, Epirhynchus, GeopliUiis.

(ij) llapportcz-y les genres Aterpus^ LislrodercSy Gi'onops , Phylonomus , CotiiatiiSj do Schœnherr.

(0) A ses Hylobies , joignez aussi les genres Lepyriis, Chrysoloptis.

(7) Réunissez à ce genre de Schœnherr les suivants : Pachycerusj MecaspiSj Ehylideres, Stcnocorhinus?

en deçà de l'origine des mandibules , souvent près du milieu de la trompe, et qui est , ordinairement longue , comprennent , à quelques espèces près, les genres Zm^s, Rhynchœnus et Calandra, de Fabricius.

Dans les deux premiers , les antennes offrent dix articles au moins, mais le plus souvent onze à douze, et dont les trois derniers au moins forment la massue.

Les LixEs (LixTJs. Fab.)

Ressemblent presque aux Cléones , tant pour les organes de la manducation que pour la massue en fuseau alongé des antennes , la forme étroite et alongée du corps, et l'armure de leurs jambes. Il est presque linéaire dans le L. paraplectique, dont la larve vit dans les tiges da phellatidriti-in, et cause aux chevaux, lorsqu'ils la mangent avec la plante, la maladie dite paraplégie. Une autre espèce, et dont on a formé un genre propre {Rhinodllus), à raison de ses antennes très peu coudées, est réputée odontal- Sique(l).

Les Rhynchènes (Rhynch^ends. Fab.)

Ne présentent point un tel ensemble de caractères.

Tantôt les pieds sont contigus à leur base, et sans fossette sternale, propre à loger la trompe.

Les uns ne sautent point et leurs antennes sont composées de onze à douze articles. Ceux-ci sont ailés.

Les Tamnophiles, (Tamnophilus.)

Dont les antennes sont peu coudées, courtes, de douze articles, terminées en une massue ovalaire , et portées sur une trompe courte , avancée et peu arquée 5 dont les yeux sont rapprochés supérieurement; qui ont Textrémilé de l'abdomen découverte , les jambes armées à leur extrémité d'un fort crochet, formeront ce premier sous-genre, qu'il faut distinguer de celui de Rhine, avec lequel Olivier et moi l'avions confondu (2).

D'autres Rhynchènes sont remarquables par leurs jambes arquées , munies d'un fort crochet au bout; leurs tarses longs , filiformes , peu garnis de poils en dessous , avec le pénultième article très peu dilaté, simplement en cœur. Ils composeront le sous-genre

Ragous. (Ragous.)

Ce sont de petits Insectes qui fréquentent les marais (5).

Quelques autres ayant les mêmes habitudes s'éloignent de leurs congénères à raison de leurs tarses , dont le pénultième article renferme totalement entre ses lobes , le dernier. Ils seront compris dans le sous-genre

Rrachype. (Rrachypus.) (4) Celui des

Ralanines (Ralaninus.)

Nous offrira des Rynchoi^hores très singuliers par la longueur de leur

(1) Les genres JRhmocilhis , Laçhnœus , Ncrthops , Larinus , Lixus , Pacholenus , de Schœnheir. Les organes sexuels des Lixes ont offert à Léon Dufour des caractères qu'il n'a observés dans aucun autre Coléoptère.

(2) Les genres Lœmosaccus , Tamnophilus, du même. , (ô) Les genres Bagous, Hydronomus, Lyprus, du même.

(4) Les genres Brachypus, Drachonyx, Taiiysphyrus, Anoplus^ de Schœnherr.

trompe , (|ui égale au moins et excède souvent de beaucoup celle du corps. La larve d'une espèce {Ryncliœnus nucui?i , Fab.) se nourrit de l'amande de la noisette (1).

Celui des

Rbynchènes proprement dits, (Rynchœnus.)

Ne diffère des précédents que par des caractères négatifs , et du suivant par ses antennes composées de douze articles (2).

Les SiBYNES ( SiBYNES.)

N'en offrent que onze, dont sept avant la massue (3). Ceux-là sont dépourvus d'ailes. Tel est le sous-genre

Myorhine , (Myorhinus. Schœnh. — Apsis , Germ.)

Auquel nous réunirons les genres Tanyrhynchus , Solenorhlnus , Styphlus ^ Trachodes ( Comas inus , Dej.), de Schœnherr.

Nous passons maintenant à ceux qui n'ont que neuf à dix articles aux antennes , et qui ont la faculté de sauter.

Les CioNES (CioNus. Clairv.)

Ne sautent point , et les antennes offrent neuf à dix articles. Leur corps est ordinairement très court et presque globuleux. Plusieurs vivent, ainsi que leurs larves, sur des verbascum et sur la scropluilaire (4).

Viennent ensuite ceux dont les cuisses postérieures sont très grosses et leur donnent la faculté de sauter. Les antennes ont onze articles. Le corps est court et ovoïdo-conique.

Ceux où les antennes sont insérées sur la trompe, forment le sous-genre des

Orchestes. (Orchestes. Illig. — Salius, Germ.) (5) Celles où elles naissent de l'entre-deux des yeux , celui des Ramphes. (Ramphus. Clairv.) (6).

Dans les derniers Rynchènes qu'il nous reste à exposer, les pieds sont écartés à leur naissance , et souvent encore leur sternum présente une cavité plus ou moins étendue , qui reçoit la trompe et même quelquefois les antennes.

Ceux où elle n'existe point, peuvent former deux sous-genres, savoir ; celui des

Amerhines, (Amerhinus.)

Dont le corps est ovalaire ou presque cylindrique; convexe en dessus (7); et celui des

(1) Les genres Balaniiis, j4 ntUarhinus , Erodiscus^ de Sschœnherr.

(2) Les genres WciViyjws, Orlhorhinus, Paramecops , Pissodes, Pcnesles, Erirhinus , Anthonomus , Euderes, Derelomus, Conjssoiuorus , Accalojnstus, Endœus , Tijchius , Sterncchiis y Ttjlomus j du même.

(ô) Les genres Sibyncs, Micrologus (sous-genrc des Tychies, le G. ii//esc«s de Dejean), Bradijhatus ( Rhinodcs ^ Dej. ).

(4) Les genres Cioniis, Mecinus , Gijmnœtron , de Schœnherr , où les antennes ont dix articles , celui do Naiiodes du même et celui de Prionopus de Dalman, où elles en ont neuf. Vofjez Oliv. CoL V, p. lOG.

(o) Oliv. «6«/. p. 87.

(0) Ibid. p. 39.

(7) Lcii<;',ciuxs Jincihintcs, Nelarhinus y Alcidcs, Soknopus, dcSchœuheiT.

Baridies , (Baridius.)

Où il est déprimé et rhomboïdal (1).

LesRynchènes de Fabricius , dont le sterniiin offre un enfoncement logeant la trompe, ont été distribués par Schœnberr dans un grand nombre de genres, mais que nous réduirons de la manière suivante.

Ils sont ailés ou aptères.

Parmi les premiers , les uns ont une forme presque rhomboïdale , avec le corselet rétréci brusquement , en manière de tube près de son extrémité antérieure; l'abdomen presque triangulaire. Ils se lient avecles Baridies.

Ici les antennes ont douze articles.

Les Cawptorhynques (Camptoryncuus. — Eurhlnus , Schœnh.)

Se distinguent de tous les suivants par leurs antennes, qui, depuis le coude, forment une massue conoïde, épaisse, perfoliée (2).

Les Centbines (Centrincs.)

Ont un écusson distinct ; l'abdomen entièrement recouvert par les élytres , les yeux écartés, et la massue des antennes alongée. La poitrine offre souvent de chaque côté de sa cavité , une dent ou une corne (5).

Les Zygops. (Zygops.)

Très remarquables par leurs yeux très spacieux, très rapprochés ou réunis supérieurement , et par leurs pieds , généralement longs , dont les postérieurs au moins très écartés (4).

Les Ceuthorynques. (Ceuthorynchus.)

Dont l'écusson esta peine apparent; dont les élytres sont arrondies à leur extrémité et ne recouvrent pas entièrement l'abdomen. Les yeux sont écartés. La massue des antennes est ovale , et l'extrémité de leurs jambes est sans épines (5).

Là, les antennes n'ont que onze articles.

LcsHydatiques. (Hydaticus.)(6)

D'autres ont le corps ovoïde , court, très renflé en dessus, avec l'abdomen embrassé dans son pourtour , par les élytres. Les cuisses sont canaliculées et reçoivent les jambes dans leur sillon. Leurs yeux sont grands. Les antennes ont toujours douze articles.

Les Orobitis. (Orobitis.) (7)

D'autres ayant le corps oblong, convexe, avec les pieds antérieurs ordinairement plus longs, surtout dans les mâles. Les antennes de douze articles;

(1) Les fjenies 7?/ii««.ç^«s, Cliolus, Dioinichus^ Platyonyx, l\Ia(larus, Baridius.

(2) Kirby ayant déjà donné le nom d'Eurhinus à un autre ;;enre de celte l'amillc, il u fallu changer la dénomination de celui-ci.

(3) ^oyvz Sehœnherr.

(A) Ses genres Zygops y Mecopus , Lechriops.

(5) Ses genres Centorhynchus , Moiionychus.

(6) Ajouteï-y ses J malus.

(7) Les Orobitis, Diorymcrus, Ocladius, Cleor/onns, de Schœnh-

les yeux écartés, et les élytres recouvrant rabdomen , composeroul le sousgenre des

Cryptorhyîjques. (Cryptoruyncuus.) (1)

Ceux qui sont aptères, ou dont les ailes sont du moins très imparfaites, qui manquent d'écusson , formeront un autre sous-genre , celui des

Tylodes. (Tylode. — Ulosomus. Seleroptcriis ? Schœnh.)

Chevrolat en a découvert, aux environs de Paris , une espèce ( Rhynchœnus ptiîioides , Gyllenh.)

Les autres et derniers Longirostres ont généralement neuf articles au plus aux antennes , et le dernier ou les deux derniers au plus forment une massue à épiderme coriaee, et dont l'extrémité est spongieuse. Ils se nourrissent , du moins dans leur premier état , de graines ou de substances ligneuses.

On peut les réunir en un seul genre , celui

Des Calandres, (Calandra.)

Que l'on peut partager en six sous-genres.

Les deux premiers sont aptères, et nous offrent, ainsi que les précédents et les suivants, à l'exception du dernier, quatre articles à tous les tarses, dont le pénultième bilobé. Les antennes sont insérées à peu de distance du milieu de la trompe et coudées.

Dans le premier, celui des

Anchones, (Anchonus. Schœnh.)

Ces organes offrent neuf articles avant la massue ; le dixième et peut-être deux autres , mais intimement unis avec le précédent et peu distincts, forme une massue en ovoïde court.

Dan,s le second , celui des

Ortoch/Etes, (Orthoch^tes.) deGermar(2).

C'est le huitième article qui forme la massue , dont la forme et la composition paraissent être les mêmes que dans les Anchones.

Les quatre autres sous-genres sont pourvus d'aîles.

Dans les trois suivants , les tarses n'ont que quatre articles , dont le pénultième est bilobé.

Les Rhines. (Rhina. Latr. — Lixus , Fab.)

Les antennes sont très coudées, insérées près du milieu d'une trompe droite, avancée , et dont le huitième article forme une massue fort alongée , presque cylindrique. Les pieds antérieurs, du moins dans les mâles , sont plus longs que les autres (5) .

(1) Les genres Jrthoslernus, Pinariis , Cratosomus ^ Macromerns , Crijptorhijnchus, de Schœnheir. Les Gaslerocercus de Brullé et de Laporte me paraissent se rapporter aux Cratosomes proprement dits du précédent , ou ceux dont la trompe est droite et aplatie. Son sousgenreGorj7Ms se compose de grandes espèces, toutes de rAmérique méridionale, et dans les mâles desquelles la trompe est ordinairement armée de deux cornes ou dents, près de l'insertion des antennes. Les mandibules nem'ouî point offert de dentelures , l'un des caractères qui distinguent les Cratosomes des Cryptorhynques, où ces organes sont dentés.

(2) Insect. Spec. nov. p. 302.

(3) Rhiiia larbirostris, Latr. Oliv.; — R. scrulator, Oliv.

Les Calandbes proprement dites (Calandra.)

Ont aussi les antennes très coudées , mais insérées près delà base delà trompe ; leur Iniilièmc article l'orme une massue triangulaire ou ovoïde.

Nous ne connaissons que trop la C. dii blé {Curctdio granarius, Lin.; Oliv., Col. V, 83, XVI, 196); son corps est alongé , brun , avec le corselet ponctué, aussi long que les élytres. Sa larve, connue sous le nom du genre, fait de grands dégâts dans les magasins à blé.

Une autre espèce , celle du riz {CurcuUo or'izœ, Lin.; Oliv., îh'id.^ Vil, 81), ressemble à la précédente, mais a deux taches fauves sur chaque étui. Elle attaque le riz.

Une troisième, la C. palmiste {Ciircidio palmarum ^ Lin. ; Oliv., ibid.^ H, 16), qui a un pouce et demi de long, dont la massue des antennes est tronquée , et toute noire , avec des poils soyeux à l'extrémité de la trompe. Elle vit de la moelle des palmiers de l'Amérique méridionale. Les habitants mangent sa larve, nommée ver-palmiste , comme un mets délicieux (1).

Le cinquième sous-genre , celui

Des CossoNS, (Cossonus. Clairv.)

Nous offre des antennes , à peine plus longues que la trompe et la tête, et à huit articles avant la massue. Elles sont épaisses et insérées vers le milieu de la trompe (2).

Le dernier, celui des

Dryopthores , (DRYOPTHORts. Schœnli. — Bulbifer, Dej.)

Est , SOUS le rapport des tarses , anomal, lis présentent cinq articles et dont aucun n'est bilobé. Leurs antennes n'ont que six articles , dont le dernier forme la massue (3).

La seconde famille des Coléoptères Tétramères , celle

Des Xylophages,, (Xylophagi.)

Nous oJBFre une tête terminée à l'ordinaire, sans saillie notable en forme de trompe ou de museau ; des antennes plus g^rosses vers leur extrémité, ou perfoliées dès leur base, toujours courtes , de moins de onze articles, dans un grand nombre , et des tarses à articles (4) ordinairement entiers, ou dont le pénultième élargi en forme de cœur dans les autres ; dans ce dernier cas, les antennes sont toujours terminées en massue, soit solide et ovoïde, soit divisée en trois feuillets, et les palpes petits et coniques.

(1) Les genres suivants Ae ^ohœnherv : SirpitUts (Acorhinus , Dej.), Oxyrhijnchus , Rhynchophorus{ Calavdra). Foycz l'article C(//fl?if//c d'Olivier.

(2) Les genres Amoriilioccrus, CossomiSj Riiincolus, de Schœnherr. (-3) Li.viis , Lymexylon , Fab.

(4) Leur nombre paraît être de cinq dans quelques-uns de ces Insectes, qui semblaient se lier avec les Cryptophages et autres Insectes analogues de la section des Pentamères.

Ces Insectes vivent pour la plupart clans le bois. Leurs larves le percent et y creusent des sillons en divers sens , et lorsqu'elles sont très abondantes dans les forêts , celles de pins et de sapins particulièrement, elles font périr, en peu d'années, une grande quantité d'arbres , et les mettent hors d'état d'être emj)loyés dans les arts. Quelques autres font beaucoup de tort à l'olivier; d'autres se nourrissent de champignons.

Nous partagerons cette famille en trois sections.

1» Ceux dont les antennes ayant dix articles au plus, tantôt se terminent en une forte massue , le plus souvent solide, de trois feuillets alongés dans d'autres, tantôt forment dès leur base, une massue cylindrique et perfoliée , et dont les palpes sont coniques. Les jambes antérieures du plus grand nombre sont dentées et armées d'un fort crochet; et les tarses, dont le pénultième article est souvent en cœur ou bilobé , peuvent se replier sur elles.

Les uns ont les palpes ti*cs petits , le corps convexe et arrondi en dessus ou presque ovoïde, avec la tête globuleuse, s'enfonoant dans le corselet, et les antennes terminées par une massue solide ou trilamellaire , et précédée de cinq articles au moins.

Ces Xylophages composent le genre

Des ScoLYTEs , (ScoLYTcs. GcofT. )

Que Linnœus ne distinguait point des Dermestes.

Tantôt le pénultième article des tarses est bilobé. Les antennes ont sept ou huit articles avant la massue.

Les Hylurges (Hylurgus. Latr. — Hylcslnus , Fab.)

Ont la massue des antennes solide, presque globuleuse, obtuse, peu ou point comprimée , annelée transversalement, et le corps presque cylindrique (1).

Les Hylésixes (IIylesinus. Fab.)

Ont aussi les antennes terminées en massue solide, peu ou point comprimée et annelée transversalement , mais allant en pointe. Leur corps est presque ovoïde (2).

Dans les deux sous-genres suivants, celte massue est encore solide, mais fortement comprimée , et ses articles ini'érieurs forment des courbes concentri(jues.

Les ScoLYTES propres (Scolytus. Geoff. — Hylesinus , Fab. Eccoptogastcr , Herbst. , Gyllenh. )

Ont leurs antennes droites , imberbes , insérées très prÎJS du bord interne des yeux qui sont très étroits , alongés et verticaux (5).

(1)Latr, Gêner, Crnst.ellnsect. II , p. 274 ; Gvllcnli. Insect. Siiec. IV, p. Cl 8.

(2) Latr. ibid. p. 27!>.

(3) Lalr. ibid. p. 278 ; Gyll. Insccl. Suce. III , p. ôio. et IV, pag. 279.

Les Camptocères. (Camptocerus. Dej. — Hylesînus , Fab.)

Dont les mâles ont les antennes fortement coudées, garnies extérieurement de longs poils ou filets ; elles sont insérées à une distance notable des yeux , qui sont elliptiques et obliques (1).

Les Phloïotribes {Ploiotribus. Latr. — Hylesinus , Fab.)

S'éloignent de tous les autres Insectes de cette famille par la massue , composée de trois feuillets alongés , de leurs antennes (2).

Tantôt tous les articles (3) des tarses sont entiers , et la massue des antennes, toujours solide et comprimée , commence au sixième ou au septième article.

Les ToMiQUES. (ToMicus. Latr. — Ips , De G. — Bostrichus , Fab.)

Leurs antennes ne sont point susceptibles de se replier sous les yeux , et leur massue est distinctement annelée. Leur tête est arrondie en dessus, presque globuleuse (4). Le corselet n'offre point d'échancrure sur les côtés. Les jambes ne sont point striées. Les tarses sont de leur longueur au plus , avec le premier article peu alongé. Le corps est cylindrique , avec les yeux alongés , un peu échancrés (5).

Les Platypes. (Platypus. Ilerbst. — Bostrichus, Fab.)

Leurs antennes , pins courtes que la tête , se replient sous les yeux et se terminent en une massue fort grande, sans anneaux distincts. Le corps est linéaire, avec la tète coupée verticalement en devant ; les yeux presque ronds et entiers ; le corselet écliancré de cha(|ue côté , pour recevoir une portion des cuisses antérieures; les deux jambes antérieures divisées à leur face postérieure par des arêtes transverses; et les tarses longs, très grêles et dont le premier article fort alongé. Les deux pieds postérieurs sont très reculés en arrière (6).

Les autres ont des palpes grands , très apparents et d'inégale longueur. Leur corps est déprimé , rétréci en devant ; leurs antennes sont tantôt de deux articles, dont le dernier très grand , aplati , presque triangulaire ou presque ovoïde , tantôt de dix et entièrement perfoliées.

La lèvre est grande; les élytres sont tronquées, et les tarses courts , avec tous les articles entiers. Ces Insectes sont tous exotiques. Ils composent le genre

Des Pacsscs. (Paisses, Lin., Fab.)

(1) Hijlesinus /Eneipennis , Fab.

(2) Latr. ibid. p. 280.

