‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 192 sur 211 · J CHARLES EN GOTHIE ET EN BERRY · texte numérisé non relu

J CHARLES EN GOTHIE ET EN BERRY

et d'autres personnages de la Gothie. Nous ignorons quelles mesures furent décrétées, mais le roi crut qu'elles suffisaient à lui assurer la marche d'Espagne1 et reprit le chemin du retour. Encore à Narbonne les 7 et H octobre2, on le voit à Albi dès le 18 de ce mois a. Puis, prenant probablement par l'Auvergne, il entra en Berry.

11 fît un long séjour à Bourges, y célébra la Noël et se trouvait encore en cette cité au milieu de janvier 850 4. Sans doute espérait-il en finir avec Pépin et, dans ce but, s'attardait-il en Aquitaine. Au

revenu dans ce pays à la fin de l'année suivante (voy. p. 210, note 1), apparaît comme ambasciator dans un diplôme du 18 octobre, concédant au fidèle Etienne des biens en Narbonnais (voy. plus bas, note 3). L'acte est donné à Albi, mais n'implique point qu'Aleran ait suivi le roi jusqu'à cette ville. Il en faut simplement conclure que l'acte a été concédé à l'instigation d'Aleran, puis, quelque temps après, remis à l'impétrant, à Albi. La rencontre d'Aleran et du roi doit se placer à Narbonne, dans la première moitié d'octobre.

1. C'est du moins ce que l'on peut déduire de la phrase suivante de Prudence : « Karolus Aquitaniam ingressus, pêne omnes, Christo sibi propitio, conciliando subjugat, marcam quoqae Hispanicam pro libitu disponit » (Annales Bert., p. 37, année 849, in fine).

2. Le 7 octobre, Charles concède en pleine propriété au fidèle Teodfred et à ses fils des terres de la couronne en Narbonnais, c'est à savoir le villiers de Fontes en entier, à Fontjongouse (Aude, arr. Narbonne, cant. Durban), tout ce que les père, mère et aïeux de l'impétrant ont acquis par « aprision » et, à l'avenir, tout ce que Teodfred et ses fils pourront s'approprier de la même manière ou bien par achat ou par échange en Narbonnais, en Septi manie et partout ailleurs (Historiens de France, t. VIII, p. 504, n° 88; cf. plus haut p. 105).

Le 11 octobre, Charles concède en pleine propriété Eude, « comte aimé et ministerialis », des biens de la couronne, c'est à savoir 50 manses à Nogent-en-Omois (Aisne, arr. Château-Thierry, cant. Condé, corn. Baulne). (Ibid., p. 505, n° 89; Mabille, Pancarte noire, n° l, avec une fausse identification de Nogent).

3. Le roi concède en pleine propriété au fidèle Etienne des domaines de la couronne sis en Narbonnais, c'est à savoir Villerouge (Aude, arr. Carcassone, cant. Monthoumet) etc. L'édition des Historiens de France (t. VIII, p. 505, n° 90) omet à la suite de la souscription du chancelier la mention Aledrans ambasciavit, qu'on (re-uve d ns l'Histoire de Languedoc, éd. Privât, t. II, col. 281, n° 74.

4. Chronicon Fontanellense : « Inde (a Tolosa) dominus rex Carolus ad Bituricas civitatem mense decembri venit. » — Deux diplômes montrent Charles encore à Bourges les 15 et 16 janvier 850. Par le premier, le roi ratifie un échange de biens dans le Maine, l'Anjou et le Poitou, opéré par Didon abbé de Saint-Florent-le- Vieil et le fidèle Joubert (comte du Maine). L'édition des Historiens de France (t. VIII, p. 504,. n" 77), exécutée d'après une copie de source inconnue conservée à Saint-Germain- des-Prés, porte : a Data XIX. kal. augusti, anno X.,indict. III ». Mais le Livre d'argent et le Livre rouge n'ont pas d'indication de mois et, d'ailleurs, le 19 des calendes d'août n'existe pas. Deux copies de dom Huynes et dom Housseau (Bibl. nat., Coll. de Touraine, t. I, n° 66) portent : G Data XVIII. kal. februarii » et c'est cette version qu'a suivie avec raison Marchegay (Archives d'Anjou, t. I, p. 237, n° 3). La date d'année (849) proposée par dom Bouquet est non moins inadmissible : en janvier 849 Charles n'est pas en Aquitaine, mais dans le nord de son

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