OFFENSIVE DE NOMINOÉ ET DE LAMBERT
Nantes, rejoignirent en Bretagne les prisonniers faits à Rennes1. Pour satisfaire sans doute une vieille rancune de Lambert, Nominoé chassa de Nantes l'évêque Aitard, un Tourangeau dévoué au roi Charles qui lui avait donné l'évêché sept ans auparavant, et il le remplaça par un Vannetais, Gîlard. La victime partit aussitôt pour Rome porter sa plainte à Léon IV2.
Nominoé et Lambert, tout en poursuivant à fond leurs avantages, semblent avoir craint un retour offensif de Charles : le soin qu'ils prirent d'enlever les portes et d'abattre en partie les remparts de Rennes et de Nantes, ne peut, ce semble, s'expliquer autrement 3. On perd la trace du roi depuis le mois de septembre 850. Il ne paraît pas avoir regagné la vallée de l'Oise, car le 16 janvier 851, nous le retrouvons à Chartres4. Le mois suivant, il a repris le chemin habituel
1. Chronicon Fontaneîlense : « Anno DCCC L... Rex Carolus cura exercitu usque ad Redonas oppidum pervenit ibique custodiam disposuit. Sed eo ab urbe recedente, Nomenoius et Lantbertus cum fidelium copia eandem urbem oppugnare raoliti sunt. Quo metu territi custodes nostri in deditionem venerunt, in Britanniamque exiliati sunt. Dura haec in Britannicis finibus geruntur, classis Danorum... Ipsis diebus Amalricus cornes et alii plures Nomenoio duce Brittonum et Lantberto tyranno in Nannetis urbe capiuntur. Indeque ad Cinomannis cura indicibili furia pervenerunt, Lantberto tyranno proditore [gentis suae?] haec coopérante; seniores vero capti in Britanniam directi sunt, reliquis populis inermibus reversis. » (A. Duchesne, Script., t. II, p. 389).
2. Les renseignements donnés par la Chronique de Nantes au chap. xn (p. 39-41), sur l'expulsion d'Aitard et son remplacement par Gîlard, sont déparés par plusieurs bévues chronologiques. Il en est de même aux chap. ix (p. 25) et x (p. 27) qui rapportent la nomination d'Aitard à l'é\êché de Nantes, du consentement du roi Charles », et ses constestations avec Lambert qui avait voulu a. construire sa demeure dans le principal château delà cité». — Le pape Léon IV condamna l'usurpation de Gîlard par une lettre adressée à Nominoé qu'Aitard rapporta de Rome vers le début de 851. Voy. cette lettre, conservée partiellement, clans Migne, Patrol. lat., t. CXV, col. 673; cf. la lettre de Nicolas I" à Salomon (dans la Chronique de Nantes, p. 57 et 60).
3. Annales Engolismehses : « DCCC L... Et Nomenoius Redones et Nannetis capiens partem murorum portasque earum destruxit ». — Chronicon Aquitanicum {Id.). {Mon. Germ. Script., t. XVI, p. 486 et t. II, p. 253.)
4. Charles, déplorant que les occupations du siècle l'empêchent de prendre soin des pauvres de l'abbaye de son saint patron Denis, établit à l'instigation d'un des religieux, Dieudonné, la fondation suivante : les revenus d'un domaines du fisc, Leudelinicnrtis en Parisis, avec la forêt de Madan (réserve faite du droit de chasse) seront affectés d'une manière générale aux pauvres entretenus par l'abbaye; en outre, à la nourriture quotidienne de cinq indigents qui recevront des vêtements neufs chaque année à Pâques; le jour de la Cène on prendra douze pauvres dont on lavera les pieds et qui recevront chacun un denier {Historiens de France, t. VIII, p. 497, n° 79; Tardif, Cartons des rois, n° 160). L'acte, conservé encore en original, est daté de l'an 11 du règne et de l'indiction 12 ot donné <t Carnotinas
[851] MORT DE NOMINOÉ 223
delà Bretagne : il est à Tours1 et y tient peut-être une assemblée2 où Ton traite des moyens de repousser l'invasion des Bretons et des rebelles qui se maintiennent au cœur de la Neustrie. Quelques jours après, le 7 mars, la mort presque subite du vieux Nominoé, survenue à Vendôme, débarrasse le jeune roi du plus terrible adversaire qu'il eût rencontré après le Viking Ragnar1. Nominoé parait
civitate ». L'indiction correspond à l'année 849; mais alors Charles, à Péronne en janvier, à Quierzy en février-mars, ne s'est certainement pas rendu en Neustrie. Force est donc de préférer l'an du règne qui reporte l'acte au 16 janvier 851.
