ASSEMBLÉE DE BONNEUIL
14 juin1, il se rendit en Parisis aussitôt après : on le voit à Bonneuilen -Pari sis le 1er juillet2, et encore le 14 de ce mois 3. Mais ses frères ne vinrent pas4. Quanta Pépin, il accentua son hostilité vis-à-vis de
cognoscimus. t> Le sens de cette phrase devient clair si on la rapproche des dispositions de l'édit de Pavie de 850. c. 4, et aussi du Capitulare Aquitanicum de 768 c. 6 (Capitularia, t. î, p. 43 et t. II, p. 87). On ne saisit pas bien la portée de cet article s'il émanait seulement de Charles. Était-ce seulement en France occidentale que les fidèles commettaient des excès en se rendant aux assemblées ?
1. A cette date, le roi, résidant à Compiègne, | transforme en pleine propriété la concession en bénéfice faite antérieurement au fidèle Enjouguin de domaines situés au comté de Vendeuil, à Villers, dépendance de Fontaine (Villers-Vicomte et Fontaine-Bonneleau, Oise, arr. Clermont, cant. Breteuil et Crèvecœur). Acte inédit connu par deux copies duxviu* siècle faites sur l'original aujourd'hui disparu : Bibl. nat.,Coll.dePicardie, t. CCII, fol. 161 et t. CCXXXIII, fol. 29. Le 3 mars 851, Enjouguin et sa femme Rimuldis feront don à l'église d'Amiens de biens à Fontaines « en Amiénois » qu'ils tiennent de la libéralité de l'empereur Louis et du roi Charles (Voy. d'Achery, Spicilegium, éd. in-folio, t. III. p. 342). Néanmoins, la majeure partie de ces domaines passa à l'abbaye de Saint-Lucien de Beauvais, dont les archives nous ont transmis le diplôme de Charles.
2. Lettre de Loup de Ferrières aux moines de Saint-Amand : « Proinde videtur mihi oboediendum vobis esse cui praecipitur et ad générale placitum occurrendum, quod in praedio quodam Parisiorum, cui Bonogilo nomen est, incipiet kal. julii celebran. Sacris enim régis obniti, praesertim hoc tempore, periculosum existimo. Exiguitatem vero meam, si vita cornes fuerit, absque difficultate in conventu repperietis. Quod si tardius quam voluissetis praesentes vobis redditae fuerint litterae, noveritis vestras VIlII. kal. jul. fuisse allatas et meas posttridie ejus diei traditas j (ep. 18, éd. Dùmmler, p. 25-26; cf. Levillain, dans la Bibl. de l'École des chartes, 1901, p. 494 et 1903, p. 263 . — Puisque Loup était près du roi dès le 23 juin pour le moins, il est clair que Charles prit au sérieux le rendez-vous de la Saint-Jean.
3. Charles, à la prière d'Evrouin, évêque (de Poitiers) et archichapelain, qui a restauré le petit monastère de Saint-Maur-sur-Loire à lui concédé en pleine propriété par l'empereur Louis, ratifie un diplôme synodal approuvant cette réforme et confirme la donation de son père. Il consent à ce que, à la mort d'Evrouin, son cousin Josselin lui succède dans l'administration de ce monastère. Au décès de celui-ci cette petite abbaye et ses dépendances reviendront sous la « tuition » royale, comme les autres monastères réguliers d»1 "oyaume, et les religieux pourront choisir leur abbé, à moins que le roi ou ses successeurs trouvent dans la parenté de Josselin une personne apte à lui succéder; enfin, le souverain accorde à l'établissement l'immunité (Mabillon, Annales Bened., t II, p. 749; Historiens de France, t. VIII, p. 490, n° 70). L'original, conservé aux Archives nationales (K 11, n° 5^), a subides grattages et des retouches. Il a été connu d'Eude qui, vingt ans plus tard, rédigea YHistorïa eversionis et restaurationis sancti Maurl [Mon. Gémi., Script., t. XV, p 468). — Il y a eu certainement d'autres actes, aujourd'hui perdus en faveur d'établissements ecclésiastiques, opérant des restitutions lors du plaid général de Bonneuil. Le moine de Saint-Wandrille, auteur de Chronicon Fontanellense, écrit sous l'an 847 : « Ipso anno perreximus Bonolium pro praediis recipiendis » (Duchesne, Scriptores, t. II, p. 388).
4. A dire vrai on ne peut affirmer péremptoirement qu'ils ne soient pas venus.
[846-847] réconciliation de lothaiue et d'hincmar 179
son jeune oncle. Le péril normand intéressant l'ensemble du regnum Francorum et non spécialement l'état de Charles, la seule ambassade collective des trois rois francs effectivement envoyée le fut à l'adresse du roi des Danois l. Horic ne s'inquiète pas de ces menaces, ou plutôt les Vikings, sur lesquels il n'avait point d'autorité réelle, n'en firent aucun cas. L'entrevue de Meerssen n'eut donc aucun résultat, du moins immédiat.
Au contraire, l'affaire de l'évêché de Reims trouva une solution heureuse et rapide. Serge II, on se le rappelle2, avait donné à l'archevêque de Rouen, Gombaud, une sorte de mandat dans l'affaire de l'église de Reims. Charles, ou plutôt son conseiller Hincmar, profita habilement de l'échec du concile de Trêves pour tourner à son avantage la situation. Gombaud convoqua le concile au cœur du royaume de Charles, à Paris. Ebon y fut cité par Erpouin, évêque de Senlis :i. Il ne comparut pas4. Le concile, qui se réunit dans les derniers jours
On ne sait rien de l'itinéraire de Louis le Germanique entre février 847 et le 1er octobre de la même année, rien de Lothaire entre février 847 et le 3 janvier 848, date à laquelle on le retrouve à Aix-la-Chapelle (voy. Mûhlbacher, Reg., 2e éd., t. I, p. 4ô5-46d et p. 583). Toutefois, s'ils étaient venus, le Consilium optimatum d'août 855 ^et non 856) quiénumère toutes les grandes assemblées postérieures au traité de Verdun n'eût pas manqué de signaler ce placitum. Voy. Capitularia, éd. Krause, t. II, p. 424.
1. Annales Bertiniani, p. 35 : « Hlotharius, Hlodowicus et Karolus legatos ad Oric Danorum regem destinant, mandantes ut suos christianorum infestationibus cohiberet, sin alias bello se inpetendum nullatenus dubitaret. t> C'est là tout ce que Prudence rapporte des décisions de l'assemblée de Meerssen de 847; il ne parle même pas dece colloque. Au contraire, pour celui de 851, qui aboutit à un accord, il reproduit tout au long ses décisions. On a vu (p. 129, note 2) que le synode de Ver, qui fut un échec, a été également passé sous silence par l'annaliste De même les Annales Fuldenses ne soufflent mot du congrès.