J NÉGOCIATIONS AVEC LOTHAIRE 1 T
demander à son frère d'user de bienveillance à l'égard de Pépin, qui s'était sans doute mis, après la mort de Louis le Pieux, à la tète du mouvement insurrectionnel en Aquitaine ' , et d'attendre, pour prendre une décision à son sujet, qu'ils eussent pu en conférer2.
Mais les actes de Lothaire répondaient mal à ses paroles : s'il était pleinement dans son droit en repoussant les empiétements de Louis le Germanique 3, les efforts qu'il faisait en « France » pour débaucher les fidèles de son autre frère v trahissaient ses intentions. Charles en fut informé dans le courant du mois de juillet5 à Bourges, lors d'une assemblée tenue en cette ville6. Il dépêcha aussitôt à Lothaire son cousin Nithard7 et un nommé Augier, lui rappelant, à son tour, les serments qu'ils avaient échangés, le suppliant de ne pas violer les dernières dispositions prises par leur père et de se conduire envers lui comme il le devait en sa double qualité de frère et de parrain8, s'engageant enfin, s'il respectait son royaume, à lui montrer la fidélité et la soumission à laquelle un cadet était tenu envers son aîné. 11 ajoutait qu'à ce prix il lui pardonnerait tous ses torts. Que Lothaire cessât donc de chercher à corrompre ses fidèles et à jeter le trouble dans le royaume qu'il tenait de Dieu. Décidé, quant à lui, à ne
1. Du vivant de Louis le Pieux, Pépin II, fils de Pépin Ier d'Aquitaine, avait été retenu à la cour impériale en « France ». Voir Simson, op. cit., t. II, p. 218.