‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 95 sur 211 · RÉVOLTE DE LAMBERT · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DE LAMBERT

avait été obligé de donner satisfaction aux besoins ou à l'avidité de ses partisans et cela au détriment du temporel des évêchés et des monastères. A la paix, évequeset abbés entendent rentrer en possession des domaines qui leur ont été soustraits. Ils vont se heurter aux résistances des détenteurs. L'antagonisme des deux aristocraties, laïque et ecclésiastique, prendra un caractère aigu quand Ilincmar, encore simple moine à Saint-Denis, sera mis (845) à la tête du diocèse de Reims i et deviendra le représentant le plus éminent du haut clergé. Entre les deux partis, le jeune roi a un rôle difficile à jouer. Il est tenu de ménager et les laïques qui l'ont soutenu de leur épée et le clergé qui, en général, s'est montré fidèle aux serments de fidélité prêtés au vieil empereur en faveur de son plus jeune fils. Il risque par maladresse, ou par trop d'habileté, de tourner les deux partis contre lui.

Après le rétablissement de la paix, le conflit est à l'état latent. On croit une conciliation possible. On s'imagine que les décisions d'une grande assemblée, réunissant clercs et laïques, guériront les maux nés de la guerre civile et liquideront, pour ainsi dire, la situation.

Cette assemblée, les événements de Bretagne ne la rendaient pas moins indispensable. Ils étaient forts graves. Les Bretons étaient en pleine révolte et les serviteurs du roi avaient péri ou avaient pris la fuite.

L'instigateur des troubles n'était point Nominoé, cependant2, mais un Franc mécontent. Le Nantais formait depuis le siècle précédent, pour le moins, une sorte de « marche » contre les Bretons, dont les chefs résidaient surtout dans le Vannetais 3. En 834, le comte de Nan-

■du domaine de Neuilly-Saint-Front (De villa Noviliaco dans ses Opéra, éd. Sirmond, t. II, p. 832-4; et Mon. Germ , Script., t. XV, part. Il, p. 1167-9) et par Loup de Ferrières dans la série de lettres où il expose ses revendications sur la celle de Saint-Josse-sur-Mer. Voy. l'édition Dummler, n. 11, 13, 14, 42, 43, 50, 60, 61,62,71,83 (Mon. Germ., Epistolae, t. VI, p. 21-23, 49, 50, 51, 55, 61, 62 68, 75).

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