(ô) Ils paraissent être au nombre de cinq, dont le pénultième très petit. Les deux pieds postérieurs sont très éloignés des précédents. Le corps est cylindrique ou linéaire. Les antennes sont fort courtes.

(4) Largement trilobée en arrière. Selon Dufour, leur ventricule chylifique , qui forme à lui seul près des deux tiers de la longueur du canal alimentaire, est hérissé de papilles , tandis que celui des Bostriches est parfaitement lisse. Il a observé dans le tube alimentaire des premiers, ainsi que dans l'intérieur de divers autres Coléoptères, des Vers ayant la forme d'Ascarides.

(5) Latr. Gêner. Crust. et Insect. II , p. 276.

(6) Ibid. p. 277. Dalman en a figuré une espèce [Flavicornis ? Fab. ) renfermée dans du succin.

Ceux dont les antennes n'ont que deux articles , et dont le dernier fort grand et comprimé , sont

Les Paussus propres. (Paussus.)

Une espèce {P. bucephalus , Schœnh., Synon. Insect., I, 3, app. vi, 2), dont la tête offre l'apparence de deux yeux lisses, dont les yeux sont petits , peu saillants, et dont les antennes, guère plus longues que la tête, s'appliquent sur sa face antérieure, et se terminent par un article finissant en pointe, forme, pour Dalman (Anal, entom., p. 102), un genre propre qu'il nomme Hylotorus (1).

Ceux où les antennes sont de dix articles et entièrement perfoliées , composent le sous-genre

De CÉRAPTÈRE. (Cerapterus. Swed.) (2)

Une seconde section comprendra des Xylophages dont les antennes n'offrent que dix articles , et dont les palpes, ou les maxillaires au moins , ne vont point en s'amincissant vers le bout, mais sont de la même grosseur partout, ou dilatés à leur extrémité. Les articles de leurs tarses sont toujours entiers.

Ils se diviseront en deux genres principaux , d'après la manière dont se terminent les antennes. Les trois derniers articles forment une massue perfoliée dans le premier, celui

Des BOSTRICHES. (BOSTRICHCS.)

Les BosTRicHES propres (Bostrichus. Geoff. — Apate , Synodendron , Fab. — Dermestes , Lin.)

Ont le corps plus ou moins cylindrique , la tête arrondie , presque globuleuse, pouvant s'enfoncer dans le corselet jusqu'aux yeux; le corselet plus ou moins bombé en devant, et formant une sorte de capuchon, et les deux premiers articles des tarses, ainsi que le dernier, alongés.

On les trouve souvent sur les vieux bois , dans les chantiers ,

heB. capucin {Dermestes capucinus , Lin.;01iv., Col., IV, 77, I, 1 ) , qui

est long de cinq lignes, avec les étuis et l'abdomen rouges (3).

Les PsoA (Psoa. Fab,)

N'en diffèrent qu'en ce que leurs corps est proportionnellement plus étroit, plus alongé,avec le corselet déprimé et presque carré. Les mâchoires n'ont qu'un seul lobe , au lieu de deux (4).

Les Cis (Cis. Latr. — Anobîum, Fab.)

Ont le corps ovalaire, déprimé ou peu élevé, avec le corselet transversal, arrondi et rebordé latéralement, nn peu dilaté ou avancé au milieu du bord

(1) Voyez Latr. Gêner. Crust. et Insect. III, p. 1, et Schœnherr, Synon. Insect. 1.-3, app. VI, 1.

{2)Latr.i5!'rf, p.4.

(ô) Voyez, pour les autres espèces, Oliv. Fal). etc.

(4) Voyez Fabricius et Rossi.

antérieur, et le dernier article des tarses beaucoup plus long que les précédents. La tête des mâles est souvent cornue ou tuberculée. Ces Insectes vivent dans les champignons des arbres (1).

Les NÉMOSOMES (Nemosoma. Desmar. — Ips, Oliv. — Colydium , Hellw. )

Ont le corps long, linéaire; les antennes guère plus longues que la tête; les mandibules fortes, saillantes, dentelées à leur extrémité; les jambes antérieures triangulaires , dentées extérieurement , et les tarses grêles et alongés (2).

Le second genre de cette seconde division, celui

Des Monotomes (Monotoma,)

Se distingue du précédent par la massue solide et en forme de bouton (le dixième article) des antennes.

Le corps est alongé , déprimé et souvent parallélipipède , avec le devant de la tête rétréci , et un peu avancé en manière de museau triangulaire et obtus. Les palpes sont très petits et point saillants, ainsi que les mandibules.

Dans les uns, la tête n'est point séparée du corselet par un étranglement ou espèce de col, et peut s'y enfoncer postérieurement.

Les Synchites. (Synchita. Helw., Dej. — Lyctus , Elophorus , Fab.)

Où l'extrémité antérieure de la tête est transverse et sans prolongement; où les deux premiers articles des antennes sont presque identiques , et où le corselet', notablement plus large que long , est séparé de la base des élytres par un intervalle sensible (5).

Les CÉRYLONs ( Cerylon. Lat. — Synchita, Helw. — Lyctus , Fab.)

Ont l'extrémité antérieure de la tête avancée en manière de triangle obtus; le premier article des antennes beaucoup plus gros que le suivant; le corselet appliqué postérieurement, contre la base des élytres, plus large que long ou presque isométrique, sans rebords; le corps presque ovalaire ou presque parallélipipède , avec les élytres sans troncature postérieure et recouvrant tout le dessus de l'abdomen (4).

Les Rhyzophages (Rhyzophagus. Herbst. Gyll. — Lyctus , Fab.)

Ressemblent aux Cérylons par la tête , les grandeurs relatives des premiers articles des antennes. Injonction du corselet avec l'abdomen ; mais le corps est étroit et alongé , avec le corselet plus large que long, rebordé , et les élytres tronquées au bout. Quelques auteurs ont avancé que , sous le rapport des tarses, ils étaient Hétéromères, mais il m'a paru qu'ils seraient plutôt des Pentamères (5).

(1) Latr. ibid. p. 11, et Gyllenh. Insect. Suec. III, p. 577 , et IV , p. G24. Je n'ai vu qu'un individu, et mal conservé, du Sphindus Giillenhallii : il m'a paru que ce genre différait peu de celui-ci.

(2) Lalr. Gêner. Ciust. et Insect. III, p. 12, et I, xi , 4.

(5) Cerylon tercbrans , Latr. ; C. juglandis^ Gyll. ; Lyctus jnglandis Fab. ; ejusd. Elophorus humeralis.

(4) Cerylon histeroides , Latr. Gyllenh.

(5) rayez Gyllenh. Insect. Suec. I, m, p. 419.

Les autres , ou

Les MoNOTOMF.s propres (Monotoma. Herbst. — Cerylon , GyU.)

Ont la tête de la largeur du corselet, et séparée de lui par un étranglement.

Les deux premiers articles des antennes sont plus gros que les suivants et presque égaux (le premier un peu plus grand). L'extrémité supérieure delà massue ou du bouton semble offrir des vestiges d'un ou de deux articles. La tête est triangulaire, un peu avancée en un museau obtus. Le corps est alongé , avec le corselet plus long que large (1).

Les Xylophages de la troisième division ont onze articles très distincts aux antennes ; les palpes filiformes ou plus gros à leur extrémité , dans les uns , plus menus au bout , dans les autres , et tous les articles des tarses entiers.

Nous commencerons par ceux où la massue des antennes n'est que de deux articles. Ils formeront le genre

Des Lyctes. (Lyctus.)

Les uns ont les mandibules et le premier article des antennes entièrement découverts. Le corps est étroit et alongé, presque linéaire , avec les yeux gros et le corselet alongé.

Les Lyctes propres. (Lyctus. Fab.) (2).

Dans ceux-ci, les bords de la tête recouvrent entièrement ou en majeure partie le premier article des antennes. Les mandibules ne sont point saillantes.

Les DioDESMEs (DiODESMA. Még., Dej.)

Ont les antennes de la longueur du corselet, le corps ovale - oblong , convexe , avec le corselet presque demi-orbiculaire et l'abdomen presque ovalaire (3).

Les BiTOMES (BiTOMA, Herbst, Gyll. — Lyctus. Fab.)

Dont les antennes sont plus courtes que le corselet ,dont le corps est long, étroit, presque parallélipipède , déprimé, avec le corselet carré (4).

Dans les autres Xylophages ayant des antennes de onze articles , les trois à quatre derniers forment la massue , ou le dernier seul est plus grand que les précédents. Ils se subdivisent ainsi :

Tantôt les mandibules sont recouvertes ou très peu saillantes. Tels sont

Les Mycétophages. ( Mycetophagtjs. Fab.)

Ici les antennes, guère plus longues que la tète, sont insérées sous les bords avancés de la tête et terminées brusquement en une massue perfoliée , de trois articles.

(1) Ccryloii picipcs , Gyllenh.

(2) f^oijcz Latr. et Gyllcnhall. Le genre Lyctus de Fabricius est un mélange. (ô) Diodeswa suhtvrranea , Dej. Catal. p. 67.

(î) f'^oyez Latr. Gyllenh.

COLEOPTERES. 61

Les CoLYDiES. (CoLYDiuM. Fab.)

Leur corps est linéaire, avec la tête très obtuse en devant ; le corselet de la largeur de l'abdomen , en carré plus ou moins long , et Pabdomen alongé. Les deux premiers articles des antennes sont plus grands que les suivants; ceux-ci , jusqu'au huitième inclusivement, sont très courts et transversaux (1).

Là, les antennes sont au moins de la longueur du corselet.

Ceux-ci ont le corps ovale, avec le corselet transversal, plus large postérieurement; le premier et le dernier articles des tarses alongés , et les antennes terminées en une massue perl'oliée, soit alongée et commençant vers le sixième ou septième article, soit brusque, ovalaire et formée seulement par les trois derniers.

Ils vivent dans les champignons, ou sous les écorces des arbres.

Les Mycétophages propres. ( Mycetopiiagus. Fab. — Trîtoma , Geoff.)

La massue des antennes commence au sixième ou au septième article ; le dernier est presque ovoïde (2).

Les Triphylles. (Triphyllus. Még., Dej. — Mycetopiiagus , Gyll.)

Où la massue des antennes est plus courte, brusque et formée seulement par les trois derniers articles; le dernier est presque globuleux (3).

Ceux-là ont le corps oblong, avec le corselet plus étroit que l'abdomen, du moins postérieurement; le premier article des tarses de la longueur du suivant, ou guère plus long, et les antennes terminées par une massue étroite, alongée, peu ou point perfoliée, formée par les trois derniers articles.

LesMÉRYX. (Meryx. Lat.)

Distingués des suivants par leurs palpes maxillaires (toujours saillants) terminés par un article plus grand , en triangle renversé (4).

Les Dasycères , ( Dasycerus. Brong. )

Qui n'offrent que trois articles aux tarses, mais qui, cependant, tiennent à cette famille , par d'autres rapports. Les deux premiers articles de leurs antennes sont globuleux, les suivants très menus, capillaires et velus , et les trois derniers globuleux et pareillement velus. La tête est triangulaire et distincte du corselet. Les palpes maxillaires sont saillants , menus et terminés en alêne. Le corselet et les élytres sont sillonnés. L'abdomen est presque globuleux (5).

Les Latridies (Latridius. Herbst. — Tenebrlo, Lin. — Dermestes , Fab.)

Ont les palpes très courts, terminés en alêne; la tête et le corselet plus étroits que l'abdomen ; le premier article des antennes fort gros et globuleux, les suivants , jusqu'au dixième inclusivement, presque en cône renversé, glabres ou simplement pubescents; le dernier plus grand que les précédents , et

(1) Voyez Fab. Latr. Dej.

(2) Foycz Latr. Gêner. Crust. et Insect. III, p. 9, \^° divis. des Mycétophages ; et Gyllenhail , Insect. Suec. I , m , Ô87, et IV, 650,

(3) Voyez Latr. ibid. seconde divis. ; Dej. Mycétophages, et Gyllenh. ibid. IV, 031.

(4) Latr. Gêner. Crust. et Insect. III , p . 1 7, et I , xi , 1 .

(5) Voyez Duniéril , Dict. des se. natur. où cet Insecte est bien figuré , et Arrh. Faun, Insect. Eur. IV, 5.

ovoïde; le corselet plus large que long ou presque isométrique, et l'abdomen presque carré ou presque ovalaire (1).

Les SiLVAiNS {SiLVANus. Latr., Gyll. — Dermestes , Fab.)

Ont le corps presque linéaire ou presque parallélipipède , le corselet plus long que large, de la largeur de Tabdomen antérieurement; les premiers articles des antennes presque égaux, presque en forme de toupie, et le dernier presque globuleux; les palpes presque filiformes , et l'extrémité antérieure de la tête , un peu avancée et rétrécie en manière de museau triangulaire et obtus (2).

Tantôt les mandibules sont entièrement découvertes ou saillantes et robustes. Le eorps est généralement étroit, alongé et déprimé. Ces insectes forment le genre

Des Trogosites. (Trogosita. Oliv. , Fab. — Platycerus, Geoff.)

Les uns ont des antennes plus courtes que le corselet , ou de sa longueur au plus , et terminées en une massue comprimée , un peu dentée en scie , et formée par les trois à quatre derniers articles. La languette est entière.

Les Trogosites propres. (Trogosita. Fab.)

Lès mandibules sont plus courtes que la tête, croisées; la languette, presque carrée, n'est point prolongée entre ses palpes, et les mâchoires n'ont qu'un seul lobe.

Le T. mauintankjue ( Tenebrio mauntanlcus , Lin.; Oliv., Col. II, 19, 1, 2), long de près de quatre lignes, noirâtre eu dessus, d'un brun clair en dessous, avec les étuis striés. On le trouve dans les noix, le pain, sous les écorces des arbres. Sa larve, connue en Provence sous le nom de Cadelle , attaque les grains (o).

Les Prostomis (Prostomis. Latr. — Megagnathus , Még. — Trogosita, Fab.)

Ont des mandibules plus longues que la tète , avancées parallèlement ; la languette étroite, alongée, avancée entre ses palpes , et deux lobes aux mâchoires. Le corps est long, étroit, presque linéaire (4).

Les autres ont les antennes presque aussi longues que le corps , de la même grosseur jusqu'au dixième article inclusivement; le suivant et dernier est plus grand , en l'orme de triangle renversé , et tronqué obliquement au bout. La languette est bifide.

Les Passandres. (Passandra. Daim., Schœnh.) (5)

La troisième famille des Tétramères , celle Des Platysomes (Platysoma.) Se rapproche de la précédente, quant à l'anotomie intérieure,

(1) Foyez Latr. et Gyllenh. Insect. Suec. I , iv, 123.

(2) /'oycs Latr. et Gylleiihall , ouvrages précités. (5) f^oijoz , pour les autres espèces , Olivier , ihid.

(4) Trogosita mandihularis, Fab. Sturm, dans sa Faune des Insectes d'Allemagne , eu a donné une excellente figure , ainsi que celle des parties de la bouche.

(5) Schœnh. Synon. Insect. 1,3, app. p. 146, vi , 3. Ces Insectes sont évidemment le passage de cette famille à la suivante. Ils ne diffèrent même des Platysomes que par leurs antennes.

aux tarses, dont les articles sont tous entiers, et quant aux habitudes ; mais les antennes sont de la même grosseur ou plus grêles vers leur extrémité. Les mandibules sont toujours saillantes; la languette est bifide ou échancrée; les palpes sont courts , et le corps est déprimé , alongé , avec le corselet presque carré. Ces insectes se tiennent sous les écorces des arbres et peuvent être réduits à un seul genre , celui

Des CucujEs (Cuccjus) de Fabricius.

On y distingue

Les CucujEs propres. (Cucujes.)

Dont les antennes , beaucoup plus courtes que le corps dans plusieurs, sont composées d'articles en forme de cône renversé ou de toupie, et presque grenues , et dont le premier est plus court que la tête (1).

Les Dendrophages. (Dendrophagus. Gyll. — Cucujus. Fab. , Payk.)

Où ces organes sont généralement formés d'articles cylindriques , alongés , dont le premier plus long que la tête, et dont les second et troisième plus courts que les suivants Les palpes labiaux sont terminés en massue (2).

Les Uleïotes. (Uleoiota. Latr. — Brontes. Fab.)

Ayant des antennes analogues, mais dont le troisième article est aussi long que le suivant , et dont tous les palpes sont plus menus à leur extrémité. Les mandibules de l'espèce la plus commune dans nos climats {Flavipes), et sur laquelle Dufour nous a donné quelques observations anatomiques , ont , dans les mâles, un prolongement en forme de corne longue et aiguë (3).

La quatrième famille des Tétramères ,

Les LONGICORNES (LONCICORNES.)

Ont le dessous des trois premiers articles des tarses garni de brosses , les second et troisième en cœur , le quatrième profondément bilobé , et un petit renflement ou nodule , simulant un article (4) à l'origine du dernier. La languette, portée par un menton court et transversal , est ordinairement membraneuse , en forme de cœur, échancrée ou bifide , cornée et en segment

Voyez, pour quelques autres genres Tétranières , tels que ceux de Litophile, d^Jgathidie et de Cli/peaslre^ la famille des Clavipalpes.

(1) Les Cucujes clavipes, depressus , ruftis, bimaculatus , picciis, teslaceus, ater , d'Olivier , Col. IV, n» 74 lis. Voyez aussi Gyllenh. Insect. Suec.

(2) Gyllenh. ibid.

(3) Lafr. Gêner. Crust. et Insect. III, p. 25. Foyez aussi Fabricius et Gyllenh. ibid.

(4) Les Parandres ressemblent parfaitement , sous ce rapport , aux Longicornes , et si l'on considérait ce petit nœud comme un véritable article, non-seulement cette famille, mais la suivante , appartiendraient à ia section des Pentamères. 11 peut bien représenter le quatrième article de ceux-ci ; mais allendu qu'il n'a point de mouvement propre, il est censé faire partie du suivant.

de cercle très court et transversal , dans d'autres {Parandre). Les antennes sont jfiliformes ou sétacées , le plus souvent de la longueur du corps au moins, tantôt simples dans les deux sexes, tantôt en scie , peclinées ou en éventail dans les mâles. Les yeux d'un grand nombre sont en forme de rein et les entourent à leur base. Le corselet est en forme de trapèze , ou rétréci en devant dans ceux où les yeux sont arrondis , entiers ou peu échancrés; dans ce cas encore les pieds sont longs et grêles, avec les tarses alongés.

Léon Dufour remarque que, par leur tube alimentaire, ainsi que par la disposition des vaisseaux hépatiques, ces Insectes ressemblent en général aux Mélasomes; contre l'opinion de Marcel de Serres , il nie l'existence d'un gésier. Le tube alimentaire , le plus souvent hérissé de papilles , est précédé d'un jabot, mais moins ou peu prononcé dans les Lamies et les leptures, qui, dans notre méthode, terminent cette famille. Les testicules sont constitués par des capsules ou des sachets spermatiques, distincts , pédicellés, assez gros, et dont le nombre varie selon les genres.

Leurs larves, vivant presque toutes dans l'intérieur des arbres ou sous leurs écorces, sont privées de pieds, ou n'en ont que de très petits ; elles ont le corps mou, blanchâtre , plus gros en avant, avec la tête écailleuse pourvue de mandibules fortes et sans autres parties saillantes. Elles font beaucoup de tort aux arbres, surtout les grandes, les perçant souvent très profondément, ou les criblant de trous (1). Quelques-unes rongent les racines des plantes. Les femilles ont l'abdomen terminé par un oviducte tubulaire et corué. Ces Insectes produisent un petit son aigu, par le frottement du pédicule de la base de leur abdomen contre la paroi intérieure du corselet , lorsqu'ils l'y font entrer et qu'ils le retirent alternativement.

