‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 32 sur 211 · SOUMISSION DU MAINE · texte numérisé non relu

SOUMISSION DU MAINE

rant qu'il n'avait cessé de lui être fidèle et qu'il ne demandait qu'à le rester, en dépit de l'attaque dont il avait été l'objet, ajoutant enfin qu'il était prêt à se mesurer avec quiconque voudrait le contester. Charles le crut, se réconcilia avec lui, le combla même de présents et lui demanda d'exécuter ses promesses en tentant d'obtenir la soumission de Pépin et des siens l.

Au même moment, Charles obtenait celle des Manceaux. Ceux-ci s'étaient divisés en deux partisses uns, avec l'évêque du Mans Aldric, soutenant la cause du roi, les autres, — Lambert, Eric, l'ancien abbé de Saint-Calais Sigismond, — refusant de reconnaître son autorité2. Dans l'impossibilité où il s'était trouvé d'aller dès le début mettre ces derniers à la raison, Charles avait entamé avec eux des négociations, et finalement ils avaient consenti à se soumettre à la condition qu'ils auraient la vie sauve, qu'ils ne seraient pas privés de leurs biens et que Sigismond enfin rentrerait en possession du monastère de Saint- Calais 3. Laissant donc Bernard négocier la paix en Aquitaine, Charles alla au Mans recevoir leurs serments de fidélité4. Il y reçut aussi les serments et les présents du duc de Bretagne Nominoé, qu'il avait mis en demeure de se prononcer 5.

Charles sentaitainsi son parti se fortifier peu à peu. Mais, par ailleurs,

quit, quosdam vero inlesos cepit ac more captivorum custodiri praecepit; suppellectilem autem universam diripere permisit. »

1. Nithard, II, 5, éd. Mùller, p. 18 : « Hinc quoque Bernardus humilior effectus, paulo post supplex ad Karolum venit, dicens et fidelem se illi fuisse et tune, si liceret, esse voluisset et deinceps, quanquam hac contumelia affectus esset, in futurum fore, minime diffideret; quod etsi quilibet aliter dicere vellet, armis se Loc propulsurum promittit. Quibus Karolus credulus effectus, ditatum muneribus et gratia in societatem amicitiae suscepit et ut Pippinum ac suos uti promiserat, subditos sibi efficere teraptaret direxit. »

2. Gesta Aldrici, dans les Mon. Germ., Script., t. XV, p. 325, et éd. Charles et Froger, p. 158 : « Inter cetera autem mala surrexit quaedam tyrannica potestas in pago Cenomannico quae resistere nitebatur Carolo — Praefate ergo tyrannicae potestati se conjunxit Sigemundus, qui dudum se praefatae Anisolae monasterio abbas fuerat; et Aldricus, Cenomannicae aecclesiae episcopus... fideliter Carolo seniori suc adherebat ». Nithard, II, 5, fait allusion aux mêmes événements quand il dit : « Et his ita compositis, Cenomannicam urbem (Karolus) adiit Lantbertum Ericumque una cum ceteris recepturus. » Ce Lambert et cet Eric font évidemment partie de la faction appelée « tyrannica potestas » dans les Gesta Aldrici.

3. Gesta Aldrici, loc. cit. : « Videns domnus Karolus memoratus rex propter alias seditiones quae undique crassabantur sine magno discrimine aliter tune non posse fieri, consensit petitionibus eorum et inter reliquos Sigemundo concessit memoratum monasterium habere. »

4 Voir le texte de Nithard, II, 5, ci-dessus, note 2.

5. Nithard, II, 5, éd. Miiller, p. 18 : « Cunque ille (Karolus) illos inibi perhumane reciperet, protinus ad Nomenoium ducem Brittannorum mittit scire eu-

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