LA BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE
Après rincendie du palais ducal à Bruxelles (1731), les manuscrits et livres de la bibliothèque royale, déposés dans une espèce de cave, y restèrent oubliés jusqu'en 1742. A cette époque, le comte de Kœnigsegg-Erps voulut en vain les tirer de là.
Ils y restèrent jusqu'en 1788, lorsque le comte de Cobenzl les fit réunir dans un local plus convenable, dit le palais Isabelle. '
Un prêtre, nommé Wouters, fut mis à la tête du dépôt, et reçut la mission d'en dresser le catalogue. Il n'en fit rien. L'obligation imposée aux imprimeurs d'y déposer deux exemplaires de chaque ouvrage publié par eux (1) ; les acquisitions nouvelles, faites sans discernement, portèrent le désordre à son comble. Un officiai du conseil des finances ayant été adjoint (1766) au bibliothécaire, une espèce d'inventaire des volumes fut dressé ; mais le désordre ne cessa point.
La Société littéraire établie à Bruxelles exposa au comte de Cobenzl la nécessité de créer une bibliothèque publique,
(i) Décret du il octobre 1756.
projet qui fut abandonné par suite de la mort de ce ministre. L'abbé Tuberville-Needham fut chargé par la Société (26 avril 1770) de faire des démarches nouvelles auprès du prince de Starhemberg, le nouveau ministre plénipotentiaire. La demande fut accordée au moment de Térection de l'Académie (16 décembre 1772), l'abbé Chevalier reçut la mission de diriger cet établissement (1), la première bibliothèque publique ouverte dans notre pays.
(1) Annuaire de r.Vcad. 1840, p. 83 et 104.