1. Charles, à la prière du très fidèle Vivien, « recteur » de Saint-Martin de Tours, ratifie la donation faite par celui-ci aux moines de Cormery, dirigés par l'abbé Oacre, dans le but de remédier à leurs besoins tant de nourriture que de vêtements; c'est à savoir : le bénéfice de Godaud fils de Godaud à Chambon (Indre-et-Loire), Luré (id.), Crisseium; des mansiones dites « aux Roches », dépendance de la villa de Retz (Maine-et-Loire), pour abréger la route des navires et pêcher du poisson (une traîne de filet est autorisée dans la Loire : (Historiens de France, t. VIII, p. 507, n° 92 ; — Bourassé, Cartulaire de Cormery, p. 37) — L'acte, dont l'original n'a pas été conservé, a certainement été remanié, mais il n'y a pas lieu de croire que la date ait été modifiée. L'indiction 13, en retard d'une unité, doit être sacrifiée à l'an du règne : en effet, en février 850, Charles n'était plus en Touraine mais en « France » (voy. plus haut, p. 209), note 3, un passage du Chronicon Fontanellense). Le diplôme doit donc être daté de Saint-Martin de Tours, 16 février (14 kl. mart.) 851.
2. Cette supposition se fonde sur la date d'une charte de l'abbaye de Cormery donnée le 1er février l'an 11 du règae de Charles, à Tours, in concilio publico (Bourassé, p. 39). On a dit plus haut (p. 220, note 3) que le mot eoncilium peut s'entendre d'une assemblée royale, et aussi d'un mallus local. La coïncidence de la date de cette charte avec la présence de Charles, attestée par un diplôme (voy. note précédente), rend la tenue d'une grande assemblée vraisemblable.
3. Annales Bertiniani, p. 38; « 851 (initio). Nomenogius Britto moritur » ; — Chronicon Fontanellense ; « Anno 851, indictione XIIII, Nomenoius dux Brittonum divino judicio malae intentioni fidem (leg. finem) dédit, sicque in finibus Franco rum mortuus est » ; — Annales Engolismenses : « 851. Nomenoius, jubente Deo, ab angelo iniquitatis nonis martii percussus interiit » ; — Chron. Aquitanicum : « 851. Nomenoius, jubente Deo, ab angelo percussus interiit. » — La Borderie (Hist. de Bret., t. II, p. 474-476) a contesté la date du 7 mars donnée par les Annales angoumoisines pour la mort de Nominoé et il la place entre le 8 et le 15 juillet. Son argumentation, appuyée sur une interprétation des chartes de Redon et des conjectures, n'a convaincu personne (voy. R. Merlet, Guerres d'indépendance, p. 20; Levillain, Loup de Ferrières, loc. cit., 1902, p. 306, note 2) et il n'y a pas lieu de s'y arrêter. Plus délicate est la détermination du lieu et des circonstances de la mort du duc breton. Un compilateur breton, Pierre Le Baud, rapporte dans son Histoire de Bretagne, rédigée entre 1498 et 1505, que « Neminoius... passa le fleuve de Maienne avecques son exercite ; et, comme il trouvast la cité d'Angers presque toute déserte et vuidée de ses habitans parce que les Norwegiens l'avoient par auant prinse et destruicte (!), il l'assaillit de toutes pars et entra par force dedans; et adoncq ûst violler les temples de la dicte cité où le demourant des citoyens estoient fuiz et entrez à refuge, dont les ungs furent
224 MORT DE NOMINOÉ [851]
avoir été une physionomie complexe, très curieuse. Il est des plus regrettable qu'on puisse seulement l'entrevoir au travers des trop brefs passages des annales franques qui n'en parlent que pour le
occis, les aultres prins et emmenez captifs,' laquelle chose moult despleut à Dieu, si comme manifestement il apparut après. Et quant il eut ainsi degasté celle cité, il s'en départit et conduisit celle exercite scelon les rives du fleuve de Loyre, qui se plunge en Maienne au dessuz de laditte cité, bruslant et destruisant les territoires d'Anjou, du Maine et de Touraine, depuis Loire jusques à Neustrie, parvint jusques à Vendosme, où il s'arresta attendant y recueillir ses osts qui estoient espanduz par lesdits territoires affln d'assaillir le pais de Chartres. Mais comme jà partie de son exercite commenczast à gaster celle grant plaine qu'on appelle la Beausse, il devint soudain enferme et par gravité de doleur finit dedans briefs jours sa vie. » (Nous reproduisons, non l'édition d'Hozier, Paris, 1638, in-fol., p. 111, mais la copie du xve siècle, Bibl. nat., ms. des nouv. acquis, françaises 2615, fol. 80, recto et verso). — Une autre compilation de Le Baud sur l'histoire de Bretagne, rédigée vers 1480 pour Jean de Châteaugiron, et contenue dans le ms. fr. 8266 de la Bibl. nat., ne donne pas ces détails touchant la dernière