Dans la méthode de Linnœus , ces Insectes forment les genres Ceramhxjx , Leptura^ Necydnlis, que Geoffroy, Fabricius , et d'autres naturalistes, ont tâché de régulariser et de simplifier par des transpositions d'espèces , ou en établissant d'autres coupes génériques. Vu néanmoins la quantité d'espèces découvertes depuis le Pline du nord , l'insuffisance des caractères qui signalent ces genres , le désordre qui règne encore dans plu-

(1) VoyezV\\\'i\.. natur. du Lamia ampiitator, publiée par Lansd. Qiiilding . dans le lô*" vol. des Trans. linn.

COLÉOPTÈRES. Or,

sieurs d'entre eux , une révision générale et approfondie est de- Tenue nécessaire ; espérons que les recherches de Lepelleticr et Serville, qui se sont spécialement occupés de cette famille, aplanii-ont ces difficullés.

Nous partagerons d'abord les Longicornes en deux sections. Ceux de la première ont les yeux soit fortement écliancrés ou en croissant, soit alongés et étroits ^ leur tête s'enfonce, jusqu'à ces organes, dans le corselet, sans en être distinguée par un rétrécissement brusque et formant une espèce de cou ; elle est verticale dans plusieurs.

Les uns ont le dermier article des palpes , tantôt presque en forme de cône ou de triangle renversé , tantôt presque cylindrique et tronqué au bout; le lobe terminant les mâchoires droit (point courbé sur l'interne à son extrémité); la lêle est ordinairement avancée ou simplement penchée , et dans ceux où , par une exception très rare (les Dorcacères) , elle est verticale, sa largeur égale presque alors celle du corps, et les antennes sont très écartées à leur naissance, et épineuses ; le corselet, souvent très inégal ou carré, est rarement cylindrique.

Ces Longicornes se subdivisent en deux coupes principales ou petites tribus.

1° Les Prioniens {Prionii)^ qui ont pour caractères; labre nul ou très petit et peu distinct : mandibules fortes ou même très grandes, surtout dans la plupart des mâles; lobe interne des mâchoires nul ou très petit ; antennes insérées près de la base des mandibules ou de l'écliancrure des yeux , mais point entourées par eux à leur naissance ; corselet le plus souvent trapézoide ou carré, crénelé ou dentelé latéralement.

Un premier genre , celui

Des Parandres (Parandra. Latr. — Altelahus, De G.; Tenebrio. Fab.)

Ayant, ainsi que le suivant, des antennes simples, presque grenues, comprimées, de la même grosseur partout, de la longueur au plus du corselet, et le lobe terminant les mâchoires très petit, atteignant à peine l'extrémité du premier article de leurs palpes , est distingué , tant de ce genre (1) que des autres de la même famille, par sa languette cornée, en forme de segment de cercle très court , transvei'sal , sans échancrure ni lobes , et par ses tarses , dont le pénultième article légèrement bilobé , et dont le dernier, notablement plus long que les précédents pris ensemble , offre, entre ses crochets, un petit appendice, avec deux soies au bout. Le

(1) Les mandibules des Spoiidyles et des Parandres sont an plusdela longueur delà tête, triangulaires ou coniques, et arquées au bout.

TOiii: m. 9

corps est parallélipipède, déprimé, avec lo corselet carré, arrondi aux angles postérieurs, sans épines ni dents. Ces Insectes sont particuliers à l'Amérique (1).

Les Spondtles (Spondylis. Fab. — Attelahrts, Lin.; Ceramhyx. De G.)

Qui , rapprochés des Parandres à raison de leurs antennes et de l'exiguité de leurs lobes maxillaires , s'en éloignent sous le rapport de leur languette; de même que dans tous les autres Longicornes suivants, elle est membraneuse, en forme de cœur; ils diffèrent aussi quant aux tarses; le pénultième article est profondément bilobé, et le dernier n'est pas plus long que les précédents réunis, et sans appendices, portant deux soies entre les crochets. D'autre part, les Spondyles sont distingués des genres suivants par leur corselet presque globuleux, sans rebords, et dépourvu de dents ou d'épines. Leurs larves vivent dans l'intérieur des pins et des sapins de l'Europe.

Le S. hiipresloïde ( Attelabus hujirestoides , Lin. ; Oliv. , Col. I V , 71 , i , 1 ) est long de six à sept lignes , tout noir , très ponctué , avec deux lignes élevées et longitudinales sur chaque élytre. Elles s'oblitèrent quelquefois , et ces individus sont regardés par quelques entomologistes comme formant une espèce propre {Elongatum). On n'en connaît point d'autres (2).

Le troisième et dernier genre de cette tribu , celui

Des Priones, (Prionus. Geoff. , Fab., Oliv.)

A des antennes plus longues que la tête et le corselet , en scie ou pectinées dans les uns , simples , amincies vers leur extrémité et à articles alongés dans les autres. Le lobe terminal des mâchoires est aussi long au moins que les deux premiers articles de leurs palpes. Le corps est généralement déprimé, avec le corselet carré ou trapézoïde, soit denté ou épineux, soit anguleux latéralement.

Ces Insectes ne volent que le soir ou dans la nuit, et se tiennent toujours sur les arbres. Quelques espèces exotiques sont remarquables par leur grande taille et celle de leur mandibules. On mange la larve du P, cenncorne, qui vit dans le bois du fromager.

Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces qui , par les variétés de forme et de grandeur de leurs mandibules, de leurs antennes, du corselet, de l'abdomen, pourraient composer plusieurs petits groupes ou sous-genres.

L'on séparerait d'abord les espèces à corps presque parallélipipède ou alongc, droit, avec le corselet beaucoup plus court que l'abdomen, carré ou trapézoïde, très arqué sur les côtés ; l'écusson petit ou moyen ; les antennes simples ou peu en scie, et les mandibules souvent grandes dans les mâles.

Parmi les espèces de celte division, à mandibules plus courtes que la tête, à antennes presque sétacées, assez longues, de onze articles, et dont le troisième beaucoup plus long que les suivants , se range

Le P. rouillé { P. scahvlcornis, Fab. ; Oliv. , Col. IV , 66 , XI , 42) , que l'on trouve en France, en Allemagne. Son corps est long d'un pouce et demi,

(1) Voyez Latr. Gêner. Crust. et Insecl. 111, 28, et I , ix, 7; Scliœnh. Synon. Iiisect. I , ni , p. ôû4 , et App. p. 143 , et l'ai ticle Parandra de rEiicyclopédie méthodique.

(2) Foycz Fab. Oliv. Lnlr. Gyll. etc.

avec les antennes hérissées de petites épines et une seule dent de chaque coté du corselet, formée par ses angles postérieurs (1).

D'autres espèces, généralement moins oblongiies , un peu penchées par devant, dont les mandibules sont toujours moyennes ou peu avancées dans les deux sexes j ayant le corselet fortement denté latéralement ; les antennes pectinées ou fortement en scie, dans les mâles, et composées de plus de onze articles dans plusieurs de ces individus; les élytres de la longueur de l'abdomen, et le recouvrant en dessus , ainsi que les ailes, formeraient une seconde division générale.

Le P. corroyeur ( Ccramhyx coriarhis , Lin. ; Oliv. , îb\d. , 1 , 1 , ) , long de quinze lignes, d'un brun noirâtre, avec les antennes en scie, de douze articles, dans le mâle , et trois dents à chaque bord latéral du corselet. Vit en état de larve , dans les troncs pourris de nos chênes et de nos bouleaux. Pour se métamorphoser , elle se creuse un trou dans la terre (2).

Quelques autres Priones, propres au Brésil, d'une forme analogue, mais à élylres petites , triangulaires , ne recouvrant pas entièrement l'abdomen , m'ont paru (Familles natur. durèg. anim.) devoir former un genre propre ( Anacole, Anacolus). Lepelletier et Serville en ont décrit deux espèces {sanguineus , lugubris ) dans l'Encyclopédie méthodique.

Enfin , d'autres Priones à couleurs diversifiées et métalliques dans plusieurs, ont le corps plus court et plus large, presque ovalaire , avec la tête souvent prolongée postérieurement derrière les yeux ; les antennes simples , comprimées ; les mandibules courtes ; le corselet large , dilaté , arqué et unidenté latéralement, et tronqué obliquement ou échancré aux angles postérieurs; l'abdomen presque carré , une demi-fois environ plus long que large. L'écusson est ordinairement grand. La languette est proportionnellement plus albngée (3).

2» Les Gérambycins (Cerambycini) ont un labre très apparent et s'étendant dans toute la largeur de rextréraite antérieure de la tête; les deux lobes maxillaires très distincts et saillants; les mandibules de grandeur ordinaire et semblables ou peu différentes dans les deux sexes ; les yeux toujours échancrés et entourant , du moins en partie , la base des antennes , qui sont ordinairement de la longueur du corps ou plus longues; les cuisses , ou les quatre antérieures au moins , sont ordinairement en massue ovoïde ou ovalaire, rétrécies en pédicule à la base.

Viendront en premier lieu , ceux dont le dernier article des palpes est toujours manifestement plus épais que les précédents, en forme de triangle ou de cône renversé ; dont la tête n'est point sensiblement rétrécie et prolongée antérieurement , en forme de museau ; dont le corselet ne s'élargit point de devant

(1) Les Priones giganfeus y cervicornis, damicornis^ maxillosus , barbât us , faber, serripes, etc. , de Fab. et d'Olivier.

(2) Les P. brevicornis , imbricornis , depsarius , etc.

(5) Les Priones nitidus, lineatus, Thomœ, bifasciatus, canaliculalus , etc. , de Fab, Le P. Spencii de Kivb. (Linn. trans. XII , xxii , 13) paraît appartenir à la même division ou en former une propre. Voyez Latr. Gêner. Crust. et Insecl. I , II , p. 30 et suiv. ; l'ait. Prione derEncyclop. méthod.

en arrière et n'offre point la figure dun trapèze ou d'un cône tronqué , et dont les élytres ne sont ni très courtes et en forme d écailles, ni rétrécies brusquement un peu au-delà de leur base, et terminées en manière d'alêne. On pourrait désigner cette subdivision sous la dénomination de Cérambycinsre]f/î</2er5, par opposition à ceux de la suivante, qui sont, à plusieurs égards , anomaux , et dont les derniers semblent se lier avec ceux de la tribu qui succède immédiatement à celle-ci. Ils composent les genres Cerambyx , Clytus , Callidium , de Fabricius, une partie de ses Sténocores , genre différent de celui désigné ainsi avant lui par Geoffroy. Ce sont des Cer«?ni&yA' pour Linnœus, et auxquels il faut joindre quelques-unes de ses Leptures. Les entomologistes modernes ont augmenté le nombre de ces coupes génériques ; mais les caractères en sont si peu tranchés et se nuancent tellement , que ces genres peuvent être réunis en un seul , celui

Des Capricornes. (Cerambyx.)

Un assez grand nombre d'espèces , et toutes de l'Amérique méridionale, proportionnellement plus courtes et plus larges que les suivantes , à antennes souvent pectinées , en scie ou épineuses , sont remarquables par l'étendue de leur corselet, dont la longueur égale presque la moitié de celle des élytres ; tantôt uni , il est presque semi-orbiculaire , unidenté seulement aux angles postérieurs, tantôt très inégal et tuberculeux; leur présternum est soit caréné ou termine en pointe , soit plan , tronqué , entier ou échancré à son extrémité postérieure , qui s'applique sur une saillie antérieure du mésosternum ; les pieds antérieurs , au moins , sont écartés à leur naissance. L'écusson est grand dans plusieurs ; les tarses sont courts et dilatés.

Ceux de cette division où le corselet, presque semi-orbiculaire et toujours fort grand, est uni ou simplement chagriné, avec une seule dent, de chaque côté, aux angles postérieurs; dont l'extrémité postérieure du présternum est plane , tronquée , soit sans échancrure, soit échancrée , et appliquée sur le mésosternum; dont récusson est toujours fort grand, et qui ont les pieds fort écartés , forment deux sous-genres.

Les LissoNOTES. (Lissonotus. Daim. — Cerambyx , Fab.)

Dont les antennes sont fortement comprimées, en scie ou semi-pectinées , longues, et dont l'extrémité postérieure du présternum n'offre point d'échancrure (1).

Les MÉGADÈRES. ( Megaderus. Dej. — CaUidium, Fab.)

A antennes simples , plus courtes que le corps , et où l'extrémité postérieure du présternum est échancrée, et reçoit, dans cette échancrure, le bout op-

(1) /'oyesSchœnh.Syiion.lnsect.jDalman, Anal. Entomol. et Germai'. Insecl. spec. nov.

posé du mésosternum , de manière qu'ils s'unissent inlimement on paraissent ne l'ormer qu'un seul plan (1).

On a dispersé, dans quatre sous-genres, ceux dont le corselet est très inéfjal, tuberculeux ou pluridenté, avec le présternum caréné ou terminé postérieurement en pointe.

Ici les antennes sont longues, sétacée» , simples , ou tout au plus un peu épineuses ou garnies de l'aisceaux de poils.

Le corselet est toujours grand , très inégal , guère plus large quqjlong.

Les DoRCAcÈRES. (DoRCACERus. Dcj. — CerambyXf Oliv.)

Distingués de tous les autres par leur tête verticale, grande, presque aussi large que le corselet mesuré dans son plus grand diamètre transversal, plane et très velue en devant. Les antennes sont très écartées. Le présternum n'est point élevé en carène, et se termine simplement en pointe. L'écusson est petit (2).

Les Trachydères. ( Tracuyderes. Daim. — Cerambyx , Fab. )

Où le corselet est grand, beaucoup plus large que la tète, avec l'extrémité postérieure du présternum et souvent aussi l'opposée, élevée en carène ; où l'écusson est alongé ; dont les élytres sont plus larges à leur base et vont en se rétrécissant , et dont les antennes ne sont point garnies de faisceaux de poils (3).

Les Lophonocères. (Lophonocerus. Latr.)

Ayant aussi la tête plus étroite que le corselet, et l'extrémité postérieure du présternum carénée , mais où ce corselet , ainsi que l'écusson , est proportionnellement plus petit, où les élytres s'élargissent vers leur extrémité, ou du moins ne vont point en se rétrécissant, et qui ont le troisième article des antennes et les trois suivants garnis de faisceaux de poils (4).

Là , les antennes sont plus courtes que le corps , pectinées ou en scie. Le corselet est transversal , denté latéralement. Les élytres s'élargissent postérieurement.

Les Cténodes. (Ctenodes. Oliv. Klùg. ) (5).

Maintenant le corselet, tantôt presque carré ou cylindrique , tantôt orbiculaire ou presque globuleux , est beaucoup plus court que les élytres, du moins dans ceux où il s'étend en largeur, et le présternum n'offre ni carène , ni prolongement pointu, à son extrémité postérieure. L'écusson est toujours petit. Les pieds sont rapprochés à leur naissance.

Un seul sous-genre , celui

Des Phœnicocères, ( Phoenicocerus. Latr.),

S'éloigne des suivants parla forme des antennes du mâle, dont les articles , à commencer au troisième , se prolongent en manière de lames longues et

(1 ) Callidiuin stigma, Fab.; Dej. Catal. p. 106.

(2) Cerambyx harbatus, Oliv. ; Dej. ibid. p. 105. (5) Schœiih. Synoii. Insect. I, ô, p. ôGi.

(4) Ceraiiihij.v barbicornis , Oliv.j — Trachydcres hirliconiis , Schœnh. 5 Cerambyx hirticornis , Kirby.

(3) Oliv. Col. YI, 59 6*s, 1,1; Scliœnh. Insect. 1,3, p. ôiG; — les Clcnolcs zoneta, minuta , geniculala, de Rlùg , Entoiii. Brésil. XLII, 1,2,3. Ne connaissant ces liisecles que d'après les figures qu'on en a données , je ne les place duas cette division que piuanalogie.

étroites , et forment un grand faisceau ou éventail. On n'en connaît encore (ju'iine espèce ( P. Dcjeanii) , et propre au Brésil.

Dans les autres, les antennes sont tout au plus épineuses ou un peu dentées en scie.

Plusieurs, très remarquables par leurs couleurs et l'odeur agréable qu'ils répandent, offrent, sous le rapport d«s proportions relatives des palpes , une anomalie : les maxillaires sont plus petits que les labiaux et même plus courts que le lobe terminal des mâchoires , qui est souvent avancé. Le corps est déprimé avec le devant de la tête rétréci et pointu ; les jambes postéi'ieures sont souvent très comprimées.

Ces Longicornes composent le sous-genre

Des C\LLicHnoMES. ( Callichroma. Latr. — Cerambyx , Fab. , Dej. )

Parmi les espèces à antennes simples, sétacées , à corselet dilaté, épineux ou tubercule au milieu de ses côtés , et dont les pieds postérieurs ont les cuisses alongées et les jambes très comprimées, se range une espèce de notre pays, qui se trouve sur les saules et répand une forte odeur de rose.

Le C. musqué ( Cerambix moschatus, Lin. ; Oliv., Col. IV, 67, xvii, 7); il est

long d'environ un pouce , entièrement vert ou d'un bleu foncé , et un peu

doré dans quelques individus.

Une autre (Jmbrosiacus. Stev. , Charpent. ), qui se trouve au midi de

l'Europe, en Crimée, etc. , ressemble beaucoup à la précédente; mais son

corselet est en tout, ou seulement sur les côtés , d'un rouge de sang.

L'Amérique méridionale et les contrées équatoriales de l'ancien continent,

en fournissent plusieurs autres (1).

D'autres Longicornes de la même division , mais dans lesquels les palpes maxillaires , comme d'ordinaire, sont aussi longs au moins que les labiaux, et dépassent l'extrémité des mâchoires, sont distingués des suivants par leurs antennes, offrant distinctement, du moins dans les mâles, douze articles, au lieu de onze ; elles sont toujours longues, sétacées, souvent épineuses ou barbues. Le corselet est denté ou épineux sur les côtés. Nous les réunirons dans le sous-genre

Des AcANTHOPTi;RES. ( AcANTHOPTERA. Latr. — Callichroma, Purpuricenus , Stenocorus , Dej. , Daim. )

Des espèces de l'Amérique, à corselet presque carré ou presque cylindrique, et dont les élytres sont le plus souvent terminées par une ou deux épines, sont des Stenocorus pour Dalman (2).

D'autres, mais généralement propres aux contrées occidentales de l'ancien continent , dont le corps est assez élevé , avec le corselet presque globuleux ,

(l)Les Ccrambyx virons, albitarsus , nitens, micans, ater , fesUvus , titlatus, sericeus, elegans, suturnlis , latipcs , regius, alhicornis , etc., de Fabricius.

Quelques espèces africaines, telles que les Ccrambyx longicornis, clavicornis et claviger de Schœnherr . très analogues , au pieinier coupd'œii, aux précédentes, paraissent devoir, à raison de leurs antenn'es comprimées et dilatées vers le bout , former un sous-genre propre. Mais la bouche du Ceravibyx sex-punctatus de ce savant {Sapcrda 6-punciala, lab.), qui paraît, par son analogie avec le C. clavicornis {Sap. clavicornis, Fab.) du même, être congénère, ressemble , quant aux proportions des palpes, aux Capricornes proprement dits.

La Saperda hirsuticornis de Fab. ( Kirb. Linn. Trans. XII, p. 442) est bien un Callichrome par la bouche , mais elle en dififère par les antennes et la forme du corps.

(2) Insect. Spec. nov. p. 511 et suiv.

et les antennes simples et sans faisceaux de poils, sont <les Piivpurlcenus pour

Ziégler et Dejean (1).

Une autre espèce à corps déprimé, et dont les antennes ont le troisième article et les trois suivants terminés par un petit faisceau de poils , se rapproche des Callichromes , avec lesquels nous Pavions d'abord placée , à raison de sa forme générale et de son odeur de musc. Cest VA. rosalie ( Ceramhyx alpinvs , Lin.; Oliv. , ibid. , 67, IX , 58 ) ; elle est d'un bleu cendré , avec six taches noires , disposées longitudinalement sur chaque élytre , dont les deux du milieu plus grandes et formant une bande. Le devant du corselet offre une tache de la même couleur. L'extrémité supérieure des articles des antennes est pareillement noire. Elle est commune dans les montagnes alpines , et on la prend aussi quelquefois dans les chantiers de Paris.

