‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 14 sur 211 · Ibid., t. II, p. 1 et suiv., et p · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, p. 1 et suiv., et p

6. Nous adoptons pour ce partage la date de 831, qui nous paraît la plus vraisemblable. Sur cette question de date, voir Mulhbacher, Reg., 2* éd., t. I, p. 351, n° 882.

l'Àustrasie et la partie septentrionale de la « France moyenne » ; au troisième, 1' « Allemagne », l'Alsace, laRhétie, la Bourgogne, sauf la partie nord-est réservée à Pépin, la Provence, la Septimanie, peut-être la marche d'Espagne et enfin la partie sud-est de la « France moyenne ». Si l'un des frères mourait sans laisser d'enfant, son royaume serait partagé entre les survivants à la mode germanique1 : plus aucun souvenir des principes qui avaient inspiré l'acte de 817 ; c'était, en dépit du caractère sacré qu'y attachaient les hommes de ce temps, le bouleversement des serments de fidélité prêtés par le peuple à chacun des quatre frères 2 et, à la mort de Louis le Pieux, la dislocation assurée de l'empire carolingien''.

En 832, l'empereur mit le comble à l'indignation et aux craintes qu'éprouvaient les défenseurs de l'unité impériale et du respect de la chose jurée en enlevant F Aquitaine à Pépin révolté pour l'attribuer à Charles 4. En même temps, le conflit des intérêts devenait de plus en plus inextricable : après s'être aliéné à nouveau Pépin, Louis le Pieux cherchait à regagner Lothaire en lui offrant un partage avec Charles 5. Mais ces offres n'étaient pas faites pour agréer à Lothaire qui pouvait encore espérer ressaisir l'ensemble de l'empire. L'opposition se renoua plus forte que jamais, Lothaire, Pépin et Louis le Germanique se retrouvant d'accord contre leur père et contre Charles. L'autorité ecclésiastique les soutenait, les dirigeait au nom des principes violés : le pape était attendu ; Wala protestait contre les violations de serments et l'unité compromise6; l'archevêque de Lyon

1. Mon. Germ., Capitularia, t. II, p. 20, n° 194. Au point de vue géographique, cf. A. Longnon, Atlas historique de la France, lre partie, p. 69.

2. C'est là un des points qui est relevé avec le plus d'indignation par tous les adversaires de Louis le Pieux. Voir le procès-verbal de la pénitence de l'empereur en 833 {Mon. Germ., Capitul., t. II, p. 54, 1. 10), les Libri apologetici d'Agobard (Mon. Germ., Scriptor., t. XV, p. 275, 1. 35), la lettre adressée par le même à Louis le Pieux en 833 (Mon. Germ., Epist., t. V, p. 226, 1. 3), YEpitaph. Arsenii de Paschase Radbert, II, 10, etc.

3. A partir de ce moment, et de ce moment seulement, Wala et les siens se mirent à protester contre la violation de l'unité impériale. Voir Paschase Radbert, Epitaph. Arsenii, II, 10 : « Monarchiam tune ire in partes non permisit (Wala), sacramenta filio Augusto facta violare vetuit... Voluit enim sui comilii vigilantia providere tam gloriosum regnum et christianissimum ne divideretur in partes, quoniam. juxta Salvatoris vocem, omne regnum in seipsum divisum desolabitur... Voluit ut unitas et dignitas totius imperii maneret. »

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