ACCORD AVEC LAMBERT
Bretagne1. Qu'il ait ou non conçu ce dessein, toujours est-il qu'il abandonna le Maine pour la vallée do la Loire. A la fin de décembre, il est à Tours où le comte Vivien lui fait bel accueil 2 et où il célèbre
la Noël.
Au début de l'année suivante, Charles était rappelé dans la « France » et par les préoccupations ecclésiastiques et par l'attitude brusquement menaçante de l'empereur Lothaire. Cependant, avant de quitter la Neustrie, il semble s'être accommodé avec le redoutable Lambert de Nantes, qu'il chargea de protéger la basse Loire contre ses anciens alliés les Bretons 3.
Les événements politiques avaient rendu à peu près vain l'appel adressé au roi par le synode de Meaux. Sans doute, le souverain avait
reviendra ailleurs sur ce point). L'ordination de Pardulus peut donc se placer au début de 847, peut-être avant.
1. Annales Bertiniani (voy. le début de la note 3 de la p. 154).
2. Le 27 décembre, « in monasterio Sancti Martini », Charles renouvelle les diplômes d'immunité des souverains ses prédécesseurs, que lui présente le c recteur t> Vivien, en faveur du monastère de Saint-Martin-de-Tours (Historiens de France, t. VIII, p. 482, n°60; Mabille, Pancarte noire, n° xxi). Dans cet acte, qui ne nous est parvenu que par la Pancarte, la phrase « aut teloneum aut mansionaticum de mansionibus in burgo sitis » nous paraît une interpolation. — Le même jour, au même lieu, le roi approuve la donation du monastère de Cunault faite par le comte Vivien aux moines de Saint-Filibert et à leur abbé Hildeboldus pour leur servir de refuge contre « les persécutions fréquentes et soudaines des barbares, c'est-à-dire des Normands et des Bretons » (Historiens de France, t. VIII, p. 483, n° 61). — On a vu plus haut (p. 153, note 2) que Vivien avait obtenu du roi ce monastère de Cunault en pleine propriété le 19 octobre précédent, à Rennes Son intention, dès cette époque, était sans doute de l'utiliser dans un pieux dessein. La tradition de Cunault fut effectuée sur l'ordre du roi Charles, au nom du. comte Vivien, par son frère Renaud, abbé de Marmoutier, entre les mains des moines Joseph, Autry et Archembaud, représentant la communauté de Saint-Filibert. Voy. Poupardin, Monuments de Saint-Philibert, p. 109 note 5.
3. La réconciliation de Charles et de Lambert est certainement antérieure à la paix conclue entre Charles et Nominoé, pendant l'été de 846 (voy. p. 166-167) puisque le Breton exigea que le roi « écartât Lambert de sa frontière et lui conférât d'autres honneurs î>. Charles, en effet, donna à Lambert le comté d'Angers. En 845-816, Lambert était donc encore à Nantes et c'était en qualité de vassal de Charles: il défendait le Nantais contre les Bretons. C'est ce que prouve un passage des Miracula sancti Benedicti (c. 33), d'Airaud (Adrevaldus), qui a échappé à Diimmler (t. I, p. 297) et à M. R. Merlet( Guerre d'indépendance, p. 7) : « Hoc discidii génère bellatoribus utrimque pereuntibus, poene omnis illa regio, defensoribus nudata suis, praeda gentibus patuit externis : Britonum siquidem proxima vis limitem transgressa antiquum, Nammeticam regionem, Andegavensem quoque Medua-