Les Cérambycins suivants n'ont que onze articles aux antennes.

Les luis ou du moins les mâles , ont des antennes longues , sétacées ; le dernier article des palpes en forme de cône renversé, le corselet soit presque carré et un peu dilaté au milieu, soit oblong et presque cylindrique; il est souvent rugueux et tubercule latéralement. Ils composeront le sous-genre

Des Capricornes proprement dits. (Cerambyx. Lin., Fab. )

On a distingué génériquement , et sous le nom d'IÏAMATicÈRE ( ITaynatîcevus ), des espèces à corselet inégal ou raboteux, ordinairement épineux ou tubercule et dilaté sur le milieu de ses côtés ; ayant les troisième , quatrième et cinquième articles des antennes manifestement plus épais que les suivants, épaissis et arrondis au bout; ceux-ci , brusquement plus longs et plus menus, presque cylindriques, forment, avec les précédents, une transition subite; ces organes sont beaucoup plus longs dans les mâles que dans les femelles.

Le C. héros ( C. héros , Fab. ; Oliv. , ibid., 1,1), long d'un pouce et demi, noir, avec le bout des élytres brun et prolongé en une petite dent à la suture. Le corselet est très ridé, avec un tubercule pointu ou en iorme d'épine de chaque côté. Les antennes sont simples. Commun dans les pays tempérés et chauds de l'Europe. Sa larve lait des trous profonds dans le bois du chêne ; c'est peut-être le Cossus des anciens. On trouve dans nos départements méridionaux une espèce très analogue à la précédente, mais sans dent suturale, à antennes proportionnellement plus courtes et plus noduleuses , surtout dans la femelle. Bonelli l'a nommée Militaire ( 3/ilifaris ).

Les caractères tirés des antennes sont bien moins prononcés dans une autre espèce du pays , beaucoup plus petite , plus étroite , entièrement noire , et sans dent à l'extrémité des élytres , celle que Linnœus nomme Cerdo (2).

Nous rapporterons au même sous-genre diverses espèces de Callichromes de Dejean, à corselet uni ou peu inégal, proportionnellement plus long,

(1) Les Ceravihyx Kœhleri , Dcsfontainii , de Fnb. ; — C. budensis de Goeze. Le C. rinculatus de Germar, qu'il rapporte aux Purpuricènes, est un Callichrome. Sahlberg, professeur d'histoire naturelle, a décrit et figuré ce dernier Coléoptère, sous le nom de Ceranihyx zonatus , dans un ouvrcge ayant pour titre : Pcriciili entoviographici , Species Insectorum nondinn descriptas proposituri fascicnhis, avec quatre planches. Il y a représenté diverses espèces de Charaiisonitcs , formant de nouveaux genres dans la méthode de Schœnherr. Les descriptions sont faites sur celle de Gyllenhall , et aussi complètes que possible.

(2) Voyez , pour d'autres espèces, le Catalogue de Dejean, p. 105. Quelques espèces exotiques ont le corselet alongé etmutique, de mèmeqnelesGiiomes.heCeramhixbafliis et quelques autres à antennes épineuses ou en scie doivent former une division particulière , à la suite de la précédente.

soit ovalaire et tronqué aux deux bouts , soit presque cylindrique. Ces esp«^ces sont exotiques, presque toutes de rAmérique méridionale et de petite taille. Elles sont, en général , très ornées, et quelques-unes ont un ou deux faisceaux globuleux de poils aux antennes. Il en est dont les pattes postérieures offrent la même singularité. Fabriciuset Olivier ont placé quelques-unes de ces espèces avec les Saperdcs. Les cuisses de ces Insectes forment, généralement, une massue portée sur un long pédicule, et les antennes sont composées d'articles longs et grêles (1).

Nous réunirons encore au sous-genre des Capricornes , les Gnomes {Gnoma) de Dejean. Leur corselet est beaucoup plus long et cylindrique. L'angle interne de Textrémité supérieure des articles des antennes est un peu dilaté. Les palpes sont presque filiformes, et les mandibules offrent intérieurement une dent. Les deux espèces mentionnées par lui sont propres , Tune {G. rugicoUis , Fab. ) à la Caroline, et Wnlre {sanguinea. Dej. ) au JJrésil.

Les Cérambycins dont les antennes ne sont guère ordinairement plus longues cjue le corps , et plutôt filiformes que sétacées ; où le corselet , toujours nnilique, est tantôt presque globuleux ou orbiculaire, et tantôt plus étroit, presque cylindrique et simplement dilaté et arrondi, dans son milieu ; et dont les palpes, toujours très courts, se terminent par un article un peu plus épaissi et plus large que dans les précédents, en forme de triangle renversé , composent, dans les premiers ouvrages de Fabricius , et dans l'Entomologie d'Olivier , le genre

Des Callidies (Callidium.)

Qui en forme maintenant trois.

Les espèces où la tête est au moins de la largeur du corselet, et où celui-ci est presque cylindrique et simplement dilaté et arrondi au milieu, composent le genre Certalle {certallum) de Mégerle et Dejean (2).

Celles où la tête est plus étroite que le corselet, qui est élevé, presque globideux, sont des Clites {Clitus) pour Fabricius.

Enfin celles où le corselet, pareillement plus large que la tête, est aplati et orbiculaire , ont conservé la dénomination générique de Callidie.

Nous trouvons très communément, au printemps, dans les chantiers elles maisons même , une espèce de cette dernière division.

Le C. sanguin ( Cerambyx sangjiineiis , Lin. ; Oliv, , ibid. , 70 , i, 1 ) ; il est

long de cinq lignes , noir, avec les corselets et les étuis veloutés , d'un Leau

rouge sanguin.

Le C. arqué ( Leptvra arcuata , Lin. ; Oliv. , îbld. , 70 , ii , 16) , qui est long

d'environ un demi-pouce , très noir, avec deux bandes sur le corselet, trois

raies arquées sur les étuis, quelques points à leur base et à leur extrémité ,

d'un jaune doré , appartient à la division des Clites. Cet Insecte est aussi très

commun.

Nous terminerons celte tribu par des Insectes qui , sous le rapport des palpes, de la forme de la tête, du corselet et de celle des élytres, ainsi que de leurs proportions, offrent des anomalies remarquables.

(1) Les Callichromes de Dejean (Calai. ) , à l'exception de VAlpina, et probablement du Glohosa. Rapporlcz-y aussi les Callichromes décrits par Germar dans son ouvrage intitulé : Insect. Spec. nov. 5 le CaUicliroiiia scopifcrmn et les Cvramhyoc de l'Entomol. Brésil, de Klijg, ainsi que la Saperda scohulicornin de Kirby (Linn. Trans.); les Cerambyx perforafusH collarisàc Klûg et le Giiovia claripesAa Fabricius sont remarquables par la longueur du corselet , et se rapprochent des Gnomes de Dejean.

(2) Callidiuvi rtificulle, Fab.; — cjusd. C.fngax; Callidium stigcnivi , Gerni.

COLEOPTERES. 73

Nous commencerons par ceux dont le corselet a une forme très analogue à celui des précédents et surtout des Certalles. Il est delà largeur de la tête et de celle de la base des élytres ou à peine plus étroit, soit presque cylindrique, soit arrondi, ou presque orbiculaire , et dans les uns et les autres , plus large vers son milieu. Le dernier article des palpes est tantôt aminci vers le bout et terminé en pointe , tantôt plus épais et tronqué à cette extrémité, et en forme de cône renversé. Toutes les cuisses sont en massue, portées sur un pédicule brusque, gréle et alongé. Les élytres du plus grand nombre sont ou très courtes, ou resserrées brusquement à peu de distance de leur base, et subulées ensuite.

Viendront d'abord ceux où elles n'offrent point de telles dissemblances ; leurs formes et leurs proportions relatives sont toujours les mêmes que celles des élytres des Insectes précédents.

Le premier genre, celui des

Obries, (Obrium. Még., Dej. — Callidium, saperda. Fab.)

A pour caractères : tête arrondie et point prolongée antérieurement en manière de museau, palpes filiformes, avec le dernier article termine en pointe; antennes longues, sétacées ; corselet long, étroit, presque cylindrique ou en ovale tronqué (I).

Le second genre, celui des

Rhinotragces , (Rhinotragus. Daim.) (2).

Diffère du précédent par sa tête prolongée et rétrécie en devant, en manière de museau ; par ses palpes , dont le dernier article est un peu plus épais que les précédents et tronqué au bout; par ses antennes plus courtes que le corps , un peu dilatées et un peu dentées en scie au bout , et par son corselet presque orbiculaire. Ces Insectes se lient évidemment avec le genre suivant , celui des

Nécydales. (Necydalis.) de Linnœus.

Le seul de cette tribu dont les élytres soient ou très courtes et en foi'me d écailles, ou prolongées, comme d'ordinaire, jusqu'au bout de l'abdomen, mais resserrées brusquement , un peu au-delà de leur naissance , très étroites ensuite et allant en pointe , ou terminées en manière d'alêne. Ces derniers Insectes ne ressemblent aux OEdémères, avec lesquels Fabricius les a réunis, que sous ce rapport. Le dernier article des palpes est un peu plus grand , et presque en forme de cône renversé et comprimé. L'abdomen est long, étroit, resserré et comme pédicule à sa base. Les ailes ne sont repliées qu'à leur extrémité.

(1) ^oyes le Catalogue de Dejean , p. 110.

(2) Daim. Iiisect. Spec. iiov. p. 513. On peut aussi y rapporter les Sténoptères luridus, punctatiiSy atbicans , de l'Enloniol. Brésil, de Klùg.

Les espèces dont les élytres sont subulées formeront un premier sous-genre. Celui

Des Sténoptères. ( Stenopterus. Illig. )

On pourrait en séparer diverses espèces exotiques, à antennes, plus courtes, plus épaisses et presque dentées en scie vers leur extrémité (1). Dans celles de notre pays , telles que

La N. fauve (ru/a) de Linnaeus , ou la Lepiure à étuis étranglés de Geoffroy ( Oliv. , ibid., 74 , 1 , 6 ) , les antennes sont filiformes et de la longueur du corps (2).

Celles dont les élytres sont très courtes, en forme d'écaillés, composeront le sous-genre

Des NÉcYDALEs proprement dites, (Necydalis. )

Qui répond au genre Molovchus de Fabricius. Il a pour type \b^ grande Nécydale {Necydalis major) de Linnaeus et de Geoffroy. ( Oliv. , ibid. , I, 1. ) On la trouve , aux mois de juin et juillet , sur les vieux saules (3).

Des Insectes généralement propres à des îles africaines, à la INouvelle-HoIlande, à la Nouvelle-Irlande et à la Nouvelle-Zélande, ambigus sous plusieurs rapports, etqui, dans un ordre naturel, devraient peut-être venir entre les Lamiaires et les Lepturètes , termineront la division des Cérambycins.

Leurs palpes sont presque filiformes, avec le dernier article presque cylindrique , un peu aminci vers sa base , le corselet , ordinairement uni ou peu inégal, sans tubercules aigus, s'élargit de devant en arrière , ou présente la forme d'un trapèze ou d'un cône tronqué , comme dans la dernière tribu de cette famille ; l'abdomen est presque en forme de triangle renversé, dans la plupart , et les élytres sont tronquées au bout.

Ces Insectes formeront quatre genres.

Les DisTicHocÈREs. (Distichocera) de Kirby.

Où les antennes des mâles vont en se dilatant vers le bout, avec leurs articles , à partir du troisième, fourchus ou divisés en deux rameaux au bout (-4).

Les Tmésisterkes. (Tmesisternus. Latr.)

Où les antennes sont simples, sétacées, plus longues que le corps; dont le corselet est lobé postérieurement , avec le présternum prolongé posté-

(1) Foycz TEntom. Brésil, de Rlûg.

(2) Les Nccydalcs atra et prœusta , deFab. et la N. femorata deGermar sont analogues.

(3) Foyez, Fabricius, Olivier, Rlûg. Kiiby et Schœnherr.

Le Slevocorus hcmipterus de Fabricius, qui semblerait devoir être placé ici , est, dans Tordre naturel , plus voisin des Sténocores de Germar et Dejean.

(4) Kirby, Linn. Trans. XII, xxni, 10.

rieurement, tronqué et reçu dans l'échancrure d'une saillie du mésosternum (I).

Les Tragocères. (Tragocerijs) de Dejean.

Sans saillie présternale ; à antennes filiformes, un peu plus courtes que le corps, un peu en scie; à corselet inégal , un peu sinué latéralement, et dont les élytres forment un carré long (2).

Les Leptocères. (Leptocera) du même.

Qui n'ont pas non plus de saillie au présternum , mais dont les antennes sont sétacées , beaucoup plus longues que le corps , surtout dans les mâles ; dont le corselet est uni , en forme de cône tronqué ; et dont l'abdomen et les élytres sont presque triangulaires (3) .

Les Longicornes de notre troisième tribu , celle des lamiaires {Lamiariœ) , se distinguent par leur tête verticale , et leurs palpes filiformes ou guère plus gros à leur extrémité et terminés par un article plus ou moins ovoïde, allant en pointe. Le lobe extérieur des mâchoires est un peu rétréci au bout et se courbe sur la division interne. Les antennes sont le plus souvent sétacées et simples, et le corselet , abstraction faite des tubercules ou des épines des côtés , est à peu près de la même largeur partout. Quelques espèces sont aptères , caractère que n'offre aucune autre division de celte famille.

Celte tribu se compose des genres Lamia^ Saperda, de Fabricius, de quelques-uns de ses Sténocores , des Colobothées de Dejean, ainsi que de quelques-uns de ses Cérambyx ; mais je n'ai pas encore découvert de caractères qui séparent rigoureusement le premier de ces genres du suivant.

Le Ceramhijx longimmms de Linnœus et de Fabricius n'est ni de ce genre, ni de celui de Prione, où on l'avait d'abord placé; mais il en forme un propre , ainsi que l'ont jugé Illiger et Thunberg , et appartenant à la tribu des Lamiaires .

C'est celui qu'Illiger a nommé

AcRociNE. (AcRocmus , — Macropus. Thunb.)

Il se distingue de tous les Longicornes par son corselet , ayant de chaque côté un tubercule mobile, terminé en pointe ou par une épine. Le corps est aplati , avec le corselet transversal ; les antennes longues et menues, et les pieds antérieurs plus longs que les autres ; les élytres sont

(1) Insectes inédits de la Nouvelle-Irlande , et qui ont les plus grands rapports avec les Gallidies rariegatum , lineatum et sulcatum , de Fab.

{2)«ej. Catal.,111.

(ô) Caramhtjx scriptus , Lin. Ile-de-France. Consultez , pour ces genres, les Trans;ioiious de la société linnéeune , et l'ouvrage sur les Insectes de la Nouvelle-llollande de DoHovan.

tronquées au bout, et terminées par deux dents , dont l'extérieure plus forte.

L'espèce la plus remarquable et Tmie des plus grandes, est V^. longimane ( Cevambyx lotigîmaniis , Lin.; Oliv., Col. IV, 66, m, iv, 12), connue sous le nom vulgaire à' Arlequin de Cayenne. Les cuisses et les jambes des deux pieds antérieurs sont très longues et grêles. Les tubercules mobiles du corselet sont terminés par une lorte épine. Le dessus des élytres est agréablement mélangé de gris, de ronge et de noir (1).

Tous les autres Lamiaires ne composeront qu'un seul genre, celui

Des Lamies, (Lamia.)

Que nous partagerons en deux sections , ceux dont les côtés du corselet sont tantôt tuberculeux ou ridés, tantôt épineux, et ceux où il est uni et cylindrique.

Les premiers se diviseront en ailés et en aptères.

On a formé avec nn grand nombre d'espèces, la plupart de 'Amérique méridionale , dont le corps est proportionnellement pluls court ,plus large, déprimé ou peu élevé , avec le corselet transversal , 'abdomen presque carré , guère plus long que large ; les pattes robustes et dont les tarses sont ti'ès dilatés, le genre Acanthocine {Acanthocinus. Meg., Dej.) Nous en avons en Europe trois espèces, dont l'une, la L. Charpentier {L. œdilis, Fab.), qui est brune , avec un duvet grisâtre, quatre points jaunes sur le corselet, et deux bandes noirâtres sur les élytres, est remarquable en ce que les antennes du mâle sont d'une longueur quadruple de celle du corps (2).

Auprès des Acanthocines se place le genre Tapeine ( Tapeina) de Pelletier et Serville(Encyc. met. X, 84S). Les antennes des mâles sont insérées à l'extrémité postérieure d'un long appendice qui naît du rebord latéral du front, et s'étend transversalement et couvre les yeux. Toutes les espèces connues sont du Brésil.

D'autres , d'une forme très analogue , à antennes soit barbues , soit garnies de faisceaux de poils, ont paru devoir former un autre genre, celui de POGONOCHÈRE {Pogonocherus, Meg., Dej.). Nous en avons quelques espèces en Europe , et presque toutes remarquables par leurs élytres tronquées obliquement au bout (S).

D'autres encore, et toujours peu alongées, mais dont le corps est plus cylindrique , ont chaque œil entièrement partagé en deux par le tubercule donnant naissance à l'antenne. C'est le genre Tétraope [Tetraopes) {A).

Quelques autres Lamies de Fabricius, à corps étroit et alongé, avec les antennes fort longues, une forte épine de chaque côté du corselet ; dont les jambes antérieures sont un peu courbes, et dont les intermédiaires ont une dent au côté extérieur, composent celui de Monochame {Monochamus.

(1) Ajoutez Prionus accentifer , Oliv.

(2) Voyez , ))Our lesaulres espèces, le Calai, de Dejean, pag. lOG. (-5) Ib'id. 107.

(4) Voyez Scnœnh. ( Synon. Insect.) et le Catal. de Dejean. Les Ccrambyx ma.rillosus (•'. Nigripes dOlivie r , paraissent avoisiner ces Insectes.

COLEOPTERES. 77

Dej. — Monochammus. Dahl., Catal.); comme ils n'eu ont point donné les caractères, je n'indique ceux-ci que d'après mes présomptions (1).

Dans le catalogue de la collection des Coléoptères de Dejean , si l'on excepte les espèces aptères, les autres Lamies de Fabricius conservent la dénomination générique de LAMiE(Za/«/a); mais il paraît d'après un autre catalocelui de Dahl, que deux espèces { Curculionides , Nehulosa) de notre pays, gue, en ont été séparées par Mégerle, pour former une autre coupe générique, celle de Mésose {Mesosa) (2) ; en supposant que les Saperdes diffèrent des Lamies par l'absence de pointes latérales au corselet , ces espèces se rapprocheraient , à cet égard des Saperdes 5 mais leur corps est proportionnellement plus court et plus large que celui de ces derniers Insectes, et par ce caractère , elles sont plus voisines des Lamies. Celle de ces deux espèces qu'on a nommée

La L. Charanson ( L. Curculiotioides , Fab. ; Oliv. , ibicl. , IV, 67, x , 69 ) , est l'une des plus jolies de celles de notre pays. Son corps est long de six lignes , brun , avec des taches rondes , noires , veloutées , entourées d'un cercle ferrugineux , ce qui lui a fait donner par Geoffroy la dénomination de Lepture aux yeux de Paon.

Une autre espèce commune en Europe, mais dont le corselet est armé, de chaque côté, d'un tubercule pointu , est la L. Tisserand ( Cerambyx textor , Lin. ; Oliv. , ibid. , vi , 59 ) ; elle est longue d'un pouce , d'un noir sombre , avec les antennes courtes , et les étuis chagrinés. Elle conduit évidemment , avec quelques autres , aux espèces aptères , toutes propres à l'Europe et aux contrées de l'Asie, qui lui sont limitrophes , et dont les larves rongent probablement les racines des végétaux.

