INVASION DU ROYAUME DE CHARLES PAR LOTIIAIRE 1<J
J'abbé de Saint-Denis Uilduin et le comte de Paris Girard étaient venus lui engager leur foi, livrant ainsi le passage de la Seine, et leur exemple avait été suivi par Pépin, fils du feu roi d'Italie Bernard, et par presque tous les grands de la région qui craignaient de se voir dépouiller de leurs biens f. Sûr de son terrain, Lothaire continua sa marche lente et prudente et franchit la Seine, précédé, comme d'habitude, de racoleurs chargés de rallier les populations d'entre Seine et Loire par des promesses ou des menaces 2. Il se dirigea sur Chartres ;!, puis, ayant appris que Thierry, Eric1 et leurs partisans venaient à sa rencontre, il résolut de gagner les bords de la Loire 5.
Cependant Charles, après avoir, en Aquitaine, levé de nouvelles troupes, avait réussi à mettre en fuite Pépin et les siens et, emmenant cette fois sa mère avec lui pour plus de sûreté, se préparait à retourner en « France » 6. C'est alors qu'il apprit la défection de ses fidèles et l'invasion de ses états. L'attitude redoutable de Lothaire, décidé, disait-on, à le poursuivre jusqu'à la mort, la menace d'un retour offensif de Pépin, une dangereuse agitation qui éclatait au même moment dans le Maine et en Bretagne plaçaient Charles dans une situation de plus en plus alarmante. Ses conseillers, réunis en hâte, décidèrent de mourir plutôt que de trahir leur roi7.