‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 193 sur 211 · XOUVEÀU SYNODE DE PARIS · texte numérisé non relu

XOUVEÀU SYNODE DE PARIS

milieu des préoccupations et des ambitions politiques, les questions religieuses, surtout le grand problème de la prédestination, c'est-àdire de la destinée de l'homme sur cette terre et de son salut en l'autre monde, tourmentait le roi. A Bourges, il s'en entretint avec le savant abbé de Ferrières Loup, qui l'avait suivi pendant l'expédition. Loup, ainsi que son ami l'évêque de Troyes et annaliste officiel Prudence et d'autres pieux ecclésiastiques, était loin de partager l'aversion de Kaban Maur et d'Hincmar à l'égard des théories augustiniennes de Gottschalk ; il écrivit sur ce sujet un court traité à l'usage du souverain !.

Pendant que Charles marchait d'Albi sur Bourges, un concile se réunissait à Paris le 5 novembre2. Peut-ctre l'affaire de Gottschalk

royaume, où il doit avoir, à Péronne, une entrevue avec Lothaire; enfin le 15 janvier de la 10e année du règne tombe forcément en 850.

Par le deuxième diplôme, du 16 janvier, Charles confirme un acte que lui présente Herbaud, évèque d'Auxerre, acte par lequel le prélat concédait aux chanoines de son église un certain nombre de domaines de la mense épiscopale pour en affecter les revenus à leur vestiaire : c'est à savoir 40 manses à Cosne sur la Loire avec ce que tient ïhibert en usufruit et un autre « bénéficier », Samson, en mainferme; la ce'le Saint- Remy jadis tenue en bénéfice par Waddimir, une vigne curtica à Pourrain (Yonne, arr. Auxerre, cant. Toucy), une vigne nouvelle près de l'église Saint-Eusèbe, la moitié d'un verger à Toucy. Dans la mauvaise édition donnée par l'abbé Lebeuf (Histoire d"A uxerre, Pr., p. 2) et, d'après lui, par les Historiens de Frarfce a. VIII, p. 498, n° 80), le nom de la localité est laissé en blanc et dom Bouquet proposait « Actum Carnotena civitate ». L'original existe encore aux Archives de l'Yonne : il porte Bittoricas (voy. Quantin, Cartul. gén. de l'Yonne, t. I, p. 61, n° 3L. Il faut, comme pour l'acte du 15 janvier, mettre l'acte en 850, en donnant la préférence à l'an du règne (10) et non à Tindiction (qui est ici 12, au lieu de 13).

1. Lettre de Loup au roi Charles : « Dudum in urbe Biturigum quaesistis de praedestinatione et libero arbitrio ac redemptione sanguinis Christi quid sentirem ; et ego quod in divinis litteris jidiceram et in maximrs auctoribus inveneram vestrae majestati stricte aperui. Et quoniam aliter videtur quibusdam qui me putant de Deo non pie fideliterque sentire, ipso Deo, cui ab intellegibili aetate plurimum confisus sum, sensum et stilum meum régente, memoratas quaestiones quas audacter multi ventilant, intellegenter pauci capiunt, breviter, veraciter, perspicueque dissolvam » (ep. 128, éd. Diiminler, 7oc. cit., p. 111). Cf. Levillain, art. cit., Bibl. de VÉcole des chartes, 1902, p. 553-556.

2. Chronicon Fontanellense : « Episcopi in Parisio synodum generalem tenuerunt. Autumnale tempus... ». (A. Duchesne, Script., t. II, p. 389). Un acte de Charles, du 24 mai 850, confirmant un diplôme synodal de cette assemblée en faveur de l'église de Nevers nous renseigne sur sa date : •< Unde etiam testamenti scriptum faciens [Herimannus Nevernensis episcopus] propriaque manu roborans, sanctorum pitrum episcoporum, scilicet regni nostri, pro utilitate sanctae Dei ecclesiae, octingentesimo quadragesimo nono anno incarnationis Domini nostri Jesu Christi et

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