expédition et la mort de Nominoé. Le Baud se bornait à traduire pour ainsi dire mot à mot des textes anciens (tel la Chronique de Nantes, comme l'a établi dans son édition R. Merlet). Il semble bien que ce soit le cas ici, quoiqu'une tradition légendaire recueillie par Réginon (voy. note suiv/i semble placer à Angers ou près de cette ville, et non à Vendôme, le châtiment suprême infligé par le ciel au Breton. Malheureusement le récit de Le Baud ne concorde pas avec l'itinéraire (voy. p. 222, note 4 ; 223, notes I, 2). Si, au lieu d'être à Chartres le 16 janvier, à Tours le 16 février, le roi était, au contraire, à Tours en janvier, à Chartres en février, tout irait bien : Charles recule pas à pas devant Nominoé ; celui-ci, d'Angers, remonte la vallée du Loir jusqu'à Vendôme et meurt au moment où il se prépare à entrer dans la Beauce et à se porter sur Chartres où se tient son souverain. Le mouvement de recul du roi Charles de Tours à Chartres aurait commencé après le 16 février (voy. p. 223, note 1); c'est peu après son arrivée en cette dernière ville que le roi franc aurait appris la maladie puis la mort de son ennemi. — Ce système exige que dans le diplôme en faveur de Saint-Denis (p. 222, note 4) il y ait une discordance entre le Datum (16 janvier, concession en un lieu quelconque, peut-être à Saint-Denis où, semble-t-il, d'après l'exposé du diplôme, le roi aurait été prier, sans doute à la Noël de 850) et YActum (remise à l'impétrant, à Chartres, fin février ou mars 851). Les exemples de ces discordances sont si nombreux qu'il est séduisant d'adopter ce système qui a le mérite d'être cohérent et logique. Le récit de La Baud coïnciderait ainsi parfaitement avec celui du Chronicum Fontanellense : après s'être emparés de Rennes et de Nantes vers septembreoctobre 850, Nominoé et Lambert se jettent sur l'Anjou, le ravagent, entrent dans Angers, puis, remontant la vallée du Loir en dévastant tout sur leur passage, parviennent, l'un (Lambert?) jusqu'au Mans, l'autre, Nominoé, jusqu'à Vendôme, où il meurt presque subitement, le 7 mars 851. Il n'y a qu'une campagne, à vrai dire, poursuivie de septembre 850 à mars 851, et non deux, comme le prétend La Borderie (Hist. de Bret., t. II, p. 63).
L'invasion de l'Anjou par Lambert et les Bretons se trouve confirmée par un passage des Gesta sanclorum Rotoneyisium : « In illis diebus orta est turbatio non modica inter Karolum regern Francorum et Nominoium ducem Brittanniae. Sicque actum est ut Landebertus cornes adhereret Nominoi principi, deserens
1 851] MORT DE NOMINOÉ 225
signaler à l'exécration du peuple chrétien1. Sa mort parut providentielle aux Francs. Nul doute que le clergé y ait vu le doigt de Dieu2.
Nominoé disparu, restaient son fils Érispoc, non moins intrépide,
rlominatum régis Karoli. Invasitque totam provintiam Namneticam simul et Andegaviam ex obtentu ducis Britanniae. Porro onines amici régis hue illucque dispersi sunt. Eo vero terapore erat quidam abbas, Gauslinus nomine, ex mona-terio sancti Mauri ia territorio Andegavensi. Hic venit ad sanctum Dei locum Rotonensem, ubi sanctus Ipotemius requiescit, suscepitque eum venerabilis abbas cum summa diligentia. Permansit autem in sancto ]oco per quattuor ferme menses. >) (Mabillon, Acta, saec. IV, part, ir, p. 218; collationné sur le m s. lat. 662 des nouv. acquisition latines de la Bibl. nat., fol. 17). Cet abbé Josselin est celui que nous avons vu (p. 178, note 3) obtenir du roi, le 14 juillet 847, à l'instigation de son parent Evrouin, la survivance de l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire (Glanfeuil); c'est le futur évêque et défenseur de Paris contre les Normands. Son séjour à Redon ne fut sans doute pas volontaire : il faisait partie de ces « senioics capti in Britanniam directi » dont parle le Chronicon Fontanellense (voy. p. 222 note 1). On peut supposer qu'à la mort de Nominoé il fut délivré d'une captivité adoucie par la bienveillante déférence que l'abbé Conwoion devait à un descendant de Charlemagne. Cette captivité ayant duré environ quatre mois, l'invasion de l'Anjou se placerait, par hypothèse, vers la fin de nomembre 850.
1. La Borderie (t. II, p. 63-70) a consacré à Nominoé et aux desseins qu'il lui suppose des pages étranges. Il reproduit même comme « vieille ballade bretonnante sous une forme ornée peut-être » une fabrication de La Villemarqué, le soi-disant Tribut de Nominoé. On nous dispensera de discuter de pareilles conjectures.
