Ibid., p
13. Ann. Bertin., loc. cit. : «... et per deflexum Rodani in mare cuni comitatibus similiter sibi utrique adherentibus. »
14. Il n'est pas question de ce comté dans l'héritage de Lothaire II en 870. On sait qu'il était à cheval sur les deux rives de la Saône. Voir Longnon, Atlas historique de la France, carte n° 10.
15. Ces comtés sont mentionnés au traité de Meerssen dans l'héritage de Lothaire II (Capitul., t. II, p. 195, 1. 18). '
16. Ann. Bertin., loc. cit. : « Extra hos autem terminos Atrebates tantum Karoli fratris humanitate (Hlotharius) adeptus est. Ceterae usque ad Hispaniam Karolo cesserunt. » Il faut corriger Arras en Saint-Vaast d'Arras, comme l'a bien vu M. Longnon, dans son Atlas historique de la France; texte, lre partie, p. 72, n. 3. A cette époque, l'ancienne cité d'Arras avait perdu toute importance, et c'est autour de l'abbaye de Saint-Vaast, au lieu dit Nobiliacus, que la vie s'était concentrée (cf.
rois jurèrent de vivre désormais en paix et de respecter les limites établies; et leurs fidèles confirmèrent ce serment* dont le texte2
Guesnon, les Origines d'Arras, dans les Mémoires de l'Académie d'Arras, ann. 1895, p. 183 et suiv.) Nous savons par les Annales de Saint-Bertin qu'en 866, Lothaire restitua à Charles « abbatiam Sancti Vedasti » (Ann. Bertln., éd. Waitz, p. 82), ce qui est confirmé par un fragment de lettre d'Hincmar qui a servi à fabriquer un diplôme synodal en faveur du monastère de Saint-Vaast délivré soidisant par les Pères du concile de Verberie en avril 869. On y lit le passage suivant : « ... quoniam ipsam abbatiam, nunc noviter reddente sibi nepote Lothario rege, recepit, quam oliin post bellum Fontanidum l'ratri suo Lothario imperatori ob gratiam firmioris inter se amicitie prestitit » {Oartulaire de V abbaye de Saint-Vaast d'Arras rédigé au XIIe s. par Gulmann, publ. p. Van Drivai, p. 26). — Les Ann. Fuld., ann. 843, éd Kurze, p. 31, mentionnent en ces termes le partage : « Et Hludowicus quidem orientale m pariem accepit, Karolus vero occidentalem tenuit. Hlutharius, qui major natu erat, mediam inter eos sortitus est portionem. »
1. Ann Fuld., loc. cit. : « Factaque inter se pace et juramento firmata, singuli ad disponendas tuenda-que regai sui partes revertuntur » ; Ann. Bertln., loc. cit. : « Factisque saeramentis, tandem altrinsecus est discessum ». En 859, à l'assemblée de Savonnières, Charles lui-même parle du partage en ces termes : « Post haec de divisione regni inter me et i'ratres meos ratio est exorta notissima, unde partem divisionis cum mutuis, nost/is scilicet nostrorumque fidelium, sacramentis, sicut etiam primores regni totius invenerant, tenendam et gubernandam su^cepi. Quam divisionem inter me et i'ratres meos de cetero a me substantialiter tenendam, sicut et alii, qui ibi adfuerunt, episcopi, Wenilo mihi fratribusque meis propria manu juravir, pacem etiam et mutuum adjutorium inter me et praefatum fratrem Hludowicum Wenilo sacramento firmavit » (Mon. Germ., Capltul., t. II, p. 451, n° 300). En 870, le pape Hadrien II rappelle à Charles le Chauve les termes d'une lettre que celui-ci lui avait adressée et où se lisait la phrase suivante : « Cum fratribus nostris post Fontanicum bellum in unum convenimus et, inter nos divisione regnorum facta, pacem fecimus et jurejurando juravimus quod nemo nostrum regni alterius metas invaderet » (Historiens de France, t. VII, p. 449; Jaffé, Regesta, 2e éd., n" 2926.) En 858, Hincmar écrit à Louis le Germanique • « Et quae frater vester, dominus noster, qui et paterna donatione et vobiscum cum vestris vestrorumque fidelium mutuis firmitatibus regni partem accepit, pro cultu et honore ecclesiarum egit, similiter conservate » (Historiens de France, t. VII, p. 520). Quelques années plus tard, il écrit à Louis le Bègue : « Sed tamdiu illa miseria inter christianum populum et carne propinquos mansit donec, vellent nollent, et seniores et regni primores in très partes regnuin diviserunt et per sacramenta ipsam divisionem stabilem esse confirmaverunt » (Historiens de France, t. VII, p. 551). Voir aussi la lettre de Jean VIII citée à la note suivante.
