Voy. plus haut, p
5. Diplôme de Lothaire pour Hatto, abbé de Fulda (dans Dronke, Cod. diplom., p. 250) — Annales Xantenses (dans Mon. Germ., Scrijrt., t. li-, p. 229). Cf. Mùhlbacher, Reg., 2e éd. n" 1143 ; Dùmmler, t. I, p. 347; Parisot, p. 41, note 4.
G. Calmeîte, la Diplomatie carolingienne, p. 18. Sur cette entrevue de Meerssen, voy. encore Dummler, t. I, p. 347-349; Parisot, p. 41; Faugeron, De fraternitate (Rennes, 1868) ; E. Bourgeois, le Capitulaire de Kiersy, passim.
cité1. C'est à cette fin que les trois souverains s'assemblèrent à nouveau au palais de Meerssen2 vers le mois de mai 851 !.
1. M. Calmette (op. cit., p. 18, n. 2) veut que l'initative soit venue de France : Charles aurait envoyé Hincraar en tournée diplomatique à la cour impériale et à la cour de Germanie. Il invoque à l'appui deux lettres de l'archevêque au roi de France, connues par unebrèveanalysede Flodoard (Hist.eccl. Rem., III, L8 ; éd. Waitz, Mon . Germ.y Script , t. XIII, p. 509) et combat Schrôrs (Hinkmir, p. 520), qui n'ose fixer de date précise entre 846 et 850, et Waitz, qui propose dubitativement l'année 817. L'argumentation invoquée contra cette dernière date (« en 847 Hincmar était loin d'être persona grata à la cour impériale ») ne porte plus depuis le mémoire do M. Lesne dont on a parlé plus haut (p. 131, note 3). En réalité, il est impossible de savoir si ces lettres doivent être rapportées au premier ou au second congrès d* Meerssen, peut-être même à la paix de Péronne de janvier 849.
2. Annales Bertiniani, p. 38 : « Hlotharius, Hludowicus et Karolus apud Marsnam palatium conveniunt. Ubi etiam fraterne paucis diebus morati, haec communi procerum suorum consilio atque consensu decernunt propriorumque nominum monogrammitibus confirmant»; — Chronicon Fontanellemc : « Ipso anno (851), placitum magnum et générale factum est a tribus gloriosissîmis fratribus Clothario, Carolo et Ludovico, magnis regibus, in loco quodam juxta flumen Mosam » ; — Annales Xantensa : « 851 .. conventus namque regum nostrorum tune erat apud Mosam fluvium». — Deux des trois manuscrits qui nous ont conservé au complet les actes de Meerssen, dont un du ixe, l'autre du x8 ou du xi9 siècle, font précéder le texte de cette note : « Haec quae secuntur capitula acta sunt anno DCCCLI. incarnations dominicae, quando très fratres reges, Hlotharius scilicet, Hludowicus et Karolus, secus municipium Trejectum, pênes locum qui dicitur Marsna, iterum convenerunt et consultu episcoporum et ceterorum fidelium eadem capitula subscripserunt manibus propriis et inter se ac inter fidèles suos perpetuo se conservaturos promiserunt » (Capitularia, éd. Krause, t. II, p. 72). — Les actes de l'assemblée ont été presque intégralement transcrits par Prudence, si sec d'habitude, dans les Annales Bertiniani, ce qui prouve bien l'importance qu'il y attachait.