Ces espèces composent le genre Dorcadion ( Dorcadion ) de Dalman , adopté par la plupart des entomologistes. Les antennes sont généralement plus courtes que le corps , à articles en forme de cône renversé , ce qui les fait paraître noduleuses , et leur abdomen est ovalaire ou presque triangulaire.

Mégerle a formé avec quelques petites espèces un genre propre , celui de Parmène ( Parmena ); mais elles ne me semblent s'éloigner des autres que par leurs antennes plus longues que le corps, et dont les articles étant plus alongés, sont alors plutôt cylindriques que coniques. 11 faudrait, d'après cela, leur adjoindre d'autres espèces beaucoup plus grandes , offrant les mêmes caractères (tristis , lugubvis , funesla ).

Parmi celles dont les antennes sont courtes , ou les Dorcarfion* proprement dits , il en est une très commune en Europe , mais presque exclusivement dans les terrains calcaires , ou d'une nature approchante , C'est la L. Cendrée ( Cerambyx fuliginator) , Lin.; Oliv., ibid., X, 21 ) ; elle est longue de six lignes , noire , avec les étuis tantôt cendrés, tantôt d'un brun noirâtre et offrant chacune , dans tous les cas , trois lignes blanches , l'une le long de la suture , l'autre le long du bord extérieur, et la troisième dans l'entre-deux , mais n'allant pas jusqu'à leur extrémité postérieure. L'Allemagne et la Russie méridionale en fournissent plusieurs autres espèces (3).

(1) Foyez Dejean , Catal. p. 106.

(2) On aurait pu en former une autre avec le Lainia hystrtx de Fab., dont les antennes sont pectinées. Il en est qui , telles que les L. 6-fasciaia , ô-fasciata , capensis , etc., ont plutôt des rides ou des plis sur les côtés du corselet que des épines. D'autres , comme les espèces nommées pulchra, regalis , imperialis, oculator y ont une forme plus raccourcie et plus large.

(3) f^oyez Schœnh. Synon. Insect. I, 5, p. 307 ; le Catalogue de Dejean , tant pour ce genre que pour celui de Parmène.

Les autres Lamiaires ont le corselet dépourvu latéralement de tubercules ou d'épines et cylindrique; leur corps est toujours alongé, et presque linéaire dans plusieurs. Ces Lamiaires composent le genre

Des Saperdes ( Saperda ) de Fabricius.

Celui qu'il nomme Gnoma , en le restreignant à quelques espèces de Java , de Sumatra , de la Nouvelle-Hollande , etc. . ressemble , quant à la direction de la tête et aux parties de la bouche , aux Lamies ; mais le corselet est aussi long que l'abdomen , cylindrique , un peu plus étroit au milieu , sans épines ni tubercules. Les antennes sont plus longues que le corps, quelquefois garnies de faisceaux de poils. Les pieds antérieurs sont alongés (1).

Dejean a détaché des Saperdes , les genres Adesme {Adesmus), Apomécyne {Apomecyna ), et Colobothée ( Colobothea ).

Les Adesmes (2) ne diffèrent des Saperdes ordinaires qu'en ce que le premier et le troisième article des antennes sont proportionnellement beaucoup plus alongés; la longueur de ces deux articles et de l'intermédiaire ou du second réunis font plus du tiers de la longueur totale de l'antenne.

hes Apotnécfnes (3) ont le corps cylindrique; les antennes filiformes, courtes, terminées en^une pointe aiguë, avec le troisième et le quatrième articles fort longs et les suivants très courts. Ces espèces sont propres aux Indes orientales, et à l'Ile-de-France. Elles tiennent de près aux Lamies proprement dites , et Fabricius en place une ( Histrio ) dans ce genre.

Les Colobothée s , dont il fait en majeure partie des Sténocores, ont leurs antennes très rapprochées à leur insertion , le corps comprimé et comme caréné latéralement, les étuis échancrés ou tronqués au bout, avec son angle extérieur prolongé en manière de dent ou d'épine. Les cuisses sont en massue pédiculée. La face forme un carré long. Ces Insectes sont propres à l'Amérique méridionale et aux îles les plus orientales de l'Asie , situées dans le voisinage de l'équateur (4).

D'autres Saperdes, et toutes du Brésil , dont le corselet est de la largeur des élytres ou à peine plus étroit ; dont les antennes ont les troisième et quatrième articles, ou du moins le précédent , très alongés ou dilatés, garnis de poils, et les derniers brusquement plus courts ; et dont les élytres sont élargies et arrondies au bout , forment une autre division (5).

Plusieurs autres Saperdes, dont le corps est toujours long et étroit, devraient , à raison de leurs antennes , composées de douze articles et non de onze, former un sous-genre propre (6).

Parmi les espèces considérées par tous les entomologistes actuels comme

des Saperdes proprement dites , nous citerons les deux suivantes :

La S. chagrinée ( Cerambyx carcharias , Lin. ; Oliv. , ibid. , 68 , n , 22) ; elle

(1) Les espèces nommées Longicollis , Giraffa, Cijlindricollis , et quelques autres inédites.

(2) Votjez le Catal. de Deiean, p. 108.

(3) Ibid.

(4) Ibid. Les Sténocores pictus (Oliv. Saperde, 68, iv, 40), Anmdatus de Fabricius. SaSapeide acuminata paraît être du même genre, ainsi que l'Insecte figuré par Olivier parmi les Capricornes, pi. xvi , 117, quoique son corselet soit bl-épineux.

(5) Telles sont les Saperdes amicta, togata , palliata , dasijccra , ciliaris , de l'Enlomologie brésilienne de Klûg. Le genre Thijrsia de Dalmaii (Anal. Enlom. p. 17, t. III ,) se rapproche , sous quelques rapports , de ces espèces ; mais il paraît, sous d'autres, venir près de nos derniers Prioniens.

(C) Les Saperdes cardiii, asphodeli, suturnlis, etc. Dans quelques espèces précédentes, le onzième et dernier article est un peu brusquement aminci , mais sans être réellement divisé en deux.

est longue d'un pouce, couverte d'un duvet d'un cendré jaunâtre , ponctuée de noir , avec les antennes entrecoupées de noir et de gris.

Sa larve vit dans le tronc des peupliers et en détruit quelquefois les jeunes plantations.

La S. effilée. {Cerambyx linearis , Lin. j Oliv., ibid. , ii , 13) 5 son corps est long d'environ six lignes , très étroit, linéaire , noir, avec les pattes courtes et jaunes. Les élytres ont des points disposés en lignes ; elles sont tronquées au bout. Sa larve vit dans le bois du coudrier.

On a décrit quelques autres espèces dont le corps est encore plus étroit , et dont les antennes sont excessivenrient longues, et presque aussi menues qu'un cheveu (1).

La quatrième et dernière tribu , celle des Lepturètes {Lepturetœ\ nous offre des Longicornes dont les yeux sont arrondis , entiers ou à peine échancrés , et dont les antennes sont dès lors insérées en avant, ou tout au plus à l'extrémité antérieure de cette faible échancrure ; la tête est toujours penchée, prolongée postérieurement derrière les yeux dans plusieurs , ou rétrécie brusquement, en manière de cou, à sa jonction avec le corselet ; cette dernière partie est conique ou trapézoide , et rétrécie en devant. Les élytres vont en se rétrécissant graduellement.

Celte tribu compose le genre

Des Leptcres (Leptdra) (2) de Linnœus ,

Moins quelques espèces appartenant aux tribus précédentes et aux Donacies. Ainsi modifié , ce genre répond à celui de Stencore (Stenocorus) de Geoffroy, et à ceux de Rhagium et de Leptura de Fabricius.

Tantôt la tète est prolongée en arrière , immédiatement après les yeux. Les antennes , souvent plus courtes que le corps , sont rapprochées à leur base , insérées hors des yeux, sur deux petites éminences, en forme de tubercules' et séparées par une ligne enfoacée. Le corselet est ordinairement tuberculeux ou épineux latéralement.

Ici les palpes sont filiformes ; le dernier article des maxillaires est presque cylindrique , et le même des labiaux ovoïde ; le troisième des antennes et les deux suivants sont dilatés à leur angle externe, courbes et soyeux, particulièrement dans les mâles. Tels sont

Les Desmocères (Desmocerus) de Dejean.

Le corselet est en forme de trapèze , sans tubercules ni pointes sur les côtés, avec les angles postérieurs très pointus. Les mâchoires et la lèvre m'ont paru ressembler à celles des Lamies. On n'en connaît qu'une espèce bien représentée avec tous ses détails , par Knoch. Elle est de l'Amérique septentrionale (3).

Là , les palpes sont renflés à leur extrémité, et terminés par un article en

(1) Foyez Fabricius, Olivier, Schœnherr, et la Catalogue de Dejean,

(2) Celui de Stencore de la première édition de cet ouvrage , dénomination que je crois devoir supprimer ici , à raison de la confusion qui résulte des diverses applications qu'on en a faites.

(3) Stenocorus cyaneus , Fab.j Knoch. N. Beyt. I , p. 148, vi, 1; Bhagium cyaneum , Schœnherr.

iorme de cône ou de triangle renversé. Les antennes sont régulières , glabres ou simplement piibcscenles.

Ouelques-iins s'éloignent des autres, en ce que les mâles seuls sont ailés. Leur corselet est conique , uni , sans épines ni tubercules. Us composent le genre

Vesperus. (Vesperus. Dej. — Stenocorus. Fab., Oliv.)

Leur tête est grande, portée sur une sorte de rotule. Les antennes sont longues, un peu en scie, avec le premier article plus court que le troisième. Le dernier des palpes est presque triangulaire. Les yeux sont ovalaires , légèrement échancrés. Les élytres de la femelle sont courtes , molles et béantes (1).

Dans les suivants et de la même subdivision , les deux sexes sont ailés, le corselet est épineux ou tuberculeux latéralement , inégal et comme rebordé aux deux extrémités. Ils composent le genre Rhagium de Fabricius, ou celui des 6'/e/îcore d'Olivier, et comprennent en outre quelques Leptures du premier. Des entomologistes postérieurs ont cru devoir partager ces Insectes en cinq genres, mais qu'on peut réduire à quatre.

Les Rhagies proprement dits. ( Rhagium. Dabi. )

Où les antennes , toujours simples , sont de la longueur au plus de la moitié du corps , et où le dernier article des palpes forme une massue triangulaire. La tête est grande , presque carrée , avec les yeux entiers. Les côtés du corselet offrent chacun un tubercule conique, en forme d'épine (2).

Les Rhamnusies. (Rhamnusium. Még.)

Dont les antennes , un peu plus courtes que le corps , sont en scie , avec les troisième et quatrième articles plus courts que les suivants. Les yeux sont sensiblement échancrés (3).

Les Toxotes. (Toxotus. Pachyta. Még. Dej.)

Dont les antennes sont aussi longues au moins que le corps ; simples , avec le premier article beaucoup plus court que la tête; les yeux sont entiers ou très peu échancrés. L'abdomen est triangulaire ou en carré long et rétréci postérieurement (4).

Les SténodÎîres. (Stenoderus. Dej. — Cerambyx. Fab. — Lephira. Kirb. — Stenocorus. Oliv.)

Ayant aussi des antennes longues , mais dont le premier article est aussi long au moins que la tête, et dont le corps est long, étroit, presque linéaire. Les palpes sont aussi plus saillants. Les yeux sont entiers (5).

Près de ce sous-genre viennent ceux de Disténie (Distenia) et de Comètes (Comètes) établis par Lepelletier et Serville (Eue. Méth. X , 485). Leur corselet est épineux ou tuberculeux latéralement ; ce qui les éloigne des Sténodères dont les palpes sont d'ailleurs plus courts , et dont les antennes sont simplement

(1 ) Stenocorus strepens , Oliv. Col. IV, 69 , 1 , 1 , b. ; S. luridus , Ross. Taun. Etrusc. Maiit. II, app. p. 96, t. III , fig. 1.

(2) Les Rhagium bifasciatum, Indagator , Inquisilor, Mordax , de Fab. (ô) Rhagium salicis , Fab.

(4) frayez le Catal. de Dejean et Dabi. Dans le Leptures virginea et collaris de Fabricius , que je rapporte au sous-genre des Toxotes , les troisième et quatrième articles des antennes sont un peu plus courts que le cinquième.

(5) Leptura ceramboide.i , Rirb. ( Linn. Trans. XII , xxui , 1 1 ) , et quelques autres espèces du Brésil.

garnies d'un duvet serré , et non velues , comme celles de ces deux sous-genres . Les élytres des Disténies vont, en se rétrécissant, des angles bnméraux à leur exlrémilé, qui est armée d'une épine; elles sont linéaires et mutiques dans les Comètes. Les espèces de ces deux sous-genres sont du Brésil.

Tantôt la tête est rétrécie brusquement, immédiatement derrière les yeux. Les antennes , insérées près de l'extrémité anlérieure de leur échancrure interne , sont écartées à leur naissance. Les deux éminences ordinaires d'où elles partent se confondent presque dans le même plan. Le corselet est presque toujours uni ou sans tubercules latéraux. Ce sont les

Lepturks proprement dites. (Leptura. Dej., Dabi.)

Les unes ont le corselet presque plan en dessus , et trapézoïde ou co nique. De ce nombre sont :

La L. armée {L. armata , Gyll.; L. calcarata , Fab., le mâle; L. siibspinosa , ejusd., la femelle) , qui est très commune en été . dans les bois , sur les fleurs de ronce. Le corps est alongé , noir, avec les étuis jaunes , et offrant quatre lignes noires , transverses , dont l'antérieure formée par des points. Les antennes sont entrecoupées de noir et de jaune. Les jambes postérieures du mâle sont munies de deux dents.

Le L. notre {L. nigra , Lin. ; Oliv., Col. 75, III , 36), qui est noire, luisante, avec l'abdomen rouge.

D'autres ont le corselet beaucoup plus élevé et arrondi, ou presque plobuleux. Une espèce de cette divison, très commune dans nos environs, est

LaZ/. Tomenteuse (L. tomentosa , Fab. ; Oliv.. ih'id., II, 15); elle est noire, avec lin duvet jaunâtre sur le corselet. Les élytres sont de cette couleur, avec l'extrémité noire et tronquée (1).

Il faut encore ajouter à la tribu des Lepturètes , le sons-genre Euryptère , de Lepelletier et Serville , qui se distingue de tous ceux de cette division des Longicornes , par le nombre des articles des antennes qui est de douze au lieu de onze. Il a pour type un Insecte du Brésil.

La cinquième famille des tétramères ,

Les EupoDEs , (EupoDA.)

Se compose d'Insectes dont les premiers {Donacies) se rapprochent tellement des derniers Longicornes , que Linnœus et Geoffroy les ont confondus avec eux , et dont les dernieis tiennent de si près aux Chrysomèles, type de la famille suivante , que Linnacus les place dans ce génie. Les organes de la manducation nous offrent les mêmes affinités; ainsi, dans les Donacies la languette est membraneuse , bifide ou bilobée, de même que celle des Longicornes; leurs mâchoires ressemblent aussi beaucoup à celles de ceux-ci; mais dans les derniers Eupodes , cette languette est presque carrée on arron-

(1) Foy., en outre , les espèces nommées Rubra, Vhens, Hastata, l-jninctata, Scutellata, etc. ; et quant au genre , les Catalogues précités , le dernier volume de Gyllenhall sur les Insectes de la Suède , Fabricius , Olivier, etc.

die et analogue à celle des Cycliques. Cependant les lobes maxillaires sont membraneux ou peu coriaces, blanchâtres; l'exlérieur s'élargit vers l'extrémité et n'a pas la figure d'un palpe, caractères qui donnent à ces paities plus de ressemblance avec les mêmes des Longicornes, qu'avec celles des Cycliques. Le corps est plus ou moins oblong , avec la tête et le corselet plus étroits que l'abdomen; les antennes sont filiformes ou vont en grossissant, et sont insérées au devant des yeux, qui , dans les uns , sont entiers, ronds et assez saillants, et dans les autres un peu échancrés ; la tête rentre postérieurement dans le corselet qui est cylindrique ou en carré transversal ; l'abdomen est grand , comparativement aux autres parties du cjorps , en carré long ou en triangle alongé; les articles des tarses, à l'exception du dernier, sont garnis en dessous de pelotes, et le pénultième est bifide ou bilobé ; les cuisses postérieures sont très renflées dans un grand nombre, et de là l'origine de la dénomination donnée à cette famille. Ces Insectes ont tous des ailes, se tiennent attachés aux tiges ou aux feuilles de diverses plantes, mais de préférence aux liliacées, relativement à un grand nombre d'espèces de notre pays; les larves de quelque-unes {Donacies) rongent l'intérieur des racines des végétaux aquatiques, sur lesquels on trouve l'Insecte parfait; celles de plusieurs autres vivent à nu, mais en se couvrant de leurs excréments, et s'en forment une sorte de fourreau, de même que celles desCassides. Nous diviserons cette famille en deux tribus : La première , celle des Sagrides [Sagrides)^ se composera , ainsi que l'indique sa dénomination , du genre

Des Sagres. (Sagra.)

Les mandibules se terminent en une pointe aiguë. La languette est profondément échrancrée ou bilobée.

Les uns ont les palpes filiformes , les yeux échancrés el les cuisses postérieures très grosses, avec les jambes arquées.

Les MÉGALOPES (Mecalopus. Fab.)

Ont Textrémité antérieure de la tête avancée en manière de museau, des mandibules fortes et croisées , les palpes terminés par un article alongé et très pointu, la languette divisée profondément en deux lobes alongés, le corps court, avec le corselet carré ou trapézoïde et transversal, des antennes qui vont en grossissant ou se terminent en une massue alongée, et dont le troisième article plus long que le précédent et le suivant, et les quatre jambes postérieures longues , grêles et arquées. Ces Insectes sont propres à l'Amérique méridionale (1).

(I) Voyez , oiilie Fabririns, Laireille , Olivier, Germai', Dalman , rcxcellente Monogra-

Les Sagues proprement dits. (Sagra. Fab.)

Désignés primitivement sous le nom A^Alurnes, exclusivement propres à quelques contrées de FAtrique méridionale , à Tîle de Ceylan et à la Chine , ont les palpes terminés par un article ovoïde, les divisions de la languette courtes, le corselet cylindrique, les antennes presque filiformes, plus longues que la tête et le corselet , et dont les articles inférieurs plus courts que les autres, et les quatre jambes antérieures assez épaisses, peu alongées, anguleuses, droites. Ces Insectes ont une teinte uniforme , mais très brillante , soit verte ou dorée , soit d'un rouge éclatant , mêlé d'un peu de violet (1).

Les autres ont les palpes plus gros à leur extrémité, les yeux entiers et les cuisses presque de la même grosseur. Le corps est toujours alongé, étroit , un peu déprimé ou peu élevé, avec le corselet rétréci postérieurement et presque en forme de cœur.

Les Orsodacnes. (Orsodacna. Latr. Oliv. — Crioceris , Fab.)

Dont les antennes sont filiformes , composées d'articles en forme de cône renversé, où le dernier des palpes est seulement un peu plus grand que les précédents et presque en ovoïde tronqué, et où le corselet est au moins aussi long que large (2).

Les Psammœques. (Psammoechus. Boudier. — Anthicus , Fab. — Latridlus , Dej.)

Où les antennes composées d'articles courts et serrés vont en grossissant, et où les palpes maxillaires sont terminés brusquement en une forte massue triangulaire. Le corselet est plus large que long. Le corps est plus déprimé que dans les précédents , avec les antennes plus courtes et les yeux moins saillants (3).

La seconde tribu, celle des Criocérides [ Criocerides) ^ se dislingue de la précédente par les «landibules dont l'extrémité est tronquée, ou offre deux ou trois dents , et par la languette qui est entière ou peu échancrée. Elle se compose du genre

Criocère (Crioceris. GeofF. — Chnjsomela. Lin.)

Que nous diviserons ainsi :

Tantôt les mandibules vont en pointe , et offrent à cette extrémité deux ou trois dents. Les palpes sont filiformes. Les antennes, de grosseur ordinaire , sont presque grenues dans les uns, et composées en majeure partie dans les autres, d'articles en forme de cône renversé, ou sensiblement plus gros vers leur extrémité supérieure.

