DEUXIÈME SYNODE DE PARIS
de décembre 84C> et dont les sessions se prolongèrent jusqu'à la fin de janvier, écarta définitivement ses prétentions et confirma la validité de l'élection d'iïincmar l.
On eût pu croire que cette décision, prise peu avant l'entrevue de
cette assertion. Qu'Ebon ait projeté de se rendre en France, la chose est certaine. Une lettre d'Hincmar, lui-même, qui se place entre 847 et 850, est adressée à Pardulus, é\êque de Laon « pro transitu Ebonis antecessoris sui ut il 1 i sacerdotali.s benignitas debeat exhiberi ». Voy. Schrôrs, p. 561, note 22. C'est peur-être au syno le d'Attigny de 847 qu'Ebon songea à se rendre. Cf. p. 182, note 1.
1. Lettre d'Hincmar à Nicolas I8r, dans Migne, Patrol., t. CX.YVI, col. 78, 82, 84. Flodoard, qui analyse cette lettre au livre III, c. 2 de son Ilisloria ecclesiae Remensis, fournit des détails qu'on ne trouve point dans Hincmar : le concile se tint à Paris; il comprit les métropolitains de Sens, Tours et Reims, Gant-Ion, Landran (cf. la fin de la note) et Hincmar, avec leurs suffragants; Ebon se vit interdire l'entrée de la province (dioecesis) de Reims, à moins qu'un ordre du pape Serge n'y convoquât un concile général ; mais Ebon n'en appela plus désormais à aucun synode ni au siège apostolique; il survécut environ cinq ans et mourut en 851. Flodoard a donc utilisé ici une autre source à côté de la lettre d'Hincmar.
I /affaire d'Ebon ne fut pas la seule dont eut à s'occuper le concile de Paris. Nous savons par un passage delà Translatio sanctorum Iîagnoberti et Zenonis que l'évèque de Bayeux, Baufroi, y comparut, inculpé de trahison envers le roi : il fut absous et s'en retourna comblé de présents : «. Eodem temporc [la fête de Noël de l'année 846] Baltfridus ipsius civitatis praeerat episcopus, qui crimine fuerat nefando apud gloriosum regem Karolum accusatus et ob id, quia ad sanctam synodum ab eo congregatam advolaverat, defuit civitati ; et in synodo ad officium a quo corrucrat, quia ab eo suspensus fuerat, recepit, etiam et donis adornatus plurimis ». Il est possible que l'auteur de la Translatio ait eu en mains une lettre du pape sommant Baufroi de comparaître au concile, et qu'il en ait tiré et le nom de Serge et l'indiction. (Cf. p. 174, note 1). Surtout, il paraît bien que ce second concile de Paris s'occupa de Gottschalk et que les partisans de celui-ci firent un effort en sa faveur (voy. plus loin, p. 209, notel.) Hefelé (Histoire des conciles, trad. Delarc, t. V, p. 324» et M. Lesne (art. cit., p. 9, note 5, et p. 14, note 2) ont démontré que ce second concile de Paris s'était tenu à la fin de 846 et au début de 847. Ce dernier précise le terminus ad que m : « Le concile qui absout Hincmar a dû se terminer, en janvier 847. Hincmar dit expressément (voy. dans Mansi, t. XV, col. 719)» non pas que la nouvelle de la mort de Serge (27 janvier) est armée à l'issue du concile, ce qui permettrait de la retarder jusqu'en février mais que le pape est mort peu après la clôture du concile ». Mais il a tort de dire que le roi fut présent au concile. L'étude de l'itinéraire démontre que Charles n'a pu être à Paris de novembre 816 à mars 847.
M. Levillain (Chartes de V abbaye de Corbie, p. 258, note 1) a voulu abaisser d'ur. an ce second concile do Paris, comme l'a\ait déjà proposé Mansi (Concilia, t. XIV, col. 848) et mettre en fé\rier 847 un diplôme synodal en faveur de l'abbaye de Corbie. Cet érudit a bien voulu depuis lors me prévenir qu'il renonçait à cette idée et qu'il accepta1 1 pour le second concile de Paris la date de fin 846. Les mots « jam divisione regni ac pace cum fratribus Hlothario scilicet et Hludowico regibus confirmata », qu'on trouve au début du diplôme synodal, avaient frappé M. Levillain qui y avait vu une allusion au colloque de Meerssen de fé\rier 847; mais,