‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 15 sur 211 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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6. Paschase Radbert, Epitaph. Arsenii, II, 10 : « Voluit ut juramenta, utdiximus, quae facta fuerant Honorio (Lothario) et fides promissa intégra servaretur, ne tantis populus universus fuscaretur perjuriis. »

LA CRISE DE ï/ EMPIRE CAROLINGIEN Soi S LOI IS LE l'H I \ î)

Agobard faisait, dans ses écrits, le procès du gouvernement impérial, reprochant avant tout à Louis le Pieux d'avoir révoqué an gré de sa fantaisie des dispositions qu'il n'avait prises (pie sous l'inspiration de Dieu1.

On connaît la suite: Louis le Pieux, abandonné par les fidèles au Kothfeld, tombant aux mains de ses fils, déposé à l'assemblée de Compiègne, soumis malgré lui 2 à l'odieuse cérémonie de Saint- Médard de Soissons (833).

Il semblait cette fois que le triomphe de l'unité impériale fût assuré définitivement. En fait, le succès brutal de Lothairc en présageait la ruine. A\ ala et quelques-uns des hommes de son parti le comprirent dès le premier jour : ils protestèrent en vain contre la violente prise de possession du pouvoir par Lothaire, parlèrent en vain au nom des principes dont ils avaient naïvement espéré que le jeune empereur et ses partisans sauraient se contenter ! : les appétits étaient à nouveau déchaînés1. Lothaire, auquel seul avait profité l'aventure, voyait ses frères se retourner contre lui. Au même moment, sous l'action des écrits de liaban Maur et de Jonas d'Orléans5, qui rappelaient à tous le respect dû par des enfants à leur père, par des fidèles à leur roi, l'opinion se ressaisissait. Six mois à peine s'étaient écoulés que Louis le Pieux, soutenu par ses fils Pépin et Louis, était rétabli, et Lothaire, forcé de se soumettre, regagnait humblement l'Italie.

1. Lettre à Louis le Pieux (Mon. Germ., Epistol., t. V, p. 225, 1. 14) : « Et ecce sine ulla ratione et consilio quem cum Deo elegistis, sine Deo repudiatis, et cujus \oluntatem in eligendo quesistis, non expectato exitu voluntatis ejus, rem probatam reprobatis. Non ignorât prudentia vestra quod sequendus est Deus, non praecedendus. Nam qui praecedere vult temptat, quod non est ex fide, dicente ipso Domino : Non temptabis dominum Deum tuum. » Autre lettre au même pour justifier la venue du pape (Ibid., p. 227, 1. 34) : « Si enim quod vestra voluntate et potestate cum consensu totius imperii vestri factura est et postea in apostolica sede roboratum hoc vult (Gregorius papa) in pristinum reducere statum, satis rationabilis et oportunus est ejus adventus, quia nullatenus quod ita est constitutum a vobis debetis mutare, nec enim sine gravi periculo et reatu aniraae fieri potest. » De même encore, voir la lettre de Grégoire IV aux évêques (Ibid.} p. 230, 1. 34) : « Ista enim commutacio, quam vos dicitis juxta rerum oportunitatem factam, inde cognoscitur quia non fuerit per Deum quia multorum peccatorum origo exstitit. »

2. Nous avons consacré à ce point spécial quelques pages dans la Bibliothèque de la Faculté des lettres de l'Université de Paris, t. XVIII, 1904, p. 177-185.

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