2. Aux témoignages du Chronicon Fontanellense et des Annales Angoumoisines qui voient l'un la main de Dieu, l'autre colle du diable (V « ange d'iniquité ») dans la fin de Nominoé, il faut joindre la légende angevine que nous a transmise Réginon, au début du xe siècle. Au moment où le cruel dévastateur des églises s'apprêtait à monter à cheval, saint Maurille, évêque d'Angers (au ve siècle), lui apparut et le frappa mortellement à la tète de sa crosse : « Anno dominicae incarnationis DCCC LXI1 (sic) Nomeneius rex (sic) Brittonum]moritur, divino nutu percussus. Nam, cum ecclesias Dei deva^taret et confinia crudeliter depopularetur, eo quod Carolo debitam fidelitatem servarent (cf. p. 223, note 3, in fine), quadam die, cum equum ascendere vellet ut coeptam malitiam consummaret, repente viditante se sanctum Maurilionem episcopum astare sibi haec torvo vultu et terribilibus oculisingeminantem : « Desine, jam, crudelispredo, ecclesias Dei devastare ». Mis dictis, baculum quem manu gestabat elevans, eum in capite percussit. Qui a suis in domo reportatus vitam cum regno finivit. Fuit autem iste Maurilio episcopus Andegavensis urbis, cujus civitatis termini coherebant finibus Brittanniae, et ideo ab eis graviter depopulabantur. Filius Nomenoi Herispoius regnum paternurn obtinuit. » (éd. Kurze, p. 79-80). Réginon, moine de l'abbaye lotharingicnne de Priïni. qui possédait de nombreux domaines en Anjou et sur la frontière de la Bretagne (voy. dans le Moyen âge, 1908, p. 266), doit à cette circonstance de pouvoir nous fournir sur les Bretons nombre de renseignements empruntés à des sources orales. Sur la cruauté de Nominoé et son dédain des églises, voy. encore les Miracula sancti Magloril (cf. F. Lot, Mélanges d'histoire bretonne,]). 474', et une charte de son fils Eiïspoé qui donne la moitié du plou de Bains à l'abbaye de Redon
non moins heureux, et le « tyran » Lambert. Tous deux rentrèrent aussitôt en Bretagne1. Puis Lambert continua la lutte contre ses compatriotes de Neustrie avec ses partisans et des auxiliaires bretons, mais avec un moindre succès que Nominoé2. Aussi Charles rassuré repassa la Seine et crut le moment venu de sceller la réconciliation avec ses frères dans un colloque solennel dont sa lutte contre Pépin, Guillau me de Golhie, les Bretons, Lambert avait retardé la tenue de deux années.
L'année 840 avait vu la réconciliation de Lothaire et de Charles3, le ferme maintien de l'amitié fraternelle de Charles avec Louis le Germanique4. En 850, Louis et Lothaire, à leur tour, avaient resserré leurs liens : ils s'étaient rencontrés à Cologne, en juin, puis avaient passé plusieurs jours à chasser ensemble dans la forêt d'Osning ( Eggegebirge), en Westphalie ; leur union était si étroite que « beaucoup de gens s'en émerveillaient» 5. « Puisque tout était à la paix et « à l'amitié, puisque chacun des Carolingiens était dans les relations « les plus cordiales avec ses deux frères, le moment était venu de « céder aux conseils des grands, de sceller la concorde par un congrès « qui renouvellerait et compléterait l'œuvre si longtemps oubliée de « l'entrevue de Yiitz»6, réaliserait le programme proposé à Meerssen en 847 et achèverait l'œuvre de concorde fraternelle que Louis le Germanique n'avait cessé de poursuivre avec une remarquable téna-
<l considerans graritudinem peccatorum ineorum et gravitudinem peccatorum patris mei Nominoe » (Cartulaire de Redon, p. 371, note 1). Cette charte, du 10 mars 851, est postérieure de trois jours seulement à la mort du prince breton. On peut croire que sa fin, succédant de si près aux reproches des Pères du concile d'août 850, a semblé, même aux Bretons, un châtiment du ciel. Cf. F. Lot, Mélanges... p. 15, n. 2 [h rectifier avec ce qui est dit plus haut, p. 2^3, note 3).
1. Dès le 10 mars, Eiïspoé, Salomon et autres chefs bretons sont à Redon. voy. la charte citée à la fin de la note précédente.
2. Chronicon Fontanellense : « Anno DCCCLI, indictione X1III, Nomenoius .. mortuus est. Sed nec sic Lantbertus ad fidem flexus est, sed propriam gentem in qua natus est, Brittones cohortans, insecutus est infeliciter, non tamen sine suorum hominum ac Brittonum damno ». (Duchesne, Scriptores, t. II, p. 389).