C'est le duc de Gascogne qui le livrera à Charles en
4. Le passage du Chronicon Fontanellense (voy. la note suivante) sur la défection des Aquitains qui reconnaissent de nouveau Pépin et violent leurs serments tau début de 850) ne peut s'entendre que des Gascons et de leur chef. Sanche Sanchez a sans doute été nommé duc par Charles soit à l'assemblée de Limoges de mars 848, soit plutôt — vu la date — à l'assemblée d'Orléans de juin 848.
5. Chronicon Fontanellense : « Dominus rex Carolus de Aquitania regressus est. Et Aquitani promissam fidem fefellerunt et iterum Pippino se conjunxerunt ». Ce passage précède immédiatement le récit de la seconde révolte et de la mort de Guillaume fils de Bernard, Ces Aquitani sont les Gascons (voy. la note précédente). — Epistola Eulogii, suite (cf. note 1) : <r Sed ipsa iterum quae Pampilonem et Seburicos limitât Gallia Comata in excidium paedicti Caroli contumaciores cervices, factionibus comitis Sancii Sancionis, erigens, contra jus praefati principis veniens, totum illud obsidens iter, immane periculum commeantibus ingerebat. Eo tempore magnam mini consolationem beatitudo tua in ipsa peregricatione exhibuit ».
[846-849] desseins de nominoé 211
sans doute très vite et le passage à travers la Gascogne redevint praticable, car, au début de l'été de 850, nous voyons deux ducs qui commandaient les Basques d'outre-Pyrénées, ou Navarrais, Eneco et Semen * députés auprès de Charles pour lui demander la paix et offrir des présents. L'ambassade navarraise reçut un accueil favorable à l'assemblée de Verberie de juin 850 2.
Tranquillisé du côté de l'Aquitaine et de la Gothie, Charles put alors donner toute son attention aux événements de Bretagne.
Le traité de paix de 8iG, on l'a déjà vu, n'avait eu aucune efficacité. Dès la fin de cette même année, les Bretons étendaient jusqu'à Bayeux leurs incursions 3. Les représentations menaçantes du triumvirat royal de Meerssen en février-mars 847 étaient restées à l'état de projet *. Au cours des années 847, 848, 849, Charles n'avait osé s'attaquer à un adversaire aussi sérieux que Nominoé tant que la paix ne serait pas assurée du côté de Lothaire et que les affaires d'Aquitaine et de Gothie ne seraient pas réglées.
L'offensive de Nominoé traduisait une ferme volonté de constituer la terre des Bretons en pays indépendant '. Mais, au point de vue reli-
1. Les noms des ducs Navarrais tels que nous les trouvons dans le Chronicon Fontanellense (voy. note suivante) sont certainement altérés. Un érudit basque du xvn8 siècle, Oihenart(Voti£ia utriusque Vasconiae, p. 259), avait proposé de corriger Jnduonis en Iniconis et Mitlonis en Ximinonis. Cette correction a été reprise par J. de Jaurgain, la Vasconie, t. 1, p. 128.
2. Chronicon Fontanellense : « Anno DCCCL. Carolus placitum in Vermena palatio tenuit in mense junio. Ibi ad eum legati venerunt Induonis et Mitionis ducum Naverrorum, dona afférentes; paeeque [petita] et impetrata reversi sunt ». (A. Duchesne, Hist. Francor. Script., t. II , p. 389). — Selon M. de Jaurgain (la Vasconie, t. I, p. 133 ; t. II, p. vi, p. 191 et suiv.), les petits états basques comprenaient à cette date le royaume de Pampelune, le duché des Navarrais, le comté des Alavais etc. Les deux ducs qui députèrent à Charles étaient le premier et le troisième fils de Garcia-Semen, prince des Vascons de 816 à 818. L'un, Eneco- Garcia, gouvernait la vallée qui forma par la suite la « merindad « d'Estella, l'autre, Semen-Garcia, possédait l'Alava. Peu après l'ambassade de ces princes au roi de France, vers 853, le duché de Navarrais aurait été absorbé par le royaume de Pampelune. Ces assertions ne résistent pas à la critique qu'en a faite M. Barrau-Dihigo dans son mémoire les Origines du royaume de Navarre (Revue hispanique, 1900, p. 141-222).