‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 194 sur 211 · SITUATION DE LA. MARCHE D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

SITUATION DE LA. MARCHE D'ESPAGNE

revint-elle sur le tapis1. Mais, vu l'absence du roi, il ne semble pas qu'on ait pris aucune décision importante2.

Contrarié par des pluies abondantes, Charles n'était de retour en « France » qu'en février ;t. Quoiqu'il n'eût pas réussi à mettre la main sur Pépin, cette campagne de huit mois était une des plus fructeuses qu'il eût encore menée. L'Aquitaine semblait acquise, le Toulousain était recouvré, la Gothie, au moins en décades Pyrénées, pacifiée.

Il est vrai que dans la marche d'Espagne la situation avait empiré au lendemain du jour où Charles avait quitté Narbonne. Au début de 850, Aleran, qui avait regagné cette contrée, fut fait prisonnier, ainsi que le comte Isembard fils de Guérin 4, attirés en trahison par Guillaume, fils de Bernard, qui avait feint de vouloir faire sa paix. Mais le triomphe de Guillaume fut de courte durée. Battu dans une rencon-

regni nostri nono [alias decimo], in die nonarum novembris Parisius convenientium, auctoritate studu.it confirmari. » (Historiens de France, t. VIII, 509, n° 94).

1. Cette hypothèse s'autorise d'un passage d'un traité de Prudence disant qu'il a adressé aux évoques Hincmar et Pardulus une lettre renfermant des vues favorables aux théories de Gottschalk « consensu synodi ». Ce synode ne peut-être, semble-t-il, que celui de Paris du mois de novembre 849. Cf. plus loin p. 213, note 3.

2. On croyait que c'est ce concile qui avait adressé une lettre de protestation à Nominoé contre ses excès et son iniervention brutale dans les affaires ecclésiastiques de Bretagne. M. René Merlet, dans sou étude sut l'Emancipation de l'église de Bretagne (dans le Moyen Age, 1898, p. 21-30), a montré qu'il n'en était rien. On reviendra plus loin sur la date qu'il propose pour la lettre synodale adressée a Nominoé et sur les fortes objections qu'y a faites M. Levillain {Loup de Ferrières, loc. cit., 1901, p. 307-311). — C'est ce concile aussi qui aurait décrété l'abolition de l'institution des chorévêques, Hefelé le répète encore (Histoire des conciles, trad. Delarc, t. V, p. 359). On s'appuie sur un passage d'un compilateur du xme siècle, Aubry de Trois-Fontaines : « Audradus corepiscopus Senonensis... Senonas reversus Parisius ad conciliurn evocatus est; et non solum ipse, sed etiam omnes alii corepisscopi qui erant in Francia in eodem concilio depositi sunt » (Mon. Germ., Script. t. XXIII, p. 735). Mais Hinschius (Kirchenrecht, t. II, p. 167, note 5) a montré qu'en l'espèce Aubry ne mérite aucune confiance. Au fond, tout ce qu'on sait de sûr du concile de novembre 849, c'est qu'il confirme une donation de l'évèque de Nevers Hermand en faveur du chapitre de son église (voy. note précédente).

3. Chronicon Fontanellense : « Autumnale tempus imbribus inundantissimum fuit. Tertio nonas januarii fulgura et tonitrua extiterunt. Pluviae quoque largissimae in mense februario. Dominus rex Carolus de Aquitania regressus est ». Au printemps le roi se tint dans la vallée de l'Oise. Le 17 avril, on le voit à Servais, près de Laon : il confirme, à la requête de Loup, évêque de Chàlons-sur-Marne, une fondation de celui-ci affectant, à l'exemple de ses prédécesseurs, les revenus d'un certain nombre de domaines à l'entretien des clercs de l'église cathédrale (Gartulaire du chapitre de V église cathédrale de Châlons-sur Marne par le chantre Warin, publiée par P. Pélicier, p. 6).

4. Sans doute le comte de Mâcon (cf. sur lui p. 204, note 1).

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