Les DoNAciES (DoNAciA. Fab. — Leptura, Lin.)

Ont les cuisses postérieures grandes , renflées ; les antennes de la même grosseur partout et à articles alongés, les yeux entiers, et le dernier article des

phie de ce genre publiée par Klûg, et les Observations sur ce genre de Mannerheim, qui, aux figures de quelques espèces , en a ajouté de très bonnes pour les détails de la bouche.

(1) Aboyez Fab. et Oliv. V, 90.

(2) l^oyez Latr. Geiier. Crust. et Insect. UI , p. 43, et I , xc , 5: Oliv. Col. VI , 98 bis, et Gyll. Insect. Suce. 111,642.

(3) Anlhicus '2-punctatus , Fab.; je place ici ce genre avec doute.

tarses renfermé, clans la plus grande partie tle sa longueur, par les lobes du précédent.

Ces Insectes ont souvent des couleurs brillantes , bronzées ou dorées. Plusieurs offrent aussi un duvet soyeux, très fin , qui peut leur être utile lorsqu'ils tombent dans Teau ; ils vivent habituellement sur des plantes aquatiques, comme les glayeuls, la sagittaire, le nénuphar, etc. , et s'y tiennent fortement accrochés. C'est dans leurs racines que vivent leurs larves. Leurs nymphes, d'après les oljservations d'Adolphe Brongniart , sont attachées à leurs filaments, par l'un de leurs bords seulement , et y forment des nœuds ou bulbes. Les recherches anatomi([ues de Léon Dufour, lui font présumer que les Donacies doivent former une famille particulière. Les vaisseaux hépatiques, par leur nombre , leur disposition , leur forme et leur structure , font, parmi les Tétramères , une exception très remarquable, et qui paraît même exclusivement propre à ces Insectes. Ces vaisseaux ne s'aboucheraient qu'au ventricule chylifique, tandis que dans tous les autres Tétramères , dont cet habile observateur a faitTanatomie , ils ont une insertion ventriculaire et une cœcale. Ces conduits biliaires , au nombre de quatre seulement , sont de deux espèces différentes : les uns , capillaires , disposés en deux anses fort reployées , s'insèrent par quatre bouts distincts sur une courte vésicule obronde , placée à la face inférieure et un peu latérale de l'extrémité du ventricule chylifique; les autres, bien plus courts, plus épais, plus dilatables et effilés aux deux bouts, sont flottants par l'un d'eux, et implantés isolément par l'autre à la région dorsale et supérieure de cet organe. Dufour est porté à regarder comme alimentaire la pulpe blanchâtre qu'ils renferment. L'œsophage est capillaire , et sans dilatation , en forme de jabot. Le ventricule chyhfique est hérissé de papilles bien saillantes. Les testicules ressemblent beaucoup à ceux des Leptures. Les larves sont nues et cachées , ainsi que celles de ces derniers Longicornes, observation qui appuie les conjectures de Dufour.

Les H^MONiES. (HaiMONiA. Még., Dej.)

Sont des Donacies dont le pénultième article des tarses est très petit, en forme de nœud , presque entier, et dont le dernier est fort long (1).

Les Pétauristes, (Pétauristes. Latr. )

Réunis par Fabricius avec les Lema ou nos Criocères propres, ont aussi les cuisses postérieures grosses , mais les yeux sont échancrés; les antennes , ainsi que dans ceux-ci, sont généralement composées d'articles plus courts , et les lobes du pénultième article des tarses bien moins prolongés et ne renfermant que la racine du suivant (2) .

Les Criocères proprement dits (Crioceris. Geoff., OHv. — Lema, Fab. — Chrysomela, Lin.)

S'éloignent des précédents en ce que les pieds postérieurs ne diffèrent point ou peu des autres; les antennes vont un peu en grossissant et sont presque grenues, leurs articles n'étant pas beaucoup plus longs que larges. Les yeux sont élevés et échancrés. L'extrémité postérieure de la tête forme derrière eux une sorte de cou.

Ces Insectes vivent sur les lis, les asperges, etc., et, de même que ceux de la famille précédente , ils font entendre un petit bruit lorsqu'on les saisit. Leurs larves se nourrissent des mêmes plantes , auxquelles elles se tiennent

(1) Les D. equisetij zosterœ, de Fab.

(2) Les Lema varia, posticata, du même.

cramponnées , au moyen de leurs six pattes écailleuses. Elles ont le corps mou, court et renflé; leurs propres excréments, dont elles se couvrent le dos, les garantit de l'action du soleil et des intempéries de Talmosphère. Leur anus , à cet eflet , est situé en dessus. Elles entrent en terre pour se changer en nymphe.

Le C. du lis {Chrysomela merdigcra , Lin. ; Oliv. , Col. VI, 94, i, 8) est long de trois lignes , avec le corselet et les étuis d'un beau rouge. Le corselet est étranglé de chaque côté. Les étuis ont des points enfoncés , disposés en lignes longitudinales. — Dans toute l'Europe , sur le lis blanc.

Boudier , pharmacien de Versailles, zélé entomologiste, et à l'amitié duquel je suis redevable de plusieurs espèces rares ou curieuses , a publié, dans les Mémoires de la Société linnéenne de Paris, des observations sur une autre espèce de nos environs, le C. brun {Lema brunnea, Fab.), qui est fauve , avec les antennes, la poitrine et la base de l'abdomen noires. Elle vit, ainsi que sa larve, sur le Litium convnllaria.

Le C. de l'asperge {C. asparagi , Lin. ; Oliv. , ilnd. , II , 28) est bleuâtre, avec le corselet rouge, tantôt sans taches, tantôt en otï'rant une dans son milieu, bleue et en ïbrme de cœur; les étuis jaunâtres , mais ayant, le long de la suture, une bande bleue, réunie avec trois taches latérales, de la même couleur, et formant ainsi une croix.

La même plante est dévastée par une autre espèce ( C. \1-pitnctata , Lin.), qui est fauve, avec six points noirs sur chaque élytre (1).

Les AucHÈNiEs (AucHENiA. Tliunb. )

Diffèrent des Criocères, dont on ne les avait pas d'abord distingués, par leurs yeux entiers ; leurs palpes rétrécis et terminés en pointe , et non obtus ; les sept derniers articles de leurs antennes qui sont plus larges; et leur corselet dilaté, vers le milieu de chaque côté , en manière d'angle ou de dent (2).

Tantôt les mandibules sont tronquées ; les palpes sont terminés par un article très renflé , tronqué , avec un petit prolongement , en forme d'anneau , présentant l'apparence d'un autre article. Les antennes sont menues, composées d'articles fort alongés , presque cylindriques.

Les MÉGAscÉLis. (Megascelis.) (Dej. , Latr. )

Les yeux sont un peu échancrés. Les mandibules sont^épaisses. Le lobe maxillaire extérieur est étroit, cylindrique, courbé en dedans. Les palpes labiaux sont presque aussi grands que les maxillaires. Ces Insectes , propres à l'Amérique méridionale, paraissent avoisiner , sous quelques rapports , les Colapsis ; mais par leur forme générale, ils se rangent avec les Eupodes (5).

La sixième famille des Tétramères , celle Des Cycliques, (Cyclica.)

Ayant encore les trois premiers articles des tarses spongieux, ou garnis de pelottes en dessous , avec le pénultième partagé

(1) Voyez Olivier et Fabricius , mais en n'y comprenant point les espèces sauteuses, dont les unes se i apportent au sous-genre Petauristcs , et les autres au dernier de ceux de cette famille , ou les Mégascélis.

(2) Crioceris subspinosa , Fab.

(ô) Les Lema vittata , cvprea, nitidida , de Fab.

en deux lobes, el les antennes filiformes ou un peu plus grosses vers le bout, nous présente un corps ordinairement arrondi, avec la base du corselet de la largeur des élytres , dans ceux , en petit nombre , où ce corps est oblong ; des mâchoires , dont la division extérieure , par sa forme étroite , presque cylindrique et d'une couleur plus foncée , a l'apparence d'un palpe ; la division intérieure est plus large et sans onglet écailleux. La languette est presque carrée ou ovale, entière ou légèrement échancrée .

11 paraîtrait, d'après diverses recherches anatomiques de L. Dufour, que le tube alimentaire est trois fois au moins plus long que le corps ,; que l'œsophage se renfle le plus souvent en arrière du jabot , et que le ventricule chylifique ou l'estomac est ordinairement lisse , du moins dans une grande partie de son étendue. L'appareil de la sécrétion biliaire ressemble à celui des Longicornes , sous le rapport du nombre et de la double insertion des vaisseaux qui les constituent; ce nombre est de six , et deux d'entre eux , si l'on en excepte les Cassides , sont ordinairement plus grêles et moins longs. Chaque testicule est formé par un seul sachet.

Toutes les larves qui nous sont connues sont pourvues de six pieds, ont le corps mou, coloré, et se nourrissent, ainsi que l'Insecte parfait, des feuilles de végétaux, où elles se fixent ordinairement avec une humeur visqueuse ou gluante. C'est là aussi que beaucoup d'elles se changent en nymphes, à l'extrémité postérieure de laquelle est engagée et pliée en peloton la dernière dépouille de la larve. Ces nymphes ont souvent des couleurs variées. D'autres larves entrent en terre.

Ces Insectes sont généralement de petite taille, souvent ornés de couleurs métalliques et brillantes , et ont le corps ras ou sans poils. Ils sont, pour la plupart, lents, timides, se laissent tomber à terre lorsqu'on veut les saisir, ou replient leurs antennes et leurs pieds contre le corps. Plusieurs espèces sautent très bien. Les femelles sont très fécondes.

Eu égard aux diverses habitudes des larves, les Cycliques peuvent se diviser en quatre coupes principales :

1° Larves se recouvrant de leurs excréments ;

2® Larves vivant dans des tuyaux qu'elles traînent avec elles ;

3° Larves nues ;

4" Larves cachées dans l'intérieur des feuilles et vivant de leur parenchynae : Cycliques sauteurs

Tels sont les principes qui nous ont dirigés dans l'exposition de cette famille. Nous la partagerons en trois tribus, d'après le mode d'insertion des antennes.

Les Cassidaires [Cassidariœ)^ qui forment la première tribu, ont les antennes insérées à la partie supérieure de la tête , rapprochées, droites, courtes, filiformes et presque cylindriques , ou grossissant graduellement vers le bout ; la bouche , totalement située en dessous, et dont les palpes sont courts, presque filiformes , est tantôt reçue^-en partie dans la cavité du présternum ; les yeux sont ovoïdes ou ronds 5 les pieds sont contractiles, courts, avec les tarses aplatis; les lobes de l'avant-dernier article renferment totalement le dernier. Le corps étant plat en dessous, ces Insectes ont, au moyen de la disposition de leurs tarses , la facilité de se coller à la surface des feuilles , et de s'y tenir habituellement immobiles; d'ailleurs, le corps est le plus souvent orbiculaire ou ovale , et débordé tout autour par le corselet et les élytres. La tète est cachée sous le corselet, ou reçue dans son échancrure antérieure. Les couleurs sont très variées et distribuées sous la forme de taches , de points , de raies, d'une manière agréable à la vue. Celles de leurs larves qui nous sont connues se recouvrent de leui^ excréments.

Les Cassidaires se composent de deux genres. Celui

D'HiSPE, (lîisPA. Lin.)

Dont le corps estoblong, avec la tête entièrement découverte et dégagée , et le corselet en forme de trapèze. Les mandibules n'offrent que deux ou trois dents ; le lobe maxillaire extérieur est plus court que l'interne ; les antennes sont filiformes et portées en avant.

Les Alurnes, (Alurnus) de Fabricius.

Qu'Olivier ne distingue pas de ses Ilispes , paraissent , en effet , n'en différer que par la forme de leurs mandibules , dont l'extrémité supérieure se prolonge en une dent forte et pointue, et qui en offrent, en outre, ime autre au côté interne , mais fort courte. La languette est cornée.

Ce sous-genre renferme les plus grandes espèces , et qui sont particulières pour la plupart, à la Guiane et au Brésil. De ce nombre est :

Vllispe bordée (pi. XllI, fig. 5, de la première édition de cet ouvrage,) est d'un rouge de sang, avec les antennes, le corselet, ses côtés exceptés et les élylres , noirs ; la suture et le bord extérieur des élytres sont de la couleur du corps; leur milieu offre aussi , dans une variété^ un trait transversal pareillement rouge. Cet Insecte n'est pas rare au Brésil (1).

(1) roljez Fab. cl Oliv. Col. VI ,95, 1, 1,2.

jCs HisPES propres (HisPA.Lin. Fab.)

Ont des mandibules courtes , terminées par deux ou trois petites dents presque égales. L'Amérique nous en fournit un grand nombre d'espèces. Quelquesunes ont le dessus du corps et même une portion des antennes très épineux, telle est la suivante, de nos environs.

12 H. très noire { Hispa atra, Lin. ; Oliv. , Col. VI , 95, 1 , 9) , nommée par Geoffroy la Châtaigne noire. Elle est entièrement de cette couleur, très épineuse , et longue d'une ligne et demie. Elle se tient sur les graminées.

Les départements méridionaux de la France en possèdent une autre espèce (Testacea , Oliv., îbid. 1,7), très voisine de la précédente , mais fauve. Elle vient sur les cistes.

Les Chalîîpes, (Chalepus. Thunb.)

En prenant pour type VH. spinipes , de Fab., diffèrent des Hispes propres à raison de leurs jambes longues, grêles, et arquées, et dont les deux antérieures sont armées au côté interne, dans les mâles , d'une longue épine. Le troisième article des antennes est aussi proportionnellement plus long.

Quelques autres Hispes [Monoceros, Oliv.; Porrecta, Schœnh. ; /iOJ/?'atus , Kirby, etc.) , remarquables par une saillie en forme de corne, au-dessus de leur tête , forment peut-être un autre sous-genre.

Les Cassides (Cassida. Lin. Fab.)

Se distinguent des Hispes aux caractères suivants : le corps est orbiculaire ou presque ovoïde, presque carré dans un petit nombre. Le corselet, plus ou moins demi-circulaire , ou en segment de cercle , cache et recouvre entièrement la tète, ou l'encadre, en la recevant dans une échrancrure antérieure. Les élytres, souvent élevées dans la région scutellaire, débordent le corps. Les mandibules offrent quatre dents au moins , et le lobe maxillaire extérieur est aussi long au moins que l'interne.

Les liWATiDiEs (Imatidium) de Fabricius, ne diffèrent de ses Cassides que par leur tête découverte et engagée dans l'échrancrure du corselet. Les unes et les autres ont le corps déprimé , presque rond , en forme de bouclier ou de petite Tortue, souvent un peu élevé en pyramide au milieu du dos , et débordé tout autour par les côtés du corselet et des étuis. Sondes*sous est plat ; de sorte que ces Insectes sont comme collés sur les objets où ils sont fixés.

La C. équestre ( C. equestris, Fab. ) Oliv. , Col. V , 97 , 1 , 3, très voisine de la suivante, mais un peu plus grande , et ne se trouvant que dans les lieux aquatiques , sur la menthe. Verte en dessus , noire en dessous, avec les bords de l'abdomen et les pieds jaunâtres.

La C. verte [C. virid/s. Lin..) Oliv., ibid. , II, 29, longue d'une ligne et demie, ne différant de la précédente que par les points des étuis, qui forment des lignes régulières vers la suture ; les cuisses sont ordinairement noires. Sa larve vit sur les chardons , et plus communément sur l'artichaut. Son corps est très plat, garni d'épines tout autour de ses bords, et se recouvre de ses propres excréments , qu'elle tient suspendus en masse sur une espèce de fourchette , attachée près de l'ouverture de l'anus. La nymphe est aussi très aplatie, avec des appendices minces en forme de dentelures en scie sur ses côtés; son corselet est large, arrondi en devant, et cache la tête.

Pans la larve d'une espèce i\c Saint-Domingue ( C. ampuHa , Olivier ) , les

COLEOPTERES. 89

excréments forment de petits filets nombreux et articulés", imitant une sorte (le perruque.

Le C. noble (C. nobilis , Lin. ) , Oliv. , ibicl. , ii , 24 , est d'un gris jaunâtre, avec une raie d'un bleu doré près de la suture , mais qui disparaît à la mort de l'Insecte (1).

Dans la seconde liibii , les Curysomélines (ChrysomeUnœ)^ les antennes sont insérées au-devant des yeux ou près de leur extrémité interne, et écartées. Ces Insectes ne sautent point. Ils composent , avec ceux de la tribu suivante et quelques-uns de la famille précédente , le fjenre Chrysomela de Linnœus , mais que , vu son étendue actuelle , nous avons restreint par l'admission de quelques autres.

Les espèces qui nous offrent les caractères présentés ci-dessus formeront, comme dans les premiers ouvrages de Fabricius sur l'entomologie , deux genres,

Le premier , celui des

Gribocris , (Cryptocephalus.)

Est composé de Chrysomélines dont la tête est enfoncée verticalement dans un corselet voûté ou bombé, en forme de capuchon , de manière que le corps , le plus souvent en forme de cylindre court , ou presque ovoïde et rétréci en devant , parait , vu en dessus , comme tronqué de ce côté et privé de tête. Les antennes des uns sont plus ou moins en scie ou pectinées; celles des autres sont longues et filiformes. Le dernier article des palpes est toujours ovoïde.

Tantôt les antennes sont courtes, pectinées ou en scie dès le quatrième ou cinquième article.

Ici le bord extérieur des élytres est droit , ou n'offre qu'une faible échancrure, les angles postérieurs du corselet sont arrondis et point voûtés, les antérieurs ne sont point fléchis en dessous. Le corps est toujours en forme de cylindre court, avec les antennes toujours libres, les yeux entiers ou peu échancrés. Les mâles ont souvent la tête plus large , avec les mandibules plus fortes et plus avancées , et les pieds antérieurs plus longs.

Les Clythres. (Clythra. Leach. Fab. — Melolontha , Geoff. )

La C. Quadrille ( Chrysomela quadripunclata , Linn. ; Oliv. , Col. VI, 96 , I, 1) , longue de quatre à cinq lignes, noire, avec les étuis rouges, ayant chachun deux points noirs , dont l'antérieur plus grand.

Sa larve vit dans un tuyau d'une matière membraneuse, coriace, qu'elle traîne avec elle (2).

Là, les élytres, très dilatées extérieurement à leur naissance et rétrécies brusquement ensuite , offrent une échancrure profonde. Les angles postérieurs

(1) FoTjez , pour les autres espèces , Olivier , ihid. ; Fab. Syst. Eleut. ; Schœnh. Synon. Insect.Il, p. Iô4et 209.

(2) f^oycz Olivier et Fahricius , mais en retranchant du genre, à l'égard de celui-ci , les espèces qui se rapportent au suivant.

du corselet sont aigus, voiilés et forment un loil; les antérieurs sont très courbés en dessous. Les antennes s'appliquent sur les côtés inférieurs , ou se logent sous ses bords. Les yeux sont sensiblement écLancrés dans plusieurs. Le dessus du corps, dans ceux, et formant le plus grand nombre, où il est moins court et moins bombé , est ordinairement très inégal. Ces Chrysomélines habitent exclusivement le nouveau continent.

Les Chlamydes. ( Chla.mys. Knoch. )

Où la forme du corps se rapproche de celle d'un cylindre court, ou d'un cube, avec le corselet élevé brusquement et comme bossu dans son milieu, et prolongé au milieu du bord postérieur ou unilobé. Ce corps est généralement très raboteux. Les pal^^es labiaux sont fourchus dans quelques (1).

Les Lamprosomes. ( Lamprosoma. Kirb. )

Où le corps est presque globuleux , très bombé , fort lisse , avec le corselet fort court, très large , s'élevant graduellement , et faiblement lobé au milieu du bord postérieur. Les cinq derniers articles des antennes serratulées , sont moins dilatés que dans les précédents (2).

