SYNODE DE TER
préfère à tout l'amour de Dieu, qu'il soit miséricordieux, bonjusticier, juste, et la Divinité le fera triompher de ses ennemis, à preuve David, Ézéchias, l'empereur Charles, exemple « domestique» (c. 1). La guerre « plus que civile » a multiplié les désordes et les péchés chez le troupeau et même chez ses pasteurs. Le souverain doit déléguer des représentants capables de rétablir l'ordre et la religion sans ménager personne et sans se laisser corrompre par des présents (c. 2). Il faut, sous l'autorité de l'évequc diocésain, faire inspecter les monastères par des hommes pieux et capables (c. 3), prendre des mesures sévères contre les moines et les clercs qui vagabondent, se marient, prennent les armes c. 4), contre les scélérats qui épousent des religieuses (c. 5), ou enlèvent les fiancées (c. C), contre les nonnes qui, par un sentiment de piété mal entendu, revêtent des habits d'hommes et se coupent les cheveux (c. 7). Un certain nombre d'évêques ne peuvent se rendre à l'armée soit pour cause de maladie, soit parce que, avec la permission du roi, ils prennent un repos nécessaire. Pour que leur absence ne soit pas préjudiciable aux affaires militaires, qu'il plaise à sa « Sublimité » d'autoriser ces prélats à faire conduire leurs hommes par un des fidèles du roi que ceux-ci désigneront (c. 8). L'église de Reims est dans un état lamentable : on supplie le roi de lui désigner un pasteur à bref délai. L'église d'Orléans, elle aussi, a beaucoup souffert. L'année précédente, l'archevêque de Sens Ganelon a pris sur lui d'ordonner évêque Agius, prêtre du « palais ». On sortirait des difficultés si la piété du souverain ratifiait cette mesure (c. 10).
« Au sujet de la primatie du révérendissime Drogon nous n'osons rien « décider, sinon que l'affaire doit être soumise à l'examen d'un « concile des métropolitains et autres évêques de Gaule et de Gerc manie, réunis en aussi grand nombre que faire se pourra, concile u auquel nous ne voulons ni ne pouvons faire obstacle. S'il est pos- « sible de constituer un pouvoir de ce genre, si derrière les motifs a qu'on a mis en avant ne se cache point un autre dessein, il convient « on ne peut mieux à celui qui réunit en lui le double privilège d "être « notre confrère en l'épiscopat et d'être le proche parent de Votre « Excellence » (c. 11).
La dernière partie de Yadmonitio est une longue et véhémente protestation contre la détention des biens d'Église par les séculiers. Le roi est exhorté à fuir la société et les avis des pervers, et à ne pas redouter la colère d'hommes « qui ne sont que poussière ».
Les pétitions, les remontrances mêmes, du synode de Ver n'avaient rien qui pût choquer sérieusement le roi. Il savaitquela grande majorité des ecclésiastiques lui étaient fidèles. Le président de l'assemblée, l'archichapelain Evrouin de Poitiers, lui était tout acquis. De même,