CHARLES TRAITE AVEC LES NORMANDS
peut-être à la tin du printemps1. Ils ravagèrent les côtes de la Manche2; puis ils débarquèrent en Frise et y livrèrent trois combats, dont les deux derniers leur furent favorables'. A leur retour, ils furent mal accueillis par le roi de Danemark. Les envahisseurs du bassin de
morantes, lcgationis causa missos suos ad regem nobilissimum dirigunt Karolum, ut eos cura pace et absque internecione sui ad propriam unde vénérant redire permitteret patriam. Nemo quippe mortalium hujusmodi timorem eorum cordibus inserere posset, quatenus a finibus chiïstianorum tam cito discedere vellent, nisi mérita alini Germani ceterorumque sanctorum adforent, pro quorum amore atque injuria incrcdulorum corda tali ac tanto sunt concussa pavore. His ita gestis, Ragenarius, dux incredulorum, cunctique principes ejus gloriossissimum regem, qui tune in monasterio egregii martyris Dyonisii morabatur, adeunt Karolum, per deos suos et per ea in quibus maxime se protegi ac salvari putabant, testantes ut si eos inlaesos abire permitteret, nequaquam ulterius fines ipsius regni contingerent neque intrarent. Ipsisque a praecellentissimo Karolo rege cum pace dimissis, pro evasione sui gaudentes atque laetabundi, itinere quo vénérant redierunt», — Aimoin (1. I, c. 9, 10) donne la substance de ce récit, mais ne cache pas que les païens ont levé un tribut : le bruit courut que le roi s'y était refusé, mais que certains grands se laissèrent corrompre par les pirates : « interea, simulato languore,legationis causa dirigunt ad praecellentissimum regem Carolum, ut eos cum pace fidèles suscipiens, ad propriam, dato regni tributo, redire permitteret patriam. His ita placitis, rege quidem nolente, principibus tamen quibusdam, ut fatebatur. muneribus laesis etc. »
1. Le séjdur du roi dans les vallées de l'Oise, de la Maine, de la Loire, en avril, mai, juin, semble impliquer que les pirates ne sont plus menaçants sur la Seine dès avril. D'autre part, l'exemple des années 860-861, 866, 876, montre qu'il fallait des semaines, et parfois des mois, pour lever des sommes, même moins considérables qu'en 845. Le plus probable est que les pirates descendirent la Seine et attendirent le tribut sur le cours inférieur du fleuve. S'il est certain que le gros des pirates gagna la Frise, puis le Danemark (voy. notes suiv.), il est possible que des bandes aient encore inquiété le cours inférieur et même moyen du fleuve à la fin de 815 et au delà, car les moines de Saint-Germain, réfugiés à Esmans, près Montereau, regagnent leur abbaye « cito », après un an et deux mois d'absence (Translatio, c. 21), donc en mai 846. Le retour du corps de Germain, déposé à Combs-la-Ville, fut plus tardif encore. Le cortège prit par Thiais (Seine, cant. Villejuif), suivit la Bièvre, au passage de laquelle se trouvait l'évêque-abbé Evrouin. Il porta sur ses épaules le saint corps et le déposa dans l'abbaye sur l'autel de saint Etienne, où il demeura jusqu'au 25 juillet, jour anniversaire de sa « translation ». Les ossements furent alors replacés dans le sarcophage (Translatio, c. 21-27, p. 85-90). On ignore la date du retour des Génovéfains.
2. Annales Bertiniani, p. 33 : « Nortmanni alveo Sequanae remenso, maria repetunt, cuncta maris loca finitima diripiunt, vastant atque incendiis concremant. i> M. Levillain (Loup de Ferrières, dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. LXIII, p. 89-96) croit qu'ils ont ravagé à cette occasion la celle de Saint-Josse, près Quentowic. On montrera (îbid., 1909) que le passage des Annales Bertiniani sur lequel il appuie cette conjecture a un tout autre sens. — Sur la fuite probable des moines de Saint-Riquier à cette époque, voy. plus haut p. 132, n. 1.
3. Annales Bertiniani, p. 33; Annales Fuldenses, p. 35; Annales Xantenses, an. 845. Cf. Dùmmler, t. I, p. 283; W. Vogel, p. 101-104.