2. En 874, le pape Jean VIII rappelle, dans une lettre qui est adressée à la fois à Charles et à Louis le Germanique, « quod tam ipse Lotharius imperator et Ludovicus, genitor eorum, atque Karolus reges inter se divisionem fecerint ut sibi et filiis suis singulas metas ad invicem conservantes et amicitiam mutuam custodirent et nemo eorum fraternam sortem transi liret. Quod non verbo, sed etiam juramento sunt tempore illo polliciti ipsumque juramontum, ut removeri non posset, sedi apostolicae ut illa super hoc esset posteriori tempore testis et judex unanimiter transmiserunt et non solum in archhio nostrae ccclesiae nunc nianet
fut envoyé au souverain pontife (vers le début du moi6 d'août) 4.
Le traité de Verdun mettait fin à cette « lutte des trois frères » 2 qui, pendant de longs mois, avait ensanglanté l'empire. Ardente et meurtrière au début, elle n'avait pas tardé à être entravée par le mauvais vouloir et la lassitude des grands : ballottés d'un souverain — ou d'un suzerain — à l'autre, ne sachant plus à qui porter leur fidélité sans risquer de se voir dépouillés de leurs domaines, ils avaient hâte d'en finir. Si au mois d'octobre de l'année précédente, après une vaine discussion, la paix n'avait pas été rompue, c'est que, de part et d'autre, ils avaient refusé de se battre à nouveau 3.
Est-ce à dire que le traité ne fut inspiré que par le désir de satisfaire également tous les fidèles, qu'aucun souci supérieur n'intervint, et que tout se réduisit à un partage de vassaux4? Il est certain que leur intérêt particulier pesa d'un grand poids dans les discussions : on a pu voir qu'en 842 Lothaire avait repoussé un premier projet de partage objectant que son lot ne lui offrait même pas de quoi récompenser tous ses fidèles et les indemniser des pertes qu'ils faisaient de leurs terres situées dans les deux autres lots '. Mais, pas plus alors qu'au moment du traité, la question ne semble s'être réduite à
recoDflitum, verum etiam, ut validius robustiusque pactum ipsum jurejurando habitum permaneret, synodica conventio definivit » (Jalïé, Regesta, 2e éd., n° 3000). Quatre ans auparavant, Hadrien II avait écrit à Charles le Chauve : « Numquid a mente excidit quod vestra vestrorutnque juramenta sedi apostolicae destinata discussimus, roboravimus et in archive» nostro hodie illa recondita retinemus? » [Historiens de France, t. VII, p. 449 A; Jaffé, Regesta, 2e éd., n° 2926).
1. On ne sait que d'une manière approximative la date du traité de Verdun. Les Annales Fuldenses (éd. Kurze, p. 34) disent que la conférence où il fut élaboré se réunit « mense augusto », sans préciser davantage. Les trois frères se séparèrent avant le 22 août, date à laquelle Lothaire avait déjà atteint Gondreville, près de Toul (Mùhlbacher, Reg., 2e éd., t. I, n° 1104). On possède, d'autre part, une charte relative à une convention passée le 10 août 843 entre l'évêque de Freising Erchembert et un certain Palderich « in loco nuncupante Dungeih (Dugny), quod est juxta civitate Viriduna, ubi triam fratrum Hludharii, Hludowici et Karoli facta est concordia et divisio regni ipsorum. » (Meichelbeck, Historia Frisingensis, t. I 2, p. 320, n° 629). On en a conclu que le traité était antérieur au 10 août (voir Dûmmler, Gesch. des ostfrànk. Reiches, 2e éd., t. I, p. 201, n. 1). Mais la conclusion est peut-être risquée, la charte en question ayant pu être rédigée après coup.
2. « Bellum irium fratrum ». C'est l'expression dont se sert l'auteur des An? aies Alamannici, rédigées, pour cette par;ie, au monastère de Reichenau (Mon. Germ., Script., t. I, p. 49). Sa note a été reproduite par les auteurs des Annales Weingartenses et des Annales Sangallenses majores (ibid., p. 63 et 76).
3. Voir ci-dessus, p. 59, n. 4, et la lettre d'Hincmar à Louis le Bègue citée p. 65, n. 1.
4. C'est ce que soutient Fustel de Coulanges, les Transformations de la royauté pendant V époque carolingienne, p. 631-639.