Tantôt les antennes, sensiblement plus longues que la tète et le corselet , sont simples et filiformes , ou plus grosses vers le bout , ou même terminées en massue, et le plus souvent alors dentées en manière de scie, mais à commencer seulement au septième article. Le corps de plusieurs est ovoïde et rétréci en devant. Le dernier article des antennes est appendice, de sorte que leur nombre paraît être de douze-

Ceux-ci ont le corps cylindrique , avec le corselet de la largeur de l'abdomen, dans toute sa longueur.

Les Gribouris. ( Cryptocephalus. Geoff. )

Dont les antennes et les palpes sont de la même grosseur partout.

Le G. soyeux ( Chrysomela sericea , Lin. ; Oliv. , Col. VI, 96, 1,5); long de trois lignes , d'un vert doré ; les antennes sont noires avec la base verte. Très commun sur les fleurs semi-flosculeuses (3).

Les Choragus ( Choragus. Kirb. )

Ont les antennes terminées par trois articles plus gros, formant une massue , et les palpes amincis à leur extrémité (4).

Ceux-là ont le corps rétréci en devant et presque ovoïde.

Les cinq derniers articles des antennes sont souvent plus grands , plus ou moins comprimés et plus ou moins dilatés en dents de scie. Les -palpes maxillaires sont plus gros à leur extrémité, ou presque terminés en une massue ovoïde, formée, soit par le dernier article, soit par celui-ci et le précédent réunis.

(1 ) Voyez Olivier , mais plus particulièrement la belle Monographie de KoUar, et celle de Rliig. Foyez aussi Rnoch, Mew. beyt. Insect. p. 122, et Lati-. Gêner. Crust. et Insect. m , p. 55.

(2) Lamprosoma bicolor, Kirb. Linn. Trans. XII, xxu, lu. Voyez surtout l'ouvrage de Germar intitule Insect. Spec. nov. p. 574 et 373.

(ô) Voyez, pour les autres espèces , Olivier , Fabricius et Schœnherr.

(4) Choragus Scheppardi , Kirb. Lin. Trans. XII, xxu , 14.

COLÉOPTÈRES. 9ï

Les EuETOPES. { EuRYOPE. Daim. )

Où les mandibules sont très fortes , et où le second article des antennes est manifestement plu» long que le troisième (1).

Les EuMOLPEs. ( EuMOLPus. Kug. , Fab. )

Où les mandibules sont de grandeur ordinaire , et où le second article des antennes est plus court que le suivant.

L'^". de la vigne (E. vitis, Fab. ; Panz., Faun. Insecl., Germ., lxxxix, 12)^ qui est noir, piibescent , avec les élytres , la base des antennes et les jambes d'un brun rougeàtre; il nuit beaucoup à la vigne.

Ce sous-genre se lie , au moyen des Colaspes et par une transition presque insensible , avec le genre

DcsChrysomèles (Chrysomela.)

Dont le corps est généralement ovoïde ou ovalalre , avec la tête saiisante , avancée ou simplement penchée ; les antennes simples , de la longueur environ de la moitié du corps, et le plus souvent grenues et grossissant insensiblement.

Quelques-imes , dont le corps est toujours ovoïde ou ovalaire , ailé , et dont les palpes finissent en pointe , se rapprochent des Eumolpes et se distinguent des autres Chrysomélines suivantes, par leurs antennes filiformes, plus longues que la moitié du corps , composées d'articles alongés , presque cylindriques , et dont le onzième ou dernier article est terminé par un appendice ou faux article, dont la longueur égale presque la moitié de celle de la portion précédente de cet article. Tels sont

Les Colaspes , { Colaspis. Fab. )

Qui n'ont point de saillie au mésosternum (2). Et

Les PoDONTiEs. ( PoDONTiA. Daim. )

Où le mésosternum s'avance en une pointe courte et conique, reçue aubout^ dans une échancrure postérieure du présternum (3).

Le premier et l'avant-dernier article des tarses sont très grands et très dilatés ; le second est petit. Le dernier des maxillaires est conique. Le corps est oblong , déprimé ou peu élevé, tandis que dans les Colaspes il est généralement court et très convexe.

Dans les Chrysomélines suivantes et de la même tribu, les antennes sont plus courtes , composées d'articles en forme de cône renversé , ou plus ou moins grenues, et vont en grossissant; le faux article ou l'appendice terminant le dernier est très court ou peu distinct.

Les unes ont les palpes maxillaires plus gros et tronqués à leur extrémité.

Parmi elles , il en est où les deux derniers articles de ces palpes sont réunis et forment ensemble une massue tronquée; le dernier est plus court que le précédent , soit transversal , soit en forme de cône très court et tronqué.

(1) Daim. Ephem. Entom. I, p. 17. VE. rubra (Lalr. Gêner. Crust. et Insect. I , n , 6 ) est du Sénégal et de l'Abyssinie.

(2) Foyez Fabricius, Olivier , Scliœnherr et Gcrniar.

(5) Daim. Ephcmérid. Entom. I, 23. De ce nombre est la Chysomola XA-punctala de Fab.;01iv. Col. V,91,iv,42.

92 IjN SECTES

» Les PuYLLOCHARis. ( Phyllocharis. Daliu. )

Sans saillie mésosternale (1).

Les Doryphores. (Doriphora. Ulig. )

Où le mésosternum , au contraire, est avancé en pointe ou en manière de corne. Les espèces de ce sous-genre (2) sont propres à l'Amérique méridionale ; celles du précédent habitent la Nouvelle-Hollande et l'île de Java. Celles-ci , dont le nombre est petit, dilTèrent en outre des précédentes par leur corps plus alongé et beaucoup moins élevé ; et par leurs antennes , dont les premiers articles sont proportionnellement plus courts , plus épaissis et plus arrondis au bout; le second est presque globuleux et n'est guère plus court que le suivant.

On trouve, en Espagne , deux espèces qui paraissent devoir l'ormer un autre sous-genre {Cyrtonus , Daim.). Le mésosternum n'a point de saillie, ainsi que dans les Phyllocharis ; mais les articles des antennes sont proportionnellement plus longs, plus obconiques; le corps est plus bombé, avec le corselet plus élevé transversalement et arrondi dans le milieu ou pulvinil'orme , tandis que sa surface est plane ou au même niveau , dans les précédentes (5).

Un autre sous-genre, et dont les espèces sont exclusivement propres à l'Austrasie , est celui des

Paropsides , (Paropsis. Oliv. — Notoelea, Marsh.)

Distinct de tous les autres de cette famille , par ses palpes maxillaires , dont le dernier article , beaucoup plus grand . est en forme de hache (4).

Dans les deux sous-genres suivants, le même article , bien détaché aussi du précédent, et aussi grand ou plus grand que lui, est plus ou moins semi-ovoïde. Ces Insectes sont répandus en plus grand nombre dans l'ancien continent, et particulièrement en Europe.

Les TiMARCHES, (TiMARCHA. Még. , Dcj . )

Qu'on avait rangées avec les Chrysomèles , comprennent

Celles qui sont aptères. Leur corps est gibbeux, avec les antennes grenues,

surtout inl'érieurement , les élytres réunies, et les tarses ordinairement très

dilatés, du moins dans les mâles.

Ces Chrysomélines se tiennent à terre , dans les bois , sur le gazon , les bords

des chemins , marchent lentement et jettent par les articulations des pattes une

liqueur jaunâtre ou rougeàtre. Elles habitent plus particulièrement le midi de

l'Europe et les contrées septentrionales de l'Afrique.

Entre les espèces dont le corselet est rétréci postérieurement et se rap-

(1) Daim. Ephéni. Entom. I, p. 20. Les Chrvsomèles cyanipeSj c^anicornis , undulatct, de Fiib. Foyez OHv. Col. V, 91 , jv , 50, 4(), et vu , 99 , 100.

{i) Oliv. Col. Y, suite à\\n'*%\. Doryphore. Foyez aussi Gerniar. (Insect. Spec. nov.).

(ô) Chrysoincla ro/((/K^o/o, Dejean , et une autre espèce très analogue, mais rayée. Le docteur Leach m'a communiqué une Chrysoméline voisine des Doryphores , dans le mâle «le laquelle les antennes n'offiaient que huit articles , dont les deux derniers formant une massue. C'est son genre Jjntmœa. La Chrysomela badia de Germar, paraît en former un autre.

(4) Foyez Olivier , Col. V , 92; mais il faut en retrancher le P. flavicans ( Chrysomela. flavicans, Fab.), qui est une vraie Chrysomèle. Foyez aussi la Monographie du même genre , ma'is sous le nom de Notoelea^ publié par Marsham dans les Transactions de la Société linnéeune.

COLÉOPTÈRES. llô

proche de la forme d'un croissant, espèces généralement plus grandes, se place

La T. Ténébrion [Tenebrîo lœvigatus, Lin,; 01iv..Col. V, 91, 1, 11), longue de quatre à huit lignes , noire , avec le corselet et les élytres lisses , mais lînement pointillés , et les antennes et les pieds violets. Sa larve est verdàtre ou violette, très renflée, avec l'extrémité l'auve, et vit sur le caille-lait jaune. Elle se métamorphose dans la terre (1).

Les Chrysomèles propres (Chrysomela.)

Comprendront celles d'Olivier qui sont pourvues d'ailes , et dont les palpes maxillaires, d'après les subdivisions établies ci-dessus, ont le dernier article des palpes aussi grand ou plus grand (pie les précédents , en forme d'ovoïde tronqué ou de cône renversé. Telles sont

La C. sanguinolente {C. sangiiinolenta , Lin.; Oliv. , ibîd., 1,8), longue d'environ quatre lignes , noire , ou d'un noir bleuâtre , avec les cotés du corselet épaissis et ponctués , et les élytres fortement ponctuées, et largement bordées extérieurement de rouge. A terre, dans les champs, sur les bords des chemins.

La C. céréale ( C. cerealis , Lin.; Oliv., ibid., vu , 104), de la taille de la précédente , d'un rouge cuivreux en dessus, avec des raies longitudinales bleues , trois sur le corselet et sept sur les étuis. Commune en France sur le genêt.

La C. du peuplier ( C.popidi, Lin.; Oliv. , îbid., vu, 110) , longue de cinq à six lignes, ovale, oblongue , bleue; avec les étuis fauves ou rouges, et marquées d'un point noir à l'angle interne de leur extrémité. Sur le saule et le peuplier, où sa larve vit aussi et souvent en société.

Celle espèce et quelques autres pareillement oblongues, à corselet plus étroit que les élytres en carré transversal, épaissi latéralement, forment le genre Lina de Mégerle (2).

Nous terminerons cette tribu par les Chrysomélines dont les palpes maxillaires sont amincis au bout, et terminés en pointe. Elles composeront deux sous-genres.

Les Ph^dons , ( Ph^edon. Még. — Colaphus , Ejusd.)

Dont le corps est ovoïde ou orbiculaire (5).

Et les Prasocures , (Prasoccris. Latr. — Ilelodes, Fab.)

Dont le corps est plus alongé , presque parallélipipède, avec le corselet à diamètres presque égaux. Les quatre ou cinq derniers articles des antennes sont dilatés et forment presque une massue (4).

(1) Ajoutez les espèces suivantes d'Olivier : riigosa, scahra , lalipes, coriaria, gœttingensis. t^oy. aussi le Catalogue de la collection de Dejean ; }nais, attendu que je ne distingue les Tiniarches des Chrysomèles que par l'absence des ailes, je ne suis pas certain si toutes les espèces ([u'il cite sont dans ce cas.

(2) Foyes le Catal. de Dahl.

(ô) Foyt'z le Catal. de Dahl ; mais il faudra y ajouter quelques Chrysomèles, telles que les suivantes , raphani , vileUinœ , pohifjoni, etc. Les antennes des espèces nommées arvioraciœ , cochleartie,se rapprochent beaucoup , par leur épaississementteminal, de celles des Ilélodes.

(4) ^oy. Latr. (Gen. Crust. et Insect. III, p. 57), Fab. Oiiv. Schœiih. Gyllenh. Aus espèces prècilccs , ajoutez les suivantes : aucla, arginclla , hannorcrana.

La troisième et dernière tribu des Cycliques , celle des Galé- RUCiTES [Galeî'iœitœ) , nous présente des antennes toujours aussi longues au moins que la moitié du corps , de la même grosseur partout , ou insensiblement plus grosses vers leur extrémité , insérées entre les yeux, à peu de distance de la bouche, et ordinairement rapprochées à leur base et près d'une petite carène longitudinale. Les palpes maxillaires, plus épais vers leur milieu, se terminent par deux articles, en forme de cône, mais opposés ou réunis par leur base , et dont le dernier court , soit tronqué ou obtus, soit pointu. Le corps est tantôt ovoïde ou ovalaire, tantôt presque hémisphérique. Plusieurs, et particulièrement les plus petites espèces , ont les cuisses postérieures très grosses , ce qui leur donne la faculté de sauter.

Cette tribu se composera du genre

Galéruqbe, (Galertica.)

Que nous diviserons en deux coupes principales ; les espèces non sauteuses ou Isopodes , et les sauteuses ou Anisopodes.

Quelques espèces exotiques , ayant le pénultième article des palpes maxillaires dilaté et le dernier beaucoup plus court et tronqué, forment le genre Adorie (Adoricji) de Fabricius, ou celui à'Oïdes de Weber (1).

Celles dont les deux derniers articles des palpes maxillaires diffèrent peu en grandeur, et dont les antennes, composées d'articles cylindriques , sont au moins de la longueur du corps, ont été distinguées sous le nom générique de Lupère (Lïjperus, Geoff.) (2).

Les autres qui, avec des palpes terminés de même, ont les antennes plus courtes et composées d'articles en cône renversé , sont les Galércqces pi-opres (Galercca, Geoff.). Telle est

La G. de l'orme {Chrysomela calmariensls , Lin. ; Oliv., Col. VI, 93, m, 37), longue de trois lignes, jaunâtre ou verdâlre en dessus; trois taches noires sur le corselet, une autre, avec une raie de la même couleur, sur chaque étui. — Sur l'orme, ainsi que sa larve. Cette espèce, dans les années où elle est abondante, en détruit toutes les feuilles, et fait autant de tort que certaines Chenilles.

lia G. de la ta?îaisie {Chrysomela tanaceti , Lin. ; Oliv. , îbid. , i , 1 ) , ovale oblongue, très noire, peu luisante; étuis fortement ponctués, sans stries. ■ — Sur la tanaisie (3).

Les Galérucites sauteuses ou celles dont les cuisses postérieures sont renflées , dispersées par Fabricius dans les genres Chrysomela , Galeruca et Crioceris , sont réunis en un seul , celui d'ALXiSE {Altica ou Haltica) dans les méthodes de

(1) Web.Observ. Entom.; Latr. Gen.Crust.et Insèct. III , p. GO, et I, xi, 9; Oliv. C&l. V, 92 bis ; Schœnh. ihid. II , p. 2ô0; Fab. Syst. Eleut,

(2) Oliv. Col. IV, 75 bis; Schœnh. ihid. p. 292, 294; Gcrm. Insect. Spec, nov. p. 398» (ô) Voyez Oliv . ihid.

COLEOPTERES. 9ii

Geoffroy , d'Olivier et d'IIliger. Ces Coléoptères sont très petits , mais ornés de couleurs variées ou brillantes, sautent avec une grande promptitude et à une grande hauteur, et dévastent souvent les feuilles des végétaux qui sont propres à leur nourriture. Leurs larves en rongent le parenchyme et s'y métamorphosent. Quelques espèces, celles notamment que Ton désigne sous les noms de puces des jardins ^ font beaucoup de tort, dans les deux états, aux plantes potagères. L'Amérique méridionale est, de toutes les contrées, celle qui en fournit le plus grand nombre. Illiger a publié, dans son Magasin entomologique , une excellente monographie de ces Insectes , qu'il distribue dans neuf familles , et dont quelques-unes nous ont paru devoir former des sous-genres propres.

Celui d'OcTOGONOTF. ( OcTOGONOTEs ) , établi par Drapicz ( Annal, des scienc. physiq., III, pag. 181), s'éloigne de tous les autres par la forme des palpes maxillaires. Ainsi que dans les Adories, l'avant-dernier article est gros, en forme de toupie , et le dernier très court et tronqué ; les labiaux se terminent en pointe ou en manière d'alêne, de même que dans tous les sous-genres suivants ; mais ici les maxillaires ont la même conformation ou sont pareillement subulés à leur extrémité. Le dernier article des tarses postérieurs des Octogonotes est brusquement renflé et arrondi en dessus , comme ampullacé, avec les deux crochets du bout, inférieurs et petits.

Les OEdionyques (OEdionychis. Latr.)

Se distinguent par ce dernier caractère des sous-genres suivants. Nous y rapportons les deux premières familles de la monographie d'Illiger. L'Europe n'en offre qu'une seule espèce (y/, marginella , Oliv., Col. VI, 93 bis, ii, 34); encore ne se trouve-t-elle qu'en Espagne et en Portugal (1).

Dans les autres sous-genres , le même article des tarses est alongé , s'épaissit graduellement, et les deux crochets, de grandeur ordinaire, sont situés, comme de coutume , à son extrémité et dans une direction longitudinale.

Les PsYLLiODEs (PsYLLioDES. Latr.)

Ont le premier article de leurs tarses postérieurs fort long , inséré au-dessus de l'extrémité postérieure de la jambe; cette extrémité se prolonge en manière d'appendice conique, comprimé, creux, un peu dentelé sur ses bords et terminé par une petite dent (2).

Les DiBOLiES. (DiBOLiA. Latr. — Auparavant Altitarsiis .)

Dont la tête est en majeure partie retirée dans le corselet, et dont les jambes postérieures sont terminées par une épine fourchue (3).

Les Altises propres. (Altica. Latr.)

Dont la tête est saillante , dont les jambes postérieures sont tronquées à leur extrémité , sans prolongement particulier ni épine fourchue ; le tarse naît de celte extrémité, et sa longueur n'égale pas la moitié de celle de la jambe.

(1) Âjoufesles A. hicolor, thoracica, cincta, alhicollis, lunata, et quelques autres espèces d'Olivier.

(2) La neuvième famille, ou les Altitarscs d'Illiger, renfermant les espèces suivantes de Gyllenhall : chrysocephala, napi , hijosciami, dulcamarœ, affinis.

Celle qn'il nomme De nlipes , Aridella, et quelques autres dont les jambes postérieures fiont dilatées vers le niilieti de leur côte postérieur , en forme de dent , avec un canal en dessous , longitudinal et cilié sur ses bords , pourraient former un sous-genre propre.

(-") La huitième famille , VA. Echii d'Olivier , et VA. occultans de Gyllenhall.

'V A. potagère {Chrysomela oleracea, Lin.; Oliv. , Col. VI, ^Tthis, iv, 66), longue de deux lignes , ovale, alongée , verte ou bleuâtre , avec une impression transverse sur le corselet, et les étuis finement pointillés. — Sur les plantes potagères. C'est la plus grande des espèces indigènes.

^jA. rubis ( C. nitklula , Lin. ; Oliv. , ibkl. , V , 80 ) , verte , avec la tête et le corselet dorés , et les pieds fauves. Sur le saule (1).

Les LoNGiTARSES. ( LoNciTARSus. Latr.)

Ayant tous les caractères des AltisLis propres, ou du sous-genre précédent, mais dont les tarses postérieurs sont aussi longs au moins que les jambes dont ils dépendent (2),

La septième et dernière famille des Tétram£:res, Les Clayipalpes, (Clatipalpi.)

Se distingue de tous ceux de la même section , ayant comme eux le dessous des trois premiers articles des tarses garnis de brosses, et le pénultième bifide(3),par leurs antennes terminées en une massue très distincte et perfoliée , ainsi que par leurs mâchoires armées, au côté interne, d'un ongle ou d'une dent cornée; quelques-uns. mais en petit nombre, ont les articles des tarses entiers, mais ils s'éloignent des autres Tétramères à tarses analogues , en ce que leur corps est presque globuleux et se contracte en boule.

