‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 147 sur 211 · SYNODE DE MEAUX · texte numérisé non relu

SYNODE DE MEAUX

bre 843, offraient à cet égard un intérêt de premier ordre, puisqu'ils avaient été souscrits par les représentants de l'aristocratie laïque et ecclésiastique et qu'ils avaient reçu force de loi1. Les évêques les reproduisirent en tête de leur programme, en y joignant la copie presque intégrale des articles votés l'année suivante (octobre 844) par l'assemblée épiscopale de Yiïtz et approuvés par les trois fils de Louis le Pieux2, puis celle des articles votés en vain par quelques-uns d'entre eux aux synodes de Loire (octobre 843) et de Beauvais (avril 845) :{. Tout cela était insuffisant : ce n'étaient guère que des déclarations de principes ou des mesures mal coordonnées. S'inspirant de toutes les polémiques auxquelles la question avait donné lieu et du grand programme élaboré en 829 4, les évêques rédigèrent un grand nombre d'articles nouveaux visant la répression des abus commis par les laïques, l'abrogation des actes illégaux conclus depuis le temps de Charlemagne et de Louis le Pieux au détriment des églises et enfin la réforme du clergé. Ils protestèrent d'ailleurs énergiquement contre l'accusation qui leur était lancée de n'obéir dans leurs revendications qu'à la plus basse cupidité : ce qu'ils veulent, déclarent-ils, c'est le rétablissement de la règle, le respect de la religion et des ministres de

citée, t. II, p. 388-421, n° 293. Cette édition, due à V. Ki'ause, n'est pas tous de points satisfaisante. M. Kôniger a établi, dans un mémoire intitulé Zu den Beschlùssen der Synoden von Meaux 845 und Koblenz 922 (Neues Archiv der Geselhchaft fur altère deutsche Geschichtskunde, t. XXXI, 1906, p. 379-398) que plusieurs copies importantes avaient échappé à Krause et qu'il fallait ajouter au texte qu'il a publié tout un article entre les articles 79 et 80. Cet article supplémentaire n'a, d'ailleurs, pas de portée politique.

1. Aussi, en tète de la copie qu'ils en donnent, les évêques signalent-ils le fait avec insistance : « Capitula ex conventu habito in villa quae dicitur Colonia consensu principiset episcoporum ac ceterorum fidelium prolata et confirmata et ab omnibus Dei fidelibus necessario observanda » (Capitul. reg. Francorum, éd. citée, t. II, p. 398,.

2. En y faisant quelques coupures, pour abréger, et en supprimant tout à fait l'article 5 (Capitul. reg . Francorum, éd. Krause, t. II, p. 115) qui autorisait le maintien provisoire d'abbés laïques, sous certaines conditions. Cette suppression est significative.

3. Les articles 1, 2, 7 et 8 du synode de Beauvais n'ont pas été reproduits, mais uniquement, semble-t-il, parce qu'ils faisaient double emploi avec de nouveaux articles ou ne présentaient plus grand intérêt. — On remarquera que les actes du synode de Ver n'ont pas non plus été reproduits, évidemment parce qu'ils furent jugés trop violents.

4. Voir en particulier les articles 4, 9, 12, 16, 17, 22, 24, 25, 26, 27, 31 du programme de l'an 829 (Capitul. reg. Francorum, éd. Krause, t. II, p. 29-39). Ces articles étant presque exclusivement consacrés à des questions d'ordre ecclésiastique et religieux, nous n'insistons pas sur les rapports qu'ils présentent avec ceux du synode de Meaux.

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