‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 51 sur 211 · CHEVAUCHÉE EN AQUITAINE · texte numérisé non relu

CHEVAUCHÉE EN AQUITAINE

l'œuvre commune, le 30 juin, après avoir pris rendez-vous pour le 1" septembre à Langres ', les deux frères se séparèrent, Louis regagnant la Bavière, Charles se dirigeant avec sa mère vers la Loire d'où il comptait aller recevoir la soumission de Pépin2.

Passant par Saint-Benoît-sur-Loire, où nous le voyons donner au monastère établi en ce lieu une chasuble qu'il avait enlevée à la chapelle de Lothaire 3, Charles entra en Aquitaine. Mais il ne tarda pas à s'apercevoir que les dernières assurances de Bernard n'étaient pas plus solides que les précédentes : Pépin, pressenti par le duc de Septimanie, refusa de se soumettre et seuls quelques-uns de ses partisans, se détachant de lui, consentirent à venir prêter serment de fidélité 4. Le roi dut se contenter de ce médiocre résultat et se diriger en hâte vers le nord où l'appelaient de pressantes affaires.

En quittant le champ de bataille de Fontenoy, il avait, en effet, dépoché en « France » le comte Alard avec mission de rallier les anciens fidèles passés à Lothaire au cours de l'année précédente. Mais il était déjà trop tard : Lothaire avait eu le temps de répandre partout le bruit que Charles était mort dans la bataille, que Louis, blessé, s'était enfui et qu'il était lui-même victorieux. Aussi, peu de « Français » avaient-ils répondu à l'appel d' Alard, et encore lui avaient-ils fait déclarer à Quierzy, où il avait donné rendez -vous à leurs délégués, qu'avant de se prononcer ils voulaient savoir si oui ou non Charles était en vie et qu'ils ne prêteraient serment qu'en sa présence5.

1. Nithard, III, 2, éd. Mùller, p. 29, dit, en effet, qu'un peu après Charles dut précipiter sa marche « propter conventum quod cum fratre in Lingonicam urbem kal. septembris condixerat ».

2. Nithard, ibid. : « Cunique adversa undique propulsa viderentur ac spes prosperitatis cuique hinc inde faveret, Lodhuwicus cum suis Renum petiit, Karolus vero una cum matre Lige ri m adiit. Res autem publica inconsultius quam oporteret omissa, quo quemque voluntas rapuit perfacile omissus abscessit. » Cf. Ann. Fuld., ann. 841, éd. Kurze, p. 32 : « Hludowicus vero et Karlus castris potiti collectis ac sepultis eorum cadaveribus, qui ex sua parte ceciderant, ab invicem discedunt. » — Etant donné qu'ils avaient employé à jeûner les journées des 27, 28 et 29 juin, c'est seulement le 30 que les deux rois purent se mettre en marche.

3. Miracula S. Benedicti, I, 41 (par Alelerius) : « Nain inter cetera quae huic loco contulit munifica affluenti sua largitate sacerdotale indumentum quod ex capella fratris sui Lotharii abstulerat dum ex bello reverteretur Fontanetico devotissime praebendo concessit... » (Les miracles de saint Benoit, éd. E. de Certain, p. 86; Mon. Germ., Script., t. XV, p. 498).

4. Nithard, III, 2, éd. Miiller, p. 29 : « Quod quidem Pippinus audiens, paulo ante desideratum cum illo foedus inire distulit. Bernardus quidem ad illura venit, sed ut il li se commendaret minime acquievit. Quidam tamen a Pipiao desciverun t et hoc tantum praefata expeditio Karolo profuit quod illos sibi foederatos recepit. »

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