Machab
92 ASSEMBLÉE DE COULAINES [843]
« leur avons, comme il convenait, rendu de dignes actions de grâce. « Nous donnons l'assurance que nous approuvons leur accord excelu lent et que nous associons nous et notre pouvoir, en toute dévotion, « à cet acte qui, sans aucun doute, tend au salut dans ce monde et dans « l'autre. Nous renonçons aux mesures que notre personne a prises «jusqu'à présent par inexpérience du pouvoir, par jeunesse, sous « l'empire de la nécessité ou sous une influence trompeuse.
« Après commune délibération, nous avons proposé de rédiger cet « accord et nous avons décrété de le confirmer, en outre, de la sousu cription de tous. Nous y avons mis par écrit ce qui nous a paru le « plus important touchant le salut public, la stabilité du royaume, u l'utilité générale, et même l'honnêteté dans toute sa plénitude. Nous u n'avons pas prêté à chaque partie un langage différent, de manière « à faire parler tour à tour la sublimité royale, l'autorité épiscopale, « le bon vouloir des fidèles; mais, d'après la parole de l'apôtre *, u nous nous exprimons tous d'une même voix, celle du Christ, pour u que ne faisant qu'un dans le corps de l'Église une, dont tous nous « sommes membres, nous disions pour le commun profit, d'une voix « unanime, par celui et en celui qui a dit et dont on a dit : Ce n'est « point vous qui parlez, mais l'Esprit de votre Père qui parle en u vous2. »
Voici les dispositions arrêtées en commun par le roi, les évêques et les grands :
« 1. Au sujet de l'honneur et du culte de Dieu et des saintes églises « établies sous l'autorité et la protection de notre gouvernement, « nous décrétons d'un commun accord, par l'intervention du Sei- « gneur, qu'elles seront, sous réserve de l'équité, traitées, honorées, « enrichies, comme au temps de notre seigneur et père d'heureuse « mémoire ; qu'elles conserveront dans l'avenir en leur intégrité les « biens dont notre libéralité les a honorées et enrichies. Les ministres « et serviteurs de Dieu obtiendront les garanties ecclésiastiques et les « privilèges qui leur sont dus conformément à leur révérente autoci rite. La puissance royale et le zèle des grands et administrateurs des « affaires publiques s'efforceront à l'envi de leur faciliter l'exercice de « leur ministère, conformément à la raison et à la justice.
« 2. Que tous, en toutes choses, comme au temps de nos ancêtres, « nous témoignent l'honneur qui convient au pouvoir royal et à sa « dignité, la sincérité et l'obéissance qu'on doit à son seigneur, sans « indolence, sans astuce, en s'abstenant de toute louche fréquenta-