CHARLES TRAITE AVEC LES NORMANDS
leurs navires1. Comme trophée de victoire, ils enlevèrent les ferrements de porte de la Cité2.
Toute résistance était inutile. L'armée franque serrée comme un troupeau de moutons autour de Saint-Denis refusait de combattre. Il fallut entrer en composition avec les païens. A l'instigation des grands, Charles offrit d'acheter leur retraite. Ragnar, le principal chef des pirates, vint trouver le roi à Saint-Denis. Lui et les autres « princes » acceptèrent de vider le pays moyennant 7 000 livres d'argent. « Invoquant leurs dieux et les objets qu'ils croyaient les protéger et les garantir, ils jurèrent de ne plus pénétrer dans le royaume3. »
Les Normands reprirent la mer dès que le tribut leur eut été payé,
monasterium almi Germani intraverunt atque Dei fanum reliquumque apparatum ecclesiae qui ibi remanserat, in quantum pro peccatis a Deo permissum est nostris, profanis ac pollutis manibus destruere coeperunt. »
1. Translatio, c. 26. — Aimoin (1. I, c. 7) explique le dessein des Normands : ils veulent couper des poutres parce qu'elles étaient en sapin et propres à la navigation : « nain cum trabes ecclesiae miserrimus ille populus, quia erant abiegnae, et idcirco habiles navigio, incidere tentavissent ».