Leur corps est le plus souvent de forme arrondie^ souvent môme très bombé et hémisphérique , avec les antennes plus courtes que le corps, les mandibules échancrées ou dentées à leur extrémité , les palpes terminés par un article plus gros , et dont le dernier des maxillaires très grand, transversal , comprimé , presque en croissant. La forme des organes .de la manducation nous indique que ce sont des Insectes rongeurs. Nous trouvons, en effet, les espèces indigènes dans les bolets qui naissent sur les troncs d'arbres , sous les écorces, etc.

Les uns ont le pénultième article des bases bilobé , et ne se contractent point en boule.

On peut les réunir dans un genre unique , celui

Des Érotyles (Erotylus) de FaLricius.

Ceux-ci ont le dernier article des palpes maxillaires transversal, presqu'en forme de croissant ou en hache.

(1) Les familles ô , 4 , 5 , G du même.

(•â) La sepliènie, telles que les A . lurida , atricilla, quadripustulataf dorsal is , hol.iaiica,parvulu, anchusœ, alra, d'Olivier, Gyllenhall, elc.

(5) Le dernier oITic un nœud à sa base , caractère que l'on observe aussi dans les Coccinelles.

COLEOPTERES. 97

Les Erotyles proprement dits (Erotylus. Fab. )

Et dont les /Egithes deFabriciiis ne nous paraissent pas essentiellement distincts , ont les articles intermédiaires de leurs antennes presque cylindriques , et la massue, formée par les derniers , oblongue ; la division intérieure et cornée de leurs mâchoires est terminée par deux dents.

Ils sont propres à l'Amérique méridionale (1).

Les Triplax (Triplax. Tritoma. Fab.)

Diffèrent des Erotyles par leurs antennes presque grenues, et terminées en une massue plus courte , ovoïde , et par leurs mâchoires , dont la division intérieure est membraneuse , avec une seule et petite dent au bout.

Ceux qui ont une forme presque hémisphérique , ou qui sont presque ronds, forment le genre Tritome (Tritoma) de Fabricius. Tel est

Le T. à deux pustules ( Tritoma b'ipustulatum, Oliv. , Col. 89 bis , 1 , 5) , noir, avec une grande tache rouge à la base de chaque étui. Dans les bolets et les champignons (2).

Ceux, dont le corps est ovale ou oblong, composent le genre propre des" Triplax ( Triplax ) du même (5).

Les autres ont le dernier article des palpes maxillaires alongé, et plus ou moins ovalaire.

Les Laîngliries, (Languria. Lat. , Oliv. — Trogosita, Fab.)

Qui ont le corps linéaire et la massue des antennes de cinq articles. Ils sont tous étrangers à l'Europe (1).

Les Phalacres. (Phalacris. Pavk. — Anisotoma, IHig. , Fab. — Anthribus, "Geoff.,01iv.)

Où le corps est presque hémisphérique , et dont la massue des antennes n'est que de trois articles (5). — Sur les fleurs et sous les écorces ô,^^ arbres.

Les autres Clavipalpes ont tous les articles des tarses simples, le corps presque globuleux. Ils l'orment le genre des Agathidies ( Acathidium, Illig. — Anisotoma, Fab.) (G).

La quatrième section clés Coléoptères, celle des TfiImères(7V2merd) , n'a que tiois articles à tous les tarses. Ils composeront trois familles. Ceux des deux premières ont de grands rapports a\ec les derniers Tétramèies. Leurs antennes, toujours composées de onze articles (7), se terminent en une massue formée

(1) Ployez Olivier , Col. V, 89 ; Schœnh. Syiion. Insect. II, genres jEgtlhiis, Erotylits; et la Monographie de ce genre de Dupoiichel , continuateur de l'ouvrage de Godart sur les Lépidoptères de France , et insérée dans le Recueil des Mémoires du Muséum d'histoiie naturelle.

(2) Fab. Syst. Eleut.

(5) Fab. ibid. F oyez Oliv. Col. V, 89 his , genre Triplax. Les Tritomes de Geoffroy sont des Mycétophages.

(4) Latr. Gêner. Crust. et Insect. III, p. 6o,I,xi, 11; Oliv. Col. V, SS. Jjoutez aux espèces indiquées : les Trogosites elongafa et fliformis de Fab.

(5) f^oy. Gyll. Insect. Suec. et Sturra. Faun. Germ. II, xxx,xxxu.

(6) Foyez la Faune d'Allemagne de Sturm.; celle des Insectes de Suède de Gyllenball, e!c.

(7) Je n'en ai compté que neuf dans les Clypéastres ; mais, vu la petitesse de ces Insectes, il peut y avoir quelque erreur.

T. ni. 13

par les trois derniers, comprimée , et ayant la figure d'un cône ou d'un triangle renversé. Le premier article des tarses est toujours très distinct; le pénultième est ordinairement bilobé, et le dernier offrant un nœud à sa base , est toujours terminé par deux crochets. Les élytres recouvrent entièrement l'abdomen et ne sont point tronquées. Les derniers Trimères, ou ceux de la troisième famille, se rapprochent à cet égard et par plusieurs autres caractères , des Pentamères Brachélytres et de quelques autres Coléoptères de la même section, tels que les Mastiges, les Scydmœnes et ont des haditudes très différentes de celles des autres Trimères.

La première famille des Trimîîres ,

Les FuNGICOLES (FUNGICOL* , )

Ont des antennes plus longues que la têle et le corselet, le corps ovale , avec le corselet trapézoïde ; les palpes maxillaires filiformes ou un peu plus gros au bout, mais point terminés par un article très grand et en forme de hache ; le pénultième article des tarses est toujours profondément bilobé.

On peut réduire cette famille a un genre principal , celui

Des EUMORPHES. (ErSIORPHUS. )

Les uns ont le troisième article de leurs antennes beaucoup plus long que les précédents et les suivants. Tels sont

Les EuMonpHES propres. (Eumorphus. Web. , Fab. )

Où la massue des antennes est formée brusquement, sei'rée , très comprimée, et en forme de triangle renversé. Les palpes maxillaires sont filiformes , et les deux derniers articles des labiaux (brment , réunis , une massue triangulaire. Ils sont tous de l'Américpie ou des Indes ©l'ientales (1).

LcsDapses. ( Dapsa. Ziég. )

Où la même massue antennaire est étroite , alongée , à articles écartés latéralement, et dont le dernier est prescpie ovoïde (2).

Dans les autres , la longueur du troisième article ne dépasse que de peu celle des précédents et des suivants. Plusieurs de ces espèces sont indigènes , et vivent dans les lycoperdons , ou sous les écorces du bouleau , et de quelques autres arbres.

Les Endomyoues ( Endomychus. Web. , Fab. )

Ont les quatre palpes plus gros à leur extrémité, les trois derniers articles

(1) Foyez Fab. Oliv. ( Col. VI , 99) , Schœiih. et Lalr. ( Gcner. Ciust. et Insect. III , p. 171 ), mais à Texceplion de VE . Kirhynnus ^ qui me iiaïaît se rapporter aux Uapses.

(2) y oyez le Calul. de Dahl. Ajoutez l'Euviorpux Kirlujcinus, Latr. Gen. Criisf. et Insect. î,xr, 12.

des antennes écartés latéralement , plus grands que les précédents, et formant une massue en triangle renversé (1).

Les Lycoperdines ( Lycoperdina. Latr. — Endomychus , Fab. )

Ont les palpes maxillaires filiformes, le dernier article des labiaux plus grand que les précédents , presque ovoïde, le quatrième des antennes et les suivants, jusqu'au neuvième inclusivement, presque grenus, et les deux derniers plus grands , en forme de triangle renversé (2).

La seconde famille des Trimères

Les Apiiidipuages, (Apaidiphagi.)

Se compose , en très grande partie , d'Insectes ayant le corps presque hémisphérique, le corselet très court, transversal, presque en forme de croissant ; les antennes terminées en une massue comprimée en forme de cône renversé , composée par les trois derniers articles, et plus courtes que le corselet; le dernier article des palpes maxillaires fort grand , figuré en hache , et le pénultième article des tarses , profondement bilobé. Dans les autres Trimères de la même famille , les articles des tarses sont simples, ou le pénultième au moins est très légèrement bifide . caractère qui , avec quelques autres , distinguent ces Insectes desFungicoles.

Ici le corps est plus ou moins épais, et jamais très aplati, en forme de bouclier; le corselet est transversal; la tête est découverte; les antennes offrent distinctement onze articles, dont les derniers forment une massue en cône renversé.

Ces Insectes composeront le genre

Des Coccinelles. (Coccinella.)

Les LlTHOPHILES. ( LiTHOPKILUS. Frôlil. )

Où le corps est ovoïde, avec le corselet fortement rebordé latéralement et rétréci postérieurement, et dont le pénultième article des tarses est très légèrement bifide , ainsi que le précédent (5).

Les Coccinelles propres. ( Coccinella. Lin. , Geoff. , Fab. , Oliv. )

Dont le corps est presque hémisphérique, avec le corselet très court, presque en forme de croissant , point ou légèrement rebordé , et où le pénultième article des tarses est profondément bilobé.

(1) Voyez Latr. Gêner. Crust. et Insect. III, p. 72j Gyllenh. Insect. Suec.;les Catal. de Dejean et Dahl.

(2) Les mêmes ouvrages , et Germar, Insect. Spec. nov.

(ô) Lithophilus riificollis , Dahl. Calai, p. 44; Tritona connatum, Fab. Ce genre vient peut-être plus naturellement près des Triplax de Fab. ; mais , par les antennes , il se rapproche aussi des Coccinelles. Dejean l'a placé dans la seclion des Héléromères.

Plusieurs espèces de ce genre sont très répandues sur les arbres et sur les plantes , dans nos jardins , viennent même dans les maisons , et sont désignées sous les noms de Scarabées hémisphériques ou Tortues , de Bête à Dieu, fauche à Dieu , etc. La figure souvent hémisphérique de ces Insectes . le nombre et la disposition des taches de leurs étuis , qui forment sur un fond tantôt fauve pu jaune, tantôt noir, une espèce de marqueterie ou de damier, la vivacité de leurs mouvements, les font aisément distinguer. Ils sont des premiers à reparaître au printemps. Lorsqu'on les saisit , ils replient leurs pieds contre le corps, et font sortir, par les jointures des cuisses avec les jambes , de même que les Chrysomèles , les Galéruques , etc. , une humeur mucilagineuse et jaune, d'une odeur fort désagréable. Us se nourrissent de Pucerons, ainsi que leurs larves , dont la forme et les métamorphoses ressemblent beaucoup à celles des larves des Chrysomèles. Us sont, d'après les observations de Léon Dufour, pourvus de vaisseaux salivaires.

On trouve quelquefois des individus très différents par leurs couleurs accouplés ; mais on n'a pas suivi les réstiltats de ce mélange.

La C. à sept points ( Coccinella 1-punctata, Lin. ) , Oliv. , Col. vi , 98 , i , 1 , longue d'environ trois lignes ; noire; étuis rouges, avec trois points noirs sur chacun , et un septième commun aux deux, au-dessous de l'écusson ; c'est la plus commune de notre pays.

La C. à deux points ( C. %punctata , Lhi. ) , Oliv. , ibid. ,1,2, noire ; étuis rouges, avec un point noir sur chacun.

La C. à deux pustules { C.puslulata. Lin.) , Oliv. , ibid., vu , 104, toute noire, avec une bande rouge , transverse et courte sur les étuis (1).

Là, le corps est très aplati , en forme de bouclier, avec la tète cachée sous >in corselet presque demi-circulaire. Les antennes n'offrent distinctement que neuf articles, et se terminent en une massue alongée. Les articles des tarses sont entiers. Le présternum forme en devant ïine mentonnière.

Tels sont les caractères du genre des

CiTPÉASTRES. (Clypeaster. Andcrsche. — Cossijphus. Gyll.) On les trouve sous les ëcorces des arbres et sous les pierres (2). La troisième et dernière famille des Trimêres ,

Les PsÉLAPHIENS. (PsELAPHII.) (3)

Ont , par leurs ély très courtes , tronquées , et ne recouvrant qu'une partie de l'abdomen, une certaine ressemblance avec les Brachélytres, et notamment avec les Aléocliares; celte dernière partie du corps est cependant beaucoup plus courte , large, très obtuse et arrondie postérieurement; les antennes terminées en massue ou plus grosses vers le bout, n'offrent quelquefois que six articles; les palpes maxillaires sont ordinairement fort

(1) Voynz, pour les autres espèces , Olivier, ibid. ; Schœnh. Synoh. Insect. II , p. 151 , et Gylleiih. Insect. Suec. Les genres Scijmmts et Cacidnla, détachés du précédent , ne me paraissent pas en être sufBsaniment distincts.

(2) ^01/63 Schœnherr,Gyllenhall. Une espèce {C.pusillus, Dej. ) a été figurée par Ahrens dans sa Faune des Insect. d'Europe, fasc.xui, t. X.

(a) Peu d'Insectes sont maintenant aussi bien connus que ceux-ci. Nous le devons principalement au zèle et aux recherches de Reichenhach ( Monog. Pselaph.) , Leach. (Zool. miscell. III (Insect. Suec. IV).

grands; tous les articles de tarses sont entiers, et le premier, beaucoup plus court que les suivants , n'est point ou peu apparent au premier coup d'œil; le dernier n'est le plus souvent terminé que par un seul crochet.

On trouve ces Insectes à terre , sous les débris des végétaux; quelques-uns se tiennent dans certaines fourmilières.

Ceux qui ont onze articles aux antennes , forment le genre

Des PsÉLAPHES. ( PsELAPHi's. — Hcrbst. — Staphjliniis. Lin. — Anthicus. Fab.)

Les uns , et en petit nombre , ont deux crochets aux tarses.

Les Chennies. (Chennium. Latr. )

Dont les dix premiers articles des antennes sont presque égaux , lenticulaires , et dont le onzième ou dernier est plus grand , presque globuleux. Les palpes ne font point de saillie (1).

Les DiONix. (DioNix. Dej.)

Où les antennes ont le troisième article et les quatre suivants très petits , transversaux et grenus ; le huitième , ainsi que les trois suivants , plus gros que les précédents , cylindrique , aussi long que les sept premiers réunis; les deux pénultièmes coniques, égaux, et le dernier ovoïde, alongé, pointu, le plus gros de tous. Les palpes maxillaires sont très saillants (mais plus courts que la tête et le corselet pris ensemble) , de quatre articles cylindriques. Les palpes labiaux sont courts, dirigés en avant, de trois articles, avec une pointe au bout (2).

Les autres n'ont qu'un seul crochet au bout des tarses.

Ici les palpes maxillaires , coudés ou repliés , sont de la longueur au moins de la tête et du corselet; leur second et quatrième articles sont très alongés , rétrécis à leur base , et terminés eu massue.

Tantôt les antennes, sensiblement plus longues que la tête et le corselet, se terminent en une massue formée par les trois derniers articles , qui sont manifestement plus grands que les précédents, et dont le dernier est presque ovoïde ou ovoïdo-conique.

Les PsÉLAPHES propres. (Pselaphcs. Herbst. ) (5).

Tantôt les neuvième et dixième articles des antennes, dont la longueur égale au plus celle de la tête et du corselet , ne sont guère plus grands que les précédents; le onzième ou dernier est seul beaucoup plus gros, presque sphérique (avec une pointe aciculaire au bout).

Les Bythines. (Bithyncs. Leach.)

Où le second article des antennes, plus épais que le premier, est dilaté en manière de dent au côté interne (4).

(1) Latr. Gêner. Crust. et Insect. III , p. 77; une seule espèce {hituberculatum) , très hien figurée dans Tatlas du l)ict. des sciences iiatur.

(2) Dans celte famille , deux des palpes au moins sont terminés de même, f^oi/ez , pour ce genre, Lepelletier et Serville , Encyclop. méthod. Entom. X , p. 221.

(3) Les Ps. Herbstii, Hiesii , LomjicoUis , Desdrensis , de Reichenbach , ou sa première famille de ce genre ; corselet alongé.

(4) Ps. sccurijer, pjusd. Foyez Leach, Zool. miscell. III, pag. 80 , 8i et 83.

Lés Arcopaces. (Arcopacus. Leacli.)

Où Je second article des antennes est au contraire plus mince que le premier, et où celui-ci est même quelquefois dilaté (1).

Là les palpes maxillaires sont plus courts que la tête et le corselet pris ensemble 5 le quatrième article au moins est court ou peu alongé, ovoïde ou triangulaire.

Les Ctenistes. (Ctenistes. Reich.)

Très distincts de tous les Insectes de cette famille , à raison des trois derniers articles de leurs palpes maxillaires, dont le côté extérieur offre une pointe ou dent, avec une soie terminale; le second est très long, arqué, renflé et arrondi à son extrémité ; les deux suivants sont presque globuleux. Le dernier des antennes est notablement plus grand que les précédents et ovalaire. Le corselet est en forme de cône alongé et tronqué (2).

Les Bryaxis , (Bryaxis. Leach. — Euplectiis , Tychiis , Ejusd.)

Dont les palpes maxillaires n'offrent point de tels caractères; leur dernier article est alongé , en forme de cône ou de hache. Le corselet est court , ou guère plus long que large et arrondi (5).

Les derniers Psélaphiens ont cela de particulier, que les antennes ne sont composées que de six articles ou même d'un seul. Ils forment le genre

Des Clavigères. (Ciaviger.) Les Clavigères propres. (Clavicer.)

Où ces organes offrent distinctement six articles.

Ces Insectes n'ont point d'yeux apparents. Les palpes maxillaires sont très courts , sans articulations distinctes , avec deux onglets au bout. Les deux premiers articles des tarses sont très courts ; le troisième et dernier est fort long , avec un seul crochet au bout.

On trouve ces Psélaphiens sous les pierres , dans les lieux arides , et même dans les nids de petites fourmis jaunes. Mùller a publié , dans le troisième volume du Magasin entom. de Germar, une excellente monographie de ce genre. ( Foyez aussi Gyllenh. , Insect. Suec. , p. 240. )

Les Articères. (Articerus. Daim.)

Où les antennes ne paraissent composées que d'un seul article , formant une massue cylindrique, alongée et tronquée au bout. Les yeux sont distincts et les tarses sont terminés par deux crochets (4).

Nota. Les tarses du Dermestes atomariiis de De Géer n'ayant paru à Leclerc de Laval composés que d'un seul article, nous avions précédemment formé, avec cet Insecte et quelques autres , une nouvelle section de Coléoptères , celle

(1) Ps. glabricollis, Reich. ; ejusd. Ps. clavicornis ; Leach , ibid. 80 , 83 , 84.

(2) Reich., Monog. p. 75 et suiv.

(3) Voijez Leach, ihid. La forme du dernier article des palpes maxillaires , ainsi que les proportions relatives de ceuxdes antennes, peuvent ofifrir de bons caractères divisionnaires, mais qui ne me paraissent pas assez importants pour signaler des coupes génériques. Voyez l'article Psélaphiens de l'Encyclopédie méthod.

(4) Articerus armatus, Daim. Insect. du Copal , p. 21, lab. V, f. 12. A en juger d'après cette figure, les tarses sont munis de deux crochets.

ORTHOPTERES. lOÔ

dos Monomères (Monomera) . qui a élé adoptée; par Fischer , dans son Entomojjraphie de la Russie , et qui a iornié avec cet Insecte un nouveau genre , sous le nom de Clambus. Mais il paraît ( Gyllenli. , Insect. Suec. , IV, p. 292, 295) <|ue Schiippel , l'un de nos entomologistes les plus exercés dans les observalions délicates, aeffectué la même coupe, sous la désignation ôePtilium. Gyllenlial en avait réuni les espèces aux Scaphidies ; et nous pensons , en eliel, que c'est près de ces derniers que doit être placé ce nouveau genre. La section des Monomères sera dès lors supprimée.

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