‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 185 sur 211 · CAPTURE DE CHARLES D'AQUITAINE · texte numérisé non relu

CAPTURE DE CHARLES D'AQUITAINE

quelques secours. Il fut supris par le comte de Touraine Vivien, fait prisonnier et amené à l'assemblée générale. « Sa perfidie envers son « oncle et parrain méritait la peine capitale. Par pitié on l'épargna. u Mais, après le sacrifice delà messe, il monta dans l'ambon de l'église « et fit connaître à haute voix que, pour l'amour de Dieu qu'il voulait « servir et sans céder à aucune contrainte, il voulait se faire clerc. u Sur le champ, les évêques présents le bénirent et lui firent la tonce sure du clerc. » Le malheureux fut ensuite envoyé à Corbie pour y être retenu prisonnier sous couleur de religion l. Outre la présence de Vivien au plaid général -, il faut signaler celle du comte de Mâcon

p. 183, note 1) ou Auzainville tibid., corn, de Francourville), ainsi que le dit M. Giry (Quelques documents angevins, dans les Mémoires de V Académie des inscriptions, t. XXXVI, 2e partie, p. 217), — comme l'endroit où s'est tenu le placitum : on ne comprendrait pas autrement que le roi et sa suite se soient arrêtés plusieurs jours en ce lieu insignifiant. Urbs Carnutum en 849, comme civitas Parisiorum en 845, doit s'entendre du diocèse, non du chef-lieu : nous avons vu en effet (p. 178), que, deux ans auparavant, le rendez-vous fixé à Paris, était en réalité à Bonneuil-en-Parisis. — Un acte en faveur de Saint-Florent-le-Vieil qui montrerait le roi à Vieux-Poitiers (Vienne, arr. Chàtellerault, cant. Vouneuil, com. Cenou) est un faux (voy. Giry, Quelques documents angevins, loc. cit., p. 247).

1. Annales Bertiniani, p. 37 : a Karolus Aquitaniam adgreditur. Nomenoïus Britto consueta perfidia Andegavis et vicina eis circumquaque loca invadit. Nordmanni Petrocorium, Aquitaniae civitatem, populantes incendunt atque inpune ad naves remeant... Karolus filiusPippini, relicto Hlothario, fratrem suum Pippinum in Aquitania vagantem adiré cupiens, a fidelibus Karoli régis comprehensus est et ad ejus praesentiam perductus est. Qui merito perfidiae in eundem patruum suum et patrem ex fonte sacro sententiam quidem capitalem meruerat, sed clementiae respectu servatus est. Unde et mense junio apud urbem Carnutum Karolo rege conventum habente, post missarum sollemnia ambone ecclesiae conscendens, innotuit omnibus voce propria se ob divinae servitutis amorem clericum, nullo cogente, velle fieri ; ibique ab episcopis qui praesentes aderant benedictus et ad clericum tonsus est. » Notre auteur, Prudence, évêque de Troyes, était naturellement du nombre des évêques qui tonsurèrent le jeune Charles, après sa déclaration « spontanée ». — Chronicon Fontanellense : « Anno 849. Istoanno, mense martio, cepit Vivianus cornes Carolum fratrem Pipini, qui ad auxilium fratris ferendum Aquitaniam destinabat aliosque complices ejus... Ipso namque tempore placitum habuit rex Carolus générale cum Francis in urbe Carnotensi ; in quo loco Carolus praedicti Pipini frater tonsoratur et in monasterio Corbeia continuo dirigitur. » (Duchesne, Hist. Francor. Script., t. Il, p. 388). La date de mars indiquée par le chroniqueur de Saint- Wandrille n'est-elle pas trop éloignée du plaid général de juin? Ne faudrait-il pas corriger ce texte corrompu et lire a. mense maio »? Mais la présence du « fidèle » Vivien, à Quierzy, le 16 avril ou Ier mai (voir p. 199, note 1), donne à croire qu'il y avait amené captif le jeune Charles. Celui-ci aura été tenu sous bonne garde jusqu'au plaid général où se rendait le judicium Francorum.

2. Voy. note précédente. Le 21 juin, à « Auseni villa», le comte Vivien, <r vénérable fi.Ièle », obtient du roi, la confirmation d'un acte de précaire, passé entre le diacre

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