3. Comme on l'a vu à la note précédente, aucun document n'indique explicitement à quel moment de- l'année 851 fut tenu le second congrès de Meerssen. L'itinéraire de Lothaire ne peut être d'aucun secours pour en déterminer la date (Parisot, p. 41, note 5). Louis le Germanique ayant résidé à Ratisbonne de la Noël de 850 au 22 mars 851 pour le moins (Miihlbacher, Reg., 2« éd., n03 1397-1393), il est certain que le congrès ne saurait être antérieur à avril. Prudence (Annales Bertiniani, éd. Waitz, p. 38) et le Chronicon Fontanellense en parlent, du reste, après la mort de Nominoé, survenue le 7 mars (voy. plus haut p. 223, note 3) ; au milieu d'avril, le 19, Charles est toujours en Laonnois, au palais de Servais (diplôme conservé en orig., édité dans les Historiens de France, t. VIII, p. 507, n° 93, à la date de 850). D'autre part, en revenant de Meerssen, Charles tint le plaid général à Roucy (Aisne, arr. Laon, cant. Neufchâtel) et entreprit aussitôt après sa quatrième expédition en Bretagne. On le voit en Anjou, à Juvardeil (Maine-et-Loire, arr. Se gré), le 16 août (diplôme en faveur d'Anchier, dans les Historiens de France, t. VIII, p 518, n° 105). Sans doute est-il déjà en Anjou ou près d'y entrer le 3 juillet, car à cette date il ratifie un échange entre Doon et Eude, respectivement évêque et comte d'Angers (Ch. Urseau, Cartulaire noir de la cathédrale d'Angers, p. 24). Dans ce dernier acte il existe une discordance entre Yactum et le dation : concédé
Les délibérations durèrent peu *. On se contenta de poser un certain nombre de principes généraux destinés à régler les rapports des trois royaumes, sans vouloir, comme en 847, élaborer un plan d'action commune contre les rebelles. On écarta aussi, prudemment, tout ce qui avait trait à la répression des abus commis par les laïques aux dépens des églises. Sans doute préféra- t-on laisser à chaque souverain le soin de régler pour son compte, du mieux qu'il pourrait, cette question épineuse, pour ne pas dire insoluble, inscrite au programme du premier congrès de Meerssen. Les rois décidèrent l'oubli du passé, des torts réciproques ; ils s'engagèrent à vivre désormais en bonne harmonie, à n'avoir plus entre eux que des rapports loyaux et francs, comme il convenait à des « pairs », et à ne plus rien machiner les uns contre les autres (art. 1). Il se promirent aide et conseil mutuels en cas de danger et s'obligèrent à reporter sur les fils de celui d'entre eux qui viendrait à mourir le premier la fidélité jurée au défunt (art. 2 et 3). Il fut spécialement stipulé qu'aucun des trois contractants ne donnerait ni asile ni protection aux sujets révoltés des deux autres, mais s'emploierait avec ses frères à assurer leur châtiment (art. 4). Même engagement enfin fut pris au sujet des coupables qui, pour échapper aux peines ecclésiastiques, s'enfuiraient du royaume auquel ils appartiendraient pour se réfugier dans les états voisins (art. 5).
C'était, on le voit, avec quelques précisions nouvelles, la reconnaissance des principes déjà proclamés par les évêques et acceptés par les rois lors des conférences tenues à Yiitz sept ans auparavant2. Et, comme pour mieux couronner l'édifice, Charles et ses frères jugèrent bon d'adopter, en finissant, l'idéal de concorde universelle que le clergé, depuis la mort de Louis le Pieux, n'avait cessé de prêcher dans toute l'étendue de l'ancien regnum Francorum : concorde non seulement entre les rois, mais entre les rois et leurs fidèles, que les trois princes s'engagent de concert à garantir contre tout arbitraire ; concorde des fidèles entre eux pour l'œuvre commune de restauration de l'Église et de l'État ; communion de tous en Dieu ; entente de
le 3 juillet en Anjou, le diplôme a été délivré à Lézin (12 kil. de Redon, au nordest) entre le 18 et le 22 août. Le plaid de Roucy se trouve ainsi daté de juin, ce qui est justement, sous le règne de Charles, l'époque ordinaire du placitum gèneraie; et l'entrevue de Meerssen se place, approximativement, en mai.
1. « Paucis diebus morati », dit Prudence (p. 227, note 2) qui a certainement pris part à la conférence.