DERNIÈRES TENTATIVES DE CONCILIATION
d'Auxerre '. Craignant d'être attaqué avant l'arrivée de Pépin, Lothaire s'éloigne en hâte. Mais Charles et Louis sont résolus à ne pas le laisser échapper : pendant qu'une partie de leurs troupes reste en arrière à préparer les campements, ils se précipitent en avant avec une poignée d'hommes 2. Après un échange de messages, on convient d'observer la paix encore la nuit suivante3. Les deux armées campèrent donc à trois lieues l'une de l'autre, séparées seulement par un petit marais et un bois *. Au matin, Louis et Charles firent déclarer à leur frère qu'ils regrettaient son refus de toute solution pacifique, mais qu'ils l'invitaient à engager loyalement la bataille s'il était résolu à en appeler aux armes. Ils proposaient un jeûne et des prières et, si leur frère voulait venir à eux, promettaient de lui en faciliter les moyens ; ils l'assureraient au besoin par serment de la pureté de leurs intentions ou offraient de venir eux-mêmes le trouver, s'il le préférait et s'il leur donnait, de son côté, des garanties semblables 5. Suivant son habitude, Lothaire promit de faire donner réponse par ses gens, et, dès que les envoyés de ses frères eurent tourné le dos, se jetant hors de la voie romaine, il décampa pour gagner Fontenoy6.
Ilespéraitsans doute ainsi hâter sa jonction avec Pépin ; mais Charles
bire quani nomen invictum amittere. Quam ob rem ex eadern magnanimitate mestitia oppivssa invicem se adortantes gaudentes velociterque, ut Lodharium cito consequi possant, ibant. »
1. Nithard, II, 10, éd. Mùller, p. 25: « Cumque atque insperate propter urbem Alciodorensem uterque exercitus alter ab altero videretur... » Cette rencontre se place le 21 juin, puisque la bataille eut lieu le 25, qu'elle fut précédée d'une trêve de deux jours, conclue, par conséquent, le 23, que cette trêve fut précédée elle-même d'une journée occupée par des négociations (le matin), puis par le déplacement des deux armées et que c'est enfin la veille, dans l'après-midi ou vers le soir, que celles-ci s'étaient trouvées en présence.
2. Ibid. : « Confestim Lodharius, verens ne forte fratres sui absque dilatione supra se irruere vellent, armatus castra aliquantulum excessit. Quod quoniam fratres sui facere illum cognoverunt, quosdam castra metantes relinquunt, quosdam secum armatos assumunt et absque dilatione obviam procedunt. »
3. Ibid. : « Missos invicem mittunt pacemque sub nocte componunt... »
4. Ibid. : « Castra autem ab invicem distabant plus minus leuvas très et iutererat paucula palus saltusque ac per hoc erat utrique ad alterum difficilis accessus. »