LES ARCHIVES DE L'ÉTAT
L'incendie de 1731 avait détruit en partie les archivée du gouvernement, d'autres furent dispersées ou mal conservées. En 1743, Marie-Thérèse, écrivant à ce sujet au comte de Kœnigsegg-Erps, voulut les faire mettre en ordre. La prise de Bruxelles par les Français ne permit pas de satisfaire complètement au vœu de la reine. Malgré l'art. 14 de la capitulation de cette ville (20 février 1746), stipulant (|ne le? archives et bibliothèques de l'impératrice et tous les autres effets de la reine seraient conservés et ne pouvaient être soustraits ou transportés ailleurs, nos dépôts furent spoliés par les Français et les produits du vol furent envoyés à Lille. L'art. 11 du traité d'Aix-la-Chapelle (20 février 1748) ordonnait, il est vrai, la restitution de tous les papiers, mais fidèles à leur système de spoliation, les Français ne voulurent pas mettre leurs engagements à exécution. Il fallut vingt années de négociations pour y parvenir et encore les promesses, si solennelles qu'elles fussent, n'ont pas été tenues.
Conformément aux stipulations du traité du 16 mai 1769 on exécuta en 1770 et 1771, au dépôt de Lille, un triage des
archives qui appartenaient à la Belgique. Le commissaire belge, chargé de cette opération, fit consigner dans le procès-verbal une clause de non-préjudice au cas qu'on découvrirait d'autres documents appartenant à notre pays.
Depuis le retour du gouverneur-général aux Pays-Bas (1749), le comte de Wynants, conseiller au conseil de Brabant, sollicita en faveur de son neveu, nommé également de Wynants, la direction des archives. L'affaire fut enfin portée à la connaissance de la reine par une relation (12 juin 1754) à propos de la demande du comté tendant à obtenir le titre d'archiviste et de trésorier des chartes. Il proposait de recueillir tous les papiers des conseils collatéraux et de les arranger sous la direction de son oncle. Le prince Charles de Lorraine appuya la demande, et l'impératrice, après avoir pris de nouvelles informations, fit connaître au prince qu'elle chargeait, à titre d'essai, le conseiller de Wynants de former un plan méthodique pour la mise en ordre des archives de l'État; elle l'autorisait à employer sous sa direction son neveu, qu'elle nomma auditeur honoraire de la Chambre des comptes. Enfin de Wynants cadet fut nommé (1773) directeur général des archives. Deux savants lui furent adjoints dans ses travaux, Gérard et Des Roches; mais presque toujours distraits de leurs occupations par d'autres travaux, ils ne rendirent pas de grands services à de Wynants.
En 1779, fut commencé, par ordre de l'impératrice, l'édifice destiné aux bureaux de la Chambre des comptes et au dépôt des archives de l'État. Elles y furent seulement recueillies après la mort de la princesse.
Il n'en est pas moins vrai qu'à Marie-Thérèse revient l'honneur d'avoir songé la première à la conservation des papiers de l'État, d'avoir nommé un fonctionnaire chargé de les
garder et de les classer, et d'avoir commencé la construction d'un édifice destiné à en devenir le dépôt (1).
De Wynants dépouilla en partie nos archives de leurs correspondances les plus précieuses et les envoya à Vienne, où elles restèrent, malgré les stipulations formelles des traités.
L'impératrice décida, en outre, l'impression des pièces les plus intéressantes. Cette impression resta à l'état de projet.
(l) Archives de la chancellerie des Pays-Bas à Vie^ine, D, 53, A. etc. et Gachard, Notice sur le dépôt des archives de Belgique, p. 8 et suiv. Bapport sur les archives de Lille, p. 2.