‹ Le règne de Marie-Thérèse dans les Pays-Bas autrichiensChapitre 18 sur 71 · ÉTAT MILITAIRE · texte numérisé non relu

ÉTAT MILITAIRE

Il est impossible de donner une appréciation exacte de rétat militaire. Souvent le pays n'était pas fourni des troupes nécessaires, comme l'exigeait le Traité de la Barrière ; et en temps de guerre. le chiffre en était augmenté considérablement. Nous avons donc pris comme point de départ de cet état la situation de l'armée en temps de paix en 1781 et 1752. Pendant ces années le pays était occupé par dix régiments formant un ensemble de 20,827 à 24,080 hommes ; par deux régiments de cavalerie composés de 1426 à 1628 hommes et de 1190 à 1428 chevaux. L'artillerie était divisée en artillerie nationale desservie par 388 hommes et en artillerie allemande composée de 200 à 300 hommes. Il y avait en outre un corps d'invalides de 900 à 1000 hommes.

L'état-major, composé d'un général en chef, d'un général feld-maréchal, d'un général d'infanterie, d'un général feldmaréchaUieutenant et de six généraux majors , jouissait d'un traitement montant en tout par an à 77,983 flor. d'Allemagne.

L'état-major des régiments était formé d'un général adjudant, d'un colonel, d'un lieutenant colonel, d'un major, d'un père supérieur, d'un protoiîiédecîn, de deux chirurgiens

majors. Au commissariat de la guerre il y avait un chef commissaire, quatre commissaires, un officier, trois chancellistes, un accëssîste. La caisse de guerre était dirigée par un administrateur, cinq officiers, un surnuméraire et un copiste. A l'office des vivres, il y avait un commissaire, un intendant, trois officiers, un maître des boulangers et six valets. La justice militaire était exercée par un lieutenant auditeur, deux greffiers et deux huissiers.

Quant à Torganisatiori , le maniement des armes et la tactique de ces troupes, ils étaient conformes au système autrichien, trop connu pour qu'il nous soit permis d'en parler ici.

Les états-majors des places fortes avaient été fixés par lettres patentes de Marie-Thérèse (31 juillet 1743), qui avaient supprimé ceux de Louvain, Diest, etc. L'état du corps des ingénieurs se composait d'un colonel, d'un lieutenant colonel, de deux majors, de quatre capitaines, de trois premiers lieutenants, de six sous-lieutenants et de cinq conducteurs. Dans le corps de l'artillerie il y avait un lieutenant colonel, quatre capitaines, un munitionnaire, un auditeur, un artificier major, un aumônier, huit lieutenants, un chirurgien major, deux chirurgiens subalternes, huit vieux artificiers, seize jeunes artificiers, un adjudant, sept fourriers et écrivains, vingt-quatre caporaux, six cadets, deux cent vingt-six canonniers, six tambours, un prévôt, quatorze ouvriers.

L'armée coûtait au gouvernement :

Année 1749, 2.614,908 flor. d'AU. 22 V,.

» nik), 2.627,938 » 9 V».

Tandis que les aides et subsides payés à cet effet par les États montaient à :

Année 1749, 3.850,776—32 */>•

De sorte que le boni fait par le gouvernement pendant ces quatre années, en y comprenant le restant du subside du Brabant montant à 890,407—8 V7, s'élevait en tout à 1,016,781—

Pendant ces années il y eut 406 condamnés à la brouette ou justiciés (1).

Les régiments avaient leur musique, dont Burney donne la description à l'article de Gand.

Les affaires militaires furent l'objet de plusieurs dispositions législatives. Par un décret de l'archiduchesse Marîe- Ëlisabeth, les actions personnelles à charge de ceux qui étaient de condition militaire, ne pouvaient être intentées si ce n'est devant le juge militaire (2). Un édit de l'impératrice déterminait les personnes qui réputées militaires, étaient soumises à la juridiction du chapelain major et des aumôniers militaires (3). Un règlement de l'impératrice fixa le ressort en "matière ecclésiastique des militaires et des personnes réputées telles (4). La jointe militaire créée par

(1) Ms. 849 aux arch. du royaume.

(2) Décret du 17 mars 1741, Place, de Brabant, t. IX, p. 134. Un décret du 23 juin 1764 statua qu'en exécution des édits des 3 mars 1736 et 7 septembre 1753, le Conseil de Luxembourg était seul compétent à décider les questions réelles concernant les militaires.

(3) Édit du 21 février 1753. Place, de Fland., t. IX, p. 123.

(4) Règlement du 12 mai 1753. Place, de Brabant, 1. VI, p. 149G.

ordonnance de 1732 fut supprimée, et les affaires portées devant Tauditoriat général devaient être traduites en appel ou en révision devant le conseil aulique (1). Le gouverneur général, dans le but d*éviter les difficultés qui s'étaient élevées entre le pouvoir militaire et civil pour l'audition des témoins, fit une déclaration concernant les témoins militaires à produire devant les tribunaux civils, et les témoins civils devant les tribunaux militaires en matière criminelle (2). Quant aux militaires étrangers, excepté ceux qui étaient au service des Provinces-Unies dans les Pays-Bas autrichiens, ils ne pouvaient jouir d'aucune immunité et devaient être assujétis aux tribunaux ordinaires (3).

Aucun ecclésiastique soumis à un évêque belge ne pouvait assister au mariage d'officiers pensionnés ou en activité, qu'avec le consentement du commandant général des troupes (4). Les militaires en général ne pouvaient faire promesse ni contracter de mariage, sans l'autorisation de leurs supérieurs (5).

Enfin d'autres dispositions furent prises dans le but d'empêcher de faire crédit à des sous-officiers et soldats, et aucun militaire ne pouvait s'occuper de commerce.

La milice étant complètement inconnue en Belgique, les troupes étaient composées d'Allemands et de soldats indigènes levés par les recruteurs. Les régiments wallons jouirent dans l'armée autrichienne d'une grande considération.

(1) Ordonnance du 9 février 1774. Place, de Fland., 1. VI, p. 1498. V. aussi de Robaulx de Soumoy, Étude historique sur les tribunaïuc militaires, p. 95, où se trouve la liste des présidents de la jointe militaire.

(2) Déclaration du 26 octobre 1772. Place, de Fland., 1. VI, p. 301.

(3) Déclaration du 4 septembre 1772. Verloo. Codex Brab, p., 286.

(4) Décret du 22 nov. 1776. Verloo, Codex Brab. y p. 331.

(5) Déclaration du 15 avril 1779. Ibid., p. 332.

Sous Marie-Thérèse notre pays a fourni des hommes de guerre distingués, parmi lesquels on peut citer le prince de Ligne, Baillet la Tour, le baron de Beaulieu, De Brou, Glerfayt, Dumont, Du Chasteler, Gontrœul, Murray, De Mesemaeker, etc., qui surent maintenir sur les champs de bajtaille l'ancienne réputation des Belges (1).

(1) Guillaume, Hiatoire des régiments nationaiix pendant la guerre de sept ans, et Hist. des rég. nat. belges.

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