‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 89 sur 211 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p

cela : quand, par exemple, nous voyons attribuer à Louis, sur la rive gauche du Rhin, une enclave comprenant les comtés de Spire, Worms et Mayence, il est bien difficile de ne pas penser, en ce qui concerne cette dernière ville, qu'on ait eu en vue de rattachera ses évêchés suff ragants le siège primatial de Germanie ' .

La grosse difficulté fut de déterminer un lot qui pût convenir à Lothaire. L'Aquitaine, en vertu des conventions antérieures 2, revenait de droit à Charles D'autre part, depuis plusieurs années maître effectif des pays situés sur la rive droite du Rhin, Louis n'en pouvait être dépouillé3. Aussi fallut-il tant bien que mal tailler à Lothaire un royaume dans les pays situés sur la rive gauche du fleuve, tout en s'ingéniant à relier ce royaume à l'Italie, dont il était entendu4 que l'empereur devait rester le maître. Et cependant, si artificielle qu'ait pu être sur plus d'un point la frontière établie ainsi entre les états de de Lothaire et ceux de Charles 5, il faut reconnaître qu'elle fut tracée d'une manière assez raisonnable dans l'ensemble pour pouvoir survivre, malgré bien des vicissitudes, aux fluctuations politiques du [Xe siècle. Et c'est à ce point de vue qu'on peut considérer le traité de Verdun comme l'acte constitutif de la France du moyen âge 6.

1. Réginon, Chron., ann. 842, dans les Mon. Germ., Script., t. I, p. 568, donne une autre explication qui nous paraît bien peu plausible : « ...omnis Germania usque Rheni fluenta et nonnullae civitates cum adjacentibus pagis trans Rhenum propter vini copiam. »

Page 1